Question biblique tirée des Évangiles

Q : Qui a été le premier à rédiger un ouvrage répondant à des questions sur les Évangiles ?

R : Le plus ancien que j’ai trouvé est Eusèbe de Césarée (313-339/340 apr. J.-C.), qui a rédigé deux ouvrages. Le premier s’intitule « Questions et réponses sur les Évangiles adressées à Stéphane », également intitulé « Questions et réponses sur la généalogie de notre Sauveur », et le second « Questions et réponses sur les Évangiles adressées à Marinus ». Ces deux ouvrages, pris ensemble, sont appelés « Questions et réponses sur les Évangiles ». Par ailleurs, Eusèbe a rédigé une réfutation des prétendues contradictions soulevées par Hiéroclès, philosophe néo-platonicien et gouverneur romain de Bithynie, puis d’Égypte, qui a sévèrement persécuté les chrétiens sous Domitien. Avant cela, de nombreux auteurs chrétiens des premiers temps avaient également répondu à des questions ponctuelles.

Par la suite, Ambrosiaster rédigea *Questions sur l’Ancien et le Nouveau Testament* (en latin) vers 384 apr. J.-C.

Pour plus d’informations, consultez *Nicene and Post-Nicene Fathers*, deuxième série, vol. 1, p. 32, 38-39.

Q : Les grands maîtres de l’histoire ont généralement des disciples, puis ils élaborent un cours d’enseignement ou un ouvrage qui rassemble leurs idées, leurs réflexions et leurs instructions. Pourquoi ne trouvons-nous pas un tel ouvrage en rapport avec Jésus-Christ, mais plutôt divers évangiles ou livres rédigés par deux de ses disciples et deux autres personnes ?

R : Quatre points sont à prendre en compte dans la réponse.

1) Tout d’abord, Jésus n’est pas simplement un « grand maître » comme l’auraient prétendument été Aristote, Confucius ou Bouddha. Jésus est Dieu.

2) D’autres avaient des scribes. Jérémie avait un scribe nommé Baruch. C’est probablement un scribe de Moïse qui a consigné la mort et l’enterrement de Moïse dans Deutéronome 34, 5-6. Les musulmans s’accordent tous à dire que Mahomet n’a lui-même rien écrit non plus.

3) Jésus a donné à l’Église des apôtres, qui avaient pour rôle essentiel de transmettre à l’Église ce que Jésus avait enseigné et accompli. Rappelez-vous que les tout premiers chrétiens ne disposaient pas du Nouveau Testament ; ils avaient en revanche les apôtres eux-mêmes.

4) Jésus semblait plus soucieux de son ministère, démontrant par ses miracles puissants qu’il était le Fils de Dieu, que de consacrer du temps à son ministère pour être son propre secrétaire.

Les quatre auteurs des Évangiles étaient Matthieu et Jean, disciples de Jésus, Marc, compagnon et interprète de Pierre, et Luc, l’historien et compagnon de voyage de Paul.

Q : Si les Évangiles suffisaient aux besoins de l’Église ou des croyants, le Saint-Esprit n’aurait pas eu besoin d’inspirer Paul pour qu’il rédige ces épîtres qui traitent de questions doctrinales ainsi que de problèmes propres aux Églises locales. Nous ne pouvons donc pas affirmer que l’Esprit a cessé d’inspirer des hommes pieux pour expliquer ou faire connaître la position ou l’attitude divine face à différentes questions d’actualité au fil des siècles. C’est pourquoi nous pouvons affirmer que l’inspiration divine ne s’est pas arrêtée et ne s’arrêtera pas avant le retour de Jésus et la fin des temps. Qu’en pensez-vous ?

R : Je ne suis pas d’accord. Rappelez-vous que les premiers chrétiens ne disposaient ni des Évangiles écrits, ni des écrits de Paul, ni d’aucun des écrits du Nouveau Testament. À la place, ils avaient les apôtres eux-mêmes. Mais à mesure que les apôtres disparaissaient, ils ont consigné par écrit leur enseignement dans le Nouveau Testament. L’Église est édifiée sur le fondement des apôtres et des prophètes, comme le mentionnent Éphésiens 2:20 et 3:5. Bien qu’ils aient eu des prophètes du Nouveau Testament tels qu’Agabus et les filles de Philippe, nous n’avons pas aujourd’hui de prophètes de l’Ancien Testament qui aient rédigé les Écritures. De même, nous n’avons pas non plus d’autres apôtres du Nouveau Testament physiquement présents sur cette terre.

Q : Parmi les évangiles connus (Matthieu, Marc, Luc, Jean) ou d’autres, lequel est le plus ancien ? Les autres évangiles s’appuient-ils sur celui-ci ou en tiennent-ils compte ? Et dans quelle mesure l’ont-ils cité ou en ont-ils tiré des passages ?

R : Nous ne le savons pas avec certitude, mais de nombreux spécialistes pensent que l’Évangile selon Marc est le plus ancien. Luc, dans Luc 1, 1-3, mentionne qu’il s’est référé à des récits plus anciens, qui peuvent être aussi bien écrits qu’oraux. On considère généralement que l’Évangile selon Jean a été rédigé en dernier.

Jean avait un disciple nommé Papias, et voici ce qu’il a déclaré : « Marc, qui était l’interprète de Pierre, a consigné avec exactitude tout ce dont il se souvenait, qu’il s’agisse des paroles ou des actes du Christ, mais pas dans l’ordre. Car il n’était ni un auditeur ni un compagnon du Seigneur ; mais par la suite, comme je l’ai dit, il a accompagné Pierre, qui adaptait son enseignement selon les besoins, non pas comme s’il dressait une compilation des oracles du Seigneur. Ainsi, Marc n’a commis aucune erreur en consignant ainsi certaines choses telles qu’il s’en souvenait ; car il s’est concentré uniquement sur cela : ne rien omettre de ce qu’il avait entendu, ni n’y inclure aucune fausse déclaration » (extrait de The New Bible Dictionary, 1962, p. 782) Histoire ecclésiastique d’Eusèbe, livre 3, chapitre 39, p. 170-173. En particulier, dans Matthieu 10, 32, l’expression « me reconnaître » est étrange en grec, mais naturelle uniquement en araméen, selon *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 256.

Q : Certains spécialistes de la Bible affirment que les miracles rapportés dans l’Évangile s’apparentent aux miracles de guérison que l’on trouve dans les traditions hellénistiques, et que ces miracles n’ont pas été accomplis par Jésus, mais qu’ils ont été inventés par la première communauté chrétienne. C’est pourquoi ils les rejettent. Qu’en pensez-vous ?

R : Aucun spécialiste croyant en la Bible ne dit cela ; bien sûr, il en va autrement des auteurs sceptiques. Cependant, même parmi eux, je ne pense pas que la majorité affirme que les miracles aient été empruntés aux traditions hellénistiques (grecques). Je ne pense donc pas que la plupart d’entre eux ne croient pas aux miracles parce qu’ils proviennent de traditions hellénistiques. Ils ne croient plutôt pas que des miracles surnaturels soient possibles.

Certains l’ont toutefois affirmé ; remontons donc dans l’histoire pour voir où cette idée semble avoir vu le jour. L’empereur romain Alexandre Sévère (205-235 apr. J.-C.) a sévèrement persécuté l’Église chrétienne. Sa mère, Julia, a remis à l’orateur professionnel Flavius Philostrate un exemplaire des Mémoires de Damis et lui a demandé d’écrire une biographie d’Apollonius de Tyane. Dans cette biographie, il est dit qu’Apollonius de Tyane a ressuscité quelqu’un et est monté au ciel. Vous pouvez en savoir plus à ce sujet sur www.biblequery.org/History/Legends/ApolloniusofTyana.html.

À titre d’information complémentaire, les manuscrits les plus anciens qui mentionnent les miracles de Jésus sont les suivants :

le papyrus p66 Bodmer II – 817 versets (92 %) de l’Évangile selon Jean (125-175 apr. J.-C.) ; les papyrus p4, p64 et p67 – 95 versets (vers 150-175 apr. J.-C.) ; p45 Chester Beatty I – 833 versets (les quatre Évangiles plus les Actes) (200-225 apr. J.-C.) ; p75 (vers 175-225 apr. J.-C.) ; 0162 (Jean 2, 11-22) (vers 300 apr. J.-C.) ; p28 – Jean 6, 8-12, 17-22 (IIIe siècle après J.-C.) ; le manuscrit syriaque du Sinaï (SyrS) (IIIe/IVe siècle)

Parmi les premiers auteurs chrétiens à mentionner les miracles de Jésus, on peut citer Quadratus d’Athènes (126 apr. J.-C.) ; Justin le Martyr (vers 150 apr. J.-C.) ; Méliton de Sardes (170-177/180 apr. J.-C.) ; Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) ; Tertullien (207/208 apr. J.-C.) et d’autres après eux.

Q : Comment Jésus a-t-il pu appartenir à la tribu de Juda, alors que l’appartenance tribale se transmet uniquement par le père (Nombres 34:14, Nombres 1:18-24, Lévitique 24:10) ? L’appartenance tribale de la mère était considérée comme sans incidence sur celle de ses enfants, et l’appartenance tribale ou la généalogie ne pouvaient pas être transmises par un beau-père ; seuls les biens pouvaient être hérités. Comme les chrétiens croient que Jésus n’avait pas de père humain, il n’aurait eu aucune appartenance tribale et ne pourrait donc pas être considéré comme un descendant de Juda ou de David, ce qui l’exclurait de toute considération messianique. Le site web http://www.jewsforjudaism.org/faq-primary-211/birth-of-jesus-primary-360/59-whos-genealogy-is-given-by-luke avance les affirmations suivantes concernant la généalogie du Christ : « Présumer que Marie était de descendance davidique pose le problème suivant : Marie ne pouvait transmettre ce qu’elle ne possédait pas : (1) Le lien maternel n’entre pas en ligne de compte pour la succession au trône de David, qui ne se transmet que par une lignée masculine ininterrompue : « Il ne manquera jamais à David un homme pour siéger sur le trône de la maison d’Israël » (Jérémie 33:17) ; (2) D’un point de vue biblique, le droit au privilège de la lignée, c’est-à-dire la royauté et le sacerdoce, se transmet exclusivement par la lignée masculine. L’épisode concernant l’héritage des filles de Tselophchad (Nombres, chapitres 27 et 36) ne s’applique pas ici, car il concerne le transfert de biens matériels et non les privilèges liés à la lignée. »

R : Tout d’abord, la réponse en 5 secondes, puis une réponse détaillée. La plupart des Juifs considèrent que l’appartenance au peuple juif se transmet par la mère, mais répondons à cette question en faisant abstraction de cet aspect. En substance, alors que l’appartenance tribale se transmettait normalement par le père, l’appartenance tribale juive se transmettait par la mère, et NON par le père, pour la famille de Jarha (1 Chroniques 2:34-41) et pour les fils d’un prêtre (Esdras 2:61 ; Néhémie 7:63). À combien plus forte raison l’appartenance tribale se transmettrait-elle par la mère dans le cas d’une naissance par une vierge !

Quant à une réponse détaillée, qui a dit que l’appartenance tribale ou clanique se transmettait uniquement par le père ? – Personne dans la Bible. Nombres 34, 14 n’apporte aucune preuve. Nombres 1, 18-24 montre que le fils d’un père égyptien et d’une mère israélite n’était pas considéré comme un Israélite. On l’aurait considéré comme Égyptien ou demi-Israélite. Lévitique 24:10 (et de nombreux autres passages) indiquent seulement que, pour les Israélites ordinaires, l’appartenance tribale se transmettait effectivement par le père. Mais cela ne constitue AUCUNE RESTRICTION POUR DIEU. Les cas impliquant deux parents biologiques n’ont aucune incidence sur le cas d’un seul parent biologique. Pourtant, même dans le cas de deux parents biologiques, il existe en réalité dans l’Ancien Testament des exemples où la filiation tribale se transmettait effectivement par la mère.

Trois exemples d’appartenance tribale par la mère.

Dans la tribu de Juda, Sheshan n’avait pas de fils, seulement des filles. Il donna donc sa fille en mariage à son serviteur égyptien Jarha, et ils eurent un fils nommé Attai. La généalogie d’Attai est mentionnée avec celle des autres Israélites dans 1 Chroniques 2:34-41. Non seulement les fils étaient considérés comme des Israélites, mais ils figuraient également sous la tribu de Juda.

Un deuxième exemple est celui de Jaïr, dont le grand-père était Hetsron, de la tribu de Juda, et la fille de Makir, un Manassite. Dans 1 Chroniques 2, 21-23, Jaïr contrôlait 23 villes de Galaad (sur le territoire de Manassé). Pourtant, bien que le grand-père de Jaïr fût originaire de Juda, Jaïr est tout de même qualifié de Manassite, tout comme sa mère dans Nombres 32, 41 et Deutéronome 3, 14.

Un troisième exemple se trouve dans Esdras 2, 61 et Néhémie 7, 63, où les fils d’un prêtre qui avait épousé une fille de Barzillaï étaient appelés les fils de Barzillaï.

Le mariage léviratique constitue un autre exemple montrant que l’appartenance ancestrale ne se faisait pas uniquement par le père biologique. Lorsqu’un mari décédait avant d’avoir eu des enfants, le frère de celui-ci épousait la veuve, et le premier enfant né était considéré comme celui du premier mari décédé, même si, biologiquement, ce n’était pas le cas.

Quoi qu’il en soit, la question semble relever de la chicane. Quelle était l’origine ethnique de l’ADN humain de Jésus ? 100 % juive. Il n’y avait que 12 tribus juives (en réalité 11 tribus plus 2 demi-tribus). L’ADN humain de Jésus provenait-il d’une tribu en particulier ? Oui, de Juda. Si le fait de ne pas avoir de père juif le rendait étranger aux 12 tribus, quelle serait alors l’origine ethnique de Jésus ?

Cette question semble servir à éluder une question plus importante. Si Jésus était né d’une vierge, envoyé par Dieu pour nous enseigner, le suivriez-vous ou non ? Si le choix se résumait à rester dans la culture juive de la personne qui pose la question ou à suivre le seul vrai Dieu, que choisiriez-vous ? Si cette personne ne disait pas qu’elle suivrait le seul vrai Dieu quoi qu’il arrive, alors le problème ne réside pas dans l’ADN de Jésus, mais dans le fait que la plupart des Juifs ne sont pas disposés à suivre le seul vrai Dieu.

Une deuxième question concerne la succession au trône. L’interlocuteur a eu tort d’affirmer que Marie n’était pas de la lignée de David ; sa généalogie dans Luc, ainsi que dans Luc 2, Romains 1:3 et 2 Timothée 2:8, montre que Jésus (et elle-même) descendaient biologiquement de David. Cependant, l’interlocuteur a raison de souligner que la généalogie de Marie n’aurait aucune incidence sur la succession au trône. Pour cela, il était important que Jésus soit également le fils adoptif de Joseph qui, en tant qu’homme issu de la lignée davidique, aurait pu prétendre au trône.

Q : Dans les Évangiles, quelle est la source indiquant que le père biologique de Jésus était un soldat romain nommé Panthera ?

R : À notre connaissance, cette fausse accusation a été formulée pour la première fois par un adversaire romain du christianisme nommé Celse, au IIIe siècle après J.-C. Ce mot, qui n’est pas connu comme un nom en soi, est proche du mot grec désignant la vierge : parthenos. Plus tard, le Talmud juif a repris cette idée, tout comme les nazis au XXe siècle. Voir *The Gospel of Matthew and Its Readers* de Howard Clarke. Indiana University Press, 2003, p. 5.

Q : Jean Chrysostome affirme que si les quatre évangélistes s’étaient mis d’accord sur tous les détails, on les aurait accusés d’avoir comploté pour rendre leurs récits identiques. Par conséquent, nous pouvons considérer que les variations présentes dans leurs évangiles constituent une preuve que chacun d’entre eux était indépendant et travaillait séparément des autres, ainsi qu’une preuve que leurs récits sont authentiques et véridiques. Qu’en pensez-vous ? Pour ma part, je pense que les évangélistes auraient dû décrire les mêmes événements en utilisant des mots, un langage et un style différents. Et vous, qu’en pensez-vous ?

R : Je pense que c’est en grande partie vrai. Je conviens que le fait qu’il y ait des variations dans les formulations, dans le choix des événements relatés et même dans la manière dont ils sont mis en avant renforce leur crédibilité. Bien sûr, les auteurs des Évangiles synoptiques pouvaient tout de même avoir connaissance les uns des autres, et Jean en avait probablement connaissance. Mais d’un autre côté, même avec quatre récits différents, les sceptiques de toutes les époques les ont de toute façon accusés de toutes sortes de choses.

Il existe non seulement des variations dans les formulations, mais aussi dans les accents mis et dans les récits rapportés. Par exemple, Matthieu consacre beaucoup plus de place que les autres à la manière dont Jésus accomplit les prophéties de l’Ancien Testament. Marc en parle moins. (Soit dit en passant, Marc est un prénom romain, et non hébreu.) L’Évangile selon Marc met davantage l’accent sur les actions accomplies par Jésus. Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) a longuement écrit à ce sujet dans son ouvrage *Contre les hérésies*, livre 3, chapitre 11.8, p. 428.

Q : L’histoire du baptême de Jésus par Jean-Baptiste et de sa tentation par Satan figure dans les Évangiles selon Matthieu, Marc et Luc, mais pas dans l’Évangile selon Jean. Il en va de même pour la Transfiguration. Pourquoi ?

R : Jean n’explique pas pourquoi, parmi toutes les actions de Jésus, il n’a pas inclus cet événement à la place d’un autre. Mais nous pouvons émettre une hypothèse. Notez qu’il y a beaucoup d’autres événements rapportés dans les trois Évangiles synoptiques qui ne figurent pas non plus dans celui de Jean. On considère généralement que l’Évangile de Jean a été rédigé en dernier, et on pense que Jean a souhaité y inclure des éléments qui n’étaient pas mentionnés ou qui n’étaient évoqués qu’en passant dans les autres Évangiles, afin de brosser un tableau plus complet.

Q : Seul Matthieu 2, 1 mentionne les mages (les sages) dans le récit de la naissance de Jésus. Pourquoi les autres évangiles n’en parlent-ils pas ? S’agit-il d’un récit allégorique visant à illustrer la prédication de la communauté ecclésiale primitive, qui, constatant que les Juifs rejetaient Jésus, s’est tournée vers les nations à leur place, et a ainsi fait des mages les premiers à adorer le Christ, par opposition aux chefs juifs, à Hérode et aux autres, qui ont tenté de tuer l’enfant Jésus ?

R : Parmi tous les événements de la vie de Jésus, les auteurs des autres évangiles ont choisi de ne pas inclure ceux-ci. Cela pourrait également s’expliquer par le fait qu’ils n’avaient pas connaissance de la visite des mages. Bien qu’il puisse y avoir ici un symbolisme, rien n’indique qu’il s’agisse uniquement d’une allégorie.

En ce qui concerne l’interprétation allégorique des passages en général, si Dieu a communiqué quelque chose à Son peuple par le biais d’une allégorie dans les Écritures, et qu’aucun chrétien de toute l’histoire ne l’a jamais perçue, alors Dieu l’a-t-Il vraiment communiquée – avec succès ? Personne n’a considéré cette signification comme purement allégorique, et non littérale, du moins jusqu’au début de l’ère du scepticisme au XIXe siècle.

Q : Dans les Évangiles, pourquoi est-il nécessaire de procéder à une harmonisation des Évangiles ?

R : L’harmonisation des Évangiles ne poserait pas de problème si Dieu n’avait préservé qu’un seul Évangile, ou s’Il avait Lui-même fourni une harmonisation complète des Évangiles. Au lieu de cela, nous disposons de quatre récits, dans lesquels chaque auteur humain a consigné ce qu’il estimait être le plus important parmi ce que Dieu, par Sa providence, lui avait permis de retenir. Reportez-vous à la question suivante pour comprendre pourquoi nous avons quatre Évangiles.

Q : Qui furent les premiers auteurs de l’histoire à réaliser une harmonisation des Évangiles ?

R : Tatien (vers 172 apr. J.-C.) a réalisé une harmonisation des Évangiles, appelée le Diatessaron, ce qui signifie « à travers [les] quatre ». Cela atteste qu’il n’y avait que quatre Évangiles reconnus, et cet ouvrage cite fidèlement, mot pour mot, 79 % des versets des Évangiles. Cependant, Tatien était un gnostique encratite, et il a délibérément omis tous les versets qui soulignent l’humanité de Jésus, tels que les généalogies. Mais même cet hérétique a inclus tous les versets qui montrent que Jésus est Dieu.

Théophile d’Antioche (168-181/188 apr. J.-C.) a rédigé une harmonisation/un commentaire sur les Évangiles selon Jérôme, mais cet ouvrage a été perdu. (ANF vol. 2, p. 87-88

Dionysius d’Alexandrie (246-265 apr. J.-C.) (extrait) a montré que les auteurs des Évangiles ne « divergeaient pas ni ne se contredisaient » et a présenté une harmonisation valable et assez complète des Évangiles après la résurrection dans sa Lettre 5 — adressée à l’évêque Basilide, canon 1, Pères anténicéens, vol. 6, p. 94-95.

Ammonius d’Alexandrie a réalisé une harmonisation des Évangiles au début du IIIe siècle. Il a utilisé Matthieu comme référence et a montré comment les autres Évangiles s’y rapportaient. Voir Nicene and Post-Nicene Fathers, deuxième série, vol. 1, p. 38-39 et vol. 6, p. 69.

Juvencus (329 apr. J.-C.) composa un poème épique sur les Évangiles, en harmonisant une grande partie de leur contenu.

Eusèbe de Césarée (313-339/340 apr. J.-C.) a réalisé une harmonisation plus facile à lire, car il a disposé les colonnes côte à côte. Cependant, comme l’indique *Pères nicéens et post-nicéens, deuxième série*, vol. 6, p. 69, son travail présentait un défaut : il établissait souvent un parallélisme là où cela n’était pas nécessaire. Voir *Nicene and Post-Nicene Fathers*, deuxième série, vol. 1, p. 38-39.

Augustin d’Hippone (354-430 apr. J.-C.) a également rédigé un ouvrage intitulé « Harmonie des Évangiles ». Celui-ci figure dans *Nicene and Post-Nicene Fathers, Second Series*, vol. 6, p. 77-236.

À l’époque de la Réforme, les personnalités suivantes ont proposé des harmonies des Évangiles : Osiander, Jansen, Robert Stephens, Jean Calvin, Du Moulin et Chemnitz, selon « Nicene and Post-Nicene Fathers, Second Series », vol. 6, p. 69.

À l’époque moderne, on trouve une harmonie des Évangiles dans *The New Unger’s Bible Dictionary*, p. 495-498.

Q : Si l’Évangile selon Marc a été rédigé en premier, les chrétiens en avaient certainement connaissance. Alors pourquoi ne l’ont-ils pas simplement copié, mais pourquoi y a-t-il eu des auteurs qui ont rédigé un deuxième, un troisième et un quatrième Évangile ?

R : Ils ont bel et bien copié Marc, tout comme les trois autres évangiles ; je pense donc que la véritable question est : pourquoi existe-t-il trois autres évangiles ? Nous bénéficions ainsi de la richesse non pas d’un seul, mais de quatre points de vue sur Jésus. Dieu n’a pas inspiré un seul auteur, mais quatre, et Il leur a donné des perspectives et des personnalités différentes.

Q : Pourquoi y a-t-il quatre évangiles ?

R : Les quatre évangiles ont des objectifs différents et s’adressent à des publics quelque peu différents.

Matthieu : selon Papias, il a d’abord été rédigé dans les langues des Hébreux (l’araméen ?). Il met l’accent sur le royaume de Dieu, contrairement à Jean, qui insiste sur la manière d’être sauvé. Matthieu énumère de nombreuses prophéties de l’Ancien Testament et montre comment la vie du Christ faisait écho à celle d’Israël dans l’Ancien Testament. Beaucoup considèrent l’Évangile de Matthieu comme un « lion » mettant l’accent sur le Christ en tant que Roi. Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) indique dans le fragment 28 que l’Évangile de Matthieu a été rédigé à l’intention des Juifs, soulignant que le Christ descendait de David.

Marc : met l’accent sur les actions du Christ. Beaucoup considèrent l’Évangile selon Marc comme un « bœuf », mettant en avant le Christ en tant que serviteur.

Luc : L’Évangile le plus long, rédigé par un médecin et compagnon de voyage de Paul. Luc a été qualifié de plus grand historien du monde antique. Beaucoup considèrent l’Évangile de Luc comme un « homme », mettant l’accent sur l’humanité du Christ.

Jean : Peut-être l’Évangile le plus profond, il met moins l’accent sur la vie du Christ que sur ses revendications et son enseignement. Beaucoup considèrent l’Évangile de Jean comme un « aigle », mettant l’accent sur la divinité du Christ.

Le « Believer’s Bible Commentary », p. 1198, mentionne que dans l’Ancien Testament, le Messie est appelé « le Germe » dans quatre contextes : « … pour David, un Germe juste, et il régnera en roi avec sagesse… » (Jérémie 23, 5-6), « Mon serviteur, le Germe » (Zacharie 3, 8), « un homme dont le nom est le Germe » (Zacharie 6, 12), et « le Germe de l’Éternel » (Ésaïe 4, 2).

Il n’y avait pas d’autres évangiles généralement acceptés par les chrétiens. Irénée, qui a écrit vers 182-188 apr. J.-C., a déclaré qu’il y avait exactement quatre évangiles (Irénée, Contre les hérésies, livre 3, chapitre 11.8, p. 428).

Q : Les évangiles sont-ils classés par ordre chronologique ?

R : Non. Voici ce qu’en disent quatre sources conservatrices.

La NIV Study Bible, p. 1 437, précise : « (L’ordre chronologique ne semble toutefois pas avoir été strictement respecté dans aucun des Évangiles.) »

La New Geneva Study Bible, p. 1504, précise : « Cependant, Matthieu et Luc ne suivent pas Marc en tous points quant à l’ordre des événements de la vie de Jésus, ni quant à l’ordre de ses enseignements. » À la page 1698, on peut lire : « Bien que certaines difficultés surgissent dans la mise en correspondance des détails, les éléments principaux sont en parfaite harmonie. »

F.F. Bruce, dans *Hard Sayings of the Bible*, p. 454-455, écrit : « … aucun des auteurs des Évangiles ne prétend présenter une chronologie rigoureuse. … Pour l’historien antique, il était bien plus important que l’on saisisse le sens de l’histoire que d’établir une chronologie exacte. Ainsi, Matthieu regroupe les paroles de Jésus en cinq « livres » principaux par thème :… Luc a une autre manière de regrouper son matériel. … Dans chaque cas, on obtient des regroupements thématiques, qui nous offrent un récit ordonné dans la mesure où ils organisent le contenu de manière à nous permettre de mieux le comprendre. Dans aucun des deux cas, on ne dispose nécessairement du contexte exact dans lequel Jésus a prononcé l’ensemble de ces paroles. »

Dans l’Église primitive, l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe (318 apr. J.-C.), livre 3, chapitre 39, pages 170 à 173, rapporte que Papias, un disciple de l’apôtre Jean, aurait déclaré : « Marc, qui était l’interprète de Pierre, a consigné avec exactitude tout ce dont il se souvenait, qu’il s’agisse des paroles ou des actes du Christ, mais pas dans l’ordre. Car il n’était ni un auditeur ni un compagnon du Seigneur ; mais par la suite, comme je l’ai dit, il accompagna Pierre, qui adaptait son enseignement selon les besoins, non pas comme s’il compilait les paroles du Seigneur. Ainsi, Marc ne s’est pas trompé en consignant ainsi certaines choses telles qu’il s’en souvenait ; car il s’est concentré uniquement sur cela : ne rien omettre de ce qu’il avait entendu, ni n’y inclure aucune fausse déclaration » (extrait de The New Bible Dictionary, 1962, p. 782)

Les auteurs partaient du principe que les lecteurs reliraient l’ouvrage dans son intégralité à plusieurs reprises. Par exemple, Jean 11, 2 mentionne que c’est Marie qui oignit Jésus d’huile parfumée. Or, le récit de l’onction de Jésus par Marie n’est rapporté qu’à partir de Jean 12, 1-3. Matthieu 10, 4 mentionne « Judas Iscariote, celui qui trahit Jésus », alors que Judas n’avait pas encore trahi Jésus.

Q : Que sont les « Évangiles synoptiques » ? Quelles sont leurs similitudes et leurs différences ? Existe-t-il des preuves qu’ils se sont mutuellement cités ?

R : Le terme « évangiles synoptiques » désigne simplement Matthieu, Marc et Luc (et non Jean). Si l’Évangile selon Marc avait été le premier à être rédigé, son auteur n’aurait pas cité les autres. Il est possible que Matthieu et Luc aient puisé dans l’Évangile selon Marc et se soient mutuellement inspirés, mais il se peut également qu’ils se soient appuyés sur leurs propres souvenirs ou sur des conversations avec d’autres personnes. L’Évangile selon Jean, qui a très probablement été rédigé en dernier, semble se concentrer sur ce que les autres n’ont pas mentionné.

De nombreux spécialistes pensent que Matthieu s’est consciemment inspiré de l’Évangile selon Marc pour rédiger son texte ; 93 % du contenu de Marc se retrouve chez Matthieu et Luc. Il existe 200 versets présents chez Matthieu et Luc, mais absents de Marc. Beaucoup ont émis l’hypothèse de l’existence d’un document, appelé « Q », à l’origine de ces 200 versets. Cependant, rien ne prouve que « Q » ait jamais existé, du moins sous forme écrite. Ce que certains considèrent comme « Q » pourrait être l’enseignement oral commun de l’Église, ainsi que des discussions entre Matthieu et Luc, le compagnon de Paul. On observe également certaines similitudes dans les priorités entre Matthieu et les écrits de l’éminent pharisien juif Johanan ben Zakkai, qui vécut de 30 av. J.-C. à 90 apr. J.-C. Johanan mettait davantage l’accent sur la miséricorde et l’aide apportée aux autres que sur les sacrifices et la pureté. Tous deux considéraient que les païens avaient leur place dans le royaume de Dieu et ont écrit sur le jugement futur.

Q : Pourquoi les trois Évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) se ressemblent-ils autant ?

R : Il existe quatre points de vue, dont les trois premiers peuvent se compléter.

1. Similitude d’objectif : les trois premiers évangiles sont très parallèles et ont été rédigés pour donner un « résumé » de la vie du Christ. L’Évangile selon Jean, rédigé plus tard, partait peut-être du principe que les lecteurs connaissaient déjà les autres évangiles. Il est dit que l’Évangile selon Jean a été rédigé afin que les gens croient en Jésus et aient la vie en son nom, comme l’indique Jean 20, 30-31.

2. Lien verbal : Marc était un compagnon de Pierre, et Luc voyageait avec Paul. Marc se trouvait à Rome, comme l’indique 1 Pierre 5, 13. Luc et Marc étaient probablement à Rome en même temps, et comme l’a fait remarquer quelqu’un : « Ils n’ont sans doute pas passé tout leur temps à parler de la météo. » Bien que nous ne sachions pas tous les endroits où Matthieu s’est rendu, cette interprétation explique que les similitudes sont dues à une communication verbale entre les auteurs. L’ouvrage *Hard Sayings of the Bible*, p. 454, évoque également un lien commun entre Matthieu et Luc, affirmant que ce lien était probablement oral.

3. Lien écrit avec Marc : La New Geneva Study Bible (p. 1 504) précise : « Les Évangiles ne se contentent pas de présenter un calendrier des activités de Jésus. Ce ne sont pas non plus des biographies modernes et techniques qui suivraient des méthodes inconnues à leur époque. »

4. « Q » : Un quatrième point de vue, défendu par de nombreux érudits libéraux, est qu’il existait un ouvrage aujourd’hui perdu, qu’ils appellent « Q », qui contenait les éléments communs à Matthieu et Luc, mais pas à Marc.

Q : Qu’est-ce que la source « Q » ? Où se trouve-t-elle aujourd’hui ? Dans quelle langue existe-t-elle ?

R : « Q » est le nom donné aux versets communs à Matthieu et Luc, mais absents de Marc ou de Jean. Nous n’avons aucune preuve de son existence. D’un autre côté, on peut considérer que ce « Q » ne correspond pas nécessairement à un écrit unique, mais à plusieurs sources. Et ces sources n’ont pas toutes été nécessairement consignées par écrit. En d’autres termes, ce que certains appellent le « document Q » (au singulier) pourrait en réalité correspondre à des enseignements, y compris oraux, dispensés par les apôtres et d’autres disciples.

Q : Les Évangiles contiennent-ils exactement et fidèlement ce que le Seigneur Jésus a dit ou fait ?

R : Ils ont résumé et paraphrasé. Par exemple, dans le Sermon sur la montagne (Matthieu 5-7), Jésus a probablement disposé d’un long moment pour prêcher. Pourtant, on peut lire ce passage en moins de quinze minutes. Bien sûr, Jésus a sans doute répété certaines choses lors de sermons ultérieurs, mais l’évangéliste ne les a pas rapportées à chaque fois. Mais pour les chrétiens, ce sont le message et la signification enseignés par Jésus qui importent, et non les syllabes et les mots eux-mêmes.

Q : Qu’est-ce que ce « recueil de paroles de Jésus » dont on dit que les évangélistes s’en sont inspirés pour rédiger leurs évangiles ?

R : Le Nouveau Testament ne mentionne aucun « ensemble de paroles ». Vous pensez peut-être à ce qu’a écrit Luc. Jean a également écrit deux passages qui pourraient être considérés comme ayant un lien lointain avec ce sujet.

Luc 1, 1-4 : « Plusieurs ont entrepris de rédiger un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, tels qu’ils nous ont été transmis par les premiers témoins oculaires et par ceux qui ont été les serviteurs de la Parole. C’est pourquoi, après avoir tout examiné avec soin depuis le commencement, il m’a semblé bon, à moi aussi, de vous en faire un récit ordonné, ô très excellent Théophile, afin que vous connaissiez la certitude des choses qui vous ont été enseignées. »

Jean 20, 30-31 : « Jésus a accompli bien d’autres signes en présence de ses disciples, qui ne sont pas consignés dans ce livre. Mais ceux-ci ont été consignés afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. »

1 Jean 1:1-4 « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos propres yeux, ce que nous avons contemplé et touché de nos propres mains, c’est la Parole de vie. Et voici la vie qui a été révélée : nous l’avons vue et nous en avons rendu témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui nous a été révélée. Nous vous annonçons ce que nous avons vu et entendu, afin que vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Et cette communion qui est la nôtre est avec le Père et avec son Fils, Jésus-Christ. Nous écrivons ces choses afin que notre joie soit parfaite. »

Q : Mon professeur m’autorise à faire un exposé de 75 minutes sur le « Jésus historique ». Au cours de mes recherches, je suis tombé sur quelques arguments que je ne sais pas trop comment aborder, et je me demandais si vous auriez des éclaircissements à ce sujet !

1) Nous ne savons pas si les manuscrits originaux ont été rédigés en grec, puisque les documents les plus anciens datent [prétendument] de quelques centaines d’années après J.-C. Ils auraient pu être traduits à partir d’une autre langue, ce qui aurait pu entraîner des erreurs.

2) Jésus n’a peut-être pas parlé grec. Cela signifierait que les auteurs (ou traducteurs) du Nouveau Testament ont dû interpréter ses paroles à leur manière, puis les traduire (pas nécessairement correctement).

Existe-t-il des informations sur l’hellénisation de la Palestine à l’époque de Jésus, qui pourraient indiquer que les auteurs du Nouveau Testament ont effectivement écrit en grec ? Jésus parlait très probablement l’araméen ; comment expliqueriez-vous alors l’inerrance de ce qu’il aurait dit ? Si les auteurs ont écrit en araméen, ou dans une autre langue, comment pouvons-nous prouver (ou du moins démontrer hors de tout doute raisonnable) que ces textes ont été traduits et transmis
avec exactitude au fil des siècles ?

Si vous connaissez des sources que vous pourriez m’indiquer, ce serait formidable. Ou si vous avez déjà réfléchi à cette question, j’aimerais beaucoup connaître vos conclusions. Je crois en la souveraineté de Dieu et en Sa capacité à protéger Sa Parole, mais toute explication sur la manière dont Il s’y est pris m’aiderait grandement !

R : Il semble y avoir quatre questions fondamentales ici :
1. Ce que Jésus a dit

2. La langue dans laquelle les Évangiles ont été rédigés

3. Le témoignage de la fiabilité des Évangiles

4. La transcription infaillible de l’enseignement de Jésus

1. Ce qu’a dit Jésus

Nous savons que Jésus parlait l’araméen, car il a prononcé certaines phrases dans cette langue (Matthieu 5, 22, etc.). Lorsque Jésus s’est écrié sur la croix : « Éloï, Éloï, lama sabachthani », certains ont cru qu’il appelait Élie, car ils ne connaissaient pas l’araméen, alors que tous les Romains connaissaient le grec et le latin. Dans la région où Jésus a grandi, de nombreuses personnes parlaient l’hébreu, l’araméen et le grec. Par exemple, juste au nord et à l’est de la mer de Galilée, on ne parlait que le grec. C’est pourquoi Pilate fit rédiger l’inscription au-dessus de la tête de Jésus en trois langues.

De plus, à cette époque, un certain nombre de Juifs portaient à la fois un nom juif et un nom grec ou romain. Outre Simon Pierre, on trouve Joseph Barsabbas et Judas Barsabbas dans les Actes 15, 22 ; Jésus, appelé Justus dans Colossiens 4, 11 ; Joseph, appelé Barnabas dans les Actes 4, 36 ; et Jean Marc dans les Actes 12, 12.

2. La langue dans laquelle les Évangiles ont été rédigés

En ce qui concerne les Évangiles, nous disposons du témoignage de Papias, un disciple de l’apôtre Jean. D’après ce qui a été conservé par l’historien de l’Église Eusèbe, Papias a déclaré que l’Évangile selon Matthieu avait été rédigé à l’origine dans la langue des Hébreux (l’hébreu ou l’araméen). Les premiers chrétiens parlaient principalement le grec, bien que les convertis issus du judaïsme parlassent également l’hébreu et l’araméen.

3. Témoignage de la fiabilité des Évangiles

J’ai entendu plusieurs personnes affirmer que les plus anciens exemplaires complets (ou presque complets) du Nouveau Testament dont nous disposons datent d’environ 350 après J.-C. Cependant, cela passe à côté de l’essentiel. La grande majorité des versets des Évangiles nous est parvenue bien plus tôt. Par exemple, jusqu’en l’an 200 après J.-C., nous disposons de manuscrits conservés contenant 71 % des versets de Luc (818 versets sur 1 151). Il s’agit des passages suivants : Luc 1, 58-59 ; 1, 52-2, 1 ; 2, 6-7 ; 3, 8-4, 2 ; 4, 29-32 ; 4, 34-5, 10 ; 5, 30-7, 32 ; 7, 35-39, 41-43 ; 7, 46-9, 2 ; 9, 4-17, 15 ; 17, 19-18, 18 ; 22, 4-24, 53.

Quant à l’Évangile selon Jean, le manuscrit le plus ancien dont nous disposons aujourd’hui est le p52, qui date d’entre 100 et 150 apr. J.-C. D’autres manuscrits anciens remontent jusqu’en 200 apr. J.-C. (p45, p66, p75, p90). Ces manuscrits, associés au p52, contiennent 855 des 878 versets de l’Évangile selon Jean (97 %). Ils comprennent les versets 1,1-14,30 ; 15,2-26 ; 16,2-4, 6-7, 10-33 ; 17,1-20,20 ; 20,22,23,25-31 ; 21,1-9,12,17.

N’oubliez pas les écrits de l’Église primitive et d’autres textes. Les plus anciens écrits chrétiens non bibliques dont nous disposons sont la Première Lettre de Clément (aux Corinthiens), datant de 96 à 98 apr. J.-C., qui cite abondamment l’Épître aux Hébreux ainsi que d’autres livres, et le Pasteur d’Hermas, datant d’environ 115 à 155 apr. J.-C. Le Diatessaron est une harmonisation mot à mot d’environ 79 % des versets des Évangiles, rédigée par Tatien, un gnostique encratite, vers 172 apr. J.-C.

4. Transcription infaillible de l’enseignement de Jésus

Les textes originaux n’étaient que des paraphrases des enseignements de Jésus. Lorsque Jésus enseignait à la foule pendant des heures et que nous pouvons lire ses paroles en cinq paragraphes, il est évident qu’il ne s’agissait pas d’une transcription mot pour mot. La doctrine chrétienne de l’inerrance comporte cinq éléments fondamentaux :
1. La Bible, dans ses manuscrits originaux, est exacte sur tout ce dont elle parle.

2. Il faut tenir compte du contexte : la poésie est de la poésie, le récit est un récit ; il faut savoir interpréter les métaphores et les figures de style, etc.
3. Dieu était libre d’« utiliser ses propres plumes » pour rédiger la Bible, et ces plumes étaient les personnes qui écrivaient les mots. Ainsi, des livres différents, rédigés par des auteurs humains différents, présentent des styles différents, et cela est tout à fait normal ; la vérité de Dieu transparaît à travers chacun d’entre eux.

4. C’est le sens qui a été consigné sans erreur, et non nécessairement chaque mot.

5. Les manuscrits bibliques conservés aujourd’hui comportent certes quelques variations et erreurs, mais la parole de Dieu a été préservée sans erreur significative susceptible d’altérer la doctrine, la foi ou la pratique chrétiennes.
Pour plus d’informations, consultez http://www.biblequery.org/NewTestamentManuscripts.html.

Q : Y avait-il beaucoup de Juifs en Galilée ?

R : La région de Galilée mesure environ 70 par 40 miles, soit 113 par 64 kilomètres. À l’époque des Maccabées, en 164 av. J.-C., la population de la Galilée était si faible que l’ensemble de ses habitants pouvait être transféré en Judée pour y être protégé. À l’époque de Jésus, la population était bien plus importante ; Josèphe, dans *Vie* 235, 45 et *Guerres des Juifs*, livre 3, sections 41 à 43, indique que la Galilée comptait 204 villes et villages, comptant chacun au moins 15 000 habitants. Cependant, cette population comprenait de nombreux non-Juifs que les Séleucides avaient réinstallés en Galilée, ainsi que des non-Juifs de langue grecque qui avaient choisi de s’y installer.

Q : Le sceptique Bart Ehrman écrit : « Nous disposons de certaines informations sur ce que signifiait être un paysan de classe inférieure dans les zones rurales de la Palestine au Ier siècle. Cela signifiait notamment que l’on était presque certainement analphabète. Jésus lui-même constituait une exception notoire, dans la mesure où il savait manifestement lire (Luc 4, 16-20), mais rien n’indique qu’il savait écrire… Combien de personnes savaient lire ? L’analphabétisme était très répandu dans tout l’Empire romain. Dans le meilleur des cas, peut-être 10 % de la population savait-elle plus ou moins lire et écrire. Et ces 10 % correspondaient aux classes aisées… Rien dans les Évangiles ni dans les Actes n’indique que les disciples de Jésus savaient lire, et encore moins écrire. En effet, il existe un récit dans les Actes où Pierre et Jean sont qualifiés d’« illettrés » (Actes 4, 13) – le terme antique désignant les personnes analphabètes. » (Jesus, Interrupted, p. 105-106). Ce point est également abordé dans l’ouvrage d’Ehrman, Lost Christianities, p. 203.

R : Le pourcentage de personnes dans l’Empire romain (Espagne, Grande-Bretagne, Allemagne, etc.) qui ne savaient pas lire n’a aucune pertinence ; c’est le pourcentage de personnes instruites parmi les Juifs de Judée et de Galilée qui importe. Les Juifs avaient un niveau d’instruction bien plus élevé que la plupart des autres peuples de l’Empire romain. Personne ne trouvait étrange que Zacharie, le père de Jean-Baptiste, sache écrire. Le fait que le Sanhédrin ait accusé Pierre et Jean d’être incultes ne signifie pas que ce fût le cas, ni qu’ils ne savaient pas écrire du tout.

Le Deutéronome 6:9 ordonne aux Israélites d’écrire les lois sur les montants de leurs maisons et sur leurs portes. Les sceptiques pensent-ils que presque aucun Juif n’obéissait à sa propre loi ?

À titre d’anecdote, à Deir ‘Alla, dans la vallée du Jourdain, des archéologues ont découvert l’exercice d’écriture d’un écolier mentionnant à trois reprises Balaam, fils de Beor. Cet écrit a été daté au radiocarbone entre 800 et 760 av. J.-C.

Q : Que signifie le mot anglais « synoptique » ?

R : Le Wycliffe Bible Dictionary, p. 723, indique que « synoptique » vient du grec syn (avec) et opsis (vue, vision), tout comme le précise la NIV Study Bible, p. 1437. De même, le New International Dictionary of the Bible, p. 399, explique que le mot grec synoptikos signifie « voir l’ensemble d’un seul coup, avoir une vue d’ensemble ».

À l’inverse, l’ouvrage sceptique intitulé *Asimov’s Guide to the Bible*, p. 770, affirme que le mot « synoptique » provient du mot grec signifiant « à un seul œil », car chacun des trois Évangiles synoptiques raconte l’histoire de Jésus selon son propre point de vue. Peut-être a-t-il confondu « syn/sun » avec « mono », qui signifie « un ».

La Concordance de Strong pour « sun » (4862) précise : « préposition primitive dénotant l’union ; avec ou ensemble (mais beaucoup plus étroitement que 3326 ou 3844), c’est-à-dire par association, compagnie, processus, ressemblance, possession, instrumentalité, addition, etc. » – à côté de, avec. En composition, elle a des applications similaires, notamment l’exhaustivité. »

Q : Lequel des quatre évangiles a été rédigé en premier ?

R : L’opinion la plus répandue parmi les chrétiens est que c’est Marc, bien que certains exégètes bibliques réputés estiment qu’il s’agit de Matthieu ou de Luc. Le *Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 98, indique : « Une certaine dépendance littéraire semble être la seule façon d’expliquer de manière adéquate la relation étroite entre les Évangiles synoptiques. La théorie de la priorité de Marc, bien qu’elle ne soit pas sans problèmes, rend le mieux compte du schéma général des événements et des similitudes détaillées entre les Évangiles synoptiques. Les différences sont probablement dues à une combinaison de traditions orales et écrites que Matthieu et Luc ont utilisées indépendamment, en plus de Marc. »

L’ouvrage sceptique *Asimov’s Guide to the Bible*, p. 770, indique que Matthieu figurait en premier parce qu’on pensait qu’il était le premier, mais qu’aujourd’hui, on considère généralement que c’était Marc. (p. 770, p. 903) Cependant, Asimov, p. 771, mentionne également que Papias a écrit que l’Évangile selon Matthieu avait été rédigé à l’origine en hébreu [en araméen ?]. Il est possible que l’Évangile selon Matthieu ait d’abord été rédigé en araméen, que Marc l’ait utilisé comme source principale pour composer son évangile, et que, par la suite, l’Évangile selon Matthieu ait été traduit mot pour mot.

À titre d’information complémentaire, sur les 661 versets de Marc (fin abrégée), 600 sont similaires à des versets de Matthieu, 350 sont similaires à des versets de Luc, et seuls 31 ne se retrouvent nulle part ailleurs.

Q : Que sont les évangiles apocryphes ? Pourquoi ne sont-ils pas acceptés, alors que nous savons que les Pères de l’Église et les traditions ecclésiastiques s’appuyaient sur eux, les citaient, notamment lors des fêtes et des pratiques rituelles de l’Église ?

R : La dernière partie de la question elle-même est factuellement incorrecte. Les Pères de l’Église et les traditions ecclésiastiques ne s’appuyaient pas sur eux, et ils ne les utilisaient pas lors des fêtes et des pratiques rituelles de l’Église, à moins que la question ne porte sur les religions gnostiques, et non sur le christianisme.

Les seules références positives sont celles de la « Deuxième Lettre de Clément » et de Clément d’Alexandrie, qui mentionnent l’Évangile des Égyptiens, ainsi que celle de Clément d’Alexandrie qui mentionne l’Évangile des Hébreux. Il n’existe aucune autre référence chrétienne pré-nicéenne à d’autres évangiles dans un sens positif. Cependant, les Pères de l’Église ont mentionné et cité les textes suivants en affirmant qu’ils étaient faux. Irénée s’élève contre le faux Évangile de la Vérité. Hippolyte s’élève contre l’Évangile des Égyptiens et l’Évangile de Thomas (ainsi que d’autres ouvrages). Il ne serait donc pas juste d’affirmer que les premiers Pères de l’Église « s’appuyaient sur eux » alors que bon nombre d’entre eux n’avaient pas encore été écrits et qu’ils s’élevaient contre d’autres écrits hérétiques.

Enfin, bon nombre d’évangiles apocryphes n’ont été ni approuvés ni rejetés par les premiers chrétiens, car ces évangiles apocryphes n’ont été rédigés que plusieurs siècles plus tard. Par exemple, l’Évangile de Nicodème a été rédigé vers 405-439 apr. J.-C., et l’Évangile de la Nativité de Marie a été rédigé après 625 apr. J.-C.

Q : Que sont l’« Évangile de l’enfance », l’« Évangile de la Vérité », l’« Évangile des Hébreux », l’« Évangile des Ébionites », l’« Évangile de Thomas » et l’« Évangile de Pierre » ?

R : Il s'agit d'évangiles apocryphes rédigés par diverses personnes bien après que les événements se sont produits.

Voici quelques-uns de ces évangiles ainsi que leurs dates de rédaction.

Évangile de Marie (IIe ou VIe siècle)

Évangile de Pierre (180-190 apr. J.-C.)

Évangile de Thomas. Ce faux ouvrage rédigé par des hérétiques gnostiques a probablement été écrit entre 188 et 235 apr. J.-C. Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.), qui décrit de manière exhaustive tous les livres et toutes les hérésies connus, n’en fait pas mention, mais son disciple Hippolyte, qui a écrit entre 222 et 235/236 apr. J.-C., y fait référence.

Évangile de Nicodème (405-439 apr. J.-C.)

Évangile de la Nativité de Marie (après 625 apr. J.-C.)

Dans le monde musulman, il existait plus de 200 000 hadiths concernant Mahomet. La grande majorité d’entre eux sont considérés par les érudits musulmans comme faux ou, au mieux, peu fiables. Boukhari les a passés au crible et n’en a retenu que 7 275 comme fiables.

Tout comme les druzes, les yézidis, les alaouites et d’autres ont leurs propres livres, les gnostiques possédaient eux aussi leurs propres Écritures. Il existait au moins trente groupes gnostiques, qui disposaient donc d’un grand nombre d’ouvrages qu’ils considéraient comme des Écritures. L’Évangile de la Vérité, l’Évangile de Thomas et l’Évangile de Pierre en faisaient partie.

Il n’existait aucun ouvrage intitulé « L’Évangile des Ébionites ». Les Ébionites, considérés comme hérétiques, qui affirmaient que Jésus n’était le Fils de Dieu qu’à titre honorifique et par respect, disposaient des Homélies clémentines, des Reconnaissances de Clément et de quelques autres ouvrages.

Q : Dans les Évangiles, quelles sont les prophéties messianiques ?

R : Il s’agit de prophéties que Dieu a données afin que son peuple puisse clairement reconnaître le Messie. En voici plusieurs.

Qui sera le Messie ?

Issu de la tribu de Juda (Genèse 49, 10 ; Matthieu 1, 2 ; Luc 3, 23, 33 ; Hébreux 7, 14).

Issu de Jessé (Ésaïe 11, 1 ; Matthieu 1, 6 ; Luc 3, 23, 32).

Issu de David (Jérémie 23, 5 ; Luc 3, 31 ; Matthieu 1, 1 ; 9, 27 ; Marc 10, 47-48 ; Jean 7, 42 ; Actes 13, 22-23 ; Apocalypse 22, 16). De nombreux Talmuds juifs affirment que le Messie viendra de la lignée de David.

Un prêtre selon l’ordre de Melchisédech (Psaume 110, 4 ; Hébreux 5, 6).

Fils de Dieu (Psaume 2, 7 ; Matthieu 3, 17 ; 16, 16-17 ; 27, 54 ; Marc 9, 7 ; Luc 9, 35 ; Jean 1, 34 ; Actes 13, 33 ; Hébreux 5, 5).

Le Seigneur a dit à mon Seigneur (Psaume 110, 1 ; Matthieu 22, 43-45 ; Marc 12, 36-37 ; Luc 2, 11 ; 20, 42-44). Le Midrash Tehillim, commentaire des Psaumes (200-500 apr. J.-C.), reconnaît le Psaume 110 comme messianique

Appelé « Dieu avec nous » (Ésaïe 7:14 ; Matthieu 1:23 ; Luc 7:16 ; ~Jean 20:28).

L’Enfant est appelé « Dieu puissant », « Prince de la paix », etc. (Ésaïe 9, 6). Il s’agit d’un passage messianique selon le Midrash yéménite 349-350 et le Pereq Shalom, p. 101

La postérité de la femme écrasera la tête de Satan (Genèse 3, 15). Il s’agit d’une prophétie messianique selon le Targum pseudo-Jonathan

Né d’une vierge (double accomplissement) (Ésaïe 7, 14 ; Matthieu 1, 18, 25 ; Luc 1, 26-35). Vierge selon la Septante

Où se trouvera le Messie ?

Né à Bethléem, en Juda (Michée 5, 2 ; Matthieu 2, 1, 5-8 ; Jean 7, 42 ; Luc 2, 4-7). Le Targum d’Ésaïe indique qu’il s’agit d’une prophétie messianique.

Il exercera son ministère en Galilée (Ésaïe 9, 1-2 ; Matthieu 4, 12-16 ; Marc 1, 14 ; Luc 4, 31 ; Jean 4, 43).

Il entrera dans le Temple de Jérusalem (Malachie 3, 1 ; Matthieu 21, 12 ; Marc 11, 15)

Quand le Messie viendra-t-il ?

Le sceptre ne s’éloignera pas (Genèse 49:10 ; Luc 3:23, 33). Il s’agit d’un passage messianique selon les Talmuds babylonien et de Jérusalem, le Targum de Jonathan, le Pseudo-Targum de Jonathan, le Targum d’Onkelos, le Commentaire des Manuscrits de la Mer Morte et le Targum araméen. Les Juifs ont perdu le droit de mettre à mort des personnes en l’an 11 après J.-C., selon le Talmud de Babylone, chapitre 4 du Sanhédrin.

Israël sera abandonné jusqu’à ce que le Messie vienne (Michée 5:3).

Avant la destruction du Temple (en l’an 70 de notre ère) (Malachie 3, 1).

Après l’arrivée d’un précurseur (Ésaïe 40:3 ; Matthieu 3:1-3 ; 11:10 ; Luc 1:17 ; Jean 1:23).

Tué en 32/33 apr. J.-C. (Daniel 9, 20-27 + Néhémie 2, 1-10 (445/444 av. J.-C.)). Il s’agit d’un passage messianique selon Maïmonide dans *Igeret Teiman*, et selon le rabbin Moïse Abraham Lévi dans *Le Messie des Targums, des Talmuds et des auteurs rabbiniques*.

Que fera le Messie ?

Un ministère de miracles (Ésaïe 35:5,6a ; Matthieu 9:6-7,22,32-35 ; 11:4-6 ; 12:13 ; Jean 5:5-9 ; 9:6-11, etc.)

Il a porté nos maladies (Ésaïe 53, 4 ; Matthieu 8, 17 ; Marc 2, 10-12 ; Luc 5, 13 ; Jean 5, 5-9).

Il a enseigné par des paraboles (Psaume 78, 2 ; Matthieu 13, 34).

Il est entré en tant que roi sur un âne (Zacharie 9, 9 ; Marc 11, 2-10 ; Luc 19, 35-37 ; Matthieu 21, 5-9 ; Jean 12, 15).

De pierre d’achoppement à pierre angulaire (Psaume 118, 22-23 ; Ésaïe 8, 14-15 ; 28, 16 ; Matthieu 21, 42 ; Marc 12, 10-11 ; 1 Pierre 2, 6-8 ; Actes 4, 11).

Il n’a pas été livré à la mort (Psaume 16, 8-11 ; 30, 3 ; Actes 2, 31 ; 13, 33 ; Marc 16, 6 ; Matthieu 28, 6 ; Luc 24, 46).

Zèle pour la maison de son Père (Psaume 69, 9 ; Jean 2, 17).

L’Esprit du Seigneur reposera sur lui (Ésaïe 11, 2 ; Matthieu 3, 16 ; Marc 1, 10-11 ; Luc 4, 15-21, 32 ; Jean 1, 32). Il s’agit d’un passage messianique selon le Targum d’Ésaïe et le Talmud babylonien

Matthieu montre que la vie du Christ présente des parallèles avec celle du peuple d’Israël (Jérémie 31, 15 et Matthieu 2, 18 ; Osée 11, 1 et Matthieu 2, 15 ; Ésaïe 9, 1-2 et Matthieu 4, 15-16 ; etc.).

Réactions du peuple

Haï sans raison (Psaume 35, 19 ; 69, 4 ; Ésaïe 49, 7 ; Jean 15, 25).

Certains ont comploté pour causer la ruine de Jésus (Psaume 38, 12 ; Marc 11, 18).

Trahi par un ami (Psaume 41, 9 ; Matthieu 10, 4 ; 26, 48-50 ; Marc 14, 43-44 ; Luc 22, 47-48 ; Jean 18, 3, 5).

Rejeté par son propre peuple (Ésaïe 53, 3-4 ; Psaume 69, 8 ; Jean 1, 11 ; 7, 5 ; Matthieu 21, 42-44).

On lui a donné du fiel à boire (Psaume 69, 21 ; Matthieu 27, 48).

Même ses amis se tenaient à distance (Psaume 38, 11 ; Matthieu 27, 55 ; Marc 15, 40 ; Luc 23, 49).

Après que le berger eut été frappé, les brebis se dispersèrent (Zacharie 13, 7 ; Marc 14, 27, 50 ; Matthieu 26, 31).

Rejeté par les autorités (Psaume 2, 1-2 ; Actes 4, 25-28).

Comment le Messie mourra-t-il ?

Vendu pour 30 pièces d'argent (Zacharie 11, 12-13 ; Matthieu 26, 15).

Il a jeté, et non déposé, les pièces dans le temple (Zacharie 11, 13b ; Matthieu 27, 5a).

De l’argent destiné à un potier (Zacharie 11, 13 ; Matthieu 27, 7).

Enlevé injustement (Ésaïe 53, 7-8 ; Matthieu 26, 60 ; Marc 14, 55 ; Luc 23, 4).

De faux témoins (Psaume 35, 11 ; Matthieu 26, 60).

Silence face à ses accusateurs (Psaume 38, 13-14 ; Ésaïe 53, 7 ; Matthieu 27, 12).

Il a demandé pourquoi Dieu l’avait abandonné (Psaume 22, 1 ; Matthieu 27, 46 ; Marc 15, 34).

Ridiculisé (Psaume 22, 7-8 ; Matthieu 27, 31, 39 ; Marc 15, 31-32).

Le cœur comme de la cire (Psaume 22, 14b ; Jean 19, 34).

Transpercé pour nous (Psaume 22, 16 ; Ésaïe 53, 5 ; Zacharie 12, 10 ; Matthieu 27, 26 ; Jean 19, 34).

Les gens le regardaient fixement (Psaume 22, 17 ; Luc 23, 35).

On a tiré au sort ses vêtements (Psaume 22, 18 ; Marc 15, 24 ; Luc 23, 34 ; Jean 19, 23, 24).

Aucun os ne fut brisé (Psaume 22, 17 ; Psaume 34, 20 ; Jean 19, 33).

On l’a frappé, on lui a craché dessus (Ésaïe 50, 6 ; Michée 5, 1 ; Matthieu 26, 67 ; Luc 22, 63).

Il a été mis à mort avec les malfaiteurs (Ésaïe 53, 12 ; Matthieu 27, 38 ; Marc 15, 27).

Il a intercédé en faveur des transgresseurs (Ésaïe 53, 12b ; Luc 23, 34).

Il a été enseveli dans le tombeau d’un homme riche (Ésaïe 53, 9 ; Matthieu 27, 57-60).

Il a porté nos péchés en tant qu’offrande expiatoire (Ésaïe 53, 5, 6, 10-12 ; Jean 1, 29 ; 1 Corinthiens 15, 3 ; 1 Jean 2, 2 ; 4, 10).

Jésus est mort en récitant un psaume (Psaume 31, 5 ; Luc 23, 46).

Q : Dans Mt 2, 1, 5-8 ; Lc 2, 4-7 ; Jn 7, 42, que signifie le nom « Bethléem » ?

R : Bethléem signifie « maison du pain », selon le Dictionnaire biblique Wycliffe, p. 225.

Bethléem, en Judée, est une ville très ancienne qui existait déjà avant les Israélites. Genèse 35, 19 dit : « Rachel mourut et fut enterrée sur le chemin d’Éphrath » (c’est-à-dire Bethléem, en Judée). Genèse 48, 7 dit la même chose. Bethléem s’appelait donc à l’origine Éphrath, et c’est pourquoi, dans Michée 5, 2, la ville est désignée sous le nom de « Bethléem-Éphrath ».

Les lettres d’Amarna, écrites par des Cananéens à l’Égypte peu après 1400 av. J.-C., à l’époque de Josué, mentionnent que « Bit-Lahmi » avait rejoint le peuple des « Apiru », selon le Dictionnaire Wycliffe d’archéologie biblique, p. 142, et le Dictionnaire biblique Wycliffe, p. 225, qui renvoie à l’ANET, p. 489.

Soit dit en passant, il existe également une deuxième ville, située plus au nord, appelée Bethléem, sur le territoire de Zabulon, mentionnée dans Josué 19:15.

Q : Un sceptique, Bart Ehrman, affirme : « Rien dans Matthieu et Luc ne laisse entendre que Jésus ait existé avant sa naissance. » (Jesus, Interrupted, p. 75 ; voir également Jesus, Interrupted, p. 103)

R : Michée 5, 2, que Matthieu cite en 2, 6, indique que les origines du Messie « remontent aux temps anciens » dans le texte massorétique, ou « depuis le commencement, voire depuis l’éternité » dans la traduction grecque de la Septante. Dans Matthieu, les scribes ont omis certaines parties, notamment celle concernant « depuis les temps anciens », mais presque tous les rabbins juifs reconnaîtraient le reste de ce verset.

Dans Matthieu 23, 37 et Luc 13, 34, Jésus dit : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, mais tu n’as pas voulu ! » Ces paroles ont été prononcées quelques jours seulement après l’entrée triomphale, lorsque Jérusalem était sortie pour accueillir Jésus. Alors, à quel moment de la vie terrestre de Jésus, avant cette période, Jérusalem s’est-elle vu offrir la possibilité d’être rassemblée sous l’aile de Jésus ? Bien sûr, la réponse est : jamais. Matthieu et Luc (ainsi que Jésus) devaient penser à l’époque où Jésus existait avant sa naissance, lorsque les prophètes que Jésus avait contribué à envoyer à Jérusalem furent tués.

Q : Le sceptique Bart Ehrman déclare : « Il est toutefois frappant de constater, dans l’Évangile selon Marc, que Jésus ne se présente jamais comme un être divin, comme quelqu’un qui préexistait, comme quelqu’un qui était en quelque sorte l’égal de Dieu. Chez Marc, il n’est pas Dieu et il ne prétend pas l’être. » *Jesus, Interrupted*, p. 79

R : Marc 2, 5-12 (ainsi que Matthieu 9, 2-6 et Luc 5, 20-23) affirme que seul Dieu peut pardonner les péchés, et pourtant Jésus a pardonné les péchés du paralytique. Lorsque Jésus a été accusé de faire ce que seul Dieu peut faire, il n’a ni déclaré qu’il se contentait de proclamer le pardon de Dieu, ni nié leur supposition. Il a au contraire affirmé et démontré qu’il avait Lui-même le pouvoir de pardonner les péchés.

Q : À propos de Matthieu 12, 30 et Marc 9, 40, le sceptique Bart Ehrman écrit : « Dans Matthieu, Jésus déclare : “Quiconque n’est pas avec moi est contre moi.” Dans Marc, il dit : “Quiconque n’est pas contre nous est pour nous.” A-t-il dit ces deux choses ? Pouvait-il vouloir dire les deux à la fois ? Comment ces deux affirmations peuvent-elles être vraies en même temps ? Ou est-il possible que l’un des évangélistes ait inversé les propos ? » *Jesus, Interrupted*, p. 41

R : Très franchement, je ne comprends absolument pas comment Ehrman a pu y voir une contradiction. Bien sûr que les deux peuvent être vraies. Bien sûr que Jésus peut tenir des propos différents mais complémentaires dans des situations différentes, à des moments différents, sans se contredire. Dans Matthieu 12, 22-37 (qui correspond à Marc 3, 20-29), cela se produit lorsqu’on amène à Jésus un homme possédé par un démon. Bien plus tard, lors d’une occasion totalement différente, dans Marc 9, 38-41, on rapporte à Jésus qu’une autre personne chasse les démons. Peut-être Ehrman a-t-il en quelque sorte jugé contradictoire que si quelqu’un était contre Jésus, il puisse également être contre ses disciples, ou inversement. Mais Jésus a prédit que ses disciples seraient persécutés et tués parce que les persécuteurs ne connaissent ni le Père ni Jésus, comme il l’a déclaré dans Jean 16, 3. Jésus a déclaré dans Jean 15, 18-21 : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï le premier. Si vous étiez du monde, il vous aimerait comme s’il vous appartenait. Mais le monde vous hait, parce que vous n’êtes pas du monde, mais que je vous ai choisis hors du monde. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : “Aucun serviteur n’est plus grand que son maître.” S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. Mais c’est à cause de mon nom qu’ils vous traiteront ainsi. » (BSB) Jésus s’est étroitement identifié à ses disciples dans Matthieu 25, 34-46, dans la parabole des brebis et des boucs. Dans Jean 15, 1-8, Jésus dit que nous sommes en lui comme les sarments sont unis à la vigne.

Q : Dans Jean 2:19, pourquoi Jésus a-t-il dit : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai », alors que Matthieu 26:61b et Marc 14:58 indiquent que Jésus n’aurait [prétendument] pas dit cela, comme l’affirme le Guide sceptique de la Bible d’Asimov, p. 976 ?

R : Jésus l’a bel et bien dit dans Jean 2, 19, et Matthieu 26, 61b ainsi que Marc 14, 58 ne disent PAS qu’il était faux que Jésus ait tenu ces propos. Ces passages rapportent que les accusateurs de Jésus s’en sont souvenus et s’en sont servis pour l’accuser. Mais Asimov invente simplement l’idée selon laquelle ils auraient affirmé que c’était faux.

Q : Dans Matthieu 17, 1-9 et Marc 9, 2-9, on a l’impression que Jésus est monté sur la haute montagne dans le but d’être transfiguré, tandis que dans Luc, on constate que Jésus est monté sur la montagne pour prier, et que la transfiguration a lieu pendant qu’il priait (Luc 9, 28-36). Comment expliquer cela ?

R : Deux points sont à prendre en compte dans la réponse.

a) En réalité, ni Luc, ni Matthieu, ni Marc ne disent que Jésus est monté sur la montagne pour être transfiguré. Ils ne mentionnent pas non plus si Jésus savait ou non à l’avance qu’il allait être transfiguré.

b) Deuxièmement, la prière n’est pas un rituel ! La prière est une communication avec Dieu dans les cieux. Jésus a prié Dieu le Père, et je ne peux imaginer que Jésus ait été transfiguré sans rien dire à Dieu le Père.

Q : Dans Mt 17,12 et Mc 9,11-13, comment Jean-Baptiste a-t-il accompli la prophétie concernant Élie ? Était-il la réincarnation d’Élie ?

R : Non. Lors de la première venue de Jésus, Jean avait le dessein et la mission d’Élie. Bien sûr, Élie (et non Jean) lui-même est brièvement apparu lors de la transfiguration. Beaucoup pensent qu’Élie sera l’un des deux témoins juste avant la septième trompette, dans Apocalypse 11, 3-12.

Le premier auteur connu à avoir abordé ce verset est Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.), qui a remarqué que le concept selon lequel une personne possède l’esprit d’une autre n’est pas propre à Élie et à Jean-Baptiste. Dieu avait promis que Josué posséderait l’esprit de Moïse. (Dialogue avec Tryphon le Juif, chap. 49, p. 220) De même, Élisée reçut une double portion de l’esprit d’Élie dans 2 Rois 2, 9-10.

Q : Dans Jean 7, 1, pourquoi Jésus aurait-il [prétendument] craint la mort, alors qu’il avait dit à ses disciples de ne pas craindre la mort dans Luc 12 ?

R : Jésus a dit à ses disciples de ne pas craindre la mort physique, mais plutôt la mort spirituelle. Jean 7, 1 ne dit PAS que Jésus craignait la mort. Mais on peut tout de même prendre des précautions sans craindre la mort. Jésus évitait de se rendre en Judée parce que les Juifs de cette région voulaient le tuer. Il s’agissait d’une précaution pour son ministère, et non d’un acte motivé par la peur, car plus tard, Jésus s’est rendu à Jérusalem, lorsque son heure était venue, là où les Juifs cherchaient à le tuer, et y sont même parvenus.

Q : Dans Luc 13, 23, certains cherchent-ils à entrer sans y parvenir, et cherchent-ils sans trouver dans Jean 7, 34, ou bien ceux qui cherchent trouvent-ils, comme le montrent Matthieu 7, 7 ; 1 Chroniques 28, 9 ; Ésaïe 55, 6 ; Actes 10, 35 ?

R : Certains de ceux qui cherchent Dieu ne Le trouvent PAS nécessairement. Dieu ne dit rien au sujet de ceux qui ne Le cherchent pas avec assiduité, ou qui ne Le cherchent que partiellement, selon leurs propres conditions, et non selon les Siennes.

Q : Dans Matthieu 17, 12 et Marc 9, 11-13, le fait que Jésus s’entretienne avec Moïse et Élie indique-t-il [d’une manière ou d’une autre] que nous devrions prier les morts, comme l’ont affirmé certains catholiques romains ?

R : Non. Personne n’a parlé avec Moïse et Élie lors de la Transfiguration, à l’exception de Jésus. Eux-mêmes n’ont parlé à personne d’autre qu’à Jésus et entre eux. Seul Dieu doit être l’objet de notre adoration. Les catholiques seraient d’accord sur ce point, mais affirment que, tout comme nous pouvons demander de l’aide et des prières aux chrétiens qui vivent sur terre, nous pouvons également en faire la même demande aux chrétiens qui vivent au ciel. 2 Corinthiens 11, 3 dit que nous ne devons être dévoués à personne d’autre qu’au Christ. Bien que prier quelqu’un ne signifie pas nécessairement que vous lui êtes dévoué, de nombreuses prières catholiques sont des prières de dévotion à Marie ou à d’autres saints. Il n’y a aucun exemple dans les Écritures d’un croyant priant quelqu’un d’autre que Dieu.

Q : Dans Mc 15, 25, Jésus a-t-il été crucifié à la troisième heure, ou se trouvait-il encore devant Pilate à la troisième heure, selon Jean 19, 14 ?

R : Commençons par ce qui n’est pas la réponse, puis passons à la réponse.

Un fait qui ne fait pas partie de la réponse : en grec, les caractères représentant les chiffres trois et six ne différaient que par un trait ; on peut donc supposer qu’il s’agit d’une erreur de copiste. Il existe toutefois une explication plus simple.

La réponse : Les deux affirmations sont vraies, car les Juifs et les Romains comptaient les heures différemment. Jean 19, 14 indique qu’Il quitta Pilate à la sixième heure, ce qui correspondrait à 6 h 00 du matin, car la journée romaine commençait à minuit. Marc 15, 22 et 25 indiquent qu’il a été crucifié à la troisième heure, ce qui correspondrait à 9 h, car la journée juive commençait au lever du soleil (vers 6 h) et la nuit juive commençait au coucher du soleil (vers 18 h). Jean utilise également le système romain/grec de mesure du temps dans Jean 20, 19, où le début de la nuit était considéré comme faisant partie de la journée précédente, alors que les Juifs considéraient qu’après le coucher du soleil, c’était le jour suivant.

Comment sait-on que les Romains comptaient la journée de minuit à minuit ? Les auteurs romains Plutarque (Morales : Questions romaines 84), Pline l’Ancien (Histoire naturelle ii.77 (188)), Aulus Gellius (III, 2) et Macrobe (Saturnales, I, 3) affirment tous que la journée romaine s’étendait de minuit à minuit, selon A. T. Robertson dans *Harmony of the Gospels*, p. 285-286, et William Arndt dans *Bible Difficulties & Seeming Contradictions*, p. 197-199. Pline l’Ancien a également noté que d’autres cultures avaient des pratiques différentes, et que les Babyloniens considéraient que le jour s’étendait du lever au coucher du soleil.

Q : Comment concilier les passages de Mt 19, 16-30, Mc 10, 17-31 et Lc 18, 18-30 ?

R : Ils s’accordent très bien dès lors que l’on comprend que les évangélistes ont paraphrasé et n’ont pas nécessairement rapporté des citations exactes. Par exemple, Matthieu dit : « Maître… obtenir la vie éternelle… Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ?… Il n’y a qu’un seul qui soit bon », tandis que Marc et Luc disent : « Bon Maître… hériter de la vie éternelle… Pourquoi m’appelles-tu bon ?… Nul n’est bon, si ce n’est Dieu seul », et ainsi de suite. Voir l’Encyclopédie des difficultés bibliques, p. 329-332, pour une analyse approfondie.

Q : Dans Mt 19, 28 et Lc 22, 28-30, le sceptique Bart Ehrman affirme à tort que Jésus aurait dit que les douze disciples auraient douze trônes. Qu’en est-il du disciple Judas Iscariote ? (Jesus, Interrupted, p. 159)

R : Non, il n’y a pas de trône pour Judas. Tout d’abord, Luc 22, 28-30 ne mentionne pas douze trônes, mais seulement douze tribus. En réalité, Matthieu 19, 28 ne dit PAS que les douze disciples s’assiéront sur douze trônes. Il dit plutôt : « … vous qui m’avez suivi, vous vous assiérez aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. » (BSB) Il est donc question de douze trônes, mais il n’est pas précisé que les douze disciples s’y assiéront. Au contraire, Jésus n’a fait cette promesse qu’à « vous qui m’avez suivi ». Judas n’a pas continué à suivre Jésus et a abandonné sa place de disciple après l’avoir trahi, comme le rapporte Actes 1, 20.

Q : Dans Matthieu 26, 14, un sceptique, Bart Ehrman, écrit que Judas a trahi Jésus pour l’argent, tandis que dans Luc 22, 3, Judas l’a fait parce que Satan était entré en lui. Dans Jean, Judas est qualifié de « diable » ; il semble donc qu’il eût un penchant pour le mal. (Jesus, Interrupted, p. 45-46)

R : Tout comme aucun incendie ne se déclare à partir d’une seule cause, mais de trois (l’air, le combustible, l’étincelle), de nombreux actes ont eux aussi plusieurs causes simultanées. Beaucoup de choses ont trois causes : une cause potentielle, telle que l’eau retenue derrière un barrage, une cause immédiate, telle qu’une fissure dans le barrage, et une cause préventive qui a été écartée, telle que l’arrêt des inspections de sécurité du barrage. Laquelle a provoqué la rupture du barrage ? – Les trois ont joué un rôle. De même, Judas était déjà un voleur auparavant, il était donc diabolique. Judas s’est vu attribuer un motif égoïste supplémentaire, à savoir le pot-de-vin offert par les prêtres. Enfin, il a saisi l’occasion après la Cène. Alors, quelle est la raison pour laquelle Judas a trahi Jésus ? – Ces trois raisons ont toutes joué un rôle.

Q : Dans Mt 26, 26-28 ; Mc 14, 22 ; et Lc 22, 19, pourquoi le pain et le vin ne sont-ils pas le corps physique du Christ ?

R : Nous pouvons constater que Jésus considérait le pain et le vin comme son corps de manière symbolique, et ce pour deux raisons.
Premièrement, il n’existe pas la moindre preuve que les gens se prosternaient devant le pain et le vin, ni dans la Bible ni dans l’Église primitive. Nous ne devons adorer rien ni personne d’autre que Dieu. Nous adorons Jésus, mais si le pain et le vin ne sont pas Jésus, nous ne devons pas adorer le pain et le vin.
Deuxièmement, si l’on interprétait cette métaphore comme signifiant que le pain et le vin étaient ou devenaient Jésus, alors, pour être cohérents, il faudrait également considérer d’autres métaphores du corps de Jésus comme représentant Jésus lui-même, comme par exemple dans 1 Corinthiens 12:27. Nous (l’Église) sommes le corps du Christ. Pensez-vous que les gens devraient vous adorer, ou adorer la communauté à laquelle vous appartenez ? Si ce n’est ni l’un ni l’autre, alors pourquoi n’adoreriez-vous pas un chrétien, créé à l’image de Dieu, davantage que le pain et le vin, qui ne sont pas créés à l’image de Dieu ?
Bien sûr, nous ne devons en aucun cas adorer d’autres chrétiens. Mais adorer d’autres personnes, en justifiant cela par la métaphore du Christ, serait-il pire que d’adorer le pain et le vin, en justifiant cela par la métaphore du Christ ?

Q : Dans Matthieu 26, 49-50, pourquoi Jésus est-il trahi par Judas par un baiser, puis arrêté, alors que dans Jean 18, 2-9, Jésus s’avance volontairement pour s’identifier, et Judas ne lui donne pas de baiser ?

R : Le fait de ne pas mentionner le détail du baiser dans Jean 18, 2-9 ne prouve pas qu’il n’y ait pas eu de baiser. Judas aurait pu embrasser Jésus, comme le rapporte Matthieu 26, 49 ; puis les soldats se seraient retirés dans Jean 18, 2-9, avant de finalement l’arrêter dans Matthieu 26, 50. La seule partie dont il est dit qu’elle s’est produite « immédiatement » est le baiser de Judas au début.

Q : Le sceptique Bart Ehrman affirme que, selon Marc, Jésus a subi un procès rapide au cours duquel il n’a pratiquement rien dit, tandis que, selon Jean, il a subi un long procès, prolongé, au cours duquel il a eu des conversations approfondies (Jesus, Interrupted, p. 43).

R : C’est une affirmation plutôt ridicule, car ni Marc ni Jean ne précisent la durée des échanges, et Jésus a probablement dit davantage de choses que ce que l’un ou l’autre rapporte. Il n’y a pas eu un seul procès, mais deux (juif et romain). Marc a rapporté deux phrases prononcées par Jésus lors du procès juif et une phrase lors du procès romain. Jean a rapporté cinq phrases de Jésus lors du procès juif et neuf phrases lors du procès romain. Mais là encore, aucun des deux évangélistes ne prétend avoir rapporté tout ce que Jésus a dit.

Q : Dans Matthieu 27, 11-14, pourquoi Jésus ne répond-il à aucune des accusations portées contre lui lors de son audience devant Pilate, le gouverneur, alors que Jean 18, 33-37 nous dit [soi-disant] que Jésus a répondu à toutes les accusations lors de son audience devant Pilate ?

R : Matthieu 27, 11 et Matthieu 27, 12 se situent à des moments différents ; le verset 11 a lieu devant Pilate. Dans Matthieu 27, 11-14, alors que les grands prêtres et les anciens se trouvaient avec lui (au verset 12), Jésus ne leur a rien répondu. Jean 18, 28 indique que les Juifs ne voulaient pas entrer dans le prétoire ; c’est pourquoi, dans Jean 18, 29, Pilate (vraisemblablement accompagné de Jésus) est sorti à leur rencontre. Jean 18, 33 précise qu’ensuite, Pilate est entré dans le prétoire et a appelé Jésus. C’est alors, dans Jean 18, 34-37, que Jésus a répondu aux questions de Pilate.

Soit dit en passant, Jean 18, 33-37 ne dit PAS que Jésus a répondu à toutes les questions ou à toutes les accusations de Pilate ; il indique seulement que Pilate a déclaré : « Je ne trouve aucun motif d’accusation contre lui. » Pilate lui a peut-être posé de nombreuses questions, et Jean 18, 33-38 n’en énumère que quatre, auxquelles Jésus a répondu à trois reprises. Matthieu 27, 14 indique que Jésus n’a pas dit un mot lorsque les prêtres et les anciens l’ont accusé, ni lorsque Pilate lui a posé une question qui ne figure pas dans Jean 18, 33-37. Ainsi, Jésus n’a rien répondu à ce que disaient les prêtres et les anciens, même lorsque Pilate lui a demandé s’il entendait ces accusations. Par la suite, Jésus a répondu à [au moins] trois questions posées par Pilate.

Q : Dans Matthieu 28, 1-8, en quoi les prophéties prouveraient-elles que Jésus était Dieu, s’il s’agissait d’un extraterrestre ? (C’est en fait un étudiant, fan de Star Trek et de l’Église de Scientologie, qui m’a posé cette question.)

R : Si Jésus était un extraterrestre, il devrait être un être extrêmement intelligent pour pouvoir faire en sorte que toutes ces prophéties se réalisent. En effet, comparé à nous, il apparaîtrait comme omniscient. Jésus devrait également être un extraterrestre extrêmement puissant pour accomplir tous les miracles qu’il a accomplis, y compris sa résurrection d’entre les morts. Nous le considérerions alors comme tout-puissant. Pour enseigner aux hommes la doctrine que Jésus a enseignée, il devrait être moralement très bon, presque parfait. Ainsi, si vous pensez que Jésus pourrait être un être omniscient, tout-puissant et moralement parfait, qui ne serait pas de ce monde et qui serait venu nous révéler la vérité, je suis d’accord avec vous !

Q : Dans Mt 28, 2 ; Mc 16, 4 ; Lc 24, 2, la pierre a-t-elle simplement été « roulée » ?

R : Non. Le mot grec se traduit mieux par « projeté » que par « roulé ». Si la pierre pesait plusieurs tonnes, il aurait fallu un ange pour la projeter au loin.

Q : Dans les Évangiles, qui d’autre que Jésus a prétendu être soit le Messie, soit Dieu ?

R : Les personnes suivantes ont soit fait les déclarations suivantes, soit d’autres ont fait ces déclarations à leur sujet.

…Le Christ revenu

Grigori Raspoutine (du moins, certains l’ont affirmé)

Le révérend Jim Jones de Jonestown (décédé le 16/11/1978)

Le révérend Moon, de l’Église de l’Unification

Jacob Katzan (1977-)

Guru Maharah Ji, de la Divine Light Mission

de nombreux gourous hindous et du mouvement New Age

… Un Messie juif venu pour la première fois

Sabbataï Sebi/Zvi, en septembre 1666 après J.-C. ; il fut contraint de se convertir à l’islam

Le rabbin Schneerson de New York (aujourd’hui décédé)

probablement Théudas dans les Actes 5:36. Il prétendait être un personnage important

…Le Mahdi dans les religions chiites

Premier calife fatimide ‘Obaidallah/‘Ubaydullah (909-933/934 après J.-C.)

L’imam al-Husayn ibn al-Kasim al-‘Iyani (1010-1013 après J.-C.) (secte zaydite des Husayniyyah)

Mirza Ghulam Ahmad (1879 apr. J.-C., mouvement ahmadiyya)

Bahá’u’lláh (bahá’ís) (1817-1892)

Husayn ‘Ali Nuri Baha’, demi-frère de Bahá’u’lláh

Sliman Murshad de Syrie (1900-1949)

Le mouvement mahdiste au Soudan

et bien d’autres encore

… les Messies zoroastriens, ou Saoshyants

…Dieu visible

Mahomet était vénéré comme un Dieu visible par les Muhammadiyya

Ali est divin selon les « Ulyaniyya » / « Alaya’iyya »

‘Ali ibn Abi Talib et Saliman al-Farisi. Ils ne prétendaient pas être Dieu, mais bien après leur mort, certaines sectes alaouites les vénéraient dans le cadre d’une sorte de trithéisme musulman.

Seigneur Hakim (les Druzes) (996-1021 apr. J.-C.)

Selon la secte chiite Rizamiyya / Muslimiyya, Dieu existait sous la forme de tous les prophètes

Q : Outre Jésus, y a-t-il quelqu’un d’autre qui ait accompli de grands miracles en Palestine ?

R : Non. Cependant, certains affirment qu’Onias, « le faiseur de cercles », qui vécut au Ier siècle av. J.-C., a accompli un miracle. On l’appelle ainsi parce qu’il a tracé un cercle et a déclaré à Dieu qu’il n’en sortirait pas tant qu’il n’aurait pas plu, et il a plu. Voici la citation tirée de Taanith 3.8 dans *The New Testament Background*, p. 170 : « Un jour, ils dirent à Onias le « faiseur de cercles » : « Priez pour que la pluie tombe. » Il répondit : « Sortez et rapportez les fours de la Pâque afin qu’ils ne soient pas ramollis [c’est-à-dire par la pluie]. » Il pria, mais la pluie ne tomba pas. Que fit-il ? Il traça un cercle, se tint à l’intérieur et dit devant Dieu : « Ô Seigneur du monde, tes enfants ont tourné leur regard vers moi, car je suis comme un fils de la maison devant toi. Je jure par votre grand nom que je ne bougerai pas d’ici tant que vous n’aurez pas eu pitié de vos enfants. » La pluie se mit à tomber goutte à goutte. Il dit : « Ce n’est pas pour une telle pluie que j’ai prié, mais pour une pluie qui remplira les citernes, les fosses et les cavernes. » Il se mit à pleuvoir avec violence. Il dit : « Ce n’est pas pour une telle pluie que j’ai prié, mais pour une pluie de bienveillance, de bénédiction et de grâce. » Puis il plut modérément [et cela continua] jusqu’à ce que les Israélites montent de Jérusalem au mont du Temple à cause de la pluie. » Finalement, il plut tellement qu’ils lui demandèrent de prier pour que la pluie cesse. Josèphe (vers 90 apr. J.-C.) mentionne également brièvement qu’Onias pria pour que la pluie cesse dans ses *Antiquités judaïques*, livre 14, chap. 2.1, p. 290.

Q : Dans les Évangiles, quelles sont les références extra-bibliques à Jésus antérieures à l’an 200 après J.-C. ?

R : On pourrait s’attendre à ce que la vie de Jésus et le christianisme ne passent pas inaperçus, même en dehors de la Bible. L’un des objectifs de ces citations est de dissiper les doutes de quelques critiques sceptiques, tels que Bertrand Russell, quant à l’existence même de Jésus.

Cornelius Tacite (vers 55 – vers 117 apr. J.-C.) était un historien romain qui a relaté les événements survenus à Rome et en Grande-Bretagne entre 15 et 70 apr. J.-C. À en juger par son ton méprisant, il n’était certainement pas un ami du christianisme. Dans les *Annales*, livre 15, chapitre 44, il écrit : « …Mais tous les efforts humains, tous les dons somptueux de l’empereur et les sacrifices offerts aux dieux ne parvinrent pas à dissiper la sinistre croyance selon laquelle l’incendie [de Rome] résultait d’un ordre [de l’empereur]. Par conséquent, pour faire taire ces rumeurs, Néron fit porter la responsabilité et infligea les tortures les plus atroces à une classe haïe pour ses abominations, que le peuple appelait les chrétiens. Christus, dont le nom tire son origine, subit la peine capitale sous le règne de Tibère, aux mains de l’un de nos procurateurs, Ponce Pilate ; et une superstition des plus néfastes, ainsi contenue pour un temps, reprit de plus belle non seulement en Judée, berceau de ce mal, mais même à Rome, où tout ce qui est hideux et honteux, provenant des quatre coins du monde, trouve son centre et se répand. En conséquence, on procéda d’abord à l’arrestation de tous ceux qui avaient avoué leur culpabilité ; puis, sur la base de leurs aveux, une immense multitude fut condamnée, non pas tant pour le crime d’avoir incendié la ville que pour leur haine envers l’humanité. Des moqueries de toutes sortes vinrent s’ajouter à leur mort. Recouverts de peaux de bêtes, ils furent déchiquetés par des chiens et périrent, ou furent cloués sur des croix, ou encore condamnés aux flammes et brûlés, afin de servir d’éclairage nocturne, une fois la lumière du jour éteinte… »

Tacite, dans le livre 5 de ses *Histoires*, décrit également en détail comment diverses légions romaines — la 5e, la 10e, la 15e, la 12e ainsi que certains hommes des 18e et 3e — ont réprimé la révolte en Judée et détruit Jérusalem.

Les citations de Tacite sont tirées des *Annales* et des *Histoires* de P. Cornelius Tacite, Encyclopedia Britannica, Inc., 1952.

Mara Bar-Serapion était un simple Syrien qui écrivit une lettre à son fils, Serapion, quelque temps après l’an 73 après J.-C. Il l’encourage à imiter les sages de l’histoire qui sont morts pour leurs convictions, tels que Socrate, Pythagore et le sage roi que les Juifs ont exécuté. Ce document se trouve au British Museum, et F.F. Bruce le mentionne dans *The New Testament Documents : Are They Reliable?*

Josèphe était un érudit juif, né en 37/38 apr. J.-C., qui a écrit en termes élogieux au sujet du Christ. Il existe deux versions de ce passage : la version arabe du Xe siècle, plus courte, et la version latine, plus longue. La version arabe, plus concise, est généralement considérée comme la plus fidèle. Mais quelle que soit la version exacte, il s’agit là d’un témoignage de l’existence et de la crucifixion du Christ. Reportez-vous à la question suivante pour plus de détails à ce sujet.

Lucien de Samosate (également appelé Lucien le Grec), satiriste du IIe siècle, a écrit à propos du Christ : « … l’homme qui fut crucifié en Palestine parce qu’il avait introduit ce nouveau culte dans le monde… De plus, leur premier législateur les a persuadés qu’ils étaient tous frères les uns des autres après avoir transgressé une fois pour toutes en reniant les dieux grecs, en adorant ce sophiste crucifié lui-même et en vivant selon ses lois. » (Le Départ de Pérégrin – également intitulé La Mort de Pérégrin, chapitres 11 à 13) (cité dans *Evidence That Demands a Verdict*, vol. 1, p. 82.)

Clément de Rome était un évêque chrétien qui écrivit à l’Église de Corinthe pour lui demander, en substance, pourquoi elle n’obéissait pas à ce que Paul avait écrit cinquante ans plus tôt. La lettre de Clément fut rédigée entre 96 et 98 apr. J.-C.

Pline le Jeune était gouverneur de Bithynie ; il fit exécuter de nombreux chrétiens en raison de leur foi. En 112 apr. J.-C., il écrivit à l’empereur Trajan pour lui demander s’il devait continuer à faire exécuter des hommes, des femmes et des enfants simplement parce qu’ils ne vénéraient pas une statue de l’empereur. Pline dit à propos des chrétiens : «ils affirmaient toutefois que toute leur faute, ou leur erreur, consistait à avoir pour habitude de se réunir un certain jour fixe avant le lever du jour, moment où ils chantaient en vers alternés un hymne à Christ comme à un dieu, et se liaient par un serment solennel, non pas à commettre des actes malveillants, mais à ne jamais se livrer à la fraude, au vol, à l’adultère, à ne jamais mentir, et à ne pas trahir une confiance lorsqu’ils seraient appelés à la rendre. Épîtres 10.96. (Cité dans *Evidence that Demands a Verdict*, vol. 1, p. 83.) Par ailleurs, Pline nous fournit également des informations sur les Esséniens.

Papias était un autre évêque, disciple de l’apôtre Jean. Il a rédigé de nombreux ouvrages, entre 95 et 110 apr. J.-C. Malheureusement, ses écrits ont été perdus, à l’exception d’une brève description d’Eusèbe de Césarée (318 apr. J.-C.). Eusèbe nous rapporte notamment que, selon Papias, l’Évangile selon Matthieu a d’abord été rédigé en hébreu, que Marc était l’interprète de Pierre, et que Papias enseignait le prémillénarisme. (Eusèbe était un amillénariste.)

Ignace était un disciple de l’apôtre Jean. Il a écrit des lettres à de nombreuses Églises et est mort soit en 107, soit en 116 après J.-C., sous l’empereur Trajan.

Polycarpe, évêque de Smyrne, était un martyr chrétien et un disciple d’Ignace qui prêchait le Christ. Il est mort vers 163 apr. J.-C.

Irénée, évêque de Lyon (en France), était un disciple de Polycarpe et un martyr qui vécut de 120/140 à 202 apr. J.-C. Il rédigea un long ouvrage contre les hérésies de son époque entre 182 et 188 apr. J.-C.

La Didachè (ou Enseignement des douze apôtres) était un manuel ecclésiastique anonyme datant d’environ 60 à 120 après J.-C.

Justin le Martyr était un philosophe grec né soit en 110, soit en 114 après J.-C. Il s’est converti vers 138 et, selon lui, sa Première Apologie a été rédigée 150 ans après la naissance du Christ. Dans ses première et deuxième Apologies, ainsi que dans son Dialogue avec Tryphon le Juif, Justin affirme que Jésus est Dieu. Le *Chronicon Paschale* nous apprend qu’il fut martyrisé pour sa foi en 165 apr. J.-C.

Suétone, l’historien romain et fonctionnaire de la cour qui écrivit vers 120 après J.-C., déclare : « Comme les Juifs provoquaient sans cesse des troubles à l’instigation de Chrestus [une autre orthographe de Christus, c’est-à-dire le Christ], il les expulsa de Rome. Vie de Claude 25.4 (Cité dans *Evidence that Demands a Verdict*, tome 1, p. 83.) (L’inversion des lettres « i » et « e » n’était pas rare lors de la traduction du grec vers le latin, selon *The Expositor’s Bible Commentary*, tome 10, p. 3

Théophile, évêque d’Antioche, fut le premier auteur connu à utiliser un terme grec pour désigner la Trinité (Triade) dans *To Autolycus*, livre 2, chapitre 15, p. 101. Il écrivit entre 168 et 181/188 apr. J.-C.

Clément d’Alexandrie, à ne pas confondre avec le Clément de Rome qui l’a précédé, vécut de 193 à 217/220 apr. J.-C. Il fut l’auteur de nombreux écrits, notamment un hymne au Christ et un ouvrage majeur intitulé *Les Miscellanées*.

Hippolyte a écrit entre 225 et 235/236 apr. J.-C. et est l’auteur de *La Réfutation de toutes les hérésies*. Hippolyte était un disciple d’Irénée.

Tatien vécut de 110 à 172 apr. J.-C. et rédigea une « harmonie des Évangiles », contenant environ 79 % des versets des Évangiles. Malheureusement, il abandonna par la suite la foi et rejoignit les Encratites, une hérésie gnostique.

Les Talmuds juifs font référence à Jésus à plusieurs reprises. Voir *Evidence That Demands a Verdict*, tome 1, p. 85-87, pour des citations tirées du Talmud de Babylone, du *Tol’doth Yeshu*, du *Barailu*, de l’*Amoa ‘Ulla’*, du *Yeb. IV 3* et de la *Baraita*. Voir également le traité *Sanhedrin*.

Phlégon était un écrivain grec originaire de Carie et un esclave affranchi de l’empereur Hadrien. Il écrivit peu après l’an 137 apr. J.-C. qu’au cours de la quatrième année de la 202e Olympiade [33 apr. J.-C.], il y eut « la plus grande éclipse de soleil » et que « la nuit tomba à la sixième heure du jour [midi] au point que des étoiles apparurent même dans le ciel. Il y eut un grand tremblement de terre en Bithynie, et de nombreux objets furent renversés à Nicée. » (The Case for Christ, p. 111.) La citation complète, selon The Baker Encyclopedia of Christian Apologetics, p. 384, est la suivante : « Jésus, de son vivant, ne pouvait se venir en aide lui-même, mais il ressuscita après sa mort et montra les marques de son châtiment, et a montré comment ses mains avaient été transpercées par des clous » et, plus loin, « l’éclipse à l’époque de Tibère César, sous le règne duquel Jésus semble avoir été crucifié, et le grand tremblement de terre qui eut alors lieu », tous deux tirés d’Origène, *Contre Celse*, livre 2, chapitre 33, p. 455, dans *Les Pères anténicéens*, volume 4, et de Jules Africain, *Événements en Perse*, chapitre 18, p. 136. Voir également Origène, *Contre Celse*, livre 2, chapitre 59, p. 455.

Thallus était un historien samaritain cité par Jules Africain (qui écrivit entre 232 et 245 apr. J.-C.). Jules dit à propos de l’obscurité survenue à l’époque du Christ : « Cette obscurité, Thallus, dans le troisième livre de son Histoire, l’appelle, sans raison à mon sens, une éclipse solaire. » (Les Pères anténicéens, volume 6, fragment 18, p. 136.) Le contexte est le suivant : Jules explique en quoi la période allant du décret d’Artaxerxès à la crucifixion du Christ accomplissait la prophétie de Daniel 9.

L’historien samaritain Thallus, à ne pas confondre avec le philosophe grec Thalès, était assez connu. Les sources suivantes mentionnent Thallus.

Théophile à Autolycos, chapitre 29, p. 120, mentionne Thallus, ainsi que l’historien chaldéen antérieur Bérose, à la page 121.

L’« Discours exhortatoire aux Grecs » du Pseudo-Justin Martyr, chap. 9, p. 277, mentionne Thallus, Philon, Josèphe et d’autres.

L’*Octavius* de Minucius Félix, chap. 22, p. 186

L’Apologie de Tertullien, chapitre 19, p. 33, mentionne Thallus et Josèphe.

Fragment 18 de Jules l’Africain, p. 136.

Le « Pasteur d’Hermas » est un ouvrage chrétien anonyme rédigé vers 115-155 apr. J.-C.

Athénagoras a adressé à l’empereur romain une défense du christianisme vers 177 apr. J.-C.

On sait également qu’Aristide d’Athènes et Quadratus ont rédigé des apologies défendant le christianisme, mais seuls certains de leurs écrits ont été conservés.

Q : Quelle version conservée de Josèphe est la plus proche de ce qu’il a écrit à l’origine ?

R : Il existe deux passages dans lesquels il fait référence à Jésus. Dans le premier, Josèphe décrit la vie et le ministère de Jésus (Antiquités judaïques, livre 18, chap. 3.3), et dans le second, il l’identifie comme le frère de Jacques (Antiquités judaïques, livre 20, chap. 9.1). Il existe plusieurs versions du premier passage, mais nous aborderons brièvement les versions latine et arabe. La version latine, présentée ici, et la version arabe du Xe siècle sont pour l’essentiel identiques, à l’exception du fait que la version arabe est plus courte car elle ne comporte pas les parties soulignées… » La version la plus courte est probablement la plus correcte. Nous allons d’abord exposer les différences, puis les arguments en faveur de trois points de vue, et enfin la conclusion de divers spécialistes.

Les différences :

La version latine, plus longue, comporte les passages soulignés, contrairement à la version arabe du Xe siècle.

« Or, à cette époque vivait Jésus, un homme sage, si l’on peut légitimement l’appeler ainsi, car il accomplissait des œuvres merveilleuses, – un maître pour ceux qui accueillent la vérité avec joie. Il attira à lui tant de nombreux Juifs que de nombreux païens. Il était [le] Christ ; et lorsque Pilate, sur la suggestion des principaux d’entre nous, l’eut condamné à la croix, ceux qui l’aimaient dès le début ne l’abandonnèrent pas, car il leur apparut à nouveau vivant le troisième jour, comme les prophètes divins l’avaient prédit, ainsi que dix mille autres choses merveilleuses le concernant ; et la tribu des chrétiens, ainsi nommée d’après lui, n’est pas éteinte à ce jour. » (Antiquités judaïques 18.3.3, rédigé vers 93-94 apr. J.-C.) (Extrait de Josèphe : Œuvres complètes. Kregel Publications 1960. Il s’agit d’une combinaison de la traduction de William Whiston (1867) et de l’édition standard publiée par Porter et Coates, Philadelphie, Pennsylvanie)

Preuves concernant les passages soulignés :

Ce texte, avec les passages soulignés, est cité dans : l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe, livre 1, chapitre 11 (318 apr. J.-C.).

Jérôme (vers 400 apr. J.-C.), *Vies des hommes illustres*

Isidore de Péluse, livre 4, lettre 225.

Macaire, dans les *Actis Sanctorum*, tome 5, p. 149, d’après Fabricius. Joseph, p. 61 (date inconnue)

Cédrenus. *Compendium Historia*, p. 196 (vers 1060 apr. J.-C.)

Zonaras, Annales, tome 1, p. 27 (vers 1120 apr. J.-C.)

Gotfridus de Viterbe, Chronicale, p. 366, d’après Rufinus (vers 1170 apr. J.-C.)

Platina, *De Vitis Pontificum* (vers 1480 apr. J.-C.)

Les auteurs suivants n’ont pas cité Josèphe, mais ont indiqué que celui-ci L’appelait ouvertement le Christ.

Histoire ecclésiastique de Sozomène, livre 1, chapitre 1 (440 apr. J.-C.)

Cassiodore, dans l’Histoire en trois parties de Sozomène (510 apr. J.-C.)

Chroniques d’Alexandrie, p. 514, 526, 527, 584, 586 (640 apr. J.-C.)

Chroniques de Johan. Malela, livre 10 (vers 850 apr. J.-C.)

Codex de Photius, livre 48 I, codex 238, codex 33 (vers 860 apr. J.-C.)

Annales de Glycus, p. 234 (vers 1120 apr. J.-C.)

Vous pouvez consulter le texte de ces sources dans « Josèphe : Œuvres complètes », p. 640-643.

De plus, le style des passages soulignés semble correspondre à celui du reste du texte.

Arguments contre les passages soulignés :

L’arabe du Xe siècle ne comporte pas ces passages, contrairement à la version latine. La version latine en dit tellement sur le Christ qu’on pourrait se demander pourquoi Josèphe n’était pas chrétien. En réalité, Origène, érudit chrétien des premiers temps, affirme que Josèphe ne croyait pas que Jésus fût le Messie dans son ouvrage *Contre Celse*, livre 1, chapitre 47, p. 416 ; livre 2, chapitre 13, p. 437. F.F. Bruce, dans *Les documents du Nouveau Testament : sont-ils fiables ?*, p. 108, émet l’hypothèse que Josèphe aurait en effet écrit ces passages, mais qu’il aurait fait preuve de sarcasme. Cependant, rien dans la version latine ne laisse transparaître le moindre sarcasme. Dans *Josephus : Complete Works*, l’annexe à la page 644 précise que Josèphe qualifie Jésus de « Christ » [Messie] simplement parce qu’il faisait partie d’un certain nombre de personnes présentées comme le Messie, sans pour autant laisser entendre que Josèphe lui-même y croyait.

L’une ou l’autre de ces interprétations était-elle exacte ?

Pour : Tertullien ne fait aucune mention de Josèphe, et Clément d’Alexandrie rapporte ce que Josèphe a dit au sujet de certaines années, mais rien concernant le Christ.

Contre : De si nombreuses sources mentionnent au moins la version arabe de base qu’il serait improbable que toutes ces sources se trompent complètement. Même des sources telles qu’Origène, qui affirment que Josèphe ne croyait pas que Jésus était le Messie, laissent entendre qu’Origène a lu dans les œuvres de Josèphe les passages où celui-ci mentionnait Jésus. La citation d’Origène (telle qu’elle figure dans l’annexe de la traduction de Whiston) est en partie la suivante : « Car Josèphe atteste, dans le dix-huitième livre de ses Antiquités judaïques, que Jean était le Baptiste, et qu’il promettait la purification à ceux qui étaient baptisés. Ce même Josèphe, bien qu’il ne crût pas en Jésus en tant que Christ, alors qu’il enquêtait sur la cause de la destruction de Jérusalem et de la démolition du Temple, et qu’il aurait dû dire que leurs machinations contre Jésus étaient la cause de ces « malheurs qui s’abattirent sur le peuple, parce qu’ils avaient mis à mort ce Christ annoncé par les prophètes », il déclare, bien qu’en quelque sorte à contrecœur, mais sans s’éloigner de la vérité, que ces malheurs s’abattirent sur les Juifs en guise de vengeance pour Jacques le Juste, qui était le frère de Jésus, celui qu’on appelait le Christ ; »

Conclusion – La version arabe est plus précise

R. T. France, spécialiste du Nouveau Testament, s’exprime ainsi sur le site http://www.leaderu.com/truth/1truth21.html.

« Pratiquement tous les spécialistes s’accordent à dire que le texte qui nous est parvenu [la traduction latine] est une réécriture chrétienne, mais la plupart sont prêts à admettre que, dans le texte original, un bref récit concernant Jésus, peut-être dans un ton moins élogieux, figurait à cet endroit. La mention en passant par Josèphe de « Jésus, celui qu’on appelle le Messie » dans les Antiquités, livre 20, chapitre 200, est difficile à expliquer sans qu’il y ait eu auparavant une allusion à ce Jésus, d’autant plus que Josèphe ne fait nulle part ailleurs référence au christianisme, ni même n’utilise le terme Christos pour désigner un autre personnage. La version différente et moins « engagée » du Testimonium conservée dans une citation arabe du Xe siècle tirée de Josèphe, bien qu’elle ne soit probablement pas représentative du texte original, atteste néanmoins de l’existence d’un récit sur Jésus dans l’œuvre de Josèphe, sous-jacent au texte christianisé. Mais la reconstitution de ce qu’a écrit Josèphe relève nécessairement de la spéculation. »

L’Encyclopédie Baker de l’apologétique chrétienne, p. 382, indique : « L’authenticité de ce passage a été remise en question par des spécialistes de toutes les confessions, car il semble peu probable qu’un Juif ayant vécu et œuvré en dehors du contexte chrétien ait pu tenir de tels propos au sujet de Jésus… Malgré ces réserves, il existe des raisons de considérer la majeure partie du texte comme authentique. … Même en excluant les passages qui sont probablement des interpolations chrétiennes, ce texte constitue un témoignage extraordinaire de la vie, de la mort et de l’influence de Jésus.

Références

Pour plus d’informations, consultez la *Baker Encyclopedia of Christian Apologetics*, p. 253-254, 382, ainsi que la Dissertation I figurant en annexe de la traduction de Josèphe par Whiston.

Q : Pourquoi la généalogie de Luc remonte-t-elle jusqu’à Adam, alors que celle de Matthieu ne remonte qu’à Abraham ?

R : Les Écritures ne le précisent pas, mais nous avons une hypothèse. Luc mettait l’accent sur Jésus en tant que Fils de l’homme, tandis que Matthieu mettait l’accent sur Jésus, le Messie juif promis. La généalogie de Luc, par la lignée de Marie, prouve que Jésus était un descendant biologique de David (mais pas de Salomon). La généalogie de Matthieu, selon laquelle Joseph descendait de David et de Salomon, prouve que Jésus, en tant que fils légal de Joseph, avait droit à la royauté.

Clément d’Alexandrie (193-202 apr. J.-C.), dans les Stromates, livre 1, chapitre 21, p. 334, a cru à tort que l’Évangile selon Matthieu était la généalogie de Marie.

Q : Pourquoi la généalogie de Jésus dans Matthieu (Mt 1, 1-17) diffère-t-elle de celle de Luc (Lc 3, 23-38) ? Et pourquoi ces deux généalogies diffèrent-elles des textes de l’Ancien Testament ? S’agissait-il simplement d’une invention apologétique visant à attribuer à Jésus une origine davidique ? D’autre part, ces variations et ces différences ne remettent-elles pas en cause la vérité selon laquelle Jésus de Nazareth est le Messie promis ?

R : En bref, la réponse tient au fait que Jésus était le fils biologique de Marie et le fils adoptif de Joseph. Matthieu présente la généalogie de Joseph, ce qui était important car le droit à la royauté se transmettait par le père. Luc présente la généalogie de Marie, ce qui signifie que Jésus descendait également de David sur le plan biologique.

Et puis il y a la question de Jéconiah (Jehoichin). C’était un roi méchant, et Dieu a déclaré que ni lui ni son père n’auraient jamais de descendant sur le trône de David. La généalogie de Marie présentée par Luc montre que Jésus descendait de David par cette lignée, mais pas par l’intermédiaire de Salomon et de Jéconiah. En revanche, la généalogie de Joseph présentée par Matthieu montre que Joseph descendait de Jéconiah. À titre d’information historique, la première personne dont on sache qu’elle a abordé et répondu à cette question concernant les deux généalogies fut Irénée de Lyon, dans son ouvrage *Contre les hérésies*, livre 3, chapitre 21.9, p. 453-454, rédigé entre 182 et 188 apr. J.-C.

Q : Dans Mt 1, 1-17, comment cette généalogie s’accorde-t-elle avec Lc 3, 23-38 ?

R : Les registres royaux ne mentionnaient généralement qu’une seule généalogie, mais Jésus en avait deux. Beaucoup ont vu un problème dans les généalogies de Matthieu et de Luc, qui font état de personnages fondamentalement différents après David. Mais posons-nous deux questions. De quel droit le Christ aurait-il pu prétendre au trône de David s’il était un descendant de David ? – D’aucun, s’il n’était descendant que du côté maternel. C’est pourquoi il était important que Jésus soit le fils légal et adoptif de Joseph dans Matthieu ; on ne revendique pas la royauté en se fondant sur la lignée maternelle. D’un autre côté, si Marie n’était pas issue de la lignée de David, qu’en serait-il alors de la prophétie selon laquelle Jésus descendrait de David ? C’est pourquoi la généalogie biologique de Luc est importante. Ainsi, pour montrer que Jésus a rempli le rôle du Messie, les deux généalogies étaient nécessaires.

Le problème que certaines personnes soulèvent est que la généalogie de Luc ne dit pas explicitement « celle-ci est de Marie ». Mais elle le sous-entend lorsqu’elle indique : « Il [Jésus] était considéré comme le fils de Joseph, fils d’Héli… » Les généalogies anciennes en général, et les généalogies juives en particulier, ne mentionnaient pas les femmes.

Héli est mentionné comme le père de Jésus car, comme l’écrivait Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.) : « en raison de Sa [de Jésus] naissance de la Vierge, qui était, comme je l’ai dit, de la famille de David, de Jacob, d’Isaac et d’Abraham ; ou parce qu’Adam était le père à la fois de Lui-même et de ceux qui ont été énumérés en premier et dont Marie tire sa descendance. Car nous savons que les pères des femmes sont également les pères [c’est-à-dire les ancêtres] des enfants que leurs filles mettent au monde. » Dialogue avec Tryphon le Juif, chap. 100 (ANF, vol. 1, p. 249.)

Jules Africain (232-245 apr. J.-C.), dans sa Lettre à Aristide (Pères anténicéens, vol. 6, p. 125-127), établissait également une distinction entre les généalogies de droit et celles de nature. Cependant, il précisait que l’une était la généalogie légale de Joseph et l’autre la généalogie naturelle de Joseph. Voir également l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe, livre 1, chapitre 7, et livre 6, chapitre 31.

Un autre auteur de l’Église primitive qui considérait qu’une généalogie concernait Joseph et l’autre Marie (bien qu’il les ait inversées) était Clément d’Alexandrie, dans *Les Stromates* (193-202 apr. J.-C.), livre 1, chapitre 21 (ANF, vol. 2, p. 334).

Q : Dans Mt 1, 12 et 1 Chr 3, 15-17, le père de Shealtiel était-il Jeconiah, ou Néri, comme le mentionne Lc 3, 27 ?

R : Il y a eu plusieurs personnes portant les noms de Shealtiel et de Zorobabel.

Dans Matthieu 1, 12, la lignée est la suivante : Josias (grand-père) → Jéconiah → Shealtiel → Zorobabel → Abiud → Éliakim

Luc 3, 26-27 donne : Melchi → Néri → Shealtiel → Zorobabel → Rhesa → Joannas → Juda → Joseph.

Dans 1 Chroniques 3, 15-17, la généalogie est la suivante : Josias → Jojakim → Jeconia → Shealtiel et Pedaïa. Aucun enfant n’est mentionné pour Shealtiel, mais le prochain dans la lignée royale est Zorobabel, fils de Pedaïa.

Les généalogies de Marie et de Joseph étaient identiques jusqu’à David, puis elles divergeaient. Il n’y a plus aucune similitude, ni au niveau des ancêtres ni au niveau des descendants, par la suite. Peut-être que Salathiel et Zorobabel, dans Luc, ont été nommés en l’honneur des gouverneurs mentionnés dans 1 Chroniques 3, 15-17 et Matthieu 1, 12. Notez également que Luc 3, 26-27 mentionne Juda et Joseph, mais qu’il s’agit là de personnes différentes de Juda, fils de Jacob, de Joseph, fils de Jacob, et de Joseph, époux de Marie.

Q : Dans Luc 1, 26, la naissance du Christ a-t-elle été annoncée à Marie, ou a-t-elle été annoncée à Joseph dans Matthieu 1, 20 ?

R : Les deux. L’annonce a d’abord été faite à Marie, car elle se demanderait pourquoi elle était enceinte. Plus tard, l’ange a annoncé la nouvelle à Joseph afin que celui-ci ne divorce pas de Marie pour infidélité.

Q : Dans les Évangiles, quels sont les points communs entre les récits de l’enfance ?

R : Marc et Jean ne donnent aucun détail sur la naissance de Jésus. Voici six points communs entre Matthieu et Luc :

1. La généalogie d’Abraham à David (Mt 1, 2-6 ; Lc 3, 31-34)

2. Le roi Hérode régnait (Mt 2, 1 ; Lc 1, 5)

3. La visite d’un ange du Seigneur (à Joseph : Mt 1, 20 ; à Marie : Lc 1, 26-38)

4. Jésus est né à Bethléem en Judée (Mt 2, 1 ; Lc 2, 4-7)

5. Tous trois sont retournés à Nazareth (Mt 2, 19-22 ; Lc 2, 39).

6. Jésus a grandi à Nazareth (Mt 2, 23 ; Lc 2, 40).

D’une manière générale, les deux évangiles s’imbriquent à merveille pour donner une image assez complète de l’enfance de Jésus. Matthieu relate la généalogie de Joseph, la visite des mages et la fuite en Égypte. Luc évoque l’ange Gabriel, la naissance de Jean-Baptiste, la généalogie de Marie, les bergers, Siméon et Anne. Bien que nous ne sachions pas lequel a été rédigé en premier, Luc mentionne que d’autres ont déjà rédigé des récits sur Jésus. Il se peut donc que l’Évangile selon Luc ait été rédigé après celui selon Matthieu et que, après avoir lu ce dernier, Luc ait choisi d’y ajouter des détails que Matthieu n’avait pas encore mentionnés. Jean a probablement écrit après eux deux, et il semble qu’il n’ait rien eu à ajouter.

Q : Dans les Évangiles, Jésus croyait-il que les Écritures étaient infaillibles (sans erreur dans les manuscrits originaux) ?

R : Cette réponse est tirée de la page web aujourd’hui supprimée www.wam.umd.edu/~cbernard/Theology/inerrancy.html.

Jésus traite systématiquement les récits historiques de l’Ancien Testament comme des comptes rendus factuels sans ambiguïté. Il mentionne :

Abel (Luc 11, 51)

Noé (Matthieu 24, 37-39 ; Luc 17, 26-27)

Abraham (Jean 8, 56)

L’institution de la circoncision (Jean 7, 22 ; cf. Genèse 17, 10-12 ; Lévitique 12, 3)

Sodome et Gomorrhe (Matthieu 10, 15 ; 11, 23, 24 ; Luc 10, 12)

Lot (Luc 17, 28-32)

Isaac et Jacob (Matthieu 8, 11 ; Luc 13, 28)

La manne dans le désert (Jean 6, 31, 49, 58)

Le serpent dans le désert (Jean 3:14)

David mangeant les pains consacrés (Matthieu 12, 1-8 ; Marc 2, 23-28 ; Luc 6, 1-5)

Jésus, Seigneur de David (Matthieu 22, 43 ; Marc 12, 36 ; Luc 20, 42)

Salomon (Matthieu 6, 29 ; 12, 42 ; Luc 11, 31 ; 12, 27)

Élisée (Luc 4, 27)

Jonas (Matthieu 12, 39-41 ; Luc 11, 29, 30, 32)

Zacharie (Luc 11, 51)

Ce dernier passage met en évidence la conception qu’a Jésus de l’unité de l’histoire, depuis « la création du monde » jusqu’à « cette génération ». Il fait à plusieurs reprises référence à Moïse en tant que donneur de la Loi (Matthieu 8, 4 ; 19, 8 ; Marc 1, 44 ; 7, 10 ; 10, 5 ; 12, 26 ; Luc 5, 14 ; 20, 37 ; Jean 5, 46 ; 7, 19). Il évoque fréquemment les souffrances des véritables prophètes (Matthieu 5, 12 ; 13, 57 ; 21, 34-36 ; 23, 29-37 ; Marc 6, 4 [cf. Luc 4, 24 ; Jean 4, 44] ; 12, 2-5 ; Luc 6, 23 ; 11, 47-51 ; 13, 34 ; 20, 10-12) et commente la popularité des faux prophètes (Luc 6, 26). Il approuve sans réserve des passages aussi importants que Genèse 1 et 2 (Matthieu 19, 4-5 ; Marc 10, 6-8).[6]

Certains pourraient objecter à ce stade et soutenir que Jésus se contentait d’utiliser les mythes et les récits de sa culture pour illustrer ses propos. Cela est certes possible pour certains passages, mais cela semble peu probable. Premièrement, l’impression que l’on retire de la lecture des récits évangéliques est que Jésus considère les récits de l’Ancien Testament comme une histoire réelle. L’esprit dans lequel il utilise les Écritures indique qu’il croyait que les récits de l’Ancien Testament sont historiques. Deuxièmement, il ne semble pas vraiment plausible d’affirmer que Jésus se contentait d’utiliser les mythes de sa culture pour illustrer ses enseignements dans des passages tels que Matthieu 12, 41 ; 24, 37 ; 11, 23, 24 ; 5, 12 ; 4, 4.

Troisièmement, Jésus présuppose l’inspiration de la Bible. Il utilise indifféremment les expressions « l’Écriture dit… » et « Dieu dit… » et, ce faisant, il identifie le texte de l’Ancien Testament à la Parole de Dieu. Citant Genèse 2, 24, Jésus dit : « N’avez-vous pas lu que, dès le commencement, le Créateur “les fit homme et femme”, et qu’il dit : “C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère…” ». Notez que Genèse 2, 24 n’est pas une citation directe de Dieu dans le texte, mais un commentaire de l’auteur ou du narrateur du texte. Jésus considère les paroles des textes scripturaires comme les paroles mêmes du Créateur. L’inspiration des copies originales (autographa) présuppose l’inerrance. Si Jésus a raison de reconnaître l’Ancien Testament comme les paroles mêmes du Créateur, alors attribuer une erreur à l’Ancien Testament revient à attribuer une erreur à Dieu Lui-même.

Quatrièmement, Jésus croyait clairement en l’autorité de la Bible. Dans ses débats avec les pharisiens et les sadducéens, Jésus fait appel aux Écritures comme si celles-ci avaient l’autorité nécessaire pour trancher le différend. Il considère les Écritures comme la parole définitive (Jean 5, 39-47 ; Matthieu 22, 29, 31 ; Marc 12, 24-26 ; Luc 20, 37). Lorsque les Écritures parlent, c’est Dieu qui parle, et la question est tranchée.

Q : Dans les Évangiles, qu’entend-on par « harmonie » avant le ministère de Jésus ?

R : Il est important de faire la distinction entre ce qui est présenté comme étant l’ordre et ce qui peut l’être. Pour ces 27 événements, les chiffres renvoient à des événements qui doivent suivre les chiffres précédents. Les lettres telles que a, b, c renvoient à des événements pouvant se produire dans n’importe quel ordre. Avant le ministère de Jésus, tout ce qui figure dans les Évangiles a été rédigé par ordre chronologique, à l’exception des parties soulignées. Les indications de lieu, de date et de séquence présentes dans les Évangiles sont en gras.

Avant le ministère de Jésus : Mt 4, 1-11 ; Mc 1, 1-13 ; Lc 1, 1-3, 18 ; Lc 3, 21-4, 13 ; Jn 1, 1-42

B1a. Au commencement, Jésus préexistait au Ciel. Jn 1, 1-5 ; Jn 17, 5

B1b. La généalogie de Marie depuis Adam (avec des lacunes). Lc 3, 23-37

B1c. La généalogie de Joseph depuis Abraham (avec des lacunes). Mt 1, 1-17

B2. À Jérusalem, sous le règne d’Hérode (de 37 av. J.-C. à 4 av. J.-C.), Gabriel rend visite à Zacharie ; Élisabeth va être enceinte. Luc 1, 1-25

B3. Au sixième mois de la grossesse d’Élisabeth, Gabriel rend visite à Marie à Nazareth et lui annonce qu’elle sera enceinte. Luc 1, 26-38

B4. Marie est enceinte, bien qu’elle soit toujours vierge. Mt 1, 18-19

B5. Après l’annonce de la grossesse de Marie, Gabriel rend visite à Joseph. Mt 1, 20-25

B6. En se rendant en Judée, Marie rend visite à Élisabeth. Luc 1, 39-56

B7. Jean-Baptiste naît. Luc 1, 57-80

B8. Sous le règne d’Hérode (37-4 av. J.-C.), le Christ naît à Bethléem, en Judée. Mt 2, 1 ; Lc 2, 1-7

B9. Dans les champs voisins, des anges invitent les bergers à rendre visite à Jésus. Luc 2, 8-20

B10a1. Le huitième jour, Jésus est circoncis. Luc 2, 21

B10a2. Après la purification de Marie (33 jours plus tard, selon Lévitique 12, 1-4), au temple de Jérusalem, Jésus est présenté au Seigneur. Luc 2, 22-38

B10b. Dans une maison de Bethléem, les mages venus d’Orient se présentent pour adorer Jésus. Mt 2, 2-12

B11. Après le départ des mages, la fuite en Égypte. Mt 2, 13-15

B12. En l’espace de deux ans, Hérode fait tuer les enfants mâles de Bethléem. Mt 2, 16-18

B13. Après la mort d’Hérode, Joseph, Marie et Jésus retournent à Nazareth. Mt 2, 19-22 ; Lc 2, 40a

B14a. À Nazareth, en Galilée, Jésus grandit. Mt 2, 23 ; Lc 2, 40b

B14b. Chaque année, à la Pâque, les parents de Jésus se rendent à Jérusalem. Luc 2, 41

B15. À l’âge de 12 ans, Jésus se rend au Temple de Jérusalem. Luc 2, 42-52

B16. Dans le désert de Judée, Jean-Baptiste prêche. Mt 3, 1-12 ; Mc 1, 1-8 ; Lc 3, 1-18 ; Jn 1, 6-28

B17a. Vers l’âge de 30 ans (probablement 33-34 ans), Jésus est baptisé dans le Jourdain. Mt 3, 13-17 ; Mc 1, 9-11 ; Lc 3, 21-23

B17b. Le lendemain [après la remarque de Jean], Jésus se rend auprès de Jean-Baptiste. Jean témoigne que Jésus est l’Agneau de Dieu. Jn 1, 29-34

B18a. Au bord du Jourdain, Jésus appelle Pierre, André et un autre. Jn 1, 35-42

B18b1. Jésus décide de retourner en Galilée le lendemain, après que Jean-Baptiste eut pris la parole. Jn 1, 43a

B18b2. Jésus appelle Philippe et Nathanaël. Jn 1, 43b-51

B18c. Pendant quarante jours dans le désert, Satan tente Jésus. Mt 4, 1-11 ; Mc 1, 12-13 ; Lc 4, 1-13

Dans cette liste, un événement est identique dans les quatre évangiles, deux figurent dans les évangiles synoptiques, trois se trouvent dans Matthieu et Luc, cinq apparaissent uniquement dans Matthieu, cinq apparaissent uniquement dans Jean, dix apparaissent uniquement dans Luc et aucun n’apparaît uniquement dans Marc. Marc ne mentionne ici que trois événements, qui sont communs à Matthieu et à Luc. On pourrait facilement en conclure qu’aucun d’entre eux n’a été témoin oculaire de ces événements primitifs, mais qu’ils ont puisé leurs informations principalement dans différentes sources, bien que Luc dispose du plus grand nombre d’informations antérieures au ministère de Jésus et que Marc en ait le moins.

Soit dit en passant, la NIV Study Bible, p. 1636-1641 (à la fin de l’Évangile selon Jean), propose une harmonisation exhaustive des Évangiles. Je n’en avais pas connaissance lorsque j’ai réalisé ces harmonisations des Évangiles, et je n’ai pas encore comparé mes résultats aux leurs.

Q : Est-il vrai que les informations sur la vie de Jésus avant son ministère public sont « maigres » ?

R : Non, pas par rapport à d’autres personnages célèbres de l’Antiquité. Ce point de vue ne résulte pas d’une recherche scientifique objective, mais de l’incrédulité des « critiques chrétiens ». Cinq points à prendre en compte dans la réponse.

1. À titre de référence, concernant le ministère public de Jésus avant sa mort, on nous fournit au moins 176 faits sur sa vie et ses enseignements.

2. Avant que Jésus ne commence son ministère, nous connaissons au moins 37 faits le concernant.

3. Nous disposons de plus d’informations sur Jésus avant sa vie publique que ce que les historiens nous fournissent au sujet des rois les plus célèbres de Babylone, d’Égypte, de Médie, de Perse, de Grèce, de Macédoine ou de la Rome antique. En d’autres termes, nous en savons davantage sur Jésus, avant sa première apparition publique, que sur l’enfance de Nabuchodonosor de Babylone, des Égyptiens Akhenaton et Néfertiti, des Mèdes Kyaxares et Astyges, des Perses Cyrus, Darius et Xerxès, des Grecs Agamemnon et Périclès, ou encore des sénateurs les plus célèbres de Rome. Le seul personnage de l’Antiquité dont nous en savons autant sur la vie avant son entrée en scène publique est Alexandre de Macédoine.

4. En réalité, nous disposons de moins d’informations sur certains personnages historiques des XVIIIe et XIXe siècles, avant leur vie publique, que nous n’en avons sur Jésus.

5. Si quelqu’un venait à affirmer que les informations sur la vie de Jésus avant son ministère sont maigres, du moins par rapport à celles concernant d’autres personnages, il devrait soit citer un certain nombre de personnages historiques de l’Antiquité sur lesquels on dispose de plus d’informations concernant leur vie avant qu’ils ne soient sous les feux de la rampe, soit cesser de diffuser des informations erronées.

Voir également la question suivante pour découvrir au moins trente éléments qui nous sont rapportés au sujet de Jésus avant son ministère.

Q : Dans Matthieu 2, 13-23, si Marie, Joseph et Jésus se sont enfuis en Égypte, comment ont-ils pu retourner directement à Nazareth, comme le mentionne Luc 2, 39 ?

R : Luc 2, 39 ne dit pas que la famille de Jésus est immédiatement retournée à Nazareth. Il dit seulement qu’ils ont accompli ce que la loi exigeait [à Jérusalem] avant de retourner à Nazareth. On pourrait en déduire que cela s’est produit juste après, car rien d’autre n’est mentionné. Peut-être Luc n’a-t-il pas jugé nécessaire de mentionner le voyage en Égypte, ou peut-être n’était-il pas au courant de ce voyage.

Quoi qu’il en soit, cela n’est pas incompatible avec les autres évangiles. La question suivante présente une harmonisation détaillée. Les lettres telles que a, b, c font référence à des événements pouvant se produire dans n’importe quel ordre.

Q : Avant le ministère public de Jésus, que nous dit-on exactement à son sujet ?

R : On nous rapporte au moins 37 éléments concernant Jésus avant son ministère. Les informations qui nous sont fournies peuvent être classées en trois catégories :

Jésus lui-même

1. Sa mère s’appelait Marie.

2. Il est né d’une vierge. (Même si un sceptique nie ce fait, il doit admettre que l’affirmation selon laquelle Jésus est né d’une vierge a bien été avancée)

3. Son père légal était Joseph.

4. Il est né sous le règne d’Hérode le Grand. (37-4 av. J.-C.)

5. Né à Bethléem.

6. Circoncis le huitième jour.

7. Présenté au temple. (Comme de nombreux bébés juifs.)

8. La famille s’est rendue en Égypte (Matthieu 2, 13-15).

9. Après la mort d’Hérode, la famille est revenue à Nazareth, en Galilée (Matthieu 2, 19-23).

10a. Il a grandi à Nazareth (Luc 2, 39-51), une petite ville considérée par les autres comme insignifiante.

10b. Après s’être rendu au Temple, Jésus est lui aussi retourné à Nazareth (Luc 2, 51).

11a. À l’âge de 12 ans, Jésus se rendit au Temple.

11b. Chaque année, les parents de Jésus se rendaient au Temple à l’occasion de la Pâque (Luc 2, 41).

12. À l’âge de 12 ans, il était curieux et connaissait bien les Écritures (Luc 2, 41-46).

13. Jésus était parfait et sans péché (Hébreux 4, 15 ; 2 Corinthiens 5, 21). Même si un sceptique conteste cette affirmation, ces versets, ainsi que Luc 2, 40, nous montrent qu’au minimum, « Jésus était un bon enfant ».

14. Jésus parlait l’araméen. (Matthieu 5, 22, etc.)

15. Les habitants de Galilée parlaient généralement le grec également. (Des non-Israélites parlant le grec vivaient à seulement 15 à 20 miles, soit 24 à 32 kilomètres, de là.)

16. La religion de Jésus était le judaïsme ; plus précisément, il était plus proche des pharisiens, croyant en tous les livres de l’Ancien Testament. Les auteurs de l’Église primitive affirmaient que les sadducéens n’acceptaient que la Torah.

17. Jésus exerçait le métier de charpentier (Marc 6, 3).

18. Vers l’âge de 30 ans, il fut baptisé par Jean-Baptiste (Matthieu 3:13 ; Marc 1:9-11).

19. Il se rendit dans le désert avant le début de son ministère public (Matthieu 4, 1-11 ; Marc 1, 12-13).

La famille de Jésus

20. Joseph était charpentier (Mt 13, 55).

21. Marie était enceinte avant son mariage (Matthieu 1, 18).

22. Joseph a envisagé de divorcer de Marie (Matthieu 1, 19).

23. Généalogie de Joseph. (compte pour un seul élément) (Matthieu 1, 1-16)

24. Généalogie de Marie. (ne compte que pour un élément)

25. Il avait quatre frères nommés Jacques, Joses/Joseph, Judas/Jude et Simon. (Matthieu 13, 55-56 ; Marc 6, 3 ; Galates 1, 19 ; Jude 1 ; Histoire ecclésiastique d’Eusèbe (318 apr. J.-C.) 2, 23 et 3, 20)

26. Bien qu’issu d’une lignée royale, Jésus a grandi au sein d’une famille modeste d’un peuple assujetti, et celle-ci était probablement pauvre (Luc 2, 24 + Lévitique 12, 6-8).

27. La cousine de Marie était Élisabeth, qui descendait du prêtre Aaron (Luc 1, 5).

28. Le mari d’Élisabeth était le prêtre Zacharie, de la classe d’Abija (Luc 1, 5).

29. Jean-Baptiste, fils aîné et unique de Zacharie et d’Élisabeth, était un parent de Jésus.

30. Marie, Jacques et Jude étaient encore en vie lorsque Jésus fut crucifié.

Réactions à l’égard de Jésus et attentes à son égard

31. Les attentes de Marie concernant son fils.

32. On considérait que Jésus correspondait aux prophéties messianiques (Matthieu 2, 6).

33. L’adoration des bergers (Luc 2, 15-20).

34. Les offrandes des rois (Matthieu 2, 10-11).

35. La réaction paranoïaque d’Hérode le Grand.

36. Le témoignage de Jean-Baptiste.

37. Anne et Siméon au Temple. (On pourrait faire valoir qu’il s’agit de deux éléments distincts, mais je ne les compterai que pour un seul.)

Ce n’est pas du tout maigre comparé à ce que l’on sait de la vie d’autres personnalités publiques avant leur entrée en scène. Pour une comparaison, voir la question suivante.

Q : Puisque nous connaissons au moins 37 choses sur Jésus avant son ministère public, à titre de comparaison, que savons-nous des autres personnages historiques laïques avant leur apparition publique ?

R : À titre de comparaison, nous ne savons que quelques éléments sur Pompée, environ 12 sur Aristote et 27 sur Alexandre le Grand, avant leur vie publique. (La plupart de ces informations sont tirées de l’Encyclopédie Britannica).

Pompée

Gnaeus Pompée était un célèbre général et homme politique romain né le 30 septembre 106 av. J.-C.

Il était le fils d’un commandant militaire.

3. À l’âge de 17 ans, il a combattu aux côtés de son père lors de la guerre sociale.

4. Comme la plupart des Romains, il vénérait probablement les dieux romains.

5. Il parlait le latin, et peut-être aussi le grec.

Il y a sans doute d’autres éléments, mais certainement pas plus de 20.

Aristote lui-même

1. Né vers 384 av. J.-C.

2. Né à Stagire, une ville grecque située sur la côte nord-ouest de la mer Égée.

3. Il parlait grec.

4. La population croyait généralement aux dieux grecs.

5. Son père s’appelait Nicomaque, médecin membre de la corporation des « fils d’Esculape ».

6. De 17 à 37 ans, il a étudié auprès de Platon à l’Académie d’Athènes.

7. En 342 av. J.-C., Aristote devint le précepteur d’Alexandre de Macédoine pendant 7 ans.

8. Dans une tombe près d’Érétrie, en Eubée, on a retrouvé un crâne et des effets personnels qui pourraient appartenir à Aristote. Il est mort vers 322 av. J.-C.

La famille d’Aristote

9. Son père était médecin de la cour d’Amyntas II, le père de Philippe de Macédoine

10. Généalogie paternelle : d’origine grecque ionienne

11. Généalogie maternelle : ionienne, originaire de Chalcis en Eubée.

Réactions à l’égard d’Aristote et attentes à son égard

12. On nourrissait en lui de grands espoirs sur le plan académique, au point de l’envoyer étudier auprès de Platon à l’Académie d’Athènes.

Nous ne disposons que de cinq manuscrits de ses écrits, dont le plus ancien date de l’an 1100 après J.-C.

De l’Inde à l’Espagne, la personnalité de loin la plus célèbre avant Jésus était Alexandre de Macédoine, souvent appelé Alexandre le Grand. Voyons ce que nous savons de ses jeunes années.

Alexandre lui-même

1. Son père était Philippe II de Macédoine.

2. Sa mère était Olympias, une princesse molosse originaire d’Épire.

3. Né vers le mois d’octobre de l’an 356 av. J.-C.

4. Il est né à Pella, la capitale de la Macédoine.

5. À l’âge de 14 ans (en 342 av. J.-C.), Aristote devint son précepteur pendant 7 ans.

6. Alexandre adorait lire Homère.

7. Alexandre parlait un dialecte du grec.

8. Alexandre croyait aux dieux grecs.

9. Alexandre était un bon cavalier et possédait un cheval blanc nommé Bucéphale.

10. À l’âge de 16 ans, Alexandre réprima une révolte des tribus des montagnes pendant l’absence de son père.

11. Alexandre mena la charge qui permit de vaincre la « troupe sacrée » à Chéronée en 338 av. J.-C.

12. Après le divorce de Philippe et d’Olympias, Alexandre vécut avec sa mère en Épire.

La famille d’Alexandre

13. Généalogie d’Olympias. Elle était la fille du roi Néoptolème d’Épire et la nièce d’Arybbas, tous deux fils du roi Alkétos, roi molosse d’Épire.

14. Le père d’Alexandre, Philippe II, était le troisième fils du roi Amyntas II de Macédoine. Nous ne sommes toutefois pas certains de la généalogie au-delà de cette génération.

15. Son oncle était Alexandre Ier, roi d’Épire.

16. Alexandre a donc reçu une éducation de prince.

17. Nous possédons une statue et le cercueil de Philippe II de Macédoine (The Greek World, p. 174-175).

18. Philippe était régent de Macédoine en 359 av. J.-C., mais il prit le pouvoir en tant que roi en 356 av. J.-C.

19. Philippe a divorcé d’Olympias pour épouser Cléopâtre, une noble macédonienne.

20. Alexandre Ier épousa sa nièce Cléopâtre, la demi-sœur d’Alexandre, en 337 ou 336 av. J.-C.

21. Alexandre avait un petit frère issu de l’union de Philippe et de Cléopâtre, qu’il fit tuer lorsqu’il devint roi.

22. Alexandre avait un cousin nommé Amyntas, qu’il fit tuer lorsqu’il devint roi.

23. Alexandre avait un frère nommé Aridaeus Philippus, fils de Philippe et de Philinna de Larissa. Après la mort d’Alexandre, il régna sur la Macédoine pendant sept ans jusqu’à ce qu’il soit tué. C’est ce que rapporte Eusèbe dans son *Chronicon*, p. 49.

24. En 336 av. J.-C., Philippe II fut assassiné à l’aide d’un couteau celte le matin même du mariage de sa fille Cléopâtre.

25. Alexandre envoya des butins à sa mère en 335 av. J.-C.

Réactions à l’égard d’Alexandre et attentes à son égard

26. Philippe l’avait initialement destiné à devenir le prochain roi.

27. Il semble qu’Alexandre et Philippe se soient éloignés l’un de l’autre après que Philippe eut divorcé de la mère d’Alexandre.

Les écrits de nombreux auteurs ayant traité d’Alexandre ont été perdus. Parmi les textes antiques qui nous sont parvenus, on trouve :

« L’édition Didot d’Arrien » par Karl Müller

Le livre 17 de Diodore (vers 20 av. J.-C.)

Quintus Curtius (vers 42 apr. J.-C.)

Plutarque (vers 45-125 apr. J.-C.), « Vie d’Alexandre »

L’Anabase et l’Indica d’Arrien (150 apr. J.-C.)

Le résumé de Justin de l’Histoire de Trogue (vers 10 av. J.-C. ?)

Itinéraire d’Alexandre (324-361 apr. J.-C.)

Épitome des exploits d’Alexandre le Grand (IVe ou Ve siècle)

La biographe moderne Mary Renault, dans *La Nature d’Alexandre* (p. 30), dit à propos des premiers biographes d’Alexandre : « L’Histoire d’Arrien commence à son accession au pouvoir [celle d’Alexandre], probablement parce que celle de Ptolémée le faisait, ce qui est dommage, car sa connaissance des années antérieures aurait été inestimable. »

Si quelqu’un souhaite affirmer que ce que l’on nous rapporte au sujet de Jésus avant son ministère public est « maigre », il devrait faire preuve d’honnêteté et ajouter qu’il estime que ce que l’on sait de la jeunesse de la plupart des personnages historiques jusqu’à l’époque romaine est encore plus maigre que ce que l’on sait de la vie de Jésus.

Je pense également que nous en savons davantage sur la jeunesse de Jésus que sur celle d’autres Juifs célèbres de son époque, tels que Josèphe, Philon (20 av. J.-C. à 50 apr. J.-C.) et Bar-Kochba. Je pense également que nous en savons davantage sur la vie de Jésus avant l’an 30 que sur la jeunesse de Moïse et de Bouddha. Nous disposons peut-être de plus d’informations sur Jules César et Josèphe, mais je n’en connais pas d’autres.

Moïse

Voici ce que nous savons de Moïse avant le début de sa vie publique.

1. Moïse est né vers 1525 av. J.-C. dans le nord de l’Égypte.

2. Soit ses parents, soit, plus probablement, ses ancêtres s’appelaient Amram et Jochabed.

3. Il était Hébreu, membre d’un peuple réduit en esclavage depuis 320 ans.

4. Il avait une sœur aînée prénommée Miriam.

5. Il avait un frère nommé Aaron.

6. Moïse a passé ses trois premiers mois dans la maison de son père (Actes 7:20).

7. Lorsqu’il était enfant, alors que le pharaon avait ordonné que les nouveau-nés hébreux de sexe masculin soient jetés dans le Nil, sa mère l’a placé dans un panier.

8. La fille du pharaon l’a trouvé et l’a élevé comme son propre fils.

9. Il grandit à la cour du pharaon, reçut une éducation dans toute la sagesse des Égyptiens, et se distingua par l’éloquence et l’action (Actes 7, 21-22) ; il possédait la connaissance et le savoir des Égyptiens

10. Sa propre mère lui servit de nourrice.

11. Il se souciait du sort des Hébreux, au point de tuer un Égyptien qui en frappait un.

12. Même à l’âge de 40 ans, Moïse était suffisamment fort pour tuer l’Égyptien.

13. Le pharaon tenta de tuer Moïse.

14. Moïse s’enfuit à Madian, où il vit des femmes puiser de l’eau pour leurs troupeaux.

15. Lorsque des bergers tentèrent de les chasser, Moïse les sauva de ces bergers.

16. Moïse épousa Séphora.

17. Le beau-père de Moïse s’appelait Réuel, également connu sous le nom de Jéthro.

18. Moïse et Séphora eurent un fils nommé Gershom.

19. Moïse avait environ 80 ans lorsqu’il vit le buisson ardent.

Gautama Bouddha

Par souci de cohérence, nous supposerons que les légendes concernant le jeune Bouddha sont vraies.

Fils d’un roi des Sakyas, un peuple appartenant à la caste des guerriers au nord de Kosala

Il vénérait très probablement les idoles hindoues dans son enfance.

3. Il renoncerait au monde s’il voyait un malade, un vieillard et un cadavre.

4. Il quitta son foyer à l’âge de 29 ans.

5. Il a passé six ans à rechercher l’illumination, qu’il affirmait avoir trouvée sous un arbre de la Bodhi.

6. Il est mort soit en 544 av. J.-C., soit en 483 av. J.-C., à l’âge de 80 ans.

Mahomet

Mahomet ne fait pas partie de l’histoire antique, mais comme il fut un chef religieux majeur, nous allons examiner ce que nous savons de ses premières années, avant le début de son ministère, à des fins de comparaison.

1. Mahomet est né vers 567-569 après J.-C.

2. Il était le fils d’Abdullah et de son épouse Aminah.

3. Membre de la tribu des Quraish, qui contrôlait La Mecque.

4. Son père est décédé avant sa naissance.

5. Il a d’abord été élevé par son grand-père ‘Abd al-Mottalib/Muttalib.

6. Il a ensuite été élevé par son oncle, Abou Talib.

7. Sa famille était plutôt pauvre.

8. Dans sa jeunesse, il a probablement conduit des caravanes.

9. Il épousa Khadija, une veuve fortunée âgée de 40 ans, alors qu’il avait environ 25 ans.

10. Par la suite, il a probablement été associé dans une boutique de La Mecque qui vendait des produits agricoles.

11. Il ne savait probablement pas écrire, même s’il a appris à lire un peu plus tard dans sa vie.

12. Il connaissait bien les idoles arabes, notamment les trois « filles d’Allah » : Al-Lat, ‘Uzza et Manat.

13. A une connaissance assez générale du judaïsme et du christianisme.

14. Mahomet était un homme blanc, qui s’est par la suite teint les cheveux en rouge.

15. Lorsque Mahomet avait une vision, les hadiths rapportent que des phénomènes étranges se produisaient. Il ressentait des bourdonnements dans les oreilles (Hadiths de Boukhari, vol. 1, livre 1, chap. 1, n° 2, p. 2 ; vol. 4, livre 54, chap. 6, n° 438, p. 293). Son cœur battait rapidement (1:3), son visage rougissait (Hadiths de Boukhari, vol. 2, n° 16 ; vol. 5, n° 618 ; tome 6, n° 508, il respirait bruyamment (Hadiths de Boukhari, tome 6, n° 508), il tombait à terre, les deux yeux ouverts tournés vers le ciel (Hadiths de Boukhari, tome 5, n° 170 ; tome 6, n° 448), il transpirait abondamment (Hadiths de Boukhari, tome 1, livre 1, chapitre 1, n° 2, p. 9 ; tome 2, n° 544 ; vol. 3, n° 829, et voyait et entendait des choses que personne d’autre ne percevait : Hadiths de Boukhari, vol. 1, livre 1, chap. 1, n° 2 et 3, p. 2-3 ; vol. 4, n° 458 et 461 ; vol. 6, n° 447. Ces manifestations pouvaient paraître étranges à l’époque, mais depuis lors, d’autres personnes ont présenté certains de ces symptômes lors de crises d’épilepsie.

16. Mahomet a déclaré que l’ange Gabriel lui était apparu et que, à une occasion, il lui avait causé une douleur physique.

Il s’est demandé si ces douleurs provenaient de Satan, mais son épouse l’a convaincu qu’elles venaient de Dieu.

Q : Dans Mt 1, 18 et Lc 2, 7, la naissance virginale du Christ est-elle incompatible avec sa préexistence, comme le pensaient Rudolph Bultmann et Wolfgang Pannenberg ?

R : Non. Cela ne semble incompatible qu’aux yeux des théologiens apostats qui croient en un dieu tenu de se conformer à leurs restrictions. Le Christ préexistait, mais cela ne l’empêchait pas :

1. Choisir temporairement et volontairement de ne pas utiliser certains de ses attributs et de dissimuler une partie de sa gloire (Hébreux 2, 9 ; Jean 17, 5 ; Philippiens 2, 7).

2. D’apparaître sous la forme de son choix, y compris sous celle d’un homme (Philippiens 2, 8)

3. D’endosser effectivement l’humanité et de devenir un homme (Hébreux 2:14-17)

4. De venir sur terre, au départ, sous la forme d’un adulte, d’un enfant, d’un bébé ou d’un embryon, ou sous toute autre forme qu’Il souhaitait.

En réalité, la préexistence du Christ en tant que Dieu Tout-Puissant ne Lui imposait aucune restriction. Les seules restrictions qui s’imposent à Dieu Tout-Puissant sont celles qu’Il s’impose à Lui-même. Dieu ne peut pas mentir (Hébreux 6, 18 ; Tite 1, 2), ne peut pas se renier Lui-même (2 Timothée 2, 13) et ne peut pas être tenté par le mal (Jacques 1, 13).

Q : Dans Matthieu 1, 18-21, l’« Annonciation » a-t-elle eu lieu après que Marie fut enceinte, ou avant qu’elle ne le soit, d’après Luc 1, 26-31 ?

R : Joseph et Marie sont deux personnes distinctes. L’ange s’est adressé à MARIE dans Luc 1, 26-31 avant qu’elle ne soit enceinte. L’ange s’est adressé à JOSEPH après que Marie fut tombée enceinte et que Joseph eut envisagé de divorcer d’elle, dans Matthieu 1, 18-21.

Q : Dans Matthieu 1, 18 et Luc 2, 7, qui étaient les hérétiques ébionites, et quelles étaient leurs croyances ?

R : Les Ébionites avaient une conception « limitée » du Christ, croyant qu’Il provenait de Dieu le Père, mais qu’Il n’était pas Dieu le Fils. Ils croyaient que Jésus pouvait être appelé « Dieu » à titre d’honneur, mais qu’Il n’était pas divin. Les Ébionites estimaient que les coutumes juives devaient continuer à être pratiquées. Ils niaient la naissance virginale du Christ, affirmant qu’Il était né de Joseph (Irénée, Contre les hérésies, livre 3, chap. 21, p. 451), et ils n’acceptaient qu’une version abrégée de l’Évangile selon Matthieu (Irénée, Contre les hérésies, livre 3, chap. 10.7, p. 428).

Q : Dans Matthieu 2, 2, 7 et 9, quelle était cette étoile au-dessus de Bethléem lors de la naissance du Christ ?

R : Bien que les Écritures ne le disent pas explicitement, il s’agissait probablement de la gloire de la Shekinah de Dieu, car cette « étoile » pouvait les conduire jusqu’à un village précis, voire jusqu’à une maison particulière.

Q : Dans Mt 2, 2 et 7, qui d’autre a mentionné cette étoile à l’est que les mages ont vue ?

R : Un certain nombre d’auteurs des premiers temps en font mention.

Ignace (vers 100-117 apr. J.-C.), Lettre aux Éphésiens, chap. 19, p. 57

Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.), *Dialogue avec Tryphon le Juif*, chap. 88, p. 237

Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.), *Contre les hérésies*, livre 3, chap. 9.2, p. 423

Tertullien (198-220 apr. J.-C.) « Sur l’idolâtrie », chap. 9, p. 65

Hippolyte (222-234/5 apr. J.-C.) « Réfutation de toutes les hérésies », livre 7, chap. 15, p. 108

Origène (225-249 apr. J.-C.) la considérait comme une nouvelle étoile, et non comme un corps céleste existant, dans son ouvrage « Contre Celse », livre 1, chapitre 48, p. 422.

Traité sur le rebaptême (vers 250-258 apr. J.-C.), chapitre 8, p. 671

Pierre d’Alexandrie (306, 285-311 apr. J.-C.), dans son « Épître canonique », chapitre 13, p. 277, mentionne les mages, mais pas l’étoile.

Athanase (318 apr. J.-C.) : « De quelle naissance une étoile dans les cieux a-t-elle été le signe avant-coureur, pour annoncer au monde celui qui venait de naître ? Car lorsque Moïse est né, il a été caché par ses parents : … Mais pour la naissance du Christ, le témoin n’était pas un homme, mais une étoile dans ce ciel d’où Il descendait. » *L’Incarnation du Verbe*, chap. 38.5, p. 55.

Q : Dans Matthieu 2, 11, il semble raisonnable de penser que les mages venus adorer Jésus connaissaient la prophétie messianique de Daniel, l’avaient étudiée et avaient compris que la venue du Messie était proche. Connaissez-vous des références, dans les écrits des zoroastriens ou d’autres Perses (peuples du Moyen-Orient), à la prophétie de Daniel concernant le Messie ?

R : Daniel a vécu quelque temps en Perse et a eu des contacts avec les sages et les astrologues perses. Les mages formaient une tribu de prêtres zoroastriens / mèdes, à l’instar des Lévites qui étaient les prêtres et les serviteurs du temple d’Israël. Je ne connais pas bien la littérature zoroastrienne, mais je ne suis pas sûr que beaucoup de gens la connaissent, car les musulmans en auraient détruit une grande partie. Sous le régime musulman, les zoroastriens bénéficiaient d’une protection moindre que les « gens du Livre », c’est-à-dire les chrétiens, les juifs et les Sabéens. La littérature musulmane fait fréquemment référence aux zoroastriens, mais, à ma connaissance, elle ne mentionne pas la venue des zoroastriens.

Q : Dans Matthieu 2, 11, pourquoi les mages sont-ils entrés dans une maison, alors que Jésus est né dans une crèche selon Luc 2, 7 ?

R : Jésus est né dans une étable car il n’y avait pas de place à l’auberge. Joseph et Marie n’auraient pas souhaité rester dans une étable plus longtemps que nécessaire. Ils s’étaient installés dans une maison au moment où les mages sont arrivés.

Les chants de Noël occidentaux modernes présentent généralement les mages comme étant arrivés la nuit même de la naissance de Jésus. En réalité, ils sont arrivés quelque temps après. Les Églises orthodoxes célèbrent Noël le 25 décembre, mais commémorent l’arrivée des mages à la mi-janvier.

Q : Un commentateur affirme : « Jésus est venu, non pas en tant que conquérant militaire de l’Apocalypse 19, mais en tant que Serviteur souffrant (Ésaïe 53) et chef humble (Zacharie 9:9). Le Royaume est donc inauguré (Mt 3:2 ; 4:17 ; 10:7 ; 11:12 ; 12:28 ; Mc 1, 15 ; Lc 9, 9, 11 ; 11, 20 ; 21, 31-32), mais il n’est pas encore parachevé (Mt 6, 10 ; 16, 28 ; 26, 64) ». Qu’est-ce que cela signifie ? Le royaume est-il dans le présent ou dans l’avenir ? Ou bien a-t-il été inauguré avec l’incarnation à Bethléem et sera-t-il achevé lors de la seconde venue du Christ ?

R : Je ne sais pas à quel(s) commentateur(s) vous faites référence, mais je serais d’accord avec eux. Lors de sa première venue, Jésus est venu en tant que Serviteur souffrant, et non en conquérant militaire, au grand désarroi des zélotes. Le Royaume de Dieu s’est manifesté lorsque Jésus était sur terre, et il est désormais en nous. Cependant, le Royaume de Dieu n’est pas venu en puissance, et il ne viendra pas avant le retour de Jésus, tel qu’il est décrit dans l’Apocalypse.

Q : Dans Luc 2, 22-38, Jésus a-t-il été présenté au Temple (à Jérusalem), ou Joseph a-t-il emmené sa famille en Égypte après la visite des mages, comme le dit Matthieu 2, 13-18 ?

R : Les deux.

1. Jésus a été présenté au Temple de Jérusalem environ quarante jours après sa naissance. Ensuite, ils sont retournés à Bethléem avant de se rendre en Égypte. Une fois que Marie fut prête, ils se mirent en route.

2. Contrairement à ce que racontent les récits occidentaux de Noël, les mages ne sont pas venus la nuit même où Marie a accouché. Ils sont arrivés quelques semaines plus tard. À titre d’information, les chrétiens orthodoxes orientaux n’offrent généralement pas de cadeaux à Noël. Ils les offrent à la mi-janvier, moment où, selon leur croyance, les mages sont arrivés.

Q : Dans Mt 3, 17, Dieu a-t-il dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé… », ou a-t-il dit : « Tu es mon Fils bien-aimé… », comme le rapportent Mc 1, 11 et Lc 3, 22 ?

R : Les deux formulations sont possibles, pour trois raisons.

1. Les évangélistes paraphrasaient fréquemment les citations. Quoi qu’il en soit, nous comprenons que Dieu le Père a annoncé à la foule qu’Il accordait Sa faveur à Jésus.

2. Dieu le Père aurait pu s’exprimer en hébreu et/ou en araméen, mais les Évangiles dont nous disposons sont rédigés en grec.

3. Papias, disciple de l’apôtre Jean, rapporte que l’Évangile selon Matthieu a été rédigé à l’origine dans la langue des Hébreux (l’araméen ?), et qu’il a pu être paraphrasé lors de sa traduction en grec.

Q : Dans Mt 3, 17 ; Mc 1, 11 ; et Lc 3, 22, Jésus s’adressait-il à lui-même ?

R : Jésus ne s’adressait pas à lui-même. Il s’adressait à Dieu le Père, qui l’appelait « mon Fils ».

Q : Dans Mt 4,1 et Mc 1,12, Jésus a-t-il été envoyé dans le désert immédiatement après son baptême, ou a-t-il attendu quelques jours, comme le mentionne Jn 1,29, 35 et 43, avant de se rendre à Cana, comme le laisse entendre Jn 2,1 ?

R : Bien que Jésus se soit rendu en Galilée quelque temps après la fin de ces tentations, Matthieu 4, 11-12 ; Marc 1, 13-14 ; et Luc 4, 13-14 ne précisent pas où se trouvait Jésus immédiatement à la fin des quarante jours. Il existe donc deux possibilités différentes.

Le baptême, puis quarante jours, puis la Galilée : il est probable que Jean ait baptisé Jésus le jour mentionné dans Jean 1, 29-34. Jésus est ensuite resté un jour de plus (Jean 1, 35), puis a décidé, le lendemain, de partir pour la Galilée (Jean 1, 43).

Les noces de Cana ont eu lieu bien plus tard, soit le troisième jour de la semaine, soit le troisième jour après son arrivée en Galilée. Elles ne pouvaient pas avoir lieu le lendemain de Jean 1, 43 (qui suivait Jean 1, 35), car cela aurait représenté quatre jours, et non trois.

Matthieu 4, 1 dit simplement que Jésus se rendit dans le désert après avoir été baptisé. Marc 1, 12 précise que Jésus se rendit dans le désert « aussitôt », mais cela pourrait tout de même signifier quelques jours plus tard.

Le baptême, puis 40 jours, puis retour vers Jean : Jean 1 ne précise jamais quand Jésus a été baptisé. Jésus aurait pu être baptisé par Jean environ 40 jours avant Jean 1:19. Après ses tentations, Jésus est retourné vers Jean, comme le rapporte Jean 1:29.

Q : Dans Matthieu 4, 1-11, l’ordre des tentations de Jésus était-il « le pain, l’orgueil et le pouvoir », ou était-ce « le pain, le pouvoir et l’orgueil » dans Luc 4, 1-12 ?

R : Il y a deux réponses, et les deux peuvent être vraies.

1. Luc utilise simplement le mot « et », ce qui n’implique pas nécessairement qu’il les présente dans l’ordre. Voir *Hard Sayings of the Bible*, p. 454-457, pour en savoir plus sur l’hypothèse selon laquelle Matthieu respecte l’ordre chronologique, contrairement à Luc.

2. De plus, au cours des quarante jours pendant lesquels Jésus a été mis à l’épreuve, ces tentations et d’autres lui ont probablement été présentées à plusieurs reprises, dans un ordre différent.

Q : Dans Mt 4, 1-11 ; Mc 1, 13 ; et Lc 4, 1-13, comment peut-on imaginer que « Dieu » soit tenté par le diable, comme l’affirme Ahmad Deedat ?

R : Satan peut tenter de faire n’importe quoi, mais le fait qu’il ait tenté Jésus ne diminue en rien la nature de Jésus.

Jésus était Dieu à 100 %, mais Il était également homme à 100 %. Si Jésus, en tant que Dieu, n’était apparu que comme une sorte de fantôme, Il n’aurait pas pu être tenté. Mais comme Jésus était pleinement humain, et qu’Il était le sacrifice expiatoire pour les humains, Il devait vivre ce que tous les humains vivent.

Q : Dans Mt 4, 1-11 ; Mc 1, 13 ; et Lc 4, 1-13, de qui est venue l’initiative pour que Jésus aille être tenté dans le désert, et pourquoi ?

​R : Les termes grecs utilisés ici pour « tenter » (peirazo) et « tentation » (peirasmos) peuvent signifier « inciter au mal », mais dans la littérature grecque profane, ils signifient « mettre à l’épreuve ». Jésus n’a pas été enlevé par le diable, comme l’affirme un musulman, car lorsque Jésus a ordonné à Satan de s’en aller en Matthieu 4, 10, Satan a dû s’en aller. C’est plutôt Dieu qui a pris l’initiative ; le Saint-Esprit a conduit Jésus dans le désert pour qu’il affronte le diable. Le diable a emmené Jésus sur une haute montagne et sur le rebord du temple, mais Satan et Jésus savaient tous deux que Satan n’avait pas le droit de lui faire quoi que ce soit. Ainsi, avant même que le ministère de Jésus ne commence, il a été démontré que Satan n’aurait aucune emprise sur Jésus ni ne pourrait le faire chuter. Jésus a pu résister à ses envies physiques pour répondre à un besoin spirituel.

Q : Dans Mt 4, 1-11 et Lc 4, 1-13, en quoi les tentations de Jésus par Satan font-elles écho à celles d’Ève dans Gn 3, 6 ?

R : Bien qu’elles ne soient pas identiques, Satan utilise souvent les mêmes tactiques, encore et encore, probablement parce qu’elles continuent de bien fonctionner pour lui. Mais alors qu’Adam et Ève ont chuté dans le jardin luxuriant, Jésus, dans le désert, a remporté la victoire. Alors qu’Israël n’a pas été fidèle pendant quarante ans dans le désert, Jésus est resté fidèle pendant quarante jours dans le désert. Lorsque nous sommes tentés, c’est pour nous l’occasion de montrer que celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde, comme le dit 1 Jean 4, 4.

Ève a vu que le fruit défendu était :

1. Bon à manger [appétit physique],

2. Agréable à la vue [beauté, convoitise des yeux],

3. Désirable pour acquérir la sagesse [les yeux s’ouvriront, et, comme Dieu, vous connaîtrez le bien et le mal [un pouvoir divin après avoir suivi l’ordre de Satan].

Jésus, qui jeûnait, fut tenté par :

1. Transformer des pierres en pain [appétit physique],

2. Se jeter du haut du porche du temple [pour se mettre en valeur],

3. L’autorité sur tous les royaumes de la terre [un pouvoir divin sous les ordres de Satan].

1 Jean 2:16 mentionne trois sortes de péchés dans le monde : la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie.

Bien que l’ordre des tentations soit différent dans Matthieu et Luc, il est probable que Satan ne se soit pas contenté de tenter Jésus à trois reprises avant d’abandonner. Au contraire, Satan a sans doute tenté Jésus à maintes reprises.

Q : Dans Mt 4, 1-11, Mc 1, 13 et Lc 4, 1-13, puisque Jésus est Dieu, était-Il incapable d’être tenté et de pécher, ou, en tant qu’homme, était-Il capable d’être tenté et de chuter ?

R : Il s’agit d’un paradoxe communément appelé « l’impeccabilité du Christ ». Les tentations étaient réelles, et non simulées. Mais il était certain qu’Il ne pécherait pas. Comme l’indique le Believer’s Bible Commentary, p. 1212 : « Malgré l’incapacité de Jésus à pécher, la tentation était bien réelle. Il lui était possible d’être confronté à des incitations au péché, mais il Lui était moralement impossible d’y céder. » Plutôt que d’être incapable de pécher, Jésus était capable de ne pas pécher. Une analogie approximative consisterait à se demander si une petite embarcation de pirates somaliens pourrait attaquer un croiseur de guerre américain. Les pirates pensaient à tort qu’il s’agissait d’un navire marchand susceptible d’être détourné. Cela ne s’est pas bien passé pour les pirates. Leur embarcation principale a été rapidement coulée par ce que la marine américaine appelle des « tirs d’armes légères » avant même qu’ils ne s’approchent du croiseur.

Q : Bart Ehrman écrit : « Dans Matthieu, Jésus refuse d’accomplir des miracles pour prouver son identité ; dans Jean, c’est pratiquement la seule raison pour laquelle il accomplit des miracles. » *Jesus, Interrupted*, p. 103. Dans Matthieu, lors de la deuxième tentation et ailleurs, Jésus n’accomplit aucun signe pour prouver qui il est. *Jesus, Interrupted*, p. 84

R : Ehrman assimile le fait de ne pas obéir à la parole de Satan ou des pharisiens sceptiques à celui d’accomplir des signes pour des personnes en quête de réponses ou ayant besoin d’aide. Jésus a déclaré, en Matthieu 4, 7, que la raison pour laquelle il ne s’était pas jeté en bas était qu’il ne fallait pas mettre Dieu à l’épreuve. Jésus n’« était pas redevable » à quiconque d’accomplir le moindre signe ; et il n’a jamais accompli de signes pour des personnes sceptiques qui pensaient qu’il leur devait cela. Mais Jésus a gracieusement accompli des signes pour des personnes qui avaient la foi, renforçant ainsi leur foi.

Q : Dans Matthieu 4, 12 et Marc 1, 14, après la tentation de Jésus, Jean a-t-il été emprisonné avant le ministère de Jésus à Nazareth et à Capharnaüm, ou après que Jésus soit venu en Galilée, comme le mentionne Jean 1, 43 ?

R : La Bible dit ce qui suit :

Jean 1, 43 indique que Jésus décida de retourner en Galilée (et non qu’il y retourna ce jour-là) le lendemain du jour où Jean-Baptiste déclara à nouveau que Jésus était l’Agneau de Dieu. Jean-Baptiste n’avait pas encore été arrêté.

Matthieu 4, 12 indique qu’au moment où Jésus apprit l’emprisonnement de Jean, il retourna en Galilée.

Marc 1, 14 indique qu’après l’emprisonnement de Jean, Jésus se rendit en Galilée.

Chronologie des événements :

1. Jean a de nouveau déclaré que Jésus était l’Agneau de Dieu.

2. Le lendemain même, Jésus décida qu’il retournerait (tôt ou tard) en Galilée.

3. Soit avant que Jésus ne parte pour la Galilée, soit après son départ mais avant son arrivée en Galilée, Jean fut emprisonné.

4. Jésus est venu en Galilée.

Q : Dans Mc 1, 14, Jésus a-t-il commencé son ministère en Galilée, ou en Judée et à Jérusalem comme le dit [prétendument] Jn 1, 35-42 ? Y a-t-il une signification ou une importance particulière à cela ?

R : Jean 1, 35-42 ne dit rien au sujet du début du ministère de Jésus, mais plutôt de l’appel des disciples André et Pierre. C’était là que se trouvait Jean-Baptiste, et non à Jérusalem. Le lendemain, dans Jean 1, 43, Jésus partit pour la Galilée et appela Philippe ainsi que d’autres disciples. Marc 1, 14 ne dit pas que Jésus a commencé son ministère en tant que tel, mais il indique qu’après l’emprisonnement de Jean, Jésus a proclamé la bonne nouvelle de Dieu en Galilée.

Q : Dans Mc 1, 12-13, Jésus s’est-il rendu dans le désert pendant quarante jours après son baptême, ou s’est-il rendu aux noces de Cana le troisième jour, comme le dit Jn 2, 1 ?

R : Les deux. Le « troisième jour » était le troisième jour après son arrivée en Galilée, et non le troisième jour après le baptême, comme l’indiquent *Bible Difficulties & Seeming Contradictions* (p. 196) et le *Believer’s Bible Commentary* (p. 1473). Une autre interprétation est que « le troisième jour » désignait le troisième jour de la semaine.

L’*Expositor’s Bible Commentary*, volume 9, p. 42, indique que le « troisième jour » pourrait correspondre au troisième jour après avoir quitté Jean-Baptiste. Bien que l’expression « le lendemain » dans Jean 1, 29-35 et 43 puisse faire référence au même jour, cela semble peu probable : ce sens serait en effet plus clair si l’expression « le lendemain » n’était pas utilisée à plusieurs reprises.

Q : Dans Luc 3, 22, concernant le baptême de Jésus, faudrait-il lire : « Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré », selon Justin le Martyr, [prétendument] Clément d’Alexandrie, [prétendument] Augustin et d’autres, ou « Tu es mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute ma joie » ? (Il s’agit de la première partie d’une objection soulevée par un musulman.)

R : Examinons tout d’abord les implications de l’argument de ce musulman, puis appliquons la même norme à l’islam, ensuite les détails de cette variante manuscrite, et enfin appliquons cela au christianisme en général.

A. Implications de l’argument du musulman

Supposons un instant que ce musulman ait tout à fait raison. Le verset disait à l’origine ce qu’il affirme. Ou bien, supposons que nous ne puissions être sûrs que de ce qui était commun aux deux versions : « TU ES MON FILS ». Félicitations : si Dieu a réellement dit cela, à qui que ce soit, les propres paroles de ce musulman viennent de réfuter l’islam et de prouver que le Coran ment au sujet d’Allah. Le Coran affirme qu’il est tout à fait erroné de dire qu’Allah est un Père, ou qu’Allah a des fils (Sourate 2:116 ; 4:171 ; 5:116, 117 ; 6:100 ; etc.). Si Dieu a réellement appelé Jésus « mon fils », alors le Coran ment au sujet de Dieu. (J’ai supposé que le musulman qui posait la question était un musulman orthodoxe, bien que je puisse me tromper à ce sujet.)

B. Appliquer le même critère à l’islam

Cette variante ne modifie en rien la doctrine chrétienne, car ces deux expressions sont mentionnées ailleurs. L’inerrance de la Bible signifie que celle-ci était exempte de toute erreur dans les manuscrits originaux ; des variations se sont glissées dans les manuscrits, mais aucune ne modifie de manière significative la foi ou la pratique. À l’inverse, la plupart des musulmans croient que le Coran arabe actuel est une copie exacte de l’original sur terre, qui était lui-même une copie exacte des tablettes célestes (sourate 85:20-22). Or, il est prouvé que le Coran a lui aussi subi des modifications.

a) Le Sahih Muslim 2:2286, p. 500, 501, mentionne une sourate perdue du Coran. Il contient une longue citation tirée de cette sourate, et, comme on pouvait s’y attendre, celle-ci ne figure pas dans le Coran actuel.

b) Une ancienne recension coranique (celle d’‘Ubai), qui a survécu à la normalisation d’‘Uthman, ne comportait ni la première ni la dernière sourate. (Elles n’ont pas simplement été arrachées ; elles n’y figuraient tout simplement pas.) Elle se trouve aujourd’hui au musée Al-Azhar au Caire.

c) Abou Yunus, l’esclave affranchi d’Aïcha, a transcrit un exemplaire du Coran pour Aïcha. Il présentait une légère différence dans la sourate 2, verset 238. « Abou Yunus, l’esclave affranchi d’Aïcha, a déclaré : ‘Aïcha (qu’Allah soit satisfait d’elle) m’a ordonné de lui transcrire un exemplaire du Coran et m’a dit : « Lorsque vous arriverez à ce verset : « Accomplissez la prière et la prière du milieu » (2:238), prévenez-moi. » Ainsi, lorsque j’y suis parvenu, je l’ai prévenue et elle m’a dicté (ce qui suit) : « Accomplissez la prière, la prière du milieu et la prière de l’après-midi, et tenez-vous debout en obéissant sincèrement à Allah. » ‘A’isha (qu’Allah soit satisfait d’elle) a dit : « C’est ainsi que je l’ai entendu de la bouche du Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah soient sur lui). » Sunan Nasa’i, vol. 1, n° 475, p. 340

d) « Puis Allah nous a révélé un verset qui a par la suite fait partie de ceux qui ont été abrogés. » Bukhari, vol. 5, livre 59, chap. 27, n° 416, p. 288.

« Rapporté par Anas ibn Malik : … Un verset coranique fut révélé au sujet de ceux qui furent tués à Bi’r-Ma’una ; nous avions l’habitude de le réciter, mais il fut abrogé par la suite. Le verset était le suivant : « Annoncez à notre peuple que nous avons rencontré notre Seigneur. Il est satisfait de nous et Il nous a comblés de satisfaction. » Bukhari, vol. 4, livre 52, chap. 19, n° 69, p. 53. Voir également l’Histoire d’al-Tabari, vol. 7, p. 156.

D’autres références à des versets abrogés figurent dans : Boukhari, vol. 4, livre 52, chapitre 9, n° 57, p. 45, Bukhari, vol. 4, livre 52, chap. 184, n° 299, p. 191, Bukhari, vol. 5, livre 59, chap. 27, n° 416, p. 288, et Bukhari, vol. 5, livre 59, chap. 27, n° 421, p. 293 ; tous rapportent la même information concernant ce même verset.

e) Les hadiths de Boukhari indiquent que certaines parties du Coran étaient manquantes et/ou abrogées : vol. 4, livre 51, chapitre 12, n° 62, p. 48-49 ; vol. 4, livre 51, chapitre 19, n° 69, p. 53 ; au vol. 6, livre 61, chapitre 3, n° 510, p. 479-480, et au vol. 6, livre 61, chapitre 4, n° 511, p. 480.

f) Voici quelques autres passages présentant des variantes (qui ne concernent pas uniquement les voyelles) :

Sourate 11, verset 46 ; Abu Dawud, vol. 3, note de bas de page 3383, p. 1116

Sourate 18:76, Abu Dawud, vol. 3, note de bas de page 3384, p. 1116

Sourate 18:86, Abu Dawud, vol. 3, note de bas de page 3385, p. 1116

Sourate 24:35, Abu Dawud, vol. 3, note de bas de page 3387, p. 1116

Sourate 34:23 en raison des voyelles, mais dans un cas, d’une consonne. Abu Dawud, vol. 3, note de bas de page 3392, p. 1117

Sourate 39:59 Ce passage utilise un pronom féminin pour désigner l’âme, alors que les lectures bien connues emploient un pronom masculin. Abu Dawud 3:3979, note de bas de page 3393, p. 1117

Sourate 89:26, Abu Dawud, vol. 3, note de bas de page 3399, p. 1118

Sourate 89:25-26, Abu Dawud, vol. 3, note de bas de page 3408, p. 1119

Sourate 12:23, Abou Daoud, vol. 3, note de bas de page 3411, p. 1120

Sourate 2:58, Abu Dawud, vol. 3, note de bas de page 3413, p. 1121

Sourate 24:1 (un « r » manquant ou en trop : Faradnaha (« et que Nous avons prescrit ») contre la lecture majoritaire farradnaha (« que Nous avons décrite en détail ») ; Abu Dawud, vol. 3, note de bas de page 3414, p. 1121

g) Une explication des modifications survenues du vivant de Mahomet : selon la sourate 22:52, Satan introduit toujours quelque chose dans les paroles d’un prophète, mais Dieu doit l’annuler. Cela pourrait expliquer pourquoi quatre sources historiques musulmanes différentes rapportent que la sourate 53:19-20 indiquait à l’origine qu’il fallait espérer l’intercession (l’aide) de quatre déesses idolâtres.

Le questionneur musulman serait-il satisfait de la Bible si les chrétiens se contentaient de détruire les preuves et de brûler tous les manuscrits à l’exception d’une version privilégiée ? D’un côté, on pourrait penser que non, sauf que c’est exactement ce qu’a fait ‘Uthman lorsqu’il a ordonné aux gens de remettre leurs exemplaires du Coran pour qu’ils soient détruits, avant d’en rééditer d’autres. Cependant, les Corans d’aujourd’hui ne sont même pas identiques au texte d’‘Uthman. Par exemple, variante : sourate 6, verset 160a (6, 159a chez Yusuf ‘Ali) : « … sectes, je n’en fais partie en rien ; » (à l’époque d’‘Uthman) contre « … sectes, tu n’as aucune part en elles, pas la moindre : » al-Tabari, vol. 15, p. 181 et note de bas de page 323.

C. Détails de cette variante du manuscrit

« Tu es mon Fils, le Bien-Aimé ; en toi j’ai mis toute ma joie. » (p. 4 (IIIe siècle), Sinaiticus, Vaticanus, Alexandrinus, Lectionnaire byzantin, certains manuscrits italiques, copte sahidique, éthiopien, géorgien, Augustin). Augustin présentait la première lecture selon Aland et al. (4e édition révisée) ; l’interlocuteur musulman a donc eu tort de classer Augustin dans la deuxième catégorie.

« Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré » (Bezae Cantabrigiensis, certains manuscrits italiques, Justin Martyr, Dialogue avec Tryphon, chap. 88, p. 244 (rédigé vers 138-165 apr. J.-C.) ; Hilaire (355-367/368 apr. J.-C.), Méthode (270-311/312 apr. J.-C.), Évangile apocryphe de Nicodème (version grecque, chap. 2 ; Récit apocryphe de l’enfance, 54.)

« Tu es mon Fils bien-aimé, aujourd’hui je t’ai engendré » (Clément d’Alexandrie, 193-217/220 apr. J.-C.). Ce passage est similaire à la deuxième lecture, à l’exception de l’aspect « bien-aimé » présent dans la première lecture. Ainsi, l’interlocuteur musulman avait tort de classer Clément d’Alexandrie dans la deuxième catégorie.

D. Application au christianisme en général

Justin a peut-être cité de mémoire, et même les personnes de bonne foi peuvent commettre de petites erreurs de mémoire. Nous ne croyons pas que le message de Dieu réside dans les consonnes et les voyelles de la Bible, mais dans le message de la Bible lui-même, et ce message est constant, même si l’on se réfère à la deuxième lecture, puisque d’autres versets affirment à la fois que a) Jésus était bien-aimé, et b) « Aujourd’hui, je t’ai engendré » (Psaume 2). Ce qui pourrait être une erreur de bonne foi, un souvenir erroné, ne prouve pas qu’il s’agisse d’un faux, à moins que le fait qu’Aïcha, l’épouse de Mahomet, ait rédigé un verset du Coran avec une signification différente ne prouve qu’elle était elle aussi une faussaire.

Q : Dans Luc 3,22, cette variation manuscrite prouve-t-elle qu’un faussaire était à l’œuvre et que le verset biblique a été modifié pour supprimer le fait que Jésus est devenu le Fils de Dieu lors de son baptême, par opposition à sa naissance ou à un moment antérieur ? (Il s’agit de la seconde partie de l’objection soulevée par le musulman.)

R : Pas du tout. Bien que nous ne connaissions pas tous les détails, il existe quatre possibilités, dont chacune apporte une réponse satisfaisante.

Déclarations multiples : peut-être le Père a-t-il fait plusieurs déclarations. Pourquoi Dieu le Père se limiterait-il à appeler Jésus « son Fils » une seule fois ici ?

Une seule déclaration complète : peut-être le Père n’a-t-il prononcé qu’une seule phrase, qui ressemblait à ceci : « Tu es mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute ma joie ; aujourd’hui, je t’ai engendré. » Chacun en a correctement rapporté des parties.

Erreur de mémoire de Justin Martyr : Justin Martyr, citant peut-être cela de mémoire, a commis une erreur, et les auteurs ultérieurs qui avaient lu Justin Martyr, ainsi que les auteurs antérieurs qui avaient lu Justin Martyr, ont repris cette erreur.

Variante biblique : quelqu’un avant Justin Martyr a copié par erreur cette phrase à cet endroit, et Justin a cité correctement ce qui figurait dans sa Bible.

Pour de nombreux musulmans, si la moindre modification du Coran, même non théologique, prouve qu’il s’agit d’un faux, alors chaque exemplaire du Coran existant aujourd’hui devrait être brûlé, car il s’agit lui aussi d’un faux. Il comporte des modifications par rapport à la version d’Othman (la sourate 159a (ou 160a) n’en est qu’un exemple). De plus, le texte normalisé d’Othman diffère de celui d’Ubai, et tous deux omettent la sourate perdue. En réalité, le Coran admet que Satan (au moins temporairement) introduit également une partie de son enseignement dans les paroles du prophète (sourate 22:52). À titre d’exemple, considérez la formulation originale de la sourate 53:19-20.

Q : Dans Luc 3, 23, quel âge avait Jésus lorsqu’il a commencé son ministère ?

R : Luc 3, 23 dit « environ trente ans », ce qui pourrait correspondre à un âge compris entre 25 et 35 ans. Jésus est né sous le règne d’Hérode le Grand, décédé en 4 av. J.-C., et il a commencé son ministère après que Jean-Baptiste eut commencé le sien. Jean a commencé son ministère la quinzième année du règne de Tibère César, soit en 28 apr. J.-C. Ainsi, si l’on considère que les datations archéologiques sont suffisamment précises, Jésus avait entre 33 et 35 ans environ. De plus, Ponce Pilate n’a été préfet de Judée que de 26 apr. J.-C. à 36/37 apr. J.-C. ; Jésus a donc dû être crucifié avant cette date. La meilleure estimation dont nous disposons est que Jésus a commencé son ministère vers 30 apr. J.-C. et qu’il est mort très probablement le 3 avril 33 apr. J.-C.

Q : Dans Mt 4, 12-13, comment Simon et André sont-ils devenus disciples alors que Jésus était avec Jean-Baptiste, puisque Jésus leur a dit de le suivre en Galilée, comme le rapportent Mt 4, 18-20, Mc 1, 16-20 et Lc 5, 1-11 ?

R : Ils sont d’abord devenus des « disciples » alors que Jésus était avec Jean-Baptiste. Ce n’est que plus tard, en Galilée, qu’ils sont devenus des disciples privilégiés, avant d’être désignés comme apôtres. Rappelez-vous que Jésus comptait un grand nombre de disciples, dont certains l’ont quitté (Jn 6, 66). En plus de ceux-là, il avait désigné des disciples particuliers, au nombre de 72 (Lc 10, 1). Enfin, Jésus comptait les douze, qui sont devenus apôtres (Mc 6, 7 et Jn 6, 67).

Q : Dans Jean 1, 35-37, André et l’autre disciple ont-ils suivi Jésus le lendemain de son baptême, ou ont-ils attendu quarante jours après les tentations de Jésus ?

R : - Après. Jésus a été baptisé par Jean (Matthieu 3, 13-17 ; Marc 1, 9-11 ; Luc 3, 21-23), a été tenté pendant quarante jours (Matthieu 4, 1-11 ; Marc 1, 12-13 ; Luc 4, 1-12), puis est retourné vers Jean (Jean 1, 29-32)

Q : Dans le ministère de Jésus, peut-on connaître l’ordre des événements ?

R : Nous ne pouvons connaître que l’ordre de certains événements. Cependant, beaucoup de gens peuvent être très désorientés quant à l’ordre des Évangiles en raison de trois idées fausses, qu’il convient de dissiper.

Les auteurs des Évangiles n’ont pas rapporté tous les événements ; toutefois, ils n’ont jamais prétendu le faire non plus. Par exemple, Jean, qui était auparavant un disciple de Jean-Baptiste, garde naturellement le silence sur la période comprise entre le baptême de Jésus et le moment où il s’est joint à lui. Jean 21, 25 indique expressément que Jésus a accompli bien d’autres choses qui n’ont pas été consignées par écrit. L’Évangile selon Jean a été rédigé après les autres Évangiles, et Jean semble mettre l’accent sur les aspects que les autres n’ont pas mentionnés.

Répétition : imaginez Jésus parcourant les nombreuses villes qu’il a visitées en Galilée, en Judée et dans la Décapole, sans jamais répéter un seul commandement ou une seule parabole, et racontant à chaque ville quelque chose de complètement différent. Ce n’est pas très probable ! Jésus a probablement raconté ces paraboles bien plus souvent qu’il n’est rapporté dans chaque évangile, et les gens ont parlé de Jésus davantage que ce qui est consigné. Ainsi, par exemple, la question reste ouverte de savoir si le Sermon sur la montagne dans Matthieu et le Sermon sur le plateau dans Luc correspondent à deux événements distincts, au cours desquels il a répété certains enseignements, ou à un seul événement, au cours duquel Jésus s’est exprimé sur un plateau.

Pas dans l’ordre : les évangélistes n’ont pas rapporté tous les événements dans l’ordre, mais ils n’ont jamais prétendu non plus les rapporter dans l’ordre. En effet, Papias, un disciple de l’apôtre Jean, indique expressément que Marc n’a pas rapporté les événements dans l’ordre.

Au sein de chaque période générale du ministère du Christ, les évangélistes n’ont pas prétendu que quoi que ce soit se déroulait dans l’ordre, à l’exception des passages suivants, où les mots « après », « le lendemain », etc. ont été utilisés. Dans les questions relatives à l’harmonie des Évangiles, repérez les mots en gras qui indiquent des repères de temps, d’ordre et de lieu.

Q : Dans les Évangiles, qu’entend-on par « harmonie » concernant le début du ministère de Jésus ?

R : Le début du ministère s’étend jusqu’au moment où Jean-Baptiste est mis à mort. Avant d’établir l’ordre des événements, il est utile de connaître certains éléments géographiques.

Géographie : la mer de Galilée, le lac, la mer de Tibériade désignent tous le même lac d’eau douce. La Galilée se trouve à l’ouest de la mer de Galilée, et la Décapole au sud-est de celle-ci. Bethsaïda est située au nord de la mer de Galilée, et à l’ouest de celle-ci se trouve Capharnaüm, sur la rive, avec Corazin au nord de Capharnaüm. Magdala se trouve sur la rive, à l’ouest de la mer de Galilée, et Cana est située à l’ouest de celle-ci. Naïn se trouve au sud-ouest de la mer de Galilée, à environ 10 miles (16 kilomètres) de la rive. Le pays des Géraséniens, de Gennesaret ou des Gadaréniens désigne soit un seul et même lieu, soit des lieux très proches les uns des autres, à l’est et au sud-est de la mer de Galilée. L’ouvrage *Hard Sayings of the Bible*, p. 373, indique que Gérasa se trouvait à 30 miles (48 kilomètres) au sud-est de la mer de Galilée et que ses terres ne s’étendaient pas jusqu’à la mer. Gadara se trouvait à cinq miles (8 kilomètres) au sud-est de la mer de Galilée et ses terres s’étendaient jusqu’à la mer, comme le prouvent la mention qu’en fait Josèphe et une pièce de monnaie de Gadara représentant un navire.

Ordre : Il est important de faire la distinction entre ce qui est présenté comme étant dans l’ordre et ce qui pourrait l’être. Pour ces 65 événements, les chiffres renvoient à des événements qui doivent suivre les chiffres précédents dans l’ordre. Les lettres telles que a, b, c renvoient à des événements qui pourraient être dans l’ordre, mais qui pourraient se produire dans n’importe quel ordre. Les mots en gras indiquent des repères de temps, d’ordre et de lieu. Les versets soulignés indiquent des passages qui ne sont probablement pas dans l’ordre chronologique dans l’Évangile.

Début du ministère : Mt 4, 12-14, 12 ; Mc 1, 14-6, 29 ; Lc 3, 19-20 ; 4, 14-9, 9 ; Jn 1, 43-5, 47

E1a1. À Cana, le troisième jour (troisième jour après son retour en Galilée, après la prédication de Jean, ou troisième jour de la semaine ?), Jésus change l’eau en vin. Premier miracle en Galilée, bien que son heure ne soit pas encore venue. Jn 2, 1-11

E1a2a. Pendant la Pâque (14e jour du 1er mois) à Jérusalem, Jésus chasse les changeurs. Jn 2, 12-25

E1a2b. Jésus enseigne à Nicodème ce qu’est la nouvelle naissance. Jn 3, 1-21

E1a3. Dans la campagne de Judée, Jean rend témoignage à Jésus. Jn 3, 23-35

E1a4a. À Sychar, en Samarie, sur le chemin de la Galilée, Jésus s’entretient avec une Samaritaine. Jn 4, 1-42

E1b1. Jean réprimande Hérode le tétrarque. Mt 14, 3 ; Lc 3, 19-20

E1b2a. Après avoir appris que Jean a été jeté en prison, Jésus retourne en Galilée et commence à prêcher : « Le royaume de Dieu est proche ». Mt 4, 12-17 ; Mc 1, 14-15 ; Jn 4, 43-45

E1b2b. De Cana, Jésus guérit le fils d’un noble à Capharnaüm : c’est son deuxième miracle. Jn 4, 46-54

E1b2c1. En Galilée et à Nazareth, Jésus lit un rouleau. Lc 4, 14-15

E1b2c2. Jésus explique la prophétie, et les Juifs tentent de le tuer. Luc 4, 16-31

E1b2d1. Au bord de la mer de Galilée, Jésus appelle Simon Pierre et André. Mt 4, 18-20 ; Mc 1, 16-18 ; Lc 5, 1-10

E1b2d2. À Capharnaüm, Jésus chasse un démon. Mc 1, 21-28 ; Lc 4, 31-37

E1b2e. L’appel de Jacques et Jean. Mt 4, 21-22 ; Mc 1, 19-20 ; Lc 5, 6-11

E1b2f. En Galilée, Jésus guérit les malades. Mt 4, 23-25 ; Lc 4, 40-44

E2a. Le Sermon sur la montagne, y compris le Notre Père. Mt 5, 1-7, 29

E2b. Le soir venu, il guérit la belle-mère de Simon et d’autres personnes. Mt 8, 14-17 ; Mc 1, 29-34 ; Lc 4, 38-39

E2c. Jésus prie seul. Mc 1, 35-38 ; Lc 4, 42-44

E2d. Voyage à travers la Galilée. Mc 1, 39

E2e. Il guérit un lépreux bavard. Mt 8, 1-4 ; Mc 1, 40-45 ; Lc 5, 12-15

E2f. Jésus se retirait souvent dans des lieux isolés pour prier. Luc 5, 16

E2g1. À Capharnaüm, Jésus guérit un paralytique. Mc 2, 1-12 ; Lc 5, 17-26

E2g2. L’appel de Matthieu/Lévi. Mt 9, 9-13 ; Mc 2, 13-17 ; Lc 5, 27-32

E3c1. En Galilée, au bord du lac : le prix à payer pour suivre Jésus. Mt 8, 18-22

E3c2. À Nazareth, Jésus guérit un paralytique. Mt 9, 1-8

E3c3. Les disciples de Jean posent des questions sur le jeûne. Mt 9, 14-17 ; Mc 2, 18-22 ; Lc 5, 33-39

E2h1. Un jour de sabbat, Jésus se trouve dans un champ ; référence à David. Mt 12, 1-8 ; Mc 2, 23-27 ; Lc 6, 1-11

E2h2. À la synagogue, Jésus guérit une main desséchée. Mt 12, 9-14 ; Mc 3, 1-6 ; Lc 6, 6-11

E2h3. Les foules suivent Jésus. Mc 3, 7-12

E2i1. Sur le flanc d’une montagne, Jésus prie Dieu toute la nuit. Luc 6, 12

E2i2. Jésus nomme les douze disciples. Mc 3, 13-19 ; Lc 6, 13-16

E2j1. Sermon sur le terrain plat. Luc 6, 17-49. S’il s’agissait du même passage que dans Matthieu, il faudrait l’appeler le Sermon sur le plateau.

E2j2. À Capharnaüm, Jésus guérit le serviteur du centurion. Mt 8, 5-13 ; Lc 7, 1-10

E3a. Quelque temps plus tard, à Jérusalem, à l’occasion d’une fête [probablement au 7e mois], près de la piscine, Jésus guérit un homme qui était infirme depuis 38 ans. Jn 5, 1-15

E3b. La vie par Jésus. Jn 5, 16-47

E3c. À Naïn, Jésus guérit le fils de la veuve. Lc 7, 11-17

E4. En route vers le pays des Gadaréniens/Géraséniens, Jésus calme la tempête depuis l’intérieur de la barque. Mt 8, 23-27 ; Mc 4, 35-41 ; Lc 8, 22-26 (Remarque : les tempêtes sont plus fréquentes en automne et en hiver)

E5a. À Gennesaret, guérison de deux hommes possédés par des démons ; les démons entrent dans le troupeau de porcs. Mt 8, 28-34

E5b. Guérison du possédé de Gérasa [Gennésareth]. Mc 5, 1-20 ; Lc 8, 26-39 (Remarque : les termes « Gadaréniens », « Gennésareth » et « Gérasa » désignent très probablement le même lieu.)

E6. Résurrection de la fille de Jaïre et guérison de la femme atteinte d’une perte de sang. Mt 9, 18-26 ; Mc 5, 21-43 ; Lc 8, 40-56

E7. En chemin, Jésus guérit deux aveugles bavards. Mt 9, 27-31

E8. Alors qu’ils sortaient, Jésus guérit un possédé muet. Les pharisiens accusent Jésus de chasser les démons par Béelzéboul. Le texte ne mentionne pas que Jésus ait répondu à cette accusation à ce moment-là.) Mt 9, 32-34

E9a. Jésus se rend dans de nombreuses villes et villages. Mt 9, 35-38 ; Mc 6, 6

E9b. Jésus envoie les douze. Mt 10, 1-42 ; Mc 6, 7-13 ; Lc 9, 1-9

E9c. Jésus prêche en Galilée. Mt 11, 1

E9d. Jean-Baptiste envoie un message depuis sa prison et Jésus raconte la parabole des enfants au marché. Mt 11, 2-19 ; Lc 7, 18-35

E9e. Alors qu’il dîne chez Simon le pharisien, une femme pécheresse, munie d’un vase d’albâtre, oint les pieds de Jésus d’huile. Jésus parle de l’amour plus grand et de l’amour moindre. Lc 7, 36-50

E10. Aussitôt, Jésus se retire sur une montagne. Mc 6, 45-46

E11. Par la suite, à Gennesaret, Jésus guérit de nombreuses personnes. Mc 6, 53-56

E12a. Réprimande des villes de Galilée. Mt 11, 20-24

E12b. À ce moment-là, Jésus enseigne le repos à ceux qui sont fatigués. Mt 11, 25-30

E13. Jésus se retire de cet endroit. Mt 12, 15-21

E14. Dans une maison où il y avait trop de monde pour manger, la famille de Jésus pense qu’il a perdu la raison. Mc 3, 20-21

E15. Jésus guérit un aveugle possédé par un démon. Mt 12, 22-23

E16. Jésus parle des hommes forts qui sont dans la maison et du blasphème contre le Saint-Esprit. Mt 12, 24-37 ; Mc 3, 22-30

E17. La mère et les frères de Jésus. Mt 12, 46-50 ; Mc 3, 31-35 ; Lc 8, 19-21

E18. Première demande d’un signe et prophétie des trois jours et trois nuits. Mt 12, 38-45

E19. En Galilée, depuis la barque, la parabole du semeur. Mt 13, 1-23 ; Mc 4, 1-20 ; Lc 8, 1-15

E20. Parabole de l’ivraie. Mt 13, 24-30

E21. Parabole de la lampe sur son pied. Mc 4, 21-25 ; Lc 8, 16-18

E22. Parabole de la graine qui pousse. Mc 4, 26-29

E23. Parabole du grain de moutarde. Mt 13, 31-35 ; Mc 4, 30-34

E24. Dans la maison, il explique la parabole de l’ivraie. Mt 13, 36-43

E25. Les paraboles du trésor caché, de la perle et du filet. Mt 13, 44-53

E26. Jésus retourne à Nazareth ; le prophète sans honneur. Mt 13, 53-58 ; Mc 6, 1-6 (Augustin et certains autres pensent que Lc 4, 16-30 en fait également partie.)

E27. Comment Jean-Baptiste fut mis à mort. Mt 14, 1-12 ; Mc 6, 14-29 ; Lc 9, 7-9

Dans cette liste de 65 événements, 0 événement était commun aux quatre Évangiles, 13 événements étaient communs aux trois Évangiles synoptiques, 1 événement était commun à Matthieu et Luc, 4 événements étaient communs à Matthieu et Marc, 4 événements étaient communs à Matthieu et Luc, 4 événements étaient communs à Marc et Luc, 15 événements figuraient uniquement dans Matthieu, 7 événements figuraient uniquement dans Marc, 7 événements figuraient uniquement dans Luc, et 8 événements figuraient uniquement dans Jean.

Q : Dans les Évangiles, quelles ont été les hypothèses clés formulées concernant le début du ministère de Jésus ?

R : Toute analyse repose sur des hypothèses, et voici celles que j’ai retenues ici.

a) Certains passages de Jean ont été placés dans la période intermédiaire, là où ils pouvaient également s’intégrer. L’harmonie des Évangiles dans la NIV Study Bible place les passages de Jean différemment.

b) Les Évangiles ont été classés par ordre chronologique, sauf là où ils sont soulignés, ce qui représente plus de dix passages.

Q : Dans Jn 1, 43-50, Jésus a-t-il appelé ces disciples à le suivre à ce moment-là, ou les a-t-il nommés apôtres plus tard, comme le montrent Mt 4, 18-22 ; Mc 1, 14-20 et Lc 5, 1-11 ?

R : Les deux. Jésus les a appelés à le suivre à ce moment-là, mais ce n’est que plus tard qu’il les a désignés comme les Douze. L’ouvrage *When Critics Ask*, p. 405, établit une distinction entre leur première rencontre et leur appel définitif. Il souligne que, dans Jean 1, 39, ils ne sont restés avec Jésus que ce seul jour-là.

Aujourd’hui, Dieu nous appelle d’abord à être ses enfants. Plus tard, il appelle beaucoup de personnes à un service plus important, et certaines à un ministère encore plus grand.

Q : Dans Mt 4, 17 ; 10, 7 ; Mc 1, 15 ; Lc 8, 10 ; Jn 3, 5, le royaume de Dieu et le royaume des cieux sont-ils identiques, ou y a-t-il une légère différence entre les deux ?

R : Beaucoup les ont considérés comme identiques ; vous ne ferez pas partie de l’un si vous ne faites pas partie de l’autre. Matthieu utilise les deux termes, tandis que Marc, Luc et Jean n’utilisent que celui de « royaume de Dieu ». Jésus utilise les deux termes dans des versets consécutifs de Matthieu 19, 23-24. Le New International Bible Commentary, p. 1123, indique qu’à cette époque, les Juifs hésitaient non seulement à prononcer le nom propre de Dieu (Yahvé), mais aussi celui d’Elohim. Ils utilisaient donc comme synonymes « ha-shem » (le Nom), « maqom » (l’espace) et « shamayim » (les cieux). Ainsi, au lieu de dire « le royaume de Dieu », certains Juifs pouvaient préférer dire « le royaume des cieux ».

D’autres y voient une légère différence : le royaume des cieux est l’endroit où tous les croyants se rendent à leur mort, tandis que le royaume de Dieu est celui auquel nous appartenons dès à présent, dès lors que nous sommes sauvés.

Quels que soient les termes utilisés, nous pouvons tous convenir que notre salut comporte à la fois un aspect présent sur terre et un aspect futur au ciel (1 Corinthiens 13:12 ; Philippiens 1:21-24) qui ne se réalisera qu’une fois que nous aurons atteint le ciel. Dans Jean 3:5, certains pensent que l’eau fait référence au liquide amniotique lors de la naissance d’un bébé, tandis que d’autres pensent qu’elle fait référence au baptême. Cela ne peut signifier le baptême, à moins que le voleur sur la croix n’ait pas été sauvé ! Mais cela peut signifier qu’une personne ne fait pas partie de manière visible du royaume de Dieu sur terre tant qu’elle n’a pas été baptisée. De la même manière, de nombreuses Églises ne souhaitent pas qu’une personne participe à la Cène tant qu’elle n’a pas été baptisée.

Q : Dans Jean 4:26, pourquoi Jésus s’est-il empressé de dire à la Samaritaine qu’Il était le Messie, alors qu’Il semblait réticent à le faire ailleurs, comme dans Matthieu 16:13-20 ?

R : Il y a deux réponses complémentaires : le moment choisi et l’auditoire.

Le moment choisi : au début de son ministère, Jésus n’insistait pas publiquement auprès des Juifs sur le fait qu’il était Dieu et qu’il était le Messie. De nombreux dirigeants juifs avaient du mal à accepter que le Messie ne vienne pas en puissance dès sa première venue. Jésus semblait vouloir que ses miracles et son enseignement parlent d’abord pour lui, puis, plus tard dans son ministère, insister sur le fait qu’il était le Pain de vie, le grand « Je suis », le chemin, la vérité et la vie, et le Messie. Or, lorsque Jésus s’est adressé à la Samaritaine, c’était très tôt dans son ministère.

Public : Les Samaritains n’auraient pas les mêmes difficultés à accepter Jésus comme le Messie. C’est pourquoi il s’est exprimé sans détour auprès de la Samaritaine. De plus, il y avait peu de chances que les Samaritains en parlent à un grand nombre de Juifs.

Q : Dans Luc 6, 12-49 et Luc 12, 3-38, pourquoi cela ressemble-t-il au Sermon sur la montagne de Matthieu 5, 1-7, 29 ?

R : Il y a trois réponses différentes.

a. Jésus a probablement prononcé un sermon similaire au moins deux fois. Jésus s’adressait à de nombreuses foules différentes et il est probable qu’il ait délivré un message similaire à plusieurs reprises. Tout le monde n’a pas pu entendre le sermon la première fois.

b. Il s’agissait peut-être du même sermon, et chaque évangéliste a rédigé une paraphrase de ce dont il se souvenait. Une « plaine » au sommet d’une montagne correspond simplement à ce que nous appelons un plateau ou une mesa. Cependant, rien, hormis la similitude du contenu, ne suggère qu’il s’agissait du même sermon.

c. L’ouvrage *When Critics Ask*, p. 387, fait remarquer qu’il est simplement dit que Jésus se tenait sur un lieu plat, et non que les foules s’y trouvaient. Le fait que Jésus se tienne sur un lieu plat pour prêcher à une foule assise à flanc de montagne créerait un amphithéâtre naturel.

Quoi qu’il en soit, l’enseignement de Jésus est intemporel et vrai, quel que soit le nombre de fois où Il l’a prononcé.

Q : Pourquoi ces passages (Luc 6, 12-19 ; Luc 12, 3-38 ; et Matthieu 5, 1-7, 29) ne figurent-ils pas dans Marc ou Jean ?

R : Les différents auteurs des Évangiles ont rapporté des détails différents. De plus, l’Évangile selon Jean a très probablement été rédigé en dernier, et il semble apporter une profondeur supplémentaire que les autres n’ont pas, tout en omettant des éléments déjà mentionnés par les autres auteurs des Évangiles.

Q : Dans Luc 6, 17, Jésus se tenait-il debout sur un endroit plat pour leur enseigner, ou était-il assis comme le dit Matthieu 5, 1 ?

R : Il y a deux réponses, et les deux sont probablement vraies.

Les sermons rapportés par Matthieu et Luc ont probablement eu lieu à deux occasions différentes. De plus, même lorsque Jésus se tenait debout, après avoir parlé assez longtemps, il pouvait souhaiter s’asseoir. N’oubliez pas qu’un sermon pouvait durer plusieurs heures, et que ce que nous avons à la fois dans Matthieu et dans Luc n’est qu’un résumé.

Q : Dans Matthieu 5, 3, Jésus a-t-il mentionné les « pauvres en esprit », ou seulement les pauvres, comme dans Luc 6, 20 ?

R : Jésus a pu dire les deux. Matthieu et Luc paraphrasent tous deux l’enseignement de Jésus. Ces deux sermons ont pu être prononcés à des occasions différentes, et Jésus a pu dire les deux. D’un autre côté, ces deux sermons ont pu être identiques. L’un a eu lieu sur une montagne, et l’autre dans une plaine. Il s’agissait peut-être d’un seul et même sermon prononcé sur un plateau, c’est-à-dire un espace plat au sommet de certaines montagnes.

Quoi qu’il en soit, nous comprenons que Jésus faisait référence à ceux qui étaient dans le besoin et qui reconnaissaient l’état de leur dénuement.

Q : En Matthieu 8, 2, nous lisons l’histoire d’un lépreux qui vint vers Jésus, se prosterna devant lui, lui demanda de le guérir, et Jésus le purifia. Mais en Luc 17, 12, nous lisons l’histoire de dix hommes lépreux que Jésus rencontra dans un village. Ils se tinrent à distance, élevèrent la voix et dirent : « Jésus, Maître, aie pitié de nous. » Et lorsque Jésus les vit, il n’eut pas besoin de les toucher, mais leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » Et il arriva que, tandis qu’ils s’en allaient, ils furent purifiés. Étaient-ils dix lépreux ou un seul ? S’il s’agissait de la même histoire, pourquoi y a-t-il des détails différents entre les deux évangiles ?

R : Tout d’abord, nous pouvons être certains qu’il y avait plus de onze lépreux en terre d’Israël à cette époque. Les deux événements présentent des détails totalement différents, car Jésus a guéri des lépreux à plusieurs reprises. Jésus a guéri un lépreux (qui s’est ensuite montré bavard) dans Matthieu 8, 1-4, Marc 1, 40-45 et Luc 5, 12-15. Bien plus tard, dans Luc 17, 11-19, Jésus a guéri dix lépreux.

Q : Certains affirment que les scribes avaient coutume de modifier certains mots ou certaines expressions lorsqu’ils copiaient les manuscrits des Écritures, afin de clarifier ou de simplifier l’idée pour les lecteurs.

Par exemple, dans les Évangiles, on constate que Marc dit en (Mc 2, 4) que les quatre hommes qui portaient le paralytique et l’amenaient à Jésus pour qu’il le guérisse, « ils découvrirent le toit là où il se trouvait ; et, après l’avoir percé, ils descendirent le lit sur lequel gisait le paralytique ». Mais Luc, en (Lc 5, 19), dit qu’« ils montèrent sur le toit et le firent descendre à travers les tuiles avec son lit, au milieu, devant Jésus ». Il en a été de même pour les Épîtres de Paul. Par exemple, l’expression « Parole du Christ » en (Colossiens 3, 16) : nous constatons que des scribes l’ont remplacée dans d’autres manuscrits par « Parole de Dieu », « Parole du Seigneur », etc. Est-ce exact ? Cela affecte-t-il le sens ou les doctrines ?

R : Je ne vois aucune différence substantielle entre Marc 2:4 et Luc 5:19. Les deux sont tout à fait vrais. Ils ont écrit la même chose différemment parce qu’ils avaient des personnalités, des perspectives et des styles d’écriture différents. Nous ne disposons pas des Évangiles dans une voix « mono », mais plutôt dans un « son quadriphonique ».

Il arrive que des scribes aient légèrement modifié certains mots, apparemment pour rendre le texte plus clair. Nous le savons car nous disposons d’un grand nombre de manuscrits du Nouveau Testament, et nous pouvons constater ce qui a été modifié. La grande majorité d’entre eux ne présente toutefois aucun changement de sens. Par exemple, à de nombreux endroits dans l’épître aux Philippiens, de nombreux manuscrits indiquent « Christ Jésus » tandis que beaucoup d’autres indiquent « Jésus Christ ». Dans la plupart de ces passages, nous ne sommes pas certains de l’ordre d’origine, mais cela n’a pas vraiment d’importance.

Aucune de ces variations n’affecte les doctrines ou les pratiques chrétiennes, et aucune doctrine importante ne repose sur un seul verset. Si quelque chose est important dans les Écritures, Dieu le répète, généralement d’une manière légèrement différente afin que nous puissions mieux saisir toute la portée de son sens.

Q : Dans Matthieu 8, 5-13 ; 9, 9-13, Jésus a-t-il guéri le serviteur du centurion avant d’appeler Matthieu (Lévi), ou après, comme le suggèrent Luc 5, 27-32 ; 7, 1-10 ?

R : Les deux cas sont possibles, car aucun des deux évangiles ne précise l’ordre des événements, et il n’est pas dit que les évangiles suivent un ordre chronologique. Cependant, les deux indiquent que Matthieu/Lévi a été appelé après la guérison du paralytique.

Q : Dans Matthieu 8, 5-10, le centurion a-t-il vu Jésus directement, ou bien, comme le suggère Luc 7, 6, ne l’a-t-il pas vu mais a-t-il envoyé des amis ?

R : Il y a deux réponses possibles.

1. Le centurion s’est adressé à Jésus par l’intermédiaire d’amis, et non directement. Matthieu omet ce détail et se contente d’indiquer que le centurion est venu trouver Jésus pour lui présenter sa requête, sans préciser que c’était par l’intermédiaire d’amis. Peut-être Matthieu ne souhaitait-il pas occulter le fait que Jésus venait en aide à un non-Juif, selon The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 200. La NIV Study Bible, p. 1453, ajoute que, de la même manière, lorsque Pilate fit flageller Jésus dans Matthieu 27:26, Matthieu ne dit PAS que Pilate flagella personnellement Jésus, mais qu’il fit flageller Jésus.

2. Au départ, le centurion a fait appel à des amis. Une raison probable est que, de cette manière, cela n’aurait pas été trop embarrassant si Jésus avait refusé cette demande émanant d’un non-Juif. Par la suite, le centurion est alors venu en personne. L’Encyclopedia of Bible Difficulties, p. 321-322, penche en faveur de ce point de vue.

Q : Dans Mt 9, 18-25 ; Mc 5, 23-43 ; Lc 7, 11-17 ; 8, 41-56 ; et Jn 11, 1-44, au cours de son ministère terrestre, qui Jésus a-t-il ressuscité d’entre les morts et pourquoi ?

R : Ces trois miracles ont glorifié Dieu et démontré que Jésus était le Fils de Dieu.

Le fils de la veuve dans Luc 7, 11-17. Peut-être le fils décédé n’est-il pas revenu à la vie tant pour son propre bien que pour celui de sa mère.

La fille de Jaïre, dans Matthieu 9, 18-25 ; Marc 5, 23, 35-43 ; Luc 8, 41-42, 49-56. Dans ce cas précis, la jeune fille était à l’article de la mort, et Jésus a été retardé parce qu’il s’occupait d’une autre femme. Dieu n’arrive peut-être pas souvent en avance, mais il n’est jamais trop tard pour qu’il agisse.

Lazare, dans Jean 11, 1-44. Curieusement, alors que Jésus aimait particulièrement Lazare (Jean 11, 3), il a attendu encore deux jours (Jean 11, 7), alors que Lazare était malade, jusqu’à ce que celui-ci soit mort. Au premier abord, cela a peut-être ébranlé la foi de Marie et de Marthe, mais parfois, Dieu met délibérément notre foi à l’épreuve pour sa gloire et pour nous rendre plus forts dans la foi.

Q : Dans Matthieu 9, 18, la fille de Jaïre était-elle morte, ou était-elle en train de mourir, comme le mentionnent Marc 5, 22 et Luc 8, 42 ?

R : Commençons par un peu de grec, puis examinons deux hypothèses qui ne sont probablement pas la bonne réponse, avant d’en arriver à la réponse la plus probable.

Grec

Dans Matthieu 9, 18, l’expression grecque « arti eteleutesen » signifie « vient de mourir » selon la traduction littérale de Green, ou « vient de mourir », mais pas « est en train de mourir » selon The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 230.

Dans Marc 5, 22, l’expression grecque eschatus exei signifie « à la toute fin ». C’est du premier mot que provient notre terme « eschatologie ».

Dans Luc 8:42, le mot grec « apethnesken » signifie « en train de mourir ».

Ce n’est pas la bonne réponse : le coma s’apparente à la mort

La respiration d’une personne dans le coma est très superficielle, et il est difficile de déterminer à quel moment elle est décédée. Cependant, ce n’est probablement pas la bonne réponse, car Jaïre était parti depuis un certain temps déjà, et une personne dans le coma aurait encore été quelque peu chaude. Enfin, le fait que les amis de Jaïre lui aient annoncé plus tard que sa fille était finalement décédée contredirait cette hypothèse.

Probablement pas la bonne réponse : Jaïre a dit les trois

Jairus lui-même ne savait pas avec certitude si sa fille était encore en vie lorsqu’il s’est entretenu avec Jésus, ou si elle était déjà décédée pendant qu’il se rendait auprès de lui. Il se peut donc que Jaïre ait dit à un moment donné qu’elle était morte, à un autre moment qu’elle était à l’article de la mort, et à un autre encore qu’elle était en train de mourir. Cependant, dans les trois évangiles, c’est Jaïre qui a adressé ces paroles à Jésus, et bien qu’il ait pu réitérer sa demande à Jésus à trois reprises, en utilisant trois formulations différentes, la réponse suivante est plus probable.

La réponse : les évangélistes ont paraphrasé

À d’autres endroits des évangiles, les dialogues sont des paraphrases, et non des citations exactes, et se concentrent sur les points principaux en omettant les détails. Par exemple, lorsque les gens venaient toute la journée pour écouter l’enseignement de Jésus, alors que nous pouvons lire ce récit en seulement cinq minutes, que faisaient-ils le reste du temps ? Comme le dit Jean 21:25 : « Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites. Si on les écrivait toutes, je suppose que même le monde entier ne suffirait pas à contenir les livres qui seraient écrits. » (BSB)

Réfléchissez à ceci : il ne faut qu’environ trois secondes pour lire ce que Jaïre a dit dans n’importe quel récit. Lorsque Jaïre est venu, s’est-il contenté de parler trois secondes à Jésus, puis s’est-il tu ? – Bien sûr, nous ne pensons pas cela. Mais cela signifie que chaque évangéliste a choisi d’omettre de nombreux détails superflus et a simplement voulu consigner l’essentiel du message de Jaïre. Quelle que soit la phrase qu’il ait employée – et il en a peut-être utilisé plusieurs –, sa fille bien-aimée était en train de rendre l’âme.

Q : Dans Mt 9, 24, Mc 5, 39 et Lc 8, 52, pourquoi Jésus a-t-il dit qu’elle ne faisait que dormir ?

R : Tout d’abord, ce qui n’est probablement pas la réponse, puis la réponse.

Ce qui n’est probablement pas la réponse : l’état végétatif s’apparente à la mort

Si le sommeil est souvent utilisé pour désigner la mort, il peut s’agir d’un coma ou d’un état végétatif. Jésus a dit : « L’enfant n’est pas morte, mais elle dort » dans Marc 5, 39. Cependant, dans Marc 5, 35, lorsque les amis de Jaïre lui ont dit de ne pas déranger Jésus car sa fille était morte, elle était complètement morte, pour autant qu’ils puissent en juger.

La réponse :

Jésus voulait souligner que, pour Lui, la mort n’est rien d’autre que le sommeil du corps physique.

Q : Dans Matthieu 9, 22, 28 et 29, pouvez-vous m’expliquer la différence entre la foi qui guérit et la foi salvatrice ? Par exemple, dans Matthieu 9, 22, Jésus dit : « Ma fille, prends courage, ta foi t’a guérie », et dans Matthieu 9, 29 : « Jésus toucha leurs yeux en disant : “Qu’il vous soit fait selon votre foi.” » Et dans Matthieu 15, 28 « Jésus lui dit alors : “Ô femme, ta foi est grande ; qu’il vous soit fait comme vous le souhaitez.” » Et sa fille fut guérie aussitôt. La foi est-elle quelque chose de naturel ? La foi manifestée lors des guérisons opérées par Jésus provenait-elle des personnes guéries, ou est-ce Dieu qui, par le Saint-Esprit, leur a accordé la foi nécessaire à la guérison afin que Dieu soit glorifié ? Dans Éphésiens 2, 8 : « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu », j’interprète ce passage comme signifiant que la foi est le don de Dieu.

R : Vous posez une question profonde. Pour répondre brièvement, il n’existe qu’une seule foi : la foi en Dieu. Mais cette foi peut s’exprimer par la guérison physique et par une vie sainte, et elle peut également être entravée ou enlevée.

Pour une réponse plus détaillée, examinons d’abord la foi en général, puis ses différents aspects. Si la foi implique une adhésion intellectuelle, Jacques 2:19 montre qu’elle va bien au-delà : c’est faire confiance. Il existe une histoire célèbre selon laquelle, au XIXe siècle, un célèbre funambule nommé Charles Blondin traversait les chutes du Niagara sur une corde raide en poussant une brouette. Quelqu’un lui a dit qu’il avait foi en sa capacité à y parvenir. Il a répondu que si cette personne y croyait vraiment, elle n’avait qu’à monter dans la brouette. La foi ne consiste pas simplement à dire « je crois », mais à être prêt à monter dans la brouette. Faisons-nous confiance à Dieu au point d’être prêts à passer pour des fous si Dieu ne tenait pas sa promesse ? La foi est une qualité louable, et le chapitre 11 de l’épître aux Hébreux donne de nombreux exemples non seulement de croyance intellectuelle, mais aussi de vie fondée sur la foi.
La foi doit avoir le bon objet ; croire sincèrement en une idole ne vous mènera nulle part, ou du moins nulle part où cela soit bon. Si une personne croit et pratique beaucoup de bonnes choses, mais qu’elle ne croit pas que Jésus est mort pour nos péchés et qu’il est ressuscité des morts, sa foi est vaine selon 1 Corinthiens 15, 1-8. Ils n’ont pas été guéris en ayant foi en la guérison, en eux-mêmes, en un saint quelconque, ni même en la foi elle-même ; ils ont été guéris en ayant foi en Jésus. Il est intéressant de noter que juste avant ce passage, dans Matthieu 9, 1-8, Jésus a guéri un paralytique, et il n’est fait aucune mention de sa foi, ni d’ailleurs de quoi que ce soit le concernant. On peut facilement en déduire que ses amis avaient suffisamment de foi pour se donner la peine de le porter jusqu’à Jésus ; et bien qu’il ait pu avoir la foi, cela n’est pas mentionné. Ainsi, même si nous ne pouvons avoir une foi salvatrice que pour nous-mêmes, notre foi peut être un outil efficace que Dieu utilise dans la vie des autres. D’un autre côté, Jésus a choisi de ne pas accomplir beaucoup de miracles à Nazareth en raison de leur manque de foi, comme le rapporte Matthieu 13, 57-58.
Malheureusement, notre foi peut être partielle et incomplète en termes de durée, de sincérité et de portée.

Une foi qui ne dure qu’un temps : Judas Iscariote a cru en Jésus au point de quitter son ancienne vie pour le suivre, du moins pendant un certain temps. Pourtant, avant même de trahir Jésus, Judas volait dans la bourse commune, comme le rapporte Jean 12, 6. Judas sortait même avec les onze autres disciples pour prêcher dans la campagne, comme le rapporte Matthieu 10, 4-16 ; mais bien que la foi de nombreuses personnes eût pu être renforcée en voyant ces grands miracles, il n’avait pas (ou peut-être faudrait-il plutôt dire ne voulait pas avoir) la foi que Dieu pourvoirait à ses besoins financiers et qu’il n’avait pas besoin de voler Jésus et les disciples. Ainsi, bien qu’il ait eu la foi pendant un certain temps, et bien que je croie que ceux qui sont véritablement sauvés ne peuvent jamais être « désélectionnés », je crois également aux avertissements de la Bible selon lesquels certains, qui ont été éclairés et ont goûté (mais il n’est pas dit « avalé ») au don céleste, peuvent retomber dans la destruction éternelle (Hébreux 6, 4-6).

Manque de sincérité et foi : Certaines personnes, à l’image de la graine semée en terrain peu profond, ont la foi pendant un certain temps, mais finissent par s’égarer. Elles peuvent être honnêtes et avouer qu’elles n’ont plus la foi, ou bien être malhonnêtes et prétendre avoir la foi tout en se montrant hypocrites. Une personne peut avoir une foi sincère mêlée d’hypocrisie, tout en étant honnête à ce sujet. Lorsque Jésus a demandé au père d’un garçon possédé par un démon s’il croyait, celui-ci a répondu : « Je crois ; venez au secours de mon incrédulité ! » (Marc 9, 24). D’autres n’ont pas de foi sincère, mais seulement une foi hypocrite, comme Simon le magicien dans les Actes 8, 18-22.

Portée de la foi : Certaines personnes peuvent croire en Dieu pour les grandes choses, lorsqu’il n’y a pas d’autre choix, mais ne pas croire en Dieu pour les petites choses. Certains, comme Gédéon, peuvent avoir une foi immense en Dieu pour les sauver au combat avec seulement quelques soldats, mais ne pas croire ensuite que la voie de Dieu est la meilleure, préférant gagner de l’argent grâce à une idole, comme Gédéon l’a fait de manière honteuse dans Juges 8, 24-27. Samson était similaire.
Je ne crois pas qu’il existe deux sortes de foi, une foi salvatrice et une foi qui guérit ; il n’y a qu’une seule foi (Éphésiens 4, 5). Mais cette croyance d’une personne, qui répond à la parole de Dieu, telle une graine dans Matthieu 13, 12-23, peut grandir (beaucoup ou un peu), se multiplier chez d’autres, mais elle peut aussi se flétrir et mourir, et la personne s’éloigner de la foi (Matthieu 13, 20-21). À titre d’avertissement pour nous, examinons quatre exemples de foi qui a péri :

Jésus a enseigné dans Matthieu 7, 21-23 qu’il y aura des gens qui prêcheront l’Évangile (vraisemblablement le véritable Évangile), et qui accompliront même des miracles au nom de Jésus, ce qui, j’en suis sûr, nécessite une grande foi. Pourtant, à la fin, ces personnes iront en enfer parce qu’elles étaient des malfaiteurs. Il est significatif que Jésus n’ait pas dit : « Je vous ai oubliés », « Je vous ai perdus » ou « Vous avez perdu votre salut ». Au contraire, Jésus a dit à ces malfaiteurs dotés d’une grande foi : « Je ne vous ai jamais connus. »

Une personne vouée à l’enfer peut-elle être aidée par la foi ? Oui, au moins pendant un court moment. 2 Pierre 2, 20-22 dit : « S’ils ont en effet échappé à la corruption du monde grâce à la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, pour ensuite s’y laisser à nouveau prendre et vaincre, leur condition finale est pire qu’elle ne l’était au départ. Il aurait mieux valu pour eux ne pas avoir connu la voie de la justice plutôt que de l’avoir connue et de s’être ensuite détournés du saint commandement qui leur avait été transmis. À leur sujet, les proverbes sont vrais : « Un chien revient à son vomi », et « Une truie lavée retourne se vautrer dans la boue. » (BSB) Cette personne n’a jamais été sauvée ; elle a toujours été un chien ou une truie. Pourtant, cette personne « connaissait », dans un certain sens, notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Sa connaissance suffisait même à la faire passer d’une vie de péché à une vie pieuse, mais seulement pour un temps.

Beaucoup de gens reçoivent l’aide de Jésus, tout comme les neuf lépreux de Luc 17, 11-19. Jésus a guéri dix lépreux, et pourtant un seul, un Samaritain, est revenu remercier Jésus. « “Les dix n’ont-ils pas tous été purifiés ?” demanda Jésus. “Où sont donc les neuf autres ? N’y a-t-il personne, à part cet étranger, qui soit revenu pour rendre gloire à Dieu ?” Puis Jésus lui dit : “Lève-toi et va ; ta foi t’a sauvé !” » (BSB) Les neuf autres ont véritablement été aidés physiquement, et rien n’indique que leur guérison physique leur ait été retirée. Mais la guérison physique était tout ce qu’ils avaient reçu ; seul le Samaritain est venu vers le Christ et a loué Dieu. Si j’avais un problème physique et que je devais choisir entre une foi qui guérit et une foi qui sauve, je préférerais la foi qui sauve et qui guérit spirituellement plutôt que celle qui se contente de guérir physiquement. Dieu donne une foi capable de faire les deux, mais veillez à mettre l’accent sur le Donateur, et non simplement sur le don.

Notre foi doit être solide, comme l’enseigne Jacques 1:12 ; elle doit être capable de persévérer même dans des conditions difficiles ; pourtant, la foi de certains ne dure qu’un temps, puis s’éteint. Je pense que toute la différence réside dans le fait que cette foi soit entretenue par le Jardinier (Jean 15:1b) et qu’elle soit ou non reliée à la Vigne (Jean 15:1-8). Avoir la foi, même une grande foi, ne durera pas si elle n’est pas constamment entretenue par Dieu. Ainsi, bien que la foi soit importante, il est plus important encore de se rapprocher de Dieu. « Et maintenant, ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance et l’amour ; mais la plus grande d’entre elles, c’est l’amour. » (1 Corinthiens 13:13 BSB)

Mais quel est le rôle de la foi salvatrice ?

Le salut est un don de Dieu ; il ne vient pas de nous et nous ne sommes pas sauvés par notre foi. Nous sommes plutôt sauvés par la grâce de Dieu, par notre foi, et non par nos œuvres, comme le dit Éphésiens 2, 8-9. Ces deux versets, courts mais complexes, enseignent trois choses :

C’est par la grâce. Nous ne pouvons pas « mériter » notre salut, sinon ce ne serait pas de la grâce.

C’est par la foi. La foi joue un rôle différent de celui de la grâce. La foi est notre réponse à l’initiative de Dieu.

Ce n’est pas par les œuvres. Les œuvres n’ont pas le même rôle que la grâce ; elles ne contribuent en rien à mériter notre salut.

Les œuvres ont un rôle différent de celui de la foi ; nous ne sommes pas sauvés par les œuvres, mais par la foi.

On pourrait donc se demander si les œuvres ont un quelconque rapport avec le salut. Paul anticipe cette question et y répond dans Éphésiens 2, 10. Les œuvres ont bel et bien un rôle dans le salut, mais pas celui que certaines personnes et de nombreux catholiques enseignent. Les œuvres sont le fruit de notre salut, et non sa cause. Nous ne sommes pas sauvés en servant, mais sauvés pour servir. Si ces deux aspects ne vont pas de pair chez un croyant, on peut se demander si cette personne est réellement croyante, comme le fait Jacques 2, 14-25, mais ils ont des rôles différents.

Or, puisqu’il est erroné d’affirmer que les œuvres jouent le même rôle que la foi dans notre salut, comme le prétendent certains catholiques, il est également erroné de dire que la foi joue le même rôle que les œuvres dans notre salut, comme l’enseignent certains calvinistes. Hébreux 4:2 déclare : « Car nous avons reçu la bonne nouvelle tout comme eux ; mais le message qu’ils ont entendu ne leur a servi à rien, puisqu’ils n’ont pas partagé la foi de ceux qui l’ont compris. » (BSB)

Quant à savoir si cette foi durable est un don de Dieu ou relève de notre responsabilité, elle est les deux à la fois. Dieu nous donne la foi en tant que don, et nous pouvons et devons demander la foi. Pourtant, nous avons la responsabilité de croire et celle de courir avec persévérance (Hébreux 12:1). Nous avons la responsabilité de nous examiner nous-mêmes ainsi que nos enseignants (2 Corinthiens 13:5-6). Nous pouvons toutefois compter sur Dieu pour sceller tous ceux qui sont sauvés par son Saint-Esprit, « qui est le gage de notre héritage jusqu’à la rédemption de ceux qui appartiennent à Dieu… » (Éphésiens 1:14 BSB). Pour plus d’informations, consultez www.BibleQuery.org dans le menu de gauche, sous « Doctrine », puis sous « Prédestination ».

Q : Dans Mc 5, 35 et Lc 8, 49, Jaïre a-t-il reçu une nouvelle information lui indiquant que sa fille était morte ?

R : Bien que les deux interprétations soient possibles, la première est probablement la plus juste.

a) Il se pourrait que Jaïre sût que sa fille était sur le point de mourir lorsqu’il est parti voir Jésus, et qu’à son retour, on lui ait annoncé que sa fille venait de décéder.

b) Plus probablement, Jaïre savait peut-être déjà que sa fille était morte, ou pratiquement morte, lorsqu’il est parti voir Jésus, et alors qu’il revenait, on lui a dit en substance : « Ne dérangez plus Jésus, vous saviez déjà que votre fille était morte. »

Quoi qu’il en soit, le message adressé à Jaïre était le suivant : « Ne dérangez pas Jésus, car même Lui ne peut rien y faire. » J’espère que nous n’adopterons jamais cette attitude, tout comme Jaïre a choisi d’avoir la foi et de rejeter cette attitude.

Q : Dans Mt 10, 2-5 ; Mc 3, 16-18 ; Lc 6, 13-16 ; Jn 1, 45-47 ; 21, 2 et Ac 1, 13, la liste des douze disciples est-elle différente, comme le suggère le Guide de la Bible d’Asimov, p. 998 ?

R : Non. Bien que l’ordre soit quelque peu différent, les listes sont identiques à condition de tenir compte de ce qui suit.

Simon Barjona est le même que Pierre. Barjona signifie « bar » (fils de) Jona. Simon est un prénom hébreu, et Pierre est un prénom grec.

Matthieu le collecteur d’impôts = Lévi, fils d’Alphée, le collecteur d’impôts, dans Marc 2, 13-17. Lévi est un prénom hébreu. Matthieu est également un prénom hébreu, une forme abrégée de Matthias. Peut-être souhaitait-il, en tant que collecteur d’impôts, utiliser un pseudonyme.

Jacques, fils d’Alphée, est le même que Jacques le Jeune dans Marc 15, 40. La Concordance de Strong indique que Jacques est une forme hellénisée du prénom hébreu Jacob.

Barthélemy (dans toutes les listes) est le même que Nathanaël dans Jean 1, 45-47 ; 21, 2. Le nom araméen Barthélemy n’était peut-être pas son prénom, mais son nom de famille, puisqu’il signifie « Bar » (fils de) Talmai/Tolmai/Talmar. Nathanaël est également un nom araméen, signifiant « don de Dieu ».

Thaddée correspond à Judas, fils de Jacques, dans Luc 6, 16 et Actes 1, 13, de la même manière que Pierre et Simon désignent la même personne. Peut-être qu’après la crucifixion, Thaddée n’a pas voulu être appelé Judas, en raison d’une confusion potentielle avec Judas Iscariote. Judas est un prénom hébreu. Certains manuscrits grecs mentionnent Thaddée, d’autres « Lebbaeus », et d’autres encore « Lebbaeus, dit Thaddée » ; « Lebbaeus » est la forme grecque de « Lévi ».

Judas Iscariote est absent d’Actes 1, 13 pour des raisons évidentes.

Quant aux autres, André, Jacques fils de Zébédée, Jean, Philippe, Thomas et Simon le Zélote, un seul nom nous est donné.

On pourrait raisonnablement penser que Nathanaël, mentionné dans Jean 1, 43-45 et 21, 2, n’était pas la même personne que Barthélemy. Ce point de vue n’impliquerait pas une erreur dans la Bible, mais simplement que Nathanaël était un disciple sans pour autant faire partie des douze apôtres.

Q : Dans Matthieu 10, 9-10, pourquoi les disciples ne devaient-ils pas se procurer de bâton, et dans Luc 9, 3, pourquoi ne devaient-ils pas emporter de bâton, alors qu’ils devaient emporter uniquement un bâton dans Marc 6, 8-9 ?

R : Les chrétiens donnent trois réponses différentes, mais la troisième est la plus probable.

Plusieurs allers-retours : Ils auraient pu faire plusieurs allers-retours. Cependant, la seule raison d’évoquer plusieurs allers-retours est de concilier le fait d’emporter un bâton avec celui de ne pas en emporter.

Des mots grecs différents : le terme « acquérir » dans Matthieu est différent de « posséder » dans Marc. Ils auraient pu emporter le bâton qu’ils possédaient déjà, mais sans en emporter un de rechange, ni quoi que ce soit d’autre d’ailleurs. Le mot grec signifiant « prendre/acquérir » dans Matthieu 10, 9 peut signifier « acquérir » au sens de « ne pas acheter ni accumuler ces choses ». Le mot grec dans Marc 6, 8 signifie « posséder ». La difficulté avec cette interprétation réside dans le fait que le mot grec dans Luc 9, 3 n’est qu’une conjugaison différente du même mot grec que celui de Marc 6, 8.

Erreur de copiste : il se peut que les copies de Marc dont nous disposons aient substitué « seulement » à « pas ». Bien que toutes les copies dont nous disposons indiquent « pas », en grec, la différence entre « seulement » et « pas » réside dans l’ajout du mot grec de deux lettres « ei ». L’ouvrage *Hard Sayings of the Bible*, p. 422-424, mentionne une erreur de copiste d’un autre type : alors que Matthieu connaissait généralement très bien Marc, il a suivi Luc sur ce point. Ainsi, en d’autres termes, « seulement/sauf un bâton » chez Marc devrait probablement être « pas de bâton », comme chez Matthieu et Luc.

Q : Dans Mt 10, 9-10, les disciples ne devaient-ils pas se procurer de chaussures/sandales, ou devaient-ils emporter des sandales comme le dit Mc 6, 8-9 ?

R : Le mot grec utilisé dans Matthieu peut signifier « chaussures », tandis que celui utilisé dans Marc ne peut pas désigner des chaussures. La traduction littérale de Green rend le mot de Marc 6, 9 par « sandales à lacets ». Luc 9, 3 ne fait aucune mention de chaussures ou de sandales.

En conclusion, ils pouvaient probablement emporter des sandales, mais pas de chaussures, qui auraient pourtant été plus adaptées aux longs voyages. Cela concorde avec le fait qu’ils ne devaient pas non plus emporter de bâtons.

Q : Dans Matthieu 10:22 ; 24:13 et Marc 13:13, qu’est-ce exactement que le fait de persévérer « jusqu’à la fin » dont parlait Jésus ?

R : Il s’agit de la fin de la grande tribulation.

Q : Dans Mc 1, 15, « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche », le verbe grec eggizo est employé au passé, ce qui indique que le royaume de Dieu s’est approché mais n’a pas encore triomphé. Or, en Matthieu 11, 4-5, Jésus révèle que le Royaume est présent dans le temps et lié à sa personne, car Matthieu n’a utilisé ni l’expression « royaume de Dieu », ni le verbe eggizo. Pourquoi existe-t-il cette divergence entre les deux évangiles quant au concept du Royaume ?

R : Trois points sont à prendre en compte dans la réponse.

1) Dans Marc 1, 15, au début de son ministère, avant que Jésus n’annonce qui il était, il a dit que le temps était accompli (au passé), car le Royaume de Dieu est [désormais] proche. C’est le temps qui est accompli, et non le Royaume de Dieu.

2) Matthieu 11, 4-5 ne parle pas du tout du Royaume de Dieu, et encore moins de savoir s’il s’agit du passé ou du présent. Jésus a plutôt parlé de la bonne nouvelle prêchée aux pauvres.

3) Pour nous, le Royaume de Dieu est proche, car il est en nous. Cependant, la pleine réalisation du Royaume de Dieu n’aura lieu qu’à l’avenir.

Q : Dans Mt 11, 14 et Jn 1, 21, en quoi Jean est-il l’Élie qui doit venir ?

R : Quatre points sont à prendre en compte dans la réponse.

1. Élie lui-même est apparu lors de la Transfiguration, et Élie apparaîtra probablement littéralement avant la seconde venue de Jésus, mais Jean-Baptiste est une personne différente d’Élie.

2. Jean a rempli le rôle d’Élie mentionné dans Malachie 4, 5, pour la première venue du Christ, mais Élie lui-même apparaîtra lors de la seconde venue du Christ.

3. Comme le fait remarquer Arndt dans *Bible Difficulties and Seeming Contradictions* (p. 127), Jésus n’a pas dit que Jean était l’ancien Élie revenu. Il a plutôt déclaré que Jean était l’Élie qui devait venir.

4. Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.), dans son *Dialogue avec Tryphon le Juif*, au chapitre 49, souligne que l’expression selon laquelle une personne « possède l’esprit d’une autre » est utilisée ailleurs dans la Bible, notamment lorsque Dieu a retiré l’esprit qui reposait sur Moïse pour le transmettre à Josué, et lorsque Élisée a reçu une double portion de l’esprit d’Élie. Personne n’interpréterait ces deux exemples comme une réincarnation ou comme le fait qu’il s’agisse de la même personne, car dans ces deux cas, l’aîné et le plus jeune vivaient à la même époque.

Q : Les passages de Matthieu 11, 14 et Jean 1, 21 viennent-ils étayer la réincarnation d’Élie ?

R : Non. L’erreur de la réincarnation enseigne qu’une personne meurt, quitte définitivement son ancien corps et revient dans un nouveau corps. Élie n’est jamais mort, et c’est lui (et non Jean-Baptiste) qui est apparu à Jésus lors de la Transfiguration. Élie reviendra dans son propre corps à la fin des temps. Tertullien (198-220 apr. J.-C.) répond bien à cette question dans son *Traité sur l’âme*, chapitre 35, pages 217-218. Il ajoute que « l’esprit et la puissance » ont été accordés comme des dons extérieurs par la grâce de Dieu.

Q : Dans les Évangiles, qu’entend-on par « harmonie » concernant la période intermédiaire du ministère de Jésus ?

R : La période intermédiaire, composée de 24 événements, comprend les deux multiplications de pains et s’étend du moment où Jean-Baptiste fut mis à mort et où Jésus quitta la Galilée jusqu’à son passage à Césarée de Philippe. Les chiffres renvoient à des événements qui doivent suivre ceux précédés par ces mêmes chiffres. Les lettres telles que a, b, c renvoient à des événements pouvant se produire dans n’importe quel ordre. Les mots en gras indiquent des repères de temps, d’ordre et de lieu. Les versets soulignés indiquent des passages qui ne sont probablement pas classés par ordre chronologique.

Ministère intermédiaire : Mt 14, 13-16, 28 ; Mc 6, 30-9, 1 ; Lc 9, 11-27 ; Jn 6, 1-7, 9

M1. Quittant la Galilée, Jésus et les disciples se retirent à Bethsaïda. Lc 9, 10

M2a. Les foules retrouvent Jésus. Lc 9, 11

M2b. Sur la rive opposée à Capharnaüm, Jésus prêche aux foules et guérit. Mt 14, 13-14 ; Jn 6, 1-4

M3. Sur l’herbe (et non à Gennesaret), premier repas multiplié par Jésus : 5 000 hommes, sans compter les femmes et les enfants, avec 5 pains et 2 poissons. Il s’agissait de Juifs qui avaient passé la journée avec Jésus. Il resta 12 paniers de restes. Mt 14, 15-21 ; Mc 6, 30-44 ; Lc 9, 12-17 ; Jn 6, 1-14

M4. En route vers Génésareth, pendant la quatrième veille de la nuit, Jésus et Pierre marchent sur l’eau. Mt 14, 22-36 ; Mc 6, 45-52

M5a. À Gennesaret, Jésus guérit des hommes. Mt 14, 34-36 ; Mc 6, 53-56

M5b. Jésus se retire sur une montagne. Jn 6, 15

M6a1. En route vers Capharnaüm, après avoir ramé sur une distance de 3 ou 3,5 miles (4,8 ou 5,6 kilomètres), les disciples voient Jésus marcher sur l’eau. Jn 6, 16-24a

M6a2. Aussitôt, la barque arrive. Jn 6, 24b

M6a3. Sur le lac près de Capharnaüm, Jésus est le pain de vie. Jn 6, 25-71

M6a4. Jusqu’à la fête des Tabernacles, Jésus reste en Galilée. Jn 7, 1-9

M6b. Les pharisiens critiquent les disciples de Jésus ; ce qui est pur et ce qui est impur. Mt 15, 1-20 ; Mc 7, 1-23

M7. À Tyr et à Sidon, Jésus guérit la fille d’une femme. Mt 15, 21-28 ; Mc 7, 24-30

M8. Dans la Décapole, Jésus guérit l’homme sourd et muet. Mc 7, 31-37

M9. En Galilée, Jésus guérit et enseigne les foules. Mt 15, 29-31 ; Mc 8, 1

M10. Sur les rives de la mer de Galilée, Jésus nourrit pour la deuxième fois une autre grande foule : 4 000 hommes, sans compter les femmes et les enfants, avec sept pains et quelques petits poissons. Il s’agissait de païens qui avaient accompagné Jésus pendant trois jours. Il resta sept paniers de restes. Mt 15, 32-38 ; Mc 8, 2-9

M11. Jésus monte dans la barque pour se rendre à Magadan/Dalmanutha. Mt 15, 39 ; Mc 8, 10

M12a. Les pharisiens réclament pour la deuxième fois un signe venu du ciel. Mt 16, 1-4 ; Mc 8, 11-13

M12b. Jésus parle du levain et des deux repas. Mt 16, 5-12 ; Mc 8, 14-21

M12c. À Bethsaïda, Jésus guérit un aveugle. Mc 8, 22-26

M12d. Près de Césarée de Philippe (où se trouvait un grand rocher), Pierre confesse que Jésus est le Christ. Mt 16, 13-20 ; Mc 8, 27-30 ; Lc 9, 18-20

M13. Jésus annonce sa mort. Mt 16, 21-22 ; Mc 8, 31 ; Lc 9, 21-22

M14. Jésus dit à Pierre : « Arrière, Satan ! ». Mt 16, 23 ; Mc 8, 32-33

M15. Le prix à payer pour suivre Jésus. Mt 16, 24-28 ; Mc 8, 34-9, 1 ; Lc 9, 23-27

Q : Dans les Évangiles, quelles ont été les hypothèses clés retenues pour harmoniser la période centrale du ministère de Jésus ?

R : Voici les hypothèses sur lesquelles je me suis appuyé pour établir cette chronologie des événements.

a) Les Évangiles sont présentés dans l’ordre chronologique pour la période intermédiaire du ministère de Jésus. Bien que certains éléments puissent ne pas être dans l’ordre, il n’y a aucune raison de le soupçonner.

b) Certains passages de Luc, que j’ai placés dans la fin du ministère de Jésus, pourraient également s’inscrire dans cette section.

Q : Dans Matthieu 12, 30, Bart Ehrman pose la question suivante : « Certaines paroles de Jésus sont rapportées de manière similaire, mais néanmoins divergente. L’un de mes exemples préférés de ce phénomène est la paire de paroles rapportées dans Matthieu 12, 30 et Marc 9, 40. Dans Matthieu, Jésus déclare : « Quiconque n’est pas avec moi est contre moi. » Dans Marc, il dit : « Quiconque n’est pas contre nous est pour nous. » A-t-il dit ces deux choses ? Pouvait-il vouloir dire les deux ? Comment les deux peuvent-elles être vraies en même temps ? Ou est-il possible que l’un des évangélistes ait inversé l’ordre des choses ? » *Jesus, Interrupted*, p. 41

R : Très franchement, je ne comprends absolument pas comment Ehrman a pu y voir une contradiction. Dans Matthieu 12, 22-37 (qui correspond à Marc 3, 20-29), cela se produit lorsqu’on amène à Jésus un homme possédé par un démon. Bien plus tard, lors d’une occasion totalement différente, dans Marc 9, 38-41, on rapporte à Jésus qu’une autre personne chasse des démons. Il est donc tout à fait naturel que Jésus puisse tenir des propos différents selon les jours. Peut-être Ehrman a-t-il, d’une manière ou d’une autre, jugé contradictoire que quelqu’un qui s’opposait à Jésus puisse également s’opposer à ses disciples, ou inversement. Mais Jésus a prédit, en Jean 16, verset 3, que ses disciples seraient persécutés et mis à mort parce que les persécuteurs ne connaissent ni le Père ni Jésus. Jésus a déclaré en Jean 15, 18-21 : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï le premier. Si vous étiez du monde, le monde vous aimerait comme s’il vous appartenait. Mais le monde vous hait, parce que vous n’êtes pas du monde, mais que je vous ai choisis hors du monde. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : “Aucun serviteur n’est plus grand que son maître.” S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. Mais c’est à cause de mon nom qu’ils vous traiteront ainsi. » Jésus s’est étroitement identifié à ses disciples dans Matthieu 25, 34-46, dans la parabole des brebis et des boucs. Dans Jean 15, 1-8, Jésus dit que nous sommes en lui comme les sarments sont unis à la vigne.

Q : Dans Marc 9, 40, comment les expressions « quiconque n’est pas contre nous est pour nous » et « Ne l’en empêchez pas » de Luc 9, 50 se comparent-elles à Luc 11, 23 : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi » ?

R : Il y a deux réponses différentes.

Erreur de copiste : l’ouvrage *Hard Sayings of the Bible*, p. 466-467, indique que pratiquement tous les manuscrits grecs antérieurs au VIIIe siècle, concernant Luc 11, 23, lisent « contre vous… pour vous » au lieu de « contre nous… pour nous ». L’ouvrage *When Critics Ask*, p. 390, souligne également ce point, en précisant que la version KJV est erronée à cet endroit, car elle s’est simplement appuyée sur des manuscrits plus tardifs. Quoi qu’il en soit, il n’y a aucune raison pour que ces déclarations soient identiques, puisqu’elles ont été prononcées à des moments différents.

Des types de personnes différents : la personne mentionnée dans Marc 9, 40 et Luc 9, 50 n’essayait pas simplement de chasser des démons, mais y parvenait effectivement au nom de Jésus. En revanche, à un autre moment, dans Luc 11, 23, Jésus réprimande des personnes qui affirmaient qu’il chassait les démons par Béelzéboul.

Quoi qu’il en soit, l’homme qui chassait les démons au nom de Jésus était avec Jésus, car il croyait en Jésus, même s’il se trouvait dans un lieu différent. Aujourd’hui, on peut facilement penser qu’une personne est différente parce qu’elle se trouve dans un autre lieu, dans une autre Église chrétienne ou dans une autre culture, et qu’elle agit différemment. Cependant, s’il s’agit de véritables frères et sœurs dans le Seigneur, alors ils sont avec Jésus. N’oubliez pas non plus que les personnes issues de notre propre culture, peut-être même de notre propre Église, qui renient les fondements du christianisme sont contre Jésus, quelles que soient les affinités culturelles que nous puissions avoir à leur égard.

Q : Dans Mt 14, 15-21 ; Mc 6, 30-44 ; Luc 9, 12-17 ; Jean 6, 1-14, Jésus a-t-il nourri 5 000 personnes, ou 4 000 comme l’indiquent Matthieu 15, 32-38 et Marc 8, 2-9 ? S’agit-il d’un récit allégorique, ce qui expliquerait pourquoi il l’a répété ? Ou bien cet événement s’est-il produit deux fois dans la réalité, avec des détails différents ?

R : Il ne s’agit pas de la même histoire, et les deux sont littéralement vraies.

Les 5 000 hommes, auxquels s’ajoutaient des femmes et des enfants (Matthieu 14, 21 ; Marc 6, 34-44 ; Luc 9, 12-17), étaient des Juifs (Jean 6, 14-15) qui avaient passé une journée avec Jésus (Jean 6, 35) et s’étaient assis sur l’herbe, sur la rive ouest (juive) de la mer de Galilée. Cinq pains et deux poissons ont été utilisés (Matthieu 14, 17 ; Marc 8, 19). Les restes ont rempli douze paniers (Matthieu 14, 20). Le repas des 5 000 est le seul miracle rapporté dans les quatre Évangiles.

Les 4 000 hommes, auxquels s’ajoutaient des femmes et des enfants (Matthieu 15, 38), étaient probablement des païens, qui avaient passé trois jours avec Jésus (Marc 8, 2) et s’étaient assis sur la terre ferme, du côté est (non juif) de la mer de Galilée. Sept pains et quelques petits poissons furent utilisés (Marc 8, 5, 7). Les restes ont rempli sept paniers (Marc 8, 8).

Ces deux épisodes sont mentionnés dans Matthieu 16, 7-11, ainsi que dans Marc 6, 52. Jésus est disposé et capable de prendre soin des Juifs, et Jésus est disposé et capable de prendre soin des païens.

Que l’on se concentre sur Jésus nourrissant 5 000 Juifs dans Jean 6, 14-35, ou que l’on considère Jésus nourrissant 4 000 païens probables, ou les deux comme l’enseignent Matthieu 15, 38 ; 16, 7-11 et Marc 6, 52 ; 8, 2-8, il vous appartient de décider si vous choisissez ou non de croire que le Jésus des Évangiles vous nourrira, vous aussi, pour l’éternité.

Q : Dans Mt 14, 15-21 ; Mc 6, 30-44 ; Lc 9, 12-17 et Jn 6, 1-14, n’y avait-il que des hommes présents lors du miracle de la multiplication des 5 000 poissons et pains mentionné en Mc 6, 44 et Jn 6, 10 ?

R : Non, il n’y avait pas que des hommes. Le mot grec andres (andros au singulier) est le même dans Mc 6, 44 ; Lc 9, 14 et Mt 14, 21 et signifie essentiellement « homme ». Mais Matthieu 14, 19-21 précise qu’il y avait environ 5 000 hommes, sans compter les femmes et les enfants.

Ainsi, dans cette foule mixte, deux possibilités se présentent :

a) Il y avait à peu près autant d’hommes que de femmes, et ils étaient assis par familles.

b) Il y avait beaucoup plus d’hommes que de femmes et d’enfants. Il se peut donc que la plupart des femmes soient restées chez elles.

Q : Les quatre Évangiles racontent l’histoire de Jésus nourrissant la foule, avec les mêmes détails : (5 pains, 2 poissons, 5 000 personnes qui ont mangé, 12 paniers restants). (Mt 14, 15- ) ; (Mc 6, 38- ) ; (Lc 9, 12- ) ; (Jn 6, 3-). La question est la suivante : dans quelle mesure cet épisode est-il important pour que les quatre Évangiles le rapportent avec les mêmes détails ? Quelles vérités théologiques contient-il, et quelle est sa signification ?

R : Cet événement s’est réellement produit, même s’il comportait également un symbolisme spirituel délibéré. Tout comme Jésus a pu accomplir un miracle et nourrir physiquement 5 000 hommes juifs, sans compter les femmes et les enfants, vous pouvez faire confiance à Jésus pour vous nourrir spirituellement également.

Q : Dans Luc 9, 52-53, les Samaritains ont-ils rejeté le Christ et refusé de l’accueillir, ou bien une grande multitude de Samaritains a-t-elle accueilli le Christ dans Jean 4, 39-40 ?

R : Les deux affirmations sont vraies, de trois manières différentes.

a) Ces deux événements se sont produits à des moments différents du ministère de Jésus. L’accueil a eu lieu au début de son ministère, tandis que le rejet s’est produit vers la fin de celui-ci, alors qu’ils savaient que Jésus était en route pour Jérusalem.

b) Ces événements se sont déroulés en des lieux différents ; lorsqu’un groupe de personnes, par exemple un groupe d’Africains, accepte quelque chose, cela ne signifie pas pour autant que tous les Africains, où qu’ils se trouvent, doivent accepter la même chose de la même manière.

c) Cependant, même parmi les Juifs, certains ont suivi Jésus pendant un certain temps avant de se détourner de lui. Jean 6, 66 indique que certains disciples de Jésus ont fait demi-tour et ont cessé de le suivre. Parmi eux se trouvaient peut-être aussi bien des Samaritains que des Juifs.

Voir *When Critics Ask*, p. 390, pour une réponse complémentaire.

Q : Dans Luc 9, 52-53, qu’avaient les Samaritains contre les Juifs ?

R : Ils avaient, avec les Juifs, des divergences d’ordre historique, théologique, religieux, militaire et politique.

Historiquement, les Samaritains constituaient la région de la capitale du royaume du Nord. Après l’époque de Salomon, ils abandonnèrent le véritable culte de Dieu et adorèrent deux veaux d’or. Pendant l’exil, ils formaient un mélange de personnes restées sur le territoire et de colons non israélites amenés par les Assyriens.

Néhémie refusa de leur permettre de participer à la construction de la ville de Jérusalem, et ils s’opposèrent à sa reconstruction. Le livre apocryphe de l’Ecclésiastique 50, 25-26 désigne les Samaritains, les Iduméens [Édomites] et les Philistins comme les trois nations les plus détestées d’Israël.

Sur le plan théologique, les Samaritains de l’époque de Jésus ne reconnaissaient comme Écritures que les cinq premiers livres de l’Ancien Testament, et estimaient que la maison de Dieu devait être construite sur le mont Garizim (en Samarie), et non à Jérusalem.

Sur le plan religieux, le culte de Dieu au temple de Jérusalem devait être célébré par des prêtres descendants d’Aaron, assistés par des descendants de Lévi. Les Samaritains avaient leurs propres prêtres et serviteurs du temple.

Sur le plan militaire, lorsque les Séleucides tentèrent de contraindre les Juifs à sacrifier aux dieux grecs, les Samaritains aidèrent les Séleucides à persécuter ceux qui voulaient suivre Dieu et ne pas adorer d’idoles. Lorsque Jean Hyrcan Ier, un Maccabée, accéda au pouvoir, il incendia le temple samaritain du mont Garizim et détruisit la ville de Samarie en 127 avant notre ère.

Sur le plan politique, Hérode le Grand a réuni des fonds pour reconstruire le temple samaritain sur le mont Garizim. Cependant, lorsque les Samaritains ont appris qu’Hérode allait également reconstruire le temple de Jérusalem, ils ont refusé ces fonds.

Q : Dans Mt 16, 4 et Mc 8, 12, aucun signe ne serait-il donné au peuple, ou aucun signe ne serait-il donné, à l’exception du signe de Jonas mentionné dans Lc 11, 29-30 ?

R : Trois points sont à prendre en compte dans la réponse.

1. Bien que Jonas ait vécu un miracle, les habitants de Ninive ne l’ont pas vu. Jonas n’a donné aux habitants de Ninive aucun signe miraculeux leur enjoignant de se repentir ; ils n’avaient que Jonas et son message. Le seul « signe » dont ils disposaient n’était pas un miracle qu’ils pouvaient observer, mais un homme. Jonas, qui prêchait aux Ninivites, était tout ce qu’ils avaient à voir. On pourrait dire que le message de Jonas a été authentifié par le miracle consistant à avoir été avalé par un grand poisson et à en être ressorti vivant. Cependant, les Ninivites n’ont pu qu’entendre parler de ce miracle ; ils ne l’ont pas vu de leurs propres yeux.

2. Cela contraste avec l’Exode, où tous les Israélites ont pu voir la nuée miraculeuse le jour et la colonne de feu la nuit.

3. Jésus est venu « à la manière de Jonas », et non à celle de l’Exode. Jésus n’est pas venu dans la gloire céleste, et bien qu’Il ait accompli des miracles qui confirmaient Son message, la plupart des gens n’ont pas vu ces miracles, ils en ont seulement entendu parler.

Résumé : L’arrivée soudaine de Jésus sur la scène ressemblait à celle de Jonas à Ninive. Parfois, les gens ne veulent accepter quelque chose que si la preuve se présente sous la forme qu’ils préfèrent voir. Tant pour les auditeurs de Jonas que pour ceux de Jésus, il fallait écouter un message et ne pas fermer les yeux pour ne pas voir ce à quoi ils ne s’attendaient pas.

Q : Dans Mt 16, 4, Mc 8, 12 et Lc 11, 29-30, pourquoi aucun signe n’était-il donné au peuple, alors que Jésus accomplissait de nombreux miracles ?

R : Bien que tout le monde eût entendu parler des miracles accomplis par Jésus, la plupart des gens n’en avaient vu aucun. Les plus grands rassemblements lors des miracles – le repas des 5 000 sur l’herbe et celui des 4 000 sur la terre ferme – ne représentaient encore qu’une petite minorité de la population vivant en Palestine à l’époque.

À cette époque comme par la suite, les miracles servent à renforcer la foi, mais ils parviennent rarement, à eux seuls, à convertir une personne de l’incrédulité à la foi, surtout si cette personne ne souhaite pas croire. Rappelez-vous que certains pharisiens ont bel et bien vu la main de l’homme paralysé guérie sous leurs yeux, et pourtant, ils n’ont toujours pas voulu suivre Jésus.

Q : Dans Mt 16, 16 ; Mc 8, 29 et Lc 9, 20, quelles étaient les paroles exactes de Jésus ? Matthieu 16, 16 dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. ». Marc 8, 29 dit : « Tu es le Christ ». Luc 9, 20 dit : « Le Christ de Dieu ». Quelle était la formulation exacte de sa confession ? Et pourquoi cette variation dans la réponse de Pierre ?

R : Cela nous montre que les auteurs des Évangiles ont paraphrasé et n’ont pas rapporté chaque détail. Bien sûr, « Tu es le Christ de Dieu » n’est qu’une formulation plus détaillée de « Tu es le Christ ». C’est Matthieu qui donne le plus de détails. De plus, nous ne savons pas si ces paroles ont été prononcées en grec ou en araméen. Papias indique que Matthieu a initialement écrit dans « la langue des Hébreux » (l’araméen), tandis que les trois autres évangélistes ont écrit en grec. Ainsi, bien que nous connaissions le sens de ce que Pierre a déclaré, nous ne connaissons pas les mots exacts.

Q : Dans Luc 18,7, nos prières doivent-elles être incessantes (continues), ou Jésus s’opposait-il à ceux qui pensaient que leurs prières seraient exaucées en raison de leurs nombreuses paroles, comme indiqué dans Matthieu 6,7 ?

R : Les deux affirmations sont vraies. Dieu regarde la force de notre prière, et non sa longueur. Nous devons prier sans cesse (1 Thessaloniciens 5, 17), mais ne croyez pas que ce soient les paroles incessantes qui comptent, mais bien notre cœur. De même, à l’époque de Néhémie, ils devaient construire la muraille pour se défendre, mais ils ne devaient pas compter sur la muraille pour leur défense, mais sur Dieu.

Q : Dans les Évangiles, qu’entend-on par « harmonie » concernant le ministère ultérieur de Jésus ?

R : Il est important de faire la distinction entre ce qui est présenté comme un ordre et ce qui peut simplement être présenté dans un certain ordre. Pour ces 67 événements, les chiffres renvoient à des événements qui doivent suivre les chiffres précédents. Les lettres telles que a, b, c renvoient à des événements pouvant se produire dans n’importe quel ordre. Les mots en gras indiquent des repères de temps, d’ordre et de lieu. Si l’on considérait que les Évangiles suivaient tous un ordre chronologique pour cette partie du ministère de Jésus, on n’y verrait aucun problème.

Ministère ultérieur : Mt 17, 1-20, 34 ; Mc 9, 2-10, 52 ; Lc 9, 28-19, 28 ; Jn 7, 10-11, 57

L1. Environ huit jours (ou six jours) plus tard, Jésus emmena Pierre, Jacques et Jean sur le mont de la Transfiguration (probablement le mont Thabor). Mt 17, 1-8 ; Mc 9, 2-8 ; Lc 9, 28-35

L2. Ne le dites à personne avant la résurrection. Mt 17, 9 ; Mc 9, 9-10 ; Lc 9, 36

L3. Jésus parle d’Élie. Mt 17, 10-13 ; Mc 9, 11-13

L4. Le lendemain, Jésus guérit un garçon épileptique que les disciples n’avaient pas pu guérir. Mt 17, 14-21 ; Mc 9, 14-29 ; Lc 9, 37-45

L5. En Galilée, Jésus annonce à nouveau sa mort. Mt 17, 22-23 ; Mc 9, 30-32

L6a. À Capharnaüm (sur la rive nord du lac de Galilée), Jésus paie l’impôt du Temple avec des pièces trouvées dans la bouche d’un poisson. Mt 17, 24-27

L6b. À cette époque, les disciples se disputent pour savoir qui est le plus grand (cela a pu se produire à plusieurs reprises). Mt 18, 1-9 ; Mc 9, 33-37 ; Lc 9, 46-48

L6c. Jean et les disciples demandent à un autre de cesser de chasser les démons au nom de Jésus. Mc 9, 38-41 ; Lc 9, 49-50

L6d1. En route vers Jérusalem, les Samaritains n'accueilleront pas Jésus. Luc 9, 51-56

L6d2. Alors qu’il marchait sur la route, l’engagement d’un disciple : les renards, la mort, la famille. Lc 9, 57-62

L6d3. Jésus envoie les soixante-douze. Lc 10, 1-24

L7a1. À Jérusalem, lors de la fête des Tabernacles (5e jour du 7e mois), Jésus arrive. Jn 7, 10-52

L7a2. À Jérusalem, la femme surprise en adultère. Jn 8, 1-11

L7a3. Le témoignage de Jésus est valable. Jn 8, 12-59

L7b. Jésus guérit un aveugle, qui se rend chez les pharisiens. Jn 9, 1-41

L7c1. Jésus enseigne sur le berger. Jn 10, 1-21

L7c2. Lors de la fête de la Dédicace [en hiver], dans l’enceinte du Temple à Jérusalem, Jésus déclare : « Moi et le Père, nous sommes un ». Jn 10, 22-39

L7c3. Jésus se rend à l’endroit où Jean-Baptiste avait baptisé. Jn 10, 40-42

L7d1. La question du docteur de la loi : « Qui est mon prochain ? » Luc 10, 25-28

L7d2. La parabole du bon Samaritain. Luc 10, 29-37

L7d3. [Probablement à Béthanie en Judée], Marie, dévouée, et Marthe, travailleuse. Luc 10, 38-42

L7e. À Béthanie en Judée, Jésus ressuscite Lazare d’entre les morts. Jn 11, 1-44

L7f. Un jour, Jésus enseigna à ses disciples comment prier, en leur donnant le « Notre Père » (probablement pour la deuxième fois). Luc 11, 1-13

L7g1. Jésus chasse un démon qui rendait muet, accusé d’être de mèche avec Belzébuth. Luc 11, 14-26

L7g2. Une femme bénit la mère de Jésus ; Jésus la contredit. Luc 11, 27-28

L7h. Alors que la foule s’épaississait, Jésus dit qu’ils n’auraient pour seul signe que celui de Jonas. Luc 11, 29-32

L7i1. La lampe du corps. Luc 11, 33-36

L7i2. Chez le pharisien, il prononce six « malheurs ». Luc 11, 37-53

L7i3a1. Entre-temps, enseignement sur la révélation à la lumière. Luc 12, 1-7

L7i3a2. La profession de foi en Jésus devant les hommes et le blasphème contre le Saint-Esprit. Luc 12, 8-12

L7i3b. La parabole du riche insensé. Luc 12, 13-21

L7i3c. Parabole sur la nécessité de veiller au retour du maître. Luc 12, 35-48

L7i3d. Prophétie sur la division au sein des familles. Luc 12, 49-53

L7i3e. L’interprétation des temps. Luc 12, 54-59

L7i3f Jésus évoque les Galiléens tués lors de l’effondrement de la tour de Siloé. Luc 13, 1-9

L7j Un jour de sabbat, Jésus guérit une femme infirme. Lc 13, 10-17

L6k. Les paraboles du grain de moutarde et du levain. Luc 13, 18-21

L6l1. En parcourant les villes et les villages, les paraboles de la porte étroite et la tristesse pour Jérusalem. Luc 13, 22-30

L6l2. À cette époque, la tristesse de Jésus pour Jérusalem. Luc 13, 31-35

L6m. Un jour de sabbat, chez un pharisien éminent, Jésus guérit un homme atteint d’hydropisie et raconte la parabole du grand banquet. Luc 14, 1-24

L6n. Alors que de grandes foules accompagnaient Jésus, il parla pour la deuxième fois du prix à payer pour être disciple : les parents, les paraboles de la tour, du roi et du sel. Luc 14, 25-35

L6o. Enseignement sur les petits enfants. Mt 18, 10-11

L6p. Parabole de la brebis perdue. Mt 18, 12-14 ; Lc 15, 1-7

L6q1. Parabole de la pièce perdue. Luc 15, 8-10

L6q2. Jésus poursuivit en racontant la parabole du fils prodigue. Luc 15, 11-32

L6r. Parabole de l’intendant avisé. Luc 16, 1-15

L6s. Enseignement sur le pardon et le serviteur impitoyable. Mt 18, 15-35

L6t. Enseignement sur Jean et la Loi. Luc 16, 16-17

L6u. Voyage de la Galilée vers la Transjordanie. Mt 19, 1-2 ; Mc 10, 1

L6v. Enseignement sur le divorce. Mt 19, 3-12 ; Mc 10, 2-12 ; Lc 16, 18

L6w. Parabole de l’homme riche et de Lazare. Luc 16, 19-31

L6x. À ses disciples, Jésus enseigne sur le péché, la parabole de l’arbre planté dans la mer et la parabole du devoir d’un serviteur. Luc 17, 1-10

L6y. Entre la Galilée et la Samarie, en route vers Jérusalem, Jésus guérit dix lépreux (… où sont les neuf autres ?). Luc 17, 11-19

L6z. Les pharisiens demandent comment viendra le royaume de Dieu. Luc 17, 20-37

L7a. Parabole de la veuve persévérante. Luc 18, 1-8

L7b. Parabole du pharisien et du publicain. Luc 18, 9-14

L7c. Des gens amenaient des bébés à Jésus pour qu’il les bénisse ; les disciples les réprimandèrent. Mt 19, 13-15 ; Mc 10, 13-16 ; Lc 18, 15-17

L7d. Le jeune homme riche pose une question : … le chas d’une aiguille. Mt 19, 16-30 ; Mc 10, 17-31 ; Lc 18, 18-30

L8. Parabole des ouvriers de la vigne. Mt 20, 1-16

L9. En route vers Jérusalem, Jésus annonce sa mort et sa résurrection. Mt 20, 17-19 ; Mc 10, 32-34 ; Lc 18, 31-34

L10a. La mère de Jacques et de Jean vient avec eux pour adresser une demande à Jésus. Mt 20, 20-28 ; Mc 10, 35-45

L10b. En quittant Jéricho (probablement l’Ancien Jéricho), Jésus guérit deux aveugles qui s’écrient : « Seigneur, Fils de David, aie pitié de nous ! » (BSB) Mt 20, 29-34

L10c. En entrant dans Jéricho (probablement la Nouvelle Jéricho), Jésus guérit un aveugle, Bartimée, qui s’écrie : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! » (BSB) Mc 10, 46-52 ; Lc 18, 35-43

L11a. À Jéricho, Jésus rencontre Zachée. Luc 19, 1-10

L11b. Près de Jérusalem (les deux Jéricho se trouvaient à 15-17 miles, soit 24-27 kilomètres, au nord-est de Jérusalem), Jésus raconte la parabole des dix serviteurs et des dix mines. Luc 19, 11-28

L12. Caïphe et le Sanhédrin complotent pour tuer Jésus. Jn 11, 45-53

L13. Jésus se retire donc dans le village d’Éphraïm. Jn 11, 54

Q : Dans les Évangiles, quelles ont été les hypothèses clés retenues pour harmoniser le ministère ultérieur de Jésus ?

R : Toute analyse repose sur des hypothèses, et si quelqu’un d’autre utilisait les mêmes, il aboutirait à une liste très similaire. Voici les hypothèses retenues pour la séquence précédente.

a) Tous les Évangiles suivent un ordre chronologique pour le ministère ultérieur de Jésus. Bien qu’ils puissent être désordonnés, rien ne permet de penser qu’ils le soient.

b) Certains passages de l’Évangile selon Jean, placés ici, auraient pu se situer au milieu du ministère de Jésus.

c) Les événements suivants ne se sont produits qu’une seule fois : la Transfiguration, la parabole de la brebis perdue, le jeune homme riche.

d) La résurrection de Lazare, le frère de Marie et Marthe, a eu lieu à peu près au moment où Jésus se trouvait chez elles.

Q : Les passages de Matthieu 19, 16-17 ; Marc 10, 18 ; et Luc 18, 19 prouvent-ils que Jésus n’est pas Dieu ? (Les musulmans ont évoqué ce point.)

R : Non, mais il est bon de reconnaître ici que Jésus établit un lien entre le fait que cet homme l’ait qualifié de « bon » et l’affirmation selon laquelle Jésus serait Dieu. Soit :

a) Jésus était Dieu, et il demandait à cet homme pourquoi il l’appelait « bon », à moins que celui-ci ne reconnaisse que Jésus était Dieu, ou

b) Jésus niait être Dieu, comme le prouve le fait qu’il n’était pas entièrement bon.

Les deux possibilités ne peuvent pas être vraies à la fois. Êtes-vous d’accord ?

Alors, qu’en est-il ? Jésus était-il parfaitement bon (et Dieu) ou non ?

Êtes-vous donc d’accord pour dire que Jésus était exempt de tout péché ?

Dans la Bible, 2 Corinthiens 5, 21, Hébreux 4, 15 et 1 Pierre 1, 18-19 affirment que Jésus était sans péché.

Jésus a même demandé dans Jean 8:46a : « Qui d’entre vous peut prouver que j’ai péché ? »

Jésus veillait à ne pas utiliser à la légère le mot « bon », et pourtant, il s’est explicitement qualifié de bon berger dans Jean 10, 11.

Pour les musulmans, le Coran affirme que Jésus était pur dans la sourate 3, verset 45. Les hadiths musulmans indiquent que Jésus était exempt de tout péché dans le Sahih Muslim, vol. 4, n° 5837 (p. 1261), dans le Sahih al-Boukhari, vol. 4, livre 55, chapitre 38, n° 641, p. 426, et dans le Sahih al-Boukhari, vol. 4, livre 54, chapitre 10, n° 506, p. 324.

Q : Dans Mt 19, 16-30 ; Mc 10, 17-31 ; Lc 18, 18-30, que dit exactement Jésus lorsqu’il affirme que cela est impossible à l’homme, mais que tout (y compris cela) est possible à Dieu ?

R : Entrer dans le royaume des cieux (le salut) est à la fois difficile et impossible sans Dieu. Examinons d’abord le cas spécifique de ce jeune homme riche, puis les cas généraux, afin d’en voir deux applications.

À première vue, ce jeune homme riche semblait plutôt bien parti, grâce à sa connaissance de la Loi de Dieu. Pourtant, il n’atteignait pas la justice nécessaire pour aller au ciel, car il a montré que s’il devait choisir entre ses richesses et suivre Jésus, il ne pourrait pas renoncer à ses richesses.

La première application est qu’il est souvent plus difficile pour les personnes riches que pour les autres d’être suffisamment justes pour aller au ciel, car il leur est très difficile de faire confiance à Dieu si cela implique de renoncer à leurs richesses. Abraham était très riche et il est allé au ciel ; ce ne sont donc pas les richesses en elles-mêmes qui posent problème. C’est l’amour de l’argent qui est la racine de toutes sortes de maux.

Cependant, pour généraliser encore davantage, les personnes qui ne sont pas riches ont elles aussi des problèmes. Les gens peuvent se fier à leurs propres capacités, ou être tellement attachés à leurs habitudes pécheresses, à des amours secondaires, voire à la haine, que si Jésus les appelait à abandonner tout cela pour le suivre, ils ne le feraient pas.

En réalité, une deuxième application est que 100 % de tous les êtres humains qui ont jamais vécu, à l’exception de Jésus, sont privés de la justice dont ils ont besoin pour aller au ciel. Même si Dieu pardonnait tous nos péchés passés et disait : « Ne péchez plus à partir de cet instant et vous irez au ciel », même dans ce cas, nous n’y parviendrions pas. Nos cœurs ne sont pas parfaits ; nous avons une nature pécheresse et avons besoin d’être purifiés.

Ainsi, à cause de nos cœurs, il est impossible aux hommes d’aller au ciel ; et si l’histoire s’arrêtait là, le ciel serait vide de toute présence humaine. Cependant, ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. Même si nos cœurs ne sont pas parfaits, même si nous avons péché par le passé et que nous pécherons encore à l’avenir, Dieu, pour qui tout est possible, a ouvert une voie permettant à l’homme pécheur d’aller au ciel. Cette voie, c’est Jésus-Christ. C’est un peu comme cet homme qui vint trouver Jésus pour qu’il guérisse son fils, et à qui Jésus demanda s’il croyait. L’homme répondit : « Je crois ; aidez-moi dans mon incrédulité ! » Nous devons être sincères et honnêtes envers Dieu, mais faire preuve d’honnêteté envers Lui implique notamment de Lui confesser nos moments de manque de sincérité et d’hypocrisie.

Le jeune homme riche aurait pu dire : « Jésus, je suis désolé, mais je ne peux tout simplement pas renoncer à mes richesses pour l’instant ; j’en suis esclave. Ayez pitié de moi, libérez-moi de mon esclavage au péché, et prenez le contrôle de ma vie, telle qu’elle est, afin que je puisse vous suivre. » Mais au lieu de cela, le riche s’en est allé. Corrie ten Boom était une chrétienne qui a survécu au camp de concentration nazi de Bergen-Belsen. Un jour, après la guerre, alors qu’elle parlait de l’amour de Dieu, un homme s’est approché à la fin de son intervention pour lui serrer la main. Elle l’a reconnu comme l’un des cruels gardiens du camp de concentration. Après la guerre, il avait trouvé le Christ, mais Corrie, malgré les paroles qu’elle venait d’adresser à l’assemblée, n’a pas pu se résoudre à lui serrer la main. Elle a prié en silence : « Jésus, je ne peux pas lui pardonner. Accorde-moi ton pardon. » Puis, de manière incroyable, sa main s’est tendue et elle a pu lui serrer la main. (The Hiding Place, p. 238)

Dans notre société d’abondance, il nous arrive parfois, en tant que chrétiens, d’oublier facilement ce concept essentiel qu’est notre grande dépendance envers Dieu. Si vous pensez pouvoir accomplir tout ce que vous avez à faire sans Dieu, c’est que les objectifs que vous vous fixez sont trop modestes. L’un des avantages dont bénéficient les personnes pauvres, c’est-à-dire celles qui ne savent pas comment elles mangeront dans deux jours, est qu’elles savent que la véritable autonomie n’est pour elles qu’une illusion. En réalité, l’autonomie n’est une illusion que pour tout le monde.

Q : Dans Matthieu 20, 20, est-ce la mère de Jacques et Jean qui a formulé cette demande à Jésus, ou est-ce Jacques et Jean qui l’ont formulée, comme le dit Marc 10, 35 ?

R : La mère et ses fils se sont tous présentés devant Jésus. Dans Matthieu 20, 22, Jésus demande immédiatement si vous (c’est-à-dire s’adressant à Jacques et Jean) êtes capables de boire la coupe que Jésus va boire. Ils (les fils) ont répondu qu’ils en étaient capables.

Q : Dans Jean 14, 2, pourquoi Jésus est-il parti leur préparer une place, puisque le ciel leur était réservé depuis la fondation du monde, comme le dit Matthieu 25, 34 ?

R : Dieu est à la fois dans le temps et au-delà du temps. Avant même que le temps ne commence, Dieu savait qui irait au Ciel, ce qui présuppose que Dieu savait qu’Il leur préparerait une place. La mort de Jésus était nécessaire pour ouvrir le Ciel à tous ceux qui y allaient.

Pour prendre une analogie simple, lorsqu’un couple adopte un enfant, il doit préparer la maison pour cet enfant. La maison est déjà construite, mais le couple peut acheter un berceau ou un lit, de la nourriture et peut-être des décorations pour fêter l’événement.

De plus, 1 Corinthiens 3, 11-15 montre que différentes personnes reçoivent des récompenses différentes au Ciel.

Q : Dans Matthieu 20, 29-34, Jésus a-t-il guéri deux aveugles en quittant Jéricho, ou un seul aveugle, comme le dit Marc 10, 46-52 ?

R : Il existe deux possibilités.

Deux événements : Jésus aurait pu guérir Bartimée, l’aveugle, et guérir également deux autres aveugles, soit avant, soit après Bartimée. Une fois que Jésus eut guéri au moins un aveugle, il serait en effet curieux que les habitants de la ville en aient eu connaissance sans qu’aucun autre aveugle ne se soit approché de Jésus pour être guéri. Il est probable que Jésus ait guéri encore plus de personnes à Jéricho que ne le rapportent les évangélistes. Dans *When Critics Ask*, p. 353, il est dit que si Jésus avait guéri un aveugle à son entrée à Jéricho, et que quelqu’un l’avait vu et l’avait raconté à d’autres, on peut être sûr qu’il y aurait eu d’autres aveugles qui attendaient Jésus au moment où il quittait Jéricho.

Un seul événement : Marc 10, 46-52 ne mentionne le nom que d’un seul des aveugles (Bartimée). Peut-être Marc ignorait-il qu’il y avait deux aveugles. Bien sûr, s’il y avait deux aveugles, dont l’un s’appelait Bartimée, alors dire qu’il y avait un seul aveugle est correct mais imprécis.

Voir également la question suivante pour plus d’informations sur les deux villes nommées Jéricho.

Q : Dans Mt 20, 29-34 et Mc 10, 34-52, Jésus a-t-il guéri les aveugles en quittant Jéricho, ou en y entrant, comme le dit Lc 18, 35 ?

R : Il s’agissait probablement d’un seul et même événement qui s’est produit alors que Jésus voyageait entre les deux villes portant le nom de Jéricho.

L’ancienne Jéricho (Tell es-Sultan) se trouve au nord-ouest de la Jéricho moderne (er-Riha). Elle fut détruite par Josué, mais reconstruite, comme le mentionne 1 Rois 16, 34. À l’époque de Jésus, elle était principalement peuplée de Juifs.

La Jéricho du Nouveau Testament (à Tulul Abu el-’Alayiq) était avant tout une ville païenne construite autour du palais d’hiver d’Hérode le Grand, qui y mourut vers 4 av. J.-C. Le site se trouve à environ 3/4 à 1 mile (1,2 à 1,6 kilomètre) au sud ou au sud-ouest de l’ancienne Jéricho. Le palais d’hiver comprenait deux bassins, de grands bains romains et six mikvés privés, qui étaient des lieux de purification rituelle juive. Une carte représentant le palais et les bassins de la nouvelle Jéricho figure dans le *New International Dictionary of the Bible*, p. 511-512.

Q : Dans les Évangiles, qu’entend-on par « harmonie » pour la Semaine de la Passion, la dernière semaine précédant la Résurrection ?

R : Il est important de faire la distinction entre ce qui est présenté comme étant l’ordre et ce qui pourrait l’être. Pour ces 104 événements, les chiffres renvoient à des événements qui doivent suivre les chiffres précédents. Les lettres telles que a, b, c renvoient à des événements pouvant se produire dans n’importe quel ordre. Les mots en gras indiquent des repères de temps, d’ordre et de lieu. Si l’on considérait que les Évangiles suivaient tous un ordre chronologique dans cette section, on n’y verrait aucun problème.

Semaine de la Passion : Mt 21, 1-27, 66 ; Mc 11, 14-15, 47 ; Lc 19, 29-23, 56 ; Jn 12, 11-19, 42

P1. À Béthanie, six jours avant la Pâque, la veille de l’entrée triomphale, Jésus assiste à un festin organisé en son honneur chez Simon le lépreux, où Marie servait. Lazare y est également allongé. Jésus est oint, pour la deuxième fois, par Marie avec une pinte de nard, d’une valeur équivalente à un an de salaire, provenant d’un vase d’albâtre. (Notez qu’il s’agit de la ville où vivait Lazare, et non de la maison.) Judas Iscariote et les disciples s’en plaignent. Jn 12, 1-12a ; Mt 26, 6-13 ; Mc 14, 3-9

P2. Jésus à Bethphagé, sur le mont des Oliviers. Mt 21, 1 ; Mc 11, 1-6 ; Lc 19, 29-34

P3. Jésus leur demande d’amener un ânon et sa mère. Mt 21, 2-6 ; Mc 11, 2-6 ; Lc 19, 29-34

P4. Les disciples reviennent avec l’âne et le ânon. Mt 21, 7a ; Mc 11, 7-10 ; Lc 19, 35 ; Jn 12, 14-15

P5. Le dimanche des Rameaux, l’entrée triomphale. Mt 21, 7b-11 ; Mc 11, 7-11a ; Lc 19, 35-44 ; Jn 12, 12b-19

P6a. Jésus annonce sa mort, et le Père s’exprime depuis le ciel. Jn 12, 20-50

P6b. Jésus passe la nuit à Béthanie. Mc 11, 11b

P6c. [Dimanche ou lundi, ou les deux] Jésus chasse les changeurs du temple pour la deuxième fois. Mt 21, 12-13 ; Lc 19, 45-48

P6d1. Dans le temple, Jésus guérit des aveugles et des boiteux. Mt 21, 14-16

P6d2. Jésus passe la nuit à Béthanie. Mt 21, 17

P7. Tôt le matin du lendemain [lundi ou mardi], de retour à Jérusalem, Jésus maudit un figuier. Mc 11, 12-14. Notez qu’il s’agit du deuxième passage de Jésus au temple.

P8. Tôt le matin [mardi ou mercredi], Jésus maudit un figuier une seconde fois. Mt 21, 18-19a

P9a. Aussitôt, le figuier se dessèche. Mt 21, 19b-22

P9b. Le figuier se dessèche. Mc 11, 20-25

P10. Jésus entre dans le temple, aborde la question de l’autorité (Mt 21, 23-32) et chasse les changeurs pour la troisième fois. Mc 11, 15-18 (Remarque : il serait étrange que Jésus les chasse un jour et les autorise le lendemain.)

P11. Le soir venu, ils quittent la ville. Mc 11, 19

P12. Un jour [mardi ou mercredi], au Temple, Jésus est interrogé sur son autorité. Mc 11, 27-33 ; Lc 20, 1-8

P13. Parabole des vignerons. Mt 21, 33-46 ; Mc 12, 1-12 ; Lc 20, 9-19

P14. Jésus raconte la parabole du festin de noces. Mt 22, 1-14

P15a. Les pharisiens et les hérodiens interrogent Jésus sur le paiement de l’impôt à César. Mt 22, 15-22 ; Mc 12, 13-17 ; Lc 20, 20-26

P15b. Les sadducéens interrogent Jésus sur la résurrection. Mt 22, 23-33 ; Mc 12, 23-27 ; Lc 20, 27-39

P16. Après les sadducéens, un pharisien interroge Jésus sur le plus grand commandement. Mt 22, 34-40 ; Mc 12, 28-33

P17a. Personne ne posa plus de questions à Jésus. Mt 22, 46 ; Mc 12, 34 ; Lc 20, 40

P17b. Alors que les pharisiens étaient réunis, Jésus leur pose une question sur le Psaume 110, 1. Mt 22, 41-45 ; Mc 12, 35-37 ; Lc 20, 41-44

P18a. Jésus réprimande les scribes et les pharisiens. Mt 23 ; Mc 12, 38-40 ; Lc 20, 45-47

P18b. Jésus observe l’offrande de la veuve. Mc 12, 41-44 ; Lc 21, 1-4

P19. En quittant le temple, Jésus prophétise sa ruine. Mt 24, 1-2 ; Mc 13, 1-2 ; Lc 21, 5-6

P20. Sur le mont des Oliviers, Jésus enseigne sur la fin des temps. Mt 24, 3-44 ; Mc 13, 3-37 ; Lc 21, 7-36

P21. Chaque jour, Jésus enseigne au Temple et passe la nuit sur le mont des Oliviers. Lc 21, 37-38

P22. Trois paraboles sur le retour du Maître. Mt 24, 45-25, 30

P23a. L’enseignement sur le jugement des brebis et des boucs devant le trône de Jésus. Mt 25, 31-46

P23b. À deux jours de la Pâque, les grands prêtres et les anciens complotent pour arrêter Jésus. Mt 26, 1-5 ; Mc 14, 1-2 ; Lc 22, 1-2

P24. Judas s’entretient en secret avec les prêtres pour trahir Jésus. Mt 26, 14-16 ; Mc 14, 10-11 ; Lc 22, 2-6

P25. Le premier jour de la Fête des pains sans levain, ils préparent le dernier repas. Mt 26, 17-19 ; Mc 14, 12-16 ; Lc 22, 7-13

P26. Jésus lave les pieds de ses disciples. Jn 13, 1-18

P27. Dans une grande salle haute (Mc 14, 15), ils prennent la Cène. Mt 26, 20-29 ; Mc 14, 17-25 ; Lc 22, 14-23 ; 1 Co 11, 23-26

P28. Jésus annonce que Judas va le trahir. Jn 13, 18-28a

P29. Le nouveau commandement de Jésus : s’aimer les uns les autres. Jn 13, 31-35

P30. Au milieu du dernier souper, Judas s’en va. Jn 13, 28b-30

P31. Soit lors du dernier souper, soit peu après, une nouvelle dispute éclate pour savoir qui est le plus grand. Luc 22, 24-30

P32a1. Après le départ de Judas, sur le chemin menant au mont des Oliviers, Jésus prédit que Pierre le reniera trois fois. Mt 26, 30-35 ; Mc 14, 26-31 ; Lc 22, 31-38 ; Jn 13, 36-38

P32a2. Dans le jardin de Gethsémani, sur le mont des Oliviers. Mt 26, 36-46 ; Mc 14, 32-43a ; Lc 22, 39-46

P32b. De la Cène au Mont des Oliviers, Jésus s’exprime. Jn 14, 1-16, 33

P33. La prière de Jésus avant son arrestation. Jn 17, 1-26

P34. Une fois que Jésus a fini de prier, ils traversent la vallée du Cédron et se rendent dans un verger d’oliviers. Jn 18, 1

P35. L’arrestation de Jésus. Mt 26, 47-56 ; Mc 14, 43b-52 ; Lc 22, 47-53 ; Jn 18, 2-11

P36. Ils se rendent chez Anne, beau-père de Caïphe, le grand prêtre. Luc 22, 54 ; Jn 18, 12-13.

P37. Jésus fut conduit chez Caïphe. Jn 18, 24. Mt 26, 56-57 et Mc 14, 51-53 omettent ce qui précède et se contentent de mentionner cela.

P38a1. Dans la cour du grand prêtre ou à proximité, Jésus est jugé par le Sanhédrin. Mt 26, 57-68 ; Mc 14, 53-65 ; Lc 22, 66-71 ; Jn 18, 12-14 ; Jn 18, 19-23

P38b1. Comme « ce disciple » [Jean] était connu du grand prêtre, il entra dans la cour. Puis il ressortit, s’adressa à la jeune fille/servante/domestique de service et fit entrer Pierre par la porte. Jn 18, 15-16

P38b2. Première accusation : Dans la cour, une jeune fille/servante du grand prêtre qui se trouvait à la porte s’approcha de lui (Mt), passa près de lui (Mc) et, à la lueur du feu, regarda Pierre et lui dit qu’il était avec Jésus. Pierre se réchauffait dans la cour. Mt 26, 69 ; Mc 14, 66-67 ; Lc 22, 54-56 ; Jn 18, 17a

P38b3. Premier reniement : Pierre renia Jésus en disant : « Femme, je ne le connais pas » (Lc), « Je ne sais pas de quoi vous parlez » (Mt) ou « Je ne sais pas et je ne comprends même pas de quoi vous parlez » (Mc), devant tout le monde (Mt). Mt 26, 70 ; Mc 14, 68 ; Lc 22, 57 ; Jn 18, 17

P38b4. Deuxième série d’accusations : Pierre se rendit alors à la porte (Mt), et une autre jeune fille [allu] dit à la foule : « Cet homme était avec Jésus de Nazareth » (Mt). On accusa Pierre en lui disant : « Vous aussi, vous êtes l’un d’entre eux. » (Lc) La servante (Mc), voyant à nouveau Pierre, dit à la foule : « Cet homme est l’un d’entre eux. » (Mc) On demanda à Pierre : « N’êtes-vous pas, vous aussi, l’un de ses disciples ? » (Jn) Mt 26, 71 ; Mc 14, 69 ; Lc 22, 58a ; Jn 18, 25a

P38b5. Deuxième reniement : Pierre, en jurant, dit : « Je ne le suis pas » (Jn), « Homme [anthrope], je ne le suis pas » (Lc), « Je ne connais pas cet homme ! » (Mt), et renia Jésus une seconde fois. Mt 26, 72 ; Mc 14, 70a ; Lc 22, 58b ; Jn 18, 25b

P38b6a. Troisième série d’accusations : Environ une heure plus tard (Luc), ceux qui se tenaient là [une petite foule ?] dirent que Pierre était l’un d’entre eux et mentionnèrent son accent galiléen. Mt 26, 73 ; Mc 14, 70b ; Lc 22, 59

P38b6b L’un des serviteurs du grand prêtre, un parent de l’homme à qui Pierre avait coupé l’oreille, accusa Pierre de l’avoir vu dans le jardin des oliviers. Jn 18, 26

P38b7. Troisième reniement : Pierre jura et dit : « Je ne sais pas de quoi vous parlez » (Lc), « Je ne connais pas cet homme ! » (Mt) ou « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez ! » (Mc, Jn), et renia Jésus une troisième fois. Aussitôt, alors qu’ils se trouvaient encore dans la maison, le coq chanta. Jésus regarda Pierre (Mt 26, 74-75 ; Mc 14, 71-72 ; Lc 22, 60-62 ; Jn 18, 27).

P38c. Judas se pend. (La corde s’est rompue soit avant, soit après sa mort.) Le corps tombe et se brise. Les grands prêtres achètent le champ où gît le corps de Judas. Ce champ s’appelait Akeldama. Mt 27, 1-10 ; Ac 1, 18-19

P38a2. Les soldats se moquent de Jésus, le frappent et lui bandent les yeux. Luc 22, 63-65

P39. À l’aube, le Sanhédrin demanda à Jésus (ou lui demanda à nouveau) : « Si tu es le Christ, dis-le-nous. » Et ils prirent une décision. Mt 27, 1 ; Mc 15, 1 ; Lc 22, 66-71

P40a. Il était désormais tôt le matin, et Jésus, accompagné des prêtres, quitta la maison de Caïphe pour se rendre à son procès devant le gouverneur romain Ponce Pilate. Mt 27, 2 ; Mc 15, 1 ; Lc 23, 1 ; Jn 18, 28-38.

P40b. La nuit précédant le procès devant Pilate, sa femme eut un rêve dans lequel elle ne voulait en aucun cas être impliquée dans la condamnation de Jésus. Mt 27, 19

P41. Le procès de Jésus devant Pilate. Mt 27, 11-14 ; Mc 15, 1-15 ; Lc 23, 1-6 ; Jn 18, 28-37

P42. Pilate envoie Jésus à Hérode. Lc 23, 7-11a

P43a. Hérode renvoie Jésus à Pilate. Luc 23, 11b-12

P44. Jésus est renvoyé à Pilate. Luc 23, 13-16

P45. Pilate déclare qu’il n’est pas responsable de son sang, s’adresse à la foule et libère Barabbas. Mt 27, 15-26 ; Lc 23, 17-25 ; Jn 18, 38-40

P46. Les soldats romains flagellent et raillent Jésus, puis lui font revêtir un manteau pourpre et écarlate et lui mettent une couronne d’épines. Mt 27, 27-31a ; Mc 15, 16-20a ; Jn 19, 1-3

P47. Pilate sort à nouveau pour s’adresser aux Juifs. Jn 19, 4-15

P48. Jésus est emmené pour être crucifié. Mt 27, 31b ; Mc 15, 20b ; Lc 23, 26a ; Jn 19, 16

P49. Jésus porta [d’abord] sa propre croix. Jn 19, 17a

P50. Simon de Cyrène est [ensuite] contraint de porter la croix de Jésus. Mt 27, 32 ; Mc 15, 21 ; Lc 23, 26b

P51. Jésus dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants… » Luc 23, 28-31

P52a. Au Golgotha, à la troisième heure [9 h], Jésus est crucifié. Mt 27, 33 ; Mc 15, 22.25 ; Lc 23, 33 ; Jn 19, 16b-22

P52b. Rédaction de l’écriteau trilingue placé au-dessus de la tête de Jésus. Mt 27, 37 ; Mc 15, 26 ; Lc 23, 38

P52c. Deux criminels sont crucifiés aux côtés de Jésus. Mt 27, 38 ; Mc 15, 27 ; Lc 23, 32-33

P53a. Jésus dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Luc 23, 34a

P53b. Certains proposent à boire à Jésus, mais il refuse. Mt 27, 34 ; Mc 15, 23

P53c. On tire au sort ses vêtements. Mt 27, 35-36 ; Mc 15, 24 ; Lc 23, 34b ; Jn 19, 23-24

P54a. Jésus dit : « Femme, voici votre fils… Voici votre mère ». Jn 19, 25-27

P54b. D’autres disaient : « Il en a sauvé d’autres ; qu’il se sauve lui-même… ». Mt 27, 40-43 ; Mc 15, 29-30 ; Lc 23, 35a

P54c. Les prêtres se moquent eux aussi de Jésus. Mc 15, 31-32 ; Lc 23, 35b

P54d. Les soldats se moquent de Jésus sur la croix. Luc 23, 36-37

P54e.1 Le voleur de gauche insulte Jésus. Mt 27, 44 ; Lc 23, 39

P54.e.2 Le voleur de droite prend la défense de Jésus. Luc 23, 40-43a

P54.e.3 Jésus dit : « … aujourd’hui, tu seras avec moi au Paradis ». Luc 23, 43b

P54.f. Jésus dit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Mt 27, 45-47 ; Mc 34-36

P54.g. Jésus dit : « J’ai soif ». Jn 19, 28-29. On lui offre pour la deuxième fois à boire à l’aide d’une éponge. Mt 27, 48

P54.h Certains attendent de voir si Élie vient. Mt 27, 49

P54.i. Les ténèbres règnent depuis environ la sixième heure jusqu’à la neuvième heure. Mc 15, 33 ; Lc 23, 44-45a

P55a. Jésus dit : « Tout est accompli ». Jn 19, 30

P55b. Juste avant de mourir, Jésus dit : « Père, je remets mon esprit entre tes mains ». Lc 23, 46a

P56a. Jésus meurt. Mt 27, 50 ; Mc 15, 37 ; Lc 23, 46b

P56b. À cet instant, le voile du Temple se déchira en deux. Mt 27, 51a ; Mc 15, 38-39 ; Lc 23, 45b (voir aussi Thallus, 52 apr. J.-C.)

P56c. Un tremblement de terre se produisit, les tombeaux s’ouvrirent et des morts apparurent. Mt 27, 51b-53.

P57a. Les soldats brisent les jambes des voleurs, mais pas celles de Jésus. Jn 19, 31-37

P57b. Le centurion déclare : « Vraiment, cet homme était un juste. » Lc 23, 47-49

P57c. Le centurion s’exclame : « Celui-ci était le Fils de Dieu ! » Mt 27, 54 ; Mc 15, 39

P57d. De nombreuses femmes assistaient à la scène. Mt 27, 55-56

P58. À la tombée de la nuit, Joseph d’Arimathée demande à Pilate le corps de Jésus. Mt 27, 57-58 ; Jn 19, 38

P59a. Dans le tombeau de Joseph d’Arimathée, Joseph et Nicodème enterrent le corps du Christ, puis une pierre est roulée devant l’entrée du tombeau. Mt 27, 59-61 ; Mc 15, 42-47 ; Lc 23, 50-54 ; Jn 19, 39-42

P59b. Avant le sabbat, les femmes se procurent des aromates. Lc 23, 55-56

P59c. Pilate accepte de poster une garde de soldats devant le tombeau. Mt 27, 62-65

P60. On scella le tombeau et on y posta une garde. Mt 27, 66

Q : Dans les Évangiles, quelles ont été les hypothèses clés retenues pour l’harmonisation de la Semaine de la Passion ?

R : Si l’on se base sur ces hypothèses, on devrait pouvoir établir une harmonisation très similaire de la Semaine de la Passion de Jésus.

a) Jésus a quitté Jérusalem pendant plus d’une nuit.

b) Jésus a chassé les changeurs au moins deux fois.

c) Jésus a maudit le figuier la veille de son dessèchement, ainsi que le lendemain.

d) Tout ce qui figure dans les Évangiles est présenté dans l’ordre chronologique pour la Semaine de la Passion, à l’exception de Matthieu 26, 6-13 ; Marc 14, 3-9 ; Luc 22, 46 ; Luc 22, 54-62 et Luc 23, 38.

Q : Dans Mt 21, 1-3 ; Mc 11, 4-7 ; Lc 19, 30 et Jn 12, 13-15, Jésus chevauchait-il un ânon ou un âne ?

R : Ce n’est pas la réponse : certains se sont demandé s’il s’agissait d’un seul animal ou de deux, car le mot grec kai peut signifier « et » ou « même / à savoir ». Le mot hébreu dans Zacharie 9, 9 signifie également soit « et », soit « ou ». Pour plus d’informations à ce sujet, voir Arndt dans *Bible Difficulties and Seeming Contradictions*, p. 180. Cependant, comme le montre la partie suivante, il y avait bel et bien deux animaux.

La réponse : Il y avait deux animaux, car dans le récit de l’entrée triomphale (Matthieu 21, 4-7), il est dit que la mère et l’ânon étaient tous deux présents. Le ânon devait être assez jeune, car il n’avait jamais été monté auparavant. Apparemment, ils n’ont pas séparé la mère de l’ânon, mais ont emmené la mère avec eux. D’un point de vue naturel, c’est ce que l’on ferait pour apaiser le jeune animal. S’il était avec sa mère, et que celle-ci ne s’inquiétait pas du fait que l’ânon soit monté, alors l’ânon ne s’inquiéterait pas non plus. Quel meilleur moyen de guider un jeune animal nerveux que de le faire suivre sa mère ?

En dehors de la Bible, Justin le Martyr (qui a écrit vers 138-165 apr. J.-C.) mentionne également le fait d’avoir emmené la mère ânesse avec le ânon dans son *Dialogue avec Tryphon le Juif*, chapitre 53 (ANF, vol. 1, p. 222).

Q : Dans Mt 21, 12-13, Mc 11, 11-17 et Lc 19, 37-46, Jésus a-t-il chassé les changeurs un dimanche ou un lundi ?

R : Matthieu 21, 12-13 et Luc 19, 37-46 ne précisent pas si Jésus a chassé les changeurs le jour même de l’entrée triomphale (dimanche) ou le lendemain. Cependant, Marc 11, 11-17 indique que c’était le lendemain.

Q : Dans Matthieu 21, 12-13, Marc 11, 12-19 et Luc 19, 43-48, lors de la purification du Temple par Jésus, comment Jésus a-t-il pu renverser les tables des changeurs à cet endroit, puisqu’il l’avait déjà fait au début de son ministère dans Jean 2, 13-19 ?

R : Parce qu’il y a eu deux purifications du Temple. Jésus a agi ainsi à deux reprises, car son opinion concernant ce commerce au sein du Temple n’avait pas changé. Imaginez qu’au début de son ministère, Jésus renverse les tables, fabrique un fouet et chasse les changeurs. Imaginez ensuite que Jésus, confronté à la même situation à la fin de son ministère, dise « ce n’est pas grave » ou passe son chemin en silence face à ce à quoi il s’était activement opposé auparavant. Non, vers la fin de son ministère, Jésus a eu une réaction similaire face à une situation qui était, pour l’essentiel, la même qu’au début de son ministère.

En réalité, il n’y avait pas une, mais trois choses qui clochent chez les changeurs d’argent dans le Temple.

1. Ils n’étaient pas des serviteurs de Dieu, et pourtant ils gagnaient de l’argent à l’intérieur du temple de Dieu.

2. Alors que les gens étaient peut-être venus dans un esprit d’adoration, ils devaient se mettre à penser au troc et à d’autres préoccupations financières liées au fait de « payer pour adorer Dieu ».

3. De plus, ils spoliaient le peuple en pratiquant des prix très élevés. Par exemple, ils ne permettaient pas aux gens d’utiliser la monnaie courante pour acheter ces animaux. Ceux-ci devaient échanger leur argent contre des pièces spéciales du temple, utilisées pour l’achat des animaux.

Q : Dans Matthieu 21, 12-19, Jésus a-t-il maudit le figuier le lendemain du jour où il a purifié le Temple, ou avant, comme semblent l’indiquer Marc 11, 12-14, 20-24 ?

R : Jésus a maudit le figuier après avoir chassé les changeurs, comme le rapporte Matthieu. Marc ne donne pas autant de détails, mais même lui précise « le lendemain » pour indiquer que cela s’est produit après.

Q : Dans Mt 22, 37 et Mc 12, 29-30, le fait d’obéir au plus grand commandement conduit-il à l’unité des religions du monde, comme l’affirment certains adeptes du New Age ?

R : Non. Tout d’abord, il s’agit de deux commandements, et non d’un seul. Deuxièmement, le premier commandement, aimer Dieu de tout son cœur, est plus grand que le second, aimer son prochain comme soi-même. Contrairement à ce que croient les adeptes du New Age, toutes les religions ne mènent PAS à Dieu. Lors du Jugement dernier, Jésus dira à ceux qui prétendaient le suivre sans l’avoir fait : « Je ne vous ai jamais connus ; éloignez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité ! » Vous ne souhaitez certainement pas que Jésus vous dise : « Éloignez-vous de moi. »

Q : Dans Matthieu 24-25 et Marc 13, 5-30, quand ces choses s’accompliront-elles ?

R : Ces prophéties s’accomplissent sur une certaine période. Dans Matthieu 24, 2, le Temple a été détruit en 70 après J.-C. D’autres parties attendent le Second Avènement de Jésus. Les événements de la fin des temps sont « imminents », ce qui signifie que rien n’indique qu’ils se produiront dans un avenir proche, mais qu’ils pourraient survenir à tout moment.

Q : Dans Matthieu 24, 6 et Marc 13, 7 ; Justin le Martyr, dans son *Dialogue avec Tryphon le Juif* 35, 3, écrit qu’il existe une parole attribuée à Jésus selon laquelle « il y aura des émeutes et des conflits », qui ne figure pas dans les Évangiles, mais qui est mentionnée dans le texte syriaque de la *Didachè* (6, 5) et dans les Homélies de Clément (2, 17 et 16, 21), ainsi que dans l’Évangile copte de Thomas (16). Or, ces sources sont distinctes et sans lien entre elles. Comment expliquer cela ?

R : Jésus a dit qu’il y aurait des guerres et des rumeurs de guerres dans Matthieu 24, 6 ; Marc 13, 7 ; des guerres et des révolutions dans Luc 21, 9. La Didachè est un écrit chrétien primitif qui a soit paraphrasé cela, soit repris une phrase prononcée par Jésus qui ne figure pas dans les quatre Évangiles (Jean 20, 30-31 ; 21, 25). Les Homélies clémentines sont d’origine ébionite, et non chrétienne. Cependant, les Ébionites lisaient les Évangiles et lisaient probablement aussi la Didachè ; ils auraient donc pu y puiser cette information. L’Évangile gnostique de Thomas n’était pas connu avant qu’Hippolyte n’écrive contre lui entre 222 et 235/236 apr. J.-C., et il contient toutes sortes d’affirmations inventées de toutes pièces.

En résumé, je n’accorde donc aucun crédit aux « faux » que sont les Homélies clémentines ou l’Évangile de Thomas. Cependant, Jean nous dit également que Jésus a accompli et dit des choses qui ne figurent pas dans les quatre Évangiles. Peut-être que la Didachè et le Dialogue avec Tryphon le Juif contiennent l’une de ces choses, ou bien la Didachè ne faisait que paraphraser ce qui figurait également dans les quatre Évangiles.

Q : Dans Mt 24, 19 et Mc 13, 17, pourquoi la situation sera-t-elle si difficile pour les femmes enceintes et celles qui allaitent ?

R : Il pourrait y avoir deux raisons. Premièrement, une fuite précipitée au cours d’un voyage difficile est particulièrement éprouvante pour les femmes enceintes et celles qui ont des nourrissons. En hiver, en Palestine, le temps est plus froid, mais pas extrêmement froid. Cependant, les rivières débordent et sont difficiles à traverser.

Deuxièmement, cela pourrait être terrible pour les mères qui se font prendre, quant à ce qu’il adviendrait des jeunes enfants ou des bébés à naître.

Q : Dans Mt 24, 24 et Mc 13, 22, comment se fait-il que même les élus puissent être trompés ?

R : Les élus ne sont pas des croyants. Les élus sont plutôt tous ceux qui deviendront croyants. Bien sûr, si un bébé meurt et va au Ciel, même lui ou elle sera un(e) croyant(e) au Ciel.

Ces versets indiquent que les élus peuvent être trompés, mais ils ne précisent pas qu’ils le seront de manière permanente. J’ai personnellement connu quelqu’un que je croyais être un véritable chrétien, qui a ensuite rejoint l’Église mormone, puis, peu après, a quitté le mormonisme et est revenu au christianisme.

Q : Dans Matthieu 24, 28, Jésus parlait-il d’un « cadavre », ou s’agissait-il simplement d’un corps, vivant ou mort, comme l’indique le grec dans Luc 17, 37 ?

R : Rien ne prouve que l’un ou l’autre des évangélistes ait cité textuellement tout ce que Jésus a dit ; ils ont souvent paraphrasé. Peut-être Jésus n’a-t-il utilisé aucun de ces deux mots grecs, s’il s’est exprimé en araméen, ce qui est probable.

Q : Dans Matthieu 24, 29, Jésus reviendra-t-il immédiatement après la Grande Tribulation, ou y aura-t-il un « temps des nations », comme l’indique Luc 21, 24 et 27 ?

R : Les deux. La Grande Tribulation met fin au temps des nations.

Q : Dans Matthieu 24, 30-31 et Marc 13, 26-27, les élus sont-ils rassemblés avant que le Christ ne revienne dans les nuées avec une grande gloire, ou après ?

R : Bien que le retour du Christ soit mentionné en premier dans les deux passages, aucun d’entre eux ne précise l’ordre.

Q : Dans Matthieu 24, 34 et Marc 13, 30, que se passera-t-il avant que cette génération ne disparaisse ?

R : Commençons par ce qui n’est pas la réponse, puis passons à la réponse.

Ce n’est pas la réponse : Jésus a prononcé ces paroles vers l’an 33 après J.-C. Dans la pensée hébraïque, une génération correspondait à 40 ans. La crucifixion, la résurrection et l’ascension du Christ devaient survenir très bientôt, et la destruction du Temple aurait lieu en l’an 70 après J.-C., soit juste dans les 40 ans. Les chrétiens prétéristes partiels défendent ce point de vue. Cependant, une difficulté réside dans le fait que Jésus a dit « toutes ces choses », ce qui implique également les prophéties relatives à son second avènement.

Réponse : Il s’agit probablement d’une erreur de copiste, car les mots grecs désignant « race » et « génération » ne diffèrent que par une seule consonne. Jésus voulait dire que la race juive ne disparaîtrait pas avant le second avènement du Christ.

Q : Dans Mt 24,42 et Mc 13,35-37, quand les chrétiens sont-ils censés commencer à guetter les signes du retour du Christ ?

R : Jésus leur a ordonné de veiller dès maintenant. L’Église aurait donc dû veiller depuis 2 000 ans. Ce concept, appelé « retour imminent du Christ », selon lequel nous devons toujours veiller, car nous ne connaissons ni le jour ni l’heure, nous a été donné par Dieu afin que nous soyons assidus à la parole du Seigneur.

Q : Pourquoi Matthieu 26, 6-13, Marc 14, 1-11 et Jean 12, 1-11 diffèrent-ils considérablement de Luc 7, 36-50 concernant l’onction de Jésus avec de l’huile ?

R : Luc 7, 36-50 relate un événement différent. Plus précisément, Luc rapporte l’onction des pieds de Jésus par une femme pécheresse dans la maison d’un pharisien, juste après que les disciples de Jean-Baptiste eurent demandé quand Jésus révélerait qu’Il était le Messie. Les trois autres passages relatent l’onction effectuée par Marie-Madeleine dans la maison d’un lépreux guéri, en présence de Lazare, juste avant la Pâque.

Parmi les premiers à répondre à cette question figurait Augustin d’Hippone (354-430 apr. J.-C.) dans son ouvrage *L’Harmonie des Évangiles*, livre 2, chapitre 79, paragraphe 154 (NPNF1, vol. 6, p. 173-164).

Q : Qui était exactement cette femme qui a versé le parfum sur Jésus ? Car Matthieu dit (Mt 26, 7-) : « Une femme s’approcha de lui avec un flacon d’albâtre contenant un parfum très précieux, et elle le versa sur sa tête, tandis qu’il était à table », tandis que Luc (Lc 7, 37) dit : « Et voici qu’une femme de la ville, qui était une pécheresse, ayant appris que Jésus était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre rempli de parfum », et Jean dit : « (C’était cette Marie qui avait oint le Seigneur de parfum et lui avait essuyé les pieds avec ses cheveux, et dont le frère Lazare était malade.) » (Jn 11, 2), « Alors Marie prit une livre de parfum de nard pur, d’une grande valeur, oignit les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux » (Jn 12, 3).

R : Tous ces récits font référence à une Marie ; Marie, la sœur de Marthe, est probablement la même que Marie-Madeleine, bien que cela ne soit pas certain.

Q : Pourquoi Matthieu 26, 6-13 indique-t-il que c'est la tête de Jésus qui a été ointe, alors que Jean 12, 1-11 mentionne les pieds ?

R : Marie-Madeleine a d’abord oint l’un, puis l’autre.

Q : Dans Marc 14, 1, Marie a-t-elle oint Jésus deux jours avant la Pâque, ou six jours avant, comme le dit Jean 12, 1 ?

R : Les deux. Cet événement s’est manifestement produit le 8e jour de Nisan, soit deux jours avant le début de la célébration de la Pâque, qui durait quatre jours et s’achevait par le repas pascal, comme le montre Exode 12, 1-11.

Q : Dans le récit de la Cène rapporté par Luc, ainsi que dans 1 Corinthiens 11, 24 de Paul, Jésus dit : « Faites ceci en mémoire de moi ». Or, cette même expression n’apparaît ni chez Marc (Mc 14, 22) ni chez Matthieu (Mt 26, 26) ; ceux-ci se contentent de dire : « Prenez, mangez : ceci est mon corps ». Pourquoi ?

R : Les auteurs des Évangiles n’ont pas consigné tous les détails ; ils n’étaient d’ailleurs pas tenus de le faire.

Q : Pourquoi trouve-t-on quatre récits différents concernant la Cène dans les Évangiles ? Est-ce dû à l’influence des méditations de l’Église et de la vie liturgique ?

R : Non. La Cène a constitué un moment charnière de la vie de Jésus et de son ministère auprès des disciples. Il serait plutôt surprenant qu’aucun des quatre évangélistes n’en fasse mention. Je ne vois pas très bien quel rapport les méditations de l’Église pourraient avoir avec tout cela. La vie liturgique de l’Église, c’est-à-dire les liturgies officielles, les ordres monastiques, etc., n’est apparue que plusieurs siècles après les Évangiles et les manuscrits dont nous disposons aujourd’hui.

Quand les moines et les ermites sont-ils apparus ?

Si Philon le Juif mentionne l’existence d’ermites païens en Égypte à son époque (avant 50 apr. J.-C.), les premiers ermites chrétiens furent Paul l’Ermite et d’autres qui se réfugièrent dans le désert lors de la persécution de Dèce, en 250-251 apr. J.-C. Antoine fut un ermite célèbre qui vécut de 270 à 356 apr. J.-C. Plus tard, l’enseignement d’Athanase, d’Hilaire, d’Ambroise de Milan, de Jean Cassien et d’autres a contribué à la diffusion des monastères (pour les hommes) et des abbayes (pour les femmes).

Quand les plus anciens manuscrits des Évangiles qui nous sont parvenus ont-ils été copiés ?

Le p52 est un fragment comportant Jean 18, 31-33 d’un côté, et Jean 18, 37f-38 de l’autre. Il a été rédigé avant environ 138 apr. J.-C.

Le p. 66 (vers 125-175 apr. J.-C.) contient 92 % de l’Évangile selon Jean

Le p. 75 (175-225 apr. J.-C.) contient 1 166 versets des Évangiles selon Luc et Jean

La page 45 (200-225 apr. J.-C.) contient 833 versets des quatre Évangiles ainsi que des Actes.

Outre les manuscrits bibliques, les écrits chrétiens primitifs eux-mêmes citaient 87 % des versets des Évangiles avant l’an 325 après J.-C.

Quels chrétiens des premiers temps ont écrit sur la Cène avant 250 apr. J.-C. ?

Avant la persécution de Dèce, les premiers chrétiens suivants ont écrit au sujet de la Cène du Seigneur.

Ignace d’Antioche (-107/116 apr. J.-C.) : « Veillez donc à n’avoir qu’une seule Eucharistie. Car il y a une seule chair de notre Seigneur Jésus-Christ, et une seule coupe pour [manifester] l’unité de son sang ; un seul autel ; de même qu’il y a un seul évêque, avec le presbytère et les diacres, mes compagnons de service ; afin que, quoi que vous fassiez, vous le fassiez selon [la volonté de] Dieu. » Lettre d’Ignace aux Philadelphiens [grec] chap. 4, p. 81

La Didachè (= Enseignement des douze apôtres) (vers 60-120 apr. J.-C.), vol. 7, chapitres 9-10, p. 379-380, traite de la célébration de la Cène du Seigneur. Cependant, elle l’appelle « Action de grâce » à deux reprises, mais ne l’appelle jamais « Eucharistie ».

Justin le Martyr (vers 150 apr. J.-C.) explique comment ils participaient au repas du Seigneur dans la Première Apologie de Justin le Martyr, chap. 65, p. 185.

Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.), dans le fragment 37, p. 574, déclare : « …afin qu’Il puisse présenter ce sacrifice, à savoir le pain comme corps du Christ et la coupe comme sang du Christ, afin que ceux qui reçoivent ces antitypes [antitopon] obtiennent la rémission des péchés et la vie éternelle. »

Clément d’Alexandrie (193-202 apr. J.-C.) décrit comment Jésus a célébré la Cène. Stromates, livre 1, chap. 10, p. 310. (et à d’autres endroits)

Tertullien (198-220 apr. J.-C.) : « Elle [l’Église] scelle cela par l’eau (ou le baptême), revêt de l’Esprit Saint, nourrit par l’Eucharistie, fortifie par le martyre, et face à une telle discipline ainsi (maintenue), elle n’admet aucun opposant. » Prescription contre les hérétiques, chap. 36, p. 261 (et à d’autres endroits)

Hippolyte de Portus (222-235/236 apr. J.-C.) mentionne la nourriture sacramentelle dans son Commentaire sur la Genèse 49, 12-15, p. 168.

Pour Origène (225-253/254 apr. J.-C.), le pain de l’Eucharistie est un symbole de gratitude envers Dieu. Origène, Contre Celse, livre 8, chap. 58, p. 661

Q : D’après Mt 26, 17, Mc 14, 12, Lc 22, 1 et Jn 13, 1-2, la Cène a-t-elle eu lieu le vendredi soir ou le jeudi soir ?

R : C’était le jeudi soir.

La fête des pains sans levain durait une semaine (Nombres 28, 17 ; Deutéronome 16, 3)

La Pâque avait lieu le vendredi soir, après le coucher du soleil. Elle tombait le quatorzième jour du premier mois, selon Exode 12, 1, 6-8 ; Lévitique 23, 5 ; Nombres 9, 5 ; 28, 16. Cela signifie du coucher du soleil du vendredi soir au coucher du soleil du samedi soir.

Les Juifs (ainsi que les disciples) se préparèrent pour la Pâque et immolèrent l’agneau pascal le premier jour de la Fête des pains sans levain, qui était un jeudi (Matthieu 26, 17 ; Marc 14, 12 ; Luc 22, 7).

Comme Jésus a été crucifié le vendredi dans la journée, c’est la raison pour laquelle les Juifs voulaient que son corps soit descendu de la croix avant le début du sabbat.

Jean 19, 14 dit à propos de la crucifixion : « Or, c'était le jour de la préparation (paraskeue) de la Pâque. Le jour de la préparation de la Pâque s’étend du coucher du soleil du jeudi soir au coucher du soleil du vendredi soir, c’est-à-dire qu’il inclut la majeure partie du vendredi. À titre d’information, le mot grec moderne désignant le vendredi est « paraskeue ». Tertullien (198-220 apr. J.-C.), dans son ouvrage *De Corona*, chapitre 3, page 94, a expliqué comment les premiers chrétiens célébraient la Cène du Seigneur.

Consultez *When Critics Ask*, p. 343-344, 375 ; *Hard Sayings of the Bible*, p. 448-449 ; et *Encyclopedia of Bible Difficulties*, p. 375-376 pour en savoir plus sur les raisons pour lesquelles Jésus a été crucifié un vendredi.

Concernant le repas de la Pâque, qui a eu lieu un jour plus tôt que d’habitude, un jeudi soir, voir *Hard Sayings of the Bible*, p. 448-449

Q : Les quatre évangiles s’accordent à dire que la Cène eut lieu le jeudi soir et que la crucifixion de Jésus eut lieu le vendredi. Mais ils ne s’accordent pas sur le fait de savoir si la Cène était un repas de Pâque. Qu’en pensez-vous ? S’agissait-il d’un repas de Pâque ou d’un simple souper ordinaire ?

R : Compte tenu de la nature de la discussion, il ne s’agissait pas d’un souper ordinaire. C’était la Pâque, célébrée un jour plus tôt. Tout d’abord, quelques éléments de contexte, puis la raison.

Il y avait une semaine de célébration des pains sans levain (Nombres 28:17 ; Deutéronome 16:3)

La Pâque avait lieu le vendredi soir, après le coucher du soleil. Elle tombait le quatorzième jour du premier mois, conformément à Exode 12, 1, 6-8 ; Lévitique 23, 5 ; Nombres 9, 5 ; 28, 16. Cela signifie du coucher du soleil du vendredi soir au coucher du soleil du samedi soir. Certains, comme les Esséniens, la célébraient toutefois le jeudi soir. Jésus tenait vraiment à célébrer la Pâque avec ses disciples avant ses souffrances (Luc 22, 15). Ils ne l’ont pas célébrée à l’heure habituelle, car Jésus aurait été occupé à autre chose.

Q : Dans les Évangiles, Jésus a-t-il été crucifié le jeudi, le vendredi ou le samedi ?

R : Les hypothèses vont du mercredi au samedi. En résumé, le mercredi et le samedi ne seraient pas plausibles. Le vendredi s'accorde avec le reste de la chronologie, mais le jeudi serait également plausible. Cependant, les premiers chrétiens affirment que c'était le vendredi, à l'exception d'Origène, qui indiquait que c'était soit ce jour-là, soit la veille.

Justin le Martyr (151-155 apr. J.-C.) : Jésus a été crucifié la veille du samedi [vendredi] et est ressuscité le lendemain du samedi [dimanche]. Première Apologie de Justin le Martyr, chap. 67, p. 186

Victorin de Petau (martyrisé en 304 apr. J.-C.) : « Le sixième jour [c’est-à-dire le vendredi], […] Ce jour-là également, en raison de la Passion du Seigneur Jésus-Christ, nous nous consacrons à Dieu ou nous jeûnons. Le septième jour… » *Sur la création du monde*, p. 341

Pierre d’Alexandrie (306, 285-311 apr. J.-C.) évoque le quatrième jour et le fait que Jésus a souffert pour nous le sixième jour [vendredi]. Il ajoute ensuite : « Mais nous célébrons le jour du Seigneur comme un jour de joie, car c’est ce jour-là qu’Il est ressuscité ; ce jour-là, nous avons pris pour coutume de ne même pas fléchir le genou. » Épître canonique, canon 15, p. 278

Origène (225-254 apr. J.-C.) : « Celui dont ont parlé les prophètes, mais aussi les autres nations païennes, c’est que Celui qui a été crucifié hier ou avant-hier a subi cette mort volontairement pour le bien de l’humanité », Origène, Contre Celse, livre 1, chap. 31, p. 409.

Cependant, parmi les quelque 80 auteurs postérieurs à la Bible et antérieurs au concile de Nicée, trois auteurs partageant le même point de vue ne constituent pas un nombre très élevé. Voir la question précédente pour la discussion.

Q : Dans Mt 12, 40, Jésus est-il resté dans le tombeau trois jours et trois nuits, ou est-il ressuscité le troisième jour selon Mc 8, 31, ou au bout de trois jours selon Mc 14, 58, ou en trois jours selon Jn 2, 19, ou bien le « troisième jour » correspond-il à aujourd’hui selon Lc 24, 21 ?

R : L’expression « après trois jours » était une tournure idiomatique hébraïque courante dans la Bible, signifiant une partie ou la totalité de trois jours.

Le jour et la nuit sont comptés même s’il ne s’agit que d’une partie. Le rabbin Éléazar ben Azaria (Ier siècle après J.-C. ou vers 100 après J.-C.) déclare : « Un jour et une nuit constituent une onah [une portion de temps], et une partie d’une onah équivaut à la totalité de celle-ci » (Mishnah, Talmud de Jérusalem : Shabbat, chapitre IX, paragraphe 3 ; Talmud de Babylone : Pesahim 4a)

Une partie d’une journée compte pour une journée entière. Outre la citation précédente, le rabbin Siméon ben Gamaliel a également abordé ce sujet avec d’autres. « Et quelle est la durée d’une « onah » complète ? – Le rabbin Siméon ben Gamaliel expliqua : Une nuit et une demi-journée. Mais exigeons-nous qu’une « onah » soit aussi longue ? Une telle exigence n’est-elle pas plutôt en contradiction avec ce qui suit : si les pressoirs à vin ou à huile d’une personne étaient impurs et qu’elle souhaitait préparer respectivement son vin et son huile dans des conditions de pureté, comment doit-elle procéder ? Elle rince les planches, les brindilles et les auges ; » Talmud de Babylone, Traité Niddah, folio 65a

Certains ont tenté d’affirmer qu’une « onah » ne faisait référence qu’aux jours d’impureté d’une femme, mais la citation précédente montre qu’une « onah » est une période de temps générale.

De nos jours, nous utilisons parfois le calcul du temps inclusif. http://www.apologeticspress.org/apcontent.aspx?category=6&article=756 mentionne que, même aujourd’hui, si une personne s’enregistre dans un hôtel le soir et ne part pas avant l’heure de départ prévue, on lui facture deux journées complètes.

Un exemple biblique est l’application de Lévitique 12:2-3. Il y est dit que les garçons juifs devaient être circoncis le huitième jour. Ainsi, si un garçon juif naissait un lundi, quand devait-il être circoncis ? Il devait l’être le lundi de la semaine suivante. Et s’il naissait un lundi à 23 h 59 ? Il serait tout de même circoncis le lundi suivant. C’est ce qu’on appelle le calcul du temps inclusif.

Voici neuf autres exemples de calcul du temps inclusif tirés de la Bible.

1. Dans Genèse 42:17, Joseph fit emprisonner ses frères pendant trois jours. Mais au verset 18, il en relâcha dix le troisième jour.

2. Dans 2 Chroniques 10:5, Roboam dit au peuple : « Revenez vers moi dans trois jours ». Or, dans 2 Chroniques 10:12, le peuple revint « le troisième jour ».

3. Dans 1 Samuel 30:12, un esclave égyptien malade dit à David qu’il n’avait ni mangé ni bu depuis trois jours et trois nuits. Or, une personne ne pourrait pas survivre dans le désert sans aucune eau pendant 72 heures. Il ne fait aucun doute que l’esclave voulait dire « une partie de ces trois jours ».

4. Dans Esther 4, 16, Esther demande qu’on jeûne pour elle « pendant trois jours, nuit et jour », et elle ferait de même. Or, Esther 5, 1 précise que c’est « le troisième jour » qu’Esther a organisé un banquet ; il s’agit donc d’une durée équivalente.

5. Matthieu 27, 62b-63a : « en disant : Seigneur, nous nous sommes souvenus que cet imposteur a dit de son vivant : “Au bout de trois jours, je ressusciterai.” Ordonnez donc que le sépulcre soit gardé jusqu’au troisième jour »,

6. En évoquant la mort et la résurrection du Christ, Jésus lui-même a dit dans Matthieu 12, 40 : « trois jours et trois nuits » ; Marc 8, 31 : « le troisième jour, il ressuscitera » ; Marc 14, 58 : « pendant trois jours » ; Jean 2, 19 : « dans trois jours » ; et Luc 24, 21 : « Ce troisième jour, c’est aujourd’hui ».

7. Ainsi, « trois jours et trois nuits » en Matthieu 12, 40 (et vraisemblablement en Jonas 1, 17) équivaut à « le troisième jour » en Matthieu 16, 21 ; 17, 23 ; 20, 19 et en Luc 13, 32. Cela équivaut à « Est-ce le troisième jour ? » en Luc 24, 21.

8. Mais le chiffre trois n’a ici rien de particulier. Les expressions « sept jours » et « le septième jour » sont elles aussi interchangeables. 1 Rois 20, 29a dit : « Pendant sept jours, les armées campèrent face à face, et le septième jour, la bataille s’engagea. »

9. L’expression « quatre jours » dans Actes 10, 30 désigne des parties de quatre jours dans Actes 10, 3, 9, 23 et 24.

Q : Dans Luc 22, 3-4, 7, Satan est-il entré en Judas lorsqu’il s’est rendu chez les grands prêtres pour trahir Jésus, ou bien était-ce lors de la Cène, lorsque Jésus lui a donné le pain, comme le rapporte Jean 13, 27 ?

R : Les deux se sont produits. Satan est entré en Judas lorsque celui-ci a décidé d’aller parler aux grands prêtres de la trahison de Jésus, et Satan est entré à nouveau en Judas lorsque celui-ci est retourné vers les grands prêtres pour leur indiquer où se trouverait Jésus.

Q : Dans Mt 26, 34, Mc 14, 30-71 et Lc 22, 34, combien de fois Pierre a-t-il renié le Christ et combien de fois le coq a-t-il chanté ?

R : Matthieu 26, 34, Luc 22, 34 et Jean 13, 38 indiquent qu’avant que le coq ne chante (un nombre de fois non précisé), Pierre renierait Jésus trois fois. Marc 14, 30 précise qu’avant que le coq ne chante deux fois, Pierre renierait Jésus trois fois.

1. Le premier reniement se trouve dans Matthieu 26:70, Marc 14:68 et Luc 22:57.

2. Le deuxième reniement figure dans Matthieu 26, 72, Marc 14, 70 et Luc 22, 58.

3. Le troisième reniement figure dans Matthieu 26, 74 ; Marc 14, 71 et Luc 22, 60.

Le coq a chanté une deuxième fois dans Matthieu 26, 75 ; Marc 14, 72 et Luc 22, 60. Les Écritures ne précisent pas si le coq a chanté les deux fois après le troisième reniement de Pierre, ou s’il a chanté une première fois auparavant, puis une deuxième fois après ce troisième reniement. Quoi qu’il en soit, cela n’a pas vraiment d’importance.

Q : Dans Matthieu 26, 40, 42, 44 et Marc 14, 27, 40, 41, pourquoi les disciples dormaient-ils, alors que Jésus leur avait expressément demandé de ne pas le faire, mais de veiller et de prier pour lui ?

R : Ils n’auraient pas dû dormir. Les disciples étaient probablement très fatigués après le stress d’avoir été là où ils savaient que les chefs voulaient arrêter Jésus. Ils pensaient sans doute que le jardin était un endroit sûr, et dans ce cadre paisible, la fatigue les a emportés.

Jésus n’a même pas bénéficié de leur soutien ni de leurs prières, mais seulement de leurs ronflements.

Q : Dans Mt 26, 69-75 ; Mc 14, 66-72 ; Lc 22, 54-62 ; Jn 18, 15-18, 25-27, comment conciliez-vous ces quatre récits, en particulier le deuxième reniement ?

R : Il n’y a aucun problème si vous vous rappelez que les foules ne sont généralement pas silencieuses. Examinons d’abord la chronologie des événements, puis éliminons ce qui n’est pas la réponse, et enfin donnons la réponse.

Déroulement des événements :

1. Comme « ce disciple » [Jean] était connu du grand prêtre, il entra dans la cour. Puis il ressortit, s’adressa à la jeune fille/servante/domestique de service et fit entrer Pierre par la porte. Jn 18, 15-16

2. Première accusation : dans la cour, une jeune fille/servante du grand prêtre qui se trouvait à la porte s’est approchée de lui (Mt), est passée près de lui (Mc), a regardé Pierre à la lueur du feu et lui a dit qu’il était avec Jésus. Pierre se réchauffait dans la cour. Mt 26, 69 ; Mc 14, 66-67 ; Lc 22, 54-56 ; Jn 18, 17a

3. Premier reniement : Pierre renia Jésus en disant : « Femme, je ne le connais pas » (Lc), « Je ne sais pas de quoi vous parlez » (Mt) ou « Je ne sais pas et je ne comprends même pas de quoi vous parlez » (Mc), devant tout le monde (Mt). Mt 26, 70 ; Mc 14, 68 ; Lc 22, 57 ; Jn 18, 17

4. Deuxième série d’accusations : Pierre se rendit alors à la porte (Mt), et une autre jeune fille [allu] dit à la foule : « Cet homme était avec Jésus de Nazareth » (Mt). On accusa Pierre en disant : « Vous aussi, vous êtes l’un d’entre eux. » (Lc) La servante (Mc), voyant à nouveau Pierre, dit à la foule : « Cet homme est l’un d’entre eux. » (Mc) On demanda à Pierre : « N’êtes-vous pas, vous aussi, l’un de ses disciples ? » (Jn) Mt 26, 71 ; Mc 14, 69 ; Lc 22, 58a ; Jn 18, 25a

5. Deuxième reniement : Pierre, en jurant, dit : « Je ne le suis pas » (Jn), « Homme [anthrope], je ne le suis pas » (Lc), « Je ne connais pas cet homme ! » (Mt), et renia Jésus une seconde fois. Mt 26, 72 ; Mc 14, 70a ; Lc 22, 58b ; Jn 18, 25b

6a. Troisième série d’accusations : Environ une heure plus tard (Lc), ceux qui se tenaient là [une petite foule ?] dirent que Pierre était l’un des leurs et mentionnèrent son accent galiléen. Mt 26, 73 ; Mc 14, 70b ; Lc 22, 59

6b Soit avant, soit après le point 6a, l’un des serviteurs du grand prêtre, un parent de l’homme à qui Pierre avait coupé l’oreille, accusa Pierre en affirmant l’avoir vu dans le jardin des oliviers. Jn 18, 26

7. Troisième reniement : Pierre jura et dit : « Je ne sais pas de quoi vous parlez » (Lc), « Je ne connais pas cet homme ! » (Mt) ou « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez ! » (Mc, Jn), et renia Jésus une troisième fois. Aussitôt, alors qu’ils se trouvaient encore dans la maison, le coq chanta. Jésus regarda Pierre (Mt 26, 74-75 ; Mc 14, 71-72 ; Lc 22, 60-62 ; Jn 18, 27).

Ce qui n’est pas la bonne réponse :

Un ordre différent n’est pas la bonne réponse, car les récits évangéliques utilisent des expressions telles que « peu après », « après » et « environ une heure plus tard ».

Il est tout à fait possible qu’il y ait eu plus de trois reniements, comme l’a suggéré une personne, mais il n’y a aucune raison convaincante pour laquelle Jésus aurait dit que Pierre le renierait trois fois alors qu’il l’a fait plus de trois fois.

La réponse : (La foule ne reste pas silencieuse)

Après le premier reniement de Pierre, un peu plus tard, une deuxième jeune fille s’adressa à la foule au sujet de Pierre. La cour se trouvait à l’intérieur d’une maison et n’était probablement pas très grande. Vous attendriez-vous à ce que la première jeune fille reste silencieuse ? – Presque certainement pas. Elle répéterait ce qu’elle avait dit à Pierre. Vous attendriez-vous à ce que la foule reste silencieuse face à cette grave accusation ? – Très peu probable. Ce n’est pas un homme qui a accusé Pierre, mais qui lui a demandé s’il était avec Jésus. C’est pourquoi, bien que les femmes aient accusé Pierre, c’est à l’homme qu’il a répondu.

De même, lors du troisième reniement, vous attendriez-vous à ce que quelqu’un s’adresse à la foule sans que personne dans celle-ci ne dise quoi que ce soit ? Outre ces deux propos, d’autres paroles ont probablement été échangées.

Q : Dans Mc 14,1, comment la femme (Marie-Madeleine) a-t-elle oint Jésus deux jours avant la fête de la Pâque, puisque cela s’est produit six jours avant le repas pascal ?

R : Les mots « la fête de » dans la traduction de la Bible du roi Jacques ne figurent ni dans le texte grec original, ni dans les traductions plus modernes.

Q : Dans Mc 15,25, Jésus a-t-il été crucifié à la troisième heure, ou son procès a-t-il eu lieu à la sixième heure, comme le dit Jn 19,14 ?

R : Tout d’abord, un fait qui ne fait pas partie de la réponse, puis la réponse.

Fait ne faisant pas partie de la réponse : comme l’ont souligné Eusèbe et d’autres, la manière grecque d’écrire les chiffres trois et six ne différait que par un seul trait ; il pourrait donc s’agir d’une erreur de copiste. Ce n’est pas la réponse, car la partie suivante explique pourquoi ces deux moments devraient être distincts.

La réponse :

Marc utilisait le jour juif, qui commençait à 6 h du matin ; Jésus a donc été crucifié vers 9 h. Jean, s’adressant principalement à des lecteurs païens, utilisait le jour romain (Jean 1, 39 ; 4, 6 ; 19, 14), qui commençait à minuit ; le procès a donc commencé vers 6 h du matin.

À titre d’information historique, les Romains et les Grecs faisaient commencer la journée à minuit. Le célèbre astronome Claude Ptolémée (IIe siècle après J.-C.) faisait commencer chaque demi-journée à minuit et à midi, et c’est apparemment de là que proviennent les abréviations « A.M. » et « P.M. », selon The Expositor’s Bible Commentary, vol. 2, p. 619.

Q : Le sceptique Bart Ehrman affirme que Jésus était apocalyptique (qu’il se concentrait sur la fin des temps) dans l’Évangile selon Marc, mais pas dans celui selon Jean (Jesus, Interrupted, p. 81)

R : Jésus tenait un discours apocalyptique (il parlait de la fin des temps) dans trois évangiles : Matthieu 24-25, Marc 13 et Luc 17, 20-37. Il est généralement admis que l’Évangile selon Jean a été rédigé plus tard que les autres évangiles. L’Évangile selon Jean est à peu près aussi long que les autres évangiles. Il fournit de nombreux détails sur les discours qui ne figurent pas dans les autres évangiles, mais il n’a apparemment pas jugé nécessaire de répéter ce que les autres évangiles avaient déjà exposé très clairement. Bien sûr, le livre de la Bible qui contient le plus de passages apocalyptiques n’est pas un évangile, mais l’Apocalypse, rédigée par Jean.

Q : Dans Mt 26, 14-16 ; Mc 14, 43-45 ; Lc 22, 1-6 ; et Jn 18, 2, Ehrman estime que le fait que Judas ait révélé aux Juifs où se trouvait Jésus n’avait pas une grande importance ; Judas leur aurait plutôt dit que Jésus se considérait comme le roi des Juifs, et qu’ils pouvaient utiliser cette information pour convaincre les Romains de le faire exécuter. Il admet qu’il s’agit là d’une « interprétation plus inhabituelle ». [Qu’en est-il de l’entrée triomphale ?] (Jesus, Interrupted, p. 170-171)

R : C’est la seule personne dont j’ai entendu parler qui ait cette interprétation originale. Ehrman affirme que les chefs juifs auraient pu suivre Jésus et s’emparer de lui, mais qu’ils ne disposaient pas d’un chef d’accusation suffisamment solide pour que les Romains le condamnent. Ehrman soutient donc essentiellement qu’il était important pour les chefs juifs : a) de prouver qu’il prétendait être un roi, et b) d’être en mesure de s’emparer de Jésus lorsque la foule ne pouvait plus le protéger. Et en quoi le fait que Judas affirme que Jésus ait tenu ces propos constituerait-il à lui seul un témoignage crédible ?

Qu’en est-il des rameaux de palmier et de l’entrée triomphale ? Cela leur aurait déjà fourni un motif d’accusation. Quant à suivre Jésus alors qu’il disparaissait chaque nuit parmi ses disciples, il leur aurait fallu un espion, quelqu’un capable de se mêler à ses disciples et de leur faire rapport. Les chefs juifs avaient un espion : Judas.

Q : Dans Mt 26, 26-29 et Mc 14, 22-23, Jésus lui-même a-t-il réellement mangé le pain et bu à la coupe lors de la Cène ?

R : Oui, Jésus a mangé avec eux, selon Luc 22, 15-16. Il aurait semblé très étrange aux disciples de prendre un repas complet alors que Jésus ne mangeait rien.

Q : Dans Matthieu 26, 26-29, Marc 14, 17-26, Luc 22, 15-38, Jean 13, 3-29 et 1 Corinthiens 11, 24-25, qu’a dit exactement Jésus lors de la Cène ?

R : Aucun récit ne prétend être une description mot pour mot.

Voici ce que nous pouvons en déduire.

Avant le repas

Jésus a lavé les pieds de ses disciples et a parlé du service (Jean 13, 3-20).

Première déclaration

« J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir. Car je vous le dis, je ne la mangerai plus jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le royaume de Dieu. » (Luc 22, 15-16) Ces paroles ont peut-être également été prononcées juste avant ou après la cinquième déclaration.

Deuxième déclaration

« En vérité, je vous le dis, l’un de vous me trahira. » (Matthieu 26, 21)

« En vérité, je vous le dis, l’un de vous qui mange avec moi me trahira. » (Marc 14, 18b)

« En vérité, en vérité, je vous le dis, l’un de vous me trahira. » (Jean 13, 21b)

Troisième déclaration

« Celui qui a trempé sa main dans le plat avec moi me trahira… » (Matthieu 26, 23-24)

« C’est l’un des Douze, celui qui trempe sa main dans le plat avec Moi. Le Fils de l’homme s’en ira comme il est écrit à son sujet, mais malheur à cet homme par qui il est trahi ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne fût jamais né. » (Marc 14, 20b-21)

Jésus répondit : « C’est celui à qui je donnerai ce morceau après l’avoir trempé. » (Jean 13, 26a)

Quatrième déclaration

« C’est vous-même qui l’avez dit. » (Matthieu 26, 25)

Cinquième déclaration

« Ce que vous vous apprêtez à faire, faites-le vite. » (Jean 13, 27 et suivants)

Sixième déclaration

« Prenez ceci et partagez-le entre vous. Car je vous le dis, je ne boirai plus du fruit de la vigne à partir de maintenant jusqu’à ce que vienne le royaume de Dieu. » (Luc 22, 17b-18)

Septième déclaration

« Prenez et mangez ; ceci est mon corps. » (Matthieu 26, 26)

« Prenez-le ; ceci est mon corps » (Marc 14, 22).

« Voici mon corps, donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. » (Luc 22, 19b)

« Voici mon corps, qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. » (1 Corinthiens 11, 24)

Une prière

Il rendit grâce pour la coupe (Matthieu 26, 27)

Huitième déclaration

« Buvez-en tous. Voici mon sang, le sang de l’alliance, qui est versé pour beaucoup en pardon des péchés. Je vous le dis, je ne boirai plus de ce fruit de la vigne à partir de maintenant jusqu’au jour où je le boirai à nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. » (Matthieu 26, 27b-29)

« C’est là mon sang de l’alliance, versé pour beaucoup. En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’au jour où j’en boirai de nouveau dans le royaume de Dieu. » (Marc 14, 24b-25)

« Cette coupe, c’est la nouvelle alliance en mon sang, qui est versé pour vous. Voici, la main de celui qui me trahit est avec la mienne sur la table. En effet, le Fils de l’homme s’en ira comme il a été décidé, mais malheur à cet homme qui le trahit. » (Luc 22, 20b-22)

« Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci, chaque fois que vous en buvez, en mémoire de moi. » (1 Corinthiens 11, 25b)

La dispute pour savoir qui était le plus grand (Luc 22, 25-31)

Annonce à Pierre que le coq chantera lorsque Pierre l’aura renié trois fois (Luc 22, 34)

Discussion au sujet de la bourse et des épées (Luc 22, 35-38)

Chant d’un cantique (Matthieu 26, 30 ; Marc 14, 26)

Les citations bibliques sont tirées de la BSB.

Q : Dans Mt 26, 26-28 ; Mc 14, 22-24 ; Luc 22, 19-21 ; 1 Corinthiens 11, 23-26, un sceptique a avancé que la Cène telle qu’elle est décrite dans la Bible était entièrement inventée, car les Juifs détestaient l’idée de communier au « corps et au sang » ; ainsi, non seulement Jésus l’aurait su, mais ses disciples et les autres Juifs auraient été scandalisés par cette institution et auraient rejeté son enseignement. Y a-t-il un fond de vérité dans cette affirmation ?

R : Non, je n’ai jamais entendu dire que la Cène avait été inventée de toutes pièces. Examinons toutefois cette question.

Si tous les Juifs avaient été révoltés, qu’en est-il alors de Paul, l’ancien pharisien ? Tout d’abord, en tant que chrétien, il n’était pas révolté, et il continuait d’enseigner cela à d’autres, y compris à des Juifs.

Lors de la Pâque, le sang de l’agneau était appliqué sur les montants de la porte ; les Juifs connaissaient donc bien les sacrifices sanglants et le sacrifice des agneaux.

Jean-Baptiste a bel et bien appelé Jésus « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » dans Jean 1, 29.

Cela ressemble à une accusation novatrice du XXe siècle, dépourvue de tout contexte historique. Il faudrait d’abord trouver dans le Talmud, dans les écrits juifs postérieurs, dans les écrits chrétiens anciens et plus récents, dans les écrits romains, ou ailleurs, au moins quelques preuves que les Juifs rejetaient cette pratique, que les chrétiens ne la mettaient pas en œuvre, etc. On pourrait affirmer que Jésus venait en réalité de Nouvelle-Zélande, mais sans présenter la moindre preuve concrète, les gens y croiraient-ils pour autant ?

Quoi qu’il en soit, voici des preuves, en dehors de la Bible, que la Cène était bel et bien pratiquée. Des milliers de premiers chrétiens sont morts pour leur foi. Ils ont été accusés d’être athées (parce qu’ils ne croyaient pas aux dieux des Romains) et d’être des cannibales (une déformation de la vérité, car ils mangeaient et buvaient le corps et le sang du Christ lors de la Cène). Or, pourquoi auraient-ils été faussement accusés de cannibalisme s’ils n’avaient pas pris part à la Cène du Seigneur ?

Ignace, disciple de l’apôtre Jean qui est mort avant l’an 116 après J.-C., mentionne la Cène du Seigneur dans sa Lettre aux Romains, chapitre 7, p. 77. « Je désire le pain de Dieu, le pain céleste, le pain de vie, qui est la chair de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, devenu par la suite de la descendance de David et d’Abraham ; et je désire la boisson de Dieu, à savoir Son sang, qui est amour incorruptible et vie éternelle. »

« Veillez donc à n’avoir qu’une seule Eucharistie. Car il n’y a qu’une seule chair de notre Seigneur Jésus-Christ et une seule coupe pour [manifester] l’unité de son sang » ; Lettre d’Ignace aux Philadelphiens, chapitre 4, p. 81.

Justin le Martyr, dans sa Première Apologie (147-151 apr. J.-C.), chapitre 66, p. 185 « Et cette nourriture s’appelle chez nous Eucharistia [l’Eucharistie], à laquelle nul n’est autorisé à prendre part, si ce n’est celui qui croit que les choses que nous enseignons sont vraies, qui a été lavé par le baptême destiné au pardon des péchés et à la régénération, et qui mène une vie conforme à ce que le Christ a prescrit. Car nous ne recevons pas ces éléments comme du pain ordinaire et une boisson ordinaire ; mais de la même manière que Jésus-Christ, notre Sauveur, s’étant fait chair par la Parole de Dieu, avait à la fois chair et sang pour notre salut, de même nous avons appris que la nourriture qui est bénie par la prière de Sa parole, et dont notre sang et notre chair sont nourris par transmutation, est la chair et le sang de ce Jésus qui s’est fait chair. »

Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.), dans son ouvrage Contre les hérésies, livre 5, chapitre 2, p. 528, a écrit : « Mais si cette [chair] n’atteint en effet pas le salut, alors ni le Seigneur ne nous a rachetés par Son sang, ni la coupe de l’Eucharistie n’est la communion de Son sang, ni le pain que nous rompons n’est la communion de Son corps. »

Ainsi, soit

a) Jésus a bel et bien célébré la Cène, ou

b) Matthieu, Marc, Luc, Paul, Ignace, Justin le Martyr, Irénée et tous les autres auteurs de l’Église primitive se sont complètement trompés.

c) Ils n’ont pas écrit cela ; au fil des siècles, ces passages ont été systématiquement ajoutés à leurs écrits.

Pour répondre à l’objection c), il faut connaître les dates des manuscrits les plus anciens qui contiennent les versets en question. Voici les versets précis qui, au cours de la Cène, mentionnent spécifiquement le corps et le sang de Jésus.

Matthieu 26, 26-28

p45 Chester Beatty I (les quatre Évangiles et les Actes) (100-150 apr. J.-C.) (que l’on pensait auparavant dater de la fin du IIe ou du début du IIIe siècle apr. J.-C.) (Mt 20, 24-32 ; 21, 13-19 ; 25, 41-26, 39

p. 37 (= Ann Arbor 1570) Mt 26, 19-52 (milieu du IIIe siècle)

Le Vaticanus (325-350 apr. J.-C.) et le Sinaiticus (340-350 apr. J.-C.) contiennent l’intégralité de l’Évangile selon Matthieu. Une photographie d’une page de l’Évangile selon Matthieu tirée du Codex Sinaiticus figure dans le New International Dictionary of the Bible, p. 2004.

L’Alexandrinus [A] (vers 450 apr. J.-C.) n’a conservé que Matthieu 25, 7 jusqu’à la fin.

Marc 14, 22-24

Le Vaticanus [B] (325-350 apr. J.-C.), le Sinaiticus [Si] (340-350 apr. J.-C.) et l’Alexandrinus [A] (vers 450 apr. J.-C.) contiennent l’intégralité de l’Évangile selon Marc.

Luc 22, 19-21

p. 75, papyrus Bodmer 14/15 (la majeure partie de Luc et de Jean) : contient Luc 3, 18-22 ; 3, 33-4, 2 ; 4, 34-5, 10 ; 5, 37-6, 4 ; 6, 10-7, 32 ; 7, 35-39, 41-43 ; 7, 46-9, 2 ; 9, 4-17, 15 ; 17, 19-18, 18 ; 22, 4-24, 53. Il est généralement daté de 175 à 200 apr. J.-C., ou de 175 à 225 apr. J.-C. Cependant, son écriture est très similaire à celle d’un autre document, le papyrus Fuad XIX, dont on sait qu’il a été rédigé entre 145 et 146 apr. J.-C.

Le Vaticanus [B] (325-350 apr. J.-C.), le Sinaiticus [Si] (340-350 apr. J.-C.) et l’Alexandrinus [A] (vers 450 apr. J.-C.) contiennent l’intégralité de l’Évangile selon Luc.

1 Corinthiens 11, 23-26

p. 46 Chester Beatty II, 100-150 apr. J.-C. 1 Co 1, 1-9, 2 ; 9, 4-14, 14 ; 14, 16-15, 15 ; 15, 17-16, 22

Le Vaticanus [B] (325-350 apr. J.-C.), le Sinaiticus [Si] (340-350 apr. J.-C.) et l’Alexandrinus [A] (vers 450 apr. J.-C.) contiennent l’intégralité de la première épître aux Corinthiens.

Q : Dans Mt 26, 27b-29, Mc 14, 24b-25, Lc 22, 20b-22 et 1 Co 11, 25b, ont-ils pris la coupe après le pain, ou avant le pain, comme le montre clairement Lc 22, 17b-18 ?

R : Les deux. Lors de la Pâque juive, quatre coupes étaient bues à différents moments du repas. C’est lors de la dernière coupe, après le repas, que Jésus a dit : « Ceci est le sang de la nouvelle alliance… » Même sans connaître les coutumes juives, on pouvait tout de même trouver la réponse, puisque Luc 22 mentionne à la fois la coupe avant le pain et la coupe après le pain.

Notez que dans Matthieu, Jésus ordonne à tous de boire la coupe. Cela va à l’encontre de l’ancienne pratique catholique romaine selon laquelle seuls les prêtres recevaient le pain.

De plus, F.L. Godet, dans son commentaire sur 1 Corinthiens, p. 63, affirme que la Cène est « le lien entre ses deux venues : le mémorial de l’une, le gage de l’autre ».

Q : Dans Luc 22, 31 et 34, Jésus a-t-il dit que Pierre le renierait pendant la Pâque, ou après leur départ, comme l’indiquent Matthieu 26, 34, Marc 14, 30 et Jean 13, 38 ?

R : Cette déclaration aurait tellement stupéfié Pierre qu’il aurait probablement pensé ne pas avoir bien entendu si Jésus ne l’avait pas répétée après la Pâque. Soit dit en passant, les Écritures ne précisent pas non plus que Jésus n’ait dit cela qu’à deux reprises.

Q : Dans Matthieu 26, 57-68 et Marc 14, 53-65, le procès de Jésus a-t-il eu lieu la nuit, ou bien le matin, comme l’indiquent Luc 22, 54-71 et Matthieu 27, 1, 2, 11-26 ?

R : Les deux, car il y eut un procès devant le Sanhédrin juif et un autre devant Pilate.

Le procès devant le Sanhédrin juif, décrit dans Matthieu 26, 57-68 et Marc 14, 53-65, a commencé au milieu de la nuit et s’est terminé à l’aube. Soit dit en passant, la loi juive interdisait de tenir un procès de nuit.

Luc ne fait pas état de ce procès, si ce n’est du point de vue de Pierre qui se tenait à l’extérieur. Jésus entra dans la maison du grand prêtre, puis lui et les prêtres sortirent de la maison.

Le coq chanta peu avant l’aube, comme le rapportent Matthieu 26, 74-75 ; Marc 14, 72 ; et Luc 22, 60-62.

Puis l’aube se leva, comme le rapportent Matthieu 27, 1 ; Marc 15, 1 ; et Luc 22, 66.

Jésus fut ensuite jugé devant le gouverneur romain Ponce Pilate, comme le rapportent Matthieu 27, 1-2, 11-26 ; Marc 15, 1-5 ; et Luc 23, 1-5. Voir également la question suivante.

Q : Dans Matthieu 26, 57-68, Marc 14, 53-65 et Luc 22, 60-62, quel était le déroulement des événements avant le procès devant le Sanhédrin ?

R : Voici le déroulement des événements.

1. Ils se sont d’abord rendus chez Anne, beau-père du grand prêtre Caïphe, juste après l’arrestation de Jésus à Gethsémani (Luc 22, 54 ; Jean 18, 12-13).

2. Soit dans Jean 18, 24, soit plus tôt, Jésus fut envoyé chez Caïphe. Matthieu 26, 56-57 et Marc 14, 51-53 omettent ce détail précédent et mentionnent simplement qu’ils se rendirent chez Caïphe.

3. Pierre a renié Jésus une première fois (Matthieu 26, 70 ; Marc 14, 68 ; Luc 22, 57 ; Jean 18, 17).

4. Peu après, Pierre a renié Jésus une deuxième fois (Matthieu 26, 71 ; Marc 14, 69 ; Luc 22, 58 ; Jean 18, 25).

5. Environ une heure plus tard, Pierre renia Jésus une troisième fois. Ils se trouvaient encore dans la maison lorsque le coq chanta (Matthieu 26, 74 ; Marc 14, 71-72 ; Luc 22, 59-62 ; Jean 18, 27).

6. À l’aube, le Sanhédrin demanda à Jésus (ou lui demanda à nouveau) : « Si tu es le Christ, dis-le-nous. » Et ils prirent une décision (Matthieu 27, 1 ; Marc 15, 1 ; Luc 22, 66-71).

7. Il était désormais tôt le matin, et Jésus, accompagné des prêtres, quitta la maison de Caïphe et se rendit à son procès devant le gouverneur romain Pilate (Matthieu 27, 2 ; Marc 15, 1 ; Luc 23, 1 ; Jean 18, 28-38).

8. Pilate envoya Jésus à Hérode, comme le rapporte Luc 23, 7-11a.

9. Hérode renvoya Jésus à Pilate (Luc 23, 11b-12).

10. La nuit précédente, la femme de Pilate avait rêvé qu’elle ne voulait pas être mêlée à la condamnation de Jésus. Matthieu 27, 19

11. Pilate leur demanda s’ils voulaient que Barabbas ou Jésus soit libéré (Matthieu 27, 15-27 ; Luc 23, 18-25 ; Jean 18, 39-40).

Q : Dans Matthieu 27, 2, pourquoi Ponce Pilate est-il appelé « gouverneur », alors qu’il était en réalité préfet ?

R : Un préfet (praefectus) était un terme plus spécifique désignant le gouverneur d’une petite région difficile à gouverner.

Q : Dans Matthieu 27, 2, 11-26, alors que Pilate était connu, en dehors de la Bible, pour être un dirigeant cruel et injuste, pourquoi les Évangiles le présentent-ils comme un homme faible et très soucieux de donner l’impression d’être impartial ?

R : Il existe deux explications complémentaires.

Une position précaire : il se peut que le comportement de Pilate ait changé vers l’an 33 après J.-C., car à cette époque, il s’était rendu compte que sa position auprès de l’empereur était très précaire. Pilate avait en effet ordonné que des boucliers portant le nom de l’empereur soient placés dans le palais d’Hérode à Jérusalem. Les Juifs firent appel à l’empereur romain, et Tibère lui-même ordonna directement à Pilate de retirer ces boucliers.

Une deuxième source d’inquiétude tenait au fait que Pilate avait été nommé à son poste grâce à l’influence de son mentor, l’antisémite Séjan. Séjan fut exécuté par Tibère le 18 octobre de l’an 31 après J.-C., et Pilate avait probablement appris la nouvelle dès l’an 33 après J.-C. Auparavant, Tibère n’avait pas hésité à punir des concitoyens romains pour extorsion et trahison. Pilate lui-même fut démis de ses fonctions en 36/37 apr. J.-C.

Deux facettes : en outre, le « Expositor’s Bible Commentary », volume 8, p. 559-560, mentionne également un deuxième facteur. « Sur le plan psychologique, une personne qui est, au fond, faible, peu sûre d’elle et égoïste peut, lorsqu’elle est placée en position de pouvoir, se montrer despotique et insensible. En d’autres termes, le caractère de Pilate n’a pas changé ; c’est simplement qu’il en montrait une autre facette. Le comportement de Pilate, bien qu’il puisse sembler quelque peu « favorable à Jésus », ne l’était en réalité pas, comme le montrent la torture et la crucifixion de Jésus. Plutôt que d’être « favorable à Jésus », Pilate était en réalité « opposé au Sanhédrin ».

Ponce Pilate n’était pas un homme sûr de lui. Après que Tibère l’eut démis de ses fonctions en 36/37 apr. J.-C., Pilate s’est suicidé, selon Eusèbe.

Q : Dans Mt 27, 2-14, Mc 15, 2-15 ; Lc 23, 1-24 et Jn 19, 1-15, en dehors de la Bible, quelles preuves existe-t-il de l’existence de Ponce Pilate ?

R : Il existe six preuves indépendantes en dehors de la Bible.

1. L’historien romain non chrétien Tacite (100 apr. J.-C.), dans ses Annales 15, 44, écrit : « Christus, dont les [chrétiens] tirent leur nom, avait été exécuté sur ordre du procurateur Ponce Pilate, sous le règne de l’empereur Tibère ; »

2. L’ouvrage *La Bible en tant qu’histoire*, p. 373, présente une illustration de l’avers et du revers d’une pièce de monnaie émise par le procurateur romain Ponce Pilate.

3. Une inscription mentionnant Ponce Pilate a été découverte en 1961 au théâtre romain du port de Césarée. Une photographie de cette inscription figure dans le *Wycliffe Bible Dictionary* (p. 1 343), le *Wycliffe Dictionary of Biblical Archaeology* (p. 456) et *The Archaeology of the New Testament* (Finnegan, p. 138-139). Les parties conservées se lisent comme suit :

Au peuple de Césarée

Tiberieum

Ponce Pilate

Préfet de Judée

Le *Dictionnaire du contexte du Nouveau Testament*, p. 534, et *L’archéologie du Nouveau Testament* (Blaiklock), p. 58, mentionnent également ce fait.

4. Philon le Juif rapporte également que Ponce Pilate avait fait venir des boucliers en or portant le nom de l’empereur Tibère et les avait accrochés dans le palais d’Hérode. Les Juifs ont jugé cela offensant et se sont plaints à Tibère, qui a ordonné à Pilate de retirer les boucliers, ce qui a probablement fait perdre la face à Pilate. (Sur l’ambassade auprès de Gaius 38-39 (299-306), p. 784-785.

5. Josèphe, dans *Antiquités judaïques* 18.3.1 (rédigé vers 93-94 apr. J.-C.) et *La Guerre des Juifs* 2.9.2, mentionne également Ponce Pilate en tant que gouverneur.

6. Les auteurs chrétiens des premiers temps.

Ignace (mort en 107/116 apr. J.-C.) dans la Lettre aux Magnésiens, chapitres 11-12, p. 64, mentionne Ponce Pilate

Jésus a véritablement été persécuté sous Ponce Pilate, véritablement crucifié, est mort et est ressuscité d’entre les morts. Lettre d’Ignace aux Tralliens, chap. 9, p. 70

Justin le Martyr (vers 150 apr. J.-C.) : Jésus-Christ a été crucifié sous Ponce Pilate. « …et nous l’adorons à juste titre, ayant appris qu’Il est le Fils du vrai Dieu Lui-même, et Le plaçant en deuxième position, et l’Esprit prophétique en troisième, et nous le prouverons. » Première Apologie de Justin le Martyr, chap. 13, p. 166-167

Crucifié sous Ponce Pilate. Première Apologie de Justin Martyr, chap. 61, p. 183

Méliton de Sardes (170-180 apr. J.-C.) : dans *Les Pères anténicéens*, vol. 8, chap. 4, p. 757, il est dit que Jésus a été condamné par Pilate.

Irénée, dans *Contre les hérésies* (182-188 apr. J.-C.), livre 3, chap. 4.2, p. 417, affirme que Jésus, « qui a uni l’homme à Dieu par Lui-même », a souffert sous Ponce Pilate et est ressuscité. Jésus est le Juge de ceux qui sont jugés.

Clément d’Alexandrie (193-217/220 apr. J.-C.) cite 1 Timothée 6, 13 et mentionne Ponce Pilate. Fragment 4, p. 579 (Histoire ecclésiastique d’Eusèbe, livre 6, chapitre 14)

Tertullien (198-220 apr. J.-C.) mentionne Ponce Pilate dans son Apologie, chapitre 21, p. 35

Hippolyte, évêque de Portus (222-235/6 apr. J.-C.), mentionne Caïphe, Hérode et le fait d’avoir été flagellé par Pilate. Contre l’hérésie de Noëtus, chap. 18, p. 230

Origène (225-254 apr. J.-C.) affirme que la foule aurait influencé Pilate pour qu’il condamne Jésus. Il mentionne également son hostilité envers Hérode et leur amitié apparente. Commentaire d’Origène sur Matthieu, livre 12, chapitre 1, p. 449-450.

Cyrille de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.) « finit par s’emparer de Lui [Jésus] et Le livra à Ponce Pilate, qui était alors procurateur de Syrie au nom des Romains, exigeant avec une urgence violente et obstinée Sa crucifixion et Sa mort. » Traités de Cyrille, traité 7, chap. 13, p. 468

Pierre d’Alexandrie (306, 285-311 apr. J.-C.) mentionne que Jésus fut livré à Pilate. Épître canonique, canon 9, p. 273

Lactance (vers 303-vers 325 apr. J.-C.) mentionne qu’après la trahison de Jésus par Judas, les Juifs ont conduit Jésus devant Ponce Pilate. *Institutions divines*, livre 4, chapitre 18, p. 119. Il mentionne Hérode au chapitre 18, p. 120.

Athanase (331 apr. J.-C.) mentionne que Pilate, lors du procès du Christ, s’est lavé les mains. Histoire des Ariens, chapitre 68, p. 295

Eusèbe, l’historien de l’Église chrétienne (318 apr. J.-C.), mentionne Ponce Pilate et indique qu’après avoir été démis de ses fonctions, celui-ci s’est donné la mort.

Ponce Pilate fut gouverneur de Judée, succédant à Gratus, de 26 à 36/37 apr. J.-C.

Q : Dans Mt 27, 2-14, Mc 15, 2-15 ; Lc 23, 1-24 et Jn 19, 1-15, en dehors de la Bible, que savons-nous d’autre sur Ponce Pilate ?

R : « Ponce » était une famille romaine. « Pilatus » signifie « celui qui est armé d’un pilum », c’est-à-dire d’un javelot. La plupart de ce que nous savons sur Ponce Pilate provient de Josèphe. L’empereur Tibère César avait un ami nommé Séjan, qui souhaitait exterminer tous les Juifs, et Ponce Pilate ainsi que son contemporain Flaccus étaient probablement des protégés de Séjan. Lorsque Ponce Pilate devint gouverneur (ou procurateur) des Juifs en 26 apr. J.-C., il fut le premier à faire entrer à Jérusalem les étendards à l’effigie de César. Lorsque les Juifs demandèrent qu’on les retire, Pilate les encercla de soldats et menaça de les tuer. Josèphe rapporte que les Juifs se jetèrent à terre pour montrer qu’ils préféraient mourir plutôt que d’enfreindre leur loi. Pilate retira les étendards et les emporta à Césarée.

Pilate préleva ensuite l’argent du trésor du temple pour construire un aqueduc destiné à acheminer l’eau jusqu’à Jérusalem. Lorsque les Juifs protestèrent, Pilate fit infiltrer dans la foule des soldats déguisés en civils, qui tuèrent de nombreuses personnes parmi l’assemblée. Luc 13, 1 rapporte également que Pilate fit tuer des Galiléens, dont il mêla le sang à celui de leurs sacrifices.

Lorsque des Samaritains se rassemblèrent sur une montagne pour contempler les récipients sacrés que Moïse aurait placés là, Pilate envoya des troupes pour leur tendre une embuscade et les tuer. Les Samaritains firent appel à Vitellius, le légat de Syrie, qui envoya Marcellus prendre temporairement la direction de la Judée et ordonna à Pilate de se rendre à Rome en déshonneur en 36/37 apr. J.-C. pour rendre compte de ses actes à César. Séjan avait été exécuté le 18 octobre de l’an 31 après J.-C., et Tibère tentait de renverser la politique antisémite. L’empereur Tibère mourut le 16 mars de l’an 37 après J.-C., alors que Pilate était en route pour Rome. Pilate ne revint jamais en Judée. La tradition rapporte qu’il se serait donné la mort par noyade dans l’actuelle Autriche ou en Suisse.

Philon le Juif rapporte qu’Hérode Agrippa Ier qualifiait Pilate d’« homme naturellement inflexible, mélange d’obstination et d’impitoyabilité ».

L’ouvrage *Handbook for Solving Bible Difficulties* (Guide pour résoudre les difficultés bibliques), p. 60, émet l’hypothèse que la position de Pilate auprès de l’empereur était particulièrement précaire. Alors que l’empereur (César) souhaitait la stabilité, Pilate avait failli provoquer des révoltes à trois reprises. L’empereur Tibère venait de faire exécuter plusieurs fonctionnaires pour trahison. Si Pilate avait été vu en train de tolérer quelqu’un qui se prétendait roi, qui ne payait pas d’impôts ou qui voulait son propre royaume, il n’aurait été qu’un de tant d’autres que Tibère avait fait exécuter. Ce point n’échappa pas aux Juifs, qui dirent hardiment à Pilate : « Si vous relâchez ce roi, vous n’êtes pas un ami de César. »

Q : Dans Mt 27, 19-26 ; Mc 15, 7-15 ; Lc 23, 23-25 ; Jn 18, 38-40, combien de personnes se trouvaient dans la foule devant Pilate, Jésus et Barabbas ?

R : Des archéologues ont fouillé la zone située devant le siège du tribunal de Pilate et ont estimé que, selon The Olive Tree Connection (p. 48), ce lieu pouvait accueillir au maximum 150 personnes. Pendant la Pâque, il pouvait y avoir quelques centaines de milliers de personnes à Jérusalem, mais seules 150 pouvaient se trouver devant Pilate. Il aurait été facile pour les prêtres de sélectionner eux-mêmes les personnes qu’ils souhaitaient voir se présenter devant Pilate lorsqu’il proposa de relâcher un prisonnier.

Q : D’après Mt 27, 26 ; Mc 15, 15 ; Lc 23, 20-25 ; Jn 19, 16 ; Ac 2, 23 ; He 12, 2, que savons-nous de la crucifixion avant le Christ ?

R : La crucifixion était une forme d’exécution atroce mais courante chez de nombreux peuples.

Qui et quand : Elle était pratiquée par les Phéniciens, les Carthaginois et les Égyptiens. Hérodote, dans son Histoire 3.125, mentionne que les Perses recouraient à la crucifixion de personnes vivantes. Dans son Histoire 3.159, Hérodote indique également que Darius (512-485 av. J.-C.) fit crucifier 3 000 notables de Babylone. L’Anchor Bible Dictionary, volume 1, p. 1 207, mentionne également que d’autres sources antiques, pas nécessairement fiables, indiquent que la crucifixion était pratiquée par les Indiens, les Assyriens, les Scythes, les Tauriens, les Thraces, les Celtes, les Germains et les Bretons. Jules César rapporte que les Numides recouraient à la crucifixion. Lorsqu’Alexandre le Grand s’empara enfin de la cité phénicienne de Tyr en 332 av. J.-C., il en fit périr 6 000 à 8 000 immédiatement et en fit crucifier 2 000 par la suite.

Des Juifs furent crucifiés par le roi séleucide Antiochus IV (167 av. J.-C.), selon Josèphe dans ses *Antiquités judaïques*, livre 12, chapitre 5, p. 257. Dans les *Antiquités judaïques*, livre 13, chapitre 14.2, p. 285, Flavius Josèphe indique également que le souverain sadducéen Alexandre Jannée (103-76 av. J.-C.) fit crucifier 800 pharisiens à Jérusalem, après avoir tué leurs épouses et leurs enfants sous leurs yeux.

Du côté des Romains, Plaute (mort en 184 av. J.-C.) fut le premier auteur à fournir des preuves de la crucifixion romaine, et celles-ci concernaient des personnes crucifiées avant son époque. Par exemple, 25 esclaves masculins comploteurs furent crucifiés à Rome en 217 av. J.-C. Josèphe indiquait qu’il existait trois principales formes d’exécution romaine : la décapitation ou le fait d’être livré aux bêtes, le bûcher et la crucifixion. Il précisait également que le fait d’être brûlé vif était considéré comme une peine plus clémente que la crucifixion.

D’où les Romains l’ont-ils tirée ? Les Grecs comme les Romains ont emprunté la crucifixion aux Phéniciens. (Les Carthaginois peuvent être considérés comme des « Phéniciens occidentaux »). De nombreuses sources attestent de la pratique de la crucifixion à Carthage, et indiquent que les Romains auraient pu leur emprunter cette pratique.

Vestiges archéologiques : bien que la crucifixion ait été largement mentionnée et pratiquée, nous ne disposons que d’un seul vestige archéologique attestant d’une crucifixion, selon l’ouvrage *La Résurrection du Christ*, p. 36, note de bas de page 28. Ce vestige unique est constitué des ossements d’un homme nommé Yehohanan Ben Hagko. L’un des clous était encore enfoncé dans sa cheville, car apparemment, les personnes qui l’ont enterré n’ont pas pu l’extraire. Ce vestige est répertorié sous la référence 95-2067/5 de l’Autorité des antiquités d’Israël. Crucifixion

En tant que symbole chrétien : il existe des découvertes archéologiques très intéressantes concernant l’utilisation de la croix en tant que symbole. Bien sûr, Paul (vers 52 apr. J.-C.) « prêchait Jésus crucifié » dans 1 Corinthiens 2:2, « se glorifiait dans la croix » dans Galates 6:14, et fut persécuté à cause de la croix dans Galates 5:11 ; 6:12. Mais comment savoir avec certitude à quoi ressemblait la croix ?

Lorsque Herculanum fut détruite par l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C., une maison mise au jour a révélé une croix (une croix latine ressemblant à un « t » minuscule).

À Talpioth, dans la banlieue de Jérusalem, des ossuaires (qui servaient à conserver les ossements) datant d’avant l’an 70 après J.-C. ont été découverts ; leurs quatre côtés étaient marqués d’une croix ressemblant à un signe « plus ».

Selon Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.), celui-ci comparait le crucifix à la lettre grecque Chi (semblable à un X) dans le chapitre 60 de sa Première Apologie.

La croix ressemblait à la lettre grecque « tau », selon les « Cinq livres en réponse à Marcion » de Tertullien, livre 3, verset 120, p. 153.

Athanase (323-326 apr. J.-C.) a déclaré dans *L'Incarnation*, 25, 3, que ce n'est que sur la croix qu'un homme meurt les mains écartées.

Par ailleurs, des graffitis romains se moquant des chrétiens ont été découverts à Rome, sur le mont Palatin. Ils représentent une croix aux bras étendus, comme l’indique l’ouvrage *The Archaeology of the New Testament* (Blaiklock), p. 99.

Q : Dans Mt 27, 15-19, Mc 15, 6-7, Lc 23, 16-18 et Jn 18, 39-40, pourquoi Jésus, qui n’avait pas encore été déclaré coupable, a-t-il été pris en considération pour le « programme de libération par grâce » ?

R : Personne n’a jamais prétendu que la justice romaine était toujours juste. Étant donné que la condamnation de Jésus semblait être une fatalité, j’imagine qu’il semblait logique à Pilate de proposer la grâce d’un homme qui n’avait pas encore été déclaré coupable. Parfois, même les actes de miséricorde peuvent être utilisés à des fins injustes.

Q : Dans Matthieu 27, 19, pourquoi la femme de Pilate se trouvait-elle à Jérusalem ?

R : Les épouses accompagnaient souvent les gouverneurs romains. Avant cette époque, Tacite, dans ses Annales 3, 34-35, mentionne que le Sénat avait débattu d’une proposition de Severus Caecina visant à interdire aux épouses d’accompagner les magistrats, mais cette proposition avait été rejetée.

Q : Dans Mt 27, 34 et Mc 15, 23, d’autres personnes ont-elles proposé à boire à Jésus et celui-ci a-t-il refusé, ou Jésus a-t-il dit : « J’ai soif » et accepté de boire, comme le laisse entendre Jn 19, 28-29 ?

R : Les personnes crucifiées avaient extrêmement soif, et Jésus n’a apparemment pas fait exception à la règle, puisqu’il a dit qu’il avait soif. On lui a offert une éponge imbibée de vinaigre. Cette boisson contenait du fiel, ce qui atténuait la douleur. Jésus a d’abord accepté l’éponge et goûté la boisson, mais il a ensuite refusé d’en boire davantage. Jésus ne voulait pas recourir à un analgésique alors qu’il souffrait pour nos péchés.

Q : D’après Mt 27, 35-36 ; Mc 15, 24 ; Lc 23, 34b ; Jn 10, 23-24, ma femme souhaite se rendre dans un casino en Louisiane pour notre 10e anniversaire de mariage. (En tant que chrétien, cela me met mal à l’aise, mais j’ai cédé à ses souhaits.) Nous avons convenu de ne pas dépenser plus de 200,00 $ au jeu. Ce n’est que la deuxième fois en dix ans que nous nous rendons dans un casino. (La dernière fois que nous y sommes allés, nous avons dépensé tout au plus 100,00 $, et cela remonte à trois ans.) Commettons-nous un péché, selon la Parole de Dieu ?
Personnellement, je ne trouve aucun passage dans les Écritures qui traite directement du jeu. Et je reconnais que l’industrie du jeu rend les gens dépendants, et qu’il s’agit d’un secteur dont l’Amérique pourrait très bien se passer. Pourtant, je doute vraiment de commettre un péché si je mise une somme aussi modeste et si je n’ai visité que deux casinos en dix ans. J’ai même dit à ma femme que, quoi que nous gagnions, nous devrions le donner à une œuvre caritative. J’emporte même des tracts évangéliques à distribuer au casino. Je me dis que quelque chose de bien pourrait ressortir de ce voyage. (Genèse 50:20) =) (Pourtant, cela ne m’aide pas à me sentir mieux à l’idée d’y aller.)

Mais… voici un exemple qui donne à réfléchir : tous les chrétiens devraient-ils cesser d’acheter et de boire du vin (pour les occasions spéciales ou les mariages) puisque l’industrie de l’alcool rend des millions de personnes dépendantes de cette boisson ?

Mais alors, quel genre d’exemple est-ce que je donne à mes enfants ? Et si mon fils grandissait en croyant qu’il n’y a pas de mal à fréquenter les casinos, puis devenait accro au jeu ? D’un autre côté, mon fils pourrait devenir accro au vin ; mais sa dépendance serait-elle de ma faute, puisque je bois du vin ou de la bière en de rares occasions ? (Et je ne suis pas dépendant.)

R : Dans la Bible, il n’y a pas de verset qui interdise directement aux croyants de jouer, et rien ne dit non plus que c’est acceptable. (Il existe des versets tant dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau Testament qui indiquent que boire du vin avec modération est acceptable.)

Bien sûr, en tant que chrétiens, nous ne devons pas nous contenter de lire les commandements de la Bible pour ensuite essayer de nous en éloigner autant que possible sans pour autant enfreindre un commandement. Nous devons plutôt chercher à connaître le cœur de la volonté de Dieu pour nous et nous y conformer. Le jeu est un domaine dans lequel nous devons obéir à Dieu en suivant notre conscience et notre compréhension de ce qui Lui plaît.

Éléments indiquant qu’une certaine forme de jeu pourrait être acceptable

D’autres loisirs sont acceptables : vous avez dit que vous n’étiez pas dépendant et que vous ne dépenseriez pas plus de 200 $. On pourrait dépenser 200 $ dans un parc d’attractions (comme Disneyland) et ce n’est pas nécessairement un péché.

Témoignage chrétien. Puisque vous avez mentionné l’idée d’apporter des tracts de Chick pour que les gens les lisent, vous pourriez vérifier si Chick propose un tract particulièrement adapté aux personnes qui perdent tout leur argent au jeu.

Faites plaisir à votre épouse : si c’est ce que votre épouse souhaite faire, et que cela n’est pas interdit, vous devriez faire quelque chose qui vous plaît à tous les deux.

Éléments indiquant que votre pratique du jeu pourrait ne pas plaire à Dieu

Exemple pour les enfants : votre fils (et vos futurs enfants) deviendront-ils accros au jeu, ou vont-ils même jouer ne serait-ce qu’une seule fois, perdant bêtement de grosses sommes d’argent ? Pour voir si cela pose problème ou non, pourquoi ne pas « vous entraîner » en privé, avec votre femme, à expliquer votre pratique du jeu à votre fils, puisque vous devrez de toute façon le faire plus tard ? Voyez comment il réagira.

Immoralité inévitable : y aura-t-il des spectacles obscènes auxquels vous assisterez dans l’établissement où vous jouez ? Si tel est le cas, vous ne devriez pas jouer, ni faire quoi que ce soit d’autre, à cet endroit.

Que pourriez-vous faire d’autre ? Si vous ne jouez pas, il existe d’autres visites et attractions (ainsi que d’excellents restaurants) auxquelles vous pourriez vous adonner à la place.

Conviction : Pensez-vous que votre malaise soit le Saint-Esprit qui vous interpelle, ou simplement autre chose ?

Peut-être pouvez-vous trouver d’autres arguments « contre ».

Cherchez à suivre Dieu : priez pour savoir ce que Dieu souhaite pour vous dans cette situation. Je n’ai pas de commandement ni d’autorisation directe à vous transmettre, mais je prie pour que vous preniez la meilleure décision.

Q : Dans Mt 27, 38, Mc 15, 32 et Lc 23, 39, les voleurs ont-ils injurié Jésus, ou bien l’un d’eux s’est-il repenti et s’est-il tourné vers Jésus dans Lc 23, 40-43 ?

R : Au départ, les deux larrons ont injurié Jésus. Cependant, le larron à la droite de Jésus a par la suite changé d’avis et a cru en Jésus. Jésus lui a dit qu’aujourd’hui même, il serait avec lui au Paradis.

Q : Dans Mt 27, 44 et Mc 15, 31-32, à quel moment précis les brigands ont-ils injurié Jésus ?

R : Les Écritures ne le précisent pas exactement. Matthieu et Marc mentionnent chacun trois groupes de personnes qui ont injurié Jésus : les passants, les prêtres et les brigands. Cependant, ces versets ne précisent ni l’ordre dans lequel ils l’ont fait – s’ils ne l’ont dit qu’une seule fois – ni le nombre de fois où ils l’ont fait. En général, il est rare que quelqu’un se contente de prononcer une seule phrase injurieuse et s’arrête là.

Aujourd’hui, les chrétiens peuvent être ridiculisés pour leur foi par des criminels, de parfaits inconnus et même de faux chefs religieux.

Q : Dans Luc 21, 7, Jésus a-t-il enseigné sur la fin des temps au Temple, ou sur le mont des Oliviers comme le montrent Matthieu 24, 3-44 et Marc 13, 3-37 ?

R : Jésus a enseigné cela sur le mont des Oliviers, et peut-être pendant qu’ils s’y rendaient. Luc 21 ne dit nulle part que Jésus se trouvait au Temple lorsqu’il a enseigné cela.

Q : Dans Matthieu 27, 32 ; Marc 15, 21 et Luc 23, 26, est-ce Simon de Cyrène qui a porté la croix de Jésus, ou est-ce Jésus lui-même, comme le montre Jean 19, 17 ?

R : Les deux. La coutume voulait généralement que le condamné porte sa propre croix, comme le dit Jean 19, 17. Cependant, Jésus était si affaibli, après les flagellations et les coups, qu’il ne pouvait pas porter sa croix jusqu’au bout. Les Romains ont donc obligé un passant, Simon de Cyrène, à la porter jusqu’au bout.

Q : Dans Matthieu 27, 32 ; Marc 15, 21 ; et Luc 23, 26, dispose-t-on de preuves extra-bibliques concernant Simon de Cyrène ?

R : Il est très probable que oui. Un ossuaire (urne funéraire) datant d’avant l’an 70 après J.-C., provenant de la vallée du Cédron à Jérusalem, a été découvert portant l’inscription « Alexandre (fils) de Simon », « Alexandre le Cyrénéen ». Pour plus d’informations, voir :

E. L. Sukenik, BASOR 88 (1942) : 38. Inscriptions non publiées avant 1962 : N. Avigad, « A Depository of Inscribed Ossuaries in the Kidron Valley », IEJ 12 (1962) : 1-12 + pl. 1-4.

Non publié dans un format grand public avant 2002-2003 : « Treasures in the Storeroom: Family Tomb of Simon of Cyrene », Biblical Archaeology Review, juillet-août 2003.

P. W. van der Horst, Épitaphes juives antiques : aperçu introductif d’un millénaire d’épigraphie funéraire juive (300 av. J.-C. – 700 apr. J.-C.) (Kampen : Kok Pharos, 1991), p. 140-141.
Biblical Archaeology Review, juillet-août 2003, p. 51. Cf. http://israelpalestineguide.files.wordpress.com/2010/06/alexander-simon-ossuary-a-second-look-from-bar.pdf

Q : Dans Mt 27, 48 ; Mc 15, 23 ; Lc 23, 36 ; et Jn 19, 29, que lui a-t-on exactement donné à boire à Jésus sur la croix ?

R : Matthieu 27, 48 dit : « du vin aigre / du vinaigre » ; Marc 15, 23 dit : « du vin mêlé de myrrhe » ; Luc 23, 36 dit : « du vinaigre » ; et Jean 19, 29 dit : « du vinaigre ». Cependant, « fiel / vinaigre » n’est pas une substance, mais une description de quelque chose d’amer, et la myrrhe était amère.

Q : Dans Mt 27, 37, Mc 15, 26, Lc 23, 38 et Jn 19, 19, que disait exactement l’écriteau placé au-dessus de la tête de Jésus ?

R : Tout d’abord, cinq faits en rapport avec la réponse, puis deux réponses.

1. Tout d’abord, il n’y avait pas un seul message, mais trois, car Jean 19, 20 précise que l’écriteau était rédigé en araméen, en latin et en grec.

2. Voici ce que rapportent les évangélistes.

Matthieu 27, 37 dit : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »

Marc 15, 26 : « Le roi des Juifs. »

Luc 23, 38 : « Voici le roi des Juifs. »

Jean 19, 19 : « Jésus de Nazareth, le roi des Juifs ».

3. Les auteurs de l’Antiquité paraphrasaient souvent les propos qu’ils rapportaient. Ce que nous avons ici est exact, mais pas précis. Ainsi, par exemple, si un auteur disait : « Voici Jésus, le roi des Juifs » et qu’un autre disait : « le roi des Juifs », les deux pourraient rapporter la même déclaration. Le premier auteur a simplement rapporté une partie plus complète de la déclaration que le second.

4. Papias, un disciple de l’apôtre Jean, rapporte que l’Évangile selon Matthieu a été rédigé à l’origine dans la langue des Hébreux (l’araméen ?) puis traduit en grec. Les autres auteurs ont écrit en grec. Il existe donc une traduction entre les paroles prononcées et ce que les auteurs des Évangiles ont écrit.

5. Indépendamment des différences entre ces trois récits, Marc semble se contenter de rapporter ce qu’ils ont en commun.

Première réponse : Les trois messages, rédigés dans trois langues différentes, sont rapportés dans Matthieu, Luc et Jean. Marc rapporte ce qu’ils ont en commun. Pilate ne connaissait probablement pas l’araméen ; le texte aurait donc été rédigé en latin, puis traduit en grec et en araméen afin que chacun puisse le lire.

Deuxième réponse : Étant donné que les évangélistes rapportent des mots traduits, et que certains éléments tels que « C’est » par opposition à « Le » sont souvent fusionnés lors d’une traduction, nous sommes certains du message des inscriptions, mais nous ne sommes pas sûrs des mots exacts. Cependant, c’est le message qui importe ici, et non les mots exacts.

Q : Quelles ont été exactement les sept paroles prononcées par le Christ sur la croix, dans l’ordre ?

R : Bien que l’ordre donné dans l’Évangile ne corresponde pas nécessairement à l’ordre dans lequel elles ont été prononcées, il est plus simple de supposer qu’elles suivaient un ordre chronologique, à savoir :

1. « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Luc 23, 34a

2. « Femme, voici votre fils… Voici votre mère. » Jean 19, 25-27

3. En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi au Paradis. Luc 23, 43b

4. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Matthieu 27, 46 ; Marc 15, 34

5. J’ai soif. Matthieu 27, 48 ; Jean 19, 28-29

6. Tout est accompli. Jean 19, 30

7. Juste avant de mourir, Jésus a dit : « Père, je remets mon esprit entre tes mains. » Luc 23, 46a

Bien sûr, Jésus aurait pu prononcer d’autres paroles également.

Q : Dans les Évangiles, Jésus est-il vraiment mort sur la croix, ou Dieu a-t-il miraculeusement et de manière indétectable substitué quelqu’un d’autre, comme l’affirme le Coran musulman ?

R : Les points de vue divergents des chrétiens et des musulmans constituent une différence fondamentale entre leurs deux religions.

Les chrétiens affirment qu’il s’agissait bel et bien de Jésus, car tous les récits, tant chrétiens que non chrétiens, indiquent qu’il s’agissait de Jésus. L’Allah des musulmans est différent du Dieu de la Bible, et Allah a trompé et induit en erreur tout son peuple en lui faisant croire qu’il avait substitué quelqu’un d’autre.

Les musulmans affirment qu’Allah est le même que le Dieu de la Bible. Le remplacement de Jésus par Allah serait indétectable par quiconque, et il n’y aurait donc aucune preuve historique de ce remplacement.

Les deux parties s’accordent sur deux points : 1) Il a au moins semblé que Jésus soit mort sur la croix. 2) À un moment donné, le dieu de l’islam a totalement trompé et délibérément induit en erreur le peuple d’Allah lui-même.

Q : Dans Mt 27, 45 ; Mc 15, 33 ; et Lc 23, 44-45, quelle preuve extra-biblique existe-t-il que « l’obscurité s’est abattue sur le pays » lors de la crucifixion de Jésus ?

R : Il n’est pas raisonnable de s’attendre à ce que toutes les cultures aient consigné un tel obscurcissement. Par exemple, on estime qu’une éclipse solaire a plongé l’Égypte dans l’obscurité le 12 décembre 504 av. J.-C., mais il n’existe aucun document historique à ce sujet, ni chez les Égyptiens, pourtant très civilisés, ni chez aucun autre peuple. Voir http://www.informationblast.com/500s_BC.html pour plus d’informations. Cet événement s’est produit pendant la Pâque (c’est-à-dire lors d’une pleine lune) ; il ne pouvait donc pas s’agir d’une éclipse solaire ordinaire ; il s’agissait d’une obscurité inhabituelle. De plus, l’obscurité a duré de la sixième à la neuvième heure. Les éclipses naturelles ne durent pas trois heures. Selon https://www.wku.edu/eclipse/duration.php, la durée maximale théorique d’une éclipse est de sept minutes.

Néanmoins, l’historien samaritain non chrétien Thallus a écrit en 52 après J.-C., moins de 20 ans après la crucifixion. Il a rapporté qu’une obscurité avait accompagné la crucifixion de Jésus.

L’historien samaritain Thallus, à ne pas confondre avec le philosophe grec Thalès, était assez connu.

Le Discours exhortatoire aux Grecs du pseudo-Justin Martyr (après 165 apr. J.-C.), chap. 9, p. 277, mentionne Thallus, Philon, Josèphe et d’autres.

L’ouvrage de Théophile à Autolycos, chap. 29, p. 120, mentionne Thallus, ainsi que l’historien chaldéen antérieur Bérose, à la p. 121.

L’« Octave » de Minucius Félix, chapitre 22, p. 186, mentionne l’historien Thallus.

L’Apologie de Tertullien, chap. 19, p. 33, mentionne Thallus et Josèphe.

Jules Africain, fragment 18, p. 136.

Phlégon était un écrivain grec de Carie qui a écrit peu après l’an 137 apr. J.-C. Il a rapporté qu’au cours de la quatrième année de la 202e Olympiade [an 33 apr. J.-C.], il y eut « la plus grande éclipse de soleil » et que « la nuit tomba à la sixième heure du jour [midi] au point que des étoiles apparurent même dans le ciel. Il y eut un grand tremblement de terre en Bithynie, et de nombreux objets furent renversés à Nicée. » (The Case for Christ, p. 111.) Origène (225-254 apr. J.-C.) mentionne également que Phlégon a écrit au sujet de cette obscurité dans le 13e ou le 14e livre de l’écrivain Phlégon. Origène, *Contre Celse*, livre 2, chap. 14, p. 437 ; livre 2, chap. 33, p. 445 ; livre 2, chap. 59, p. 455.

Le *Diatessaron* de Tatien (vers 172 apr. J.-C.), section 51, p. 123, indique qu’il y eut des ténèbres lorsque Jésus fut crucifié, de la 6e à la 9e heure. Le *Diatessaron* de Tatien, section 52, p. 123, mentionne qu’il y eut un tremblement de terre lorsque Jésus mourut.

Méliton de Sardes (170-177 apr. J.-C.) rapporte que la terre trembla, que le soleil s’enfuit et que le jour fut bouleversé, car ils ne pouvaient supporter de voir leur Seigneur suspendu à un arbre. Extrait du « Discours sur l’âme et le corps », chap. 2, Pères anténicéens, vol. 8, p. 756

Irénée, dans *Contre les hérésies* (182-188 apr. J.-C.), livre 4, chapitre 34, p. 512, déclare : « Et les événements liés à la Passion du Seigneur, qui avaient été prédits, ne se sont réalisés en aucun autre cas. Car, à la mort d’aucun homme parmi les anciens, le soleil ne s’est couché à midi, le voile du temple ne s’est déchiré, la terre n’a pas tremblé, les rochers ne se sont pas fendus, les morts ne sont pas ressuscités, et aucun de ces hommes [d’autrefois] n’a été ressuscité le troisième jour, ni accueilli au ciel… C’est pourquoi les prophètes n’ont parlé de personne d’autre que du Seigneur, en qui tous ces signes susmentionnés se sont conjugués. »

Tertullien (vers 200 apr. J.-C.), dans *Du jeûne*, chap. 10, vol. 4, p. 109, mentionne également les ténèbres qui ont accompagné la crucifixion de Jésus. Il en fait également mention dans *Réponse aux Juifs*, chap. 12, p. 170.

Hippolyte fut évêque de Portus (222-235/6 apr. J.-C.). Il mentionne qu’à cause de Jésus, « le soleil s’est assombri, le jour n’a plus de lumière, les rochers se sont fendus, le voile s’est déchiré, les fondements de la terre ont été ébranlés, les tombeaux se sont ouverts et les morts ont été ressuscités ». *Contre l’hérésie de Noète*, chap. 17, p. 230

Les « Reconnaissances de Clément » (vers 211-250 apr. J.-C.), livre 1, chapitre 42, p. 88, indiquent que Jésus a souffert pour nous, que le soleil s’est assombri et que les montagnes se sont fendues lorsqu’il est monté sur la croix. Il est ressuscité.

Origène (qui écrivit entre 225 et 254 apr. J.-C.) mentionne les ténèbres qui recouvrirent la terre et les tombeaux qui s’ouvrirent dans *Contre Celse*, livre 2, chapitre 33, p. 445.

Cypien de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.) : « La Parole de Dieu est conduite en silence à l’abattoir. Et lorsque, devant la croix du Seigneur, les étoiles sont déconcertées, les éléments sont bouleversés, la terre tremble, la nuit l’emporte sur le jour, le soleil… » Traités de Cypien, traité 9, chapitre 7, p. 486

Dionysius d’Alexandrie (246-265 apr. J.-C.) mentionne le tremblement de terre rapporté dans l’Évangile selon Matthieu. Lettre à l’évêque Basilide, canon 1, p. 94.

Arnobius (297-303 apr. J.-C.), dans *Contre les païens*, livre 1, chap. 53, p. 428, mentionne les ténèbres qui ont régné lors de la mort de Jésus.

Athanase (318 apr. J.-C.) (implicitement) affirme que le soleil s’est assombri et que la terre a tremblé lorsque le Sauveur est mort. *L’Incarnation du Verbe*, chap. 49.4, p. 63

Lactance (260-325 apr. J.-C.) : un tremblement de terre s’est produit à l’heure même où Jésus est mort, et le soleil a soudainement retiré sa lumière, plongeant le monde dans les ténèbres de la sixième à la neuvième heure. *Les Institutions divines*, livre 4, chapitre 19, p. 122.

Alexandre d’Alexandrie (313-326 apr. J.-C.) mentionne que les tombeaux se sont ouverts, que la terre tremblait, que les lumières ont été effrayées et que le soleil et la lune ont disparu, tandis que les étoiles ont retiré leur éclat lorsque Jésus souffrait sur la croix. Épîtres sur l’hérésie arienne, Épître 5.6, p. 301

Après Nicée (325 apr. J.-C.)

Hilaire de Poitiers (355-367/368 apr. J.-C.) (extrait) : « La Création est libérée par la médiation de ce sacrifice expiatoire ; les rochers eux-mêmes perdent leur solidité et leur force. » *Sur la Trinité*, livre 3, chapitre 11, p. 65

Athanase (vers 371 apr. J.-C.) dit : « Le soleil retira ses rayons, la terre trembla et les rochers se fendirent… » Lettre personnelle 61 (À Maxime), chap. 2, p. 578

Athanase (356-360 apr. J.-C.) mentionne que le voile se déchira, que le soleil se cacha, que les rochers se fendirent et que les morts ressuscitèrent de leurs tombes. Quatre discours contre les Ariens, discours 3, chap. 29, p. 424

Éphraïm le Syrien (350-378 apr. J.-C.) rapporte qu’il y eut des ténèbres et un tremblement de terre lorsque Jésus mourut. Hymnes de la Nativité, hymne 3, p. 273.

Cyrille de Jérusalem (vers 349-386 apr. J.-C.) mentionne que le soleil recula à l’époque d’Ézéchias et qu’il y eut une éclipse solaire pour le Christ. (Première conférence catéchétique, n° 2, Pères nicéens et post-nicéens, p. 12)

Cyrille de Jérusalem (vers 349-386 apr. J.-C.) rapporte que le soleil s’est assombri lors de la crucifixion. Première conférence catéchétique, n° 4, chap. 10, Pères nicéens et post-nicéens, p. 21, et que les rochers se sont fendus. Conférence n° 4, chap. 11, p. 22

Grégoire de Nazianze (330-391), évoquant la crucifixion de Jésus, déclare : « Il a enveloppé le monde visible de ténèbres » et « … car les portes mystérieuses du Ciel s’ouvrent ; les rochers se fendent, les morts ressuscitent. Il meurt, mais Il donne la vie, et par Sa mort, Il détruit la mort. » Sur le Fils – Troisième discours théologique, chap. 20, p. 309

Théodore de Mopsueste (392-423/429 apr. J.-C.) affirme que le soleil et la lune se sont effectivement assombris à l’époque du Christ. Il mentionne également « le sang salvateur du Christ, notre Seigneur » ; Commentaire sur Joël, chap. 2, p. 119

Augustin d’Hippone (388-430 apr. J.-C.) mentionne les ténèbres qui se sont abattues lorsque Jésus a été crucifié. *La Cité de Dieu*, livre 3, chap. 15, p. 51.

Q : Dans les Évangiles, la mention de l’obscurité, du tremblement de terre et du voile déchiré lors de la crucifixion du Christ est-elle uniquement figurative et ces événements ne se sont-ils pas réellement produits, puisqu’ils ne sont rapportés nulle part ailleurs, comme l’affirme l’ouvrage *Some Answered Questions*, p. 37-38 ?

R : Non. Reportez-vous à la question précédente pour les preuves concernant l’obscurité, et à la question sur Mt 27, 51 pour celles concernant le tremblement de terre.

Q : Dans Luc 23, 45-46, le sceptique Bart Ehrman affirme que le voile du Temple s’est déchiré alors que Jésus était encore en vie, alors que dans Marc, il se déchire après sa mort. (Jesus, Interrupted, p. 68) Il se demande ensuite si ce voile déchiré représente le rejet par Dieu du système de culte juif, ou s’il symbolise l’expiation de Jésus pour nous. (Ibid., p. 52)

R : Deux points sont à prendre en compte dans la réponse. 1) Bien sûr, le voile déchiré peut représenter plusieurs choses, surtout lorsque ces deux aspects sont étroitement liés. Cela ne symbolise toutefois pas que Dieu ait rejeté le système de culte juif ; cela signifie plutôt que, maintenant que Jésus avait expié les péchés, le système de culte juif avait pris fin. (En effet, le Temple allait être détruit dans les quarante ans qui suivirent.)

2) Luc ne précise pas le moment où le voile s’est déchiré en deux. Luc 23, 44-46 indique qu’il y eut des ténèbres de la sixième à la neuvième heure, que le voile du temple se déchira en deux et que Jésus poussa un cri avant de mourir. L’ordre des événements n’est pas précisé.

Q : Dans Luc, le sceptique Bart Ehrman écrit dans *Jesus, Interrupted*, p. 46-47 : « La mort de Jésus est importante tant pour Marc que pour Luc. Mais pour Marc, sa mort est une expiation ; pour Luc, c’est la raison pour laquelle les gens ont pris conscience qu’ils étaient pécheurs et qu’ils devaient se tourner vers Dieu pour obtenir le pardon. La raison de la mort de Jésus est donc très différente selon l’auteur que l’on lit. » (également dans *Jesus, Interrupted*, p. 94)

R : Ehrman tente d’inventer une différence de croyance entre Marc et Luc alors qu’il n’y en a pas. Même Ehrman reconnaîtrait que Luc et les Actes ont été écrits par le même auteur. L’une des déclarations les plus claires de Luc concernant l’expiation se trouve probablement dans Actes 5, 30-31 : « Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez tué en le pendant à un arbre. Dieu l’a élevé à sa droite en tant que Prince et Sauveur, afin d’accorder à Israël la repentance et le pardon des péchés. » (Soulignement ajouté pour montrer en quoi Ehrman se trompe.)

Q : Dans Matthieu 27, 54 et Marc 15, 39, le centurion a-t-il dit : « C’était le Fils de Dieu », ou « C’était un homme juste », comme le rapporte Luc 23, 47 ?

R : Les deux. Le centurion n’était pas limité à prononcer une seule phrase. Les Évangiles ne citaient souvent pas mot pour mot et ne rapportaient pas chaque mot ; le centurion a donc probablement dit d’autres choses également.

La plupart des gens s’accorderaient à dire que pendant tout ce laps de temps, depuis le moment où Jésus est mort jusqu’à ce qu’ils s’assurent de sa mort, puis jusqu’au moment où ils ont descendu son corps de la croix, le centurion a eu largement le temps de prononcer plus d’une phrase. Il serait en effet assez étrange que le centurion soit resté totalement silencieux, à l’exception d’une seule phrase.

Q : Qu’est-ce qu’une « harmonie des Évangiles » après la Résurrection ?

R : Tout d’abord, je dois reconnaître que je me suis contenté ici de « réinventer la roue ». Il y a bien longtemps, entre 246 et 265 apr. J.-C., Denys, évêque d’Alexandrie, a démontré que les auteurs des Évangiles ne « divergeaient pas ni ne se contredisaient » et a présenté une harmonie valable et assez complète des Évangiles après la résurrection dans sa Lettre 5 — adressée à l’évêque Basilide, canon 1, dans les Pères anténicéens, vol. 6, p. 94-95. Quoi qu’il en soit, voici une harmonisation de ces 29 événements, qui concorde avec la sienne.

Les chiffres renvoient à des événements qui doivent se succéder dans un ordre précis, tandis que les lettres telles que a, b, c désignent des événements pouvant se produire dans n’importe quel ordre. Les mots en gras indiquent des repères de temps, d’ordre et de lieu. Les versets soulignés signalent les passages qui ne suivent pas un ordre chronologique.

Après la résurrection de Jésus : Mt 28, Mc 16, Lc 24, Jn 20-21

R1a. Une fois le sabbat terminé, Marie de Magdala, l’autre Marie [la mère de Jacques], Salomé et les autres femmes se mirent en route vers le tombeau. Mt 28, 1b ; Mc 16, 1-3 ; Lc 24, 1 ; Jn 20, 1

R2a. Il y eut un tremblement de terre lorsque l’ange fit rouler la pierre. Les gardes devinrent comme des morts. Mt 28, 2-4

R2b. L’ange fit rouler la pierre. Mc 16, 4 ; Lc 24, 2

R1b. On ne trouva pas le corps, et deux « hommes » s’adressèrent aux femmes. Lc 24, 3-8 ; Jn 20, 2

R3. Le matin où Jésus est ressuscité, un ange apparaît aux femmes et leur dit de dire aux disciples d’aller en Galilée. Mt 28, 5-7 ; Mc 16, 5-8

R4a. Alors que les femmes se dépêchaient de rentrer, Jésus leur est également apparu et leur a demandé de dire aux disciples de se rendre en Galilée. Mt 28, 8-10

R4b1. Lorsque les femmes reviennent du tombeau, les disciples ne les croient pas. Luc 24, 9-11

R4b2. Pierre et Jean courent vers le tombeau ; Jean y arrive le premier. Lc 24, 12 ; Jn 20, 3-9

R4b3. Les disciples rentrent ensuite chez eux [à Jérusalem]. Jn 20, 10

R4c. Les gardes en informent les prêtres ; ceux-ci les soudoyent alors. Mt 28, 11-15

R4d. Alors que Marie pleurait, deux hommes, puis Jésus, apparaissent à Marie-Madeleine. Mc 16, 9-11 ; Jn 20, 11-18

R5. Le même jour, sur la route d’Emmaüs, Jésus apparaît à deux disciples (qui ne font pas partie des onze). Il reste avec eux jusqu’au soir. Mc 16, 12 ; Lc 24, 13-29

R6. Aussitôt, les deux disciples se précipitèrent à Jérusalem (à 7 miles, soit 11 kilomètres) et en informèrent les onze disciples. Mc 16, 13 ; Lc 24, 33-35

R7. À Jérusalem, le soir même de la résurrection de Jésus, alors que les deux disciples s’entretiennent avec les autres, Jésus apparaît pour la première fois à dix d’entre eux. Jn 20, 19-23

R8. D’autres disciples annoncent à Thomas qu’ils ont vu Jésus. Jn 20, 25

R9. Huit jours plus tard, Jésus apparaît, pour la deuxième fois, aux onze disciples, y compris Thomas. Mc 16, 14 ; Jn 20, 19, 26-31

R10. Jésus leur apparaît (pour la troisième fois) au bord de la mer de Tibériade [en Galilée]. Ils ont pêché 153 poissons. Mt 28, 19-20 ; Jn 21, 1-14

R11a. À trois reprises, Jésus demande à Pierre s’il l’aime. Jn 21, 15-23

R11b1. Jésus apparaît à plus de 500 disciples. 1 Co 15, 6

R11b2. Jésus apparaît à Jacques, son frère. 1 Co 15, 7

R12. En Galilée, Jésus apparaît aux disciples et leur confie la grande mission. Mt 28, 16-20 ; Mc 16, 15-18

R13. Ils retournent à Jérusalem, où ils restent, ou à Béthanie, une banlieue de la ville.

R14. Tandis qu’ils mangent, Jésus leur ordonne de rester à Jérusalem jusqu’à ce qu’ils reçoivent la puissance d’en haut (Luc 24, 49 ; Actes 1, 4). Ils obéissent à cet ordre. Luc 24, 52

R15. Jésus les conduit à Béthanie, une banlieue de Jérusalem située sur le versant du mont des Oliviers. Luc 24, 50

R16. Quarante jours après la résurrection (Actes 1, 3), Jésus monte au Ciel dans les nuages à Béthanie, sur le versant du mont des Oliviers. Mc 16, 19 ; Lc 24, 50-51 ; Actes 1, 9-11

R17a1. De retour à Jérusalem, les apôtres restent dans le temple. Luc 24, 52-53

R17b. Les onze apôtres choisissent Matthias pour remplacer Judas. Actes 1, 15-26

R18. À Jérusalem, le jour de la Pentecôte (50 jours après la Pâque), les apôtres sont remplis du Saint-Esprit. Actes 2

R19. Par la suite, les apôtres voyagent librement. Mc 16, 20

Q : Dans Mt 28, 1 ; Mc 16, 2 ; Lc 24, 1, Marie se trouvait-elle au tombeau juste après le lever du soleil, ou s’y est-elle rendue alors qu’il faisait encore nuit, comme le dit Jn 20, 1 ?

R : Les deux affirmations sont vraies. Jean 20, 1 indique qu’elles se sont rendues au tombeau alors qu’il faisait encore nuit, mais Marc 16, 2 montre qu’elles sont arrivées au tombeau une fois le soleil levé. Si elles étaient restées à Béthanie et que le tombeau se trouvait juste à l’extérieur de Jérusalem, il leur aurait fallu un certain temps pour se rendre de la banlieue de Jérusalem jusqu’à la ville.

Q : Dans Matthieu 28, 1 ; Marc 16, 1-2 ; Luc 24, 1 et Jean 20, 1, pourquoi les femmes se sont-elles rendues au tombeau, alors qu’il était scellé par un sceau romain, comme le mentionne Matthieu 27, 62-66 ?

R : Il y a deux réponses possibles, mais la seconde est la plus probable.

Les femmes pensaient qu’elles y seraient autorisées : il n’était pas d’usage de sceller un tombeau et d’y poster une garde de soldats romains. Les grands prêtres et les pharisiens avaient expressément demandé à Pilate, dans Matthieu 27, 64, que « le tombeau soit mis en sécurité jusqu’au troisième jour ». Les autorités ne voulaient pas interdire les rites funéraires, mais seulement s’assurer que personne ne dérobe le corps ; on pouvait donc s’attendre à ce que les femmes soient autorisées à se rendre sur place.

Les femmes ignoraient l’existence du sceau et de la garde : surveiller le tombeau d’un criminel et y apposer un sceau romain ainsi qu’une garde de soldats romains était tout à fait inhabituel. Luc 23, 55-56 indique que les femmes ont suivi Joseph pour voir où le corps de Jésus avait été déposé, puis qu’elles sont reparties chez elles pour préparer des aromates et des parfums. En d’autres termes, elles ne sont pas restées sur place à surveiller le tombeau. La demande concernant le sceau et la garde n’a été formulée que le lendemain, selon Matthieu 27, 62. Les femmes ignoraient donc probablement l’existence d’un sceau et d’une garde.

Q : Dans Mt 28, 1 ; Mc 16, 1-2 ; Lc 24, 1 ; Jn 20, 1, pourquoi les femmes se sont-elles rendues au tombeau pour envelopper le corps, alors que Joseph d’Arimathée et Nicodème l’avaient déjà enveloppé dans Jn 19, 39 ?

R : Jésus est mort vers 15 h, et il y a eu un certain délai entre le moment où Joseph d’Arimathée a demandé le corps, celui où Pilate a vérifié que Jésus était bel et bien mort, et celui où ils ont descendu le corps pour le transporter jusqu’au tombeau. Ils n’auraient pas eu suffisamment de temps avant la tombée de la nuit pour procéder à une mise en bière en bonne et due forme (à la manière des momies égyptiennes). Ainsi, Joseph et Nicodème, dans Jean 19, 38-39, ont effectué la première partie des préparatifs, notamment en ajoutant des aromates, afin de préserver le corps de la décomposition pendant quelques jours ; ils devaient ensuite revenir pour l’envelopper correctement, c’est-à-dire enrouler des bandes de tissu autour de ses bras, de ses jambes, de son torse et de sa tête, à la lumière du jour, le dimanche. Cela peut sembler une tâche quelque peu macabre, mais c’était une coutume courante à l’époque.

De plus, bien que nous ne sachions pas grand-chose des pratiques funéraires juives de cette époque, les pratiques funéraires égyptiennes prévoyaient de toute façon que certaines étapes de la préparation du corps n’aient lieu que quelques jours plus tard.

Q : Dans Mc 16, 1-8 ; Mt 28, 1-8 ; Lc 24, 1-11 ; Jn 20, 1-12, quelle est la signification du fait que les femmes aient vu le tombeau vide ?

R : Quatre points sont à prendre en compte dans la réponse.

a) Bien que les Juifs n’embaumaient pas leurs morts, ils utilisaient des aromates lors de l’enterrement. Cela ne constituait en AUCUN cas un témoignage de la foi des femmes en la résurrection de Jésus. Il s’agissait plutôt de femmes qui venaient accomplir leur devoir avec un mélange d’amour et de déception. Continueriez-vous à servir Dieu fidèlement si vous étiez confronté à la déception ?

b) Dans les cultures grecque et latine, les femmes étaient considérées comme inférieures aux hommes. Si quelqu’un avait voulu modifier le récit pour le rendre plus attrayant aux yeux des lecteurs, il aurait pu simplement omettre cette partie, ou bien dire que ce sont les hommes qui ont vu le tombeau en premier lieu, et non les femmes. Cela montre qu’ils se sont contentés de rapporter ce qui s’était passé.

c) De même, dans la culture juive, les femmes étaient certes considérées comme importantes, mais leur témoignage était jugé sans valeur selon la Mishna juive, Rosh Ha-Shanah 1.8.

d) Dieu aurait pu accorder à n’importe qui l’honneur d’être le premier à voir Jésus ressuscité, mais Il a choisi de l’accorder aux femmes. C’est peut-être là un signe pour toutes les cultures, y compris la nôtre, indiquant qu’en général, nous devrions honorer, croire et faire confiance aux femmes tout autant qu’aux hommes.

Q : Dans Mc 15, 47, Marie de Magdala et Marie, mère de Joses, ont-elles vu où Jésus avait été déposé, ou s’agissait-il des « femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée », comme le dit Lc 23, 55 ?

R : Les deux. D’une part, l’expression « femmes de Galilée » pourrait désigner des femmes qui avaient voyagé avec Jésus depuis la Galilée, sans pour autant être nécessairement nées en Galilée. D’autre part, Magdala était une ville de Galilée, située sur la rive ouest de la mer de Galilée.

Q : Dans Matthieu 28, 1, le tombeau était-il fermé, ou la pierre avait-elle été roulée, comme le dit Luc 24, 2 ?

R : Luc 24, 2 indique que la pierre avait été roulée lorsqu’elles sont arrivées sur place. Matthieu 28, 2 mentionne également que la pierre avait été roulée, à titre d’explication de Matthieu 28, 1. Rien n’indique que les femmes étaient présentes lorsque la pierre a été roulée.

Q : Dans Mc 16,4, le sceptique Bart Ehrman demande si la pierre avait déjà été roulée, ou si elle l’a été par un ange [prétendument] lorsque les femmes étaient présentes (Mt 28,2) ?

R : Dans les deux évangiles, la pierre avait été roulée avant que l’ange ne s’adresse aux femmes. Matthieu 28, 2 ne précise pas que les femmes étaient présentes au moment où la pierre a été roulée.

Q : Dans Matthieu 28, 1-8, Marc 16, 1-8, Luc 24, 1-10 et Jean 20, 1-8, que s’est-il passé lorsque Jésus est ressuscité ?

R : Jésus était de nouveau vivant dans son corps physique. Son corps physique réel, marqué par les cicatrices, pouvait encore être touché (Jean 20, 27 ; Matthieu 28, 9 ; Luc 24, 39) et manger (Luc 24, 41-43). Jésus a déclaré que son corps après la résurrection était composé de chair et d’os dans Luc 24, 39, et je pense que vous conviendrez que Jésus le savait mieux que quiconque ! Cependant, le corps de Jésus était un corps physique glorifié, capable de traverser les murs (Jean 20, 19-20) et de disparaître (Luc 24, 31).

Tertullien (198-220/240 apr. J.-C.) Le Christ est mort pour nos péchés et est ressuscité dans sa chair. C’est le fondement même de l’Évangile, notre salut. Cinq livres contre Marcion, livre 3, chap. 8, p. 328

Novatien (250/254-256/7 apr. J.-C.) « Il [Jésus] est ressuscité dans la même substance corporelle que celle dans laquelle il est mort, comme le prouvent les blessures de ce même corps ; ainsi, il nous montre les lois de notre résurrection dans sa chair, en ce qu’il a restauré, lors de sa résurrection, le même corps qu’il avait reçu de nous. » Traité sur la Trinité, chap. 10, p. 620.

Adamantius (vers 300 apr. J.-C.) se demande ce qu’il en serait si Jésus n’avait souffert qu’en apparence. « S’il a souffert en apparence, et non en réalité, Hérode n’a siégé en juge qu’en apparence ; en apparence, Pilate s’est lavé les mains de lui, et en apparence, Judas l’a trahi. De même, Caïphe l’a livré en apparence ; les Juifs l’ont saisi en apparence, et les apôtres… Même son sang a été versé en apparence ; les évangélistes ont prêché l’Évangile en apparence ; le Christ est descendu du ciel en apparence, et il est monté au ciel en apparence. Le salut de l’humanité était lui aussi en apparence, et non en vérité. Pourquoi alors le Christ dit-il : « Je suis la vérité » ? » Dialogue sur la vraie foi, cinquième partie, chap. 851a, p. 149

Q : Dans Jean 20, 1, Marie de Magdala s’est-elle rendue seule au tombeau, ou bien Marie de Magdala et l’autre Marie (Matthieu 28, 1), ou encore Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé selon Marc 16, 1, ou bien Marie de Magdala, Jeanne, Marie, mère de Jacques, et d’autres femmes selon Luc 24, 10 ?

R : Marie de Magdala, Jeanne, Marie, mère de Jacques, et les autres femmes sont toutes venues. Jean 20, 1 ne dit PAS que Marie est venue seule. Si plusieurs femmes sont venues, il est tout de même exact, bien que moins précis, d’en mentionner une, deux ou trois. Si certaines sont arrivées plus tôt et d’autres juste après, il est tout de même exact qu’un récit indique que certaines sont venues, tandis qu’un autre mentionne le groupe au complet.

Q : Dans Matthieu 28, 2-5 et Marc 16, 5, y avait-il un seul ange, ou y en avait-il deux, comme le mentionnent Luc 24, 4 et Jean 20, 12 ?

R : S’il y avait deux anges ou plus, il est tout aussi correct de dire qu’il n’y en avait qu’un seul. C’est l’un des nombreux exemples où les récits évangéliques sont exacts, mais pas précis.

Q : Dans Mt 28, 8, les femmes l’ont-elles dit aux disciples, ou n’en ont-elles parlé à personne, comme le dit Mc 16, 8 ? (Jesus, Interrupted, p. 48)

R : Il est évident que Marc ne voulait pas dire que les femmes n’en ont parlé à personne pendant le reste de leur vie. Il est certain qu’elles n’en ont pas parlé à ceux qu’elles ont croisés en s’enfuyant du tombeau. Si vous lisez l’intégralité de Matthieu 28, 8-10, vous verrez que les femmes se sont enfuies sans encore en parler à personne, puis Jésus les a rencontrées. Jésus leur a dit : « Allez le dire à mes frères » (c’est-à-dire aux disciples). Si l’on veut être pointilleux, à strictement parler, Matthieu 28 ne dit pas réellement que les femmes ont obéi et l’ont dit à qui que ce soit. Cependant, les actions des disciples laissent fortement entendre que les femmes l’ont dit aux disciples.

Q : Dans Matthieu 28, 9, Marie-Madeleine a-t-elle reconnu Jésus lorsqu’il lui est apparu pour la première fois, ou ne l’a-t-elle pas reconnu, comme le dit Jean 20, 14 ?

R : Matthieu 28, 9 ne précise pas dans quel délai Marie a reconnu Jésus ; il indique simplement qu’elles l’ont reconnu à un moment donné. Dans Jean 20, 14, Marie n’a pas su tout de suite qu’il s’agissait de Jésus. Mais Jean 20, 15-17 montre également qu’ensuite, elle a bel et bien reconnu Jésus.

Q : Dans Jean 20, 29, ceux qui croient sans voir sont-ils bénis, ou bien est-ce ceux qui voient qui sont bénis, comme le dit Luc 10, 23 ?

R : Jésus exprime deux idées différentes dans des contextes distincts, et les uns comme les autres sont bénis, mais de manière différente.

Dans Jean 20, 29, Jésus n’a PAS dit que ceux qui avaient personnellement vu une apparition après la résurrection n’étaient pas bénis. Au contraire, Jésus a dit à Thomas le sceptique : « Parce que tu m’as vu [maintenant], tu as cru ; heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont pourtant cru. » (BSB) Thomas faisait de l’apparition de Jésus après la résurrection le fondement de sa foi. Jésus disait que ceux qui, bien que leur foi soit étayée par des miracles, n’en font pas le fondement de leur foi, comme l’a fait Thomas, sont davantage bénis (hautement loués).

Dans Luc 10, 23, Jésus dit aux disciples (y compris Thomas) qu’ils étaient bénis (qu’ils avaient reçu une faveur particulière) d’avoir pu voir de leurs propres yeux ce qu’ils avaient vu.

Quel est le fondement de votre foi en Christ ? S’il s’agit uniquement de miracles, que se passerait-il si Satan accomplissait un faux miracle ? S’il s’agit uniquement d’apologétique, que se passerait-il si vous rencontriez un non-chrétien qui soit un meilleur débatteur que vous ? S’il s’agit simplement d’avoir une réponse à chaque objection concernant la Bible, que se passerait-il si quelqu’un soulevait une nouvelle objection à laquelle vous n’auriez pas de réponse ? Le fondement de notre foi doit être notre relation avec le Christ ; ces autres éléments sont tous utiles pour soutenir notre foi, mais ils ne doivent pas en constituer le fondement.

Q : Dans Luc 24, 44, les Juifs divisaient-ils la Bible en trois parties, ou seulement en deux, comme le montre Matthieu 5, 17 ?

R : Les Juifs l’évoquaient des deux façons, tout comme Jésus.

La Loi et les Prophètes : les Juifs appelaient l’Ancien Testament « la Loi et les Prophètes », selon Matthieu 5, 17-18 ; Luc 24, 27 (Moïse et les Prophètes) ; Zacharie 7, 12 (la Loi ou les premiers prophètes) ; 2 Maccabées 15, 9 ; le Manuel de discipline de Qumrân 9.11.

Division en trois parties (Loi, Prophètes, Écrits) : Prologue de l’Ecclésiastique (vers 132 av. J.-C.), Philon d’Alexandrie (vers 40 apr. J.-C.) : « …étudiant en ce lieu les lois et les oracles sacrés de Dieu énoncés par les saints prophètes, ainsi que les hymnes, les psaumes et toutes sortes d’autres choses… » Vie contemplative 25, p. 700, Josèphe (37-100 apr. J.-C.), Contre Apion 1.8, et le Talmud de Babylone (IVe siècle apr. J.-C.). Le prologue du Siracide mentionne « la Loi, les Prophètes et les autres livres des pères ». Siracide 39, 1 dit : « la loi, la sagesse, la prophétie ». La Lettre halakhique de Qumrân mentionne « le livre de Moïse, les Prophètes, David et l’histoire de la génération » (4QMMT).

Jésus ne semblait pas trop se soucier de la répartition exacte, tant que les lecteurs comprenaient ce qu’Il voulait dire, puisqu’Il faisait référence à la Loi, aux Prophètes et aux Psaumes dans Luc 24, 44.

Q : Dans Luc 24, 49, les disciples devaient-ils rester à Jérusalem, ou sont-ils allés en Galilée, comme le mentionne Matthieu 28, 10 et 16 ?

R : On leur a d’abord demandé de se rendre en Galilée, ce qu’ils ont fait après un délai de huit jours. Puis ils sont retournés à Jérusalem, et Jésus leur a dit d’y rester jusqu’à ce qu’ils reçoivent la puissance d’en haut. Voici l’ordre des événements pour les 40 jours que Jésus a passés sur cette terre, après sa résurrection et avant son ascension.

R2. « Allez en Galilée », leur a dit un ange le matin où Jésus est ressuscité (Marc 16, 7). Jésus est également apparu aux femmes et leur a demandé de dire aux disciples d’aller en Galilée (Matthieu 28, 9-10).

R7. À Jérusalem, le soir même de la résurrection de Jésus, alors que les deux disciples s’entretenaient avec les onze, Jésus est apparu à dix disciples (Jean 20, 19-23).

R9. Huit jours plus tard, Jésus est apparu à nouveau à tous les disciples, y compris Thomas (Jean 20, 19, 24-29).

R10. Ils se rendirent en Galilée, au bord de la mer de Tibériade [en Galilée] (Matthieu 28, 19-20 ; Jean 21, 1-24).

R14. Ils retournèrent à Jérusalem, où ils séjournèrent soit dans la ville même, soit à Béthanie, une banlieue. (sous-entendu)

R15. Tandis qu’ils mangeaient, Jésus leur ordonna de rester à Jérusalem jusqu’à ce qu’ils reçoivent la puissance d’en haut (Luc 24, 49 ; Actes 1, 4). Ils obéirent à cet ordre (Luc 24, 52).

R16. Jésus les conduisit à Béthanie, une banlieue de Jérusalem située sur le versant du mont des Oliviers (Luc 24, 50).

R17. Quarante jours après la résurrection (Actes 1, 3), Jésus monta au ciel dans les nuages (Marc 16, 19 ; Luc 24, 50-51 ; Actes 1, 9-11).

R19. Ils furent remplis de la puissance du Saint-Esprit à la Pentecôte, qui eut lieu cinquante jours après la Pâque (Actes 2).

R20. Par la suite, ils se déplaçaient librement entre Jérusalem et d’autres villes.

Veuillez vous reporter à la question sur la chronologie des événements après la Résurrection pour obtenir un aperçu complet de la succession des faits.

Q : Le « Testimonium Flavianum » de Josèphe, dans Antiquités judaïques 18.63-64, est-il historiquement fiable ?

R : Tout d’abord, ce qu’il dit en grec, puis une analyse. Il dit : « À cette époque vivait Jésus, un homme sage, si tant est qu’on doive l’appeler un homme. Car c’était quelqu’un qui accomplissait des exploits surprenants et qui enseignait à ceux qui acceptaient volontiers la vérité. Il a rallié à sa cause de nombreux Juifs et de nombreux Grecs. C’était le Christ. Lorsque Pilate, l’ayant entendu accuser par les hommes les plus éminents parmi nous, l’eut condamné à être crucifié, ceux qui, dès le début, avaient appris à l’aimer ne renoncèrent pas à leur affection pour lui. Le troisième jour, il leur apparut ressuscité, car les prophètes de Dieu avaient prédit ces choses et d’innombrables autres merveilles à son sujet. Et la tribu des chrétiens, ainsi nommée d’après lui, n’a toujours pas disparu à ce jour. »

Michael J. Wilkins et J.P. Moreland, dans *Jesus Under Fire : Modern Scholarship Reinvents the Historical Jesus*, p. 212-213, écrivent : « L’opinion des spécialistes concernant ce passage peut être divisée en trois camps : (1) ceux qui défendent l’authenticité essentielle du passage ; (2) ceux qui rejettent l’intégralité du passage ; (3) ceux qui estiment que le passage comporte un noyau authentique mais comprend également des ajouts chrétiens. La recherche la plus récente penche en faveur de cette dernière opinion. » La version arabe, établie par Agapius, évêque melkite de Hiérapolis en Syrie au Xe siècle, utilise le terme « bonne conduite » au lieu de « miracles » ; après « trois jours », on trouve le mot « rapport » ; et « peut-être » est inséré avant « il était le Messie ». Eusèbe de Césarée (actif vers 325 apr. J.-C.) cite ce passage, mais Origène (225-254 apr. J.-C.) fait remarquer que Josèphe parlait de Jacques, mais ne parlait PAS du Christ, dans son ouvrage *Contre Celse*, livre 1, chapitre 47, p. 416 ; livre 2, chapitre 13, p. 437.

Q : Quels auteurs des premiers temps ont désigné les Évangiles sous le nom d’« Évangiles » ?

R : Voici la liste.

À Diognète (vers 130-200 apr. J.-C.), chapitre 11, p. 29 : « … la foi des Évangiles est établie, et la tradition des apôtres est préservée… »

Justin le Martyr (151-155 apr. J.-C.) : « Car les apôtres, dans les mémoires qu’ils ont rédigés, appelés Évangiles, nous ont ainsi transmis ce qui leur avait été confié » ; Première Apologie de Justin, chap. 66, p. 185

Théophile à Autolycos (168-181/188 apr. J.-C.), livre 3, chap. 12, p. 114, déclare : « que l’on trouve tant chez les prophètes que dans les Évangiles, car tous ont parlé sous l’inspiration d’un seul Esprit de Dieu. »

Hégésippe (vers 170 apr. J.-C.), dans ses Cinq livres de commentaires sur les Actes de l’Église, chapitre 3, tome 8, p. 764, mentionne les Écritures des Évangiles.

Claudius Apollinaris (160-180 apr. J.-C.) mentionne Matthieu, les Évangiles et la Loi. Pères anténicéens, vol. 8, chap. 772

Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) : « Il n’est pas possible que les Évangiles soient plus nombreux ou moins nombreux qu’ils ne le sont. […] Le “pilier et le fondement” de l’Église, c’est l’Évangile et l’esprit de vie ; il convient qu’elle ait quatre piliers, respirant l’immortalité de tous côtés. » Irénée, Contre les hérésies, livre 3, chap. 11.8

Irénée mentionne « l’examen des Évangiles » dans son ouvrage Contre les hérésies, livre 2, chapitre 22.3, p. 390.

Canon muratorien (vers 190-217 apr. J.-C.) : le troisième livre des Évangiles est celui de Luc. Canon muratorien 1. (Ainsi, Matthieu et Marc, dont les noms ne sont pas mentionnés, sont comptés comme deux.)

Clément d’Alexandrie (193-217/220 apr. J.-C.) mentionne les prophéties, les Évangiles et les paroles apostoliques dans *Qui est l’homme riche qui sera sauvé ?*, chapitre 42, p. 604

Tertullien (198-220 apr. J.-C.) affirme que Marcion « s’efforce avec acharnement de discréditer ces Évangiles qui sont publiés comme authentiques et sous le nom des apôtres, afin, en vérité, d’assurer à son propre Évangile la crédibilité qu’il leur enlève ». Les Cinq livres contre Marcion de Tertullien, livre 4, chapitre 3, p. 348. Voir également le livre 5, chapitre 2, p. 432, et *Sur la résurrection de la chair*, chapitre 33, p. 568

Tertullien (vers 213 apr. J.-C.) : « Ou peut-être, après tout, ne faisait-il que reprocher aux Évangiles d’être un mensonge, en disant en réalité : « À bas Matthieu ! À bas Luc ! » Contre Praxéas, chap. 1, p. 597

Hippolyte (225-235/6 apr. J.-C.) mentionne les Évangiles dans *La Réfutation de toutes les hérésies*, livre 6, chapitre 24, p. 85.

Origène (225-254 apr. J.-C.) consacre deux chapitres entiers à expliquer pourquoi ce sont les Évangiles, et aucun autre livre, qui portent ce nom, dans son « Commentaire sur Jean », livre 1, chapitres 7 et 8, p. 300 et 301

Origène (225-254 apr. J.-C.) a évoqué le Nouveau Testament et a déclaré qu’il n’existait que quatre Évangiles. Commentaire sur Jean d’Origène (225-231 apr. J.-C.), livre 1, chapitre 1, p. 299.

Novatien (250-257 apr. J.-C.) : « Car tant les anciennes prophéties que les Évangiles témoignent qu’Il est le fils d’Abraham et le fils de David. » Traité sur la Trinité, chapitre 9, p. 618

Traité sur le rebaptême, chapitre 17, p. 677 (250-258 apr. J.-C.) « Car, quant à ce baptême adultère, voire meurtrier, s’il existe un autre auteur, il s’agit alors certainement d’un ouvrage conçu par ces mêmes hérétiques au service de cette même erreur, intitulé La Prédication de Paul ; dans cet ouvrage, contrairement à toutes les Écritures, vous trouverez à la fois le Christ confessant son propre péché — bien qu’Il seul n’ait commis aucun péché — et presque contraint par Sa mère Marie, contre son gré, à recevoir le baptême de Jean. De plus, on voit que, lorsqu’Il fut baptisé, du feu apparut sur l’eau, ce qui n’est mentionné dans aucun des Évangiles. »

Cypien de Carthage (246-258 apr. J.-C.) mentionne les Évangiles dans sa Lettre 72, chap. 17, p. 383

Dionysius d’Alexandrie (246-265 apr. J.-C.) mentionne les quatre « évangélistes » par leur nom. Lettre à l’évêque Basilide, canon 1, p. 94

Adamantius (vers 300 apr. J.-C.) mentionne quatre personnes qui ont prêché l’Évangile, mais comme elles ont prêché la même chose, les quatre Évangiles ne forment qu’un seul Évangile. Dialogue sur la vraie foi, première partie, chapitre 6, p. 43.

Victorin de Petau (martyrisé en 304 apr. J.-C.) affirme que le monde est composé de quatre éléments, tout comme il existe quatre Évangiles, quatre générations d’Adam à Noé, d’Abraham à Moïse, quatre fleuves au paradis, quatre soldats lors de la crucifixion, quatre êtres vivants et quatre saisons. *Sur la création du monde*, p. 341

Méthode (280-312 apr. J.-C.) : « C’est également pour cette raison que quatre Évangiles ont été donnés, car Dieu a donné quatre fois l’Évangile au genre humain », *Le Banquet des dix vierges*, Discours 10, chap. 2, p. 348

Athanase (318 apr. J.-C.) cite Luc 19, 10 : « comme Il [Jésus] le dit Lui-même dans les Évangiles : “Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu.” » L’Incarnation du Verbe, chap. 14, p. 43

Athanase (318 apr. J.-C.) cite Luc 19, 10 : « Il [Jésus] le dit Lui-même dans les Évangiles : “Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu.” » *L’Incarnation du Verbe*, chap. 14, p. 43

Alexandre d’Alexandrie (313-326 apr. J.-C.) mentionne Dieu qui nous a donné la Loi, les prophètes et les Évangiles. Épîtres sur l’hérésie arienne, Épître 1, chap. 12, p. 295

Après Nicée

L’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe (318 apr. J.-C.), livre 3, chap. 24, p. 152, traite des quatre Évangiles : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Pères nicéens et post-nicéens, deuxième série, vol. 1, p. 152

Juvencus (329 apr. J.-C.) (extrait) a écrit un poème épique en s’inspirant des quatre Évangiles, mais il ne les a pas appelés « Évangiles ».

Hégémonios (IVe siècle) mentionne les « évangiles » dans *Dispute avec Manès*, chap. 5, p. 182

Diodore (262-278 apr. J.-C.) fait référence à « l’apôtre Paul et aux Évangiles » dans sa *Dispute avec Manès*, chapitre 45, p. 221

Hilaire de Poitiers (355-367/368 apr. J.-C.) : « Une fois encore, les Évangiles complètent ce qui manque les uns aux autres : nous apprenons certaines choses dans l’un, d’autres dans un autre, et ainsi de suite, car tous sont la proclamation du même Esprit. » *La Trinité*, livre 10, chapitre 42, p. 193

Athanase (367 apr. J.-C.) : « Il n’est pas fastidieux non plus de parler des [livres] du Nouveau Testament. Il s’agit des quatre Évangiles, selon Matthieu, Marc, Luc et Jean. » (Lettre festale d’Athanase, n° 39, chap. 5, p. 552)

Synopsis Scripturae Sacrae (350-370 apr. J.-C. ou Ve siècle)

Le Canon de Cheltenham (= Catalogue de Mommsen) (vers 360-370 apr. J.-C.) mentionne les Évangiles.

Éphraïm/Éphrem, compositeur d’hymnes syrien (350-378 apr. J.-C.)

Basile de Cappadoce (357-378/379 apr. J.-C.)

Le synode de Laodicée (en Phrygie) (343-381 apr. J.-C.), canon 60, p. 159, énumère les livres de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament. Le canon 59, p. 158, stipule que seuls les livres canoniques de l’Ancien et du Nouveau Testament peuvent être lus à l’église.

Cyrille de Jérusalem (vers 349-386 apr. J.-C.) affirme qu’il n’y avait que quatre évangiles dans la « Conférence » 4:36, p. 27

Grégoire de Nazianze (330-391 apr. J.-C.)

Pacien de Barcelone (342-379/392 apr. J.-C.)

Amphilochius, dans son « Iambi ad Seleucum » (avant 394 apr. J.-C.)

Grégoire de Nysse (vers 356-397 apr. J.-C.) mentionne les Évangiles dans *Contre Eunomius*, livre 2, chapitre 4, p. 104, et dans *Sur la mort précoce des enfants*, p. 378

Le Catalogue syrien de Sainte-Catherine (vers 400 apr. J.-C.) mentionne les Évangiles.

Épiphane de Salamine (360-403 apr. J.-C.) mentionne les quatre Évangiles, les 14 épîtres de Paul, celles de Jacques, de Pierre, de Jean et de Jude, les Actes des Apôtres, l’Apocalypse de Jean, la Sagesse de Salomon et le Siracide (= Ecclésiastique).

Le pape Innocent Ier de Rome (vers 405 apr. J.-C.) mentionne les quatre Évangiles.

Le Commentaire de Rufin sur le Credo des Apôtres (374-406 apr. J.-C.) mentionne les quatre Évangiles.

Jean Chrysostome (martyrisé en 406 apr. J.-C.) explique, dans son Homélie 1.6 sur l’Évangile selon Matthieu, p. 3 (vol. 10), qu’il existe quatre Évangiles et non un seul.

Orose/Hosius de Braga (414-418 apr. J.-C.) mentionne les Évangiles. *Défense contre les pélagiens*, chap. 7, p. 123

Concile de Carthage (218 évêques) (393-419 apr. J.-C.)

Sulpicius/Sulpitius Severus (363-420 apr. J.-C.) mentionne les Évangiles dans *Sulpitius Severus*, *Dialogue 1*, chap. 26, p. 37, et *Dialogue 2*, chap. 13, p. 45

Jérôme (417-420 apr. J.-C.) mentionne chacun des quatre Évangiles par son nom, en les qualifiant de « quatuor du Seigneur », dans la lettre 53.9, p. 101.

Sozomène (370-380/425 apr. J.-C.) mentionne les Évangiles dans son *Histoire ecclésiastique*, livre 2, chapitre 14, p. 267.

Augustin d’Hippone (388-430 apr. J.-C.) mentionne les Épîtres de Paul, puis les quatre livres de l’Évangile. Dans *De l’utilité de la foi*, chap. 7, p. 350

Jean Cassien (419-430 apr. J.-C.)

Vincent de Lérins (vers 434 apr. J.-C.)

L’Histoire ecclésiastique de Socrate (vers 400-439 apr. J.-C.), livre 3, chapitre 16, p. 87, indique qu’Apollinaire a commenté les Évangiles.

L’Histoire ecclésiastique de Socrate (vers 400-439 apr. J.-C.), livre 3, chapitre 20, p. 89, mentionne les Juifs, la Loi de Moïse et le Christ dans les saints Évangiles.

Preuves de l’existence d’hérétiques et d’ouvrages apocryphes

L’hérétique encratite Tatien (vers 172 apr. J.-C.) a rédigé une harmonisation des quatre Évangiles intitulée le Diatessaron, ce qui signifie « à travers [les] quatre ».

X Mégéthius (vers 300 apr. J.-C.), qui se présentait lui-même comme un disciple de Marcion, déclare dans son débat avec Adamantius qu’il rejette les quatre Évangiles. *Dialogue sur la vraie foi*, première partie, chapitre 1, p. 36

Théodore de Mopsueste (392-423/429 apr. J.-C.), hérétique pélagien, cite Matthieu 5, 23-24 comme ayant été donné par le Seigneur dans les Évangiles. Commentaire sur Malachie, chap. 2, p. 410

Théodore de Mopsueste (392-423/429 apr. J.-C.), hérétique pélagien, cite Marc 10, 2-9 comme provenant « du Seigneur dans les Évangiles ». Commentaire sur Malachie, chap. 2, p. 412

Théodore de Mopsueste (392-423/429 apr. J.-C.), hérétique pélagien, fait allusion à Luc 11, 42 en parlant de « dans les Évangiles ». Commentaire sur Osée, chap. 5, p. 63