< Question biblique tirée de Matthieu

Les questions communes à Matthieu et aux autres évangiles sont abordées dans la rubrique « Matthieu » ou bien dans la section « Évangiles ».

Q : Dans Matthieu, quels sont certains des éléments distinctifs de cet évangile ?

R : Matthieu met l’accent sur le Christ, le Roi promis, qui inaugure le royaume de Dieu et incarne l’accomplissement de la loi. Le Christ est l’espérance comblée. De tous les évangélistes, Matthieu est celui qui montre le plus clairement comment les prophéties de l’Ancien Testament s’accomplissent en Christ. Environ un tiers de l’Évangile selon Matthieu est consacré à la prédication, et l’évangile semble s’articuler autour de cinq grands discours.

En ce qui concerne la langue, Papias, un disciple de l’apôtre Jean, a déclaré que l’Évangile selon Matthieu avait d’abord été rédigé en hébreu/araméen. Jésus est le « type » d’Israël, et certains considèrent que Matthieu utilise des techniques midrashiques familières aux Juifs de cette époque.

En ce qui concerne les fausses religions, Matthieu 20, 1-16 est un bon passage pour expliquer la grâce aux mormons et aux Témoins de Jéhovah. Matthieu 18, 21-35 est également utile pour montrer aux mormons qu’il nous est tout à fait impossible de commencer ne serait-ce qu’à rendre à Jésus ce qu’il nous a donné par sa grâce, par nos bonnes œuvres.

Q : Dans Matthieu, comment certaines des prophéties mentionnées dans ce livre concernaient-elles le Christ ?

R : Avant de répondre à cette question, énumérons d’abord quelques-unes des prophéties en question.

1. Dieu faisant sortir les enfants d’Israël d’Égypte (Osée 11, 1 ; Matthieu 2, 15)

2. Rachel pleurant ses enfants à Rama (Jérémie 31, 15 ; Matthieu 2, 18)

3. La prophétie concernant Zabulon et Nephtali (Ésaïe 9, 1-2 ; Matthieu 4, 15-16)

4. Le paiement de trente pièces d’argent à Zacharie et leur remise au potier (Zacharie 11, 12-13 ; Jérémie 32, 6-9 ; Matthieu 27, 9-10)

La réponse : Matthieu, plus que les autres Évangiles, a été rédigé à l’intention d’un public juif familier avec l’Ancien Testament et avec les méthodes midrashiques. Papias, un auteur de l’Église primitive, a écrit que Matthieu avait été rédigé à l’origine en hébreu, et non en grec. En évoquant les enfants sortant d’Égypte, Rachel pleurant ses enfants, etc., Matthieu agit ici de manière délibérée. Il montre en quoi la vie du Messie d’Israël est parallèle à celle des enfants d’Israël. On pourrait considérer la prophétie comme un simple ensemble de détails isolés qui se réalisent, mais cette vision est trop restrictive. Matthieu montre que la vie des enfants d’Israël, dans son ensemble, constituait une prophétie concernant Jésus.

Pour plus d’informations, voir *Hard Sayings of the Bible*, p. 344-345, et *Bible Difficulties and Seeming Contradictions*, p. 168.

Q : Dans Matthieu, contrairement aux autres évangiles, on [prétend] toujours décrire Jésus comme un Seigneur presque impassible qui cache souvent ses émotions, tandis que les autres évangiles dépeignent Jésus l’homme avec toutes ses émotions, ses réactions et, apparemment, ses défauts. Pourquoi ?

R : Le postulat de cette question est erroné. Jésus n’est pas « glacial » et ne cache pas ses émotions lorsqu’il se lamente sur Jérusalem dans Matthieu 23, 37-38. Ce n’est pas du tout « glacial ». Je ne vois aucun des évangiles montrer des « défauts » chez Jésus. Jésus avait faim, il a pleuré, il a ressenti des émotions, et Jésus a souffert le martyre sur la croix. Ce n’étaient toutefois pas des défauts, mais des manifestations de sa nature humaine.

Q : Dans Matthieu 1, 1-17, quel était l’intérêt de la généalogie de Joseph remontant jusqu’à David, puisque Marie était vierge à la naissance de Jésus ?

R : Remonter jusqu’à David était important pour établir le droit de Jésus à régner sur Israël. Bien que Joseph ne fût pas le père biologique de Jésus, il en était à tous égards le père légal. Ainsi, les promesses faites à David se sont accomplies à la fois dans le sens juridique de la relation père-fils et dans le sens biologique, par le biais de la lignée de Marie dans l’Évangile selon Luc. Le Guide de la Bible d’Asimov, p. 780, soulève cette question. Pour plus d’informations, consultez *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 18, et *The Believer’s Bible Commentary*, p. 1203-1204.

Q : Dans Matthieu 1, 2-17, pourquoi y a-t-il 27 générations entre David et Jésus, alors que Luc 1, 3, 23-31 en mentionne 42 ?

R : Bien qu’il n’y ait pas nécessairement exactement le même nombre de générations dans les arbres généalogiques de Joseph et de Marie, Matthieu présente sans aucun doute quelques lacunes. Étant donné que le terme « fils » peut désigner les descendants masculins, cela ne pose aucun problème. Jéconiah (Jojakin) a régné vers 604 av. J.-C. ; il y a donc eu 14 générations entre David et Jéconiah en environ 400 ans, soit 29 ans par génération. De 604 av. J.-C. à 4 av. J.-C., on s’attendrait à 20 générations et demie, alors que Matthieu n’en mentionne que 13, soit 46 ans par génération.

Peut-être Matthieu n’a-t-il pas cité plus de 14 générations après l’exil parce qu’il ne connaissait pas les autres noms et qu’il n’a écrit que ce qu’il savait. Il se peut également qu’il ait utilisé trois séries de quatorze noms comme aide-mémoire.

Le « Expositor’s Bible Commentary », vol. 8, p. 69, mentionne la « coïncidence » selon laquelle le nom de David dans le texte massorétique hébreu (dwd) donne, en somme, 4 + 6 + 4 = 14.

Q : Dans Mt 1, 3, 5 et 6, pourquoi mentionne-t-on quatre femmes : Tamar, Rahab, Ruth et la femme d’Urie (Bath-Shéba) ?

R : Tout d’abord, dans le monde antique, il était très inhabituel d’inclure des femmes dans une généalogie établie selon la lignée masculine. Bien que nous ne connaissions pas la raison exacte de Matthieu, ni celle de Dieu, nous pouvons observer plusieurs éléments.

Célèbres : ces quatre femmes étaient « célèbres » en ce sens qu’elles étaient connues de tous les Juifs.

Étrangères : Rahab et Ruth étaient toutes deux des étrangères qui s’étaient jointes au peuple de Dieu, ce qui souligne le fait que Jésus était d’ascendance mixte. Bethsabée était juive ; elle était mariée à Urie, un Hittite.

Embarassantes : Tamar s’est fait passer pour une prostituée afin de séduire Juda. Rahab était une ancienne prostituée. Bethsabée et David ont commis l’adultère, et David a commis un meurtre. Si Dieu peut utiliser ces personnes dans la lignée légale (de Joseph), et toutes sauf Bethsabée dans la lignée biologique (de Marie), alors Dieu peut utiliser n’importe qui, quelle que soit la gravité de ses fautes. D’un autre côté, Jacob était un trompeur, et Manassé était un roi profondément méchant, qui s’est repenti par la suite.

Silence intrigant : Matthieu aurait pu mentionner trois femmes éminentes : Sarah, Rébecca et Rachel, mais il les ignore et se concentre plutôt sur celles-ci.

Voir le Commentaire évangélique de la Bible, p. 724 ; le Nouveau Testament grec de l’Expositor, vol. 1, p. 63 ; le Commentaire biblique de l’Expositor, vol. 8, p. 66 ; et le Commentaire de la connaissance biblique : Nouveau Testament, p. 18 pour plus d’informations.

Q : Dans Mt 1, 5, puisque la grand-mère de David était Ruth la Moabite, comment David a-t-il pu faire partie de l’assemblée, alors que Dt 23, 3 stipule qu’un Moabite ne peut entrer dans l’assemblée jusqu’à la dixième génération ?

R : Tout d’abord, ce qui n’est probablement pas la réponse, puis la réponse.

Ce qui n’est probablement pas la réponse : même si la présence de David au sein de l’assemblée allait à l’encontre de Deutéronome 23:3, la Bible rapporte néanmoins que David était avec le peuple et qu’il adorait avec lui. Les gens pouvaient commettre des erreurs par ignorance. Par exemple, Josué a conclu un traité avec les Gabaonites, ce qui était contraire à la loi de Dieu. Une fois ce traité conclu, Dieu a toutefois voulu qu’ils l’honorent. En effet, Dieu, dans sa providence, leur a permis de commettre cette erreur et s’est servi des Gabaonites par la suite.

La réponse : on peut soutenir que David n’a pas désobéi à Deutéronome 23:3 dans ce cas précis.

1. Les gens faisaient remonter leur lignée par la lignée paternelle, et non par celle de leur mère. Il est donc possible (mais pas certain) que Deutéronome 23:3 ait été destiné à s’appliquer aux ancêtres masculins.

2. Ruth a « changé de peuple ». Elle a dit à Naomi : « Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. » Si, de nos jours, il est possible de changer de nationalité dès lors que la personne concernée et le peuple du nouveau pays y consentent, ce changement était alors bien plus radical ; Dieu lui a permis, à l’instar de Rahab, de devenir l’une des élues d’Israël.

Q : Dans Matthieu 1:8, Joram était-il le père d’Ozias, ou était-il son arrière-arrière-grand-père, comme l’indique 1 Chroniques 3:11-12 ?

R : En réalité, les deux, si l’on comprend bien la manière dont ces termes étaient utilisés. Les Juifs considéraient que le mot « père » désignait également un ancêtre (comme dans Actes 7, 19 ; 1 Rois 15, 24 ; 22, 50 ; 2 Rois 15, 38), tout comme le mot « fils » désignait également un descendant.

Le roi Joram était l’arrière-arrière-grand-père du roi Ozias. Pour plus d’informations, consultez *Bible Difficulties and Seeming Contradictions*, p. 58, et *When Critics Ask*, p. 325.

Q : Dans Matthieu 1:9, pourquoi Ozias est-il présenté comme le père de Jotham alors que 2 Rois 15:1-7 et 1 Chroniques 3:12 indiquent qu’Azaria était le père de Jotham ?

R : Ozias était un autre nom d’Azaria, comme l’indiquent 2 Rois 15, 32, 34 et 2 Chroniques 26, 1-23 ; 27, 2 ; Ésaïe 1, 1 ; 6, 1 ; 7, 1. De nombreux rois portaient à la fois un prénom personnel et un nom royal qu’ils avaient acquis par la suite. Mais que ce soit pour les rois ou pour les autres, cela n’aurait pas été considéré comme anormal dans les cas suivants : Abram/Abraham, Saraï/Sara, Jacob/Israël, Ben-Oni/Benjamin, Zaphenath-Paneah/Joseph, Osée/Josué, Gédéon/Jérubbaal, Ammiel/Éliam, Bethsabée/Beth-shua, Azaria/Ozias, Abijam/Abija, Jéhoahaz, fils de Josias/Sallum, Éliakim/Jéhoïakim, Jéhoiachin/Jéconia/Conia, Sédécias/Mattania, Hanania/Shadrach, Mishaël/Meshach, Azaria/Abed-Nego, Daniel/Belteshazzar, Simon/Pierre, Joseph/Barnabé et Saül/Paul.

Pour plus d’informations, consultez *When Critics Ask*, p. 325-326, et *Encyclopedia of Bible Difficulties*, p. 316-317.

Q : Dans Matthieu 1, 11 et 16, pourquoi la généalogie montre-t-elle que Jésus descend d’une lignée maudite, celle de Jéconiah/Jojakin, comme l’indiquent Jérémie 22, 28-30 et Jérémie 36, 30 ? (Voir également 1 Chroniques 3, 16). Jéconiah (Jojakin) et son père Jojakim ont tous deux été maudits par Dieu lui-même, qui a déclaré qu’aucun de ces deux hommes n’aurait de descendant sur le trône de David. Comment Jésus pourrait-il être le Messie, destiné à régner éternellement sur le trône de David, s’il descendait de l’un ou l’autre de ces hommes ?

R : La généalogie de Joseph dans Matthieu montre en effet que Joseph descendait d’une lignée maudite. Cela poserait un véritable problème si Joseph était le père biologique, car Jérémie avait prophétisé que Jojakin n’aurait aucun descendant sur le trône. Cependant, la généalogie de Marie dans Luc montre que Jésus ne descendait PAS biologiquement de Jéconiah et de Jojakim, car les ancêtres de Marie s’étaient écartés de la lignée royale. Avec le recul, on constate que David et Salomon avaient reçu des promesses légèrement différentes. Seul Joseph descendait de Salomon, tandis que Joseph et Marie descendaient tous deux de David.

Soit dit en passant, dans Matthieu 1, 16, l’expression « dont », du moins en anglais, semble pouvoir désigner Marie, Joseph, ou les deux. Mais en grec, « dont » est spécifiquement au féminin singulier ; cela signifie donc que Jésus était uniquement issu de Marie.

D’un point de vue historique, Irénée, évêque de Lyon en Gaule, a répondu à cette objection concernant la généalogie de Joseph dans Matthieu dans son ouvrage *Contre les hérésies*, livre 3, chapitre 21.9, p. 453-454, rédigé entre 182 et 188 apr. J.-C.

Pour plus d’informations, consultez *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 18, et *The Believer’s Bible Commentary*, p. 1204.

Q : Dans Mt 1,17, s’agissait-il réellement de 3 × 14 = 42 générations, ou seulement de 41 générations, comme l’affirment un athée (Capello) et l’ouvrage sceptique *Asimov’s Guide to the Bible*, p. 777-778 ?

R : Il y a trois séries de 14 noms, mais elles ne s’additionnent pas, car la première liste va d’Abraham jusqu’à David inclus, et la seconde liste va de David jusqu’à l’exil. Or, il y aurait un problème si Matthieu avait affirmé qu’il y avait 42 générations, mais Matthieu n’a jamais dit que la somme était de 42. Matthieu a sans doute mentionné en passant ces trois séries de 14 noms à titre d’aide-mémoire. On a également remarqué que la somme des lettres du prénom David donne 14.

Le premier auteur chrétien dont on sache qu’il ait perçu ces trois « intervalles mystiques » fut Clément d’Alexandrie (193-202 apr. J.-C.) dans les Stromates, livre 1, chapitre 21, p. 334

Pour plus d’informations, voir *When Critics Ask*, p. 326, et *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 69.

Q : Dans Matthieu 1:17, pourquoi tant de noms ont-ils été omis ?

R : Les Écritures ne le précisent pas, mais de nombreux noms ont été omis. Par exemple, entre Nahshon et Hezron, il n’y avait que deux noms, alors que l’intervalle de temps était de 400 ans. Cela pourrait s’expliquer en partie par le simple fait que Matthieu ne connaissait pas ces noms. Mais il aurait pu trouver d’autres noms dans 1 Chroniques s’il l’avait souhaité. Peut-être son intention n’était-elle pas de se perdre dans les détails de chaque nom, mais d’en inclure suffisamment pour montrer que le père adoptif de Jésus descendait bel et bien de David, et que Jésus avait donc un droit naturel à être roi d’Israël. Voir The Expositor’s Bible Commentary, vol. 1, p. 64-65 pour plus d’informations.

Q : Dans Mt 1, 17 et Lc 1, pourquoi les deux généalogies divergent-elles après Salomon, mais se rejoignent-elles à nouveau au niveau de Shealtiel ?

R : L’ouvrage sceptique *Asimov’s Guide to the Bible*, p. 939, mentionne ce point. Matthieu 1, 12 cite Jéconiah (Jojakin), Shealtiel et Zorobabel, tandis que Luc cite Néri, Shealtiel et Zorobabel. La raison directe de cette différence est donnée dans 1 Chroniques 3, 17-19. La lignée royale, qui se transmettait presque toujours de père en fils, est passée à la place de Shealtiel à Zorobabel, fils de Pedaïa, le frère de Shealtiel.

La raison n’est pas précisée, mais on suppose que Shealtiel n’avait pas de fils, ou du moins pas de fils vivants, à sa mort. Ainsi, Shealtiel a probablement adopté le fils de son frère. Les spécialistes pensent soit que Pedaiah est mort et que Shealtiel a adopté Zorobabel alors qu’il était orphelin, soit que Shealtiel a transmis la lignée royale à Zorobabel simplement parce qu’il n’avait pas de fils.

Q : Dans Matthieu 1, 18-19, pourquoi Joseph aurait-il envisagé de divorcer de Marie s’ils n’étaient pas déjà mariés ?

R : Joseph s’est probablement dit que soit la honte retomberait sur lui si d’autres pensaient qu’ils avaient eu des relations sexuelles avant le mariage, soit la honte retomberait sur eux deux s’il permettait à Marie de fréquenter d’autres hommes. On comprend donc pourquoi Joseph aurait voulu rompre leurs fiançailles.

Mais pourquoi auraient-ils divorcé s’ils n’étaient pas encore mariés ? Leurs coutumes étaient différentes des nôtres. Un homme et une femme étaient liés dès leurs fiançailles, même s’ils n’avaient pas de relations sexuelles avant le mariage. Dans leur culture, des fiançailles ne pouvaient être officiellement rompues que par un divorce.

Cette période d’attente d’un an permettait de prouver que la femme était fidèle et qu’elle n’attendait pas un enfant qui n’était pas celui de son mari. Mais lorsque l’ange est apparu à Joseph, celui-ci a immédiatement accueilli Marie chez lui.

Pour plus d’informations, consultez le « Believer’s Bible Commentary », p. 1205, le « Bible Knowledge Commentary : New Testament », p. 20, et le « Expositor’s Bible Commentary », vol. 1, p. 68-69.

Q : Dans Matthieu 1:18, Marie a-t-elle été fécondée par le Saint-Esprit, ou Jésus était-il le fruit des reins de David, comme le mentionne Actes 2:30 ?

R : La Vierge Marie était vierge ; la Bible dit que le Saint-Esprit « a couvert de son ombre » Marie, et non pas d’une manière sexuelle. Joseph n’était que le père légal et adoptif de Jésus, et non son père biologique. Mais Jésus descendait biologiquement de David par Marie, puisque Luc 3, 23-37 présente la généalogie de Marie. D’autres versets indiquent que Jésus est un fils (descendant) de David : Matthieu 12, 23 ; 15, 22 ; 20, 30 ; 21, 9, 15 ; Marc 10, 47-48 ; 12, 35 ; Luc 18, 38-39 ; 20, 41 ; Jean 7, 42 ; 2 Timothée 2, 8 ; Apocalypse 5, 5 ; 22, 16.

Q : Dans Mt 1, 20 ; 2, 12 ; 2, 13 ; 2, 19 ; 2, 22 ; 27, 19, pourquoi Matthieu mentionne-t-il des rêves alors que les autres évangélistes ne le font pas, comme le fait remarquer le Guide de la Bible d’Asimov, p. 795 ?

R : Matthieu ne mentionne que quatre ou cinq rêves :

Trois ou quatre durant l’enfance de Jésus : Matthieu 1, 20 (prenez Marie pour épouse) ; 2, 12 (ne retournez pas vers Hérode) ; 2, 13 (allez en Égypte) ; 2, 19 (retournez à Nazareth) ; 2, 22 (n’allez pas en Judée). Matthieu 2, 22 pourrait être un rêve distinct, ou le même rêve que celui de Matthieu 2, 19.

Lors du procès de Jésus, la femme de Pilate dans Matthieu 27, 19.

Marc et Jean ne parlent pas de l’enfance du Christ ; on ne pouvait donc pas s’attendre à ce qu’ils rapportent ces rêves. Comme Luc ne dit rien au sujet des mages et (presque) rien au sujet de Joseph, on ne pouvait pas s’attendre à ce qu’il rapporte ces rêves.

Il ne reste donc qu’un seul exemple dans Matthieu (la femme de Pilate) qui constitue un détail non rapporté dans les autres évangiles.

Sur cette base, vous ne pouvez toutefois pas conclure que les autres auteurs étaient opposés à la mention des rêves. Dans Actes 16, 9, Paul eut, pendant la nuit, une vision d’un homme de Macédoine le suppliant de venir les aider.

Q : Matthieu 1, 23 traduit-il de manière erronée Ésaïe 7, 14 en utilisant le mot « vierge », comme l’affirme le Guide sceptique de la Bible d’Asimov, p. 781 ?

R : Non. Non seulement le mot hébreu peut signifier aussi bien « vierge » que « jeune fille », mais Asimov lui-même reconnaît, à la page 780, que la Septante a traduit ce mot par « parthenos », qui signifie « vierge ». Bien sûr, Asimov ne croit en aucun miracle de la Bible ; il ne choisirait donc pas de croire qu’Ésaïe ferait référence à une vierge.

Q : Le nom « Emmanuel » dans Matthieu 1:23, où apparaît-il dans les livres des prophètes ou dans l’Ancien Testament ? Quel est son lien avec Jésus ? Et pourquoi ne le retrouve-t-on pas dans le reste des Évangiles ?

R : Le titre « Emmanuel » figure dans la prophétie messianique d’Ésaïe 7, 14. De tous les évangélistes, Matthieu est celui qui met le plus l’accent sur l’accomplissement de la prophétie ; il n’est donc pas surprenant qu’il en fasse mention.

Les huit premiers chrétiens suivants ont également considéré Ésaïe 7, 14 comme une prophétie messianique : Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.), Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.), Tertullien (207-220 apr. J.-C.), Origène (225-253/254 apr. J.-C.), Novatien (250-257/258 apr. J.-C.), Cyprien de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.), Athanase d’Alexandrie (vers 318 apr. J.-C.) et Lactance (vers 303-325 apr. J.-C.). Consultezwww.biblequery.org/history/churchhistory/WhatEarlyChristianTaughtOnDoctrine.html (ou .docx) pour les citations.

Q : Dans Mt 1, 23 et Lc 1, 26-35, comment Jésus, né d’une vierge, a-t-il pu être descendant de David ?

R : Trois points sont à prendre en compte dans la réponse.

1. Jésus n’était pas le fils biologique de Joseph. S’il l’avait été, Jérémie 29, 32 serait une fausse prophétie.

2. Jésus était le fils de Joseph aux yeux de la loi. De nos jours, un homme qui épouse une femme ayant déjà un enfant devient le père de cet enfant aux yeux de la loi, bien qu’il n’en soit pas le père biologique.

3. Jésus était le fils biologique de Marie, une descendante de David.

Aux yeux de la loi, Jésus était de la maison de David par l’intermédiaire de Joseph, et biologiquement, il descendait de David par Marie.

Q : Dans Matthieu 1, 23, en quoi le fait que Jésus soit « Emmanuel », c’est-à-dire « Dieu avec nous », est-il si essentiel ?

R : Il s’agit d’un point important de ce chapitre, qui n’est pas mis en avant de manière aussi marquée dans le reste de l’Évangile selon Matthieu. Deux éléments entrent ici en ligne de compte.

Dieu s’est incarné en être humain. Jésus était Emmanuel, « Dieu avec nous ». D’une manière que personne sur terre ne peut définir pleinement, Dieu a choisi de s’abaisser jusqu’à la terre et de vivre en tant qu’être humain à part entière (Hébreux 2, 6, 14, 17), avec un véritable corps humain, qui avait de véritables besoins humains (Jean 19, 28), et de véritables sentiments humains (Luc 22, 42). Jésus ne semblait pas seulement être humain ; il était au contraire à 100 % humain, tout aussi humain que vous ou moi, à cette différence près que Jésus était sans péché (Hébreux 4, 15). Pourtant, sur terre, en même temps, Jésus restait à 100 % Dieu. Jésus pouvait être tenté, mais il ne pécherait jamais (Hébreux 4, 15 ; Matthieu 4, 3-12 ; Marc 1, 13 ; Luc 4, 2-13). Comme l’indique le « Tony Evans Bible Commentary » à la page 865, Jésus était « la divinité en couche-culotte ».

Jésus vit en nous. Jésus est, en ce moment même, Emmanuel, « Dieu avec nous ». Par l’intermédiaire du Saint-Esprit, le Christ vit en nous. Non seulement Dieu nous dit quoi faire et quoi dire, mais Philippiens 2, 13 précise que c’est Dieu qui agit en nous. Lorsque nous sommes venus à Christ, Dieu ne s’est pas contenté de nous féliciter en nous disant : « Bravo pour ce que vous avez fait jusqu’à présent, vous vous débrouillerez tout seuls désormais. » Il s’agit plutôt du début d’une relation plus intime encore qu’une relation conjugale, pour l’éternité avec l’Époux de l’Église, le Christ.

Q : Dans Matthieu 1:25, puisque Ésaïe avait dit qu’Il s’appellerait Emmanuel, pourquoi l’ont-ils appelé Jésus ?

R : « Jésus » en hébreu correspond à Josué, ce qui signifie « l’Éternel sauve ». Jésus est un nom approprié, mais eux (et nous) appelons Jésus « Dieu avec nous ». Un de mes amis chrétiens chinois s’interrogeait à ce sujet. Il avait à la fois un prénom chinois et un prénom anglais. Je lui ai donc expliqué que sa mère lui avait donné son prénom chinois, mais qu’on l’appelait par son prénom anglais aux États-Unis. Il n’est pas rare qu’une personne ait deux prénoms, ou un prénom et un titre.

Q : Dans Matthieu 1, 25, Marie a-t-elle eu d’autres enfants ?

R : La dernière phrase de ce verset serait à la fois dénuée de sens et trompeuse si Joseph et Marie n’avaient jamais eu de relations intimes.

Outre ce verset, Matthieu 12, 46 ; 13, 55-56 ; Marc 6, 3 ; Jean 7, 3-5 ; Actes 1, 14 ; 1 Corinthiens 9, 5 ; Galates 1, 19 ; et (implicitement) Jude 1 mentionnent également que Jésus avait des frères. L’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe (318 apr. J.-C.), aux chapitres 2, verset 23, et 3, verset 20, indique également que les quatre frères de Jésus étaient Jacques (dit le Juste), Joses (ou Joseph), Judas et Simon.

Une réponse catholique consiste à dire que Joseph avait des enfants issus d’un précédent mariage, mais pas Marie. Cependant, rien dans l’histoire de l’Église ne prouve que Joseph ait été marié auparavant, ni qu’aucun des frères de Jésus ne fût issu de Marie et de Joseph. Si Jésus avait eu un demi-frère aîné issu de Joseph, c’est ce demi-frère aîné qui aurait eu droit au trône, et non Jésus. Voir The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 299 pour plus d’informations.

Une autre réponse catholique est que, dans les cultures méditerranéennes, le terme « frères » pouvait désigner des cousins et des proches parents d’âge similaire, et pas seulement des frères de sang. Cependant, il est problématique d’appliquer aux Israélites ce qui a pu être vrai pour les Italiens ultérieurs et d’autres peuples.

Après la Bible, les premiers auteurs chrétiens connus à avoir affirmé que Marie avait eu des enfants sont Hégésippe (170-180 apr. J.-C.), Origène (un maître singulier) (225-253/254 apr. J.-C.) et Eusèbe de Césarée (318-325 apr. J.-C.). Hégesippe nous fournit un détail intéressant : il mentionne un frère de Jésus nommé Judas, qui « a souffert pour la foi en Christ à l’époque de Domitien » (Cinq livres de commentaires sur les Actes de l’Église, section 1, p. 764). Eusèbe de Césarée (318-325 apr. J.-C.) indique que les quatre frères de Jésus étaient Jacques (dit le Juste), Joses (ou Joseph), Judas et Simon. Histoire ecclésiastique d’Eusèbe, 2, 23 ; 3, 20. Après le concile de Nicée, Helvidius/Helvetius (avant 383 apr. J.-C.) enseigna également cela.

Après la Bible, les premiers auteurs chrétiens connus à avoir affirmé que Marie avait toujours été vierge, ou quelque chose de similaire, furent Hippolyte (225-235/236 apr. J.-C.), Pierre d’Alexandrie (306, 285-311 apr. J.-C.) et, de manière implicite, Origène (un maître singulier) (225-253/254 apr. J.-C.). Voici ce que dit Origène en 246-248 apr. J.-C. : « Certains affirment, en se fondant sur une tradition contenue dans l’Évangile selon Pierre, tel qu’il est intitulé, ou dans « Le Livre de Jacques », que les frères de Jésus étaient les fils de Joseph issus d’une première épouse, qu’il avait épousée avant Marie. Or, ceux qui affirment cela souhaitent préserver l’honneur de Marie dans la virginité jusqu’à la fin,… Et je pense qu’il est conforme à la raison que Jésus ait été, parmi les hommes, le premier-né de cette pureté qui réside dans la chasteté, et Marie parmi les femmes ; car il ne serait pas pieux d’attribuer à quiconque d’autre qu’à elle le premier-né de la virginité. » Commentaire d’Origène sur Matthieu, livre 10, chapitre 17, p. 424

Après le concile de Nicée, Athanase (331 apr. J.-C.), Ambroise de Milan (340-397 apr. J.-C.) et Jérôme (383 apr. J.-C.) ont enseigné que Marie était toujours vierge. Cependant, Ambroise affirmait clairement que Jésus n’avait besoin d’aucune aide pour servir de médiateur entre l’homme et Dieu, et que Marie ne devait pas être adorée (Sur le Saint-Esprit, livre 3, chapitre 11, n° 80, 381 apr. J.-C.). Il déclara : « Et que personne ne détourne cela vers la Vierge Marie ; Marie était le temple de Dieu, et non le Dieu du temple. C’est donc Lui seul qui doit être adoré, Lui qui agissait dans Son temple. »

Pour plus d'informations, consultez *The Expositor's Bible Commentary*, vol. 8, p. 81, et *The Believer's Bible Commentary*, p. 1206.

Q : Dans Matthieu 2, 1-4, 9-12, combien y avait-il exactement de mages ?

R : Les Écritures ne le précisent jamais. On pense souvent qu’ils étaient trois, simplement en raison de la chanson « We Three Kings of Orient Are » et du fait qu’il y avait trois cadeaux, mais leur nombre aurait pu être quelconque. Voir The Tony Evans Bible Commentary, p. 865, l’Evangelical Commentary on the Bible, p. 726, The New Unger’s Bible Dictionary, p. 799, et The Bible Knowledge Commentary : New Testament, p. 21, pour une réponse essentiellement identique.

L’idée selon laquelle il y avait trois rois remonte à Origène (225-253/254 apr. J.-C.), mais la plupart des autres traditions inventées au sujet des mages sont apparues au VIe siècle et par la suite. Les idées selon lesquelles leurs noms étaient Gaspard, Melchior et Balthazar, ou qu’ils venaient d’Éthiopie, ou encore qu’ils appartenaient chacun à une race différente, sont toutes des inventions ultérieures. S’il s’agissait de « mages », une tribu de prêtres zoroastriens, ils seraient alors probablement originaires de Perse (l’Iran actuel) ou de Mésopotamie (l’Irak actuel). Cependant, si le terme « mages » désignait simplement un dignitaire religieux, ils auraient pu provenir d’autres régions également.

Pour plus d’informations, consultez The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 85 ; The Expositor’s Greek Testament, vol. 1, p. 73 ; et l’ouvrage d’Ulrich Luz intitulé Matthew 1-7 : A Commentary, p. 140.

Q : Dans Matthieu 2, 1, quand les mages sont-ils arrivés ?

R : Les Écritures indiquent seulement que c’était quelque temps après la naissance. Jésus est né dans une étable (qui aurait pu être une grotte). Mais au moment où les mages sont arrivés, dans Matthieu 2, 11, ils se trouvaient dans une maison. Matthieu utilise le terme « jeune enfant » (paidion), plutôt que le mot « nourrisson » (brephos). Étant donné qu’Hérode a fait tuer tous les petits garçons de Bethléem âgés de deux ans ou moins, cela s’est produit avant qu’Hérode ne se rende compte que les mages ne reviendraient pas le voir. Cela a donc pu se passer plusieurs mois, voire environ un an, après la naissance. Voir *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 20, pour plus d’informations.

À titre d’information complémentaire, cette pratique consistant à apporter des cadeaux à un roi n’était pas inhabituelle. Lorsque Néron était empereur de Rome, le roi Tiridate d’Arménie se rendit à Rome en 66 apr. J.-C. en apportant des cadeaux à Néron. Voir Ulrich Luz, Matthieu 1-7 : A Commentary, p. 131 pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 2, 1-4, 9-12, qui étaient les mages ?

R : Les mages étaient des hommes religieux du Moyen-Orient qui pratiquaient l’astrologie. Bien que la Bible ne précise pas qu’il y avait trois mages, il existe trois points de vue sur l’identité des « mages de Noël ».

À l’origine, tout comme les Lévites formaient une tribu de prêtres parmi les Israélites, les mages ultérieurs constituaient, selon Hérodote, la tribu des prêtres parmi les Mèdes. Cela s’apparente au fait que les Lévites formaient une tribu de prêtres parmi les Israélites. Les mages offraient des sacrifices devant des feux, interprétaient les rêves et pratiquaient l’astrologie. Bien que le mot anglais « magician » (magicien) dérive de « Magi », à l’exception d’un passage chez Hérodote, rien ne prouve qu’ils pratiquaient la magie. Les Mèdes étaient polythéistes (et non zoroastriens). Lorsque Daniel 5:11 parle des mages, ce sont ces mages-là.

Plus tard, après qu’un mage surnommé « le faux Bardiya » eut pris le contrôle du trône perse pendant sept mois en 522 av. J.-C., le roi Cambyse remplaça une grande partie des mages mèdes par des mages perses. Les mages perses étaient zoroastriens. Les zoroastriens croyaient en deux êtres divins égaux et opposés, l’un bon, représenté par la lumière, et l’autre mauvais, représenté par les ténèbres. Au cours du IVe siècle av. J.-C. et après, les zoroastriens croyaient en la résurrection. Les Grecs affirmaient généralement que les mages étaient zoroastriens. Clément d’Alexandrie pensait que les mages venus à Bethléem étaient zoroastriens. L’ouvrage sceptique *Le Guide d’Asimov sur la Bible*, p. 788, ne mentionne que ces derniers comme étant les mages.

À l’époque du Christ, les Grecs appelaient également « mages » les Chaldéens qui pratiquaient l’astrologie. De nombreux astrologues se rendirent en Occident pour enseigner, notamment le Babylonien Bérose, qui enseigna sur l’île grecque de Cos après 281 av. J.-C. Tacite affirme que les mages pratiquaient la sorcellerie, et Pline soutient que la magie remonte à Zoroastre. L’écrivain de l’Église primitive Origène, parmi ses nombreuses critiques à l’encontre de l’hérétique Celse, a déclaré que Celse ne faisait pas la distinction entre les mages et les Chaldéens dans son ouvrage *Contre Celse*, livre 1, chapitre 58, p. 422. Le *New International Dictionary of the Bible*, p. 612, les mentionne comme étant les mages.

Quelle que soit l’origine précise au Moyen-Orient des « mages de Noël », ceux-ci pratiquaient l’astrologie. Pour plus d’informations, consultez le *Wycliffe Bible Dictionary*, p. 1067-1068, et en particulier le chapitre consacré aux mages dans *Persia and the Bible*, p. 467-491.

Q : Dans Matthieu 2, 2, d’autres souverains auraient-ils été associés à des signes célestes ?

R : Selon Suétone (De Divinatione 1.47), une comète serait apparue au moment de la naissance de Néron (15 décembre 37 apr. J.-C.) ainsi qu’au moment de celle du roi Mithridate du Pont (135 av. J.-C.). Les comètes visibles à l’œil nu apparaissent environ 2 à 5 fois par siècle. La comète de Halley apparaît tous les 75 ans, notamment en 87 av. J.-C. et en décembre 11 av. J.-C. Pour plus d’informations, voir Ulrich Luz, Matthieu 1-7 : Un commentaire, p. 131, et The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 83.

Q : Dans Mt 2, 2, quels étaient certains « signes » célestes observés à cette époque ?

R : Voici quelques phénomènes naturels.

La comète de Halley est apparue en décembre 11 av. J.-C. (Lagrange l’a mentionnée, mais cette date est trop précoce pour être pertinente.)

Une conjonction des planètes Jupiter (représentant la royauté) et Saturne (représentant les Juifs) eut lieu en juillet 6 av. J.-C. Kepler (avant 1630 apr. J.-C.) fut le premier à la mentionner, bien qu’il eût préféré la théorie de la supernova.

Une comète ou une nova mentionnée par des astronomes chinois en 5/4 av. J.-C.

Cependant, ce qui semblait être une étoile les précéda et s’arrêta au-dessus de la maison, comme le rapporte Matthieu 2, 9-10. Bien que le terme grec puisse simplement désigner la ville, et non la maison, selon The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 88, une conjonction planétaire de Jupiter et Saturne, ainsi qu’une comète, ne peuvent pas produire un tel effet. Qu’ils aient ou non remarqué au départ une conjonction ou une comète, lorsqu’ils sont arrivés en Palestine, un ange les guidait de manière surnaturelle à l’aide d’une lumière.

Pour plus d’informations, consultez *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 85, et Ulrich Luz, *Matthieu 1-7 : A Commentary*, p. 132.

Q : Dans Matthieu 2, 6, pourquoi est-il dit « pas petit », alors que Michée 5, 2 dit « petit » dans le texte massorétique et « très petit » dans la Septante ?

R : Ce sont les scribes qui ont dit cela, et bien qu’ils aient pu simplement se tromper, en particulier s’ils traduisaient de mémoire, leur interprétation était correcte en l’occurrence. Michée 5, 2 dit : « Toi, Bethléem Éphrata, la plus petite parmi les milliers de Juda, c’est de toi que sortira celui qui sera le chef en Israël… » (Traduction littérale de Green) Le sens de Michée 5, 2 est que, bien que Bethléem fût petite par sa taille, elle deviendrait grande par son importance. Ainsi, les docteurs de la loi ne se sont pas trompés : Bethléem aura une grande importance, malgré sa petite taille.

Pour des réponses complémentaires, veuillez consulter l’Encyclopédie des difficultés bibliques, p. 318-319, et l’ouvrage « Quand les critiques posent des questions », p. 327.

Q : Dans Matthieu 2, 6, comment prononce-t-on « magi » ?

R : Selon le *Wycliffe Bible Dictionary*, ce mot se prononce « MA-ji », les deux voyelles étant longues.

Q : Dans Matthieu 2,6, pourquoi parle-t-on de « gouverneurs/dirigeants », alors que Michée 5,2 mentionne des « milliers » dans le texte massorétique et la Septante ?

R : Quatre points sont à prendre en compte dans la réponse.

1) Michée 5:2 dit : « Toi, Bethléem Éphrata, la plus petite parmi les milliers de Juda, c’est de toi que sortira celui qui sera le chef en Israël… » (Traduction littérale de Green). Le point essentiel est que, bien que Bethléem fût petite par sa taille, elle deviendrait grande par son importance.

2) Le mot hébreu pour « milliers » (au pluriel) dans Michée 5:2 est ‘alapim. L’équivalent grec est chiliasin. Le mot hébreu pour « gouverneurs/dirigeants » (au pluriel) est ‘allupe. L’équivalent grec est « hegemosin ». Alors que les mots grecs sont totalement différents, les mots hébreux sont presque identiques, à l’exception des voyelles. L’Ancien Testament a été rédigé à l’origine sans voyelles ; celles-ci n’ont été ajoutées qu’aux alentours de l’an 700 après J.-C. Cela indique qu’ils ne lisaient pas la Septante grecque, mais soit l’hébreu, soit l’araméen, soit peut-être une autre traduction grecque.

3) Ces paroles ont été prononcées par les prêtres et les docteurs de la loi. Ils ont pu commettre une erreur, ou bien ils ont peut-être cité à Hérode une traduction grecque autre que la Septante. Il est toutefois plus probable qu’ils aient traduit oralement de l’hébreu vers l’araméen ou le grec au fur et à mesure.

4) En réalité, les prêtres et les docteurs de la loi n’ont pas commis d’erreur en transmettant le sens : la petite ville de Bethléem n’est PAS la moins importante pour le souverain qui en est originaire.

Voir l’Encyclopédie des difficultés bibliques, p. 318-319, le Commentaire biblique de l’Expositor, vol. 8, p. 88, et le Testament grec de l’Expositor, vol. 1, p. 72, pour des réponses complémentaires.

Q : Dans Matthieu 2, 8 et 12, Dieu a-t-il ordonné aux mages de ne pas tenir leur parole envers Hérode, puisqu’il leur a été demandé de ne pas retourner vers lui ?

R : Hérode était inquiet, car il n’avait jamais été destiné à devenir roi au départ. Son père était Édomite, sa mère était arabe, et lui-même n’était qu’un converti au judaïsme. Lorsqu’il devint roi en 40 av. J.-C., il lui fallut trois ans et l’aide des Romains pour réprimer les révoltes qui s’élevaient contre lui. Lorsque Hérode a demandé aux mages de revenir le voir, il avait apparemment déjà un plan pour détruire ce roi, et il a tenté d’impliquer les mages dans son plan maléfique. Il n’est probablement pas venu à l’esprit d’Hérode que, bien qu’il fût en colère contre les mages pour l’avoir trompé, c’était lui qui avait d’abord tenté de les tromper en prétendant vouloir lui aussi adorer Jésus. Soit dit en passant, Bethléem ne se trouvait qu’à 5 miles (9 km) au sud-sud-est de Jérusalem. Quant aux mages, comme l’indique le Believer’s Bible Commentary, p. 1207 : « Quiconque rencontre le Christ avec un cœur sincère ne revient jamais par le même chemin. »

Le temps utilisé dans la question ne signifie pas « où est celui qui deviendra un jour le roi des Juifs », mais plutôt « où est celui qui est désormais le roi légitime des Juifs », selon The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 86.

Trois points à prendre en compte dans la réponse.

1. Matthieu 2 ne dit nulle part que les mages ont promis à Hérode qu’ils reviendraient.

2. Matthieu 2 ne dit nulle part que les mages ont déclaré à Hérode qu’ils avaient l’intention de revenir. Même s’ils l’avaient fait, après le rêve, leur intention a changé.

3. Même s’ils avaient fait une promesse à Hérode, une promesse ne doit pas nécessairement être tenue si :

3a) Elle a été faite dans des conditions trompeuses,

3b) vous promettez quelque chose qui est directement contraire à la volonté de Dieu ;

3c) Le fait de tenir votre promesse implique la mort d’une personne innocente.

Par exemple, imaginons qu’un homme vous demande de l’appeler lorsqu’une femme quitte son domicile, car il prétend vouloir déposer des fleurs devant sa porte, et que vous vous engagiez à le faire. Plus tard, vous découvrez que cet homme a cambriolé plusieurs maisons et qu’il a l’intention de cambrioler celle de cette femme. Lorsque vous voyez la femme sortir de chez elle, devez-vous appeler le cambrioleur, parce que c’est ce que vous avez promis ? Non !

Pour plus d’informations, consultez *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 21-22 ; *The Believer’s Bible Commentary*, p. 1207 ; *Matthew 1-7 : A Commentary* d’Ulrich Luz, p. 136 ; *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 84 ; et *The Expositor’s Greek Testament*, vol. 1, p. 69.

Q : Dans Matthieu 2:11, puisque l’astrologie est erronée, pourquoi les mages ont-ils suivi l’étoile ?

R : Commençons par en apprendre un peu plus sur les mages, puis voyons ce que cela nous enseigne sur Dieu.

Les mages formaient une tribu de prêtres mèdes, un peu comme les prêtres israélites issues de la tribu de Lévi. Vous pouvez en apprendre davantage sur les mages en lisant l’excellent ouvrage intitulé *Persia and the Bible*. Les mages étaient connus pour pratiquer l’astrologie.

La prophétie d’une étoile sortant de Juda remonte à Balaam, dans Nombres 24, 17.

L’astrologie est contraire à la Bible : les mages ignoraient très probablement que l’Ancien Testament considère l’astrologie comme une pratique erronée (Lévitique 19:26 ; 20:27 ; Deutéronome 18:11-14 ; 2 Rois 17:16 ; 21:3,5 ; 2 Chroniques 33:3-6). En revanche, l’étoile n’a pas prédit la venue du Christ, elle l’a annoncée.

Voici ce qu’écrivait Tertullien (198-220 apr. J.-C.), auteur de l’Église primitive, à propos des astrologues dans *De l’idolâtrie*, chap. 9 (vol. 3), p. 66 : « Vous ne savez rien, astrologue, si vous ignorez que vous devriez être chrétien. Si vous le saviez, vous auriez dû savoir également que vous ne devriez plus avoir rien à voir avec votre métier qui, de lui-même, prédit les moments décisifs de la vie d’autrui et pourrait vous mettre en garde contre son propre danger. Il n’y a ni part ni sort pour vous dans ce système qui est le vôtre. Celui dont le doigt ou la baguette abuse du ciel ne peut espérer le royaume des cieux. »

Dieu n’a jamais dit qu’Il était limité à n’utiliser que de bons moyens pour attirer les gens vers Lui. Parfois, Dieu utilise des moyens véritablement mauvais, tels que l’armée babylonienne (Habacuc 1:6, 13). Dieu peut utiliser la maladie, les personnes malveillantes et même le péché involontaire (comme dans le cas des mages) pour attirer les gens vers Lui.

Le plus étrange de tout, c’est que Dieu a utilisé le péché délibéré et volontaire de croyants pour sauver ces mêmes croyants. Vous pouvez lire tout cela dans le récit de Joseph et de ses frères, dans Genèse 37 et 50, et en particulier dans Genèse 50:20. En effet, Dieu peut faire concourir toutes choses au bien (Romains 8:28) et à ses desseins (Éphésiens 1:11).

En conclusion, tout comme le fait que Dieu ait utilisé l’enlèvement de Joseph pour accomplir ses desseins ne justifie pas l’enlèvement, le fait que Dieu utilise l’astrologie pour accomplir ses desseins ne justifie pas l’astrologie.

Pour des réponses complémentaires, veuillez consulter *Le Livre complet des réponses bibliques*, p. 55 ; *Les paroles difficiles de la Bible*, p. 353-354 ; *L'Encyclopédie des difficultés bibliques*, p. 317-318 ; *Quand les critiques posent des questions*, p. 326-327 ; et *Quand les adeptes de sectes posent des questions*, p. 93.

Q : Dans Matthieu 2, 11, les cadeaux ont-ils une signification particulière ?

R : Ces cadeaux avaient une grande valeur monétaire, ce qui était important pour subvenir à leurs besoins en Égypte pendant deux ans. Mais au-delà de cela, la Bible ne leur attribue aucune signification particulière. Certains ont émis l’hypothèse que l’or était approprié car il symbolisait la royauté. L’encens faisait partie de la composition de l’encens utilisé par les prêtres. La myrrhe est une substance amère, précieuse pour la préparation des corps en vue de l’enterrement. Il existe également d’autres points de vue. Pour plus d’informations, consultez The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 89, et l’ouvrage d’Ulrich Luz intitulé Matthieu 1-7 : A Commentary, p. 138.

Q : Dans Matthieu 2, 15 et Osée 11, 1, en quoi l’expression « J’ai appelé mon fils hors d’Égypte » constitue-t-elle une prophétie concernant le Christ ?

R : Osée 11, 1 s’appliquait initialement au peuple d’Israël. Matthieu utilise non seulement Osée 11, 1, mais aussi de nombreux autres versets de l’Ancien Testament pour montrer que la vie du Christ présentait des parallèles avec celle du peuple d’Israël (à l’exception du péché). Matthieu s’adresse à des Juifs connaissant bien l’Ancien Testament, et il utilise apparemment ce que les érudits juifs de l’époque reconnaissaient comme des techniques midrashiques. Il recourait à l’interprétation midrashique juive pour mettre au jour le sens et l’application cachés derrière chaque mot.

Soit dit en passant, Philon indique qu’il y avait environ un million de Juifs vivant en Égypte à son époque, vers l’an 40 après J.-C.

Pour plus d’informations, consultez *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 22, *The New International Bible Commentary*, p. 1122, et *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 90, 91-92.

Q : Dans Matthieu 2:16, existe-t-il un autre récit faisant état du massacre d’enfants à Bethléem par le roi Hérode le Grand ?

R : Bethléem était une petite ville ; il n’a sans doute été question que de quelques dizaines de nourrissons tués, ce qui était insignifiant comparé aux autres exécutions pour lesquelles Hérode était plus connu.

Il existe de nombreux événements dont nous ignorerions l’existence ou les circonstances si ce n’était d’un seul témoignage historique. Par exemple, nous ne disposons d’aucun témoignage sur la conquête de la Gaule par les Romains, ni sur la manière dont ils l’ont conquise – à l’exception d’une seule source, les écrits de Jules César. De même, il n’existe aucun récit non chrétien mentionnant que Jésus a été crucifié ; on se contente de mentionner en passant que le Christ a été exécuté (c’est-à-dire qu’il a subi la peine capitale).

Dans ce cas précis, outre la Bible, d’autres auteurs antérieurs au concile de Nicée mentionnent le massacre des petits enfants par Hérode le Grand :

Justin le Martyr, dans son *Dialogue avec Tryphon*, chapitre 78, p. 238 (vers 138-165 apr. J.-C.), mentionne que les mages se sont rendus auprès d’Hérode et qu’Hérode a massacré tous les enfants de Bethléem.

Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) affirme que [Dieu] « a emmené ces enfants de la maison de David, qui avaient eu la chance de naître à cette époque, afin de les faire entrer avant tout dans son royaume » ; Irénée, Contre les hérésies, livre 3, chapitre 16.4, p. 442

Origène (225-254 apr. J.-C.) affirme qu’Hérode fit périr tous les nourrissons de Bethléem et des environs dans l’espoir de tuer le roi des Juifs. *Contre Celse*, livre 1, chap. 61, p. 423

Cyrille de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.) (sous-entendu, aucune mention d’Hérode) mentionne qu’à la naissance du Christ, les enfants âgés de deux ans et moins furent tués à cause du Christ. Lettre 55, chap. 6, p. 349

Pierre d’Alexandrie (306, 285-311 apr. J.-C.) mentionne les enfants que Hérode a massacrés à cause du Christ. Épître canonique, canon 13, p. 277

Après 325 apr. J.-C.

Hégémonios (milieu du IVe siècle) affirme qu’à l’époque de Jésus, Hérode a tué « tous les [nourrissons] de sexe masculin parmi les Juifs ». La Dispute avec Manès, chap. 44, p. 220

En résumé : « Il est vrai que Josèphe, notre source d’information sur l’histoire juive, ne dit rien au sujet du massacre des innocents ; et il est également vrai que les passages des ouvrages d’historiens qui mentionnent effectivement cet événement sont si tardifs et si susceptibles de provenir de l’Évangile selon Matthieu qu’ils n’ont guère de valeur. Mais l’argument du silence est, dans ce cas précis, totalement dépourvu de poids. Il ne fait aucun doute que, de notre point de vue, le massacre de jeunes enfants constituerait une forme particulièrement atroce de meurtre, qui devrait être mentionnée dans tout récit détaillé de l’actualité — même, peut-être, à Chicago ! Mais dans l’Antiquité, alors que l’abandon des nourrissons était une pratique courante — comme le mentionne, par exemple, l’un des papyrus non littéraires, de la manière la plus désinvolte qui soit, comme un aspect ordinaire de la vie de l’époque1 —, le meurtre d’enfants n’aurait probablement pas été considéré avec une horreur particulière. De plus, il ne faut pas exagérer le nombre de nourrissons qui auraient été tués. Si Bethléem était un petit village, comme c’était probablement le cas, le nombre d’enfants de sexe masculin âgés de moins de deux ans n’y dépassait sans doute pas vingt ou trente. Dans les orgies de sang et de cruauté qui ont marqué les dernières années du règne d’Hérode, l’élimination d’une vingtaine d’enfants dans un village obscur aurait très bien pu échapper à l’attention de notre unique historien. Mais même si Josèphe avait eu connaissance de cet incident, et même s’il l’avait jugé en soi digne d’être mentionné, il existait dans ce cas précis une raison particulière à son silence. Cet incident touchait aux espoirs messianiques juifs ; et il ne fait aucun doute que Josèphe a délibérément évité de mentionner de telles choses dans l’histoire qu’il a écrite à l’intention d’un public romain. Il n’y a donc aucune raison de supposer que, si le massacre des innocents avait réellement eu lieu, Josèphe l’aurait nécessairement inclus dans son ouvrage historique.

Mais il convient également d’ajouter quelque chose de plus concret. Bien que le massacre des innocents ne soit pas directement attesté par l’histoire profane, il correspond exactement à ce que l’on sait du caractère d’Hérode dans ses dernières années. Hérode le Grand était un monarque compétent, mais au cours des dernières années de son règne, il s’engagea dans une voie de cruauté qui frôlait la folie. Ses actes, consistant à faire mettre à mort ses propres enfants et son épouse bien-aimée, ainsi que son projet (interrompu uniquement par sa mort) de massacrer tous les notables de Jérusalem dans le théâtre, présentent exactement cette même soif de sang sauvage et gratuite qui transparaît dans le massacre des innocents à Bethléem. Jamais un récit n’a été aussi parfaitement conforme à ce caractère. D’une manière générale, on peut affirmer que la difficulté que l’on a trouvée dans le silence de l’histoire profane concernant l’acte sanglant de Bethléem ne représente absolument rien. » J. Greshem Machen, *La naissance virginale du Christ*, chap. 10, p. 239

Pour plus d’informations, consultez le *Believer’s Bible Commentary*, p. 1208, et le *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 94.

Q : Dans Matthieu 2:16, mis à part le massacre des enfants à Bethléem, Hérode le Grand s’est-il jamais montré cruel envers quelqu’un d’autre ?

R : Oui. Le *Guide de la Bible* d’Asimov, p. 799, indique qu’il est difficile de croire que le massacre d’Hérode ait réellement eu lieu. Cependant, alors que le XXe siècle, prétendument plus civilisé, a vu passer Pol Pot au Cambodge, Idi Amin en Ouganda, Hitler, Staline et Mao Tsé-Toung, il n’est pas difficile de croire qu’Hérode ait pu commettre un tel acte.

Reportez-vous à la question précédente pour découvrir six auteurs antérieurs au concile de Nicée qui ont évoqué le massacre des nourrissons par Hérode. À ce propos, ne confondez pas Hérode (le Grand), qui régnait à la naissance de Jésus, avec Hérode (Antipas), que Jésus a rencontré juste avant d’être crucifié.

Le caractère d’Hérode le Grand était tel qu’il fit périr de nombreuses personnes au cours des 36 années de son règne. Hérode fit exécuter ou assassiner son épouse Mariamne, ainsi que les deux maris de sa sœur Salomé. Hérode fit noyer son beau-frère dans le Jourdain et fit tuer sa belle-mère Alexandra. Il fit périr Hyrcanus, le dernier représentant de la dynastie hasmonéenne. Il fit périr de nombreux pharisiens et de nombreuses familles nobles. Les rabbins juifs Jehuda ben Saripha et Mattathias ben Margoloth furent brûlés vifs. Hérode fit tuer ses propres fils, Alexandre et Aristobule. Il fit en sorte que des centaines de dirigeants juifs soient tués le jour de sa mort. Comme Hérode, à l’instar de la plupart des Juifs, ne mangeait pas de porc, cela incita l’empereur romain à déclarer avec ironie qu’il préférerait être la truie d’Hérode plutôt que son fils. En grec, le mot « truie » se dit « huos » et le mot « fils » se dit « huios ». Cinq jours avant sa mort, Hérode fit exécuter son fils Antipater. (Trois de ses fils cadets, Archélaüs, Hérode Antipas et Philippe, lui survécurent.) Il ne fait aucun doute qu’Hérode avait le manque de force de caractère nécessaire pour tuer les nourrissons. Compte tenu de toutes les autres « actualités » dont Hérode a fait l’objet, le massacre de nourrissons dans une petite ville pouvait sembler moins digne d’intérêt.

Après la mort d’Hérode en 4 av. J.-C., une révolte éclata, et Archélaüs envoya des troupes à Jérusalem où 3 000 personnes furent tuées en une seule journée. Lorsque Archélaüs et Hérode Antipas se rendirent à Rome, Sabinus, un agent du Trésor impérial, vint contrôler les impôts. Il préleva 400 talents du trésor du Temple. Une révolte éclata en l’an 9 après J.-C., et les troupes syriennes commandées par Quintilius Varus la réprimèrent.

Le livre 17, chapitre 213 [ix.3] des *Antiquités judaïques* de Josèphe et l’ouvrage *The Bible as History*, p. 358, indiquent qu’il y eut une éclipse de lune à la mort d’Hérode le Grand, ce qui situerait son décès aux 12 et 13 mars de l’an 4 av. J.-C.

Pour plus d’informations, consultez *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 23, et *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 84.

Q : Dans Matthieu 2:16, les autres rois étaient-ils aussi mauvais qu’Hérode ?

R : Certains pourraient dire qu’Hérode n’était pas différent de beaucoup de gens aujourd’hui ; il ne laissait de place à aucun autre roi que lui-même, et il utilisait tous les moyens à sa disposition pour s’en assurer, peu importe qui d’autre en souffrait.

Certains rois étaient meilleurs que d’autres, mais certains étaient très malfaisants. Par exemple, le roi parthe Phraates IV assassina son père Orodes II en 37 av. J.-C. Les Romains lui envoyèrent une esclave italienne nommée Musa. Phraates eut un fils d’elle, Phraataces (= Phraates V). Musa empoisonna son mari, Phraates IV, en 2 av. J.-C. Elle épousa ensuite son propre fils en 2 apr. J.-C. Phraates V fut exilé en 4 apr. J.-C. Ces informations sont tirées de l’Encyclopédie Britannica de 1972.

Q : Dans Matthieu 2:18, comment la prophétie de Jérémie concernant Rachel s’accomplit-elle en Jésus ?

R : Dans Genèse 35, 16-19, Rachel mourut en donnant naissance à Benjamin. À l’époque où Jérémie écrivit ces paroles au sujet de Rachel, l’épouse de Jacob, celle-ci était déjà morte depuis plus de 1 000 ans. Les paroles de Jérémie n’ont pas deux significations, mais une seule, avec deux accomplissements, auxquels s’ajoute un troisième accomplissement remontant à la Genèse. Ce que Jérémie veut dire, c’est que, tout comme Rachel serait affligée par la mort et l’asservissement de sa descendance, que ce soit par les Égyptiens ou les Babyloniens, elle serait également affligée par la mort de sa descendance aux mains d’Hérode. À l’époque de Jérémie, le prophète a répété ces paroles pour prophétiser les mêmes sentiments de chagrin face à la perte des Juifs exilés en Babylonie, près de la tombe de Rachel.

Matthieu utilise de même ces mêmes mots pour exprimer la douleur causée par la mort des petits garçons de Bethléem, qui se trouvait près de la tombe de Rachel.

Si un sceptique trouve à redire au fait que Matthieu utilise les paroles de Jérémie, il pourrait tout aussi bien critiquer Jérémie pour avoir utilisé des paroles tirées de la Genèse. Le nœud du problème est le suivant : tout comme les Juifs de l’époque de Jérémie comprenaient cette interprétation en affirmant que la captivité ferait écho au chagrin de Rachel dans la Genèse, les Juifs de l’époque de Jésus comprenaient ce type d’interprétation midrashique utilisé par Matthieu.

Pour plus d’informations, consultez *The Tony Evans Bible Commentary*, p. 866-867, *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 91-92, et *The Expositor’s Greek Testament*, vol. 1, p. 75-76.

Q : Dans Matthieu 2:22, étant donné que les fils d’Hérode le Grand régnaient à la fois en Judée et en Galilée, pourquoi Joseph aurait-il décidé de se rendre en Galilée plutôt qu’en Judée ?

R : L’ouvrage sceptique *Asimov’s Guide to the Bible*, p. 800, apporte ici deux observations utiles.

1. Archélaüs, qui régnait en tant que roi sur la Judée à partir de l’an 4 av. J.-C., avait peut-être entendu parler de Jésus, un roi enfant, et était lui aussi désireux de le faire mourir. Hérode Antipas, qui était tétrarque de Galilée, avait peut-être une attitude différente.

2. Asimov souligne qu’Archélaüs était si hostile que les Juifs et les Samaritains, pourtant ennemis, s’unirent pour demander à Rome de le destituer. À la mort d’Hérode, Archélaüs n’avait régné que dix ans. En revanche, Hérode Antipas régna paisiblement en Galilée pendant plus de quarante ans.

Il existe toutefois une raison bien plus évidente dans Luc 2, 39. Joseph était originaire de Nazareth, et non de Bethléem. Non seulement Joseph se rendait dans le territoire d’un souverain plus clément, mais il retournait tout simplement là d’où il venait.

Q : Dans Matthieu 2:23, d’un point de vue archéologique, est-il vrai qu’il n’existe aucune trace d’une ville de Nazareth, comme l’a affirmé un athée ?

R : Non. L’athée Frank Zindler a avancé cette affirmation dans un article intitulé « Where Jesus Never Walked », selon l’ouvrage *The Case for Christ*, p. 102 (p. 137-138 dans l’édition de poche). Le Talmud mentionne 63 autres villes de Galilée (mais pas Nazareth), et Josèphe en mentionne 45 autres (mais pas Nazareth). Nazareth est mentionnée au début du IVe siècle après J.-C., ainsi que dans la littérature juive à partir du VIIe siècle après J.-C. environ.

Cependant, les archéologues ont découvert à Nazareth des vestiges datant de 900 après J.-C. (après le début du règne de Salomon) et s’étendant jusqu’aux périodes gréco-romaine et byzantine. En 1962, une inscription a été découverte à Césarée concernant la rotation des prêtres. L’inscription a conservé les mentions suivantes : « … Mamliah … Nazareth … Akhlah … Migdal [Magdala] » L’ouvrage *The Case of Christ*, p. 103, mentionne qu’après la destruction de Jérusalem en 70 après J.-C., des archéologues ont découvert une liste en araméen de prêtres qui avaient été déplacés, et l’un d’entre eux était répertorié comme s’étant installé à Nazareth. Des tombes datant du Ier siècle ont été découvertes juste à l’extérieur de Nazareth. Enfin, des vestiges préchrétiens ont été mis au jour en 1955 sous l’actuelle église de l’Annonciation à Nazareth.

Nazareth était également méprisée car, selon *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 23, elle abritait la garnison romaine chargée de la partie nord de la Galilée.

Pour plus d’informations, consultez https://www.ministrymagazine.org/archive/1975/12/nazareth-attested-in-caesarea-fragments et le *New International Bible Commentary*, p. 1123.

Q : Dans Matthieu 2:23, d’après les archéologues, quelle était la taille exacte de Nazareth ?

R : D’après *The Case for Christ*, p. 103-104, Nazareth était une ville tout à fait insignifiante. Elle s’étendait sur environ 60 acres et comptait au maximum environ 480 habitants à l’époque de la naissance de Jésus.

Q : Dans Matthieu 2, 23, où est-il prophétisé que Jésus serait appelé « Nazaréen » ?

R : Nous vous donnerons d’abord la réponse de Tertullien, écrivain de l’Église primitive (qui est probablement erronée), puis la réponse la plus plausible.

Lamentations 4, 7 (Septante) : Tertullien, en 207 apr. J.-C., a répondu à cette question dans son ouvrage *Contre Marcion*, livre 4, chapitre 7. Alors que le texte massorétique des Lamentations 4, 7 dit : « Ses princes étaient plus blancs que la neige », la Septante dit : « Ses naziréens étaient plus blancs que la neige ». Tertullien mentionne que cela désigne à la fois les « naziréens » (ceux qui font vœu devant Dieu de s’abstenir d’alcool, de cadavres et d’autres impuretés) et les « Nazaréens », ceux qui viennent de Nazareth.

Tertullien a déclaré : « Le Christ du Créateur devait être appelé Nazaréen conformément à la prophétie ; c’est pourquoi les Juifs nous désignent eux aussi, pour cette même raison, comme des Nazaréens à son image. Car nous sommes ceux dont il est écrit : “Ses naziréens étaient plus blancs que la neige” »

Le rejeton : Le Messie est désigné par le terme « le rejeton » dans Ésaïe 11, 1 ; Jérémie 23, 5 ; 33, 5 ; et probablement Zacharie 3, 8 ; 6, 12. Les consonnes du mot « rameau » sont identiques à celles de « Nazaréen », et l’Ancien Testament hébreu était à l’origine écrit sans voyelles. De plus, The Bible Knowledge Commentary : New Testament, p. 23, mentionne que le terme « rameau » véhiculait l’idée d’un commencement insignifiant, et la réaction des pharisiens montrait que Nazareth avait la même connotation.

Pour plus d’informations, voir *When Critics Ask*, p. 328, et *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 97.

Q : Était-il faux, comme l’affirme le guide sceptique *Asimov’s Guide to the Bible*, p. 801-802, de prétendre que le fait que Jésus fût originaire de Nazareth accomplissait l’Ancien Testament (Ésaïe 11:1, Zacharie 6:12 et d’autres passages) ?

R : Pas du tout. Voici d’abord ce que dit Asimov, puis la réponse.

Le Guide sceptique de la Bible d’Asimov, p. 801-802, mentionne que « Matthieu voit peut-être ici une similitude avec le terme “Nazaréen”. (En réalité, les deux mots sont identiques en hébreu, puisque les voyelles n’étaient pas écrites.) Asimov, p. 802, affirme que Matthieu « se livre, au mieux, à un jeu de mots, et ne fait référence à aucune prophétie réelle selon laquelle le Messie serait un habitant de Nazareth ».

La réponse est que l’Ancien Testament dit que le Messie serait appelé le « rejeton » sans préciser la ou les raisons de ce choix. Matthieu 2, 22 n’empêche pas Jésus d’être également le « rejeton » de Dieu, à partir duquel son Église se développerait.

Q : Dans Matthieu 3, 1-4, comment les gens de l’époque concevaient-ils le désert ?

R : C’était un lieu sec et aride, mais pas comparable au désert du Sahara. On ne pouvait pas y cultiver de céréales sans irrigation intensive, mais on pouvait y élever des moutons et des chèvres s’il existait des points d’eau pour les abreuver. Ce n’était pas un lieu de confort ni d’animation, mais un espace vide, solitaire et calme, loin de la civilisation. Les Israélites se trouvaient dans le désert alors qu’ils préparaient la génération suivante à entrer dans la Terre Promise. Paul s’est lui-même retiré dans le désert d’Arabie avant de commencer son ministère.

Aujourd’hui encore, Dieu conduit parfois les croyants dans le désert. Ce n’est pas un lieu d’effervescence, mais de quiétude. Ce n’est peut-être pas un lieu de ministère actif, bien que dans le cas de Jean, ce fût un lieu de ministère, et pour le peuple, un lieu de repentance et de consécration. Cela peut être un lieu de préparation.

Voir « The Tony Evans Bible Commentary », p. 867, pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 3:4 et Marc 1:6, les sauterelles que Jean-Baptiste mangeait étaient-elles des aliments purs ou impurs ?

R : Il existait à la fois des sauterelles pures et des sauterelles impures, et les Évangiles ne le précisent pas. Cependant, on peut supposer que Jean, en tant que Juif obéissant, mangeait celles qui étaient pures. Les animaux purs comprenaient les « sauterelles » dotées d’ailes et de pattes articulées, y compris les sauterelles et les criquets, selon Lévitique 11, 21-22 et Deutéronome 14, 21. Les animaux impurs comprenaient les « insectes volants », selon Nombres 11, 20-23 et Deutéronome 14, 19. Même aujourd’hui, les personnes les plus démunies capturent des sauterelles pures, leur retirent les ailes et les pattes, puis les font bouillir pour les manger.

Pour plus d’informations, consultez The Expositor’s Greek Testament, vol. 1, p. 80.

Q : Dans Matthieu 3:4 et Marc 1:6, Jean-Baptiste mangeait-il des insectes appelés « sauterelles », ou cela signifie-t-il qu’il se nourrissait du fruit du saule-sauterelle ?

R : Voici ce que disent les sources anciennes et modernes au sujet du mot grec désignant les sauterelles : akrides.

Les Ébionites (une hérésie antique) ont tenté de faire passer Jean pour un végétarien. Ainsi, ils ont affirmé qu’il s’agissait de gâteaux au miel, « egkrides », et non de sauterelles.

Tatien a rédigé un résumé des quatre Évangiles intitulé le Diatessaron et a utilisé le terme « lait » au lieu de « sauterelles ».

Théophylacte 173 énumère plusieurs possibilités, dont la plante melagron.

Divers moines ont appelé le caroubier « l’arbre à pain de saint Jean », car ils pensaient qu’il s’agissait d’un « arbre à sauterelles ».

Théodore de Mopsueste, peut-être en réponse à ceux qui affirmaient qu’il s’agissait d’autre chose, a déclaré qu’il s’agissait bien de sauterelles dotées d’ailes.

Le problème avec ces interprétations est qu’il n’existe apparemment aucun manuscrit biblique indiquant qu’il s’agissait d’autre chose que de « sauterelles ». Les premiers chrétiens, tels que Clément d’Alexandrie, ont commenté Matthieu 3:4 et n’ont vu aucune raison de considérer ces sauterelles comme autre chose que des insectes.

Parmi les références modernes indiquant que les sauterelles sont des insectes, on peut citer The NIV Study Bible, p. 1445, The Bible Knowledge Commentary : New Testament, p. 104, The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 102, et le New Bible Dictionary, p. 744.

Les informations concernant les points de vue alternatifs proviennent de l’ouvrage d’Ulrich Luz, *Matthew 1-7 : A Commentary* (Augsburg Fortress, 1989) et de *The Expositor's Greek Testament*, vol. 1, p. 80-81.

Q : Dans Mt 3,4, Mc 9,3 et Ac 22,20 (KJV), que signifie « raiment » et qu’est-ce qu’un « fuller » ?

R : « Raiment » signifie « vêtement » et un « fuller » est une personne dont le métier consiste à laver le linge.

Q : Dans Mt 3,6, pourquoi Jean baptisait-il les autres ?

R : Il était courant qu’une personne se baptise elle-même, dans un bassin spécialement prévu à cet effet, lorsqu’elle se convertissait au judaïsme. Mais c’est la première fois que l’on entend parler de quelqu’un baptisant une autre personne. Dans l’Ancien Testament, l’aspersion d’eau à des fins de purification est mentionnée dans Ézéchiel 36, 25-27 et le déversement de l’Esprit de Dieu est mentionné dans Ézéchiel 39, 29 et Joël 2, 28.

Jean a déclaré qu’il baptisait en vue de la repentance, afin de ramener les gens vers Dieu et de préparer la voie au Messie. Lorsqu’un roi terrestre s’apprêtait à se rendre dans une ville éloignée de son royaume, des ouvriers partaient plusieurs mois à l’avance pour remettre la route en état. De la même manière, Jean était là pour préparer le chemin dans le cœur des gens en vue de la venue du Messie.

Pour plus d’informations, consultez The Bible Knowledge Commentary : New Testament, p. 24, et The Expositor’s Bible Commentary, vol. 9, p. 286.

Q : Dans Matthieu 3, 7-9, pourquoi Jean s’est-il adressé si sévèrement aux pharisiens et aux sadducéens ?

R : Jean appelait les gens à se repentir, à confesser leurs péchés et à abandonner leurs anciennes habitudes. Bien que les pharisiens et les sadducéens soient venus, il savait que la plupart d’entre eux n’étaient pas venus dans ce but. Au pire, ils venaient pour enquêter sur un enseignant excentrique et peut-être pour trouver une raison de se débarrasser de lui. Même au mieux, ils cherchaient à glaner quelques conseils à ajouter à leur façon de faire actuelle. Jean ne dit pas qu’ils doivent simplement enrichir leurs connaissances ; ils doivent se repentir et renoncer à leur attachement à un lieu, à des traditions, à leurs organisations ou à leur place au sein de celles-ci. Devant un incendie de forêt, les serpents tentent de s’enfuir ; mais il leur est difficile d’aller loin. C’est comme fuir la colère de Dieu sans se repentir. Mais Jean n’a pas dit qu’ils ne pouvaient pas rester pour écouter. Si les pharisiens et les sadducéens étaient sincères dans leur désir de se repentir, ils pouvaient eux aussi choisir de se faire baptiser.

Pour plus d'informations, consultez *The Tony Evans Bible Commentary*, p. 867-868, *The Expositor's Greek Testament*, vol. 1, p. 82-83, et *The Expositor's Bible Commentary*, vol. 8, p. 103.

Q : Dans Matthieu 3:9, pourquoi Jean a-t-il utilisé l’expression « ne vous dites pas », et comment certains se mentent-ils à eux-mêmes aujourd’hui ?

R : Jean dénonce un mensonge, mais qui est l’auteur de ce mensonge ? Les démons peuvent nous mentir, et d’autres personnes peuvent nous mentir, mais en plus de cela, nous nous racontons souvent des mensonges à nous-mêmes. Cela reste un mensonge, même si nous sommes les seuls à l’entendre. Nous pouvons mentir en disant « ce péché n’est pas si grave », ou « Dieu comprend que je reste ici » alors que Dieu nous appelle à nous repentir et à partir. D’autres mensonges sont : « il y a toujours tout le temps » ou « je suis fondamentalement une bonne personne, je n’ai donc pas besoin de changer ».

Q : Dans Matthieu 3:9, comment Dieu pourrait-Il faire naître des enfants d’Abraham à partir de pierres s’Il le voulait ?

R : Dieu Tout-Puissant peut tout faire, même transformer des pierres inanimées en enfants porteurs des gènes d’Abraham. Il y a également ici un jeu de mots. En hébreu comme en araméen, le mot désignant les « pierres » est très similaire à celui désignant les « enfants ».

Pour plus d’informations, consultez The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 103.

Q : Dans Matthieu 3, 10, pourquoi Jean-Baptiste a-t-il précisé que la hache était déjà mise à la racine de l’arbre ?

R : Certaines choses dans la vie sont irréversibles, comme abattre un arbre. Une fois que l’on a commencé, on ne peut plus revenir en arrière. De même, c’était leur dernière chance avant d’être retranchés. Leur temps était écoulé.

Q : Dans Matthieu 3:11, en quoi le fait que Jean admette ne pas donner une image complète de la situation s’applique-t-il à notre témoignage ?

R : Jean était un précurseur indispensable, chargé de ramener le peuple vers Dieu avant la venue de Jésus. Jean ne voulait pas que les gens croient en ses paroles et pensent que c’était tout ce qu’ils avaient à faire. Non, Jean n’était que l’« entrée » et Jésus le « plat principal ». Même à cette époque, quelques personnes dans l’histoire ont ignoré les paroles de Jean à ce sujet. Ces personnes appartiennent à la religion mandéenne, pratiquée par les Arabes des marais du sud de l’Irak. Elles croient que Jean-Baptiste venait de Dieu, mais pas Jésus.

Aujourd’hui, nous devons partager l’Évangile avec chacun là où il en est. S’il ne croit pas en l’existence de Dieu, ou s’il ne croit pas qu’il n’y a qu’un seul Dieu, nous devons nous concentrer sur ce point. Peut-être que d’autres points, tels que le fait que nous sommes tous pécheurs, que Jésus est mort sur la croix pour nos péchés et que nous devons accepter Jésus comme notre Seigneur et Sauveur, viendront plus tard. Mais lorsque nous devons reporter la présentation d’une partie de l’Évangile, que ce soit par manque de temps ou en raison de la situation spirituelle de la personne, nous devrions lui dire que ce que nous avons dit ne constitue pas toute l’histoire ; il y a encore de la suite.

Q : Dans Matthieu 3:11, comment Jésus baptise-t-il les chrétiens du Saint-Esprit et par le feu ?

R : Le message de Jean nous rappelle Joël 2, 28-29, qui promet le Saint-Esprit, ainsi que la purification mentionnée dans Malachie 3, 2-5. Les croyants sont baptisés du Saint-Esprit dès qu’ils croient en Christ pour la première fois. Si l’expression moderne « baptême par le feu » désigne une épreuve difficile, ce n’est pas le sens qu’il faut lui donner ici, car c’est Jésus, et non des persécuteurs, qui accomplit ce baptême, et c’est avec le feu, et non par le feu.

Il existe trois interprétations quant à la signification du « feu ».

(peu probable) Un second baptême par le Saint-Esprit : il n’y a qu’une seule préposition, c’est-à-dire qu’il est dit « par le Saint-Esprit et le feu », et non « par le Saint-Esprit et par le feu ». Cela ne fait donc probablement pas référence à un deuxième événement.

(peu probable) La Pentecôte : une flamme est apparue sur la tête des apôtres lorsqu’ils ont prêché lors de la Pentecôte, et cette interprétation signifierait que Jean-Baptiste prophétisait la Pentecôte. Le Traité sur le rebaptême (vers 250-258 apr. J.-C.), chapitre 2, p. 668, défend ce point de vue. La NIV Study Bible, p. 1446, indique : « Démontré de manière spectaculaire lors de la Pentecôte (Ac 1, 5.8 ; 2, 1-13 ; 11, 16), bien qu’ici le « feu » puisse faire référence au jugement à venir (voir v. 12). » Mais il ne fait probablement pas référence à la Pentecôte pour la même raison qu’il ne faisait pas référence à la première. Le « Believer’s Bible Commentary », p. 1211, ajoute que cela est peu probable car le feu est assimilé au jugement dans le verset suivant.

(peu probable) L’œuvre purificatrice du Saint-Esprit : la New Geneva Study Bible, p. 1508, et l’Evangelical Commentary on the Bible, p. 727, défendent ce point de vue. Origène (225-254 apr. J.-C.) a également défendu cette opinion dans son Commentaire sur Jean, livre 6, chapitres 16-17, p. 366-367. Cependant, cela est peu probable, car l’ivraie est brûlée par un feu inextinguible dans Matthieu 3, 12. L’Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 104-105, soutient cette interprétation, car la préposition unique en grec indiquerait non pas deux baptêmes (l’Esprit pour les croyants et le feu du jugement pour les non-croyants), mais un seul baptême (l’Esprit et le feu purificateur)

(peu probable) Le feu du jugement pour les œuvres d’un chrétien était l’interprétation de Basile de Cappadoce (357-378/379 apr. J.-C.) dans *Sur l’Esprit*, chap. 15.36, p. 22.

Le feu de l’enfer pour les personnes qui rejettent Jésus : voir le *Manuel d’aujourd’hui pour résoudre les difficultés bibliques*, p. 150-152, pour l’interprétation selon laquelle cela signifie que Jésus baptisera les croyants du Saint-Esprit, et ceux qui rejettent Jésus du feu du jugement. Jean Chrysostome (mort en 407 apr. J.-C.) a enseigné ce point de vue dans ses « Homélies sur l’Évangile selon Matthieu », homélie 11, chapitres 6-7, p. 71-72, en soulignant la continuité avec les autres avertissements de Jean concernant le feu. L’ouvrage « The Expositor’s Greek New Testament », vol. 1, p. 84, indique que Jean s’est concentré sur trois éléments : l’eau, le vent/l’Esprit et le feu. Jean baptisait d’eau, le Messie baptiserait les croyants par l’Esprit, et un baptême de feu détruirait, lors du jugement, ceux qui n’étaient pas concernés par l’eau et l’Esprit. Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) utilise ce verset pour évoquer le jugement de Dieu sur les incroyants dans son ouvrage *Contre les hérésies*, livre 4, chap. 4.3, p. 466. Tertullien (198-220 apr. J.-C.) affirme que le baptême d’eau conduit au salut, tandis que la foi feinte et faible est baptisée par le feu, en vue du jugement (Sur le baptême, chap. 10, p. 674).

Le feu du jugement de la fin des temps, lors du retour de Jésus. Le « Believer’s Bible Commentary », p. 1211, adhère à ce point de vue.

Significations multiples : Le « Bible Knowledge Commentary : New Testament », p. 25, indique que cela fait référence à la fois au jugement et à la purification des croyants. Théodote, probablement montaniste, p. 124 (vers 240 apr. J.-C.), affirme que le feu est simplement l’élément destructeur, purifiant les croyants du mal et (selon ce qu’il laisse entendre) détruisant les autres.

Non précisé : Les auteurs suivants ont cité ce verset sans mentionner de point de vue particulier.

Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.) dans *Dialogue avec Tryphon le Juif*, chap. 49, p. 219

Hippolyte (222-234/5 apr. J.-C.) dans *Le Discours sur la Sainte Théophanie*, chap. 3, p. 235

Cyrille de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.) dans *Les Traités de Cyrille*, traité 12, chap. 1.12, p. 511

Augustin d'Hippone (388-430 apr. J.-C.) commente ce verset, mais ne mentionne aucune interprétation particulière (Harmonie des Évangiles, livre 2, chap. 12.26, p. 117).

Pour en savoir plus sur les différentes interprétations, consultez la note de bas de page de la NET Bible sur Matthieu 3, 11.

Q : Dans Matthieu 3, 12, comment fonctionne le vannage ?

R : Lorsque vous récoltez du blé, la majeure partie de ce que vous récoltez n’est pas comestible. Vous avez le bon grain entouré de la balle, qui est attachée à la tige. On procède d’abord au battage : des bœufs piétinent le blé pour séparer les grains, qui sont plus denses, du reste. Ensuite, on utilise une fourche ou une pelle à vanner, également appelée « van », pour jeter le mélange en l’air afin que le vent emporte la balle non comestible loin des grains comestibles.

L’image que l’on retrouve ici est la suivante : la moisson du blé vous procure une grande quantité de matière, mais seule une petite fraction de celle-ci est réellement utile. Certes, couper les tiges de blé est à la fois important et chronophage, mais séparer le blé de la balle l’est tout autant. Amener les gens à réagir positivement au message de l’Évangile est important, mais cela ne représente tout au plus que la moitié du travail consistant à faire des disciples de toutes les nations.

Pour plus d’informations, consultez *The Expositor’s Greek Testament*, vol. 1, p. 84 ; *The Tony Evans Bible Commentary*, p. 868 ; et *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 105.

Q : Dans Matthieu 3:14, pourquoi Jésus aurait-il voulu se faire baptiser et pourquoi Jean aurait-il voulu l’en empêcher ?

R : Bien sûr, Jésus n’avait aucun péché à se repentir, mais il s’est identifié à nous en tout point. À l’instar de Jésus, nous devons suivre son exemple : Jésus s’est fait baptiser. Jésus a également validé ici le ministère de Jean.

Mais réexaminons ces versets du point de vue de Jean. Le but principal de la vie de Jean était de prêcher la repentance et d’amener les gens à s’engager publiquement à se repentir et à suivre Dieu par le baptême d’eau. Jean était rempli du Saint-Esprit depuis sa naissance, et il savait que sa compréhension était juste. Il savait que Jésus était le Messie sans péché. Jean était donc perplexe face au désir de Jésus d’être baptisé.

Le point de vue de Jean était correct, sauf qu’il était trop simpliste. Jean voyait que Jésus n’avait pas besoin de se repentir et trouvait absurde que le simple précurseur baptise le Messie lui-même. En soi, les arguments de Jean étaient valables. Mais ce que Jean ne voyait pas, c’est que, pour accomplir toute justice, Jésus s’est identifié à nous en tout point. Jésus était plus grand que Jean-Baptiste ; Jésus ne le niait pas. Mais Jésus s’est humilié et est venu pour servir ; c’est pourquoi, au verset 15, le Seigneur a en substance ordonné à Jean-Baptiste de permettre à Jésus d’occuper ici la position la plus humble.

On découvre ici quelque chose de précieux dans le cœur de Jean. Jean, bien qu’il n’eût pas tout à fait raison, considérait que la seule mission de sa vie consistait à prêcher et à baptiser ceux qui avaient besoin de se repentir. Baptiser Jésus ne rentrait pas dans la conception que Jean se faisait de l’œuvre de sa vie. Alors, qu’est-ce qui primait pour Jean : servir Dieu en accomplissant ce qu’il considérait comme la mission que Dieu lui avait confiée, ou suivre et obéir au Seigneur partout où Il le conduisait ? Même si Jean n’avait pas une compréhension claire de tout, du moins pas avant plus tard, il a choisi la seconde option. Nous aussi, nous ne devrions pas nous contenter de suivre Dieu, mais Le suivre sans conditions préalables.

Pour plus d’informations, consultez *The Tony Evans Bible Commentary*, p. 868 ; *The Expositor’s Greek Testament*, vol. 1, p. 85-86 ; *The Evangelical Commentary on the Bible*, p. 727 ; *The Believer’s Bible Commentary*, p. 1212 ; et *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 107-108.

Q : Dans Matthieu 3:16, pourquoi « le pauvre Jésus (que la paix soit sur lui) a-t-il dû attendre TRENTE ANS après sa naissance pour recevoir le don du Saint-Esprit lors de son baptême par Jean-Baptiste », alors que le don du Saint-Esprit « est si facile à obtenir que 75 000 000 de chrétiens « nés de nouveau » aux États-Unis se vantent également de le posséder » et que, dans Luc 1:15, Jean-Baptiste était rempli du Saint-Esprit dès sa naissance. (C’est le musulman Ahmad Deedat qui a soulevé ce point.)

R : Tout d’abord, à titre d’aparté, Mahomet a attendu QUARANTE ans avant de prétendre être un prophète. Deedat confond « gratuit » et « bon marché », et il semble avoir oublié l’enseignement biblique sur la divinité du Christ. Deedat n’a jamais reçu le don du Saint-Esprit ; il ne connaît donc pas la différence entre le don du Saint-Esprit et le Saint-Esprit descendant visiblement sur Jésus sous la forme d’une colombe.

Gratuit mais pas bon marché : ce don a coûté très cher, il a coûté la vie de Jésus. Mais Dieu l’accorde gratuitement à tous ceux qui croiront en son Évangile.

La divinité du Christ : le « pauvre » Jésus n’a pas eu à attendre trente ans ; non seulement la grâce de Dieu reposait sur Jésus dès son enfance (Luc 2:40), mais Jésus est Dieu Lui-même, et le Père était en Lui. Jésus n’avait pas besoin d’être rempli du Saint-Esprit comme nous ; le Père et Jésus nous ont envoyé le Saint-Esprit.

La descente du Saint-Esprit sur Jésus n’est pas le don du Saint-Esprit : Deedat interprète à tort le passage selon lequel Jésus a été rempli du Saint-Esprit lors de son baptême ; il n’est pas dit que Jésus a été rempli du Saint-Esprit lors de son baptême. Au contraire, le Saint-Esprit est descendu sur Jésus sous une forme corporelle visible, celle d’une colombe. Lorsque les chrétiens sont remplis du Saint-Esprit, celui-ci ne descend pas sur eux sous la forme d’une colombe ; il s’agit donc d’un événement différent.

Enfin, comparons l’expérience de Jésus à celle de Mahomet.

1. Mahomet, dont les hadiths rapportent qu’il était prophète, a été victime d’un sortilège maléfique.

1a. C’est Labid bin el-Asim, le Juif, qui a jeté un sort à Mahomet. Ibn-i-Majah, vol. 5, n° 3435, p. 60-61

1b. Mahomet a été victime d’un sortilège maléfique selon le Sahih Muslim, vol. 3, livre 24, n° 5428-5429, p. 1192-1193 ; Sahih Muslim, vol. 2, livre 4, n° 1888, p. 411. Voir également Boukhari, vol. 8, livre 73, chap. 56, n° 89, p. 57, et Boukhari, vol. 8, livre 73, chap. 59, n° 400, p. 266.

2. Mahomet craignait pour lui-même les tourments de la tombe.

2a. Une femme juive dit à Mohammed : « Qu’Allah vous protège des tourments de la tombe. » Après cela, Mohammed pria pour être mis à l’abri des tourments de la tombe. Sunan Nasa’i, vol. 2, n° 1479, p. 281-282

2b. « ‘Aïcha a rapporté : Le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) est entré chez moi alors qu’une Juive se trouvait avec moi et qu’elle disait : “Savez-vous que vous serez mis à l’épreuve dans la tombe ?” Le Messager d’Allah (que la paix soit sur lui) a tremblé (en entendant cela) et a dit : “Ce sont les Juifs seuls qui seront mis à l’épreuve.” ‘Aïcha a dit : Quelques nuits s’écoulèrent, puis le Messager d’Allah (que la paix soit sur lui) dit : « Savez-vous qu’il m’a été révélé : “Vous serez soumis à une épreuve dans la tombe” ? » ‘A’isha dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (que la paix soit sur lui) chercher refuge contre le châtiment de la tombe après cela. » Sahih Muslim, vol. 1, livre 4, n° 1212, p. 290

2c. Abou Houraira a rapporté : « J’ai entendu le Messager d’Allah (que la paix soit sur lui) chercher refuge contre le tourment de la tombe après cela (après la révélation). » Sahih Muslim, vol. 1, livre 4, n° 1213, p. 290

2d. « Elle (Aïcha) a dit : « Je ne l’ai plus jamais vu (le Saint Prophète) par la suite sans qu’il ne cherche refuge contre le châtiment de la tombe dans la prière. » Sahih Muslim, vol. 1, livre 4, n° 1214, p. 290

2e. « Masruq a rapporté ce hadith d’après ‘A’isha, qui a dit : « Jamais il (le Saint Prophète) n’a accompli de prière après cela sans que je ne l’entende chercher refuge contre le châtiment de la tombe. » Sahih Muslim, vol. 1, livre 4, n° 1215, p. 291

2f. Mohammed a cherché refuge contre les tourments de la tombe. Sunan Nasa’i, vol. 2, n° 2065, p. 535 ; vol. 2, n° 2069, p. 537 ; vol. 2, n° 2071, p. 538

Or, un musulman peut être d’accord, en désaccord, ou, plus probablement, ignorer ce que disent ces hadiths. Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas pour eux d’être d’accord ou en désaccord avec moi, car je me contente de rapporter ce que disent les hadiths sunnites faisant autorité.

En résumé, Jésus nous a envoyé le Saint-Esprit. J’espère que vous serez libérés de l’emprise du mal, que vous serez libérés de la crainte des tourments de la tombe et que vous demanderez à Dieu de recevoir le Saint-Esprit.

Q : Dans Matthieu 3, 16 et Marc 1, 10, qui a vu la colombe ?

R : Matthieu 3, 16 et Marc 3, 16 indiquent tous deux que Jésus a vu la colombe, et Jean 1, 32 précise que Jean-Baptiste l’a également vue. Ces versets ne précisent pas qui d’autre a vu la colombe ; il se peut donc que la foule l’ait vue elle aussi.

Q : Beaucoup affirment qu’« il n’y a pas d’histoire sur Jésus sans théologie ». Ainsi, dans l’épisode du baptême, par exemple, nous voyons Jésus se faire baptiser, l’Esprit, sous la forme d’une colombe, descendre sur lui et la voix d’en haut : « Tu es mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute ma joie » (Mc 1, 11). Cet événement ne s’est peut-être pas déroulé tel qu’il est rapporté dans les Évangiles, c’est-à-dire d’un seul coup, mais progressivement, au cours de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus. Ainsi, l’Esprit qui est descendu sur Jésus fait référence à l’ère à venir. De même, le ciel ouvert, la descente de l’Esprit, la voix du Père et la présence du Messie indiquent que les derniers jours ont commencé à poindre et que le salut est proche. Qu’en pensez-vous ? Pensez-vous que le baptême de Jésus était allégorique et symbolique ? Pourquoi ? Ou pourquoi pas ?

R : Tout d’abord, je n’ai jamais entendu dire qu’« il n’y a pas d’histoire sur Jésus sans théologie ». La question semble presque accuser les auteurs des Évangiles de malhonnêteté et de tromperie ; je crois que les événements se sont déroulés tels qu’ils sont rapportés dans les Évangiles. Je crois que les auteurs des Évangiles nous ont livré des récits véridiques, avec le degré de précision nécessaire. S’ils affirment que Jésus a été baptisé par Jean-Baptiste et que cela s’est produit, alors je crois qu’ils ont été honnêtes et que cela s’est réellement passé. Raconter des paraboles est tout à fait acceptable, mais si quelqu’un présente comme un fait historique quelque chose qui n’est pas vrai, alors cela relève de l’induction en erreur, et non de la vérité.

La personne qui pose la question n’a donné aucune raison justifiant son désir de douter de la véracité des auteurs des Évangiles ; je ne peux donc pas aborder les raisons de son doute si aucune raison n’est avancée.

Q : Matthieu 3, 16-17 confirme-t-il que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois personnes distinctes, comme l’affirment les mormons (Talmadge, 1977, p. 39-40) ?

R : Non. Ce passage montre qu’ils sont distincts, mais il ne montre pas qu’ils sont séparés. Loin d’aller à l’encontre de la Trinité, ce passage est important car il confirme un aspect de la Trinité, à savoir que les trois sont distincts. Ce passage s’oppose toutefois au modalisme et au « pentecôtisme unitarien ». Voir *When Cultists Ask*, p. 93-95 pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 4, 2, en quoi le ministère de Jésus tel que décrit dans Matthieu est-il si ironique ?

R : Jésus a faim ici (Matthieu 4, 2), alors qu’il a nourri les autres (Matthieu 14, 13-21 ; 15, 29-39).

Jésus était fatigué (Matthieu 8, 24), mais il offre le repos aux autres (Matthieu 11, 28).

Jésus est le Fils du Roi (Matthieu 17, 24-26), mais il paie des impôts (Matthieu 17, 27).

Jésus est accusé d’utiliser la puissance du diable (Matthieu 12, 24), mais il chasse les démons (Matthieu 12, 22-23).

Jésus meurt comme un criminel et un pécheur (Matthieu 27, 37-38), mais il nous sauve de nos péchés (Matthieu 1, 12).

Jésus est vendu pour trente pièces d’argent (Matthieu 26, 15), mais il donne sa vie en rançon pour beaucoup (Matthieu 20, 28).

Jésus refuse de transformer les pierres en pain (Matthieu 4:3-4), mais donne symboliquement son propre corps comme pain pour son peuple (Matthieu 26:26).

Pour plus d’informations, consultez The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 112.

Q : Dans Matthieu 4, 3 et Luc 4, 3-4, Jésus avait faim, et le Père ne l’avait pas nourri ; alors, qu’y aurait-il eu de mal à ce que Jésus fasse lui-même du pain ?

R : Jésus s’était engagé à jeûner, et le Père pouvait le soutenir, car un être humain doit manger au cours de ces 40 jours pour survivre. Mais Jésus avait terriblement faim, et il aurait pu utiliser son pouvoir surnaturel pour se nourrir s’il l’avait souhaité. Or, Jésus n’allait pas utiliser son pouvoir surnaturel ni faire quoi que ce soit en dehors de la volonté de son Père. Et le Père a finalement envoyé des anges pour subvenir aux besoins de Jésus, comme le rapporte Matthieu 4, 11.

Pour plus d’informations, consultez « The Tony Evans Bible Commentary », p. 869, et « The Expositor’s Greek Testament », vol. 1, p. 88-89.

Q : Dans Matthieu 4, 5-6 et Luc 4, 9-12, en quoi consistait cette tentation ?

R : Tout d’abord, cela démontre que Satan connaît les Écritures et peut même tenter de s’en servir à son avantage pour faire trébucher les gens. En tant que Fils de Dieu, Jésus savait qu’Il serait protégé s’Il sautait. D’un point de vue géographique, le Temple surplombait la vallée du Cédron, et la différence de hauteur entre le point le plus élevé du Temple et le fond de la vallée du Cédron était d’environ 450 pieds.

Cette tentation est intéressante en ce sens qu’elle n’enfreindrait aucune loi de l’Ancien Testament et contribuerait en réalité à convaincre les gens qu’Il était le Messie. Ainsi, plutôt que de mener à quelque chose de mauvais, il s’agit d’un « raccourci désapprouvé par Dieu » vers quelque chose de bon. Bien sûr, cela flatterait également l’orgueil de Jésus en lui permettant de se mettre en valeur et d’accroître sa popularité. De plus, cela reviendrait à acculer Dieu, afin de Le forcer à vous protéger. Nous savons, bien sûr, que Dieu ne veut pas que nous commettions de mauvaises actions : « la fin ne justifie pas les moyens » lorsqu’il s’agit d’utiliser des raccourcis pour accomplir de bonnes actions. Ainsi, si vous êtes en retard à l’église, devriez-vous rouler trop vite ? Si vous souhaitez donner plus d’argent à l’œuvre missionnaire, devriez-vous frauder le fisc et utiliser cet argent ? Comme l’indique le « Tony Evans Bible Commentary », p. 869 : « Dieu n’a pas besoin de l’aide de Satan pour vous amener là où il veut que vous alliez. »

Pour plus d’informations, consultez le « Commentaire évangélique de la Bible », p. 729, et « The Expositor’s Greek Testament », vol. 1, p. 89-90.

Q : Dans Matthieu 4:8 et Luc 4:6-8, comment Satan a-t-il pu offrir le monde à Jésus, puisque Jésus était Dieu et possédait déjà le monde, comme l’affirme un athée (Cappello) ?

R : C’est une question intéressante. La réponse comporte quatre points à prendre en considération.

1. Jésus était toujours Dieu, mais il s’est volontairement dépouillé de sa gloire lorsqu’il est venu sur terre, comme le montrent Philippiens 2, 7 et Jean 17, 5.

2. Dieu est en effet « propriétaire » du monde, comme le montre le Psaume 24, 1. Néanmoins, lorsque Jésus s’est dépouillé de sa gloire et est venu sur terre, les siens ne l’ont pas reçu, comme le montre Jean 1, 10-11.

3. Bien que Dieu ait conservé le pouvoir suprême, il a accordé à l’humanité la domination sur ce monde, conformément à Genèse 1:28.

4. Bien que Dieu en soit le propriétaire légitime, depuis la Chute, Satan s’est vu temporairement accorder un pouvoir considérable sur ce monde, comme le montre 1 Jean 5, 19. Selon 2 Corinthiens 4, 4, le dieu de ce siècle est Satan. Satan est le prince de ce monde dans Jean 12, 31 ; 14, 30 ; 16, 11 ; Éphésiens 6, 12 ; et Colossiens 1, 13.

5. Enfin, Satan est le grand séducteur ; vous ne pouvez donc fonder aucune doctrine sur ce qu’il a prétendu, et ce verset ne répond donc pas à la question. Bien que Satan soit le souverain du monde, et que l’on puisse penser, de ce fait, qu’il aurait pu accomplir cela, il ne peut rien faire sans l’autorisation de Dieu ; il se peut donc qu’il ne dispose pas de cette liberté. Mais comme les démons et la tentation ont si souvent manqué à leurs promesses envers les hommes, rien n’indique que Satan « deviendrait honnête » dans ce cas précis, ni même que le père du mensonge tenterait de tenir ce qu’il promettait.

Résumé : Dieu détient le droit de propriété en raison à la fois de la Création passée et de Sa souveraineté éternelle. Jésus a temporairement renoncé à cette dernière lorsqu’Il est venu sur terre. Mais depuis la Chute, Satan exerce la domination, bien qu’il n’ait pas le contrôle ultime de ce monde.

Voir The Expositor’s Greek Testament, vol. 1, p. 90-91 pour plus d’informations.

Q : Dans Mt 4, 10 et Mt 12, 26, la rébellion de Satan n’a-t-elle été enseignée qu’après l’exil des Juifs, comme l’affirme le guide sceptique *Asimov’s Guide to the Bible*, p. 779 ?

R : Non. Ésaïe 14, 12-15, écrit avant l’exil, évoque également la rébellion de Lucifer.

Q : Dans Matthieu 4, 14-16, les versets Ésaïe 9, 1 et Ésaïe 9, 2 vont-ils ensemble, ou Matthieu a-t-il eu tort de les regrouper ?

R : Ils vont ensemble car Ésaïe 9, 1 fait office de transition entre les deux sections.

L’ouvrage sceptique intitulé *Asimov’s Guide to the Bible* (p. 816) affirme qu’Ésaïe 9, 1 appartient à la section précédente et qu’il est en réalité désigné sous le nom d’Ésaïe 8, 23 dans les Bibles juives modernes et dans la *New Jerusalem Bible*. Ésaïe 8, 22 et 9, 1 sont effectivement liés, car Ésaïe 8, 22 parle d’un peuple vivant dans les ténèbres, tandis qu’Ésaïe 9, 1 annonce la fin des ténèbres.

Cependant, Ésaïe 8, 22 parle d’un peuple qui sera chassé dans les ténèbres, Ésaïe 9, 1 dit qu’il n’y aura plus de ténèbres pour Zabulon et Nephthali, et Ésaïe 9, 2-7 explique comment le peuple qui était dans les ténèbres verra une grande lumière.

Il est intéressant de noter qu’Asimov tente d’affirmer que ceux qui étaient dans la morosité mais dont elle sera dissipée, mentionnés en Ésaïe 9:1, ne correspondent pas à ceux qui étaient dans les ténèbres et qui ont vu une grande lumière dans le verset suivant.

Pour plus d’informations, voir *When Critics Ask*, p. 329.

Q : Dans Matthieu 4, 15-16, en quoi la prophétie concernant Zabulon et Nephthali en Ésaïe 9, 1-2 se rapporte-t-elle à Jésus ?

R : Elle s’y rapporte de deux manières.

Enfance : Jésus a passé la majeure partie de son enfance en Galilée, à l’ouest de la mer de Galilée.

Début de son ministère : Le début du ministère de Jésus s’est déroulé en Galilée, principalement à l’ouest de la mer de Galilée. Cette région était la terre ancestrale de Zabulon et de Nephthali.

Le mot grec utilisé ici pour « s’est levée », aneteilen, ne signifie pas que la lumière a brillé ailleurs avant de se déplacer vers la Galilée. Au contraire, c’est là qu’elle a d’abord brillé de tout son éclat. C’est ce qu’indique The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 117.

Q : Dans Mt 4, 18-22 et Mc 1, 16-20, que pouvons-nous apprendre de ces pêcheurs ?

R : Jésus se trouvait en Galilée depuis un certain temps déjà, et ces hommes avaient été appelés au salut auparavant, dans Jean 1, 35-42. Ici, ils ont été appelés au service. Ces pêcheurs n’ont jamais cessé de pêcher. Simplement, ce que Jésus leur a demandé de pêcher était différent. Comme l’indique *The Tony Evans Bible Commentary*, p. 870 : « Si vous ne pêchez pas, c’est que vous ne suivez pas. » Vous pourriez dire que vous n’êtes pas appelé à être évangéliste ou pasteur (à prendre soin des autres) parce que vous n’avez pas été appelé au ministère à plein temps. Réfléchissez à ceci : chaque chrétien est appelé au ministère à plein temps, même si ce n’est pas nécessairement un ministère rémunéré à plein temps. Vous pourriez être appelé, à plein temps, à prendre soin de votre mère ou de votre famille, à venir en aide aux pauvres et à ceux qui vous entourent, à être un exemple pieux et à guider les autres dans le service.

Consultez le « Believer’s Bible Commentary », p. 1214, pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 5:4, de quoi les gens doivent-ils se lamenter ici ?

R : Le texte ne précise pas s’il s’agit de pleurer le sort des perdus, de pleurer une perte personnelle ou d’un autre type de deuil. Quoi qu’il en soit, cela peut faire référence à la tristesse que suscitent les choses qui attristent le cœur de Dieu. L’écrivain chrétien A.W. Tozer a déclaré : « On pourrait donner à quelqu’un qui ne connaît pas l’humanité une description assez précise de celle-ci en prenant les Béatitudes, en les retournant à l’envers et en disant : « Voici votre humanité. » (The Believer’s Bible Commentary, p. 1216)

De nos jours, beaucoup de gens n’ont aucune notion de ce qu’est le deuil ; une expression courante, qui n’est pas biblique, est « pas de regrets ». Deuxièmement, ce commandement et ceux qui suivent, donnés par Jésus, n’avaient vraiment pas leur place dans la justice pharisaïque.

Pour plus d’informations, consultez *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 29, et *The Tony Evans Bible Commentary*, p. 870.

Q : Dans Mt 5,5 ; Mt 11,29 ; Mt 21,5 ; 1 Pierre 3,4, qu’est-ce que la douceur exactement ?

R : La douceur est liée à la bienveillance et au fait de ne pas s’obstiner à faire les choses à sa manière. C’est être disposé à servir, et non pas seulement à être servi. Jésus était doux.

Mais la douceur n’est pas une faiblesse. Pensez à un cheval sauvage qui a été « dressé ». Le cheval reste fort et rapide, mais au lieu de n’en faire qu’à sa tête, il obéit au cavalier et accepte d’être monté. En général, si un loup ou un grand félin parvient à monter sur un cheval, à moins que celui-ci ne le secoue rapidement pour s’en débarrasser, c’en est fini du cheval. Mais le cheval fait preuve à la fois de confiance et d’obéissance pour laisser une personne le monter.

Pour plus d’informations, consultez *The Tony Evans Bible Commentary*, p. 871, et *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 29.

Q : Dans Matthieu 5:6, que signifient ici la faim et la soif ?

R : Avez-vous un appétit, une passion, pour la croissance spirituelle ? Ou bien ne parvenez-vous pas à grandir, non pas parce que vous ne mangez pas, mais parce que vous nourrissez votre estomac avec les mauvaises choses ?

Il existe plusieurs façons d’interpréter ce passage. Premièrement, cela fait métaphoriquement référence à ceux qui ont un fort désir de justice, pour eux-mêmes, pour les autres, pour leur Église, pour leur nation et pour le monde. Deuxièmement, cela peut faire référence, au sens physique, à ceux qui doivent se priver de nourriture et d’eau pour accomplir l’œuvre de Dieu. Troisièmement, cela peut faire référence à ceux qui jeûnent pour ces causes. Le jeûne ne signifie généralement pas s’abstenir de boire de l’eau ; c’est donc la première interprétation qui est la principale.

Pour plus d’informations, consultez *The Tony Evans Bible Commentary*, p. 871, ; *The Believer’s Bible Commentary*, p. 1216, ; *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 134 ; et *The Expositor’s Greek Testament*, vol. 1, p. 98-99.

Q : Dans Mt 5,7, que signifie le mot « miséricorde » dans ce verset ?

R : La miséricorde peut signifier épargner un châtiment à quelqu’un, mais ici, elle signifie venir en aide à ceux qui en ont besoin et qui ne peuvent pas s’aider eux-mêmes. Voir le « Believer’s Bible Commentary », p. 1217, pour plus d’informations.

Q : Dans Mt 5, 8, 1 Jn 3, 2 et Ap 22, 4, comment les personnes pures verront-elles Dieu, alors que Ex 33, 23 et d’autres versets affirment qu’aucun homme ne peut voir Dieu et rester en vie ?

R : Depuis la Chute, aucun homme mortel et pécheur ne peut voir Dieu et rester en vie. Cependant, nous verrons Dieu face à face au Ciel. En attendant, nous nous efforçons de mener une vie bonne et authentique sur terre. Comme l’indique The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 135 : « Les cœurs purs verront Dieu – aujourd’hui avec les yeux de la foi et, enfin, dans l’éclat éblouissant de la vision béatifique, dont la lumière ne laisse place à aucune tromperie. » Pour plus d’informations, consultez When Critics Ask, p. 403-404, et The Tony Evans Bible Commentary, p. 871.

Q : Dans Matthieu 5, 9, quels sont les moyens efficaces dont nous disposons aujourd’hui pour être des artisans de paix ?

R : La paix est nécessaire entre les individus, au travail, au sein d’un groupe, entre les groupes, en politique et entre les pays. L’une des premières choses à faire est de s’inspirer des personnes pieuses qui sont des artisans de paix. Prêtez attention non seulement à ce qu’ils disent, mais aussi à ce qu’ils auraient pu dire et ont choisi de ne pas dire. Rappelez aux parties ce qu’elles ont en commun et demandez-leur si leurs différences sont si grandes qu’elles justifient une séparation. Jésus a dit que le monde saurait que nous sommes à Lui par notre amour (Jean 17, 21).

Au sein du Corps du Christ, il nous est demandé (de manière active) de « préserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Éphésiens 4:3), tout en nous séparant de ceux qui persistent dans le péché (1 Corinthiens 5:13) et en rejetant tout enseignant qui prêche l’hérésie (1 Timothée 6:5 et 2 Timothée 3:5).

Q : Dans Matthieu 5, 13, comment les chrétiens peuvent-ils être le sel ?

R : On ajoute du sel à la nourriture en petites quantités pour remplir l’une des cinq fonctions suivantes. Il est intéressant de noter que nous ne sommes pas le récipient à sel qui distribue le sel du Christ. Nous sommes, au contraire, le sel nous-mêmes. De même, les chrétiens sont le sel de ce monde dans quatre domaines.

La vie – Le sel est essentiel à notre existence. À Tombouctou, en Afrique de l’Ouest, où l’or était abondant, une livre de sel se vendait le prix d’une livre d’or. Puisque les chrétiens portent en eux la vie du Christ, ils doivent manifester cette vie au monde. Dieu utilise notre prédication, notre amour et notre service pour amener les autres à Lui afin de leur donner la vie.

Saveur – Le sel rehausse la saveur des aliments et leur donne bon goût. De même, nous sommes le parfum de Christ (2 Corinthiens 2, 15-16) pour ceux qui sont sauvés. Dieu, Lui aussi, regarde d’en haut et se réjouit de voir des chrétiens dans ce monde qui Le suivent.

Conservateur – En l’absence de réfrigération, le sel est également essentiel pour conserver les aliments en empêchant la prolifération des bactéries. De même, les chrétiens doivent être le sel et la lumière de ce monde en exerçant un effet conservateur, en s’opposant au péché.

Sacrifice – Dans Lévitique 2:13, les sacrifices devaient être assaisonnés de sel. Nous devons, nous aussi, mener notre vie comme un sacrifice pour Dieu.

Soif – Le sel donne soif, et c’est pourquoi de nombreux bars servent des plats salés. Par notre vie, nous devons également donner « soif » aux gens d’entendre parler de l’espérance qui est en nous : le Christ.

Comme l’a dit l’écrivain romain laïc Pline l’Ancien (mort au Vésuve en 79 après J.-C.) dans son Histoire naturelle 31.102 : « Rien n’est plus utile que le sel et le soleil. » Souvent, les soldats romains étaient payés chaque mois en sel. Ils pouvaient en utiliser ce qu’ils voulaient et vendre facilement le reste. « Sal » est le mot latin désignant le sel, et leur solde s’appelait le « salarium », d’où provient le mot anglais « salary ».

Voir *The Tony Evans Bible Commentary*, p. 872 ; *Now That’s a Good Question*, p. 248-249 ; *Hard Sayings of the Bible*, p. 430-431, *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 29, *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 138, *The Expositor’s Greek Testament*, vol. 1, p. 101, *The Evangelical Commentary on the Bible*, p. 729, et *The Believer’s Bible Commentary*, p. 1217-1218 pour plus d’informations.

Q : Matthieu 5, 13 parle-t-il de personnes qui reconnaissent leur divinité en elles-mêmes et aident les autres à reconnaître la leur également, comme l’affirment certains adeptes du New Age ? (Spangler, 1981, p. 80).

R : Pas du tout ; le sel n’est pas la divinité. Prétendre que nous pourrions devenir comme Dieu est l’un des plus anciens mensonges racontés à l’humanité, dès le Jardin d’Éden. Nous avons été créés pour aimer et servir Dieu pour toujours, et non pour devenir soit des dieux distincts, destinés à être adorés, soit une partie de Dieu, destinée à être adorée.

Cette vision étrange semble oublier que Jésus était juif et que le judaïsme était une religion monothéiste. Reportez-vous à la question précédente pour savoir ce que représente le sel, et à l’ouvrage *When Cultists Ask*, p. 95-96, pour une réponse plus détaillée.

Q : Dans Matthieu 5, 14a, sommes-nous la lumière du monde, ou est-ce Jésus qui est la lumière du monde, comme le dit Jean 9, 5 ?

R : Les deux : Jésus a apporté la lumière au monde, et nous avons la responsabilité d’être les reflets de la lumière de Jésus. Paul en parle dans 2 Corinthiens 4, 6-7. Jésus a dit qu’Il était la lumière du monde « tant que je suis dans le monde » dans Jean 9, 5. Le corps de Jésus est désormais au ciel, et non plus dans ce monde, mais la présence de Jésus est toujours dans le monde par le Saint-Esprit qui est en nous. Que fait exactement la lumière ? Elle ne fait rien d’autre que briller. Mais en brillant, elle éclaire les autres et indique le chemin à suivre. Soyez donc vous-même, et brillez. Pour plus d’informations, consultez When Critics Ask, p. 329 ; The Tony Evans Bible Commentary, p. 872 ; The Bible Knowledge Commentary : New Testament, p. 29 ; et le Believer’s Bible Commentary, p. 1218.

Q : Dans Matthieu 5:15, qu’est-ce que la lumière sur le chandelier ?

R : Il s’agit de nous et de notre témoignage concernant Jésus, la lumière du monde. À moins d’être persécutés, nous ne devons pas cacher le fait que nous sommes chrétiens, et nous devons toujours être prêts à partager l’espérance qui est en nous (1 Pierre 3:15). Nous ne devons pas garder la vérité pour nous-mêmes, mais la partager avec les autres. Matthieu 5, 15 ne dit pas simplement « que votre lumière brille », mais « qu’elle brille devant les hommes ». Malheureusement, il est bien trop facile pour les croyants de trouver des excuses pour ne pas partager l’Évangile. Nous devons veiller à ne pas chercher d’excuses.

Pour plus d’informations, consultez le « Believer’s Bible Commentary », p. 1218, et « The Expositor’s Greek Testament », vol. 1, p. 103.

Q : Dans Matthieu 5, 17 et Actes 10, 10-16, puisque Jésus a dit qu’il n’abolirait rien de la loi, pourquoi les chrétiens ne respectent-ils pas les lois alimentaires de l’Ancien Testament comme le font prétendument les musulmans ?

R : Bien que ni les chrétiens ni les musulmans n’observent les lois alimentaires de l’Ancien Testament, les chrétiens ne le font pas parce qu’ils écoutent Jésus. Cinq points à prendre en compte dans cette réponse.

À cette époque, les disciples de Jésus observaient les lois alimentaires de l’Ancien Testament. Jésus a d’ailleurs déclaré qu’il ne disparaîtrait pas un seul iota ni un seul trait de lettre avant que tout ne soit accompli.

Le fait de la résurrection de Jésus a fondamentalement changé la manière dont Dieu traitait Ses enfants. Un ange a informé Pierre, l’apôtre de Jésus, que Dieu avait déclaré tous les aliments purs dans Actes 10, 9-16. Notez qu’il n’est pas dit que ces animaux étaient purs depuis toujours, mais plutôt que Dieu les avait déclarés purs.

Même les musulmans qui soulèvent cette objection doivent eux-mêmes admettre que certaines lois alimentaires de l’Ancien Testament ne doivent pas être respectées. Les musulmans estiment pouvoir manger de la viande de chameau (et Mahomet le faisait), alors que Lévitique 11, 3-8 et Deutéronome 14, 6-8 interdisent d’en manger.

Écoutez Jésus dans Matthieu 15, 10, 17-20 et Marc 7, 14-15. Jésus a dit que c’est ce qui sort de l’homme qui le rend impur, et non ce qui y entre. Marc 7, 19 montre que, par là, Jésus a déclaré tous les aliments purs. Si nous considérons Jésus comme un prophète, nous devrions écouter ses paroles.

Une voix venue du ciel a ordonné à Pierre de manger dans Actes 10:10-16, lui montrant ainsi que les lois alimentaires n’étaient en vigueur que jusqu’au sacrifice de Jésus, et non après. Nous devrions obéir à la voix de l’ange de Dieu et de l’apôtre de Jésus.

En conclusion, nous ne devons pas ignorer ce qu’ont dit les prophètes de Dieu, mais les écouter.

Q : Dans Matthieu 5, 17, puisque Jésus a dit qu’il n’abolirait rien de la loi, pourquoi les jours de fête juifs ne sont-ils plus observés ?

R : Quatre points à prendre en compte dans la réponse.

1. Les exigences morales de la Loi de l’Ancien Testament s’adressent à tous les hommes et sont immuables.

2. On peut dire que les sacrifices s’adressent aujourd’hui à tous les hommes dans un certain sens, car Jésus est notre grand prêtre et c’est Lui qui a accompli tous les sacrifices nécessaires.

3. Les jours de fête, qui étaient destinés au peuple juif et impliquaient des sacrifices, ne sont plus observés par les non-juifs depuis la mort du Christ.

4. Si un musulman soulève cette objection, on pourrait lui demander pourquoi les musulmans ne respectent pas non plus les fêtes de Dieu mentionnées dans l’Ancien Testament, s’ils estiment que les chrétiens doivent observer les fêtes juives de l’Ancien Testament.

Pour plus d’informations, consultez *Bible Difficulties and Seeming Contradictions*, p. 234-235, *When Cultists Ask*, p. 96-98, et *When Critics Ask*, p. 329-330.

Q : Dans Matthieu 5:18, qu’est-ce qu’un iota et un trait de plume ?

R : En écriture hébraïque, un « jot », ou « yod », est la dixième et plus petite lettre de l’alphabet hébreu. Il s’agit essentiellement d’un point surmonté d’une petite ligne courbe et surmonté d’une petite ligne courbe. Un « tittle » est un petit point. En anglais, un « tittle » est tout ce qui distingue un F majuscule d’un E majuscule, et un P d’un R. Voir le Believer’s Bible Commentary, p. 1218, pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 5:20, qui sont les scribes et les pharisiens, et quel est leur niveau de justice ?

R : Dans Matthieu 5:20, les scribes appartenaient généralement au parti des sadducéens, tandis que les pharisiens s’opposaient à eux. Sur le plan politique, les sadducéens faisaient partie des Juifs favorables à un compromis avec Rome, tandis que les pharisiens s’y opposaient. Les pharisiens formaient un petit groupe de 5 000 à 6 000 personnes, mais ils exerçaient une grande influence car le peuple les admirait. Les sadducéens niaient généralement la résurrection physique et affirmaient que seuls les cinq premiers livres constituaient les Écritures. Actes 23, 8 précise également que les sadducéens niaient l’existence des anges et des esprits. Il est significatif que Jésus ait réprimandé les sadducéens pour leur ignorance des Écritures et de la puissance de Dieu. Il n’a jamais réprimandé les pharisiens pour leur ignorance des Écritures.

Alors que les scribes et les pharisiens s’efforçaient de donner l’apparence d’être justes, Jésus ne les validait pas et ne disait pas qu’ils étaient justes. Jésus n’a pas dit qu’il n’y avait rien de bon en eux, mais plutôt qu’ils n’étaient pas assez bons. Il a plutôt déclaré que les gens avaient besoin de plus de justice qu’ils n’en possédaient pour entrer dans le royaume des cieux. Cela implique trois choses :

a) Les scribes et les pharisiens ne possédaient pas la justice nécessaire pour entrer dans le royaume des cieux

b) Les disciples de Jésus devaient être plus justes qu’eux

c) En réalité, personne ne possède, par ses propres moyens, suffisamment de justice pour entrer dans le royaume des cieux. Jésus y fait davantage allusion aux chapitres 6 et 7. Les disciples finirent par comprendre ce point dans Marc 10, 26-27.

d) Si personne n’est assez juste, ne méprisez pas ceux qui sont pécheurs, car vous êtes vous-même pécheur. À la grande consternation des pharisiens, Jésus a mangé avec de nombreux publicains et pécheurs dans Matthieu 9, 9-12.

Irénée, dans son ouvrage Contre les hérésies (182-188 apr. J.-C.), livre 4, chapitre 13, p. 477, apporte une réponse complémentaire. Voici une paraphrase de ses quatre points :

1) Alors que les scribes et les pharisiens croyaient au Père, nous devons croire également au Fils.

2) Nous ne devons pas nous contenter de dire, mais nous devons agir ; car les scribes et les pharisiens disaient, mais n’agissaient pas.

3) Nous ne devons pas seulement nous abstenir des mauvaises actions, mais aussi des désirs qui les sous-tendent.

4) Jésus ne nous a pas enseigné des choses qui s’opposaient à la loi, mais des choses qui l’accomplissaient. Jésus n’a pas aboli la loi, mais il l’a accomplie, élargie et lui a donné une portée plus grande.

Pour plus d’informations, consultez The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 146-147.

Q : Dans Mt 5, 21, pourquoi tue-t-on des personnes, des animaux, des criminels, etc., alors que Jésus a dit de ne pas tuer ?

R : La version King James a traduit ce mot par « tuer » alors que le mot grec phoneuo peut signifier « assassiner ». Celui qui agit ainsi, un phoneus, est un meurtrier ou un assassin, et non un bourreau ou un boucher d’animaux. Si quelqu’un pensait réellement que le « Tu ne tueras point » de l’Ancien Testament faisait référence aux animaux et à l’exécution des criminels, sa mauvaise compréhension de ce mot ferait de tout le système sacrificiel de l’Ancien Testament un mystère insondable à ses yeux.

Q : Dans Matthieu 5:22, pourquoi Jésus nous a-t-il dit de ne traiter personne d’« imbécile », alors que Lui-même et d’autres l’ont fait dans Matthieu 23:17 ; Luc 24:25 ; 1 Corinthiens 15:36 ; Galates 3:1 ?

R : Jésus n’a pas dit « insensé » ou « imbécile », mais a en réalité utilisé un terme d’argot araméen qui signifie « tête vide », similaire au mot d’argot américain « airhead ». Jésus qualifie également les gens d’« insensés », de « guides aveugles » (Matthieu 23, 16), et même de « voleurs et de brigands » et de « vipères ». Jésus choisissait ses mots avec soin et ne dénigrait pas les gens.

Pour plus d’informations, consultez l’ouvrage *Hard Sayings of the Bible*, p. 358-359.

Q : Dans Matthieu 5, 22, Jésus a dit : « Quiconque dira : “Tu es un insensé”, sera passible du feu de l’enfer ». Or, il l’a lui-même fait à plusieurs reprises, comme le montrent Matthieu 23, 17, Luc 11, 40 et Luc 12, 20. Ne devrait-il pas être lui aussi passible de l’enfer ? Après tout, il a enfreint sa propre loi !

R : Non, pour deux raisons.

a) Nous ne devons pas laisser les autres nous appeler « Seigneur », ni permettre qu’on nous adore, et cela s’applique à Jésus. Ainsi, ce que Jésus nous a enseigné ne s’applique pas toujours à Lui-même. À un niveau plus terre-à-terre, lorsque j’établis une règle pour mon oiseau de compagnie, par exemple qu’il ne doit manger que dans une mangeoire, dois-je moi aussi respecter cette règle ?

b) En réalité, Jésus n’a pas dit « imbécile » (il s’agit là d’une paraphrase) ; le terme utilisé était « raca », que l’on traduira le mieux par « tête vide ». Jésus a qualifié certaines personnes d’imbéciles, au sens où ce terme est employé dans les Proverbes, mais il n’a pas voulu dire que leur tête (ou leur vie) ne valait rien.

Q : Dans Matthieu 5, 25-26, pourquoi est-il souvent si difficile de se réconcilier avec son adversaire ?

R : Souvent, cela implique que l’une des parties, voire les deux, doive reconnaître sa culpabilité ou admettre qu’elle avait tort, ce que l’orgueil des gens a du mal à accepter.

Pour plus d’informations, consultez le « Believer’s Bible Commentary », p. 1220.

Q : Matthieu 5, 26 soutient-il la doctrine catholique romaine du purgatoire, comme l’enseignait le théologien catholique Ludwig Ott ?

R : Non, pour sept raisons.

Aucune mention de l’au-delà : ce passage ne mentionne ni le purgatoire, ni même quoi que ce soit concernant l’au-delà.

Même certains catholiques, comme l’ancien cardinal Ratzinger (le pape Benoît XVI), ne seraient pas d’accord. Voici ce qu’il a déclaré : « Le purgatoire n’est pas une sorte de camp de concentration supra-terrestre où l’on est contraint de subir des châtiments de manière plus ou moins arbitraire. Il s’agit plutôt du processus de transformation intérieurement nécessaire par lequel une personne devient capable du Christ, capable de Dieu [c’est-à-dire capable d’une pleine unité avec le Christ et Dieu] et donc capable d’unité avec toute la communion des saints » (livre de Ratzinger *Eschatologie* (1990), p. 230. Une partie de ce passage est également citée dans *When Cultists Ask*, p. 98-99)

Hébreux 10, 10-15 enseigne deux choses : 1) le Christ a déjà accompli son offrande dans Hébreux 10-12, et 2) le Christ nous a rendus parfaits pour toujours par son offrande dans Hébreux 10, 13-15. Ne disons pas au Christ que son offrande n’était pas assez bonne, pas assez complète, ou qu’elle n’a pas achevé l’œuvre que le livre des Hébreux nous dit qu’il a achevée.

Romains 8:1 dit : « Il n’y a donc désormais plus de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ… » (BSB)

2 Pierre 1:11 dit qu’après notre mort, nous recevrons un accueil riche ou abondant au ciel. (Il ne s’agit pas d’un accueil chaleureux, ni d’un accueil ardent au milieu des flammes.) Le purgatoire ne serait pas un « porche » très accueillant menant au ciel.

2 Corinthiens 5:8 dit : « Nous sommes donc confiants, et nous préférerions quitter ce corps pour être chez le Seigneur. » (BSB) De même, Philippiens 1:23 indique que Paul restera soit en vie dans la chair, soit « partira pour être avec le Christ ». Nous serons avec Dieu dès notre mort, et non au purgatoire avec la promesse du ciel reportée.

Les premiers chrétiens, avant le concile de Nicée, n’avaient jamais entendu parler du purgatoire, et ne voyaient certainement rien qui s’yapparentât dans ce verset. Dans plus de 5 235 écrits dont nous disposons antérieurs au concile de Nicée, cette interprétation de Matthieu 5:26, ainsi que l’idée d’une quelconque purification par le feu des croyants après la mort, sont totalement absentes.

Pour plus d’informations, voir *When Cultists Ask*, p. 98-99.

Q : Dans Matthieu 5, 27-29, quelle est la portée de l’interdiction de l’adultère ?

R : Il ne s’agit pas d’un acte réservé aux personnes mariées. Au contraire, Jésus parle de « quiconque ». Il ne s’agit pas seulement de commettre l’acte, mais aussi de regarder quelqu’un avec convoitise, ou une image ou une vidéo de quelqu’un, y compris, mais sans s’y limiter, la pornographie et les clubs de strip-tease. Voir *The Tony Evans Bible Commentary*, p. 873, pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 5, 29, l’enfer est-il un lieu de tourments conscients ou simplement la tombe ?

R : Les deux. Le mot grec « Hadès » est analogue au mot hébreu « Shéol ». Dans Matthieu 5:29, il s’agit manifestement d’un lieu où l’on ne souhaite pas se rendre ; le contexte fait donc référence à « l’enfer », où vont ceux qui meurent loin de Dieu.

Luc 16, 22-23 montre qu’il y aura des tourments (basanois en grec) (Luc 16, 23, 28), un état de conscience (Luc 16, 23) et des souffrances dans les flammes (Luc 16, 24, 25). Les non-croyants ne se contentent pas d’être là ; ils y sont également punis éternellement. Matthieu 25:41, 46 ; Apocalypse 14:9-11 ; ~19:3 ; ~22:15

Matthieu 13, 40-42, 50 indique qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents DANS la fournaise ardente. (En grec, « ekei » signifie « là », « à cet endroit », et non « là où cela se produira ».

2 Thessaloniciens 1 enseigne qu’il s’agit d’une destruction éternelle ; être exclu de la présence du Seigneur et de sa puissance majestueuse.

Apocalypse 14, 9-11 : ceux qui adorent la bête seront torturés par le feu et le soufre (soufre brûlant) en présence de l’Agneau et de ses anges.

Les non-croyants ont une conscience douloureuse après la mort (Apocalypse 20, 10 ; Luc 12, 5 ; 13, 28 ; 16 ; Ézéchiel 32, 31-32 ; Matthieu 3, 12 ; 5, 21 ; 13, 42, 50 ; 22, 13 ; 25, 41 ; Ésaïe 50, 11).

Les non-croyants périront (Luc 13, 3, 5 ; Jean 3, 16 ; 2 Thessaloniciens 2, 9) et seront anéantis (2 Thessaloniciens 1, 9 ; 2 Pierre 3, 16 ; Matthieu 10, 28 ; 1 Corinthiens 3, 17 ; Philippiens 1, 28 ; Jacques 4, 12 ; Apocalypse 11, 18).

Pour plus d’informations, consultez *When Cultists Ask*, p. 99-100, et *When Critics Ask*, p. 331-332.

Q : Dans Matthieu 5,34, pourquoi Jésus a-t-il mis l’accent sur les serments à cet endroit ?

R : Les Juifs de l’époque de Jésus et des siècles suivants avaient des conceptions particulières concernant les serments. La Mishna Shebuoth aborde ce sujet. Voir la Mishna Sanhédrin 3.2 et la Mishna Tosephta Nedarim 1 (tirées à l’origine de SBK 1:321-336). Les serments n’étaient pas contraignants si l’on prêtait serment « par le ciel et la terre », « par l’or du temple » ou « par Jérusalem ». En revanche, ils étaient contraignants lorsqu’on prêtait serment « par le Temple » ou « en direction de Jérusalem ». Le Deutéronome 6, 13 stipule que lorsque l’on prête serment, il faut le faire au nom de Dieu. Mais Jésus modifie cette règle ici. Jésus dit de cesser tout simplement de prêter serment ; que votre « oui » soit « oui » et que votre « non » soit « non ». Les Esséniens évitaient eux aussi de prêter serment.

Soit dit en passant, de nombreux Grecs désapprouvaient également le fait de prêter serment. Sophocle, Chœrilus l’Épique, Plutarque, Épictète (à éviter autant que possible) et Quintilien étaient opposés au serment. Pythagore recommandait de ne prêter serment que très rarement, et plus tard, les pythagoriciens refusèrent de prêter serment. Au Moyen Âge et pendant la Réforme, les Vaudois et de nombreux anabaptistes refusèrent de prêter serment. Pour plus d’informations à ce sujet, consultez Ulrich Luz, Matthieu 1-7 : Un commentaire, p. 314, 316, 320.

Voir The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 153-154, et le Believer’s Bible Commentary, p. 1222, pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 5:34, ne devons-nous pas prêter serment, ou devons-nous prêter serment au nom de Dieu comme le prévoit Deutéronome 10:20 ?

R : Lorsque l’on étudie la Bible, il est important de connaître le contexte général ; dans ce cas précis, il s’agit de distinguer l’Ancien Testament du Nouveau Testament. Jésus a explicitement abrogé ou modifié cinq commandements de l’Ancien Testament et une parole dans Matthieu 5, 21-48. Voici un résumé de ce qu’a dit Jésus.

Versets

Ancien Testament

Mais Jésus a dit

Matthieu 5, 21-26

« Tu ne tueras point »

De même, ne vous mettez pas en colère contre votre frère et ne lui dites pas : « Insensé ! »

Matthieu 5, 27-30

Ne commettez pas d’adultère

De plus, ne regardez pas une femme avec convoitise dans votre cœur

Matthieu 5, 31-32

En cas de divorce, remettez une lettre de divorce

En revanche, ne divorcez pas, sauf en cas d’infidélité

Matthieu 5, 33-37

Ne rompez pas vos serments

En revanche, ne prêtez aucun serment, mais dites simplement « oui » ou « non »

Matthieu 5, 38-42

Œil pour œil

Au contraire, tendez l’autre joue, faites un effort supplémentaire, etc.

Matthieu 5, 43-48

Aimez votre prochain et haïssez votre ennemi

Au contraire, aimez même vos ennemis

Soit dit en passant, Jacques 5, 12 fait également écho à Matthieu 5, 34 en précisant que nous ne devons plus prêter serment aujourd’hui.

Jésus a également montré que tous les aliments sont désormais purs dans Marc 7, 19, ce qui trouve un écho dans Actes 10, 9-16.

Q : Dans Matthieu 5, 39-40, comment les chrétiens sont-ils censés tendre l’autre joue ?

R : Recevoir une gifle n’est pas seulement douloureux, c’est aussi une insulte. Le traité juif Mishna Baba Kama 8:6 aborde ce sujet. Pourtant, les chrétiens ne doivent pas vivre selon la nature, mais selon le surnaturel. Nous devons nous permettre d’être vulnérables (sans pour autant faire preuve d’une confiance aveugle envers les malfaiteurs), tout en reconnaissant que nous pouvons compter sur Dieu pour veiller sur nous et sur notre famille. Il arrive parfois que des musulmans et d’autres se moquent de cet enseignement de Jésus. Quoi qu’il en soit, à l’image de cet enseignement, nous sommes censés nous démarquer dans un monde vindicatif et pécheur.

Pour plus d’informations, consultez *Now That’s a Good Question*, p. 522-524, et *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 136.

Q : Dans Matthieu 5, 39, pourquoi les chrétiens résistent-ils au mal ?

R : Aucun verset de la Bible ne dit que les chrétiens ne doivent résister à aucun mal. Au contraire, Matthieu 5, 39 dit spécifiquement de ne pas résister à une personne malveillante qui vous fait du mal. Nous ne devons pas chercher à nous venger ni à rendre la pareille. Nous devons résister au diable, comme le disent Jacques 4, 7 et 1 Pierre 5, 9. À l’instar de Jérémie dans 7, 6 et 22, 16, nous devons prendre la défense des opprimés. Dans l’Ancien Testament, Proverbes 28, 4 dit que les justes « combattent » les méchants qui abandonnent la loi. Lévitique 5, 1 précise que c’est un péché de refuser de témoigner devant un tribunal au sujet d’un mal dont on a été témoin. Nous devons nous prémunir contre les faux docteurs (1 Jean 2, 26 ; 3, 7 ; 4, 1 ; 2 Jean 7-8 ; Apocalypse 2:16 ; 2 Pierre 2:2 ; Actes 20:28-29). Nous devons réfuter les faux docteurs (1 Timothée 1:3 ; Tite 1:9-11 ; Jude 3). Nous devons lutter pour la foi (Philippiens 1:27 ; 4:3).

Pour plus d’informations, consultez le New International Bible Commentary, p. 1127.

Q : Dans Matthieu 5, 42 et Luc 6, 29-30, les chrétiens doivent-ils donner à tous ceux qui leur demandent quelque chose ?

R : Oui : cet enseignement n’est pas difficile à comprendre, mais il est difficile à mettre en pratique. Les chrétiens doivent considérer les autres comme plus importants encore qu’eux-mêmes (Philippiens 2, 3). Nous devons aimer notre prochain comme nous-mêmes ; il va donc de soi que nous ne devons pas donner à quelqu’un quelque chose qui pourrait lui nuire (comme de la drogue), même s’il le demande. Mais si nous voyons quelqu’un dans un besoin réel, nous devons nous efforcer de faire en sorte que ses besoins soient comblés. Cela vaut que la personne dans le besoin soit un frère chrétien ou non.

Aimer son prochain comme soi-même implique qu’il est tout à fait légitime de s’aimer soi-même également. Cependant, beaucoup de gens ont tendance à s’aimer davantage qu’ils n’aiment les autres, donnant moins qu’ils ne le devraient, ou au contraire à ne pas s’aimer suffisamment et à donner plus qu’ils ne le devraient.

Voir *When Critics Ask*, p. 332-333, pour une réponse complémentaire.

Q : Dans Matthieu 5, 43, où est-il écrit : « Aimez votre prochain et haïssez votre ennemi » ?

R : Cela ne figure pas dans l’Ancien Testament, et Jésus n’a jamais dit que c’était le cas. « Aimez votre prochain » figure dans Lévitique 19, 18, mais il n’y a rien concernant « haïssez votre ennemi ». Or, les Juifs l’avaient souvent entendu, car il s’agissait d’une tradition des scribes, selon la New Geneva Study Bible, p. 1 513, ainsi que When Critics Ask, p. 333, qui ajoute que Jésus n’a pas dit que cela figurait dans l’Ancien Testament pour une très bonne raison : cela n’y figurait pas.

Au sein de la secte de Qumrân, leur « Manuel de discipline » stipulait que les membres devaient jurer d’aimer les Fils de la Lumière (c’est-à-dire la secte de Qumrân) et de haïr pour l’éternité les Fils des Ténèbres. Voir *Understanding the Dead Sea Scrolls*, p. 165, pour plus d’informations.

Le philosophe athée Friedrich Nietzsche considérait que l’amour des ennemis était une faiblesse et un manque d’honnêteté. Sigmund Freud considérait que l’amour des ennemis « est une tentative du surmoi culturel de transformer le besoin d’agressivité en sentiments de culpabilité et ainsi de le combattre, une tentative qui a certes réussi mais qui est hostile au bonheur ». Sigmund Freud, « La civilisation et ses mécontentements », dans l’Édition standard des Œuvres psychologiques complètes de Sigmund Freud, vol. 21, p. 57-145. Mao Tsé-toung a déclaré : « Nous ne pouvons pas aimer nos ennemis, nous ne pouvons pas aimer les maux sociaux, et notre objectif est de les exterminer. » Mao Tsé-toung : Anthologie de ses écrits, p. 260. Ces citations sont tirées de l’ouvrage d’Ulrich Luz, Matthieu 1-7 : un commentaire, p. 350, 351. Certains auteurs n’ont pas vu d’un très bon œil l’enseignement de Jésus invitant à aimer ses ennemis.

Q : D’après Matthieu 5, 48, pouvons-nous être parfaits ?

R : Tout comme un diamant brille différemment selon les angles sous lesquels on le regarde, la Bible présente quatre facettes de cette question. Les réponses simples à cette vaste question sont : oui, oui, non et oui.

Oui après la mort : nous devons méditer sur la vérité selon laquelle nous serons sans péché, parfaitement saints au Ciel. Nous devons attendre cela avec impatience, et si vous pensez avec regret à certains de vos péchés que vous laissez derrière vous, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans votre cheminement spirituel. Après la mort, et seulement après la mort, nous réaliserons pleinement Matthieu 5, 48.

Oui, d’un point de vue judiciaire : Dieu le Père nous a déclarés pardonnés et la culpabilité du péché a été effacée par la mort de Jésus sur la croix. Hébreux 10, 14 nous dit expressément qu’à la croix, Jésus « a rendu parfaits » ceux qui sont en voie de sanctification. Romains 4:17 nous rappelle que notre Dieu appelle les choses qui ne sont pas comme si elles étaient. Bien que nous ayons péché contre Dieu et que nous méritions l’enfer, si Dieu nous promet le pardon et une vie sans péché au ciel, ses promesses sont sûres à 100 %. D’une certaine manière, tous ceux qui ont mis leur confiance en Christ, en sa mort et en la résurrection de son corps, ont été déclarés comme ayant atteint ce que dit Matthieu 5:48.

Ce n’est pas encore le cas ici-bas, mais nous continuons d’essayer : nous ne serons pas parfaits et sans péché sur terre, et quiconque pense y être parvenu se trompe lui-même, comme le dit 1 Jean 1:8. Même Paul n’était pas parfait, comme le montre Philippiens 3:12. Bien que nous n’atteignions pas la perfection sans péché sur terre, nous devons néanmoins nous efforcer d’y parvenir et de ressembler davantage au Christ, sans pour autant nous décourager lorsque nous échouons, comme cela arrive encore à tous les croyants. Ainsi, le commandement de Jésus dans Matthieu 5, 48 n’était pas simplement une promesse pour l’avenir ni une déclaration, mais un commandement que nous devons sincèrement nous efforcer d’accomplir dès aujourd’hui.

Oui, nous pouvons être parfaitement dans la volonté de Dieu : nous pouvons être un croyant « parfait », c’est-à-dire complet et exactement là où Dieu veut que nous soyons. Mais tout comme un bébé « parfait » n’est pas censé rester un bébé pour toujours, la perfection ici signifie simplement : « Atteignons-nous les étapes importantes sur notre chemin pour ressembler davantage au Christ dans cette vie ? » Le terme « parfait » est utilisé dans ce sens dans 1 Jean 2:5 et Philippiens 3:15. Ainsi, même si nous devons nous efforcer d’obéir pleinement à Matthieu 5:48 dans notre vie d’aujourd’hui, et même si nous échouerons inévitablement, nous pouvons néanmoins connaître la joie et la paix parfaite en demeurant en Dieu dès à présent.

Voir *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 33, pour plus d’informations, et *When Cultists Ask*, p. 100-101, pour une réponse complémentaire.

Q : Dans Matthieu 6, 1-4, devons-nous accomplir de bonnes œuvres en secret, ou laisser notre lumière briller devant les hommes comme le dit Matthieu 5, 16 ?

R : Les deux. Nous devons nous employer avec diligence à accomplir de bonnes œuvres. Cependant, ce ne sont pas nos propres œuvres que les autres doivent voir en nous, mais plutôt Jésus, celui qui vit en nous. Nous devons être le reflet du Christ. C’est notre lumière qui doit briller, et non nous-mêmes.

C’est un privilège que Dieu nous ait choisis pour lui rendre gloire en agissant à travers nous. Voir « Difficultés bibliques et contradictions apparentes », p. 233-234, pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 6, 1-4, lorsqu’il s’agit de donner à Dieu, comment les chrétiens doivent-ils s’y prendre pour que leur main droite ne sache pas ce que fait leur main gauche ?

R : Tout comme nous ne devons pas faire tout un plat de nos bonnes œuvres envers les autres, nous ne devons pas non plus en faire tout un plat devant Dieu. Ne vous cassez pas le bras en vous félicitant trop vigoureusement non plus. ;-) Ne pensez pas que vous rendez service à Dieu. Ne croyez pas à tort que vous enrichissez Dieu, qui possède de toute façon tout, ni que Dieu a de la chance de vous avoir sauvés. Nous sommes sauvés non pas grâce à nos mérites, mais parce que Dieu a vu à quel point nous étions impuissants et que, dans sa grâce, il nous a aimés malgré tout. Voir *Now That’s a Good Question*, p. 581-582, pour une réponse différente mais complémentaire.

Q : Dans Matthieu 6, 1-4, puisque nous ne devons pas faire l’aumône devant les hommes, pourquoi les chrétiens déclarent-ils leurs dons caritatifs à des fins fiscales, et pourquoi certains ont-ils des bâtiments ou d’autres monuments à leur nom ?

R : « Devant les hommes » (au pluriel) signifie « devant le public » ; il est donc acceptable de déclarer un don caritatif à des fins fiscales. Cependant, si quelqu’un fait un don afin qu’un bâtiment ou un monument soit érigé en son nom, il reçoit alors sa récompense sur terre. En revanche, si quelqu’un érige un monument au nom d’une autre personne, et que cette dernière n’en a pas connaissance ou n’a rien fait pour encourager sa construction en son nom, alors ce verset ne s’applique pas à elle.

Q : Dans Matthieu 6, 5-6, puisque nous devons prier en secret, pourquoi de nombreux chrétiens souhaitent-ils que l’on prie publiquement dans les écoles ?

R : La Bible donne de nombreux exemples de prière privée et personnelle. Cependant, elle donne également des exemples de prières collectives, comme en Josué 7, 6-9. On peut avoir une prière collective où une seule personne prend la parole, comme en 1 Rois 8, 22-53. Dans ces exemples de prière publique, tout le monde participe à la prière, qu’il prenne la parole ou non.

Dans Actes 16, 25-26, Paul et Silas priaient ensemble et chantaient dans un lieu où d’autres pouvaient les voir. Cependant, étant en prison, ils n’avaient pas le choix de leur emplacement.

Les chrétiens pouvaient se voir les uns les autres, en train de prier en communauté, dans Actes 2, 42 ; 12, 12 ; 13, 3 ; 14, 23 ; 20, 36, ce qui est donc tout à fait acceptable.

Ce qui n’est pas approuvé, en revanche, c’est de prier en public pour faire bonne figure, ou de prier en public alors qu’une partie de la foule ne participe pas, peut-être parce qu’elle ne croit pas en Dieu.

Pour plus d’informations, consultez le « Believer’s Bible Commentary », p. 1224.

Q : Dans Matthieu 6, 5-7, Jésus condamne-t-il toute prière publique ?

R : Non, ce verset ne dit pas cela. Il condamne plutôt les prières qui ne visent qu’à faire bonne figure. En réalité, Jésus a prié en public dans Jean 11, 41-42.

Dans l’Ancien Testament, Salomon a prononcé une prière très publique dans 1 Rois 8, 22. Jésus n’est pas contre la prière publique, mais contre la prière « ostentatoire », c’est-à-dire la prière faite dans le but d’être vu en public. Voir When Critics Ask, p. 333-334 pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 6, 7, doit-on répéter ses prières ?

R : Il n’y a aucun mal à répéter des prières, à condition qu’elles aient un sens pour vous lorsque vous les prononcez. Si vous ne les prononcez pas avec conviction, alors ne prenez pas la peine de les réciter. Dans le cadre d’une prière ou d’un culte, la répétition d’une phrase est acceptable, comme cela se fait dans certains Psaumes. Pour plus d’informations, consultez *Now That’s a Good Question*, p. 207-210, et *Today’s Handbook for Solving Bible Difficulties*, p. 411-412.

Q : Dans Matthieu 6, 7-8, ne devons-nous pas recourir à de vaines répétitions, ou devons-nous prier sans cesse, comme l’a montré l’exemple de la veuve dans Luc 18, 5 et 7 ?

R : Prier sans cesse ne signifie pas nécessairement que vous devez recourir à la répétition. Vous pouvez exprimer des choses différentes dans vos prières lorsque vous priez.

Jésus n’a pas dit que la répétition était mauvaise, mais seulement si elle est vaine ou dénuée de sens. Une certaine répétition est acceptable si elle a un sens. À titre d’exemple, voir le Psaume 118, 1-4. Ainsi, si un office religieux reprend chaque semaine certains éléments identiques, cela est acceptable tant que cela a un sens. Voir *Difficultés bibliques et contradictions apparentes*, p. 236-237, pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 6, 7-8, pourquoi de nombreux chrétiens, en particulier ceux issus de traditions plus liturgiques (catholiques, épiscopaliens, anglicans, luthériens, etc.), répètent-ils sans cesse les mêmes formules chaque dimanche ?

R : Répéter plusieurs fois la même chose est acceptable si cela a un sens pour eux à chaque fois. Jésus n’a pas critiqué ici la répétition en soi, mais la répétition vaine (dépourvue de sens). Dans certains Psaumes, comme le Psaume 136, on recourt à la répétition. Jésus nous a avertis que la répétition peut être dénuée de sens, mais cela ne signifie pas que toute répétition soit dénuée de sens.

Les « Je vous salue Marie » ne sont pas de bonnes prières, car elles s’adressent à Marie, et non à Jésus. Mais même si nous avions des « Je vous salue Jésus » analogues, cela ne serait pas mieux non plus, et cela supposerait que nous obtiendrions la bénédiction en fonction de la fréquence à laquelle nous récitons des phrases apprises par cœur.

Voir Ulrich Luz, Matthieu 1-7 : Un commentaire, p. 366, pour plus d’informations.

Q : Dans Mt 6,9 et Jc 3,9, les Juifs appelaient-ils fréquemment Dieu « notre Père » ?

R : C’était certainement courant. Un célèbre ouvrage juif intitulé Les Dix-huit bénédictions, achevé vers 110 apr. J.-C., contient 44 courtes prières adressées à Dieu, chacune commençant par « notre Père, notre Roi ». Voir The Expositor’s Greek Testament, vol. 4, p. 453 pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 6, 9-13 et Luc 11, 1-4, qu’enseignait Jésus dans la prière du Seigneur ?

R : Voici un très bref résumé.

Notre Père : nous prions Dieu le Père. Jésus est Dieu (Hébreux 1, 8-9) ; il est donc également acceptable de prier Jésus, comme l’a fait Étienne dans Actes 7, 59.

Qui est aux cieux : bien que Dieu soit partout à la fois, n’oubliez jamais qu’Il est transcendant. Son trône est plus éloigné de nous que les étoiles.

Que ton nom soit sanctifié : ne croyez pas que Dieu soit simplement un « copain » ou un « pote ». Souvenez-vous de qui est Dieu.

Que ton règne vienne : ce type de prière est souvent négligé aujourd’hui. Outre la louange/l’adoration, la confession, l’action de grâce et la supplication pour vous-même et pour les autres, il y a la prière pour que le Règne de Dieu vienne bientôt. 1 Thessaloniciens 4, 18 n’est qu’un verset parmi d’autres qui montre que nous devons aspirer à son Règne. Parmi les versets qui montrent que nous devons veiller et attendre Son Royaume, on peut citer 1 Thessaloniciens 4:18, 2 Pierre 3:13 et 1 Pierre 4:7.

Cette expression ne traduit pas une attitude indifférente. Au contraire, elle exprime un désir ardent de voir le Royaume de Dieu venir bientôt.

Que ta volonté soit faite : nous devons prier pour que la volonté de Dieu s’accomplisse, et non pas simplement pour satisfaire nos désirs égoïstes (Jacques 4:3). Lorsque nous voulons ce qu’il y a de mieux pour le Royaume de Dieu, qui, selon vous, est le mieux placé pour en décider : nous ou Dieu ?

Sur la terre comme au ciel : nous n’avons pas besoin de prier pour que la volonté de Dieu s’accomplisse au ciel, où il n’y a pas de tentation, mais nous devons prier pour que la volonté de Dieu Tout-Puissant s’accomplisse sur la terre. Le ciel est notre référence pour mesurer à quel point nous voulons que la volonté de Dieu soit respectée.

Donne-nous aujourd’hui : Nous devons prier pour recevoir ce dont nous avons besoin, et non pas simplement ce que nous désirons. Même si les riches impies peuvent obtenir financièrement tout ce dont ils ont besoin, et même plus, sans prier, nous devons ignorer cela et prier Dieu pour nos besoins. (Voir Proverbes 30, 7-9.) Apparemment, il n’est pas prévu de prier en une seule journée pour ce dont nous avons besoin pour toute la semaine, de sorte que nous puissions négliger de prier pendant les six jours suivants.

Notre pain quotidien : priez chaque jour pour nos besoins, et non pour nos convoitises. Ne vous contentez pas de prier une seule fois pour tous les besoins de votre vie, mais priez quotidiennement. Cette prière ne contient aucune demande concernant nos souhaits et nos désirs égoïstes, comme le montre Jacques 4, 3. Il s’agit d’une prière pour ce dont nous avons légitimement besoin.

Pardonnez-nous nos péchés : nous avons besoin de pardon pour nos paroles, nos actes et nos omissions extérieures. De plus, nous avons besoin de pardon pour nos pensées et de purification pour nos désirs pécheurs intérieurs. Certains affirment à tort que nous ne devrions pas prier pour que Dieu nous pardonne, une fois que nous sommes devenus chrétiens et que nous avons déjà été pardonnés. Cette prière démontre le contraire. Jacques 5, 16 montre également qu’il faut prier pour un croyant afin que ses péchés soient pardonnés (au futur). Le pardon des péchés repose sur la mort du Christ sur la croix, et non sur nos paroles ; mais ce pardon comporte un aspect passé, présent et futur qui renvoie tous à la croix. Selon le New International Bible Commentary, p. 1127, la meilleure traduction ici est « péchés » ; se contenter de les appeler « offenses » n’est pas très précis.

Tout comme nous pardonnons à ceux qui pèchent contre nous, le pardon de Dieu envers ceux qui se repentent et se tournent vers Lui est total. C’est ainsi que devrait être notre pardon envers les autres.

Soit dit en passant, le Notre Père est également cité dans le Diatessaron de Tatien, section 9, versets 32 à 41, p. 58, ainsi que dans les écrits chrétiens primitifs : « Sur la prière » d’Origène, chapitre 18.1, p. 65, et la Didachè, chapitre 8, ANF, vol. 7, p. 379. La Didachè ajoute qu’il convient de la réciter trois fois par jour.

Pour plus d’informations, consultez le « Believer’s Bible Commentary », p. 1224-1225, et l’ouvrage d’Ulrich Luz, « Matthieu 1-7 : un commentaire », p. 369.

Q : Dans Mt 6, 9-13 et Lc 11, 2-4, pourquoi devons-nous prier ?

R : La prière ne consiste pas à informer un Dieu omniscient, à donner du pouvoir au Tout-Puissant, ni à changer le cœur d’un Dieu très aimant. Il s’agit plutôt d’un commandement, d’un privilège de s’adresser à Dieu, et d’une promesse selon laquelle Dieu exaucera nos prières. La prière est extraordinaire, dans la mesure où un Dieu tout-puissant a non seulement consenti, mais a même été à l’origine de l’idée selon laquelle Il permet à nos prières d’« être efficaces » (Jacques 5, 16) pour qu’Il change le cours des choses.

Consultez le *Manuel d’aujourd’hui pour résoudre les difficultés bibliques*, p. 299-302, et le *Livre complet des réponses bibliques*, p. 160, pour des réponses complémentaires.

Q : Dans Mt 6, 10 et Lc 11, 2, pouvez-vous expliquer pourquoi il y a deux « in » et pourquoi « ciel » et « terre » sont inversés dans la KJV, alors que le grec et d’autres traductions utilisent « sur » et « dans » ?

R : Matthieu 6:10, dans la KJV, se lit ainsi : « Que ton règne vienne. Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

Dans Matthieu 6:10, il n’y a pas de variantes manuscrites significatives, et le grec est tel que vous le dites. Dans Luc 11:2, il existe une variante manuscrite, mais elle ne correspond pas non plus à la KJV.

Quoi qu’il en soit, le grec dit « dans » les cieux et « sur » la terre. C’est ainsi dans la NKJV, la NIV, la traduction littérale de Green et pratiquement toutes les autres versions, à l’exception de la KJV. Je ne sais pas pourquoi la KJV a traduit « dans » pour les deux, bien que je puisse supposer qu’à l’époque, « dans la terre » ait pu signifier la même chose que « sur la terre » aujourd’hui. Je ne sais pas pourquoi ces termes ont été inversés ; peut-être les traducteurs de la KJV ont-ils pensé que l’inversion rendrait la phrase plus harmonieuse, mais rien dans le grec ne justifie cette modification. Bien qu’il s’agisse là d’un cas où la KJV manque de précision, ce n’est pas vraiment une erreur, car le sens reste clair malgré tout.

Je pense que la KJV était une bonne traduction, réalisée par des hommes pieux il y a plus de 400 ans, mais nous disposons aujourd’hui de meilleures traductions.

Q : Dans Mt 6,13, pourquoi devrions-nous prier pour que Dieu ne nous laisse pas tomber dans la tentation, alors que Jc 1,13 dit que Dieu ne tente personne ?

R : Le sens est mieux rendu par la façon dont de nombreux Britanniques formulent cette prière : « sauvez-nous à l’heure du besoin ». Dieu ne nous tente pas, mais Il permet que nous soyons tentés, comme l’a été Jésus, et comme Paul a été tenté de sombrer dans le désespoir dans 2 Corinthiens 1. Dieu nous met à l’épreuve, mais Il ne permet pas que nous soyons tentés au-delà de ce que nous pouvons supporter (1 Corinthiens 10, 13a). Lorsque nous sommes tentés et que nous pensons être sur le point d’atteindre les limites de ce que nous pouvons supporter, nous pouvons prier Dieu, et Il trouvera un moyen de nous en sortir ou de nous fortifier. Voir *When Critics Ask*, p. 334, pour une réponse complémentaire.

Q : Dans Matthieu 6, 14-15, sommes-nous censés pardonner les offenses des autres, ou tous leurs péchés ?

R : Le terme « offenses » désigne ici les péchés ; il n’y a donc aucune différence.

Q : Dans Matthieu 6, 16-18, les chrétiens doivent-ils jeûner ?

R : Oui, le jeûne est un moyen pour les croyants d’exprimer l’intensité de leurs sentiments envers Dieu.

Nous devons jeûner pour adorer Dieu (Actes 13, 2-3) ; pour prier afin d’obtenir de l’aide (Ésaïe 58, 3-9 ; Actes 14, 23 ; Psaume 35, 13 ; Néhémie 1, 4 ; Esther 4, 3, 16 ; 1 Rois 21, 27 ; Esdras 8, 23), ainsi que pour la repentance individuelle et collective (Néhémie 9, 1 ; Daniel 9, 3 ; Joël 1, 14 ; 2, 12-15 ; Jonas 3, 5).

Il ne faut pas jeûner par tradition (Zacharie 7:5) ni pour faire étalage de sa piété (Matthieu 6:16-18).

Suivre un régime pour perdre du poids est tout à fait acceptable, mais cela ne constitue pas un jeûne, car l’objectif principal est différent. Alterner entre des excès alimentaires et le jeûne n’est ni particulièrement sain ni conforme aux Écritures.

Pour plus d’informations, consultez *Now That’s a Good Question*, p. 229-230, *New Dictionary of Christian Ethics and Pastoral Theology*, p. 377-378, et *1001 Bible Questions Answered*, p. 463-464.

Q : Dans Matthieu 6, 19-21, pourquoi les chrétiens possèdent-ils de l’argent et d’autres trésors sur terre ?

R : Donner à Dieu n’est pas facultatif pour les croyants (Malachie 3, 10-12). Nous devons contribuer à l’œuvre du Seigneur (2 Corinthiens 8, 1-8 ; 9, 6-11 ; Proverbes 3, 9-10 ; 11, 24 ; 1 Corinthiens 16, 2 ; Tite 2, 13). Il est important pour nous d’aider les pauvres et d’encourager les autres à faire de même (Proverbes 11, 24-25 ; 14, 21 ; 24, 11-12 ; 28, 22 ; 29, 7 ; 31, 9, 20 ; 2 Corinthiens 9, 6-7).

De nombreux versets de la Bible nous invitent à donner aux pauvres et à autrui : Proverbes 11, 24-25 ; 14, 21 ; 19, 9-10, 17 ; 21, 13 ; 22, 9 ; 24, 11-12 ; 29, 7 ; 31, 9, 20 ; Psaume 41, 1 ; Ésaïe 58, 7-8, 10 ; Jérémie 5, 28 ; 22, 16 ; Matthieu 6, 2-4 ; 19, 21 ; Galates 2, 10 ; Éphésiens 4, 28 ; 1 Timothée 6, 18-19 ; Jacques 1, 27 ; Deutéronome 15, 11 ; Psaume 68, 5 ; Job 29, 12-13 ; 1 Jean 3, 17-19 ; Actes 4, 32-35

Cependant, reconnaissez également que la richesse peut être une bénédiction de Dieu, selon Proverbes 28:20. Pour les chrétiens, il convient de faire ce qui suit.

a) Posséder des biens personnels (2 Timothée 4, 13).

b) Nous devons subvenir aux besoins de notre famille (1 Timothée 5:4, 8 ; Proverbes 31:13-15 ; Marc 7:10-13 ; ~Luc 15:18-30).

c) Subvenir aux besoins de nos ministres (1 Corinthiens 9, 4-12 ; 1 Timothée 5, 18 ; Galates 6, 6)

d) Subvenir à nos propres besoins (Tite 3:14).

e) Payer ses impôts (Matthieu 22, 17 ; Romains 13, 7).

f) Mettez de côté pour l’avenir (Proverbes 6, 6-8 ; 10, 5 ; 31, 16 ; Luc 15, 18-30 ; Tite 3, 14).

g) Laisser un héritage à nos enfants (Proverbes 13:22 ; 17:2 ; 19:14 ; Psaume 17:14).

h) Nous devons prendre soin de nos biens (ce qui nécessite parfois des dépenses supplémentaires) (Proverbes 12:10, 11, 27). Nous devons connaître l’état de notre patrimoine, car il peut être perdu par négligence (Proverbes 27:23-24).

Cependant, il n’est pas convenable d’agir par cupidité ou par peur. Si vous êtes assuré à un point tel que vous pouvez mieux subvenir aux besoins de votre famille après votre mort qu’à votre vie, vos priorités sont faussées. Reportez-vous à l’analyse de Proverbes 3:9 pour une discussion plus approfondie sur les attitudes et les utilisations appropriées et inappropriées de l’argent.

Q : Matthieu 6, 22 peut-il faire référence à une sorte de « troisième œil » spirituel, comme l’affirment certains adeptes du New Age ?

R : Aucun chrétien des premiers temps, ni aucun chrétien moderne d’ailleurs, n’a jamais interprété ce passage de cette manière. Si c’était là le sens véritable, comme certains le prétendent, alors Dieu n’aurait pas réussi à communiquer d’une manière compréhensible pour tout chrétien. Lorsque nous interprétons un passage, nous ne devons pas nous demander : « Puis-je lui donner tel ou tel sens ? », mais plutôt : « Qu’est-ce que Dieu a voulu nous communiquer ? » Beaucoup de gens adoptent la première approche, car il existe des péchés de l’intellect tout comme il existe des péchés de la volonté et du cœur. Voir *When Cultists Ask*, p. 101, pour une réponse complémentaire.

Q : Dans Mt 6, 24, que dit Matthieu au sujet de Dieu et de l’argent ?

R : Il est ici question de maîtres. Dieu, en tant que maître, exige de nous un dévouement et une obéissance absolus. La course à l'argent exige elle aussi un dévouement total.

Pour plus d’informations, consultez The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 178-179, le New International Bible Commentary, p. 1128, et The Bible Knowledge Commentary : New Testament, p. 33.

Q : Dans Matthieu 6, 25-26, pourquoi pensez-vous que Dieu nous dit de ne pas nous inquiéter pour notre vie ?

R : Ces versets ne nous disent pas de ne jamais penser à notre vie, ni de ne pas faire de projets, mais de ne pas nous en inquiéter. Les oiseaux travaillent en réalité très dur : ils construisent des nids, s’occupent de leurs petits, etc., et pourtant ils ne s’en inquiètent pas.

Q : Dans Matthieu 6, 26, puisque le fait que Dieu veille sur les oiseaux est un exemple de sa sollicitude, quelle aide pouvons-nous attendre de sa part ?

R : Ce verset ne signifie pas « ne pensez jamais à », mais plutôt « ne vous inquiétez pas à propos de ». Dieu pourvoit aux besoins des oiseaux du ciel alors même qu’ils participent activement à la recherche de leur nourriture. Voici cinq points à prendre en compte dans cette réponse.

1. Rien ne se produit sans que Dieu ne le permette (Job 1, 12 ; 2, 6).

2. Nous connaîtrons des épreuves (2 Timothée 3:12 ; Jacques 1:2 ; Jean 16:33 et suivants), mais Dieu nous fortifiera et nous réconfortera dans nos épreuves (2 Corinthiens 1:4-5).

3. Dieu ne permet pas que les croyants soient tentés au-delà de ce qu’ils peuvent supporter (1 Corinthiens 10, 13).

4. Certains croyants subiront la persécution, et certains iront même jusqu’à la mort (1 Pierre 1, 6).

5. La mort de ses saints est précieuse aux yeux du Seigneur (Psaume 116, 15). Même si nous mourons d’une mort injuste et douloureuse, Dieu continuera de prendre soin de nous au ciel, et nos souffrances actuelles ne sont rien comparées aux joies du ciel (voir 1 Corinthiens 2, 9)

Pour plus d’informations, consultez The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 179 ; The Tony Evans Bible Commentary, p. 876 ; et le Believer’s Bible Commentary, p. 1226-1227.

Q : Dans Matthieu 6, 33, que dit Jésus ici ?

R : Jésus ne dit pas qu’ils n’ont pas également recherché d’autres bonnes choses. Mais Jésus dit de rechercher d’abord le Royaume de Dieu. Comme l’indique *The Tony Evans Bible Commentary*, p. 867, au baseball, vous pouvez toucher la deuxième base, la troisième base et le marbre sans être touché, mais si vous manquez la première base, peu importe : vous êtes éliminé.

Q : Matthieu 6, 33 enseigne-t-il que nous devrions faire de notre prétendue divinité intérieure une priorité absolue, comme l’affirment certains adeptes du New Age ?

R : Non, nous ne possédons pas de divinité intérieure. Nous sommes créés à l’image de Dieu, et les croyants (hommes et femmes) sont des fils de Dieu, mais nous n’avons pas de divinité qui nous soit propre. Ce verset ne dit rien de notre divinité, ni de quoi que ce soit d’autre qui nous appartienne. Au contraire, il nous enseigne à rechercher Son royaume et Sa justice. Il n’y a d’autre Dieu que l’Unique, comme vous le dirait tout monothéiste juif, et Jésus, qui était juif, a affirmé qu’il n’y avait qu’un seul vrai Dieu, dont nous devons obéir aux paroles. Nous devons nous soumettre aux Écritures, plutôt que de les déformer pour les plier à nos opinions. Voir *When Cultists Ask*, p. 101-102, pour une réponse plus détaillée.

Q : Dans Mt 7,1-2, Lc 6,37 et Jn 7,24, comment ne devons-nous pas juger les autres, alors qu’il nous est demandé de juger dans Jn 7,24, 1 Co 5,12 et 1 Co 6,2-5 ?

R : La Bible approuve le fait de juger les actes, mais pas celui de porter un jugement sur les personnes. 1 Corinthiens 6, 5 utilise un mot grec différent, diakrinai, de celui employé dans les autres passages pour désigner le jugement. Il fait référence à un arbitre chrétien prononçant un jugement sur une affaire civile entre chrétiens.

Le mot grec utilisé dans les autres passages, krinete, a plusieurs sens. Matthieu 7, 1-2 et Luc 6, 37 indiquent que nous ne devons pas juger les autres (il n’est pas question de ne pas juger les choses ou les actions). En d’autres termes, nous ne devons pas juger de la valeur des autres, ni évaluer à quel point ils sont de bons chrétiens, ni à quel point ils sont de mauvais pécheurs. Laissez Dieu s’en charger ; nous n’avons pas à juger. Mais si nous devons d’abord retirer la poutre de notre propre œil avant d’essayer d’ôter la paille de l’œil de notre frère, nous devons néanmoins essayer d’ôter la paille de l’œil de notre frère. Il y a ici deux aspects. Le premier est l’hypocrisie qui consiste à se préoccuper davantage de la paille dans l’œil de votre frère que de la poutre dans le vôtre. Le second est que vous ne pouvez pas voir suffisamment bien la paille pour l’enlever si vous avez une poutre dans l’œil. Bien que Jésus ait utilisé une hyperbole, il est tout de même étonnant de constater, dans la vie réelle, à quel point les gens peuvent voir un défaut chez autrui tout en étant totalement aveugles au même défaut chez eux-mêmes.

Jean 7:24 utilise également le mot krinete en disant : « Cessez de juger selon les apparences extérieures, et commencez à juger avec justice. » (BSB)

Il est irresponsable de dire aux autres que Matthieu 7:1 enseigne à renoncer à tout jugement, au risque de désobéir au reste de Matthieu 7. Nous devons reconnaître les chiens et les porcs (Matthieu 7:6) et nous devons être des inspecteurs des fruits, comme le précise Matthieu 7:16-20.

En ce qui concerne le meurtre d’autrui, l’Holocauste, les personnes ayant des relations sexuelles avec des animaux et des enfants, etc., certaines personnes pourraient dire que nous ne devrions pas imposer de morale, ou, en substance, ne pas juger de ce qui est bien ou mal. Ce n’est pas ce qu’enseigne la Bible.

Voir *Now That’s a Good Question*, p. 163-164, *Today’s Handbook for Solving Bible Difficulties*, p. 369-371, *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 33, *The New International Bible Commentary*, p. 1129, *The Believer’s Bible Commentary*, p. 1227-1228, *The Evangelical Commentary on the Bible*, p. 730-731, et *The New Geneva Study Bible*, p. 1515, pour des réponses complémentaires.

Q : Dans Matthieu 7, 1-5, les chrétiens ne doivent-ils pas juger, ou doivent-ils juger comme le dit 1 Corinthiens 6, 2-5 ?

R : Nous ne devons pas juger les autres, y compris leur valeur, mais nous devons discerner les bonnes et les mauvaises actions, comme l’enseigne 1 Corinthiens 6, 2-5. Bien que certains mots soient identiques en grec (dérivés de krino), le contexte est différent.

Q : Dans Matthieu 7, 6, que voulait dire Jésus par « ne jetez pas vos perles aux cochons » ?

R : Ne donnez pas ce qui est précieux à ceux qui ne l’apprécient pas et qui pourraient s’en servir pour se retourner contre vous et vous attaquer. Ce concept consistant à ne pas jeter de perles se retrouve dans Proverbes 9, 7-9, où il nous est demandé de ne pas chercher à corriger un moqueur ou un homme méchant. Jésus n’a pas accompli beaucoup de miracles devant des personnes incrédules. De plus, il vaut mieux qu’une personne ignore la voie de la vérité plutôt que de la connaître et de lui tourner le dos, comme le dit 2 Pierre 2, 20-22.

Examinons l’éventail des interprétations possibles, puis affinons-le afin de déterminer le ou les meilleurs choix quant au sens voulu.

« Jeter » pourrait signifier :

C1. « Ne jetez pas » pourrait signifier « ne forcez pas ».

C2. Ne harcelez pas.

C3. Ne faites aucun effort pour enseigner.

C4. Veillez tout particulièrement à ne jamais le dire.

Ici, le verbe « jeter » est à la forme active ; Jésus ne voulait donc pas dire de cacher vos perles, de cacher que vous êtes chrétien, ni de ne laisser aucune perle par terre. Il ne s’agit donc pas de C4.

« Perles » pourrait signifier :

P1. L’enseignement divin

P2. Le message de l’Évangile

P3. Tout ce qui a de la valeur, des privilèges particuliers ou la participation à des choses sacrées. L’ouvrage *Hard Sayings of the Bible* (p. 370-371) défend ce point de vue.

P4. Cela pourrait également signifier que, lorsque l’Église est persécutée, il ne faut pas exposer d’autres chrétiens en donnant leurs noms à n’importe qui.

Jésus dispensait ouvertement un enseignement moral ; cela ne correspond donc probablement pas à P1.

« Devant les porcs » pourrait signifier :

S1. Ceux qui n’apprécient pas ces choses (« Hard Sayings of the Bible », p. 370-371).

S2. Ceux qui ne sont pas prêts à apprendre (The NIV Study Bible)

S3. Les non-croyants qui ne souhaitent pas activement apprendre.

S4. Les non-croyants qui refusent d’apprendre

S5. Les païens (selon l’ouvrage sceptique *Asimov’s Guide to the Bible*, p. 833-835). Cependant, Matthieu mentionne des non-Juifs qui croyaient ; cela ne fait donc pas référence aux païens en général.

Le terme « porcs » était péjoratif ; il est donc très probable que le sens visé inclue ceux qui refusent d’apprendre.

Ainsi, le meilleur choix pourrait être C1 + C2 + C3, ainsi que P2 + P3, et S1 + S2 + S3 + S4.

Voir *Hard Sayings of the Bible*, p. 370-371, et *Now That’s a Good Question*, p. 585-586, pour des réponses complémentaires.

Q : Dans Matthieu 7, 7-11, pourquoi les gens n’obtiennent-ils pas tout ce qu’ils veulent ?

R : Dieu est bien plus qu’un simple Père Noël cosmique. Les gens n’obtiennent pas toujours ce qu’ils veulent, et ce pour au moins cinq raisons.

1. Les gens ne le demandent pas (Jacques 4, 2)

2. Il faut prier Dieu, et non un autre. (~Deutéronome 5, 6-7)

3. Il faut prier dans l’Esprit et au nom de Jésus (Colossiens 3, 17 ; Jean 14, 13-14 ; 15, 16 ; 16, 26).

4. Dieu n’écoute pas les méchants (Proverbes 15:29 ; 1 Pierre 3:12 ; Ésaïe 1:15 ; Jérémie 11:14 ; 14:12 ; Michée 3:4).

5. Ils combattent le peuple de Dieu (Psaume 18, 41 ; 1 Samuel 22, 16-17 ; 28, 6).

Voir également la réponse à la question suivante.

Q : Puisque Matthieu 7:7-8 dit que celui qui demande reçoit et que celui qui cherche trouve, pourquoi, dans Amos 8:12, cherchent-ils la parole de l’Éternel sans la trouver ?

R : Commençons par ce qui n’est pas la réponse, puis passons à la réponse.

Ce qui n’est pas la réponse : Jésus a prononcé ces paroles plusieurs siècles après Amos, et la situation à l’époque du Nouveau Testament était différente de celle d’auparavant. De plus, il y a eu une période de silence de 400 ans, durant laquelle aucune Écriture n’a été donnée, juste avant la venue de Jésus. Enfin, la connaissance que Jésus nous a transmise n’était pas accessible, même aux personnes pieuses qui vivaient avant Jésus. Mais bien que ces trois affirmations soient toutes vraies, elles passent à côté de la vérité intemporelle et de l’avertissement qui constituent le point essentiel d’Amos 8, 12-14.

La réponse : il y a deux niveaux de réponse.

Plus précisément, Amos 8, 12-14 faisait référence à ceux (principalement des Samaritains) qui, dans le pays [d’Israël], suivaient à la fois les idoles du royaume du Nord et Dieu. Tant qu’ils tenteraient de suivre les deux, ils ne trouveraient pas la parole de Dieu.

D’une manière générale, Amos 8, 12-14 est un avertissement destiné à tous les hommes. Matthieu 7, 7-8 ne signifie pas qu’il faille demander à n’importe qui ; cela signifie que vous devez vous adresser au seul vrai Dieu. Si vous souhaitez mêler la vérité de Dieu au mensonge des idoles et des autres religions, vous connaîtrez une famine de vérité, et non l’épanouissement de la vérité. Vous devez rechercher Dieu de tout votre cœur, et non pas d’une partie de votre cœur rechercher Dieu et d’une autre partie rechercher des idoles.

Q : Dans Matthieu 7, 7-11, pourquoi les chrétiens n’obtiennent-ils pas toujours ce pour quoi ils prient Dieu au nom de Jésus ?

R : Dieu répond à certaines prières par « oui », à d’autres par « non », et à d’autres encore par « attendez ». Lorsqu’il n’y a pas de réponse, ou que la réponse n’est pas celle que nous souhaitons, il est bon de se demander pourquoi. Nous ne pouvons pas connaître chaque cas particulier, mais en général, il existe au moins 21 raisons liées à nous-mêmes, aux circonstances et à Dieu.

Nous :

1. Nous prions le mauvais Dieu, une idole. 1 Rois 18, 26-29

2. Les demandes ne doivent pas servir à assouvir nos passions. Jacques 4, 3

3. Les demandes doivent porter sur de bonnes choses. Matthieu 7:11

4. Ce n’est pas la volonté de Dieu que ces choses se réalisent. Marc 14, 36

5. Nous devons attendre. Daniel 10, 12-14

6. Nos prières ne sont que de vaines répétitions. Matthieu 6, 7

7. Pourtant, nous devons persévérer [avec détermination]. Luc 11, 5-10 ; 18, 1-7

8. Nous chérissons le péché dans nos cœurs (Psaumes 66, 18-19), nous faisons la sourde oreille aux pauvres (Proverbes 21, 13) ou nous sommes méchants (Proverbes 15, 29 ; Ésaïe 59, 1-3). Dieu ne nous écoute pas lorsque nous choisissons de ne pas l’écouter (Zacharie 7, 11-14 et sous-entendu dans Proverbes 28, 9).

9. Nous avons besoin de maîtrise de soi. 1 Pierre 4, 7

10. Nous avons péché, notamment en commettant le divorce. Malachie 2:13-14

11. Nous ignorons Dieu et sa loi. Zacharie 7:13 ; Proverbes 28:9

12. Nous ignorons le cri des pauvres. Proverbes 21:13

13. Nous manquons de considération envers nos épouses. 1 Pierre 3:7

14. Dieu n’écoutera pas s’ils continuent également à adorer des idoles. Ézéchiel 8:8-18

15. Leurs mains sont couvertes de sang. Ésaïe 1, 15

16. Dieu sait quelles épreuves sont les meilleures. 2 Corinthiens 12, 7-9

17. Dieu nous corrige. 2 Samuel 12, 16-18 ; 22-24

Circonstances :

1. En son temps, Dieu exaucera peut-être la prière, mais le moment n’est pas encore venu. Habacuc 2:3

2. Il se peut que nous devions changer d’une manière ou d’une autre, ou que quelqu’un d’autre doive changer. 1 Samuel 1:10-12 ; Exode 2:23-24

Dieu :

1. Il se peut que Dieu réponde à votre prière par un « non »

2. Dieu pourrait nous permettre de passer par une épreuve.

Parfois, comme le montrent le livre de Job et Daniel 10, 2-3, 12-14, nous n’avons absolument aucune idée de tout ce qui se passe en coulisses. Mais nous savons que notre patience et notre persévérance glorifient Dieu.

Q : Dans Matthieu 7:12a, quels sont les exemples de la règle d’or ?

R : Remarquez qu’il n’est pas question ici de « frères », c’est-à-dire de frères dans la foi, mais de voisins, qu’ils soient croyants ou non. Dans le monde des affaires, traitez vos fournisseurs, vos clients, vos collègues, vos supérieurs et vos subordonnés comme vous aimeriez et vous attendriez à être traité si les rôles étaient inversés. Quant à vos concurrents, vous pouvez vous montrer un concurrent redoutable, tout en restant juste et honorable. Une fois qu’une situation, une vente ou une transaction est conclue, seriez-vous à l’aise de dire à votre interlocuteur que vous êtes chrétien, ou bien seriez-vous gêné et honteux de le lui avouer ?

La règle d’or avait déjà été énoncée, sous une forme négative, par Hillel cent ans auparavant, par Philon d’Alexandrie, dans Tobit 4, 15, ainsi que par Confucius (Legge, Chinese Classics, vol. 1, p. 191 et suivantes).

Pour plus d’informations, consultez le New International Bible Commentary, p. 1129, le Believer’s Bible Commentary, p. 1229, l’Evangelical Commentary on the Bible, p. 731, et The Expositor’s Greek Testament, vol. 1, p. 131-132.

Q : Dans Matthieu 7, 13-14, pourquoi pensez-vous que la porte qui mène à la perdition est large, et celle qui mène à la vie éternelle étroite ?

R : Les deux portes mènent à des destinations différentes. Satan conduit le monde sur une voie qui, en fin de compte, n’est que source d’égoïsme et de destruction. Mais Dieu propose une voie différente, et nous devons choisir entre suivre la foule ou suivre Dieu.

Pour plus d’informations, consultez *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 34, *The Believer’s Bible Commentary*, p. 1229, et Ulrich Luz, *Matthew 1-7 : A Commentary*, p. 435.

Q : Matthieu 7, 20 nous indique-t-il comment déterminer quel groupe religieux correspond à la vraie religion ?

R : Oui et non. Dans chaque religion, il y a des personnes qui prétendent en faire partie, mais qui ne suivent pas ses enseignements. Il existe de nombreux « chrétiens de culture », « musulmans de culture », « hindous de culture », etc. Ce passage précise qu’il s’adresse à des individus, en particulier aux faux docteurs. Ce verset s’applique donc aux fondateurs d’une secte ou d’une religion. Voir *When Cultists Ask*, p. 103, pour une réponse différente.

Q : Dans Matthieu 7, 21-23, comment certains peuvent-ils se croire sauvés et pourtant finir en enfer ?

R : Il existe un concept important appelé « conversion factice ». Les gens peuvent non seulement tromper les autres, mais aussi se tromper eux-mêmes. Rien ici n’indique qu’ils aient adhéré à des enseignements hérétiques. Mais si le fruit de leur foi et de leur vie ne correspond pas à ce qu’enseigne le Nouveau Testament, alors ils devraient examiner leur propre foi, comme Paul le recommande dans 2 Corinthiens 13, 6. Pour plus d’informations, consultez le « Tony Evans Bible Commentary », p. 878 ; le « New International Bible Commentary », p. 1129 ; le « Believer’s Bible Commentary », p. 1229-1230 ; le « Bible Knowledge Commentary : New Testament », p. 34 ; et Ulrich Luz, « Matthieu 1-7 : A Commentary », p. 442.

Q : Comment le passage de Matthieu 7, 24-29 s’applique-t-il à nos vies ?

R : Tony Evans donne l’exemple d’une fissure dans son mur qu’il a réparée à maintes reprises, mais qui réapparaissait toujours. Le problème ne venait pas du mur ; non, c’était plus grave. Le problème venait des fondations. S’il y a une fissure dans votre vie, sur le plan spirituel, qui ne cesse de réapparaître, ne considérez peut-être pas cette fissure comme la cause profonde. La cause profonde pourrait être un problème au niveau des fondations. Techniquement, cette parabole ne porte pas sur deux fondations ; elle traite plutôt de l’endroit où bâtir votre fondation. Voir *The Tony Evans Bible Commentary*, p. 878 ; *The Believer’s Bible Commentary*, p. 1230 ; *The Expositor’s Greek New Testament*, p. 135-136 ; et *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 34, 36 pour plus d’informations.

Q : Matthieu 7, 24-29 montre-t-il que seuls ceux qui reconnaissent leur prétendue « divinité intérieure » peuvent résister aux tempêtes de la vie, comme l’affirment Spangler et certains autres adeptes du New Age ?

R : Non, voir la réponse concernant Matthieu 6, 33. Ce passage ne fait aucune mention de notre divinité ; ce sont les adeptes du New Age qui y voient ce qu’ils veulent y voir. La question est plutôt de savoir si notre vie (notre maison) est bâtie sur le fondement de Dieu ou sur le sable. Voir *When Cultists Ask*, p. 103, pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 8:2, pourquoi le lépreux a-t-il formulé sa question de cette manière ?

R : Le lépreux doutait de la capacité de Jésus à le purifier. Il n’était pas certain de la volonté de Jésus de le purifier.

La lèpre est également une bonne métaphore du péché. Elle a un aspect répugnant, se propage sur la personne, est contagieuse pour les autres et était, d’un point de vue humain, incurable.

Pour plus d’informations, consultez le « Believer’s Bible Commentary », p. 1231.

Q : Dans Matthieu 8:4, pourquoi le lépreux devait-il offrir un sacrifice en témoignage aux prêtres ?

R : Cela devait servir de témoignage pour montrer aux prêtres qu’il avait été miraculeusement purifié, et c’était également un témoignage pour les prêtres que Jésus respectait toujours la loi. Probablement très peu de lépreux se rendaient chez le prêtre pour demander à être examinés, puisqu’ils étaient désormais guéris. Le prêtre, s’il avait été vigilant, aurait pu enquêter pour savoir qui était ce guérisseur ; cependant, rien n’indique que le prêtre ait approfondi la question. C’est peut-être la raison pour laquelle Jésus a « mis le prêtre à l’épreuve » en lui demandant d’être le premier à examiner cet homme.

Une autre raison était que Jésus souhaitait pour cet homme non seulement la guérison physique, mais aussi sa réintégration dans la société. Si le prêtre avait appris par ouï-dire que cet homme était « pur » bien qu’il ne se fût pas présenté devant lui comme le prescrivait la loi mosaïque, il aurait pu, par dépit, refuser de le déclarer pur.

Plus tard, certains pharisiens se convertirent au christianisme, selon Actes 15, 5. Malgré leurs nombreux défauts, bon nombre de pharisiens possédaient encore la vertu de prendre au sérieux la parole de Dieu et de croire en ce qu’Il disait au sujet de la résurrection et de la vie après la mort.

Pour plus d’informations, consultez le « Believer’s Bible Commentary », p. 1231, « The Expositor’s Greek Testament », vol. 1, p. 138, et « The Bible Knowledge Commentary : New Testament », p. 36-37.

Q : Dans Matthieu 8, 5-13, le centurion s’est-il présenté lui-même devant Jésus, ou a-t-il envoyé d’autres personnes, comme le rapporte Luc 7, 1-10 ?

R : Il y a deux réponses possibles.

1) Le centurion a envoyé des messagers avant de venir lui-même.

2) Lorsque le centurion « est venu », cela ne signifie pas nécessairement qu’il soit venu en personne. Par exemple, lorsque Jean 19, 1 dit que Pilate a fait fouetter Jésus, cela ne signifie pas que Pilate l’ait fait de ses propres mains.

Pour plus d’informations, consultez *Difficultés bibliques et contradictions apparentes*, p. 174-175, et *Quand les critiques posent des questions*, p. 334.

Q : Dans Matthieu 8:10 et Luc 7:9, pourquoi Jésus s’est-il émerveillé devant le centurion ?

R : Jésus s’est émerveillé devant le contraste qu’Il a observé. Le centurion n’était pas juif et n’avait pas été élevé dans la Loi toute sa vie, pourtant il avait plus de foi que de nombreux Juifs. Le centurion pensait que Jésus pouvait commander à la maladie de la même manière qu’il commandait à ses soldats. Avoir la foi ne dépend pas simplement de votre environnement et de votre éducation. Le centurion a peut-être déclaré qu’il n’en était pas digne, soit en raison des coutumes juives, soit, plus probablement, parce qu’il reconnaissait la puissance et l’autorité de Jésus. Le centurion avait peut-être connaissance de la guérison antérieure mentionnée en Jean 4, 46-54, ce qui lui a donné l’espoir et le courage de s’approcher de Jésus.

Pour plus d’informations, consultez le « Commentaire évangélique sur la Bible », p. 731-732, « The Expositor’s Greek Testament », vol. 1, p. 139, le « New International Commentary on the Bible », p. 1130, et le « Tony Evans Bible Commentary », p. 878-879.

Q : Dans Matthieu 8, 12, s’agit-il d’un châtiment temporaire ou d’un châtiment éternel ?

R : Le verset lui-même ne le précise pas. Cependant, l’expression « pleurs et grincements de dents » fait référence ailleurs non seulement à l’agonie, mais aussi à l’honneur, aux privilèges et à la joie perdus à jamais ; il s’agit donc très probablement d’un châtiment éternel.

Q : Dans Mt 8, 12 ; 22, 13 ; 25, 30, l’enfer est-il un lieu de ténèbres, ou un lieu de feu comme dans Ap 20, 14 ; Mc 9, 48 ?

R : Les deux. D’abord une réponse brève, puis une réponse plus détaillée.

Réponse brève : Ce feu n’est pas un simple feu terrestre, et Dieu peut le créer comme Il le souhaite. Dieu nous décrit quelque chose que nous n’avons jamais vu sur terre, et bien que nous ne sachions pas dans quelle mesure le feu terrestre est similaire ou différent du feu de l’enfer, il est suffisamment similaire pour que Dieu l’utilise comme métaphore descriptive.

Réponse détaillée : D’un point de vue scientifique, le feu est lumineux car il émet des photons de lumière dans le spectre visible (du rouge au violet). On le ressent comme chaud car il nous irradie également avec des photons de lumière dans d’autres parties du spectre, principalement dans l’infrarouge, tandis que la lumière du soleil traversant l’atmosphère contient davantage de rayons ultraviolets. Comment décririez-vous quelque chose qui n’émettrait principalement que des rayons X ou des rayons gamma ? Cela pourrait carboniser quelque chose beaucoup plus rapidement, mais cela paraîtrait sombre à l’œil nu. Si l’on fait abstraction des photons, une étoile à neutrons émettrait la majeure partie de son énergie sous forme de neutrons, comme le fait une bombe atomique, mais elle serait sombre s’il y avait peu de photons. Or, nous ne savons pas si l’enfer est brûlant à cause des photons, des neutrons ou de quelque chose d’entièrement différent, mais ces observations terrestres montrent simplement qu’il existe de nombreuses possibilités quant à ce à quoi pourraient ressembler les ténèbres et le feu de l’enfer.

Voir *When Cultists Ask*, p. 104-105, et *When Critics Ask*, p. 335, pour d’autres réponses.

Q : Dans Mt 8, 13, quelle est la signification de la formulation employée ici par Jésus ?

R : Il n’est pas rapporté que Jésus ait dit cela à qui que ce soit d’autre. Le centurion avait une foi si grande que Jésus a dit ces mots et que sa fille a été guérie.

Q : Dans Mt 8, 14 et 1 Co 9, 5, le fait que Pierre ait été marié contredit-il la pratique catholique selon laquelle les prêtres ne peuvent pas se marier ?

R : En tant que protestant, je dirais que ce verset en particulier ne prouve ni ne réfute ce point. Pierre était marié avant de devenir disciple. De la même manière, il y a eu au XXe siècle des prêtres épiscopaliens mariés qui se sont convertis au catholicisme, et l’Église catholique leur a permis de rester prêtres catholiques mariés et de poursuivre leur vie conjugale comme auparavant.

Q : Dans Matthieu 8, 15, qu’y a-t-il d’intéressant dans la guérison de la fièvre mentionnée ici ?

R : Habituellement, lorsqu’une personne se remet d’une fièvre, elle est affaiblie et a besoin de temps pour se rétablir. Il n’était pas rare d’être malade à cause de la fièvre, due au paludisme. La belle-mère de Pierre n’a pas eu besoin du moindre temps de convalescence avant de commencer à les servir.

Pour plus d’informations, consultez *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 37 ; *The Believer’s Bible Commentary*, p. 1232 ; *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 204 ; *The Expositor’s Greek Testament*, vol. 1, p. 140-141 ; et *The New International Bible Commentary*, p. 1158-1159.

Q : Dans Matthieu 8:17, Ésaïe 53:4 fait-il référence à la souffrance endurée pour nous, ou à notre guérison ?

R : Ésaïe 53, 4 pourrait faire référence aux deux.

Le Messie sera meurtri : comme le montre Ésaïe 53, 5, ce passage fait référence au Messie (le Serviteur souffrant) qui souffre pour nous. De même, Ésaïe 53, 6 dit que l’Éternel a fait porter au Serviteur souffrant nos iniquités.

Le peuple de Dieu sera guéri. Ésaïe 53:5, tout comme 53:4, montre que l’un des bienfaits du Messie sera notre guérison. Rien dans Ésaïe 53 ne précise qu’il s’agit uniquement d’une guérison spirituelle ou d’une guérison physique. Il est certain que Dieu a utilisé les exemples de guérison physique pour renvoyer, au-delà d’eux-mêmes, à l’importance plus grande de la guérison spirituelle rendue possible par la croix.

Veuillez vous reporter à The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 204-206, pour une analyse plus approfondie.

Q : Dans Matthieu 8:20 et ailleurs, Jésus pourrait-il faire référence à quelqu’un d’autre que lui-même lorsqu’il dit : « Fils de l’homme » ?

R : Non, Marc 14, 41b montre que Jésus parlait de lui-même. Au jardin de Gethsémani, juste avant son arrestation, Jésus dit dans Marc 14, 41b : « Dormez-vous encore et vous reposez-vous ? Cela suffit ! L’heure est venue. Voici que le Fils de l’homme est livré entre les mains des pécheurs. Levez-vous, partons. Voici que celui qui me trahit s’approche ! » (BSB). Voir The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 209-213 pour une analyse approfondie du terme « Fils de l’homme ».

Q : Dans Matthieu 8, 20 et ailleurs, pourquoi Jésus se désigne-t-il souvent comme le Fils de l’homme ?

R : Trois points sont à prendre en compte dans la réponse.

1) Jésus accordait une grande importance à ce terme. Il a utilisé cette expression 32 fois dans Matthieu, 14 fois dans Marc, 26 fois dans Luc et 12 fois dans Jean.

2) Alors que le titre de « Fils de Dieu » est utilisé pour souligner la divinité de Jésus, celui de « Fils de l’Homme » met également l’accent sur sa pleine humanité. Mais tout comme le titre de « Fils de l’Homme » implique la pleine humanité de Jésus, celui de « Fils de Dieu » souligne sa pleine divinité.

3) Daniel 7, 13-14 parle de manière prophétique du Fils de l’Homme. Jésus souhaitait sans doute qu’ils retournent lire ce passage. On y lit : « Dans ma vision nocturne, je continuais à regarder, et je vis quelqu’un qui ressemblait au Fils de l’Homme venir avec les nuages du ciel. Il s’approcha de l’Ancien des Jours et fut conduit en sa présence. Et on lui donna la domination, la gloire et la royauté, afin que tous les peuples, de toutes les nations et de toutes les langues, le servent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son royaume est un royaume qui ne sera jamais détruit. » (BSB)

Pour des réponses plus détaillées, consultez l’Encyclopédie des difficultés bibliques, p. 322-324, Quand les critiques posent des questions, p. 335-336, Quand les adeptes de sectes posent des questions, p. 105-106, ainsi que le Nouveau Commentaire international sur la Bible, p. 1130-1131.

Q : Dans Matthieu 8, 21-22, pourquoi Jésus a-t-il dit à cet homme de laisser les morts enterrer leurs propres morts ?

R : Jésus voulait dire qu’il y avait autour de lui de nombreuses personnes spirituellement mortes pour enterrer les morts, et qu’il ne fallait pas s’attacher à des choses sans importance éternelle. Le problème venait de la demande de cet homme : « Seigneur, laisse-moi d’abord… ».

Rien n’indique que le père de cet homme fût déjà décédé. Il se peut que cet homme ait voulu dire : « Attendez que mon père âgé meure, et peut-être jusqu’à ce qu’il reçoive l’héritage, puis je vous suivrai. » Ainsi, cet homme souhaitait suivre Jésus, mais il voulait le faire selon son propre calendrier. Jésus lui a opposé un refus. À l’opposé, lorsque Matthieu, l’auteur de l’Évangile, a été invité à suivre Jésus, il est parti immédiatement et l’a suivi (Matthieu 9, 9).

Pour des réponses plus détaillées, consultez l’Encyclopédie des difficultés bibliques, p. 324 ; When Critics Ask, p. 336 ; le Commentaire biblique du croyant, p. 1232-1333 ; le Commentaire biblique : Nouveau Testament, p. 38 ; le Nouveau commentaire international sur la Bible, p. 1130 ; et le Commentaire biblique de Tony Evans, p. 879.

Q : Dans Matthieu 8, 24-25, comment Jésus a-t-il pu dormir pendant cette violente tempête ?

R : Le mot grec utilisé ici, « seismos », peut désigner un tremblement de terre, mais dans ce contexte, il fait référence à une violente « agitation » de la mer. Jésus avait vaincu les maladies humaines et Il ne craignait pas non plus les éléments naturels. Il existe deux possibilités.

Naturelle : Jésus était fatigué après avoir prêché et dormait d’un sommeil très profond. À l’époque, il n’y avait ni microphones ni systèmes de sonorisation ; un orateur devait donc parler très fort. Rappelez-vous également que Jésus n’éprouvait aucune inquiétude quant à la traversée vers l’autre rive. Si Jésus pouvait normalement dormir dans une petite barque, alors il dort tout simplement même lorsque les vagues sont plus hautes et que le vent souffle plus fort.

Surnaturelle : si la tempête était si violente que personne ne pouvait dormir malgré elle, alors peut-être le Père a-t-il plongé Jésus dans un sommeil très profond afin de mettre à l’épreuve la foi des disciples en la protection de Dieu envers Jésus.

Pour plus d’informations, consultez le « Evangelical Bible Commentary », p. 732, et « The Expositor’s Greek Testament », vol. 1, p. 143.

Q : Dans Matthieu 8, 24-27, que pouvons-nous retenir de ce passage pour notre vie ?

R : Chacun traverse des tempêtes, certaines si violentes qu’elles pourraient faire chavirer notre barque. Cependant, la façon dont Jésus perçoit la tempête et celle dont nous la percevons peuvent être radicalement différentes. Les disciples étaient des pêcheurs, et ils savaient que des pêcheurs pouvaient mourir dans des tempêtes comme celle-ci. Comme le dit Matthew Henry, Jésus ne les a pas réprimandés pour l’avoir réveillé afin de lui demander de l’aide, mais plutôt pour leurs craintes et leur manque de foi. Les disciples ne se rendaient pas compte qu’ils n’avaient aucune raison de craindre que leur barque coule, puisque Jésus s’y trouvait. Les disciples avaient la foi, mais ils n’avaient pas une foi sur laquelle ils pouvaient compter. La tempête était véritablement violente, mais ce qu’il fallait faire, c’était demander à Jésus de l’apaiser. Nous pouvons traverser dans notre vie des tempêtes qui non seulement semblent violentes, mais qui le sont réellement. Nous devons demander à Jésus d’apaiser la tempête.

Jésus a adressé ici deux réprimandes : l’une au vent et aux vagues, et l’autre aux disciples pour leur manque de foi. C’est comme s’ils ne se rendaient pas pleinement compte, ou ne se souvenaient pas vraiment, de qui se trouvait dans la barque avec eux. Peut-être devons-nous nous repentir lorsque nous oublions qui est avec nous dans la barque de notre vie. L’un des aspects positifs des épreuves de notre vie est qu’elles nous permettent de mieux comprendre qui est Jésus.

Enfin, lorsque le vent s’est calmé, l’eau est restée très agitée pendant un certain temps. Mais les disciples étaient stupéfaits, car Matthieu 8:26 précise que non seulement le vent, mais aussi les vagues s’étaient apaisés. Un bateau ne serait pas en sécurité tant que les vagues ne seraient pas apaisées ; c’est pourquoi Dieu a également apaisé les vagues.

Pour plus d’informations, consultez *The Bible Knowledge Commentary : New Testament*, p. 38-39 ; *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 215 ; *The Believer’s Bible Commentary*, p. 1233 ; et *The Tony Evans Bible Commentary*, p. 880.

Q : Dans Matthieu 8:28, y avait-il deux hommes possédés par des démons dans le pays des Gérgéséniens, ou un seul selon Marc 5:1-4 et Luc 8:26-33 ?

R : Bien qu’il puisse s’agir de deux événements distincts, il est plus probable qu’il s’agisse du même événement et qu’il y ait eu une erreur de transcription dans Matthieu. Papias, un disciple de l’apôtre Jean, a écrit que Matthieu avait à l’origine rédigé son Évangile en hébreu/araméen. L’ouvrage *When Critics Ask*, p. 337, ajoute que « s’il y avait deux hommes, alors les deux récits sont corrects, car il existe une loi mathématique très fondamentale… : partout où il y en a deux, il y en a toujours un. Il n’y a aucune exception ! » Nous serions confrontés à un problème si Marc et Luc avaient dit qu’il n’y avait qu’un seul homme, mais le mot « seulement » n’y figure pas.

Q : Dans Mt 8, 28, quelle ville se trouvait exactement près de l’homme possédé par un démon ?

R : Il s’agirait soit de Gadara, soit de Gerasa. La difficulté réside dans le fait qu’il existait trois villes aux noms assez similaires. De plus, s’il s’agit d’une transcription à partir de l’hébreu, les lettres hébraïques correspondant au « r » et au « d » sont très proches.

Gergésène (de Gergesa), l’actuelle Khersa, est la ville mentionnée dans la majorité des manuscrits. Elle se trouve sur la rive orientale de la mer de Galilée, et les collines descendent en pente raide vers la mer.

Gadarenes (de Gadara), l’actuelle Um Qeis, ne se trouvait qu’à 5 à 8 miles au sud-est de la mer de Galilée, et le « pays des Gadaréniens » s’étendait effectivement jusqu’à la mer de Galilée, comme le prouvent la mention qu’en fait Josèphe et une pièce de monnaie de Gadara représentant un navire. Le Vaticanus, le texte d’Éphrem Rescriptus et certains exemplaires du Diatessaron mentionnent cette ville.

X Les Géraséniens (de Gérasa) (aujourd’hui Jerash) se trouvent à environ 30 miles de la mer de Galilée ; il ne s’agirait donc pas de cette ville. Ce nom n’apparaît que dans les manuscrits italiques, la Vulgate, la marge (et non le corps du texte) du syriaque harcléen et le copte sahidique.

X Gersa, en Galaad, se trouve à 20 miles à l’est du Jourdain

X Gaxarenes n’est pas une ville qui a existé. Cette erreur orthographique manifeste n’apparaît que dans le manuscrit original du Sinaï, et un scribe ultérieur l’a corrigée dans ce même manuscrit pour écrire « Gergasenes ».

Voir *Encyclopédie des difficultés bibliques*, p. 324-326, « Les paroles difficiles de la Bible », p. 373, « Quand les critiques posent des questions », p. 336-337, « The Bible Knowledge Commentary : Nouveau Testament », p. 122, « Le Nouveau Testament grec » d’Aland et al., p. 29, « The Expositor’s Greek Testament », vol. 1, p. 144-145, et « The Expositor’s Bible Commentary », vol. 8, p. 219-220 pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 8, 28-29, quelle leçon pouvons-nous en tirer pour notre vie ?

R : Tout d’abord, les tombeaux devraient être un lieu calme, où rien de vivant ne se trouve aux alentours. Or, c’est dans le royaume des morts que les démons opèrent. Les possédés n’auraient pas dû se trouver là ; ils auraient dû vivre avec tout le monde. Nous ne savons pas pourquoi ils se trouvaient là : peut-être avaient-ils choisi d’éviter les gens, ou bien avaient-ils été chassés par la population, ou encore pour piller des tombes, pour voler ou tuer ceux qui s’y rendaient, ou pour toute autre raison. Mais il serait surprenant que quelqu’un vienne se recueillir sur la tombe d’une personne et que, tout à coup, ces deux hommes possédés par des démons fassent leur apparition.

Dans notre vie et dans celle de nos proches, il peut y avoir, dans notre passé, des choses « mortes » qu’il ne faudrait pas revisiter, évoquer, ni même se remémorer volontairement. Mais soudain, pour une raison ou une autre, quelque chose qui ne devrait plus être là refait surface malgré tout. Nous devons affirmer avec fermeté que cela ne peut pas être ; que cela doit être chassé, au nom de Jésus. Nous sommes une nouvelle création ; cela signifie notamment que ce qui est ancien et pécheur doit mourir — et rester mort.

Voir le Commentaire biblique de Tony Evans, p. 880, pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 8:29, que voulaient dire les démons par « nous tourmenter avant l’heure » ?

R : Les démons savaient qu’ils seraient envoyés dans l’abîme (Jude 6 ; Apocalypse 20, 1-2), puis dans l’étang de feu (Apocalypse 20, 14-15).

Q : Dans Matthieu 8:32, pourquoi Jésus a-t-il accédé à la demande des démons de entrer dans les porcs ?

R : Les Écritures ne le précisent pas. Mais il semble que cela n’ait été d’aucun bénéfice pour les démons d’entrer dans des porcs qui se sont noyés aussitôt. Il est intéressant de noter que les habitants de la ville se sont davantage préoccupés des 2 000 porcs qui se sont noyés que des deux possédés. Ils accordent plus d’importance à la perte financière qu’au gain spirituel. Pour plus d’informations, consultez le « Believer’s Bible Commentary », p. 1 233, le « The Expositor’s Bible Commentary », vol. 8, p. 219, et le « Tony Evans Bible Commentary », p. 880.

Q : Dans Mt 9, 1, Mc 6, 45 et Jn 6, 17, pourquoi Jésus a-t-il passé du temps ici, à Capharnaüm, que Luc appelle « sa propre ville » ?

R : Rappelez-vous que les habitants de Nazareth (à environ 20 miles de là) avaient tenté de tuer Jésus (Luc 4, 29-31), et que les Gérgéséniens avaient expressément demandé à Jésus de partir après la noyade de 2 000 porcs ; c’est pourquoi Jésus s’est établi à Capharnaüm. Il s’agit très probablement de l’actuel Tell Hum, situé à environ 2,5 miles au sud-ouest du point où le Jourdain se jette dans la mer de Galilée, sur la rive nord-ouest. Simon Pierre, André et Philippe étaient tous originaires de Bethsaïda (Jean 1, 44 ; 12, 21), qui se trouvait tout près. À l’âge adulte, ils travaillaient dans la ville lacustre de Capharnaüm, aux côtés de Jacques, Jean et Matthieu (Marc 1, 29). Pour plus d’informations, consultez le Wycliffe Bible Dictionary, p. 66, 226, 310, et le Believer’s Bible Commentary, p. 1234.

Q : Dans Matthieu 9, 2-6, en quoi le fait que Jésus pardonne les péchés serait-il considéré comme répréhensible ?

R : Les gens avaient péché contre Dieu, et ils en ont logiquement déduit que Jésus devait être Dieu pour pouvoir pardonner des péchés commis contre Dieu. Remarquez que Jésus n’a pas dit : « Dieu m’a autorisé ou m’a donné son accord pour dire que vos péchés sont pardonnés ». Au contraire, Jésus a simplement déclaré : « Vos péchés sont pardonnés ». Alors que les Juifs étaient censés attendre un Messie, ils ne s’attendaient pas à ce que le Messie lui-même pardonne les péchés. Le pardon des péchés et la guérison des maladies sont tous deux mentionnés dans le Psaume 103, verset 3, mais ces deux actions relèvent spécifiquement de la compétence de l’Éternel.

D’un point de vue naturel, dire à cet homme « vos péchés sont pardonnés » serait tout aussi ridicule que d’ordonner à un infirme de marcher.

Pour plus d’informations, consultez le New International Bible Commentary, p. 1131, l’Evangelical Commentary on the Bible, p. 732, le Believer’s Bible Commentary, p. 1234, et The Expositor’s Greek Testament, vol. 1, p. 148.

Q : Dans Matthieu 9:9 (KJV), que signifie « recette des douanes » ?

R : Cela signifie « percevoir des impôts ».

Q : Dans Matthieu 9, 9-10, quel est le contexte concernant Matthieu et ses amis ?

R : Matthieu (qui signifie « don de Dieu » ou peut-être « fidèle ») est le même personnage que celui connu sous le nom de Lévi dans Marc. Ce sont deux prénoms hébreux. L’action se déroule à l’extérieur de Capharnaüm, où se trouvait une garnison romaine. Un percepteur d’impôts dans cette ville devait maîtriser à la fois l’araméen et le grec, bien que la connaissance du latin ait également été un atout. Nous ne savons pas avec certitude quelle était la langue principale parlée lors du banquet, ni même si l’araméen y était guère utilisé. Quoi qu’il en soit, aucun pharisien ni aucun Juif qui se respectait ne se serait laissé voir là-bas, en train de manger avec des « pécheurs ».

Les collecteurs d’impôts étaient méprisés parce qu’ils percevaient les impôts pour le compte des occupants romains. De plus, on attendait d’eux qu’ils facturent plus que ce que le gouvernement exigeait et qu’ils empochent la différence. Les occasions de facturer encore plus et de profiter des autres étaient si nombreuses qu’il devait être difficile de résister à cette tentation.

Comme il y avait beaucoup d’invités, la maison de Matthieu était peut-être spacieuse, ou bien le dîner a peut-être eu lieu dans une cour extérieure de la maison. Probablement, lors de ce dîner, les invités ont eux aussi été invités à devenir disciples. (Jésus comptait de nombreux disciples en dehors du cercle restreint des douze.) Comme le dit le Believer’s Bible Commentary, p. 1234, à propos de Matthieu : « Il a perdu un emploi confortable, mais il a trouvé une vocation. Il a perdu un bon revenu, mais il a trouvé l’honneur. Il a perdu une sécurité confortable, mais il a trouvé une aventure dont il n’avait jamais osé rêver. » Imaginez si Matthieu avait répondu « non » lorsque Jésus le lui a demandé. Matthieu n’aurait pas été apôtre, n’aurait pas rédigé l’Évangile, et aurait simplement vécu le reste de ses jours comme un homme anonyme, sans but, assez aisé mais méprisé, puis tombé dans l’oubli.

Pour plus d’informations, consultez The Bible Knowledge Commentary : New Testament, p. 39 ; The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 223-224 ; The Expositor’s Greek Testament, vol. 1, p. 150-151 ; et l’Evangelical Commentary on the Bible, p. 733.

Q : Dans Matthieu 9, 12, que voulait dire Jésus en affirmant que seuls les malades ont besoin d’un médecin ?

R : Tous sont malades, mais seuls ceux qui se rendent compte qu’ils sont malades vont consulter un médecin. Ainsi, dans un certain sens, l’accusation portée contre Jésus était tout à fait vraie. Mais en mangeant avec les pharisiens, ou avec n’importe qui d’autre d’ailleurs, Jésus mangeait aussi avec des pécheurs ! Puisqu’il venait de prouver qu’il pouvait pardonner les péchés du paralytique, Jésus pouvait également pardonner ceux des collecteurs d’impôts. Si quelqu’un dit qu’il ne veut pas aller à l’église parce qu’elle est remplie de personnes imparfaites et pécheresses, dites-lui que cela ne devrait pas l’en empêcher, car l’église a toujours de la place pour une personne de plus ! Voir le « Believer’s Bible Commentary », p. 1234-1235, et « The Expositor’s Greek Testament », vol. 1, p. 152, pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 9, 13, pourquoi Jésus a-t-il mentionné que Dieu désire la miséricorde et non le sacrifice ?

R : Jésus fait référence à Osée 6, 6. Bien que Dieu ait ordonné d’offrir des sacrifices et de faire preuve de miséricorde, Il attachait davantage d’importance à ce que nous ayons un cœur miséricordieux qu’aux sacrifices eux-mêmes. Tout comme à l’époque d’Osée, certaines personnes religieuses de l’époque de Jésus se souciaient peu des autres et se préoccupaient davantage de fréquenter les « bonnes » personnes. Jésus se souciait des publicains et des pécheurs égarés et les réprimandait parce qu’ils ne reconnaissaient pas que tous sont pécheurs devant Dieu, et qu’ils n’avaient aucune raison de se sentir supérieurs aux autres pécheurs. Les scribes et les pharisiens ont révélé leur véritable cœur, car ils n’ont jamais accusé Jésus d’être un publicain ou un pécheur, mais de fréquenter ces personnes. Pour plus d’informations, consultez *Bible Difficulties & Seeming Contradictions*, p. 118-119, et *The Expositor’s Greek Testament*, vol. 1, p. 152.

Q : Dans Matthieu 9:14, pourquoi les disciples ne jeûnaient-ils pas ?

R : Jésus n’a pas dit que ses disciples ne jeûneraient jamais, mais plutôt qu’ils n’avaient pas besoin de jeûner tant que Jésus était encore parmi eux dans la chair. Pour connaître les véritables raisons du jeûne, voir l’analyse de Matthieu 6, 16-18. Voir *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 8, p. 226-227 pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 9, 16-17 et Marc 2, 21-22, quel est le sens des analogies concernant les vêtements et les outres à vin ?

R : Même dans le monde naturel, on ne peut pas toujours s’adapter progressivement à quelque chose de nouveau. Parfois, il faut « sortir des sentiers battus », changer de paradigme ou prendre un nouveau départ. Jésus disait ici que pour accepter son enseignement, la rupture était si radicale qu’il fallait naître de nouveau (Jean 3, 5-7) et devenir une nouvelle créature (2 Corinthiens 5, 16-17). Voir également la discussion sur Mc 2, 21-22.

Malheureusement, dans l’Antiquité, les personnes contre lesquelles Paul s’est élevé dans l’épître aux Galates, appelées « judaïsants », tentaient précisément cela : mélanger la grâce et les enseignements de Jésus avec la loi et les commandements de l’Ancien Testament. D’une manière différente, certains adventistes du septième jour agissent ainsi également.

Pour plus d’informations, consultez The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 227 ; The Bible Knowledge Commentary : New Testament, p. 40 ; The Expositor’s Greek Testament, vol. 1, p. 153 ; et le Believer’s Bible Commentary, p. 1235-1236.

Q : Dans Matthieu 9:20, en quoi le pan d’un vêtement est-il particulier ?

R : Il s’agissait probablement des franges situées au bord du vêtement. Celles-ci étaient peut-être considérées comme la partie la plus sacrée du vêtement, car les franges comportant un fil bleu au milieu étaient prescrites dans Nombres 15, 38 et suivants ; Deutéronome 22, 12.

Cette femme semblait très discrète à ce sujet. Selon Lévitique 15, 19-33, son écoulement de sang continu l’aurait rendue impure ; elle n’aurait donc pas dû se mêler à la foule, dans un espace confiné, pour s’approcher de Jésus.

Pour plus d’informations, consultez le New International Bible Commentary, p. 1131, The Expositor’s Greek Testament, vol. 1, p. 154, et l’Evangelical Commentary on the Bible, p. 733.

Q : Dans Matthieu 9, 20-22, Marc 5, 27-34 et Luc 8, 43-49, pourquoi Jésus a-t-il interpellé publiquement la femme atteinte d’une perte de sang ?

R : La guérison physique n’était pas la raison pour laquelle Jésus est venu sur terre. Jésus se souciait davantage de la foi de cette femme que de sa simple maladie physique. Comme l’a fait remarquer avec humour un pasteur à propos de ce miracle public : « Au bout de notre corde se trouve le pan de la tunique de Jésus. »

Q : Dans Mt 9, 20-22 et Mc 5, 27-34, est-ce que l’intensité de notre foi détermine si nos prières sont exaucées ?

R : C’est un facteur. Pour les prières qui sont conformes à la volonté de Dieu, nous devons avoir la foi lorsque nous prions. Jacques 1, 6-7 dit que nous devons demander sans douter, car une personne qui a l’esprit partagé n’obtiendra pas ce qu’elle demande. Cependant, si nous croyons tout en ayant encore quelques doutes, nous pouvons prier tout en reconnaissant honnêtement notre incrédulité, comme l’a fait l’homme dans Marc 9, 24, et Dieu exaucera notre prière. Il est également réconfortant de savoir que le Saint-Esprit intercède pour nous dans la prière, comme le mentionne Romains 8, 26-27.

Bien sûr, même si nous demandons quelque chose avec plus de foi que quiconque n’en a jamais eu auparavant, et que ce n’est pas la volonté de Dieu de nous l’accorder, alors Dieu ne le fera pas, comme le montre Jacques 4, 3. Cela fait partie d’une question plus large : quand Dieu répond-Il à la prière, et quand les Écritures indiquent-elles qu’Il ne le fait pas ? Pour plus d’informations, consultez l’analyse de Matthieu 7, 7-11 et l’ouvrage *Hard Sayings of the Bible*, p. 419-421.

Consultez la section « Évangiles » pour les questions concernant la fille de Jaïre.

Q : Dans Matthieu 9, 23-26, pourquoi y a-t-il des pleureuses professionnelles ?

R : Il était courant de faire appel à des pleureuses rémunérées, afin de pouvoir consacrer du temps à s’occuper de tous les invités présents aux funérailles. Selon la Mishna Ketuboth 4, 4, même une famille pauvre devait payer deux flûtistes et une pleureuse professionnelle. Certains ont qualifié cela de « deuil artificiel ». La mort est un commerce lucratif, à l’époque comme aujourd’hui. Pour plus d’informations, consultez The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 231, et le Believer’s Bible Commentary, p. 1236.

Q : Dans Matthieu 9, 28-31, pourquoi ces deux aveugles, qui avaient la foi pour croire en Jésus, n’ont-ils pas fait preuve de l’obéissance nécessaire pour s’abstenir de répandre cette nouvelle autour d’eux ?

R : C’est une question intéressante. Ces aveugles « voyaient » que Jésus était le Fils de David, c’est-à-dire le Messie, mieux que la plupart de ceux qui voyaient. Ces hommes avaient la foi nécessaire pour se tourner vers Jésus lorsqu’il n’y avait pas d’autre alternative. Pourtant, bien qu’ils se soient tournés vers Jésus avec foi pour les grandes choses, ils ne lui ont pas obéi sur ce petit point. Peut-être pensaient-ils que le faire savoir à ce moment-là serait utile, et ils ont présomptueusement cru en savoir plus que Jésus sur ce qui était utile.

Voici la situation intéressante mais triste de personnes dotées de discernement spirituel, qui avaient une grande foi en Jésus, mais qui ont ensuite choisi délibérément de Lui désobéir. La sagesse et la foi ne servent pas à grand-chose sans l’obéissance. Certes, ils ont recouvré la vue, mais Jésus n’a pas trouvé ici de serviteurs obéissants.

Pour plus d’informations, consultez le « Believer’s Bible Commentary », p. 1236-1237, et « The Expositor’s Bible Commentary », vol. 8, p. 232-233.

Q : Dans Matthieu 9, 38, devrions-nous prier pour qu’il y ait davantage d’ouvriers pour la moisson aujourd’hui ?

R : Oui, c’est une prière souvent négligée. Nous prions pour la moisson, c’est-à-dire pour que les gens viennent à Christ et deviennent ses disciples, mais nous devrions également prier pour davantage de moissonneurs que Dieu utilisera pour évangéliser les non-chrétiens, car Jésus dit que les ouvriers seront peu nombreux, ce qui signifie trop peu nombreux. Parfois, lorsque les temps sont difficiles et que la situation économique est rude, même ceux qui exercent le ministère pastoral ou travaillent sur le terrain missionnaire peuvent se sentir découragés et avoir envie de partir. Les ouvriers sont envoyés par Dieu, mais ils doivent rester en mission jusqu’à ce que Dieu les appelle à faire autre chose. Voir le « Believer’s Bible Commentary », p. 1237, pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 10:1, les disciples pouvaient-ils déjà guérir auparavant ?

R : Qu’ils aient ou non guéri certaines maladies auparavant, Jésus leur conférait ici le pouvoir sur toutes les maladies. Soit dit en passant, c’est dans Matthieu 10:2 qu’ils sont appelés « apôtres » pour la première fois.

Q : Dans Matthieu 10:3 (KJV), qui est « Lebbaeus » ?

R : Il s’agit de Thaddée.

Q : Dans Matthieu 10:4 et Marc 3:18, comment Simon le Cananéen a-t-il pu être l’un des disciples de Jésus, puisque Simon [aurait] été non juif ?

R : La KJV et la NKJV indiquent « Canaanite », la NKJV comportant une note de bas de page précisant que le texte majoritaire est « Cananaean ». Les premières éditions de la NASB et de la NRSV indiquent « Canaanean ». La BSB et la NASB 2020 indiquent « zélote ».

Que Simon n’ait pas été juif du tout ou qu’il ait été en partie juif n’est pas la question. Jésus pouvait appeler des disciples de n’importe quelle nationalité. À titre d’information complémentaire, de nombreuses personnes venues des villes païennes de Tyr et de Sidon sont venues voir Jésus dans Marc 3:8. Tyr se trouvait à environ 35 miles de la mer de Galilée, et Sidon à 25 miles de Tyr.

Le mot grec « Kananaios » pourrait être une translittération de l’araméen « qan’an », qui signifie « zélote ». Luc 6, 15 et Actes 1, 13 l’appellent « Simon le Zélote ». L’Expositor’s Bible Commentary, volume 8, p. 237 et 239, l’Asimov’s Guide to the Bible, p. 840, ainsi que l’Expositor’s Greek Testament, volume 1, p. 158, vont dans le même sens. Mais cela soulève un point intéressant. Si l’un des disciples de Jésus était autrefois un zélote, et un autre, Matthieu, un collecteur d’impôts, ils auraient été diamétralement opposés sur le plan politique, du moins avant de se tourner vers le Christ. Voir l’Evangelical Commentary on the Bible, p. 734, pour plus d’informations à ce sujet.

Q : Dans Mt 10, 4 ; Mc 3, 19 ; Lc 6, 16 ; Jn 6, 71, que signifie « Iscariote » ?

R : Le père de Judas s’appelle Simon dans Jean 6, 71 et 13, 26 ; il ne s’agit donc pas du nom de son père. Il existe deux interprétations quant à la signification du terme « Iscariote ».

1. « Iscariote » pourrait signifier « homme au poignard ».

2. Cela pourrait signifier « homme (ish) de Kérioth », qui était le nom de deux villes de Juda. Pour plus d’informations, consultez diverses sources, notamment l’Encyclopédie archéologique de la Terre Sainte, p. 212, et le Commentaire biblique de l’Expositor, vol. 8, p. 239.

Q : Dans Matthieu 10, 5-6, pourquoi Jésus a-t-il explicitement ordonné à ses disciples de ne pas se rendre dans les villages samaritains ?

R : C’était une question de moment, car Jésus leur a explicitement ordonné d’aller en Samarie dans Actes 1, 8.

Jésus a d’abord été envoyé en Israël, puis dans le reste du monde. Les apôtres se sont d’abord rendus en Judée, puis en Samarie, et enfin jusqu’aux extrémités de la terre. Lorsque Paul se rendait dans une nouvelle ville, lui aussi suivait ce schéma consistant à prêcher d’abord à la synagogue. De nos jours encore, il existe sans doute, dans de nombreux domaines, un calendrier que Dieu souhaite que nous respections.

Q : Concernant Matthieu 10, 5-6, que pensez-vous de l’affirmation des musulmans ahmadis selon laquelle ils verseront 20 000 dollars à quiconque trouvera la preuve que Jésus est venu pour tous les hommes et pas seulement pour les Juifs ?

R : La Bible, de l’Ancien Testament à l’Apocalypse, affirme de manière cohérente que Jésus est le Sauveur de tous les hommes, et pas seulement des Juifs. Imaginez un instant que le message de Jésus ne s’adressât pas aux païens. Auriez-vous alors dit à l’ensemble du demi-million environ de chrétiens des trois premiers siècles après le Christ : « Vous n’êtes pas censés suivre l’enseignement de Jésus ; Dieu veut que vous retourniez adorer vos idoles païennes ! » – Bien sûr que non, c’est ridicule ! – tout comme l’est cette question. Mais examinons-la tout de même en détail.

D’une part, on peut distinguer le ministère de Jésus avant sa crucifixion, le message de Jésus et Jésus après sa résurrection. Mais dans ces trois cas, Jésus ne s’adressait pas uniquement aux Juifs. Au cours de son ministère terrestre, Jésus lui-même s’est principalement (mais pas exclusivement) tourné vers « les brebis perdues de la maison d’Israël » (Matthieu 15, 24). Il a d’abord annoncé son salut principalement aux Juifs. Mais aussi :

a) L’Ancien Testament prophétisait que Jésus s’adressait à tous les peuples.

b) Jésus s’est rendu auprès des Samaritains, qui étaient à moitié juifs

c) Jésus s’adressait également aux païens (non-Juifs) ; il s’est même déplacé pour aller à la rencontre des païens en dehors d’Israël.

d) Jésus a déclaré que son message s’adressait à tous, et pas seulement à la nation juive.

e) Jésus n’a jamais dit que son Évangile se limitait aux Juifs.

f) Enfin, les apôtres de Jésus seraient les mieux placés pour comprendre ce qu’il enseignait.

Voici les preuves.

a) Dans l’Ancien Testament, Dieu a déclaré que le Messie s’adressait à tous les peuples

Ésaïe 9:1-7 est une célèbre prophétie messianique. En Ésaïe 9:1b, il est dit : « mais à l’avenir, il rendra gloire à la Voie de la Mer, au-delà du Jourdain, la Galilée des nations. »

Ésaïe 42:1-9 est une prophétie messianique. Ésaïe 42:6 dit : « Moi, l’Éternel, je vous ai appelé pour une cause juste, et je vous tiendrai par la main. Je vous garderai et je vous désignerai pour être une alliance pour le peuple et une lumière pour les nations [les païens], afin d’ouvrir les yeux des aveugles, de faire sortir les prisonniers de la prison et ceux qui sont assis dans les ténèbres de la maison de détention. »

Ésaïe 49, 1-7 est également messianique, mais regardez tout particulièrement Ésaïe 49, 6 : « Il dit : “Il ne suffit pas que tu sois mon serviteur, pour relever les tribus de Jacob et pour rétablir les protégés d’Israël. Je ferai de toi une lumière pour les nations, afin d’apporter mon salut jusqu’aux extrémités de la terre.” »

b) Jésus s’est rendu chez les Samaritains, qui étaient à moitié juifs

Dans Jean 4, 1-42, Jésus a prêché non seulement à la femme au puits, mais aussi aux autres villageois samaritains. Les Samaritains ont demandé à Jésus de rester avec eux, et Jésus est donc resté deux jours parmi eux. « Et beaucoup d’autres ont cru grâce à son message. Ils ont dit à la femme : « Nous croyons désormais non seulement à cause de tes paroles ; nous avons entendu nous-mêmes, et nous savons que cet homme est véritablement le Sauveur du monde. »

Mais Luc 17, 11-18 montre que les Samaritains étaient encore considérés comme des étrangers et non comme des Juifs.

c) Jésus se rendit chez les païens à l’est et au nord d’Israël

Marc 7, 24-30 : Jésus se rendit dans la région de Tyr (au nord d’Israël, en Phénicie) et guérit la fille d’une femme. Or, cette femme n’était pas une Juive vivant en dehors d’Israël. Au contraire, le texte précise explicitement qu’elle était grecque, d’origine syro-phénicienne. Puisqu’on affirmait que Jésus s’adressait uniquement aux Juifs, et non pas seulement principalement à eux, ce seul cas suffit à réfuter l’affirmation « uniquement ».

Matthieu 8, 28-34 : Jésus guérit les possédés de Gadara. Le pays des Gadaréniens se trouvait à l’est de la mer de Galilée, dans la région non juive, de langue grecque et spécialisée dans l’élevage de porcs, appelée la Décapole. Voir également Marc 5, 1-20 et Luc 8, 26-39. Tout comme la femme syro-phénicienne, il ne s’agissait pas de non-Juifs qui se trouvaient là par hasard. Jésus s’est délibérément rendu hors d’Israël pour prêcher et transmettre son message de salut à ces non-Juifs.

Marc 7, 31-37 : Jésus accomplit publiquement un miracle dans la Décapole, qui signifie « dix villes » en grec. Il s’agissait d’une région peuplée de colons grecs, située sur les territoires actuels de la Syrie et de la Jordanie ; aucune partie de la Décapole ne se trouvait en Israël.

Marc 8, 1-10 Après avoir nourri la foule de cinq mille personnes en Israël, Jésus traversa ensuite la mer de Galilée, vers l’est, du côté des païens, et nourrit les quatre mille. Cela se passait également dans la Décapole, ces dix villes de colons grecs.

d) L’Évangile de Jésus s’adressait à toutes les nations

Jésus a demandé à ses disciples de diffuser son message à « toutes les nations », et non pas uniquement à la nation juive.

Luc 24:45-47 « Alors il [Jésus] leur ouvrit l’esprit pour qu’ils comprennent les Écritures. Et il leur dit : « Voici ce qui est écrit : le Christ souffrira et ressuscitera d’entre les morts le troisième jour, et en son nom, la repentance et le pardon des péchés seront proclamés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. » Il n’est pas simplement question ici de « dans toutes les nations », mais bien de « à toutes les nations ».

Matthieu 28:18-20 « Jésus s’approcha d’eux et leur dit : “Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et en leur enseignant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps.” » Il n’est pas simplement question ici de « faire des disciples dans toutes les nations », mais bien de « faire des disciples de toutes les nations ».

Matthieu 8, 11-12 Après avoir guéri le serviteur du centurion, Jésus dit : « Je vous le dis : beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident pour partager le festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux. Mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Voir également Luc 7, 1-10 pour le serviteur du centurion et Luc 13, 28-30 pour les autres participants au festin. Jésus ne dit PAS simplement que des Juifs viendront d’autres contrées, car les fils du royaume sont les Juifs, et que viendront les non-fils de l’Orient et de l’Occident.

Marc 3, 7b-8 : « … une grande foule venue de Galilée, de Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de la région au-delà du Jourdain, et des environs de Tyr et de Sidon. La grande foule vint à Lui lorsqu’elle entendit parler des grandes choses qu’Il accomplissait. » Si quelqu’un tentait d’affirmer que seuls des Juifs de ces régions devaient venir (sinon l’argument du « uniquement » ne tient pas), le fait que Jésus ait prêché son message à la femme grecque syro-phénicienne à Tyr contredit cette affirmation.

Luc 2:32 Alors que Jésus était encore un nourrisson, le prophète Siméon prophétisa à son sujet qu’il serait « une lumière, pour la révélation aux nations, et pour la gloire de votre peuple Israël ». Si la dernière partie de la phrase montre que Jésus était également destiné aux Juifs, la partie soulignée indique que Jésus était une « révélation » pour les nations, et les nations sont des non-Juifs.

Luc 3:14 Des soldats romains ont demandé à Jean-Baptiste ce qu’ils devaient faire, et il leur a répondu. Pourquoi Jean-Baptiste aurait-il donné des instructions à ces occupants non juifs si Jésus n’était pas destiné à eux ?

Jean 1:4 « En lui [la Parole] était la vie, et cette vie était la lumière des hommes. » Jean aurait pu employer le mot « Juifs » ici, mais il ne l’a pas fait ; Jean a utilisé le mot « hommes ».

Jean 1:9-12 « La vraie Lumière, qui éclaire tout homme, venait dans le monde. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par Elle, mais le monde ne L’a pas reconnue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne L’ont pas reçue. Mais à tous ceux qui L’ont reçue, à ceux qui croient en Son nom, Elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. »

Jean 1:29 « Le lendemain, Jean vit Jésus venir vers lui et dit : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ! » Jean aurait pu dire « qui enlève les péchés des Juifs », mais il a dit : « qui enlève le péché du monde. »

Jean 3:15b-17 « afin que quiconque croit en lui [le Fils de l’homme] ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour sauver le monde par lui. »

e) Jésus a montré que son Évangile n’était pas réservé aux Juifs

Il faut comprendre qu’au début, Jésus a dit d’attendre à Jérusalem, mais qu’ensuite, il a dit d’aller vers le monde.

Actes 1, 4-5 : « Et tandis qu’ils étaient réunis, il [Jésus] leur donna cet ordre : “Ne quittez pas Jérusalem, mais attendez le don que le Père a promis, dont vous m’avez entendu parler. Car Jean a baptisé d’eau, mais dans quelques jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit.” » Mais ensuite, dans Actes 1, 8, Jésus a dit : « Vous recevrez une puissance lorsque le Saint-Esprit viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

Matthieu 25, 31-46 : Lorsque Jésus reviendra dans la gloire, toutes les nations se rassembleront devant lui, et Jésus séparera les hommes en deux groupes : les brebis et les boucs. Les brebis ont, au sens figuré, nourri, abreuvé, accueilli et vêtu Jésus, tandis que les boucs, au sens figuré, ne l’ont pas fait.

Dans Jean 5, 22-23, c’est Jésus qui s’exprime : « De plus, le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Quiconque n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé. »

Matthieu 21, 43 : Jésus a dit : « C’est pourquoi je vous le dis : le royaume de Dieu vous sera enlevé et sera donné à un peuple qui en produira les fruits. »

Matthieu 12, 50 : Jésus a dit : « Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère. » Voir également Marc 3, 34-35. Jésus n’a pas dit « les Juifs qui font la volonté de mon Père », mais « quiconque fait la volonté de mon Père ».

Matthieu 16:25 : « Car quiconque voudra sauver sa vie la perdra, mais quiconque perdra sa vie à cause de moi la trouvera. »

Jean 8:12a : « Moi [Jésus], je suis la lumière du monde. » Jésus a-t-il fait une fausse déclaration en affirmant qu’Il était la lumière du monde, s’Il n’était qu’une lumière pour les Juifs ? Non, Jésus ne nous a pas induits en erreur !

Jean 10:16 Jésus a dit : « J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie. Il faut que je les amène aussi, et elles écouteront ma voix. Alors il y aura un seul troupeau et un seul berger. »

Jean 12:32 « “Et moi [Jésus], quand je serai élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi.” (12:33) Il dit cela pour indiquer de quelle mort il allait mourir. » Jésus a-t-il alors dit : « Je plaisantais ! Je ne vais attirer que les Juifs » ? – Bien sûr que non.

Jean 12:46 « Moi [Jésus], je suis venu dans le monde comme une lumière, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. » Combien de fois Jésus doit-il répéter que sa lumière ou son message s’adresse à tous, avant que nous commencions à prendre au sérieux le fait qu’il s’adresse à tous ?

Jean 14:6 « Jésus répondit : “Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » Combien d’autres voies Dieu a-t-il créées pour que les hommes viennent à Lui, en dehors de Jésus ? Soit dit en passant, les chrétiens affirment que les personnes pieuses d’avant le Christ sont également allées au paradis par Jésus. Bien qu’elles ne savaient pas ce que nous savons au sujet de Jésus, elles attendaient avec impatience la venue du Messie, offrant des sacrifices d’animaux qui couvraient temporairement leurs péchés, tandis que nous regardons en arrière vers le Messie, qui, par Son sacrifice, a expié définitivement nos péchés.

Jean 17:20 « Je [Jésus] ne prie pas seulement pour eux [les disciples], mais aussi pour ceux qui croiront en moi grâce à leur message. » Ainsi, si un non-Juif croyait au témoignage des apôtres (comme l’ont fait tous les chrétiens), il fait alors partie de ceux pour qui Jésus prie. S’il est vrai que de nombreux Juifs figuraient parmi les premiers chrétiens, à partir de l’époque du martyr Étienne, de plus en plus de non-Juifs se sont également convertis au christianisme.

Jean 18:37 Jésus déclare : « Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » Écouter, ou ne pas écouter, la voix de Jésus, son message, son Évangile, est une question très sérieuse. Jésus n’a pas dit : « Seuls les Juifs qui appartiennent à la vérité écoutent ma voix ; les païens qui appartiennent à la vérité ne m’entendront pas. » Non, Jésus a dit que « quiconque » appartient à la vérité écoute sa voix.

f) Ce que les disciples de Jésus ont dit au sujet de son ministère

Pierre a déclaré dans Actes 4, 12 : « Il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés. » S’il est vrai que Pierre s’adressait au peuple juif, il leur a néanmoins dit qu’il n’y a aucun autre nom 1) sous le ciel, 2) donné aux hommes.

1 Jean 2, 1b-2 : « Jésus-Christ, le Juste. C’est lui-même qui est le sacrifice expiatoire pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. »

Pourquoi l’apôtre Jean s’est-il rendu en Asie Mineure, Thomas vers l’est, probablement jusqu’en Inde, André en Scythie, et d’autres apôtres dans d’autres contrées, pour partager l’Évangile avec les non-Juifs ? Eux, plus que quiconque, savaient à qui Jésus voulait que Son message soit prêché, et ils ont prêché ce message à travers le monde entier.

Conclusion

Il n’est pas juste de ne pas lire, ou d’ignorer d’une quelconque manière, tous ces versets, prononcés à des moments différents, et de ne considérer qu’un seul verset prononcé à une période spécifique. Vous ne pouvez pas utiliser Matthieu 15, 24 pour affirmer que Jésus, la lumière du monde, ne s’adressait qu’aux brebis perdues d’Israël à ce moment-là de son ministère, pas plus que vous ne pouvez utiliser Matthieu 16, 20 : « Alors il recommanda aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ. » (« Christ » signifie « Messie »). Jésus voulait dire qu’ils ne devaient dire à personne qu’Il était le Christ À CETTE ÉPOQUE-LÀ, car plus tard, Il leur a demandé d’aller dans le monde entier, et c’est ce qu’ils ont compris. De même, Jésus a été envoyé principalement aux brebis perdues d’Israël À CETTE ÉPOQUE-LÀ (avant sa crucifixion), et non seulement Il s’est rendu auprès de certains païens à cette époque, mais Il a également demandé aux disciples de diffuser Son message dans le monde entier.

Les preuves que Jésus est venu pour tous les peuples sont cohérentes, cumulatives et accablantes. Selon n’importe quelle norme juridique (prépondérance de la preuve, au-delà de tout doute raisonnable, etc.), le témoignage de la Bible et de l’histoire prouve que Jésus est venu pour tous les peuples. Seul un juge ou un jury partial pourrait en conclure autrement.

Toutes les citations sont tirées de la BSB. Voir *When Critics Ask*, p. 339, pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 10, 5-6 ; 15, 24-26, Jésus était-il un raciste venu uniquement pour les Juifs ? (C’est ce qu’affirmait le musulman Ahmad Deedat.)

R : Pas du tout, comme on peut le constater en lisant ces 24 passages. Matthieu 2, 1 ; 3, 9-10 ; 4, 15-16 ; 5, 13-16 ; 8, 1-13 ; 8, 18-28 ; 10, 18 ; 21, 43 ; 24, 14 ; 25, 31-46 ; 28, 16-20 ; Marc 7, 24-30 ; 7, 31-37 ; 8, 1-10 (rive est de la mer de Galilée) ; Luc 8, 22-33 ; 24, 45-47 ; Jean 1, 9, 29 ; 3, 17 ; 10, 16 ; 12, 46 ; 14, 6 ; 17, 20 ; 18, 27 ; Actes 1, 7-8. Cependant, Jésus avait le sens du moment opportun.

Avant sa résurrection, Jésus a d’abord annoncé l’Évangile au peuple de Dieu, les Juifs. Même dans Actes 1, 8, Jésus a donné pour consigne d’être ses témoins à Jérusalem, en Judée et en Samarie, puis jusqu’aux extrémités de la terre. Néanmoins, avant sa mort et sa résurrection, non seulement Jésus a pris soin de la femme syro-phénicienne en Matthieu 15, 24-26, mais il s’est également occupé des Samaritains en Jean 4, 1-42, ainsi que des païens situés à l’est de la mer de Galilée.

Après sa résurrection, dans Matthieu 28, 19-20, Jésus a dit : « Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Ce message a été réaffirmé par Dieu dans les Actes 10.

À titre d’aparté, les musulmans ahmadis affirment également que Jésus n’est venu que pour le peuple juif.

Pour plus d’informations, consultez The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 244-245.

Q : Dans Mt 10,10 ; Mc 6,8 ; Lc 9,3 ; 22,35-36 et 1 S 17,40 (KJV), qu’est-ce qu’un « scrip » ?

R : Dans la version King James, cette expression désigne une bourse ou un sac, contenant généralement de l’argent.

Q : Dans Mt 10, 12 (KJV), que signifie « saluer une maison » ?

R : Cette expression de la version King James signifie demander la bénédiction de Dieu sur la maison et sur ceux qui s’y trouvent.

Q : Dans Matthieu 10:13, que signifie le fait que la bénédiction des disciples repose sur une maison ou qu’elle leur revienne ?

R : Le terme « maison » désigne ici les personnes qui y résident. Ils ne devaient pas s’inquiéter de bénir « par inadvertance » quelqu’un qui ne les accueillait pas vraiment. La bénédiction vient de Dieu, et non d’une quelconque magie de leurs paroles.

Q : Dans Matthieu 10, 14 et Marc 6, 11, pourquoi les disciples devaient-ils secouer la poussière de leurs pieds face à ceux qui ne les accueillaient pas ?

R : Il s’agissait d’un témoignage à leur encontre. En effet, les personnes inhospitalières pourraient reconsidérer leur attitude après avoir vu cette réprimande. De plus, cela constituerait un témoignage en faveur de Dieu contre ceux qui rejetaient Son message.

Q : Matthieu 10, 14 et Marc 6, 11 signifient-ils que nous ne devrions jamais débattre avec qui que ce soit, mais simplement partir ?

R : Non, pour plusieurs raisons : il faut considérer l’ensemble de la mission spéciale confiée à cette époque aux Douze, et il n’y est pas dit de partir si quelqu’un s’oppose à eux. Il s’agit plutôt de secouer la poussière de leurs pieds en signe de rejet LORSQU’ILS PARTENT si personne ne les accueille. Enfin, les apôtres Pierre et Paul ont débattu avec d’autres, et Apollos, qui n’était pas apôtre, a lui aussi débattu.

Mandats particuliers à cette époque :

Matthieu 10, 5-20 correspond probablement au même événement que Marc 6, 11, et il faut examiner l’ensemble des passages, et non pas seulement une partie d’un verset. Les douze disciples ne devaient pas emporter de bâton, ni d’argent, ni séjourner chez autrui. Ce n’est pas là le modèle à suivre pour toute l’évangélisation ultérieure. Le fait qu’ils ne devaient pas rester au même endroit pour discuter et débattre (contrairement à ce que fit plus tard Paul à la salle de Tyrannus, dans Actes 19, 9-10) est tout à fait raisonnable, car ils en étaient alors à la phase initiale de diffusion du message.

Même alors, ils ne devaient pas partir si quelqu’un s’opposait à eux. Ils devaient plutôt séjourner chez quelqu’un qui les accueillerait. Si personne dans la ville ne les accueillait, alors ils partaient, en secouant la poussière de leurs pieds.

Secouer la poussière de leurs pieds LORSQU’ILS PARTENT

Le texte grec ne leur dit pas ici de partir. Il leur dit plutôt de secouer la poussière de leurs pieds LORSQU’ILS partent. Tant eux, les futurs chrétiens, que nous-mêmes, serions confrontés à des situations où, au même endroit, certaines personnes s’opposeraient à eux tandis que d’autres les soutiendraient. Dans 2 Corinthiens 10, 3-6, Paul déclare : « Car, bien que nous vivions dans la chair, nous ne menons pas le combat selon la chair. Les armes de notre combat ne sont pas celles du monde. Au contraire, elles ont la puissance divine de démolir les forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute prétention qui s’élève contre la connaissance de Dieu ; et nous faisons prisonnière toute pensée pour la rendre obéissante au Christ. » (BSB)

Jésus discutant avec les autres

Jésus a débattu avec les pharisiens en posant des questions dans Matthieu 22, 41-46 et à d’autres endroits.

Puis Jésus a changé de ton et a prononcé une réprimande très sévère dans Matthieu 23, 1-37.

Jésus a dit aux pharisiens qu’ils pouvaient commettre le péché impardonnable de blasphème contre le Saint-Esprit dans Matthieu 12, 22-33.

Jésus a utilisé des insultes ! Il a qualifié ces Juifs de « génération méchante et adultère » dans Matthieu 12, 39-41. Il a qualifié ceux qui s’opposaient à lui de « fils de l’enfer » dans Matthieu 23, 15.

Jésus a explicitement dit aux sadducéens qu’ils se trompaient parce qu’ils ne connaissaient ni les Écritures ni la puissance de Dieu, en Matthieu 22, 29-32.

Pierre, Paul, Étienne et Apollos ont débattu avec d’autres

Outre Jésus, Paul prouvait qu’il était le Christ à Antioche, dans Actes 9, 19-25. Il rencontrait à la fois le succès et l’opposition. Il ne partit pas avant que les Juifs n’aient tenté de le tuer.

Lorsque Elymas s’opposa à Paul dans Actes 13, 8-12, Paul le réprimanda, et il ne partit pas.

Lorsqu’une émeute éclata à Éphèse contre Paul, celui-ci souhaita s’adresser à la foule, comme le rapporte Actes 19, 30.

À Jérusalem, Paul s’adressa à la foule hostile, comme le rapporte Actes 22, 2-22.

Pierre a débattu avec des non-croyants dans les Actes, et Paul l’a fait encore plus fréquemment. De peur que quelqu’un ne dise que cela ne concernait que les apôtres, rappelons qu’Apollos n’était pas un apôtre, et pourtant il a débattu. Cependant, il n’est pas correct de supposer que chaque croyant est capable de débattre avec les autres.

Les premiers chrétiens pré-nicéens

Les premiers chrétiens pré-nicéens, que Dieu a utilisés pour transformer le monde romain, recouraient abondamment à la persuasion et à l’argumentation dans leur témoignage. Leurs méthodes allaient du dialogue amical et prolongé entre Justin le Martyr et Tryphon le Juif à d’autres exemples tels qu’Aristide, Théophile d’Antioche, Mathetès à Diognète et Tertullien, qui détaillaient les actes prétendument honteux des divinités gréco-romaines, en passant par Irénée et Hippolyte qui réfutaient de manière exhaustive toutes les nombreuses écoles variées du gnosticisme. Arnobius a recouru à une satire très humoristique du paganisme gréco-romain. Lactance a démontré en quoi la philosophie grecque était erronée. Vous pouvez consulter une liste à l’adresse

www.BibleQuery.org/History/ChurchHistory/WhatEarlyChristiansTaughtOnExperienceandPractice.html (ou .docx). Effectuez une recherche à partir de « r1 » en minuscules.

Enfin, si vous n’êtes pas d’accord avec moi et avec d’autres personnes vivant dans la même ville, et que vous continuez à penser qu’il ne faut pas persuader ni discuter avec ceux qui ne partagent pas votre opinion, mais qu’il vaut mieux quitter la ville, je peux vous appeler un camion de déménagement si vous le souhaitez. ;-)
Sérieusement, cela soulève en réalité deux questions pertinentes : comment Jésus et les premiers chrétiens discutaient-ils avec ceux qui n’étaient pas d’accord avec eux, et à quel moment devrions-nous cesser de discuter et partir ? Les deux questions suivantes abordent ces sujets.

Q : Dans Mt 10,14 et Mc 6,11, quand faut-il cesser de débattre avec un non-chrétien et simplement partir ?

R : Il y a au moins trois éléments à prendre en compte.

Danger immédiat

Si votre vie, celle de votre famille ou celle d’autres chrétiens est en danger immédiat en raison de votre présence, vous devriez peut-être vous demander si Dieu souhaite que vous partiez. Paul s’est enfui d’Antioche lorsqu’on a tenté de le tuer, et les chrétiens s’enfuyaient fréquemment lorsqu’ils étaient persécutés. D’une part, nous devrions être prêts à mourir pour le Christ, mais d’autre part, Dieu pourrait vouloir que nous vivions encore un certain temps afin de partager davantage l’Évangile, et notre fuite pourrait être le moyen choisi par Dieu pour nous préserver.

Rendement décroissant vs autres opportunités

J’en suis arrivé au point où je ne suis plus en mesure de consacrer tout le temps dont je disposerais à témoigner autant que possible auprès de chaque personne qui m’envoie un e-mail, tout en conservant du temps pour dormir, passer du temps avec ma famille et exercer mon travail habituel. Avec certaines personnes, il m’arrive de ne donner que des réponses succinctes, ou de décliner certaines opportunités de ministère, afin d’avoir le temps de faire ce que je considère comme plus important pour moi. Un jour, Paul s’est rendu dans une ville où certaines personnes avaient accepté le Christ. Paul aurait pu choisir de faire une bonne action et de passer le reste de sa vie dans cette ville pour tenter de convertir tous les autres habitants. Mais au lieu de cela, Paul est parti vers d’autres villes. Ne laissez pas le fait de faire de bonnes choses vous empêcher d’accomplir de grandes choses.
D’un autre côté, j’ai continué à débattre avec des membres de sectes dont j’avais très peu d’espoir qu’ils se repentent. Je l’ai fait parce qu’il y avait là d’autres non-chrétiens et que je voulais les mettre en garde contre le risque de les rejoindre.

Si vos débats ou votre prédication risquaient d’être nuisibles ou de fermer les oreilles des gens

J’hésite à mentionner cela car la plupart des gens ont le problème inverse : ils ne sont pas assez audacieux dans la prédication de l’Évangile. Jésus a dit de prier pour que davantage d’ouvriers soient envoyés à la moisson, et Paul, dans Philippiens 1:14, se réjouissait que ses souffrances encouragent d’autres croyants à prêcher avec plus de courage et sans crainte. De plus, 2 Corinthiens 2:15 dit que (si nous agissons correctement) nous dégagerons une odeur de mort pour ceux qui périssent. L’Évangile est choquant, et si nos paroles ne choquent jamais, c’est que nous ne faisons pas notre travail. Cependant, aussi choquant que soit l’Évangile pour certains, nous ne devons pas aggraver ce choc. Nous devons dire la vérité dans l’amour, comme le dit Éphésiens 4, 15. En particulier dans la culture moderne, nous pouvons dire la vérité d’une manière désagréable ou insensible et rebuter les gens inutilement. Nous pouvons partager l’Évangile si souvent avec les mêmes personnes que notre insistance risque de devenir agaçante. Nous ne voulons pas aggraver le caractère choquant de l’Évangile, mais nous ne voulons pas non plus en atténuer le caractère choquant.

Q : Dans Matthieu 10, 14-15 et 40-42, pourquoi Jésus a-t-il enseigné qu’il était si important d’accueillir une personne juste ?

R : Accueillir une personne juste impliquait de nombreuses choses. Cela ne signifiait pas seulement l’accueillir, mais aussi lui apporter aide et soutien, et, dans les décennies à venir, lui offrir un refuge contre les autorités qui la poursuivaient. Accueillir une personne juste impliquait également d’accepter son enseignement et d’être disposé à apprendre d’elle. Cela impliquait aussi de lui offrir une tribune pour enseigner aux autres.

Q : Dans Matthieu 10:15, pourquoi le sort de Sodome et de Gomorrhe sera-t-il plus clément au Jour du Jugement que celui de ceux qui n’ont pas accueilli les disciples chez eux ?

R : L’Écriture ne le dit pas, mais Dieu juge les hommes en fonction de ce qu’ils étaient en mesure de savoir (Romains 4, 15 ; 5, 13). Si les habitants de Sodome et de Gomorrhe étaient très méchants, ils ne savaient pourtant que très peu de choses sur Dieu. Ceux qui ne sont pas aussi méchants, mais qui en savent beaucoup sur Dieu et qui, malgré tout, rejettent les disciples de Dieu, devront faire face à un jugement sévère.

Q : Dans Matthieu 10, 16, comment doivent-ils (et devons-nous) être prudents comme des serpents et simples comme des colombes ?

R : Tout simplement, nous devons être conscients des ruses et des pièges potentiels que d’autres pourraient tendre, mais nous ne devons jamais recourir nous-mêmes à des manœuvres malveillantes.

Q : Dans Matthieu 10, 19, comment le Saint-Esprit donne-t-il aux chrétiens les paroles à prononcer lorsqu’ils sont persécutés ?

R : Qu’un chrétien soit persécuté à un moment donné ou non, il arrive parfois que le Saint-Esprit inspire spontanément à une personne les paroles qu’elle doit prononcer. D’autre part, Dieu peut vous faire voir ou entendre des choses quotidiennes autour de vous qui ont un rapport avec le message que vous devez transmettre. Par exemple, juste avant de s’adresser aux Athéniens, Paul a vu de nombreuses idoles, ainsi qu’un autel dédié à un dieu inconnu. De plus, la lecture de la Bible nous rappelle la vérité. Même si un chrétien connaissait parfaitement chaque récit et chaque enseignement de la Bible, il serait tout de même important de lire la Bible pour se rappeler la vérité.

Q : Dans Matthieu 10, 19-20, lorsque le Saint-Esprit donne aux chrétiens les paroles à prononcer, cela signifie-t-il qu’à ce moment-là, ces paroles sont inerrantes (sans erreur) ou infaillibles (sans erreur théologique significative) ?

R : À moins que le Saint-Esprit ne donne des mots exacts, et qu’il soit certain que la personne les ait entendus sans erreur, il est possible qu’un chrétien obéissant puisse tout de même s’exprimer de manière erronée.

Q : Dans Matthieu 10, 21-22, 35-36, pourquoi les membres d’un foyer chrétien se dresseraient-ils contre un chrétien ?

R : Il est mal que les membres de la famille d’une personne qui adore Dieu se dressent contre elle. On m’a rapporté l’histoire d’un garçon algérien qui s’était converti de l’islam au christianisme. Lorsqu’il a refusé de se rétracter, sa propre mère a mis de la mort-aux-rats dans sa nourriture.

Q : Dans Matthieu 10, 23, pourquoi Jésus a-t-il dit aux chrétiens de fuir la persécution, puisque Dieu les protège ?

R : Dieu peut nous protéger comme Il le souhaite, et l’une des façons de nous protéger consiste à nous indiquer quand fuir.
D’une part, il n’y a aucune honte à fuir, comme l’ont fait de nombreux chrétiens après que Étienne eut été lapidé (Actes 8, 1-8). D’autre part, il arrive que Dieu ne veuille pas que nous fuyions, mais que nous restions fermes et souffrions pour Lui. À plusieurs reprises, Jésus et Paul se sont délibérément rendus à Jérusalem, sachant ce qui les y attendait.

Q : Dans Matthieu 10, 23, la venue de Jésus ne s’est-elle jamais concrétisée, puisqu’Il devait venir avant qu’ils n’aient parcouru toutes les villes d’Israël ? (C’est le musulman Ahmad Deedat qui a soulevé cette question.)

R : Non, car dans leur fuite, ils n’auraient pas traversé toutes les villes d’Israël avant la venue de Jésus, et ils n’ont jamais traversé toutes les villes d’Israël. Cet événement futur se produira très probablement pendant la tribulation.

Q : Dans Matthieu 10,23, que signifie le fait que Jésus viendra avant qu’ils aient fini de parcourir toutes les villes d’Israël ?

R : Tout d’abord, ce qui n’est pas la réponse, puis quelques faits, et enfin la réponse.

Ce n’est pas la réponse : il est dit que Jésus « viendra », cela ne peut donc pas faire référence à son ascension, lors de laquelle Jésus s’est éloigné. Certains pensent que cela fait référence au jugement à venir de Jésus concernant la destruction de Jérusalem, mais rien n’est mentionné ici au sujet d’un temple.

Quelques faits : nous n’avons aucune preuve que les disciples aient subi des persécutions avant la crucifixion de Jésus. Bien que la destruction du temple ait eu lieu en 70 apr. J.-C., si Jésus était venu secrètement et de manière invisible à cette époque, personne dans l’Église primitive n’en aurait eu la moindre idée. En effet, après 70 apr. J.-C., une quatorzaine de premiers chrétiens ont écrit au sujet du retour du Christ en le présentant comme un événement futur.

Deux points à retenir dans cette réponse : Premièrement, dans Matthieu 10, 21-22, Jésus ne parle pas de prêcher l’Évangile, mais d’aller de ville en ville pour fuir la persécution. Ainsi, c’est le fait de fuir la persécution qui « déclenche le compte à rebours », pour ainsi dire. À ce moment-là, les chrétiens n’auront plus de villes où se réfugier avant le retour du Christ. Cela se produira dans le futur, probablement pendant la tribulation.

Deuxièmement, quelle que soit la date à laquelle cela se produira, rien ne prouve que les apôtres aient pu parcourir toutes les villes d’Israël ; cela ne s’est donc pas encore produit.

Q : Dans Matthieu 10, 23, l’Évangile sera-t-il prêché dans toutes les villes, ou ne le sera-t-il pas, comme le mentionne Matthieu 24, 14 ?

R : Il est important de lire attentivement les versets afin de ne pas en déformer le sens. Matthieu 24:14 dit que l’Évangile sera prêché dans le monde entier, en témoignage à toutes les nations. Cela ne signifie pas que chaque individu soit contraint de l’écouter ; mais grâce à la télévision, à la radio et à Internet, l’Évangile a aujourd’hui été prêché à presque le monde entier, à l’exception peut-être de certaines zones tribales isolées.

Matthieu 10, 23 ne précise pas si l’Évangile sera prêché dans chaque ville d’Israël ou non. Il s’agit plutôt de fuir la persécution, et un chrétien ne manquera pas de villes en Israël où se réfugier avant le retour du Christ.

Q : Dans Mt 10, 25, Mc 3, 22 et Lc 11, 15-19, qui est « Belzébuth » ?

R : Il s’agit du nom d’un démon connu sous ce nom par les Juifs. « Béelzébub » vient de Baal, qui signifie « Seigneur », et de zébub, qui signifie « mouches ».

Q : Dans Matthieu 10, 26, que signifie le fait que rien de ce qui est caché ne restera sans être révélé ?

R : À la fin, tout sera révélé. Plus précisément, lors du Jugement dernier, Dieu jugera chaque action (Apocalypse 20, 13), chaque parole vaine (Matthieu 12, 36-37), et connaîtra même toutes nos pensées (Psaume 139, 2.4).

Q : Dans Matthieu 10, 28, est-ce Dieu ou Satan qu’il faut craindre, car c’est lui qui détruit à la fois le corps et l’âme en enfer ?

R : Ce passage fait référence à Dieu.

Q : Dans Matthieu 10, 28, comment les corps physiques sont-ils détruits en enfer ?

R : Le mot grec utilisé ici est « Gehenna », qui désigne l’enfer, mais ce mot désigne également un grand dépotoir situé juste au sud de Jérusalem. Quel que soit l’endroit où le premier corps d’une personne méchante est détruit, son corps ressuscité va dans l’étang de feu et y est détruit parce qu’elle refuse d’accepter Jésus-Christ comme son Seigneur et Sauveur.

Q : Dans Matthieu 10, 33, si un chrétien, dans un moment de faiblesse, reniait le Christ devant les hommes, ce chrétien serait-il renié par Jésus et irait-il en enfer ?

R : Pierre a agi ainsi, mais il a été pardonné. Renier le Christ puis se repentir n’est pas un péché impardonnable, car aucun péché n’est impardonnable, à l’exception du blasphème contre le Saint-Esprit (Matthieu 12, 31-32 ; Marc 3, 28-30 ; Luc 12, 10-11).

Q : Dans Matthieu 10, 34, comment se fait-il que Jésus, le prince de la paix, soit venu non pas apporter la paix, mais l’épée ?

R : Jésus n’a brandi l’épée contre personne (du moins pas avant son retour), mais des familles se sont divisées, et de nombreux chrétiens ont été tués à cause du nom de Jésus. Jésus dit ici que, même s’il est le Prince de la paix, il ne faut pas supposer qu’il soit déjà venu apporter la paix sur terre, bien qu’il apporte dès à présent la paix dans le cœur des croyants, selon Éphésiens 2, 14-17 et Philippiens 4, 6-7.

Q : Dans Matthieu 10, 37, pourquoi devons-nous aimer Dieu plus que notre propre famille ?

R : Dans Marc 12, 29-30, Jésus a déclaré qu’aimer Dieu était le premier commandement. Dieu nous a créés et nous aime plus que quiconque ; c’est à Dieu que nous devons notre allégeance suprême.

Q : Dans Matthieu 10, 41, comment recevons-nous la récompense d’un prophète ou d’une personne juste en accueillant un prophète ou une personne juste ?

R : Cela s’explique au moins de deux façons.

1. Lorsqu’une personne les accueille et reçoit leur message, elle peut se convertir au christianisme et devenir elle-même une personne juste.

2. Lorsque nous accueillons un chrétien au nom de Jésus, c’est un acte de justice, et c’est comme si nous accueillions Jésus lui-même, comme le dit Matthieu 25, 33-40.

Q : Dans Matthieu 11, 3, pourquoi Jean a-t-il demandé à Jésus s’Il était le Messie promis, alors qu’il avait vu l’Esprit descendre sur Jésus comme une colombe dans Jean 1, 32 ?

R : Jean-Baptiste était emprisonné dans la forteresse de Machaérus, près de la mer Morte, selon le livre 18, chapitre 119 (v. 2) des Antiquités judaïques de Josèphe. Peut-être Jean n’avait-il pas entendu parler des miracles et du ministère de Jésus. Ou peut-être se demandait-il si Jésus allait le libérer de prison par un acte surnaturel. Il existe au moins quatre possibilités complémentaires :

Le doute : Jean traversait peut-être ici un moment de doute. L’écrivain de l’Église primitive Tertullien (198-220 apr. J.-C.) fut le premier à suggérer cette interprétation.

Confusion : Jean voyait peut-être s’accomplir les prophéties relatives à la première venue et s’interrogeait sur celles concernant la seconde venue.

L’impatience : William Hendriksen affirme que « peut-être la difficulté de Jean ne résidait-elle pas dans sa foi, mais dans sa patience. Jean a pris une décision très sage lorsqu’au lieu de garder pour lui ses doutes concernant Jésus, ou d’en discuter avec d’autres sans s’adresser à la bonne personne, il s’est tourné vers Jésus. » (L’Évangile selon Matthieu, 1973, p. 84)

Pousser Jésus à agir : De la même manière, Jean cherchait peut-être à pousser Jésus à faire preuve de plus de puissance, ou les deux à la fois.

Q : Dans Matthieu 11, 3-6, pourquoi Jésus n’a-t-il pas simplement répondu par l’affirmative ou par la négative ?

R : Il est facile de prétendre être le Messie. C’est une autre affaire que d’étayer cette affirmation en fournissant des preuves miraculeuses. Jésus rappelait à la fois à Jean et à ses auditeurs les preuves qu’il avait apportées.

Q : Dans Matthieu 11, 3, y a-t-il eu des moments dans votre vie où, alors que vous témoigniez et viviez pour Dieu, vous vous êtes senti désorienté ou déçu ?

R : Jean-Baptiste prêchait la Parole avec audace et suivait Dieu fidèlement. En raison de ses efforts inlassables, Jean est passé de la liberté du désert à l’enfermement de la prison, où il allait plus tard être exécuté. Mais il a agi ainsi pour le grand Messie, qui accomplirait des choses spectaculaires et se révélerait très bientôt dans toute sa puissance… sauf que cela ne semblait pas se produire, du moins pas selon le calendrier prévu par Jean. Jean-Baptiste était perplexe, et il voulait simplement s’assurer que tout ce pour quoi il avait œuvré et souffert n’avait pas été vain.

Plutôt que de réprimander Jean, en privé ou en public, pour avoir eu quelques doutes, Jésus lui fit dire que les événements allaient se produire, et qu’il pouvait désormais contempler les miracles, en reprenant les paroles d’Ésaïe 35, 5-6. Puis il affirma publiquement Jean, malgré ses doutes.

Jean était peut-être désorienté, mais il arrive parfois que nous le soyons nous aussi. Parfois, le changement pour le mieux ne se produit pas selon notre calendrier. Parfois, on peut avoir l’impression que tout ce que nous avons fait n’a servi à rien. Parfois, comme Job, nous ne comprenons pas pourquoi nous suivons Dieu fidèlement et pourtant tant de malheurs nous arrivent.

Q : Matthieu 11, 11 et Luc 7, 28 enseignent-ils que Jean-Baptiste est allé en enfer, comme l’enseigne le Principe divin du révérend Moon, p. 161 ?

R : Non. Jean 10, 41-42 montre que le témoignage de Jean a conduit beaucoup de gens à croire en Jésus. Il faut se garder de condamner un martyr qui est mort pour Dieu en le qualifiant d’échec ou en l’accusant d’avoir offensé Dieu. Lorsque Jésus dit que le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que [Jean-Baptiste], il fait référence au fait qu’il n’avait pas encore ouvert la voie vers le ciel, et que Jean-Baptiste était en réalité le dernier prophète de l’ancienne alliance. De plus, si Jean-Baptiste avait échoué dans son enseignement, pourquoi Jésus a-t-il alors déclaré, en Matthieu 21, 32, que le peuple devait croire en Jean-Baptiste ?

Q : Dans Matthieu 11, 11 et Luc 7, 28, que signifie le fait que celui qui est le plus petit dans le royaume des cieux soit plus grand que Jean-Baptiste ?

R : Cela ne signifie pas que Jean n’était pas sauvé ou qu’il était un homme mauvais, car Jésus l’a vivement loué dans la première partie du verset, et en tant que précurseur élu, Jean occupait une place que personne d’autre dans l’histoire n’avait jamais eue. Mais le royaume des cieux n’était pas encore venu sur terre, de sorte que Jean-Baptiste a été tué avant d’avoir pu en faire partie. De plus, la perspicacité spirituelle des croyants serait supérieure à celle dont disposait Jean-Baptiste.

Il existe également trois autres points de vue, qui pourraient tous être valables.

Idiome hébreu : cette expression est très similaire à une maxime rabbinique de Johanan ben Zakkai, l’un des érudits les plus respectés du Ier siècle, considéré comme le « moindre » des quatre-vingts disciples de Hillel ; cette maxime n’avait pas pour but de diminuer le statut de Jean, mais d’exalter celui de ses contemporains.

Personne avant Jésus : Même Jean-Baptiste n’était pas encore dans le royaume des cieux. Personne ne l’était, jusqu’à ce que Jésus ouvre la voie par sa mort et sa résurrection.

Position relative au ciel : Rappelez-vous que Jean-Baptiste était rempli de l’Esprit Saint avant même sa naissance. Une hypothèse est que les croyants au ciel, qui ont dû être régénérés après leur naissance, occuperont peut-être une position plus élevée que ceux qui n’ont pas eu à passer par là.

Q : Dans Matthieu 11, 12-13, en quoi le royaume des cieux a-t-il subi une violence ?

R : Depuis l’emprisonnement (puis l’exécution) de Jean-Baptiste jusqu’à aujourd’hui, le royaume des cieux subit et subira toujours des violences. Jésus a tenu ces propos après que Jean-Baptiste, alors emprisonné par Hérode, lui eut envoyé un message. Beaucoup considèrent que la violence et les hommes violents ou autoritaires ne sont pas des éléments positifs, mais négatifs. D’autres, en revanche, y voient un aspect positif.

Q : Dans Matthieu 11, 12-13, depuis l’époque du Nouveau Testament, comment des hommes autoritaires ont-ils fait progresser, ou tenté de faire progresser, le royaume de Dieu ?

R : Moins de cinquante ans après le premier concile de Nicée, les membres de l’Église persécutaient d’autres personnes afin de faire progresser l’Église. Certains chrétiens seront peut-être surpris d’apprendre que Satan et les démons ne consacrent PAS tous leurs efforts à tenter de détruire l’Église. Pourquoi détruire quelque chose si l’on peut en prendre une grande partie et s’en servir comme d’un outil au service de leurs desseins maléfiques ? La destruction n’est qu’une des tactiques de Satan ; l’infiltration en est une autre. Si l’Inquisition espagnole en est l’exemple le plus connu, il existe d’innombrables croisades et persécutions contre les Vaudois, les Juifs, les protestants et d’autres encore.

Q : Dans Mt 11, 14 ; 17, 12 ; Mc 9, 11-13 ; et Lc 1, 17, en quoi Jean-Baptiste agissait-il dans l’Esprit et la puissance d’Élie ? Était-il la réincarnation d’Élie ?

R : Non. Il est venu dans l’esprit et la puissance d’Élie, mais Jean n’était pas la réincarnation d’Élie. Lors de la première venue de Jésus, Jean avait le but et la mission d’Élie. Bien sûr, Élie (et non Jean) lui-même est brièvement apparu lors de la Transfiguration. Beaucoup pensent qu’Élie sera l’un des deux témoins juste avant la septième trompette, dans Apocalypse 11, 3-12.

Le premier auteur connu à avoir abordé ce verset est Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.), qui a remarqué que le concept selon lequel une personne possède l’esprit d’une autre n’est pas propre à Élie et à Jean-Baptiste. Dieu avait promis que Josué posséderait l’esprit de Moïse. (Dialogue avec Tryphon le Juif, chap. 49, p. 220). De même, Élisée reçut une double portion de l’esprit d’Élie dans 2 Rois 2, 9-10.

Jean a ouvert la voie à Jésus, puis il s’est effacé pour laisser la place à Jésus.

Q : Dans Matthieu 11, 16-17 et Luc 7, 32, en quoi cette génération ressemblait-elle à des enfants capricieux sur la place du marché ?

R : Les enfants peuvent avoir du mal à écouter, avoir la mémoire courte et se montrer parfois très déraisonnables. Ils peuvent avoir du mal à voir autre chose que leur propre point de vue. Jésus explique pourquoi il a tenu ces propos dans Luc 7, 33-35 : d’un côté, ils critiquaient Jean-Baptiste parce qu’il ne buvait pas de vin et ne mangeait pas de nourriture ordinaire, puis ils faisaient volte-face et critiquaient Jésus parce qu’il buvait du vin et mangeait de la nourriture ordinaire.

J’ai observé une situation similaire à Salt Lake City, alors que j’exerçais mon ministère auprès des mormons. Les mormons me demandaient si j’avais déjà été mormon, et je répondais « non ». Puisque je n’avais jamais été mormon, comment pouvais-je comprendre ce qu’ils enseignaient ? Ils posaient la même question à des chrétiens ex-mormons, et ceux-ci répondaient « oui ». Comment pouvaient-ils écouter quelqu’un qui était un apostat et qui avait quitté leur Église ? Apparemment, il est impossible de faire passer un message à certaines personnes.

Q : Dans Matthieu 11:20, pourquoi Jésus a-t-il dénoncé ces villes en les citant nommément ?

R : Le mot grec utilisé ici pour « dénoncer », oneidizein, signifie une réprimande ou une indignation très vive. Jésus ne se contentait pas de dire que si elles ne l’acceptaient pas comme le Messie, elles seraient perdues. Mais, plus fort encore, Jésus affirme qu’au jugement dernier, le sort réservé aux villes mauvaises et impies comme Sodome et Gomorrhe sera préférable à celui de ces villes-là. La sévérité du châtiment tient compte des chances qui leur ont été offertes. Deuxièmement, Jésus était indigné qu’elles ne croient pas qu’il venait de Dieu, même après avoir accompli ces miracles dans leurs villes.

À titre d’information, nous ne savons pas avec certitude où se trouve Corazin, mais il s’agissait probablement du site de l’actuelle Khirbet Kerazeh, située à deux miles au nord-est de Capharnaüm.

Q : Dans Matthieu 11, 23-24, pourquoi Sodome serait-elle disposée à se repentir ici ?

R : Jésus utilise ici une hyperbole pour dire que si les habitants de Sodome avaient eu la connaissance de Dieu dont disposaient les Juifs, ils n’auraient pas été assez méchants pour être détruits. Même les Assyriens se sont repentis lorsque Jonas est venu vers eux, mais certains habitants de Galilée refusaient de se repentir alors même que Dieu lui-même était venu vers eux.

Q : Dans Matthieu 11, 25-26, pourquoi Jésus a-t-il remercié le Père d’avoir caché la vérité aux soi-disant sages ?

R : Ne serait-il pas étrange que les plus intelligents, et ceux qui ont les moyens de s’offrir une meilleure éducation, soient, par leur seule connaissance, plus agréables à Dieu ou plus proches du Ciel ? Il n’en est rien ; tout le monde est sur un pied d’égalité en matière d’intelligence et d’éducation. Ceux qui sont prêts à reconnaître devant Dieu leur propre impuissance sont proches de Dieu, comme le montre la parabole du pharisien et du publicain.

Q : Dans Matthieu 11, 25-26, de quelles manières Dieu empêche-t-il les gens de comprendre sa sagesse ?

R : Les personnes qui sont si intelligentes qu’elles pensent pouvoir comprendre la vie indépendamment de Dieu. Être sage n’est pas une mauvaise chose, mais se fier à sa propre sagesse plutôt qu’à Dieu l’est.

Q : Dans Matthieu 11, 25-26, devrions-nous jamais remercier Dieu d’avoir caché la vérité ?

R : Il vaut mieux simplement remercier Dieu pour la vérité et pour la manière dont Il l’a révélée. Jésus dit que les personnes les plus intelligentes n’ont aucun avantage sur les moins intelligentes pour découvrir la vérité concernant Dieu. La vérité a été cachée de telle sorte que les hommes ne peuvent la découvrir par leur propre sagesse, en dehors de Dieu. Pourtant, paradoxalement, ceux qui veulent connaître la vérité la trouveront, même s’il ne s’agit que de petits enfants.

Q : Dans Matthieu 11, 27, comment toutes choses sont-elles remises à Jésus ?

R : Toutes choses sont remises à Jésus de plusieurs manières. Tous se prosterneront devant Jésus, Jésus jugera les hommes, et Jésus nous a sauvés.

Cependant, le point essentiel que Jésus souligne ici n’est pas qu’il est « un » sauveur, mais plutôt qu’il n’y a de salut que par Jésus qui nous sauve. Un adulte d’aujourd’hui, un bébé, ou une personne décédée à une époque antérieure, avant de connaître le Christ, va au Ciel par Jésus, ou n’y va pas du tout.

Q : Dans Matthieu 11, 27, comment se fait-il que personne ne connaisse le Père, sauf le Fils et ceux à qui le Fils révèle le Père ?

R : Cela est vrai non pas d’une seule, mais de deux manières.

Connaissance : Si Dieu l’avait voulu, Il aurait pu Se cacher, de sorte que nous ne puissions pratiquement rien savoir de Lui. Dieu a choisi de Se révéler, en partie par Abraham et par les prophètes, mais la révélation la plus complète de Lui-même s’est faite par la venue de Jésus-Christ sur terre.

Salut : Tous ceux qui ont été sauvés, et tous ceux qui le seront, le sont par le Messie, Jésus. Même ceux qui suivaient le vrai Dieu avant la naissance de Jésus, et qui ne connaissaient pas le nom de Jésus, sont sauvés par Jésus. Actes 4, 12 affirme que le salut ne se trouve nulle part ailleurs. Philippiens 2, 9-11 déclare qu’au nom de Jésus, tout genou fléchira, dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confessera que Jésus-Christ est Seigneur.

Q : Dans Matthieu 11, 27, pourquoi Jésus dit-il que personne ne connaît le Père, sauf le Fils et ceux à qui le Fils choisit de le révéler, alors que le Psaume 145, 18 dit que Dieu est proche de tous ceux qui l’invoquent ?

R : L’ouvrage « Les neuf questions que l’on se pose sur le judaïsme », p. 86-87, aborde ce sujet. La réponse comporte trois points à prendre en considération.

Tous ceux que Jésus choisit : Jésus n’a jamais dit qu’Il serait le seul à connaître le Père. Il a plutôt déclaré que seuls Lui et ceux qu’Il choisit connaîtront le Père.

La période : Jésus n’a pas précisé s’il s’agissait de l’avenir, lors du jugement dernier, du présent, du passé, ou de tout cela à la fois. Cette affirmation est vraie pour l’avenir, car à la fin, tous se tiendront devant le Christ, qui est notre juge, comme le montre Jean 5, 22-23. Les paroles de Jésus étaient également vraies à son époque, comme il l’a dit aux Juifs en Jean 8, 24 : s’ils le rejetaient, ils mourraient bel et bien dans leurs péchés. Cela pouvait sembler injuste à ceux qui pensaient qu’aller au Ciel consistait simplement à lire les Écritures et à se fier aux paroles, plutôt qu’à l’obéissance. Cependant, Jésus a déclaré en Jean 14, 6 qu’il était le chemin, la vérité et la vie, et que personne ne viendrait au Père si ce n’est par lui. Cependant, dans un certain sens, les paroles de Jésus étaient également vraies avant même son époque. Non seulement était-il avec les Israélites dans le désert, selon 1 Corinthiens 10, 4, mais sa crucifixion et sa résurrection, qui ont apporté la vie à tous les croyants, tant ceux qui ont vécu avant le Christ que ceux qui ont vécu après, avaient été prévues dès la fondation du monde, comme l’indique Actes 2, 23.

Une relation particulière : Compte tenu de tout ce qui précède, Jésus et le Saint-Esprit entretiennent effectivement avec le Père une relation particulière que nul autre ne possède.

Q : Dans Matthieu 11, 28, comment Jésus vous donne-t-il le repos ?

R : Nous pouvons appliquer cette vérité à notre vie d’au moins cinq manières.

Libération de la peur : Dieu prendra soin de nous, et rien ne nous arrivera si ce n’est ce que Dieu permet. 1 Pierre 1, 6-9 et 1 Corinthiens 2, 9 montrent que les gloires du Ciel feront paraître insignifiantes les souffrances que nous endurons sur terre.

Libération de l’angoisse et de l’inquiétude : dans le Sermon sur la montagne, Jésus insiste tout particulièrement sur la valeur que nous avons aux yeux de Dieu, ainsi que sur le caractère indésirable et inutile de l’inquiétude. Philippiens 4, 6-7 dit que nous ne devons nous inquiéter de rien, mais présenter nos demandes à Dieu.

Libération de notre propre travail, de nos objectifs et de nos ambitions : lorsque nous devenons chrétiens, notre conception de la réussite est redéfinie. La réussite ne consiste pas seulement à accomplir ce que Dieu veut que vous accomplissiez, mais à devenir tout ce que Dieu veut que vous soyez. Ce n’est rien de plus. Nous n’avons plus besoin de nous soucier de réussir aux yeux des autres, ni de nous conformer aux idéaux culturels.

Libération de la crainte du Jugement : au Jour du Jugement, les chrétiens peuvent se présenter sans crainte. Le Christ jugera les chrétiens sur leurs récompenses (ou leur perte de récompenses), mais les chrétiens peuvent avoir l’assurance du salut et d’échapper à l’étang de feu.

Liberté éternelle : notre liberté commence dès maintenant sur terre, de manière limitée. Mais nous aurons la liberté en tant que fils du Roi des cieux, pour toujours.

L’ouvrage *When Critics Ask* (p. 342) résume bien cela : « La vie d’un croyant est “facile” en ce sens qu’elle apporte “le repos à vos âmes” (Matthieu 11, 29), mais elle est difficile pour la “chair”, qui a souvent besoin de la main disciplinaire de Dieu pour la maintenir dans le droit chemin. Le salut apporte la « paix avec Dieu » (Rom. 5, 1), mais il entraîne également un conflit avec le monde (1 Jean 2, 15-17 ; Gal. 5, 17). »

Q : Dans Matthieu 11, 29-30, quelle est la différence entre un joug et un fardeau ?

R : Un joug tire une charrette qui transporte un fardeau. On tire un joug avec d’autres personnes. Un joug, ainsi que le fardeau qu’il sert à tirer, peut être léger ou lourd, et Jésus dit que son joug est léger.

Un agriculteur doit s’assurer que le joug est bien ajusté, que les rembourrages sont à leur place, etc. On se demande parfois s’il est plus facile ou plus difficile pour un agriculteur d’atteler des bœufs ensemble ou pour Dieu d’atteler des chrétiens ensemble. Si un bœuf est mort ou refuse d’avancer, cela ne sert à rien à l’agriculteur de l’atteler. Si Dieu offre une opportunité aux chrétiens en les unissant sous un même joug, mais qu’un chrétien refuse d’avancer parce que Dieu ne répond pas à ses attentes, cela n’aide en rien les autres chrétiens auxquels il est attelé. Pire encore, si ce chrétien décide de s’engager dans une direction différente de celle que Dieu souhaite suivre, cela peut alors s’avérer difficile.

Parfois, les chrétiens s’attendent à ce que le fait de suivre et d’obéir à Dieu leur apporte le maximum de bénédictions et de prospérité dans leur vie. Dieu n’a jamais promis cela. Les lapidations et les coups peuvent avoir tendance à mutiler une personne, et les coups et les lapidations subis par Paul ne l’ont pas béni physiquement. Paul aurait probablement pu être plus prospère s’il avait passé plus de temps à fabriquer des tentes et moins de temps à faire des « choses financièrement inutiles » comme prêcher l’Évangile. Si Paul ne pouvait pas s’attendre à être mieux loti physiquement et financièrement en suivant Dieu, alors nous ne le pouvons pas non plus. Le but de Dieu est de manifester sa gloire sur terre, et non de nous procurer le plus grand confort possible. La gloire de Dieu passe par le fait que nous partagions l’Évangile, que nous formions d’autres disciples et que nous menions une vie digne (Mt 10, 37-38 ; Lc 20, 35 ; Ph 1, 27 ; 2 Th 1, 5, 11), mais pas nécessairement notre jouissance permanente. Un bœuf ne sait peut-être pas ce que c’est que de labourer en cercles concentriques ; il sait seulement suivre la direction de son maître. Si nous parvenons à abandonner nos propres attentes quant à ce que Dieu devrait faire pour nous, et à simplement suivre Sa direction, il sera alors plus facile pour Dieu de nous atteler.

Q : Matthieu 11, 29 soutient-il d’une manière ou d’une autre le yoga, tel qu’enseigné par Mark et Elizabeth Prophet dans *Les enseignements perdus de Jésus 3* (1988), p. 273-274 ?

R : Pas du tout. Jésus dit de prendre son « joug » sur vous, et non pas le « yoga ». Le mot grec utilisé ici, zugon, désignait le fait d’atteler des bœufs pour travailler aux champs, et implique de servir Jésus, et non de pratiquer des activités physiques particulières ou de contrôler sa respiration.

Q : Dans Matthieu 11, 29-30, comment prenons-nous sur nous le joug de Jésus aujourd’hui ?

R : En vous soumettant à la volonté du Christ et en Lui confiant toute votre vie ; en vous laissant former par Jésus ; en étant doux et humbles comme Jésus.

Q : Dans Matthieu 12, 1-5, les disciples de Jésus ont-ils enfreint le sabbat juif ou non ?

R : Ils n’ont pas enfreint le sabbat tel qu’il est défini dans la loi mosaïque, bien qu’ils aient enfreint l’interprétation qu’en faisaient les pharisiens. Si Exode 34, 21 interdisait la moisson le jour du sabbat, ils n’avaient toutefois pas de faucille et ne disposaient que de quelques épis. Cueillir des épis sans faucille était autorisé par Deutéronome 23, 25.Nous n’avons aucune trace indiquant que les disciples ou Jésus aient enfreint la Loi mosaïque pendant que Jésus exerçait son ministère sur terre avant sa résurrection. Notez que le désaccord ne portait pas sur des interprétations divergentes de la loi, mais sur l’approche fondamentale de celle-ci.

Il est intéressant de noter que les Juifs eux-mêmes n’étaient pas d’accord sur le fait que cueillir du blé le jour du sabbat était répréhensible. « Moissonner le blé » figurait parmi les trente-neuf types de travaux interdits dans la Mishna, Shabbat 7.2.9.c, selon leurs traditions. Cependant, elle prévoyait également des exceptions pour le service du Temple. Une exception est également accordée lorsque la vie est en jeu, comme le mentionnent la Mishna Yoma 8:6 ; Mek Exode 22:2 ; 23:13. La Mishna Shabbat 10.2 ne traite pas du fait de cueillir du blé de manière occasionnelle. À une époque ultérieure, la Guemara autorise expressément la cueillette du blé à la main ; elle interdit uniquement l’utilisation d’un outil.

Q : Dans Mt 12,1-8 et Mc 2,27, ce que Jésus dit ici au sujet du sabbat constitue-t-il un changement de la Loi de Dieu, ou Jésus expliquait-il simplement comment ils auraient dû la pratiquer à l’époque de l’Ancien Testament également ?

R : Jésus n’apporte ici aucune modification. Cueillir des épis était déjà expressément autorisé par la Loi. Si la Loi stipulait que l’on ne pouvait pas travailler le jour du sabbat, il était toutefois permis de cueillir du blé pour se nourrir, à condition de ne pas le récolter en le mettant dans un sac.

Jésus soulignait qu’il fallait considérer la Loi dans son ensemble, car celle-ci prévoyait également une disposition particulière pour les prêtres. De plus, Jésus fait remarquer que, lors de la situation d’urgence vécue par David, le fait de rester en vie et de garder une longueur d’avance sur Saül primait sur les pains de proposition. À combien plus forte raison le Messie devrait-il primer sur les traditions pharisiennes ?

Enfin, Jésus a déclaré qu’il y avait ici quelque chose de plus grand que le Temple de Dieu. Une chose plus grande que le Temple de Dieu, c’est Dieu Lui-même.

Q : Dans Mt 12, 3-5 et Mc 2, 25-27, pourquoi était-il permis de prendre les pains de proposition, et quel est le rapport avec le respect du sabbat ?

R : Le principe clé ici est la hiérarchie des commandements, et leur obéissance ultime devait aller à Dieu, et non au sabbat. Seuls les prêtres étaient censés manger les pains de proposition, et David et ses hommes étaient en mission pour Dieu ; ils se trouvaient dans une situation d’urgence (fuyant Saül), et après en avoir discuté avec le prêtre, ils en ont mangé, comme le rapporte 1 Samuel 21, 3-6.

Pour les pharisiens, le sabbat était en réalité devenu leur idole ! Ce n’était pas parce que le sabbat était en soi mauvais, mais plutôt parce qu’ils se souciaient davantage du sabbat que de Dieu. C’étaient des hommes attachés aux règles, mais pas des hommes de Dieu.

Irénée (182-188 apr. J.-C.) a écrit : « David avait été désigné comme prêtre par Dieu, bien que Saül le persécutât. Car tous les justes possèdent le rang sacerdotal. Et tous les disciples du Seigneur sont des prêtres, car ils n’héritent ni de terres ni de maisons. Au contraire, ils servent Dieu et l’autel sans cesse… Ses disciples détenaient un sacerdoce du Seigneur. Ainsi, il leur était licite, lorsqu’ils avaient faim, de manger les épis [de blé]. » Irénée, Contre les hérésies, livre 4, chap. 8.3, p. 471

Q : Dans Mt 12, 5, comment les prêtres profanaient-ils chaque sabbat sans commettre de faute ?

R : La Loi enjoignait aux prêtres de faire ce qu’il n’était pas permis aux autres de faire le sabbat : ils étaient censés travailler. Jésus ne voulait pas dire que les prêtres devaient cesser de faire ce que Dieu leur avait ordonné. Il voulait plutôt dire que si l’on se concentre sur les instructions de Dieu en ignorant le contexte, on peut se heurter à toutes sortes de problèmes. Un légaliste est quelqu’un qui se concentre sur les lois sans tenir compte du contexte.

Tertullien (198-220 apr. J.-C.), dans ses Cinq livres contre Marcion, livre 4, chapitre 12, p. 362-363, soulève un point intéressant concernant la primauté de l’obéissance à Dieu par rapport au respect rituel du sabbat. Le premier exemple où tout le peuple a enfreint le sabbat tout en obéissant néanmoins à Dieu remonte au moment où Dieu leur a ordonné de faire le tour de Jéricho. Dieu a ordonné aux Israélites de faire le tour de Jéricho pendant huit jours d’affilée ; ils marchaient donc le jour du sabbat. Il s’agit donc là aussi d’un exemple où le commandement direct de Dieu l’emporte sur le sabbat.

Q : Dans Matthieu 12, 5, lorsque Jésus a dit : « N’avez-vous pas lu dans la Loi que, le jour du sabbat, les prêtres dans le temple enfreignent le sabbat et sont pourtant innocents ? », pourquoi ne s’agissait-il pas d’une citation de la Loi ?

R : Jésus n’a pas présenté cela comme une citation. Il faisait une déduction logique selon laquelle, conformément à la Loi, les prêtres accomplissaient leur ministère le jour du sabbat, et que cela restait légitime et agréable à Dieu.

Q : Dans Matthieu 12, 3-8 et Marc 2, 25-28, quel était le but de ces illustrations ?

R : Suivre Dieu ne se résume pas à des règles, mais aussi à des priorités. Suivre Jésus en tant que Seigneur, voilà en quoi consiste l’obéissance, et non pas seulement le respect de règles, même celles de Dieu. D’autres passages montrent que suivre Dieu implique bien plus que des règles et des priorités, mais Jésus s’exprimait ici de manière élémentaire. Jésus a eu la patience de donner une explication simple aux pharisiens hostiles, et rendons grâce à Dieu d’être patient avec nous aussi.

Q : Dans Matthieu 12, 8 et Marc 2, 28, que signifie le fait que le Fils de l’homme soit également le Seigneur du sabbat ?

R : Nous avons été créés pour Dieu, et non pour une loi ni pour le sabbat. Le commandement de se reposer le jour du sabbat a été donné pour aider l’homme, et non pour lui mettre des obstacles. Dieu est le Seigneur de Sa loi.

Q : Dans Matthieu 12, 8 et 12, dans quelles circonstances, le cas échéant, devrions-nous aujourd’hui enfreindre la lettre de la loi ?

R : Il peut parfois y avoir des situations où nous devrions le faire. Notre objectif premier n’est pas d’obéir à « la » loi ou à « une » loi. Ce n’est pas non plus l’évangélisation. Notre objectif premier est de glorifier Dieu et de lui plaire. Cela implique de lui obéir, notamment à son commandement de partager l’Évangile et à bien d’autres choses encore. Nous devons faire preuve de prudence lorsque nous enfreignons ce que Dieu nous a commandé dans le Nouveau Testament, car trop souvent, cela peut simplement devenir un prétexte pour pécher, échapper à la persécution ou choisir la facilité. Cela dit, comme Jésus l’a enseigné ici, il existe des moments où l’obéissance à Dieu ne consiste pas à suivre une règle. Prenons un exemple simple : si vous avez sous votre responsabilité un ami qui est sur le point de mourir et que vous roulez à toute vitesse pour l’emmener à l’hôpital, devez-vous veiller à ne pas dépasser la limite de vitesse ? Si un gouvernement adopte une loi vous obligeant à dénoncer ce que font vos voisins (comme en Corée du Nord) et que certains d’entre eux organisent une étude biblique, devez-vous le signaler au gouvernement ?

Enfin, Jésus nous montre que cette idée selon laquelle Dieu désire certaines choses plus que les sacrifices ou d’autres lois n’est pas un enseignement nouveau qu’Il a donné, mais qu’elle est sous-entendue dans l’Ancien Testament, en Osée 6, 6, que Jésus cite dans Matthieu 12, 7.

Q : Dans Matthieu 12, 10-14 et Marc 3, 3-6, qu’est-ce que les pharisiens considéraient comme répréhensible dans le fait de guérir le jour du sabbat ?

R : Les pharisiens considéraient la guérison comme un acte créateur, et donc comme un travail. Cependant, les Juifs du Ier siècle eux-mêmes discutaient de ce qui était autorisé en matière de soins aux malades dans la Mishna Eduyoth 2,5 et la Mishna Shabbat 6,3 ; Mek Exode 22,2 ; 23,13.

Q : Dans Matthieu 12, 10-14, pourquoi Jésus a-t-il répondu ainsi aux pharisiens ?

R : Jésus soulignait leur incohérence. Imaginez l’étrange ironie de la situation. Voici des hommes qui enseignaient leurs propres ajouts à la parole de Dieu comme s’il s’agissait de la parole de Dieu elle-même, et qui disaient à Dieu Lui-même qu’Il ne pouvait pas faire quelque chose. Puisque le miracle venait de Dieu, ils auraient tout aussi bien pu dire à Dieu qu’Il devait retirer ce miracle !

Q : Matthieu 12, 18 fait-il référence à la Trinité ?

R : Oui, dès lors que l’on comprend que le Serviteur est Dieu. Le Serviteur est envoyé, et l’Esprit de Dieu repose sur lui.

Q : Dans Mt 12, 31-32, Mc 3, 28-30 et Lc 12, 10-11, qu’est-ce que le blasphème contre le Saint-Esprit ?

R : Jésus ne défendait pas souvent Son autorité à agir, mais Il a jugé important de la défendre ici lorsqu’Il a été accusé d’agir par Satan. Le contexte indique qu’il s’agit de voir l’œuvre miraculeuse directe de Dieu, de rejeter l’Évangile et de dire que ces choses viennent de Satan. Il est normalement tout à fait acceptable de poser des questions ou d’examiner quelque chose de près, mais lorsqu’on conteste ce qui est manifestement incontestable, on rejette en réalité ce que l’on sait être vrai.

Il ne s’agit pas simplement de demander au Saint-Esprit de sortir de sa vie. Je connais une étudiante chrétienne qui a demandé à Dieu de sortir de sa vie. Au bout d’un mois environ, elle s’est sentie si malheureuse qu’elle s’est repentie et est revenue vers le Christ. Si quelqu’un commettait un blasphème contre le Saint-Esprit, il ne voudrait plus jamais revenir vers le Christ.

Q : Dans Mt 12, 31-32, Mc 3, 28-30 et Lc 12, 10-11, pourquoi le blasphème contre le Saint-Esprit est-il bien plus grave que le blasphème contre Jésus ?

R : Jésus ne l’a pas précisé. Cependant, si quelqu’un rejette Jésus, l’Esprit peut agir de manière à ce qu’il change d’avis et accepte Jésus par la suite. En revanche, si quelqu’un refuse définitivement la présence du Saint-Esprit dans sa vie, et que le Saint-Esprit respecte ce désir, cette personne ne viendra jamais au Christ et n’ira pas au Ciel.

Q : Dans Matthieu 12, 31-32, le blasphème contre le Saint-Esprit signifie-t-il détester la lumière en niant les manifestations de Dieu (telles que Bahá’u’lláh), comme l’enseignent les bahá’ís dans *Some Answered Questions*, p. 127-128 ?

R : Non, c’est un raisonnement circulaire qui part du principe que l’affirmation selon laquelle Bahá’u’lláh est la lumière prouve que Bahá’u’lláh était la lumière. Cependant, même en ce qui concerne Jésus, notez qu’en Matthieu 12, 32, il a dit que ceux qui parlent contre Jésus seront pardonnés ; ainsi, parler contre un prophète de Dieu n’est PAS un blasphème contre le Saint-Esprit.

Q : Dans Matthieu 12, 32, le fait que le blasphème contre le Saint-Esprit ne soit pas pardonné dans cette vie ne vient-il pas, d’une certaine manière, étayer la croyance au purgatoire, comme l’a affirmé l’écrivain catholique Ludwig Ott ?

R : Non, même la *New Catholic Encyclopedia*, vol. 11, p. 1034, indique que « la doctrine du purgatoire n’est pas explicitement mentionnée dans la Bible ». Matthieu 12, 31-32 ne vient en rien étayer l’existence du purgatoire, et ce pour trois raisons :

1) Selon l’enseignement catholique, le purgatoire purifie le croyant des péchés véniels (mineurs), et non des péchés mortels (plus graves, voire fatals), or le blasphème contre le Saint-Esprit est considéré comme un péché mortel.

2) Jésus ne parle pas des croyants, mais des scribes et des pharisiens qui l’ont rejeté.

3) Ce verset ne dit rien sur la durée, la gravité, la nature ou le lieu du châtiment ou de la purification ; il ne fait aucune mention d’un châtiment ou d’une purification. Il évoque plutôt le fait de ne pas être pardonné par Dieu.

Q : Dans Mt 12, 34, que dit Jésus à propos de certaines personnes ?

R : Il ne se contente pas de dire qu’ils sont une race de vipères, ni qu’ils tiennent des propos mauvais. Jésus décrit plutôt une condition de type « si… alors ». Étant donné qu’ils sont une race de vipères et qu’ils sont mauvais, alors seules des choses mauvaises peuvent en sortir. Cela vaut pour certaines personnes aujourd’hui. Pour certains, compte tenu de l’état de leur cœur, ils ne sont pas capables de dire quoi que ce soit de bien sur quoi que ce soit, seulement du mal. Ce qui est étonnant, c’est que, tout comme les pharisiens, ils sont généralement aveugles au fait qu’ils ont un cœur mauvais. Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas assez intelligents pour s’en rendre compte, mais parce qu’ils n’ont jamais songé à s’interroger sur l’état de leur cœur.

En réalité, ce n’est pas comme si les pharisiens ne comprenaient pas. C’est plutôt qu’ils ne voulaient pas comprendre. Jésus s’est mis en travers de leur chemin et a donné une mauvaise image de leur « grand » programme.

Bien sûr, en tant que croyants, nous devons veiller à ne pas agir de la même manière. Parfois, lorsqu’une personne tient des propos grossiers, elle peut se justifier en disant : « Désolé, ça m’a échappé. » Mais alors, pourquoi cela se trouvait-il là au départ ? Nous devons veiller à ne pas avoir, nous aussi, dans notre cœur, des parties « incontestées » qui sont mauvaises. 2 Corinthiens 13:5 dit que nous devons nous examiner nous-mêmes. Mais demandons de l’aide ! Dans le Psaume 139:23-24, le psalmiste a demandé à Dieu de sonder son cœur et de lui révéler tout ce qui y était mauvais.

Malheureusement, certaines personnes n’ont pas changé, même en présence directe de Jésus. Certaines ne changeront pas, quoi que nous leur disions ; mais nous pouvons nous tourner vers celles qui sont prêtes à écouter.

Q : Dans Matthieu 12, 38-39 et Matthieu 16, 1-4, lorsque les pharisiens ont demandé un signe, Jésus a-t-il dit qu’ils n’auraient que le signe de Jonas, ou n’y avait-il aucun signe, comme le dit Marc 8, 11-13 ?

R : Quatre points sont à prendre en compte dans la réponse.

1. Ils venaient tout juste de voir un signe ; en réalité, ils demandaient « encore un autre signe ». Mais à quoi servirait un autre signe, puisqu’ils avaient vu Jésus chasser le démon et qu’ils avaient déclaré que c’était là un signe venu de l’enfer ? À quoi servirait un signe quelconque s’ils se contentaient de dire qu’il venait de Satan ? Rappelez-vous qu’en Matthieu 12, 14, ils venaient tout juste de commencer à comploter pour détruire Jésus.

2. Matthieu 12, 38-39 correspond à la première demande de signe, tandis que Matthieu 16, 1-4 et Marc 8, 11-13 correspondent à la deuxième demande de signe.

3. Dans tous les cas, Jésus a soit déclaré qu’ils ne verraient aucun signe venu du Ciel, soit qu’ils ne verraient que le signe que les auditeurs de Jonas avaient vu.

4. Les auditeurs de Jonas n’ont jamais vu aucun signe miraculeux, seulement le prophète Jonas. Jonas n’a jamais accompli de miracle rapporté dans la Bible.

Q : Dans Matthieu 12, 38-39 et Luc 11, 30, les versets concernant le signe de Jonas sont-ils inauthentiques et ont-ils probablement été ajoutés au VIIe siècle après J.-C., comme l’affirment Stendahl, Peake et G. Schmitt dans « Das Zeichen Jona », ZNW [1978] [p. 120-123] ?

R : Non. La section 16, 1-4, p. 68 du Diatessaron cite ces versets, et cet ouvrage a été rédigé vers 172 apr. J.-C. Ces versets sont mentionnés par Justin le Martyr (138-165 apr. J.-C.), Irénée (182-188 apr. J.-C.) et Cyprien de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.). Les manuscrits bibliques Vaticanus (325-350 apr. J.-C.) et Sinaiticus (340-350 apr. J.-C.) citent ces passages.

Q : Dans Matthieu 12, 39-40, comment une génération peut-elle être méchante et adultère ?

R : Jésus ne parle pas seulement de certains pharisiens et docteurs de la loi, mais de toute la culture du peuple juif à cette époque précise. Les gens ont tendance à suivre leur culture, et leur culture, à cette époque, ne laissait aucune place à un Messie.

Q : Dans Matthieu 12, 45, qu’enseigne Jésus au sujet des hommes et des démons ?

R : Jésus enseigne deux points.

Plus précisément, lorsqu’un démon est chassé d’une personne, si celle-ci reste dans un vide spirituel, le démon peut revenir, accompagné d’autres démons encore pires.

En général, les gens ne restent pas très longtemps dans un vide spirituel. S’ils ne sont pas remplis de Dieu, les démons viendront les envahir, ainsi que leur culture et leur société.

Q : Dans Matthieu 13, 1, pourquoi Jésus s’est-il assis sur une barque pour s’adresser à la foule ?

R : Jésus s’est probablement exprimé depuis une barque car, par temps calme, le son de sa voix portait bien au-dessus de l’eau. Il s’agit de l’un des cinq grands discours de Matthieu adressés aux foules, et il était préférable que celles-ci puissent l’entendre clairement. Il n’y a aucune allusion à une signification cachée, apocalyptique ou autre.

Q : Dans Matthieu 13, 1-23, qu’est-ce qui diffère : la graine ou le sol ? Et en quoi cela nous concerne-t-il aujourd’hui ?

R : La graine (le message de l’Évangile) était la même. Mais ce qui différait, c’était la capacité du sol à d’abord accueillir la graine, puis à la faire pousser. Certaines personnes ne peuvent pas accueillir le message de l’Évangile. D’autres peuvent l’accueillir, mais il ne produira pas de croissance durable en elles. Cependant, l’Évangile n’est pas quelque chose que nous devrions semer de manière sélective uniquement sur ce que nous considérons comme de la bonne terre. Nous devons le semer partout, et le sol l’accueillera s’il le peut. Mais nous ne devons pas nous bercer d’illusions en pensant que si nous nous contentons de partager l’Évangile avec le monde, alors le monde entier se tournera vers le Christ. Enfin, cette parabole invite le lecteur à se demander : « Aux yeux de Dieu, quel genre de sol suis-je ? »

Q : Dans Matthieu 13, 1-58, qu’est-ce qui est inhabituel dans ces paraboles ?

R : David Wenham a été le premier spécialiste moderne à reconnaître que Matthieu 13, 3-52 constitue un chiasme. Il ne s’agit toutefois pas d’un chiasme parfait.

13, 1-2 Jésus vint

- 13, 3-9 : Parabole du semeur, adressée aux foules

-- 13, 10-12 Les disciples posent des questions et Jésus répond

--- 13, 10-17 Le but des paraboles (pour les non-initiés)

----13, 18-23 Interprétation de la parabole du semeur

-----13, 24-33 Trois autres paraboles adressées à la foule : « Le royaume des cieux est semblable à… » (l’ivraie, le grain de moutarde, le levain)

Digression

--- 13, 34-35 Le but des paraboles (pour les disciples)

---- 13, 36-43 Interprétation de la parabole du blé et de l’ivraie

Fin de la digression

-----13, 44-48 Trois autres paraboles adressées aux disciples : « Le Royaume des Cieux est semblable à… » (le trésor, la perle, le filet)

---- 13, 49-50 Explication

-- 13, 51 Jésus pose une question et les disciples répondent

- 13, 52 Parabole du trésor nouveau et de l’ancien

13:53 Jésus s’en alla

Au sein de cette structure, Matthieu 13, 13-17 constitue également un chiasme.

Q : Dans Mt 13, 6-7, quelle est la différence entre le chemin, le deuxième sol rocailleux et le troisième sol épineux ?

R : Le premier sol avait une profondeur suffisante et ne comportait pas d’épines faisant obstacle à la lumière du soleil. Mais il n’a tout simplement pas voulu accueillir la graine dès le départ. Les graines ont germé dans les trois autres sols, mais elles n’ont même pas eu la chance de germer dans le premier sol.

Dans les deuxième et troisième sols, la graine germe et semble bien se développer au début. Mais les plantes ne peuvent pas développer des racines saines dans un sol sans profondeur. Lorsque le temps est sec, elles ne trouvent pas d’eau pour se nourrir dans le sol asséché en surface. Elles bénéficiaient d’un bon ensoleillement, mais la profondeur du sol n’était tout simplement pas suffisante pour que ces plantes puissent se développer.

Quant au troisième sol, il était de bonne qualité, peut-être aussi bon que le sol fertile. Cependant, il y avait tellement d’éléments superflus, notamment les épines, que les plantes étaient empêchées de recevoir la lumière du soleil. Même le deuxième sol a entendu la bonne nouvelle avec joie, mais pas le troisième sol, surchargé. Ce dernier avait une profondeur suffisante, mais il y avait tout simplement trop d’autres éléments qui bloquaient son accès au soleil. De plus, si certaines plantes épineuses sont évidentes, d’autres peuvent être plus subtiles. On ne remarque pas forcément les épines du premier coup.

Le quatrième sol n’a rien de particulier ni de « magique ». Il ne diffère en réalité pas des meilleures caractéristiques des deuxième et troisième sols réunis. Comme Jean Chrysostome (mort en 407 après J.-C.) fut le premier à le souligner, il n’y a pas un seul chemin menant à la perdition ; il en existe plusieurs.

La différence de résultats ne tient pas à la graine, mais au sol. À quel point Dieu trouve-t-il votre cœur fertile ?

Soit dit en passant, le chemin dont il est question ici est un sentier, comme ceux qui traversent les champs, et non une autoroute.

Q : Dans Matthieu 13, 10-13, pourquoi Jésus a-t-il expliqué cette parabole à ses disciples et non à la foule ?

R : La réponse se trouve en Matthieu 13, 14-15. Jésus avait de nombreux disciples (y compris les 70) et pas seulement les douze. À ce moment-là, on donnait à la foule un avant-goût de l’enseignement de Jésus, de manière à ce qu’elle ait soif d’en savoir davantage. Jésus s’est montré sélectif ici ; il n’a donné l’explication qu’à ses disciples. Bien sûr, les personnes de la foule pouvaient elles aussi choisir de devenir disciples de Jésus. De plus, cela accomplissait Ésaïe 6, 9-10.

Mais il est erroné de penser que le but de ces paraboles était « que chacun puisse saisir plus facilement la vérité ». De même, aujourd’hui, nous pourrions vouloir dire certaines choses que seuls ceux qui veulent connaître la vérité comprendront.

Q : Dans Matthieu 13, 10-11, dans quelle mesure notre présentation de l’Évangile doit-elle comporter un caractère mystérieux ?

R : Dans l’Ancien Testament, un mystère était quelque chose de secret, de caché ou de voilé, qui était révélé par la suite. Jésus n’a parlé de mystères qu’après que la nation juive l’eut rejeté.

Jésus et l’Évangile sont des réalités que l’humanité n’aurait jamais pu comprendre si Dieu ne nous les avait pas révélées. Nous ne devons pas tenir pour acquis que Dieu aurait pu nous laisser dans l’ignorance, mais qu’Il a choisi de nous éclairer. La Passion et l’histoire de Dieu en général sont dramatiques, et nous devons mettre en valeur ce caractère dramatique lorsque nous les racontons.

Q : Que signifie Mt 13, 10-16 ?

R : Ceux qui n’ont pas l’amour de la vérité n’ont pas droit à la lumière de la vérité. En effet, les « oiseaux » pourraient leur enlever la lumière qu’ils possèdent déjà. Ce passage comporte plusieurs points importants.

13, 10 Après que Jésus eut raconté la parabole du semeur (en réalité, la parabole des terrains) en Matthieu 13, 1-9, les disciples vinrent lui demander pourquoi il parlait en paraboles. La question ne se limitait pas à la parabole du semeur, mais portait sur la raison pour laquelle Jésus parlait en paraboles en général.

13:11 La plupart des gens n’auraient pas ou ne conserveraient pas la connaissance du royaume des cieux.

13:12 Ceux qui possèdent cette connaissance grandiraient dans leur connaissance. Quant à ceux qui ne la possèdent pas, même le peu de connaissance qu’ils ont leur serait enlevé.

13:13 Pourquoi Jésus s’adressait-il aux gens par des paraboles, au lieu de tout expliquer comme il le faisait à ses disciples ? Cherchons la réponse dans 2 Pierre 2:21 et Romains 4:15 ; 5:13. Si quelqu’un choisit de ne pas suivre la vérité concernant Dieu qu’il possède, alors moins il en sait, mieux ce sera pour lui lors du jugement dernier.

Le verset 13:14 montre que les gens entendraient effectivement toute la vérité, mais qu’ils ne la comprendraient pas. Cela ne signifie PAS qu’il faille être très intelligent pour être chrétien ; cela irait à l’encontre de 1 Corinthiens 1:26-28. Au contraire, le problème de compréhension, même chez les pharisiens intelligents et très érudits, réside dans le fait qu’ils n’ont pas de place pour la parole de Jésus (Jean 8:37), et le message de la croix est tout simplement une folie pour ceux qui sont sages selon la sagesse de ce monde (1 Corinthiens 1:18-25). J’ai vu des personnes intelligentes trouver des excuses astucieuses et ingénieuses pour expliquer pourquoi elles ne veulent pas croire ce qui est clairement écrit dans la Bible.

13:15 Cela montre un endurcissement du peuple. Les chrétiens ont débattu pour savoir si c’était Dieu ou le pharaon qui était responsable de l’endurcissement du cœur du pharaon à l’égard de Moïse et des Israélites. La Bible dit que le pharaon a endurci son propre cœur à huit reprises, et que Dieu l’a endurci à huit reprises. L’un des jugements de Dieu à l’encontre des personnes qui endurcissent leur cœur est que leur cœur s’endurcit encore davantage.

Enfin, une même action de Dieu peut avoir des effets opposés sur deux personnes différentes. Un auteur ecclésiastique l’a expliqué ainsi : « La cire fond et la boue sèche sous la même chaleur ; ainsi, la même intervention, accomplie par l’intermédiaire de Moïse, a révélé, d’une part, l’endurcissement du pharaon, conséquence de sa méchanceté, et, d’autre part, la souplesse de la multitude égyptienne hétéroclite qui s’est mise en route avec les Hébreux. » Rufin (374-406 apr. J.-C.), traduisant l’ouvrage *De Principiis* d’Origène (225-254 apr. J.-C.), livre 3, chap. 1.11, p. 311.

13:16 Soit dit en passant, même si Jésus comptait 12 disciples spécialement désignés, il n’avait pas seulement ces 12 disciples ; il disposait également d’un groupe plus large de 70 disciples, ainsi que d’autres disciples encore. Les disciples de Jésus ont eu la chance à la fois de connaître ces vérités et de ne pas avoir eu à les mériter pour les apprendre. Dieu aurait pu choisir de tout nous cacher ; mais Dieu a voulu nous révéler ces choses.

Le verset 13:17 va plus loin et précise que même les prophètes pieux de l’Ancien Testament souhaitaient apprendre ces choses, mais que Dieu ne les leur avait pas encore enseignées ; Dieu a attendu que Jésus vienne pour les révéler.

Parfois, les gens pensent à tort que Dieu nous doit de faire tout son possible pour enseigner la vérité à chacun. En réalité, si quelqu’un rejette la vérité sur Dieu qu’il possède déjà, Dieu n’a aucune obligation d’essayer de lui imposer davantage de vérité. En fait, moins il connaît la vérité, mieux c’est pour lui (2 Pierre 2:21). Mais pour ceux qui veulent suivre la vérité, Dieu se réjouit de nous en révéler toujours davantage.

Comment exactement les gens ne perçoivent-ils pas la vérité et la perdent-ils ? Jésus l’explique dans Matthieu 13, 18-23.

Q : Dans Matthieu 13, 12, Dieu a-t-il été injuste en prenant à ceux qui n’avaient pas pour donner à ceux qui avaient ?

R : Dieu n’a pas été injuste, mais il faut considérer l’interaction entre la conséquence et le dessein qui en découle. Il y a trois oppositions à prendre en compte : justice contre égalité, salaire contre don, et satisfaction des besoins contre octroi de récompenses.

Justice contre égalité : Dieu est juste envers tous, mais il n’est pas tenu de traiter tout le monde de manière identique, comme l’illustre Romains 9, 6-18.

Rémunération contre don : dans la parabole des mines (Luc 19, 11-27), si le roi ne versait pas les biens qu’il devait à quelqu’un, cela serait injuste. Mais lorsque vous investissez l’argent de votre employeur, celui-ci ne vous doit pas la totalité de cette somme ; il ne vous doit que votre salaire et ce qu’il s’est engagé à vous verser par contrat. Le roi de la parabole ne devait aucune ville à ses serviteurs. Lorsqu’il a donné davantage de villes à celui qui en avait le plus, il s’agissait d’un don gratuit et gracieux, et le roi (ainsi que Dieu) est libre de faire ce qu’Il veut.

Répondre aux besoins ou accorder des récompenses : le roi a pourvu aux besoins de tous ses serviteurs avant même que l’un d’entre eux ne se voie confier la gestion d’une ville. Les villes étaient des récompenses, ou des primes. Dieu comblera abondamment tous les besoins au ciel pour tous ceux qui s’y trouvent (1 Corinthiens 2:9), mais au-delà de cela, Dieu accordera des récompenses au ciel à certains, mais pas à d’autres. Vous pouvez lire à ce sujet dans 1 Corinthiens 3:8-15.

Q : Dans Matthieu 13, 15, n’est-ce pas là une certaine dureté de cœur de la part de Dieu, de ne pas adoucir leur cœur et d’ouvrir leurs yeux ?

R : Pas du tout. Dieu dit que s’ils se tournaient vers Lui, le Seigneur les guérirait certainement. Cependant, ils portent la responsabilité de la dureté de leur cœur, ce qui a pour conséquence qu’ils ne se tournent pas vers Dieu.

Dieu ouvre les yeux des aveugles, mais Il n’ouvre généralement pas les yeux de ceux qui les ferment à double tour. Dieu adoucit le cœur des gens, mais Il n’a aucune obligation d’adoucir le cœur de quiconque a déjà décidé de l’endurcir.

Q : Dans Matthieu 13, 24, en quoi le royaume des cieux ressemble-t-il à cette situation, puisque le Ciel est parfait ?

R : Le royaume des cieux ne ressemble pas à l’homme, mais à la situation. La réponse à cette question fait partie du message principal de Jésus. Le royaume des cieux n’est pas seulement un lieu parfait où nous nous rendons après notre mort. Le royaume des cieux est également présent dans nos cœurs, en tant que croyants, dès à présent. Dans le royaume des cieux de ce monde, le blé et l’ivraie poussent côte à côte.

Q : Matthieu 13, 28-30 signifie-t-il que nous devrions permettre aux hérétiques de rester dans l’Église ?

R : Pas du tout. Dans Matthieu 13, 38, le « champ » ne désigne pas l’Église, mais le monde. Il y aura des Églises hérétiques, mais nous devons excommunier ceux qui professent des enseignements hérétiques ou se livrent à des pratiques mauvaises, à moins qu’ils ne se repentent et jusqu’à ce qu’ils le fassent. Affirmer que nous devrions tolérer dans nos Églises des personnes ayant une doctrine hérétique ou commettant des actes impies et sans repentir va à l’encontre de l’enseignement de Dieu dans 1 Timothée 1, 3-4 ; 6, 3-5 ; 2 Timothée 2, 16-17 ; 3, 1-5 ; 2 Jean 10, ainsi que de la pratique décrite dans 1 Corinthiens 5, 11-13 et Apocalypse 2, 20. Malheureusement, Augustin d’Hippone, dans son ouvrage « Aux donatistes », fut l’un des premiers à confondre l’Église et le monde. Quant à ceux qui pèchent (dans leurs actes ou leurs enseignements), ils doivent être réprimandés en présence de tous, conformément à 1 Timothée 5, 20.

En résumé, si vous interprétez à tort un élément d’une parabole d’une certaine manière (l’Église), alors que Jésus a expressément dit autre chose (le monde), vous risquez vraiment de vous perdre dans les méandres de l’interprétation !

Q : Dans Matthieu 13, 30, à quoi correspond exactement l’ivraie dont parle Jésus ?

R : Celles-ci étaient bien connues des auditeurs de Jésus. Il existe quatre types d’ivraie, et l’« ivraie » dont il est question ici est presque certainement une mauvaise herbe appelée « darnelle barbu » (lolium temulentum), qui ressemble au blé lorsqu’elle est jeune, et dont les racines peuvent parfois s’entremêler, de sorte qu’il est pratiquement impossible d’arracher une plante sans en arracher une autre. Curieusement, tant le loyatier que le blé ne peuvent plus se propager naturellement ; ils ont besoin qu’un agriculteur disperse leurs graines. Les rabbins savaient qu’il s’agissait d’un blé avarié, et dans certaines régions, on l’appelle « faux blé » ; vers l’an 2000, 10 % de la récolte de blé en Éthiopie était en réalité du loyatier. Les trieuses modernes parviennent toutefois à séparer efficacement les graines de blé de celles du loyatier. L’ivraie est souvent infectée par un champignon qui, lorsque les gens consomment les graines des plantes infectées, leur procure un état d’euphorie. Voir https://www.atlasobscura.com/articles/wheats-evil-twin-has-been-intoxicating-humans-for-centuries pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 13:30, quelle est la signification de l’éleusine récoltée avant le blé ?

R : En agriculture, il est logique de désherber un champ avant de le moissonner. Le Jugement élimine les impies du Ciel. Il ne s’agit pas de nous retirer de l’univers où l’ivraie a naturellement sa place. C’est plutôt l’ivraie qui est retirée de l’univers de Dieu, où les enfants de Dieu ont leur place de manière surnaturelle. Lorsque les disciples écoutaient, avec la foule, la parabole du blé et de l’ivraie, je me demande ce que pensait Judas Iscariote ?

Q : Dans Mt 13, 32 et Mc 4, 30-34, en quoi la graine de moutarde est-elle la plus petite de toutes les graines ?

R : Tout d’abord, il existait deux types de graines de moutarde en Palestine : la moutarde noire, que les gens semaient, et la moutarde sauvage. Jésus faisait référence à la moutarde noire, car il ne parle que des graines qui sont semées, et on ne semait en Palestine aucune graine plus petite que celles de la moutarde. De plus, dans l’ouvrage rabbinique juif M Niddah 5,2 (cf. SBK 1,669), la graine de moutarde était un symbole proverbial de petitesse.

La graine de moutarde est d’une taille insignifiante et constitue la plus petite graine parmi toutes les graines cultivées en Palestine. Un seul buisson de moutarde noire peut produire 1 200 graines. Jésus s’adressait aux gens en évoquant les graines cultivées sur leur terre.

Toutefois, pour ceux qui aiment les détails, le mot grec signifiant « le plus petit » tant dans Matthieu 13:32 que dans Marc 4:30-34 est « microteron », qui peut désigner une petite taille ou, au sens figuré, la dignité. Le mot désignant la « graine » dans ces deux passages, « spermaton », peut signifier « ce qui est semé ». Que Jésus se soit exprimé en araméen ou en grec, il faisait tout de même référence à des graines qui étaient semées.

Q : Dans Mt 13, 32 et Mc 4, 30-34, comment un plant de moutarde peut-il abriter un nid d’oiseau ?

R : Même si un oiseau peut construire un nid dans un petit buisson s’il le faut, ce n’est pas la réponse. Une graine de moutarde peut devenir un arbre atteignant dix pieds de haut, ce qui est certainement assez grand pour qu’un oiseau y construise un nid. En d’autres termes, la taille actuelle n’est pas en corrélation avec la grandeur future. Jésus met moins l’accent sur la grandeur future du royaume que sur ses modestes débuts sur terre.

Q : Dans Matthieu 13, 33, quelle est la signification de la levure dans ce passage ?

R : Jésus a dit que, dans cette parabole, la levure est bonne car elle représente le royaume des cieux, alors que dans d’autres paraboles, la levure est mauvaise. Le principe d’interprétation important à retenir ici est qu’on ne peut pas nécessairement prendre la signification d’un symbole dans une parabole et appliquer cette même signification à ce symbole dans toutes les autres paraboles.

Certains considèrent à tort la levure et les oiseaux comme mauvais, ce qui altère tout le sens de la parabole, car en tant que symbole, la levure est mauvaise ou mondaine dans tous les autres passages de la Bible. Cependant, certains voient dans les oiseaux et la levure une force maléfique, tandis que d’autres y voient une bénédiction.

La levure est positive dans cette parabole. Rien dans ce chapitre n’indique qu’elle soit négative, et cela va de pair avec les autres paraboles de ce chapitre.

Un troisième point de vue consiste à considérer les paraboles du grain de moutarde et de la levure comme très générales, et les oiseaux et la levure comme neutres.

Résumé : le royaume des cieux est bon, et non mauvais. Matthieu 13, 33 indique que la levure représente le royaume des cieux ; la levure, dans cette parabole, est donc bonne. Bien que la conclusion ne soit pas aussi évidente pour les oiseaux, il est louable que le plant de moutarde puisse leur offrir un nid.

Q : Dans Mt 13, 33, dans cette parabole, pourquoi la femme a-t-elle caché le levain dans trois mesures de farine ?

R : Trois pains de farine de blé constituent un repas complet pour une famille. Trois mesures (ou « satas » en grec) équivalent à un épha de l’Ancien Testament, ce qui représente une grande quantité de pâte, soit environ 56 livres ou 23 litres. C’est la quantité que Sara a préparée pour les trois visiteurs dans Genèse 18, 6 et celle que Gédéon a donnée à l’ange dans Juges 6, 19. Il suffit d’une toute petite quantité de levain pour transformer la nature de toute la pâte. Le fait est que les Juifs eux-mêmes savaient qu’une infime quantité de levain suffit à faire lever même une grande quantité de pâte.

Q : Dans Matthieu 13:34, comment se fait-il que Jésus n’ait parlé qu’en paraboles, alors qu’à d’autres endroits, comme dans le Sermon sur la montagne, il n’a pas utilisé de paraboles ?

R : Matthieu 13, 34 précise que cela concernait les moments où Jésus s’adressait aux foules. Lorsqu’il s’adressait à ses disciples, Jésus expliquait tout. Bien que les foules écoutassent également, le Sermon sur la montagne s’adressait aux disciples. De plus, Matthieu 13, 34 fait référence à l’enseignement de Jésus à ce moment-là, et pas nécessairement avant ou après cette période de son ministère.

Q : Dans Matthieu 13:38, tout le monde est-il un enfant du Royaume ?

R : Non. Comme le montre ce verset, avant de venir à Christ, nous ne sommes pas des enfants du Royaume. Éphésiens 2:3 dit que nous (y compris Paul) étions des enfants de la colère avant de venir à Christ.

Q : Dans Matthieu 13, 44, dans la parabole, pourquoi l’homme dans le champ n’a-t-il pas simplement déterré le trésor en secret pour l’emporter ?

R : Selon la loi juive, si quelqu’un déterrait un trésor dans un champ, ce trésor appartenait au propriétaire du champ, d’après Derrett (Law, p. 1-16). Bien sûr, si le trésor avait été enterré par les propriétaires et qu’ils en avaient connaissance, ils ne vendraient pas le champ à bas prix. Mais si le trésor ne leur appartenait pas, comme le montre le fait qu’ils n’en avaient pas connaissance, alors l’ouvrier pouvait acheter le champ et s’emparer du trésor.

Q : Dans Matthieu 13, 44, qui est cet homme et quel est ce trésor ?

R : Commençons par ce qui n’est pas la réponse, puis passons à la réponse :

Ce qui n’est pas la réponse : Jésus et les Juifs. Certains écrits dispensationalistes affirment que Jésus est l’homme et que le trésor représente le reste des Juifs à la fin des temps. Cependant, Jésus n’a pas donné tout ce qu’Il possédait (sa divinité, etc.) ni n’est mort sur la croix uniquement pour le reste des Juifs. Deuxièmement, personne parmi ceux qui ont entendu la parabole ne l’aurait comprise ainsi ; par conséquent, si tel était le véritable sens, rien de ce sens n’aurait été communiqué.

La réponse : chaque individu et le salut dans le Royaume des cieux. Une personne devrait être prête à renoncer à tout ce qu’elle possède pour obtenir un trésor aussi précieux que celui qu’offre Jésus. Ces paraboles traitent toutes du Royaume des cieux, selon Matthieu 13, 52. Acheter le champ est une décision que l’homme doit prendre, sans quoi il n’y aura pas de trésor pour lui.

Q : Dans Matthieu 13, 45-46, quelle est la signification de la parabole de la perle ?

R : Commençons par ce qui n’est pas la réponse, puis passons à la réponse.

Ce n’est pas la réponse : Jésus est le marchand et la perle est l’Église. Cependant, encore une fois, Jésus a-t-il « vendu » tout ce qu’il possédait, y compris sa divinité, pour la perle, et à qui l’a-t-il vendue ?

La réponse : Chaque personne qui cherche Dieu est le marchand, et la perle est le salut. Les exégètes chrétiens s’accordent généralement à dire que l’ouvrier et le marchand dans les deux paraboles sont la même personne, et que le trésor et la perle sont identiques.

Les deux paraboles partagent le même message. Jésus a déclaré en Matthieu 13, 52 que ces deux paraboles concernaient le royaume des cieux. Cependant, alors que l’homme a reconnu le trésor, cette parabole souligne en réalité que le marchand doit reconnaître la valeur de cette perle par rapport aux autres perles, et ne pas rechercher les autres perles afin de ne rechercher que celle-ci.

Q : Dans Matthieu 13, 47, quelle est la signification de la parabole du filet ?

R : Il s’agit d’un très grand filet, soit tiré entre deux bateaux, soit attaché au rivage et à un seul bateau. Elle est très similaire à la parabole du blé et de l’ivraie. Tous les poissons font partie du monde, mais à la fin des temps, il y aura une séparation entre les bons poissons et les mauvais. Êtes-vous un bon poisson ?

Q : Dans Matthieu 13, 51, les disciples avaient-ils raison de répondre « oui » lorsqu’ils ont affirmé avoir compris ces paraboles ?

R : Oui et non. Oui, les disciples comprenaient les paraboles dans leur essence et le symbolisme qui les sous-tendait. Cependant, ils n’avaient aucune idée de toutes les ramifications historiques du blé, de l’ivraie et de la graine de moutarde. Mais ils avaient raison de répondre par l’affirmative, car ils avaient correctement saisi ce que Jésus voulait qu’ils comprennent à ce moment-là.

Q : Dans Matthieu 13, 51, vous arrive-t-il parfois d’être sûr d’avoir une compréhension fondamentale de ce que Dieu vous enseigne, mais de découvrir par la suite que vous n’aviez aucune idée de ce que cela impliquerait ?

R : Le mariage en est un exemple simple. Vous pouvez penser savoir qui vous allez épouser, et savoir que vous souhaitez l’épouser. Cependant, au fil des années, vous vous rendez compte que vous ne saviez que très, très peu de choses à son sujet par rapport à ce que vous savez aujourd’hui. Espérons que vos surprises aient été pour la plupart agréables.

De la même manière, si Dieu vous appelle à exercer un ministère pour Lui, vous avez peut-être une compréhension élémentaire de ce qu’Il attend de vous et vous souhaitez vous y consacrer. Mais au fur et à mesure que vous exercez ce ministère, vous vous rendez compte que vous n’aviez pratiquement aucune idée de ce qu’impliquerait cet engagement, ni même de la manière dont il vous transformerait.

Q : Dans Matthieu 13, 52, pourquoi Jésus a-t-il mentionné qu’un scribe possédait à la fois de nouveaux trésors et d’anciens ?

R : C’était une manière bienveillante de dire qu’ils devaient continuer à accorder de l’importance à la vérité qu’ils avaient apprise auparavant, tout autant qu’aux nouvelles choses que Jésus leur enseignait. Les « scribes » ne constituent pas ici une catégorie particulière de chrétiens. Il s’agit plutôt d’une référence positive à tout croyant qui étudie sérieusement les Écritures.

Q : Dans Matthieu 13, 52, en quoi notre cœur s’apparente-t-il à un entrepôt de trésors ?

R : Le « trésor » (thesauros en grec) désigne ici un lieu où sont conservés les souvenirs, les décisions, les émotions et les valeurs que nous jugeons importantes, que Dieu les considère ou non comme bonnes ou importantes.

Il est question d’un véritable entrepôt de trésors, et non simplement d’une boîte ou d’un coffre destiné à ranger un seul objet dans l’obscurité. Un entrepôt peut contenir de nombreux trésors, et ceux-ci peuvent être vus, et non simplement cachés dans une boîte.

Deux tâches incombent au chrétien : a) identifier et se débarrasser des choses présentes dans notre « réserve » que Dieu ne souhaite pas y voir, et b) remplir notre « réserve » des bonnes choses que Dieu nous enseigne.

Q : Dans Matthieu 13, 53-58, Jésus n’était-il pas un prophète, puisque « la prophétie ne peut exister en Israël que lorsque le pays est habité par une majorité de la communauté juive mondiale » ? À l’époque d’Esdras (vers 300 avant notre ère), lorsque la majorité des Juifs refusa de quitter Babylone pour Israël, la prophétie prit fin à la mort des derniers prophètes : Aggée, Zacharie et Malachie. » (Un Juif a soulevé cette objection)

R : C’est faux pour trois raisons :

1) Aucun verset de la Bible ne dit cela ; cette règle est inventée.

2) Daniel et Ézéchiel étaient des prophètes pendant l’exil. La majorité de la communauté juive mondiale ne vivait pas en Palestine à cette époque. En réalité, Daniel et Ézéchiel étaient des prophètes qui vivaient en dehors d’Israël, bien que Daniel ait vécu en Juda dans sa jeunesse.

3) Nous ne devrions pas essayer de dire à Dieu Tout-Puissant ce qu’Il peut ou ne peut pas faire selon nous !

Même en faisant abstraction du fait que de nombreux Juifs vivaient effectivement en Palestine à l’époque du Christ (je ne sais pas s’il s’agissait d’une majorité ou non), cela n’a aucune importance, car Dieu Tout-Puissant peut envoyer un prophète quand bon Lui semble.

La Bible (l’Ancien et le Nouveau Testament) mentionne un certain nombre de choses que Dieu ne fait pas (changer d’avis dans Nombres 23:19 ; 1 Samuel 15:29, etc.), mais il n’y a que quatre choses dans toute la Bible dont il est dit que Dieu NE PEUT PAS les faire. (Il faut toutefois se reporter au Nouveau Testament pour les lire.) Ces quatre choses sont les suivantes : Dieu ne peut être tenté par le mal (Jacques 1, 13), Dieu ne peut mentir (Hébreux 6, 18), Dieu ne peut jurer par quelqu’un de plus grand que Lui-même (Hébreux 6, 13), et Dieu ne peut se renier (2 Timothée 2, 13). En dehors de cela, je ne vais pas m’attarder sur ce que Dieu ne peut pas faire ; je me contenterai de consulter la Bible pour apprendre humblement ce que Dieu a choisi de faire et ce qu’Il a choisi de ne pas faire.

Q : Dans Matthieu 13, 54-58, l’enseignement de Jésus divisait ; alors, quand notre enseignement devrait-il diviser ?

R : L’enseignement de Jésus semblait diviser les gens en deux camps : ceux qui le suivaient et ceux qui s’opposaient farouchement à lui. On ne voit personne écouter le message de Jésus et dire : « Pas mal, mais sans plus ». Nous ne devons pas nous contenter de partager l’Évangile et d’enseigner la vérité de Dieu comme on enseignerait les mathématiques ou l’histoire ancienne. Nous devons également enseigner l’importance de l’Évangile pour leur destin éternel et l’urgence qu’il y a à ne pas remettre à plus tard leur conversion. Si nous constatons que nous sommes moins appréciés de certains lorsque nous agissons ainsi, cela signifie simplement que nous faisons notre travail.

Q : Dans Matthieu 13, 55, comment Jésus a-t-il pu avoir des frères et sœurs, puisque (selon l’Église catholique) Marie est toujours restée vierge ?

R : Matthieu 1, 25 répond succinctement à cette question : « Mais il [Joseph] n’eut pas de relations avec elle [Marie] jusqu’à ce qu’elle eût enfanté un fils. Et il lui donna le nom de Jésus. ». Ainsi, Marie était vierge à la naissance de Jésus, mais Marie et Joseph eurent d’autres enfants par la suite.

Les catholiques répondent généralement que, dans de nombreuses cultures méditerranéennes, on peut également appeler les cousins « frères » et « sœurs ».

Cependant, aucun passage de la Bible n’enseigne que Marie ait toujours été vierge. Au contraire, d’autres passages mentionnent les frères ou sœurs de Jésus : Jean 7, 5 ; Galates 1, 19 ; Marc 3, 31 ; Jean 2, 12 ; et Actes 1, 14. Il serait étrange que, s’il ne s’agissait que de cousins, le mot « cousins » n’ait pas été utilisé dans au moins l’un de ces six passages.

D’un point de vue historique, les deux seuls passages antérieurs au concile de Nicée où Marie est qualifiée de « toujours vierge » sont les suivants :

Hippolyte, évêque de Portus (225-235/6 apr. J.-C.), a qualifié Marie de « toujours vierge ». Contre Béron et Hélix, fragment 8, p. 234

Pierre d’Alexandrie (306, 285-311 apr. J.-C.) : « de Dieu, et toujours vierge, et, en vérité, de Marie, la Mère de Dieu » ; fragment 5.7, p. 282

Marie a été officiellement déclarée « toujours vierge » lors du deuxième concile de Constantinople (553 apr. J.-C.), chap. 2, p. 312. La même année, le pape Vigile a tenu les mêmes propos dans sa lettre, p. 322.

Q : Dans Mt 13, 55, que faisait exactement un charpentier ?

R : Les charpentiers construisaient des bâtiments. Ils travaillaient donc aussi bien la pierre que le bois. À cette époque, les Romains construisaient une nouvelle ville, destinée principalement aux païens, appelée Sepphoris, juste au nord de Nazareth ; il y avait donc beaucoup de travail pour les charpentiers à cette période. Ainsi, lorsque Jésus a parlé de bâtir sur de bonnes fondations dans Luc 6, 49 et 14, 29, il se peut qu’il ait eu une expérience pratique en matière de fondations.

Q : Dans Matthieu 13, 55-57, pourquoi un prophète n’était-il pas honoré dans sa ville natale ?

R : Rappelez-vous que la dernière fois que Jésus avait pris la parole dans sa ville natale, les habitants avaient voulu le précipiter du haut d’une falaise. Jésus ne donnait pas ici un ordre ni ne faisait une prophétie, mais formulait plutôt une constatation. Les prophètes n’étaient pas tenus en haute estime parmi les gens avec lesquels ils avaient grandi. Pour quelqu’un qui a grandi au même endroit et qui a vécu bon nombre des mêmes expériences, il peut être difficile de croire que Dieu puisse utiliser des gens ordinaires d’une manière extraordinaire. Malheureusement, il y a une part de vérité dans le dicton selon lequel « la familiarité engendre le mépris ». L’écrivain grec Pindare avait un adage similaire sur la renommée qui s’estompe au sein même de la famille. (Odes de Pindare, Ode 12:3)

Un autre aspect à noter est qu’ils semblaient davantage préoccupés par la renommée et la popularité d’un « enfant du pays » que par le fait d’écouter ce que Jésus avait réellement à dire. Une caractéristique de la nature humaine est qu’il est bien trop facile pour les gens en général, y compris pour nous, de se concentrer sur des choses secondaires ou insignifiantes, et de passer à côté de l’essentiel.

Q : Dans Matthieu 13, 58, en quoi le manque de foi des gens a-t-il limité les œuvres puissantes de Jésus ?

R : Ce verset ne dit pas que Dieu Tout-Puissant était incapable d’accomplir un miracle en ce lieu. Au contraire, Jésus a choisi de ne pas accomplir de miracles ici en raison de leur manque de foi. Ce n’est pas que Jésus ne pouvait pas accomplir de miracles ; après tout, il a marché sur l’eau, ressuscité Lazare, est ressuscité d’entre les morts, etc., sans que quiconque croie qu’il ferait ces choses. Mais pourquoi Jésus aurait-il béni des gens alors qu’ils n’avaient aucun désir d’être bénis par lui ?

Q : Dans Matthieu 14, pourquoi la mort de Jean-Baptiste est-elle placée à cet endroit précis dans l’Évangile selon Matthieu ?

R : Bien que cela ne soit pas précisé, et que Matthieu aurait pu placer ce flash-back n’importe où, la raison pour laquelle il l’a placé ici est peut-être de suggérer pourquoi Jésus souhaitait se retirer de la vie publique à ce moment-là. Jésus savait qu’ils viendraient pour le tuer, et il voulait attendre d’avoir accompli les autres choses avant d’être crucifié. De plus, à partir de ce moment, Matthieu et Marc présentent le même ordre des événements dans leurs deux récits.

Q : Dans Mt 14, 3-4, pourquoi exactement Jean-Baptiste a-t-il dénoncé Hérode Antipas ?

R : Commençons par le contexte généalogique, puis passons à la réponse.

Contexte :

Hérode Antipas (= Hérode le Tétrarque) : fils d’Hérode le Grand et de Malthace, l’une de ses dix épouses. Hérode Antipas gouverna la Galilée et la Pérée sous l’autorité de Rome de 4 av. J.-C. à 39 apr. J.-C. Il souhaitait se faire appeler « roi », ce qui lui valut des démêlés avec l’empereur Caligula.

Arétas IV le Nabatéen : Hérode Antipas était marié à la fille d’Arétas IV, Phasaélis, roi des Arabes nabatéens dans l’actuelle Jordanie. Divorcer d’elle pour épouser Hérodiade constituait un véritable casse-tête politique, mais il vivait au moins avec Hérodiade. Plus tard, des combats opposèrent Hérode Antipas au roi Arétas ; ce dernier l’emporta jusqu’à l’intervention des Romains.

Philippe : fils d’Hérode le Grand et de Mariamne II.

(Philippe vivait à Rome ; il ne faut pas le confondre avec un autre fils d’Hérode le Grand, nommé Philippe, tétrarque d’Iturée et de Trachonite, mentionné dans Luc 3:1)

Aristobule : fils d’Hérode le Grand et de Mariamne Ire.

Hérodiade : fille d’Aristobule et de son épouse Bérénice. Elle a divorcé de son premier mari pour s’unir à Hérode Antipas.

La réponse : Hérode Antipas était le demi-oncle d’Hérodiade, mais cela était autorisé selon Lévitique 18:1-17 et 20:12,14. Divorcer d’une épouse était autorisé à l’époque de l’Ancien Testament. Le problème était que Lévitique 18, 16 interdit expressément d’épouser la femme de son frère, et Hérodiade était l’épouse de Philippe, le frère d’Hérode Antipas, et Philippe était encore en vie.

Comme l’indique The Expositor’s Bible Commentary, vol. 8, p. 670 : « Hérodiade savait que “le seul endroit où son acte de mariage pouvait être rédigé en toute sécurité était au dos de l’arrêt de mort de Jean” » (d’après T.W. Manson, The Servant Messiah, p. 40).

Plus tard, lorsque les Nabatéens vainquirent l’armée d’Hérode en 36 apr. J.-C., Josèphe écrivit dans *Antiquités judaïques*, livre 18, chapitre 119.2, que les Juifs considéraient cela comme un châtiment divin infligé à Hérode Antipas.

Q : Dans Matthieu 14, 6-12, pourquoi ce récit macabre figure-t-il dans la Bible ?

R : Il arrive parfois que les gens aient une vision artificiellement idyllique de la vie sur terre. La vie peut parfois être effroyable lorsque des personnes malveillantes détiennent le pouvoir. Nous pouvons en tirer la leçon que même des croyants tels que Jean-Baptiste peuvent subir des conséquences injustes dans cette vie.

Deuxièmement, comparez le courage de Jean-Baptiste, qui dénonça le dirigeant, à la lâcheté d’Hérode, qui ne voulait ni libérer Jean ni l’exécuter. Hérode ressemble un peu au roi Achab, qui était à la fois méchant et faible.

Après cet événement, on constate un changement dans le ministère de Jésus. Jésus s’est attaché à former ses disciples en vue de l’après-mort, et nous n’avons aucune trace d’autres actions de sa part visant à convaincre les dirigeants et le peuple juifs qu’il était le Messie.

Q : Dans Matthieu 14, 6-12, le fait d’apporter une tête coupée n’aurait-il pas gâché l’ambiance festive ?

R : Certains ont accusé Matthieu et Marc de mentir en rapportant cet épisode. Cependant, cela est caractéristique de la vie sanglante des membres de la royauté. Par exemple, Cicéron s’opposait politiquement à Marc Antoine. Lorsque la tête de Cicéron, l’orateur, fut apportée à Fulvia, l’épouse de Marc Antoine, celle-ci cracha dessus et lui transperça la langue avec une épingle. Un deuxième exemple est celui d’Alexandre Jannée, à la fois roi hasmonéen et grand prêtre : alors qu’il organisait un festin public avec ses concubines, il ordonna que 800 rebelles soient crucifiés, après avoir d’abord fait tuer leurs épouses et leurs enfants, en public.

Q : Dans Mt 14, 15, puisqu’il s’agissait d’un désert, pourquoi y avait-il de l’herbe au verset 19 ?

R : Il ne s’agissait pas d’un désert aride, mais d’un lieu désert. De plus, la Palestine connaît deux saisons : la saison humide et la saison sèche, et cet épisode s’est probablement déroulé pendant la saison humide. La saison humide ne s’accompagnait pas de moussons comme en Asie du Sud-Est, mais le Jourdain était trop large pour être traversé à cette époque et il y avait beaucoup d’herbe verte à des endroits qui nous sembleraient désertiques pendant la saison sèche.

Par ailleurs, le mot grec opsios, traduit par « soir », désigne n’importe quel moment compris entre le milieu de l’après-midi et juste après le coucher du soleil.

Q : Dans Matthieu 14, 24-32, comment les chrétiens doivent-ils affronter les tempêtes ?

R : Ce passage est instructif sur la manière d’affronter les tempêtes et sur la manière de NE PAS les affronter.

1. Ne soyez pas terrifiés lorsque Dieu accomplit une œuvre inattendue (14, 25-26).

2. Lorsque Jésus vous dit de prendre courage, vous devez prendre courage et agir avec bravoure (14, 27-28).

3. Nous devons obéir à Jésus, en sachant qu’Il est non seulement plus grand que les dangers qui nous entourent, mais aussi que nos peurs, nos doutes et nos faiblesses (14, 29).

4. Tournez votre regard vers Jésus, et non vers le vent et les vagues, ni vers d’autres dangers éventuels (14, 30). Les dangers ne sont pas imaginaires, mais tournez tout de même votre regard vers Jésus.

5. Lorsque nous avons commis une erreur ou que nous sommes en proie au doute, nous devons implorer Jésus de nous sauver (14, 30-32).

6. Une fois que vous êtes en sécurité, n’oubliez pas d’adorer Dieu (14, 33).

Q : Dans Matthieu 14, 25, à quelle heure avait lieu la quatrième veille de la nuit ?

R : Alors que les anciens Hébreux divisaient la nuit en trois veilles seulement, les Romains la divisaient en quatre veilles, et la quatrième veille s’étendait approximativement de 3 h à 6 h du matin.

Q : Dans Matthieu 14, 29-31, pourquoi la foi de Pierre était-elle si forte, puis si faible ?

R : Pierre était disposé à obéir pendant un instant, et sa foi était suffisamment forte à ce moment-là pour croire, regarder Jésus et sortir de la barque. Mais lorsque cette foi a dû se maintenir pour marcher sur l’eau, c’est là qu’est apparu ce vacillement.

Q : Dans Matthieu 15, 1-3, Jésus était-il contre le fait de se laver les mains ?

R : Non. Si Jésus n’était pas opposé à l’hygiène, il s’opposait en revanche à ce que le lavage des mains soit élevé au rang de cérémonie religieuse. Aujourd’hui, d’autres pratiques bénéfiques pour la santé, telles qu’une bonne alimentation, les plantes médicinales et l’exercice physique, sont tout à fait acceptables, mais elles peuvent elles aussi devenir des idoles si les gens vénèrent leur santé plutôt que Dieu.

Q : Dans Matthieu 15, 3-6, d’où vient l’idée de qorban/corban (en grec : korban) ?

R : Le mot lui-même, ainsi que le concept de consacrer quelque chose à Dieu, se trouvent dans Lévitique 1, 2-3 ; 2, 1 ; 3, 1, et Nombres 7, 12-17. Cependant, les pharisiens permettaient à quelqu’un de se soustraire à sa responsabilité de prendre soin de ses parents en consacrant à Dieu l’aide qu’il aurait dû leur apporter.

Les pharisiens avaient ici des priorités confuses. Permettre à quelqu’un de consacrer des choses à Dieu avait une priorité plus élevée que de faire ce que Dieu désirait, ce qui inclut de prendre soin de ses parents. Cela peut arriver lorsque les gens se soucient davantage d’obéir à une tradition que d’obéir à Dieu.

Q : Dans Matthieu 15, 7, qu’est-ce qu’un hypocrite exactement ?

R : À l’origine, ce n’était pas un terme péjoratif. Il s’agissait d’un terme grec désignant un acteur dans une pièce de théâtre. Tous les acteurs portaient des masques et jouaient leur rôle dans une comédie, une tragédie ou tout autre genre que le scénario exigeait à ce moment-là. C’est la première fois que Jésus qualifie les pharisiens et les docteurs de la loi d’hypocrites. Jésus utilise ce terme dans un sens péjoratif, en disant que ces personnes revêtent un masque pour se montrer dévouées à Dieu, mais qu’au fond d’elles-mêmes, elles ne font que jouer la comédie.

Q : Dans Matthieu 15, 8, pourquoi les gens choisissent-ils de s’approcher de Dieu de leurs lèvres, alors que leur cœur est loin de Lui ?

R : Les gens se tournent vers la religion, et en apparence vers Dieu, pour toutes sortes de raisons, qui ne sont pas toutes louables. Certains le font pour être loués par les autres, d’autres pour l’argent, et d’autres encore pour trouver un mari ou une femme.

Certains souhaitent exercer un métier qui leur permette d’aider les autres, et c’est là leur objectif principal, et non pas parce qu’ils aiment Dieu. Dans ce cas, il existe de nombreuses organisations caritatives de qualité, telles que la Croix-Rouge, le Peace Corps, Goodwill ou l’UNICEF. Ils devraient rejoindre ces organisations, et ne pas se présenter à tort comme aimant Dieu en souhaitant œuvrer par l’intermédiaire d’une Église chrétienne.

Soit dit en passant, la Bible dit que les chrétiens doivent venir en aide aux pauvres, aux défavorisés, aux orphelins, etc. Cela ne signifie pas que nous devrions donner de l’argent uniquement à des organisations chrétiennes. Il est également bon de soutenir des associations caritatives locales qui ne sont pas liées à une religion.

Q : Dans Matthieu 15:9, quand les traditions des hommes sont-elles bonnes, et quand sont-elles mauvaises ?

R : Les traditions transmettent les croyances et opinions du passé aux doctrines et lois des générations suivantes. Elles peuvent être bonnes, ou mauvaises si elles masquent la Parole de Dieu. Il y a quatre points à prendre en compte dans la réponse.

Mauvaises : si la tradition passée était erronée ou mauvaise, alors l’erreur et peut-être même des péchés sont appris et reproduits. La Bible évoque des traditions pécheresses telles que la « reine du ciel » dans Jérémie 44, 17-19.

Vaines : Le plus souvent, les traditions sont tout simplement sans valeur (Colossiens 2, 16-19). Prises au sérieux, ces traditions peuvent affaiblir la dévotion envers Dieu. La Bible évoque des traditions vaines et trompeuses dans Colossiens 2, 8 et 1 Timothée 1, 4.

Corban : Même si l’opinion ou la pratique du passé n’était pas contraire aux Écritures, les gens ont tendance à assimiler la tradition humaine aux Écritures, et ce qui n’était autrefois qu’une opinion humaine devient désormais, aux yeux des gens, « ce que Dieu dit », tandis qu’une pratique humaine, peut-être tout à fait appropriée à une époque et à des circonstances particulières, devient prétendument la « loi de Dieu » pour tous les temps et toutes les circonstances. Pour certaines personnes, la tradition l’emporte même sur la parole de Dieu, comme c’était le cas pour ceux qui pratiquaient le « Corban » dans Marc 7, 10-13.

Loi de Dieu : Nous devons suivre ce que Dieu a ordonné, comme le baptême d’eau et la Cène. Cependant, nous ne devons pas le faire parce qu’il s’agit d’une tradition chrétienne, mais parce que Dieu le veut. Nous devons veiller à ne pas placer le symbole au-dessus de la réalité. Nous ne devons pas nous contenter de suivre des règles (Marc 7, 6-7), mais nous servons selon la nouvelle voie de l’Esprit, et non selon l’ancienne voie de la loi écrite (Romains 7, 6 ; 2, 29 ; Colossiens 2, 14).

Q : Dans Matthieu 15, 10-20 et Marc 7, 15-23, pourquoi Jésus a-t-il invalidé ici les prescriptions alimentaires de l’Ancien Testament ?

R : Jésus n’a pas invalidé les prescriptions alimentaires de l’Ancien Testament, il les a remplacées. Il y a quatre points à prendre en considération ici.

1. Bien que Jésus et ses disciples aient parfois enfreint les traditions humaines des pharisiens, ils vivaient eux-mêmes dans l’obéissance à la Loi de l’Ancien Testament.

2. Même sous l’Ancien Testament, Dieu se souciait de leur obéissance, et leur régime alimentaire n’était qu’un moyen parmi d’autres, mais pas le seul, pour eux de manifester leur obéissance.

3. Après que la résurrection de Jésus eut inauguré une nouvelle ère, les disciples n’ont pas choisi de manger toutes sortes de viandes. Un ange de Dieu est descendu et a ordonné à Pierre, qui hésitait, de manger (Actes 10, 11-16). Qui était Pierre pour contredire un ange venu du ciel ?

4. Les musulmans ne devraient pas avoir de difficulté avec cette réponse, car Mahomet aurait agi de la même manière. Il a évoqué des lois abrogées (bien que l’abrogation soit un concept légèrement différent de celui de la Nouvelle Alliance établie par Jésus). De plus, il a montré que les musulmans pouvaient manger de la viande de chameau, et l’Ancien Testament considère la viande de chameau au même titre que la viande de porc (Lévitique 11, 4, 7, 26 ; Deutéronome 14, 7, 8).

Q : Dans Matthieu 15, 11, 17-18, comment se fait-il que seule ce qui sort de la bouche souille ?

R : Le contexte est donné ici en Matthieu 15:20, où les pharisiens s’inquiétaient de manger les mains non lavées, tandis que Jésus s’attachait à la pureté intérieure.

Si vous faisiez cuire quelque chose dans un récipient, et que du liquide y était lentement versé puis lentement prélevé, goûteriez-vous le liquide à l’entrée ou à la sortie pour vérifier si la température à l’intérieur était correcte et conforme aux spécifications ? Bien sûr, vous devriez goûter le liquide à la sortie. De même, Jésus disait de ne pas vous focaliser excessivement sur l’alimentation, car c’est ce qui sort de vous qui peut vous souiller.

Q : Dans Matthieu 15, 12, ne serait-il pas étrange que certains pharisiens quittent Jérusalem pour aller trouver Jésus dans le seul but de lui demander son avis sur l’hygiène personnelle ?

R : Ce n’était pas de cela qu’il s’agissait. La question n’était qu’un prétexte pour tenter de piéger Jésus. Le sujet n’était pas l’hygiène personnelle ; ils n’avaient pas de théorie des germes pathogènes. Il s’agissait plutôt des ajouts qu’ils avaient apportés aux règles relatives aux ablutions cérémonielles. Ils considéraient Jésus comme une menace pour leur prééminence dans la mission de révéler aux gens quelle était la volonté de Dieu à leur égard.

Q : Dans Matthieu 15, 12, pourquoi Jésus ne se souciait-il pas de faire de la peine aux pharisiens ?

R : Jésus en était conscient, mais il se souciait davantage de faire connaître la vérité que de ce que pensaient les pharisiens. Cela dit, Jésus s’en souciait bel et bien ; il voulait qu’ils se sentent mal. Dans Matthieu 23 en particulier, Jésus les a sévèrement réprimandés pour deux raisons distinctes. Puisqu’ils entendaient cette réprimande, peut-être que certains cesseraient leurs agissements, réfléchiraient aux paroles de Jésus et se repentiraient. Deuxièmement, indépendamment de la repentance des pharisiens, les foules entendraient et sauraient qu’il ne fallait pas faire confiance aux pharisiens qui rejetaient Jésus.

Q : Dans Matthieu 15, 14, pourquoi Dieu permet-il parfois que des aveugles soient guidés par des aveugles ?

R : Comme l’a dit quelqu’un, personne n’est plus aveugle que ceux qui refusent de voir. Dieu permet aux gens d’aller où ils veulent aller. Une meilleure question serait : pourquoi les aveugles acceptent-ils, voire préfèrent-ils, d’être guidés par d’autres aveugles ?

Q : Dans Mt 15, 21-29 et Mc 7, 24, pourquoi Jésus s’est-il rendu à Tyr et à Sidon ?

R : À première vue, ces villes non juives semblent en effet très éloignées du chemin de Jésus. Les versets suivants montrent qu’Il devait chasser un démon (Marc 7:29) et que de nombreuses personnes de la côte phénicienne écoutaient Jésus. Tyr se trouvait sur la côte, à environ 35 miles (56 km) de la mer de Galilée, et Sidon se trouvait également sur la côte, à 25 miles (40 km) de Tyr et à 60 miles (96 km) au nord-nord-ouest de la mer de Galilée.

Q : Dans Matthieu 15, 21-28, lorsque la « femme de Canaan » a demandé à Jésus d’avoir pitié d’elle, Jésus a répondu : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Pourquoi ne trouve-t-on cela que dans Matthieu ? De même, qu’en est-il de l’ordre donné par Jésus à ses disciples : « N’allez pas vers les païens, et n’entrez dans aucune ville des Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël » (Mt 10, 5-6) ? Ces deux paroles de Jésus sont-elles authentiques, bien qu’elles contredisent son message de salut universel ? Ou s’agit-il d’une invention ou d’une création des premières communautés ecclésiales ?

R : Non, il n’y a aucune raison de douter de Dieu et de penser qu’Il aurait permis que Sa parole soit « remplacée » par des inventions ou des créations des premières communautés chrétiennes. Ces deux éléments s’inscrivent en réalité clairement dans le ministère de Jésus. Avant Sa crucifixion, le peuple juif s’est vu offrir l’opportunité d’accepter son Messie et d’ouvrir la voie à tous les païens. Même dans le ministère de Paul, celui-ci se rendait d’abord à la synagogue juive, puis s’adressait ensuite aux païens.

Cependant, si vous regardez une carte, la région de Tyr et de Sidon se trouve bien en dehors du territoire d’Israël. Jésus a donc fait un détour considérable pour rendre visite à cette femme cananéenne (ou syro-phénicienne). En rendant visite à cette femme, Jésus a ainsi montré que son message s’adresserait également aux non-Juifs.

Q : Dans Matthieu 15, 21-22 et dans les Évangiles en général, nous voyons que Jésus promet le salut à tous les hommes sans aucune distinction ni discrimination entre eux, qu’ils soient Juifs, des nations ou des païens ; mais dans Matthieu, nous constatons que l’accent est mis sur les Juifs en matière de salut. Qu’en pensez-vous ?

R : Examinez la chronologie. Il y a trois points à retenir.

1) Dans tous les évangiles, et pas seulement dans Matthieu, avant la crucifixion, Jésus prêchait principalement aux Juifs, afin de donner au peuple juif l’occasion d’accepter le Messie.

2) Après la résurrection de Jésus, l’Évangile devait être prêché à tous les Juifs et à tous les païens. L’ordre donné par Jésus dans Actes 1:8 était le suivant : « Jérusalem, puis toute la Judée (où se trouvaient les Juifs), puis la Samarie (les demi-Juifs), et enfin jusqu’aux extrémités de la terre. »

3) Cependant, même si les païens et les Samaritains ne constituaient pas les principaux groupes à atteindre avant la crucifixion, Jésus leur parlait tout de même lorsqu’il les rencontrait. Par exemple, non seulement la femme de Tyr et de Sidon (Marc 7, 24-30), mais aussi l’homme possédé de Gérasa, situé sur la rive orientale (non juive, où l’on élevait des porcs) de la mer de Galilée, dans Marc 5, 1-20. Jésus a nourri 5 000 personnes sur la rive juive (ouest) de la mer de Galilée, comme le rapportent Matthieu 14, 13-21 ; Marc 6, 30-44 ; Luc 9, 10-17 ; Jean 6, 8-12, et Jésus a nourri une seconde fois 4 000 personnes sur la rive non juive (est) de la mer de Galilée, selon Matthieu 15, 32-38 et Marc 8, 2-9.

Mais aujourd’hui, nous devons partager l’Évangile avec tout le monde, qu’il s’agisse de Juifs, d’Arabes, d’Européens, d’Asiatiques ou de toute autre personne.

Q : Dans Matthieu 15, 21-22, à propos de la femme cananéenne, Jésus semblait-il dire qu’ils ne devaient aimer que les Juifs et ceux qui adoraient Dieu selon la manière approuvée ? (Le musulman Ahmad Deedat soulève également ce point.)

R : Non, cette interprétation est difficile à soutenir, car Jésus a fait un détour considérable pour se rendre dans la région de Tyr et de Sidon.

Jésus avait d’abord été envoyé vers les brebis perdues d’Israël, mais il a par la suite traversé la mer de Galilée (à plusieurs reprises). Cela revêt une importance particulière, car la rive ouest de la mer de Galilée était principalement peuplée de Juifs, tandis que la rive est était habitée par des païens, y compris des éleveurs de porcs. Même avant cela, les Samaritains n’adoraient pas Dieu selon la manière approuvée, et Jésus s’était adressé à la Samaritaine dès le début de son ministère.

Q : Dans Matthieu 15, 24, Jésus s’adressait-il uniquement aux Juifs et non à tout le monde ?

R : Non. Jésus s’est d’abord adressé aux brebis d’Israël, mais il a également déclaré, en Jean 10, 16, qu’il avait d’autres brebis qui n’appartenaient pas à cette bergerie. Jésus s’est rendu bien au-delà des frontières d’Israël, dans la région de Tyr et de Sidon, lorsqu’il a prononcé les paroles de Matthieu 15, 24, pour rendre visite à une femme syro-phénicienne. De nombreux Samaritains ont par ailleurs cru en Jésus, comme le rapporte Jean 4, 39-42. Plus tard, Jésus a prêché à ces non-Juifs et les a nourris sur la rive orientale de la mer de Galilée. Par la suite, Jésus a déclaré qu’Il attirerait tous les hommes à Lui dans Jean 12, 32. La manière dont Jésus a d’abord prêché aux Juifs a également été suivie par Paul, qui annonçait généralement la Parole de Dieu d’abord aux Juifs, puis aux païens.

Q : Dans Matthieu 15, 24-26, Jésus était-il raciste pour avoir comparé la femme cananéenne (syrienne-phénicienne) à des chiens ? (C’est le musulman Ahmad Deedat qui a soulevé cette question.)

R : Posons une question en retour. Où se trouvait Jésus lorsqu’il a déclaré qu’il avait été envoyé uniquement vers les brebis perdues de la maison d’Israël ? La réponse est qu’il avait quitté Israël et parcouru plus de 30 miles (à vol d’oiseau), en passant par-dessus ou en contournant les montagnes, pour se rendre à Tyr, qui n’était pas et n’avait jamais été une ville israélite. Jésus s’y est rendu pour s’entretenir, non pas avec une femme juive vivant en dehors d’Israël, mais avec une femme clairement identifiée comme païenne. Mais après avoir fait ce détour (ou plutôt ces 30 miles, en réalité), Jésus voulait qu’elle soit certaine de ne pas croire qu’elle obtenait quelque chose auquel elle avait droit, mais bien quelque chose qui lui était accordé par grâce. Soit dit en passant, le mot grec signifiant « chien » ici, dans Matthieu 15, 26, a le sens de « chiot » ou de « chien de compagnie », et non de chien sauvage.

Q : Dans Mt 15, 21-29 et Mc 7, 27-29, que disaient exactement Jésus et la femme syro-phénicienne ?

R : Quatre points sont à prendre en compte dans la réponse.

1. Après que Jésus eut rejoint la côte phénicienne, la femme lui a demandé une seule chose : chasser le démon de sa fille. Notez qu’il n’y avait aucune preuve que cette femme d’origine syro-phénicienne, qualifiée de Grecque, se fût convertie au judaïsme, ni même qu’elle crût au vrai Dieu.

2. Après avoir parcouru tout ce chemin, à des milles à l’extérieur d’Israël, Jésus lui a dit sans détour que le message de Dieu était adressé aux Juifs, qui devaient être guéris en premier (Marc 7, 27). En d’autres termes, Jésus n’allait pas exaucer sa demande sans qu’elle s’engage à croire au message de Dieu, tel qu’il avait été transmis aux Juifs.

3. Elle accepta humblement de venir vers Jésus selon ses conditions, et non selon d’autres. Nous devons, nous aussi, avoir foi en la grâce de Dieu.

4. Bien que les païens et les chiens ne fussent pas tenus en grande estime par les Juifs, Jésus n’a pas utilisé ici le terme habituel pour désigner un chien. Ce mot se traduit mieux par « toutou » ou « chiot ». Les Romains et les Grecs, eux, tenaient les chiens en haute estime. Jésus a utilisé un « double sens » : le mépris des Juifs, combiné à l’estime et à l’affection des païens, en la comparant à un animal de compagnie affectueux. Cependant, Jésus a tout de même clairement indiqué que son message s’adressait d’abord aux Juifs. Si Dieu a grandement béni quelqu’un d’autre, et non pas nous, nous devrions tout de même nous réjouir des bénédictions que Dieu nous a accordées.

En résumé, la longue marche de Jésus, associée à ses paroles laconiques, illustre magnifiquement ce paradoxe : Jésus parcourra de grandes distances pour venir à notre rencontre, mais c’est à nous de venir à Lui sans orgueil, selon Ses conditions, et non les nôtres.

Q : Dans Matthieu 15:24, ces « brebis perdues d’Israël » font-elles référence à des personnes qui auraient émigré d’Israël vers l’Amérique à l’époque de l’Exil, comme l’enseigne le mormon Joseph Fielding Smith dans *Doctrines of Salvation* (1975), vol. 3, p. 214 ?

R : Non. Cette interprétation était totalement inconnue des Juifs comme des chrétiens. Jésus ne parlait pas de personnes perdues géographiquement, mais de celles qui étaient perdues spirituellement. Jésus était un Sauveur, pas un GPS. Jésus a dit à ses disciples : « Allez plutôt vers les brebis perdues d’Israël… » (Matthieu 10, 6-7), et ils s’y sont conformés dans les jours qui ont suivi en parcourant Israël à pied, sans prendre l’avion pour se rendre en Amérique.

Q : Dans Matthieu 16, 1 et 4, pourquoi était-il répréhensible de demander à Jésus un signe venu du ciel ?

R : Pour les disciples, cela a dû paraître étrange que les pharisiens et les sadducéens demandent un signe juste après que Jésus eut accompli tous ces miracles, dont beaucoup en présence même des pharisiens et des sadducéens. Apparemment, ils voulaient faire comprendre que tous les signes et miracles précédents n’étaient pas suffisants, mais qu’un seul de plus pourrait peut-être répondre à leurs exigences. Le mot grec signifiant ici « épreuve », dans le sens où ils voulaient mettre Jésus à l’épreuve, est le même que celui utilisé en Matthieu 4, 1 pour décrire la tentation de Jésus par Satan. Les miracles de Jésus avaient déjà aidé les boiteux, les aveugles et les possédés, et les pharisiens demandaient un signe venu du Ciel qui n’aurait été d’aucune utilité pour quiconque. Jésus a refusé de leur en accomplir un à leur demande.

Q : Dans Mt 16, 2-4, quel est le rapport entre le cycle du soir et du matin et les signes des temps ?

R : Le cycle prévisible du jour et de la nuit est une vérité très simple que même les enfants peuvent observer. Jésus dit qu’il existe d’autres cycles également, tels que les signes de sa venue, suivis de sa venue elle-même. Jésus reviendra une seconde fois, et bon nombre des signes qui ont précédé sa première venue seront également présents avant sa seconde venue. Jésus ne disait pas ici que les pharisiens et les sadducéens étaient aveugles, ni qu’ils manquaient d’intelligence. En effet, il les a félicités de savoir observer le temps et de faire le rapprochement pour établir des prévisions météorologiques. Mais ces mêmes personnes étaient incapables de faire le rapprochement sur le plan spirituel avec les signes des temps. Soit elles en étaient incapables, soit, peut-être, elles refusaient tout simplement de le faire.

Q : Dans Mt 16, 3-4, pouvez-vous citer d’autres situations où une personne peut voir tous les faits et tous les détails, tout en restant aveugle à leur signification et aux conclusions qui s’en dégagent ?

R : Un exemple est celui des sadducéens et des pharisiens qui, malgré les révoltes fréquentes, le mécontentement général de la population envers les dirigeants romains et l’insensibilité des empereurs, n’avaient toujours aucune idée que la fin de la Judée telle qu’ils la connaissaient était proche. En 70 après J.-C., toute la population de Jérusalem fut tuée ou réduite en esclavage. Moins de quinze ans plus tard, les sadducéens avaient disparu.

Un autre exemple est celui du grand tsunami qui a frappé la côte ouest de Sumatra. Lorsque les eaux de l’océan se sont retirées, de nombreux animaux n’ont pas compris ce qui se passait et se sont enfuis vers l’intérieur des terres. Mais certains touristes, qui devraient pourtant être plus intelligents que les animaux, se trouvaient sur place, appareils photo à la main, pour prendre des clichés de l’océan en train de se retirer.

Lors de l’ouragan de catégorie 5 qui a frappé la Floride, un homme possédait deux voitures de luxe, d’une valeur totale de 500 000 dollars américains. Il disposait d’une semaine pour mettre ses voitures à l’abri, mais il s’est contenté de les laisser dans un garage. Le garage a été détruit, les voitures ont été renversées et détruites.

Une question à se poser est la suivante : si quelqu’un d’autre observait notre vie, peut-être 30 ans plus tard, qu’est-ce qui le surprendrait de découvrir, alors que nous pouvions voir tous les signes, mais que nous n’avions aucune idée de ce qui allait se passer ? Cela peut concerner le plan physique (alimentation, manque d’exercice), relationnel (la manière dont nous traitons notre conjoint) ou spirituel (la légèreté avec laquelle nous prenons certaines des responsabilités que Dieu nous a confiées).

Q : Dans Matthieu 16:4, quel était exactement le signe du prophète Jonas ?

R : Le point essentiel est qu’il n’y avait aucun signe miraculeux, si ce n’est le témoignage de cet homme pieux.

Q : Dans Matthieu 16, 7-11 et Marc 6, 52, quelle était la signification des cinq pains et des 5 000 personnes, ainsi que des sept pains et des 4 000 personnes ?

R : Quatre points sont à prendre en compte dans la réponse.

Jésus est le Pain de vie. Puisqu’Il a pu nourrir tant de personnes, elles n’ont pas à s’inquiéter de savoir si elles ont pris des pains ou non.

D’une manière générale, Jésus a pris soin d’eux, et ils ne devaient pas craindre que Dieu soit incapable ou peu disposé à prendre soin d’eux à l’avenir.

Il réitère la même leçon, car Marc précise que les disciples n’avaient pas compris le sens de ce miracle la première fois.

Deux messages sont peut-être sous-entendus ici : d’une part, que Dieu nourrit les Juifs, et d’autre part, qu’Il nourrit également les païens.

Beaucoup de personnes pauvres s’inquiétaient de savoir comment elles allaient se procurer de quoi manger chaque jour. Si un pêcheur, travaillant six jours par semaine, ne prenait pas de poisson un jour, cela signifiait qu’il n’aurait pas d’argent ce jour-là. Pourtant, même après avoir vu Jésus nourrir les 5 000, puis les 4 000, ils s’inquiétaient toujours de ne pas avoir assez à manger. Parfois, de vieilles habitudes et de vieux schémas, tels que le sentiment de pénurie ou de souffrance, continuent de nous hanter l’esprit, même lorsque les temps ont changé. Cela révèle un manque de confiance dans le fait que les choses sont différentes avec Jésus, et que Dieu peut changer les choses. « Le peu devient beaucoup si Dieu y est ».

Q : Dans Mt 16, 7-11 et Mc 8, 19-20, quelle est, selon Jésus, la signification de ces chiffres ?

R : Certains pourraient voir une signification mystique dans les cinq pains, les 5 000 personnes et les cinq livres de la Loi pour les Juifs lors du premier repas, ainsi que dans les sept pains (un nombre parfait) et les 4 000 personnes (le chiffre 4 représentant peut-être les quatre coins de la terre) lors du deuxième repas, destiné principalement aux païens.

Il existe cependant une explication bien plus simple. Avec Jésus, un très petit nombre de pains suffit à nourrir un très grand nombre de personnes.

Q : Dans Matthieu 16, 8, pourquoi Jésus a-t-il dit qu’ils avaient peu de foi à ce moment-là ?

R : Ils ne s’inquiétaient pas pour leur nourriture en raison de leurs limites de connaissance, compte tenu de tout ce qu’ils avaient vu. Ils étaient plutôt concentrés sur leurs problèmes à court terme et avaient perdu de vue ce que Dieu est capable de faire.

Aujourd’hui encore, il arrive parfois que les chrétiens s’inquiètent, non pas parce qu’ils n’en savent pas assez, mais parce qu’ils sont tellement absorbés par leurs problèmes qu’ils perdent de vue Dieu.

Q : Dans Matthieu 16, 11-12, en quoi l’enseignement des pharisiens et des sadducéens s’apparente-t-il au levain dans le pain ?

R : Il peut s’agir d’un additif très infime, qui n’en a pas moins un effet considérable sur l’ensemble de la miche. De même, certains enseignements peuvent être un additif mineur, mais avoir un effet négatif considérable.

Il ne fait aucun doute que les pharisiens et les sadducéens enseignaient certaines choses positives ; tous deux croyaient, par exemple, en un seul Dieu et en sa création de toutes choses. Mais la part néfaste imprégnait tellement leur enseignement que Jésus ne vous a pas dit de faire la distinction entre le bon et le mauvais, de prendre le bon et de laisser le mauvais. Au contraire, même la petite « levure » présente dans leur enseignement était telle que Jésus vous a dit de vous en éloigner complètement.

Les sadducéens détenaient une part de vérité, car ils acceptaient la Torah. Cependant, quiconque s’instruisait auprès des sadducéens avait tendance à douter de la parole de Dieu, car les sadducéens rejetaient le reste de l’Ancien Testament et, selon Actes 23, 8, ils niaient la résurrection, les anges et les esprits.

Q : Matthieu 16, 11-12 indique-t-il une rédaction tardive, dans la mesure où l’auteur ne saurait faire la distinction entre les pharisiens et les sadducéens ?

R : Contrairement à ce qu’affirment certains critiques libéraux, ce n’est pas le cas. Les sadducéens ont disparu en tant que groupe dans les quinze ans qui ont suivi la destruction de Jérusalem par les Romains en 70 apr. J.-C. Un auteur n’aurait probablement fait référence aux sadducéens que s’il avait eu connaissance des événements antérieurs à cette date. Si Matthieu n’avait jamais fait référence aux sadducéens, le fait de ne pas les mentionner indiquerait effectivement une rédaction tardive. Bien que l’on ne dispose au total que de quelques pages tout au plus dans l’ensemble de la littérature décrivant les sadducéens, Matthieu les connaissait bien et savait s’ils avaient fait cause commune avec les pharisiens contre Jésus, un peu comme à une époque bien plus tardive où les Romains et les Wisigoths firent cause commune contre les Huns, ou encore les catholiques et les protestants contre l’armée turque. Matthieu parle également d’eux dans Matthieu 3, 7 ; 16, 1, 6, 11, 12. Le fait de dire qu’il faut se méfier des enseignements de ces deux groupes ne signifie pas que l’auteur était incapable de les distinguer. Sur le plan politique, aujourd’hui, nous devrions nous méfier des enseignements de l’extrême gauche et de l’extrême droite. Mais cela ne signifie pas qu’ils soient identiques.

Q : Dans Matthieu 16, 13-14 et Marc 8, 27-29, pourquoi Jésus voulait-il savoir qui les autres disaient qu’Il était ?

R : Jésus ne s’est pas donné la peine de demander qui les pharisiens et les sadducéens pensaient qu’il était ; cela n’avait aucun intérêt. Il a plutôt demandé qui les gens de la foule pensaient qu’il était. L’endroit où il a posé la question à ses disciples était Césarée de Philippe, une ville située au nord de la Galilée, dans l’actuelle Syrie, sur une plaine juste au sud du mont Hermon, à environ 25 miles au nord de la mer de Galilée et à 5 miles à l’est du Jourdain. Il existait deux villes portant le nom de Césarée, et celle-ci se trouvait sur le territoire gouverné par Hérode Philippe, le frère d’Hérode Antipas. Cette Césarée abritait un temple dédié à la mémoire de l’empereur romain défunt César Auguste. Si les habitants de cette ville vénéraient Auguste, un homme ordinaire qui n’accomplissait pas de miracles, comme un dieu, que disaient-ils alors de Jésus ? C’est ce qu’on appelle la méthode socratique d’enseignement, qui consiste à poser des questions. Il est souvent utile de poser une question dont on connaît déjà la réponse. Cela permet de savoir ce que pense la personne qui répond, et peut même l’aider à mettre de l’ordre dans ses pensées. Lorsque Jésus a demandé : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? », le « vous » est au pluriel ; Jésus s’adressait donc à tous les disciples ensemble. Nous savons toutefois que seul Pierre a répondu.

Q : Dans Mt 16, 16-17, comment Pierre a-t-il pu savoir cela uniquement par l’Esprit Saint ?

R : Apparemment, Pierre n’avait pas encore entendu Jésus l’affirmer explicitement. Pierre n’a pas dit : « Je pense que… » ou « J’espère que… », mais il en était certain. De plus, c’est une chose que quelqu’un transmette cette affirmation à Pierre, et une autre que Pierre y croie par lui-même.

Q : Dans Mt 16, 18, sur quoi les catholiques romains et les protestants peuvent-ils s’accorder concernant ce verset ?

R : Il y a sept points sur lesquels catholiques et protestants devraient tous pouvoir s’accorder.

1) Pierre est le roc sur lequel l’Église est bâtie. L’Église est assurément bâtie sur le « roc » de cet apôtre ; après tout, selon Éphésiens 2, 20a, l’Église est bâtie sur le fondement de tous les apôtres et prophètes. Pierre est l’un des fondements principaux de l’Église, mais il n’est pas le seul, car Apocalypse 21, 14 indique qu’il y a douze fondements de la ville de la Nouvelle Jérusalem, et qu’ils représentent les douze apôtres de Jésus.

2) Il n’est pas question ici de successeurs de Pierre. Matthieu 16, 16-18 ne mentionne aucun successeur de Pierre. En réalité, aucun verset biblique ne fait référence à des successeurs de Pierre.

3) C’est Jésus, et non Pierre, qui est la pierre angulaire. Pierre n’est pas un « rocher » plus important que Jésus lui-même, la pierre angulaire, comme l’affirme Éphésiens 2, 20b. À l’image d’un rocher solidement posé sur un autre, Pierre nous a lui-même dit que le rocher ou la pierre angulaire est Jésus dans Actes 4, 10-11 et 1 Pierre 2, 6-7, tout comme le fait Paul dans 1 Corinthiens 10, 4. Pierre n’a jamais écrit qu’il était lui-même un « rocher » ou la pierre angulaire, mais Paul a déclaré que tous les apôtres constituaient le fondement dans Éphésiens 2, 20, bien que le Christ fût la pierre angulaire. Cependant, bien que Jésus soit la pierre angulaire, il ne parle pas de lui-même en tant que rocher ici, dans Matthieu 16, 16-18.

4) Pierre n’était pas irréprochable dans ses paroles ou ses actes, ni avant la résurrection (Matthieu 16, 22-23), ni après (Galates 2, 11-14).

5) Néanmoins, Pierre s’exprimait avec autorité en tant qu’apôtre (1 Pierre 1, 1 et Actes 1, 15-22) et nous devons reconnaître son enseignement comme tel. À l’instar des premiers chrétiens, nous devons nous consacrer à l’enseignement des apôtres, comme le mentionne Actes 2, 42.

6) Les clés du royaume des cieux, le pouvoir de lier et de délier, ont été confiées à Pierre en Matthieu 16, 19. En effet, tous les apôtres et l’Église ont reçu ce même pouvoir de lier et de délier en Matthieu 18, 18.

7) Aucune doctrine du christianisme ne peut être plus fondamentale que la confession que Pierre a faite ici. Si une personne ne reconnaît pas que Jésus est le Messie promis, le Fils du Dieu vivant, et si elle ne reconnaît pas que Jésus est mort pour nos péchés et qu’il est ressuscité d’entre les morts (1 Corinthiens 15, 1-11), alors sa foi est vaine et ne lui permettra pas d’aller au ciel.

Q : Dans Matthieu 16, 18, qu’est-ce que le roc, ou qui est-il ?

R : Beaucoup de gens ne saisissent pas que Pierre est associé à un « rocher » non pas une seule fois, mais à deux reprises dans Matthieu 16. Dans Matthieu 16:18, Pierre est associé à un « bon » rocher, une pierre angulaire. Dans Matthieu 16:23, Pierre est associé à un « mauvais » rocher (une « offense » dans certaines traductions), mais littéralement une pierre d’achoppement. Comment Pierre pourrait-il être les deux à la fois ? Il s’agit là de métaphores. Il existe deux interprétations principales, et les deux pourraient être vraies.

Le rocher, c’est la confession de Pierre concernant le Christ. Il n’y avait pas un, mais deux mots grecs différents pour désigner le rocher ici. Simon a été appelé Pierre (« rocher ») parce qu’il a été le premier à confesser que Jésus est le Christ. Jésus s’est adressé à Pierre à la deuxième personne (« toi »), mais « ce rocher » est à la troisième personne. Jésus et les disciples, originaires de Galilée, parlaient très probablement le grec. Quelle que soit l’interprétation qu’un chrétien donne à ce verset particulier, 1 Jean 4, 1-3 et 2 Jean 7-10 montrent que quiconque ne reconnaît pas que Jésus est venu dans la chair ne doit pas être accepté ni accueilli. 1 Corinthiens 15, 1-4 montre que quiconque ne croit pas que Jésus est mort pour nos péchés et qu’il est ressuscité physiquement d’entre les morts croit en vain. 1 Corinthiens 12, 3 enseigne que personne ne dit que Jésus est Seigneur, si ce n’est par le Saint-Esprit. Concrètement, l’Église est bâtie sur la confession de Jésus-Christ.

Le roc, c’est Pierre lui-même. Jésus et les disciples connaissaient sans aucun doute l’araméen ; il est donc possible que Jésus se soit exprimé en araméen à cet endroit. Les deux mots sont différents en grec, car l’un est un nom propre féminin et l’autre un nom propre masculin. Cependant, l’araméen ne comporte pas de terminaisons masculines, féminines ou neutres. De plus, Papias, un disciple de l’apôtre Jean, affirme que l’Évangile selon Matthieu a d’abord été rédigé en hébreu [ce qui signifie peut-être en araméen], puis traduit en grec. En araméen, on utiliserait le même mot : « kepha ». Les catholiques considèrent généralement que le roc dont il est question ici est Pierre, car ils estiment que cela confirme que l’Église est fondée sur Pierre. Ils ajoutent ensuite que Pierre a transmis la fonction de pape à ses successeurs. Bien qu’il n’y ait aucune allusion à cette dernière partie dans la Bible, rien n’empêche les protestants d’interpréter eux aussi Pierre comme étant le roc en question ici. Quelle que soit l’interprétation que les chrétiens donnent à ce verset, les bonnes fondations sont faites de roche, et tous les apôtres et prophètes constituent le fondement de l’Église, comme l’indique Éphésiens 2, 20. Concrètement, l’Église est bâtie sur la Bible, qui est l’enseignement des apôtres et des prophètes.

Puisque Pierre est associé à deux types de rochers, un non-catholique romain verrait aisément que ces deux aspects sont vrais et importants. Pierre est une pierre angulaire de l’Église, et l’innovation selon laquelle les papes seraient les successeurs de Pierre a constitué une pierre d’achoppement pour les catholiques romains.

Q : Que ne dit PAS Matthieu 16, 18 ?

R : Il y a au moins huit points importants qu’il ne dit PAS.

1. Il ne dit pas que la pierre angulaire sur laquelle l’Église a été bâtie était Pierre. S’il le disait, cela contredirait le fait que le Christ est la pierre angulaire, comme l’indique Éphésiens 2, 20b.

2. Il n’exclut pas que Pierre et les autres apôtres soient le roc sur lequel l’Église est bâtie. S’il le faisait, cela contredirait le fait que l’Église soit bâtie sur le fondement (les rochers) des apôtres et des prophètes, comme le dit Éphésiens 2:20a, et irait à l’encontre d’Apocalypse 21:14.

3. Cela n’indique pas que Pierre ait eu des successeurs en tant qu’apôtre, ni ne mentionne un pape. En effet, même à Nicée, quatre Églises principales étaient reconnues : Jérusalem, Constantinople, Rome et Alexandrie.

4. Bien qu’il soit dit que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre l’Église, il n’est pas précisé que Satan ne parviendrait pas à y introduire la corruption. En effet, le pape Formose fut jugé pour hérésie, après sa mort, par le pape qui lui succéda, et condamné. Ces papes furent jugés :

a) Les papes Zéphyrin et Calixte Ier, accusés d’hérésie sabellienne

b) Étienne VI (896-897) et le synode des cadavres. On coupa les doigts du cadavre du pape Formose. Il fut ensuite assassiné.

c) Célestin V (1294-1296) : la quasi-totalité de ses actes officiels fut annulée par son successeur, l’impitoyable Boniface VIII. Célestin fut assassiné après avoir démissionné. Boniface ordonna une croisade contre la famille Colonna.

d) Boniface VIII (1294-1303) fut impliqué dans de nombreuses guerres. Il rédigea la bulle « Unam Sanctam ». Il mourut de « chagrin » peu après son emprisonnement.

e) Benoît XI (1303-1304) annula la bulle papale Unam Sanctam de Boniface VIII datée de 1302.

f) Clément V (1305-1314) jugea Boniface VIII pour hérésie et sodomie.

g) 1328 : l’empereur Louis IV de Bavière destitue le pape Jean XXII pour hérésie

h) 1328 — Marsile de Padoue, futur archevêque de Milan, persécute le clergé catholique fidèle à Jean XXII

5. Cela ne garantit pas que la succession des évêques de Rome soit ininterrompue. Un pape appartenait au parti qui avait assassiné le pape précédent. Si cela ne rompt pas la succession papale, alors celle-ci n’a aucun sens.

Les trois points suivants sont tirés de l’ouvrage de Karl Keating, catholique romain.

6. La mauvaise personne ne deviendrait pas pape. The Francis Feud, p. 82-83. Lisez les passages consacrés à Alexandre VI, Boniface VIII, Jules II, qui ont attaqué des villes en Italie, ou à Benoît IX, qui a vendu la charge de pape.

7. Mauvais exemples : des hommes violents, méchants, immoraux ou népotistes ne deviendraient pas pape

8. Les papes ont failli à leur devoir de soutenir l’enseignement correct. *Catholicism and Fundamentalism*, p. 227

Q : Dans Mt 16, 18, Jésus disait-il essentiellement que Pierre était le premier pape, comme l’affirme l’Église catholique ?

R : Ce passage a été utilisé pour la première fois pour étayer la succession papale par le pape Damase en 382 après J.-C. Comme l’écrit Dave Hunt dans *A Woman Rides the Beast*, p. 101 : « L’un des tout premiers exemples de coexistence de plusieurs papes remonte à l’élection simultanée, par des factions rivales, des papes Ursinus et Damase. Les partisans du premier réussirent, au prix de nombreuses violences, à l’installer comme pape. Plus tard, après une bataille sanglante de trois jours, Damase, avec le soutien de l’empereur, sortit vainqueur et continua d’exercer la fonction de vicaire du Christ pendant 18 ans (366-384). Alors, la « succession apostolique » issue d’une « lignée ininterrompue depuis Pierre » aurait-elle été imposée par la force des armes ? Vraiment ? »

Dans le même ouvrage, p. 135-136, Mgr Joseph Hefele, évêque de Rottenburg, déclare : « “Mais dans tous ces documents [l’histoire et les enseignements de l’Église], je n’ai jamais vu la doctrine [de l’infaillibilité papale provenant d’une source crédible].” »… Von Döllinger, l’une des grandes autorités de l’époque en matière d’histoire de l’Église, partageait entièrement l’avis de Hefele. Son ouvrage (interdit par Rome) mettait en garde contre la tentative imminente de Pie IX d’imposer le dogme de l’infaillibilité et rappelait aux évêques qui allaient se réunir pour délibérer sur cette décision cruciale : « Aucune des anciennes confessions de foi, aucun catéchisme, aucun des écrits patristiques rédigés pour l’instruction du peuple ne contient la moindre syllabe au sujet du pape, et encore moins la moindre allusion au fait que toute certitude de foi et de doctrine dépende de lui. »

Augustin d’Hippone (388-430 apr. J.-C.) a déclaré : « C’est donc sur ce roc, a-t-Il [Jésus] dit, que tu as confessé, que je bâtirai mon Église. Car le Roc (petra) est le Christ ; et c’est sur ce fondement que Pierre lui-même a été édifié. » Augustin poursuit ensuite en citant 1 Corinthiens 3, 11, et affirme que l’Église est représentée en Pierre, le roc. (Commentaire sur l’Évangile selon saint Jean, Traité 124, chap. 21.5, vol. 7, p. 450.)

Q : Dans Matthieu 16, 18, en quoi « le roc » a-t-il constitué le jeu de mots le plus marquant de toute l’histoire ?

R : Quelqu’un a dit : « Ce fut le jeu de mots le plus influent de toute l’histoire. » Dans un certain sens, cette observation est juste, car ces paroles ont été utilisées pendant des siècles pour soutenir les papes.

Cependant, s’il faut reconnaître que Jésus souhaitait que Pierre et les autres apôtres détiennent la plus haute autorité sur terre au sein de l’Église, il n’a jamais rien dit au sujet de prétendus successeurs. Ce ne sont donc pas les mots eux-mêmes, mais leur extension injustifiée aux papes qui en a fait le jeu de mots le plus influent de toute l’histoire.

Toutefois, si Jésus s’exprimait en araméen, « kephas/cephas » (rocher massif) n’était pas un prénom courant, mais cela ne fonctionne pas comme jeu de mots dans ce contexte.

Soit dit en passant, un lecteur a fait remarquer que ce jeu de mots aurait pu être en hébreu et NON en grec. En hébreu, il aurait pu s’agir de « pierre » (eben) et « je bâtirai » (ebneh). Par exemple, George Howard cite un traité hébreu du XIVe siècle rédigé par un rabbin nommé Shem-Tob Ben Shaprut, dont le texte hébreu dit : « Tu es une pierre (eben) et, sur toi, je bâtirai (ebneh) ma maison de prière. » Voirwww.jerusalemperspective.com/Default.aspx?tabid=27&ArticleID=1859 pour plus d’informations.

Q : Dans Mt 16,18, le nom de Pierre a-t-il été retrouvé à Qumrân parmi les manuscrits de la mer Morte ?

R : Non. Il y avait une mention dans une traduction d’une transcription de John Allegro, dans ce qu’on appelle aujourd’hui le rouleau 4Q432. Cependant, Martin Abegg, de l’université Trinity Western, indique dans un e-mail que ce nom ne figure pas dans le rouleau 4Q432.

Q : Dans Matthieu 16, 18, quelles sont les trois notions complémentaires que ce verset pourrait évoquer au sujet des portes de l’Hadès ?

R : Il y a ici trois contextes différents, et dans les trois cas, les portes de l’Hadès ne vaincront pas l’Église.

Lors de la résurrection, lorsque le Christ est ressuscité, il a emmené avec lui au ciel les saints de l’Ancien Testament, comme le mentionne Éphésiens 4, 8-10.

Sur terre aujourd’hui, les portes de l’Hadès ne peuvent empêcher l’expansion du royaume de Dieu.

Lors de l’Enlèvement, le peuple de Dieu sera ressuscité et ses corps ne resteront pas dans la tombe.

Q : Dans Matthieu 16, 19, que signifie « lier et délier » ?

R : Imaginez les chrétiens d’aujourd’hui essayant de distinguer les adeptes de sectes des chrétiens égarés, et les enseignements étranges des enseignements pieux, s’ils ne disposaient pas du Nouveau Testament. Telle était la situation dans l’Église primitive. Dieu a donné aux apôtres la capacité de discerner et l’autorité de déclarer ce qui constituait un bon enseignement. L’autorité de lier et de délier donnée à Pierre en Matthieu 16, 19 est accordée à toute l’Église en Matthieu 18, 18. Une faculté, semblable à ce pouvoir de lier et de délier, consistant à pardonner ou à retenir les péchés, est accordée par Jésus à tous les apôtres dans Jean 20, 23. D’une certaine manière, les apôtres exercent ce pouvoir aujourd’hui, sous forme écrite, par le biais du Nouveau Testament. Mais avant que le Nouveau Testament ne soit entièrement consigné par écrit, il était essentiel qu’ils l’exercent directement.

Certains affirment qu’il ne s’agissait pas de déterminer la culpabilité ou l’innocence, mais de l’annoncer, comme Pierre a déclaré Ananias et Saphira coupables d’avoir menti au Saint-Esprit dans Actes 5, 1-10.

D’autres affirment que les termes « lier » et « délier » étaient des expressions courantes issues du judaïsme rabbinique. Ces termes désignaient le fait d’autoriser ou d’interdire divers types d’activités.

Q : Dans Matthieu 16, 19, que représentaient exactement les clés du royaume des cieux ?

R : Tout d’abord, notez qu’il est question des clés du royaume des cieux, et non de l’Église. Plusieurs clés sont mentionnées, et il est dit que l’Hadès possède plusieurs portes. Il n’est pas question ici de métal ni d’objet physique. Il pourrait s’agir soit du message de l’Évangile, soit du fait que Pierre a ouvert la porte de l’Évangile aux Juifs (Actes 2) puis, plus tard, aux païens dans Actes 10, comme l’indique la NIV Study Bible, p. 1466.

Jésus a également déclaré que les scribes et les pharisiens fermaient le royaume des cieux aux hommes dans Matthieu 23, 13. Dans Luc 11, 52, les experts en loi ont retiré la clé de la connaissance.

Q : Dans Matthieu 16, 19, ces clés du royaume des cieux pouvaient-elles être transmises ?

R : Les Écritures ne laissent jamais entendre que des « clés » puissent être transmises, si ce n’est que Jésus les a données à tous les apôtres. Cependant, le fait que Jésus dise aux apôtres, de manière métaphorique, qu’ils possèdent les « clés » ne signifie pas qu’il ait renoncé à les détenir lui-même, car Jésus détient toujours « les clés de la mort et du séjour des morts » dans l’Apocalypse 1, 18.

Hypothétiquement parlant, même si un pape des premiers temps détenait ces clés et était en mesure de les transmettre, cela ne signifierait pas pour autant qu’il y ait succession papale si celle-ci avait été rompue. L’idée qu’un pape prenne les clés après la destitution du pape précédent semble ridicule. Si un pape était totalement immoral, comme Alexandre VI (1492-1503 apr. J.-C.), cela romprait également la succession papale. Bien sûr, à partir de ce moment-là, on ne peut pas transmettre ce que l’on n’a jamais possédé.

À quel point certains papes étaient-ils mauvais ? D’après l’ouvrage d’Austin intitulé *Topical History of Christianity*, p. 148,

« C’est alors [après 904] que commença ce qu’on appelle la « pornocratie », période durant laquelle Théodora et ses deux filles, Théodora la Jeune et Marozia, contrôlaient de fait Rome et l’Église elle-même. Prostituées séductrices, ces femmes avaient vendu leur corps en échange de postes, de titres et de terres, ce qui leur avait conféré un pouvoir considérable. Marozia eut une liaison illicite avec le pape Serge III, dont naquit un fils qui devint plus tard le pape Jean XI. Lorsque Marozia chercha à se faire couronner impératrice, son fils cadet, Alberic, enleva et emprisonna sa mère, fit incarcérer son demi-frère, le pape, et devint lui-même empereur. Il régna de 932 à 954, exerçant un contrôle absolu sur la papauté. Après la mort d’Alberic, son fils Octave fut élu sous le nom de pape Jean XII et s’avéra être le membre le plus odieux de cette famille dépravée.

b. Les régimes ottoniens. En 962, le pervers Jean XII couronna le roi allemand Otton Ier empereur du Saint-Empire romain germanique. Pensant avoir trouvé un allié dans la dépravation, Jean découvrit rapidement que le nouvel empereur était un homme de caractère, déterminé à redonner au pontificat décence et honneur. Lorsque Otton convoqua un synode pour discuter de la destitution de Jean, le pape menaça tous les participants d’excommunication, mais ceux-ci le destituèrent malgré tout. Trois mois plus tard, Jean convoqua un autre synode qui annula la décision prise par le synode d’Otton. C’est pourquoi Otton décida de recourir à la force pour débarrasser la papauté de son dirigeant malfaisant.

… Les quarante-deux années suivantes [après 1004] de l’histoire papale furent marquées par une rivalité intense, une médiocrité opportuniste, une impuissance spirituelle, le vice et la corruption. Elle sembla atteindre son point le plus bas avec l’élection d’un garçon dégénéré âgé de douze ans, le pape Benoît IX (1032-1045), qui, après une débauche honteuse et une administration chaotique, vendit la tiare sacrée (c’est-à-dire la charge de pape) au plus offrant. Il fut connu sous le nom de Grégoire VI (1045-1046).... »

Le professeur de séminaire catholique Pacwa et d’autres catholiques ont une réponse qui en stupéfierait plus d’un parmi les protestants. Ils s’accordent avec les protestants pour dire que de nombreux papes étaient des hommes impies et qu’ils sont probablement allés en enfer. Cependant, puisqu’ils étaient papes, nous devons leur obéir quoi qu’il en soit.

Si un pape est emprisonné de force et destitué, le nouveau pape, hostile à l’ancien, dispose-t-il alors de l’autorité et du droit de succession de l’ancien pape ? Les chrétiens de l’époque auraient-ils dû craindre la menace d’excommunication de Jean ? Les chrétiens auraient-ils dû soutenir les préparatifs de guerre d’Otton contre le pape ? Dans quelles circonstances une personne qui achète le titre de pape peut-elle être considérée comme le successeur de saint Pierre ? Il est certain qu’une personne comparée à Simon dans Actes 8, 13-25 ne devrait pas être obéie si elle a acheté la charge de pape ???

Q : Dans Matthieu 16, 20 et Marc 8, 30, pourquoi Jésus ne voulait-il pas que les disciples disent aux autres qu’Il était le Christ (c’est-à-dire le Messie) à ce moment-là ?

R : Notez tout d’abord que Jésus ne leur a jamais dit de mentir et de nier qu’il était le Messie, mais seulement de ne pas en parler. Il y a au moins deux raisons possibles.

1. À ce stade de son ministère, Jésus souhaitait qu’ils écoutent ses paroles avant de décider s’il était ou non le Messie. Il est parfois préférable de laisser les auditeurs de l’Évangile entendre eux-mêmes les paroles de Jésus plutôt que de passer trop de temps à « contextualiser » et à « actualiser » l’Évangile.

2. Comme le montre Matthieu 16, 21, les disciples devaient d’abord avoir une vision parfaitement claire de qui était Jésus avant d’en parler aux autres.

Jésus l’a annoncé publiquement lors de son entrée triomphale le dimanche des Rameaux. Bien sûr, après la résurrection, Jésus leur a ensuite demandé d’annoncer la bonne nouvelle au monde entier, comme le rapportent Matthieu 28, 18-20 et les Actes 1, 8.

Q : Dans Matthieu 16, 21 et Marc 8, 29, pourquoi la confession de Pierre a-t-elle constitué un tournant majeur dans le ministère de Jésus ?

R : À partir du moment où ils ont reconnu que Jésus était le Messie, Jésus a commencé à leur enseigner qu’il devait se rendre à Jérusalem pour y mourir. Ils devaient d’abord croire en l’identité de Jésus avant de pouvoir comprendre pourquoi Jésus devait mourir pour leurs péchés.

Q : Dans Matthieu 16, 21 et Marc 8, 31, à ce moment précis de son ministère, et non avant, pourquoi Jésus a-t-il commencé à leur dire qu’il souffrirait et serait rejeté ?

R : Jésus n’a pas dit qu’il souffrirait et serait mis à mort avant qu’au moins l’un de ses disciples ait reconnu et cru que Jésus était le Messie promis.

Q : Dans Matthieu 16, 21, pourquoi Jésus a-t-il attendu ce moment précis pour dire à ses disciples qu’il souffrirait, mourrait et ressusciterait d’entre les morts ?

R : Il était important que les disciples reconnaissent d’abord qu’Il était le Messie, le Fils de Dieu. Mais dès qu’ils l’eurent compris, Jésus passa à l’étape suivante : le Messie devrait souffrir, mourir et ressusciter. Il se peut également que Jésus n’ait pas voulu qu’ils tirent des conclusions hâtives selon lesquelles le Messie triompherait dès à présent de Rome. Jésus avait déjà fait allusion à sa mort auparavant (Matthieu 9, 15 ; 10, 38 ; 12, 40 ; Jean 2, 19 ; 3, 14), mais c’était la première fois qu’il le déclarait ouvertement.

Q : Dans Matthieu 16, 21 ; 17, 22 ; 20, 19 ; Marc 8, 31, puisque Jésus devait ressusciter au bout de trois jours ou le troisième jour, cela signifie-t-il qu’il est resté mort pendant au moins 24 × 3 = 72 heures ?

R : Non, car Luc 24, 21 indique que le jour de la résurrection était le troisième jour. Jésus est mort vendredi après-midi et est ressuscité dimanche à l’aube. L’expression « après trois jours » était une figure de style hébraïque courante signifiant une partie ou la totalité de trois jours. Voici cinq autres exemples de cette « figure de style des trois jours ».

1. Dans Genèse 42:17, Joseph fit emprisonner ses frères pendant trois jours. Mais au verset 18, il en relâcha neuf le troisième jour.

2. Dans 2 Chroniques 10:5, Roboam dit au peuple : « Revenez vers moi dans trois jours ». Or, dans 2 Chroniques 10:12, le peuple revint en disant : « Revenez vers moi le troisième jour ».

3. Dans 1 Samuel 30:12, un esclave égyptien malade a dit à David qu’il n’avait ni mangé ni bu d’eau depuis trois jours et trois nuits. Or, une personne ne pourrait pas survivre dans le désert sans aucune eau pendant 72 heures. Il ne fait aucun doute que l’esclave voulait dire « une partie de ces trois jours ».

4. Dans Esther 4:16, Esther demande qu’on jeûne pour elle « pendant trois jours, nuit et jour », et elle ferait de même. Or, Esther 5:1 précise que c’est « le troisième jour » qu’Esther a organisé un banquet ; il s’agit donc d’une durée équivalente.

5. En évoquant la mort et la résurrection du Christ, Jésus lui-même a dit dans Matthieu 12:40 : « trois jours et trois nuits » ; Marc 8:31 dit : « le troisième jour, il ressuscitera » ; Marc 14:58 dit : « pendant trois jours » ; Jean 2:19 dit : « dans trois jours » ; et Luc 24:21 dit : « Ce troisième jour arrive aujourd’hui ».

En résumé, nous avons démontré que cette expression hébraïque peut signifier « dans les trois jours », et que cette expression était couramment utilisée depuis l’époque de Roboam jusqu’à celle de Jésus.

Q : Dans Matthieu 16, 22-23 et Marc 8, 32-33, pourquoi Jésus a-t-il réprimandé Pierre en lui disant : « Arrière, Satan » ?

R : Pierre avait à l’esprit les choses des hommes, et non celles de Dieu. Satan s’est servi de Pierre, l’ami proche de Jésus, pour tenter Jésus. Cependant, Jésus a reconnu la tentation pour ce qu’elle était. Jésus ne disait pas que Pierre était possédé par un démon, ni qu’il était sous l’emprise de Satan. Il reconnaissait plutôt que Satan se cachait derrière cette suggestion. Lorsque Dieu veut que nous fassions quelque chose pour Lui, et que nous avons ou envisageons une suggestion qui nous propose une voie plus facile, nous devons reconnaître cela pour ce que c’est : une tentation de Satan. Même si la personne est bien intentionnée et qu’il s’agit d’un frère ou d’une sœur dans la foi, nous devons reconnaître qu’elle pourrait tout de même vous faire une suggestion qui constitue une tentation de Satan. Satan dans le désert, et Pierre ici, ont tous deux suggéré que Jésus pourrait accéder à la royauté sans passer par la souffrance. Aujourd’hui, si nous essayons de faire de Jésus notre Roi et notre Sauveur, sans la croix ou sans en reconnaître la nécessité, nous sapons le message de salut de Dieu.

Q : Dans Mt 16, 22-23 et Mc 8, 33, comment Pierre a-t-il pu avoir l’audace de corriger et de réprimander Jésus ?

R : Jésus a choisi un disciple audacieux en choisissant Pierre. L’audace en soi n’est ni bonne ni mauvaise. L’audace à suivre Dieu est bonne, mais l’audace à suivre sa propre voie ne l’est généralement pas.

Q : Dans Matthieu 16, 22, pourquoi Pierre réprimandait-il bêtement Jésus à ce moment-là ?

R : Pierre pensait que Jésus avait besoin d’être corrigé et conseillé. Même aujourd’hui, certains peuvent avoir l’attitude de croire qu’ils en savent plus que Dieu.

Q : Dans Matthieu 16, 23 et Marc 8, 33, de quelles manières les gens d’aujourd’hui peuvent-ils avoir à l’esprit les choses de l’homme plutôt que celles de Dieu ?

R : Nous pouvons substituer la sagesse humaine à celle de Dieu. Nous pouvons décider d’agir à notre manière alors que cela va à l’encontre de la voie de Dieu. Nous pouvons oublier que notre espérance réside en Dieu, et non dans notre force ou notre sagesse. Nous pouvons recourir à nos propres méthodes terrestres. Enfin, nous pouvons être tellement pressés d’accomplir nos « devoirs » à la hâte que nous ne savourons plus autant la présence de Dieu, et que nous préférons un culte de type « fast-food » à une vie consacrée à Dieu.

Vous n’avez pas dit « oui » de tout votre cœur à Dieu si vous n’avez pas également dit « non » à vous-même.

Q : Dans Matthieu 16, 24, pourquoi Jésus a-t-il mentionné la croix à ce moment-là, avant d’annoncer à ses disciples qu’il serait crucifié ?

R : Jésus savait qu’il serait crucifié avant même de l’annoncer à ses disciples. Ils connaissaient tous déjà la crucifixion, car les Romains crucifiaient souvent les rebelles et les voleurs. La crucifixion servait à inciter les autres à rester dans le droit chemin. De même que les révolutionnaires zélotes risquaient la crucifixion pour une cause terrestre insignifiante, les disciples devaient être prêts à risquer la crucifixion pour une cause céleste bien plus noble. Finalement, chacun des douze apôtres a été martyrisé pour sa foi, à l’exception de Jean, qui a été exilé à Patmos et est mort de mort naturelle.

Q : Dans Matthieu 16, 27, Jésus reviendra-t-il dans la gloire du Père, ou dans sa propre gloire, comme le dit Jean 1, 14 ?

R : Jean 1, 14 dit qu’ils ont vu une partie de la gloire de Jésus. Par exemple, ils en ont vu une partie à la Pentecôte. Matthieu 16, 27 fait référence à un événement dans un avenir lointain, lorsque Jésus reviendra. En d’autres termes, vous n’avez encore rien vu !

Q : Dans Matthieu 16, 27, cela fait-il référence non pas à la fin du monde, mais à la manifestation suprême de Bahá’u’lláh, comme l’enseignent les bahá’ís dans *Bahá’u’lláh et la nouvelle ère*, p. 268-269 ?

R : Non, lisez ce verset plus attentivement. Il dit que le Fils de l’homme viendra dans la gloire de son Père avec ses anges, et qu’il récompensera chacun selon ses œuvres. Les gens n’ont vu aucun ange auprès de Bahá’u’lláh, et Bahá’u’lláh n’a récompensé ni les bahá’ís fidèles qui ont été exilés ou sont morts, ni les musulmans qui l’ont persécuté.

Q : Dans Mt 16, 28 et Mc 9, 1, que voulait dire Jésus lorsqu’il a déclaré que certains ne goûteraient pas à la mort avant d’avoir vu le royaume de Dieu venir en puissance ?

R : Commençons par ce que la réponse n’est pas, puis voyons ce qu’elle est.

X1. Rien ne prouve que Jésus ait enseigné que les disciples resteraient en vie pendant longtemps. En réalité, l’histoire de l’Église nous apprend que 11 des 12 apôtres sont morts en martyrs. Un seul, Jean, est mort de mort naturelle. Il a toutefois subi l’exil sur l’île de Patmos.

X2. Cela ne fait PAS référence au Royaume millénaire décrit dans Apocalypse 20, 1-6.

X3. Cela ne peut pas faire référence à la réincarnation, avant qu’ils ne voient le Fils de l’Homme venir dans son royaume. Non seulement la réincarnation n’est pas vraie, mais même si elle l’était, les personnes réincarnées connaîtraient tout de même la mort.

X4 : Certains penchent pour l’hypothèse de la Transfiguration, qui eut lieu peu après. Lorsque, dans 2 Pierre 1, 16-18, Pierre parle d’avoir été témoins oculaires de sa majesté, l’ouvrage *1001 questions bibliques répondues*, p. 299-300, indique que cela montre que Pierre l’entendait ainsi.

La réponse : Cela fait référence au moment où Jésus a « conquis » son royaume par la crucifixion, comme le prouve la résurrection. Il est entré dans son royaume après avoir triomphé de Satan. Les chrétiens ne s’accordent pas sur la question de savoir si le point de départ fut la résurrection ou la Pentecôte, mais il s’agit là d’un point tout à fait mineur.

Matthieu met particulièrement l’accent sur le royaume des cieux. Le royaume des cieux commencerait par être visiblement petit, comme un grain de moutarde (Matthieu 13, 31) ; à l’instar du levain, il ne serait pas visible, mais ses effets se manifesteraient dans la pâte du monde (Matthieu 13, 33) ; enfin, les anges élimineront du royaume des cieux tout ce qui est source de péché et tous ceux qui commettent le mal (Matthieu 13, 41-42). Le Royaume des Cieux est comme un trésor enfoui que l’on découvre en secret (Matthieu 13, 44), mais il est d’une valeur inestimable, à l’image d’un marchand qui vend tout ce qu’il possède pour acheter une perle de grand prix (Matthieu 13, 45-46). Ainsi, comme le montre la parabole du filet en Matthieu 13, 47-50, le Royaume des cieux est une réalité de cette vie où se côtoient les bons et les mauvais poissons, mais il trouvera également son accomplissement ultime à la fin des temps. Le Royaume de Dieu était en vous (Luc 17, 21).

Pierre, en Matthieu 16, 19, puis les autres apôtres par la suite, se virent confier les clés du royaume.

Lors de la Cène, Jésus a déclaré qu’il ne boirait plus du fruit de la vigne jusqu’à ce qu’il le boive à nouveau avec eux dans le Royaume du Père (Matthieu 26, 29). Jésus a mangé et bu avec les disciples après sa résurrection.

Résumé : Les disciples, qui ont vécu une durée de vie normale, affirment que le royaume des cieux est venu sur terre après la résurrection de Jésus. Alors que les Juifs espéraient peut-être un royaume militaire qui renverserait les Romains, Jésus enseignait que le royaume était semblable à un grain de moutarde, à du levain ou à une perle de grand prix. Il était petit, difficile à percevoir au premier abord, d’une grande valeur, et aurait de grandes répercussions.

Q : Dans Matthieu 17, 1-8, pourquoi Jésus a-t-il été transfiguré ?

R : Bien que les Écritures ne le précisent pas, cela pourrait s’expliquer par une combinaison de raisons, liées à la fois aux disciples et à Jésus lui-même.

1. Pour les disciples, cette révélation était un signe destiné à confirmer leur foi, ainsi qu’à encourager et à fortifier les trois disciples qui en ont été témoins. Il était peut-être bon de fortifier la foi de ces trois-là avant la crucifixion.

2. Cela a distingué ces trois disciples en tant que guides des autres.

3. Le Père et l’Esprit auraient pu se servir de cet événement pour fortifier Jésus et lui indiquer ce qu’il devait faire avant la crucifixion, ainsi que ce qu’il devait faire entre le moment où il serait crucifié et celui où il ressusciterait d’entre les morts.

4. Cela pourrait être un témoignage indiquant que Jésus avait « réussi » à se présenter comme l’homme parfait et sans péché, et que la conversation qui a suivi portait désormais sur sa crucifixion.

Jésus avait déjà donné de nombreuses preuves de sa puissance auparavant. Mais tous ces miracles correspondent à ce que Jésus a accompli, ou était capable d’accomplir, et non simplement à ce qu’Il était. Parfois, nous avons besoin de faire une pause dans notre ministère et dans nos autres activités, pour passer simplement un moment seul avec le Seigneur, en nous concentrant sur qui Il est.

Bien sûr, Dieu n’est pas tenu de vous expliquer les raisons de tout.

Q : Dans Matthieu 17:1, sur quelle montagne Jésus les a-t-il emmenés ?

R : Il s’agissait probablement du mont Meron, qui culmine à environ 3 926/3 963 pieds, soit 1 204 mètres. Il ne s’agissait probablement pas du mont Hermon (9 232 pieds), qui était enneigé et où il n’aurait pas été logique de passer la nuit. Ils ne se sont probablement pas rendus au sommet du mont Thabor (1 900 pieds, comme le pensaient Cyrille de Jérusalem et Jérôme), car celui-ci abritait un fort romain.

Le mont Meron représente une randonnée de cinq à huit heures, de difficulté modérée. Il y a souvent un peu de neige au sommet en hiver, mais pas le reste de l’année.

Q : Dans Matthieu 17, 1-8, la Transfiguration était-elle une résurrection ou une vision ?

R : Ce n’était ni l’un ni l’autre à proprement parler. Moïse et Élie étaient bel et bien présents, au moins en esprit, et s’entretenaient avec Jésus. Les Écritures ne précisent pas s’ils apparaissaient sous une forme corporelle ou non. Moïse et Élie sont venus dans une nuée lumineuse, puis ils sont repartis. Élie est monté au ciel dans un tourbillon (2 Rois 2, 1), et bien que Moïse soit mort, son corps n’a jamais été retrouvé (Deutéronome 34, 6), et le diable a disputé avec l’archange Michel au sujet du corps de Moïse (Jude 9).

Q : Dans Matthieu 17, 2 et Marc 9, 3, pourquoi les vêtements de Jésus sont-ils devenus si blancs ?

R : Les Écritures n’expliquent pas pourquoi les vêtements sont devenus blancs (ou ont brillé de mille feux) lorsque la gloire s’est manifestée. D’autres exemples de vêtements blancs dans la gloire sont ceux des anges qui sont apparus.

Q : Dans Matthieu 17, 3-4 et Marc 9, 4, comment Matthieu et Marc ont-ils su qu’il s’agissait de Moïse et d’Élie ?

R : Probablement parce que Pierre, ou Jacques, et Jean le leur ont dit. Comment Pierre, Jacques et Jean l’ont-ils su ? Soit ils ont entendu Jésus s’adresser à eux par leur nom, soit Jésus le leur a dit par la suite, soit le Père le leur a communiqué directement.

Q : Dans Mt 17, 9 et Mc 9, 9, pourquoi Jésus a-t-il expressément demandé aux disciples de ne parler à personne de la Transfiguration avant qu’il ne ressuscite d’entre les morts ?

R : Beaucoup de Juifs rejetaient Jésus en tant que Messie ; comment auraient-ils pu croire à la Transfiguration ? Il est essentiel de croire que Jésus était le Messie, le Fils de Dieu. Il n’était pas essentiel de connaître ou de croire à des questions secondaires telles que la Transfiguration. Si quelqu’un n’acceptait pas Jésus comme Messie après avoir vu les miracles, il est peu probable qu’il eût cru à la suite d’un récit sur la Transfiguration. Une fois que Jésus fut ressuscité, toute personne qui croyait en lui n’aurait eu aucune difficulté à accepter la Transfiguration.

De même, lorsque vous parlez du Christ à d’autres personnes, surtout la première fois, parmi tout ce dont vous pourriez parler, veillez à consacrer ce temps précieux à aborder ce qui est le plus important.

Pierre, Jacques et Jean auraient pu aller partout raconter à tout le monde l’histoire de la Transfiguration, et peut-être que davantage de personnes auraient mis en doute leur santé mentale plutôt que de les croire. Mais ce témoignage de seconde main n’aurait pas eu beaucoup d’importance comparé à la résurrection qui allait bientôt avoir lieu. Parfois, lorsque nous partageons notre foi avec les autres, nous ne voulons pas mentionner des éléments « peu convaincants » concernant le christianisme au lieu d’éléments « très convaincants ».

Q : Dans Matthieu 17, 11-13, en quoi Jean-Baptiste était-il l’Élie qui devait venir ?

R : Nous allons d’abord parler d’Élie, puis de Jean-Baptiste.

Élie lui-même était présent lors de la Transfiguration. Dans Matthieu 17, 11, Jésus dit que la restauration de toutes choses par Élie se situera dans le futur, et qu’Élie lui-même apparaîtra avant la seconde venue de Jésus. Certains pensent qu’Élie est l’un des deux témoins mentionnés dans Apocalypse 11, 3-12.

Jean-Baptiste est venu dans l’Esprit et la puissance d’Élie, et c’est à Jean-Baptiste que Jésus fait métaphoriquement référence dans Matthieu 17, 12-13.

Dans une pièce de théâtre, quelqu’un peut remplacer un acteur pendant une répétition, tandis que l’acteur lui-même apparaît lors de la représentation.

Conclusion : lors de la première venue, Jean-Baptiste a joué le rôle d’Élie, mais cela n’empêche pas Élie lui-même d’apparaître avant la seconde venue.

Q : Dans Matthieu 17, 12 et Marc 9, 11-13, comment Jean-Baptiste a-t-il accompli la prophétie concernant Élie ? Était-il la réincarnation d’Élie ?

R : Non, car la réincarnation est une erreur, comme le montrent Hébreux 9, 27 et Romains 9, 11. Lors de la première venue de Jésus, Jean avait le but et la mission d’Élie. Bien sûr, Élie (et non Jean) lui-même est apparu brièvement lors de la Transfiguration. Beaucoup pensent qu’Élie sera l’un des deux témoins juste avant la septième trompette, dans Apocalypse 11, 3-12. Lorsque Jésus est venu (la première fois), ce n’est pas parce qu’Élie et Moïse n’étaient pas présents que le royaume n’a pas été pleinement inauguré sur terre à ce moment-là. Ils étaient bien présents.

Q : Dans Matthieu 17, 14-16 et Luc 9, 37-39, pourquoi les démons font-ils souvent du mal aux personnes qu’ils possèdent ?

R : Une raison pourrait simplement être la haine des gens. Mais une deuxième raison pourrait s’apparenter aux raisons pour lesquelles les personnes malveillantes font souvent du mal à ceux qui les ont aidées. Pour une explication logique, voire cruellement logique, de ce phénomène, l’ouvrage pernicieux de Machiavel, *Le Prince*, évoque des cas où un chef mercenaire est dangereux tant qu’il est au service d’un prince, et encore plus dangereux s’il fait défection. Il écrivait que la solution la plus sûre est souvent l’assassinat, même si la personne s’est toujours montrée loyale par le passé ! Si quelqu’un s’associe au mal, il ne doit pas s’étonner que le mal lui soit fait par ceux qu’il aidait.

Q : Dans Mt 17, 15, le terme désignant l’épilepsie est littéralement « frappé par la lune ». Existe-t-il un lien entre les crises d’épilepsie et les phases de la lune ?

R : Les anciens semblaient le penser, puisqu’ils utilisaient ce terme. De nos jours, nous n’en sommes pas certains, dans un sens comme dans l’autre. Un article publié en 2008 dans la National Library of Medicine par Sallie Baxendale et Jennifer Fisher, intitulé « Moonstruck? L’effet du cycle lunaire sur les crises », https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18602495/. Elles ont étudié 1 571 crises et ont mis en évidence une corrélation entre l’obscurité du ciel nocturne et les crises. C’était l’éclairage du ciel nocturne, et non la phase de la lune, car elles ont pris en compte la couverture nuageuse. En revanche, un article de 1999 rédigé par C. L. Raison et al., disponible à l’adresse https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10363673/, n’a révélé aucune corrélation. Les auteurs ont suggéré qu’il pourrait exister un lien entre les crises d’épilepsie et le manque de sommeil réparateur. Bien sûr, si vous vous trouviez à l’intérieur d’une maison équipée de rideaux épais, la luminosité de la lune n’aurait peut-être aucune incidence.

Q : Dans Mt 17, 15-21, Mc 9, 17-18, 28-29 et Lc 9, 40, pourquoi les disciples n’ont-ils pas pu chasser ce démon ?

R : Ce n’était pas dû à la nature des disciples, ni à une quelconque limite de la puissance de Dieu. Au contraire, ils considéraient à cette époque comme acquis le fait de pouvoir chasser les démons, et ils n’ont ni prié ni jeûné, peut-être par orgueil ou par complaisance. Aujourd’hui, certains chrétiens n’obtiennent pas les résultats qu’ils devraient obtenir parce qu’ils ne consacrent pas le temps nécessaire à la prière et au jeûne.

Q : Dans Matthieu 17, 15-21, Marc 9, 17-18, 28-29 et Luc 9, 40, faut-il imposer les mains lorsqu’on chasse un démon, ou s’agit-il simplement d’un geste symbolique ?

R : Nos mains n’ont rien de magique. Mais tout comme le fait de prier dans différentes positions peut nous aider dans la prière, il est tout à fait acceptable et conforme à la Bible d’imposer les mains à une personne possédée par un démon. Ce n’est pas une étape indispensable, au sens où « le démon ne peut être chassé si nous ne pouvons pas imposer les mains ».

Q : Dans Matthieu 17, 15-21, l’esprit malin qui vient d’être chassé reviendra-t-il pour s’en prendre à la personne la plus faible de l’équipe qui tente de chasser le démon ?

R : Les démons ne possèdent pas un véritable croyant, mais ils peuvent l’opprimer et, de cette manière, l’attaquer par des tentations plus fortes, la peur, la dépression et d’autres moyens visant à détourner son regard de Jésus. Les membres de l’équipe doivent donc marcher étroitement avec le Seigneur.

Soit dit en passant, l’exorcisme comporte un autre danger. Si la personne dont le démon a été chassé ne souhaite pas accueillir le Christ dans son cœur, les démons peuvent revenir, et même en amener d’autres avec eux. Voir Matthieu 12, 43-45 et Luc 11, 24-26.

Q : Dans Matthieu 17, 15-21, certaines Églises ont pour pratique d’exiger que la famille amène la personne possédée à l’Église, et non de se rendre à son domicile. Est-ce parce qu’il est plus sûr d’exorciser un démon à l’Église plutôt que chez quelqu’un ?

R : Je pense que cela peut se faire aussi bien à l’église qu’à domicile. Mais si possible, je ne le ferais pas dans une maison où se trouvent des idoles (des bouddhas, etc.) ou où l’on pratique l’astrologie ou la divination.

Q : Dans Matthieu 17:15-21, si une femme non chrétienne est possédée par un esprit maléfique et que son mari n’y voit pas d’inconvénient au départ, mais qu’après deux ou trois visites, il change d’avis et refuse d’accueillir l’équipe ou l’empêche de venir, alors que sa femme est toujours ouverte à cette aide, quelle doit être notre position ? Doit-elle obéir à son mari ?

R : C’est une situation difficile. Les épouses sont censées obéir à leur mari, mais elles doivent d’abord obéir à Dieu. Ainsi, si le mari ordonne à son épouse de faire quelque chose qui n’est pas conforme à la Bible, celle-ci doit lui désobéir sur ce point. Elle doit toutefois continuer à lui obéir sur les autres points. Cependant, si l’épouse souhaite que les chrétiens viennent, je ne pense pas qu’elle soit possédée par un démon ; elle pourrait toutefois être attaquée par un démon. L’épouse est-elle disposée à venir à l’église ? Si le mari ne souhaite pas que son épouse fréquente des croyants, et qu’Hébreux 10:25 nous ordonne de ne pas négliger de nous réunir, le devoir de l’épouse est d’obéir d’abord à Dieu.

Q : Dans Matthieu 17, 15-21, que se passe-t-il si la personne possédée se blesse ou saute par la fenêtre pendant le temps de ministère, et qu’un membre de la famille décide de porter plainte ou d’intenter une action en justice contre le responsable de l’équipe ou l’équipe elle-même ? Quelle est la position de l’Église ?

R : C’est une possibilité ; les gens peuvent intenter des poursuites judiciaires en accusant autrui de pratiquement n’importe quoi. Quoi qu’il en soit, les membres de l’Église doivent prendre des précautions pour assurer la sécurité de la personne concernée.

Q : D’après Matthieu 17, 15-21, devons-nous informer les pasteurs et obtenir leur accord avant de rendre visite à une personne possédée par un démon ?

R : Je vous conseille vivement d’en informer votre pasteur ou vos anciens. Hébreux 13, 17 dit que nous devons obéir à ceux qui nous dirigent, et cela fait référence aux pasteurs et aux anciens.

Q : Dans Matthieu 17, 17, pourquoi Jésus s’est-il exaspéré et à l’égard de qui ?

R : Jésus a parlé de cette « génération » incrédule et perverse, ce qui pourrait désigner un groupe de personnes vivant à cette époque, ou un peuple tel que les Juifs. Quoi qu’il en soit, cette réprimande s’adresse également aux neuf disciples. Les disciples avaient déjà reçu le pouvoir de guérir, mais, à leur grande honte, ils ont alors reculé et n’ont pas pu accomplir cette guérison. Jésus déplorait le manque général de foi des personnes de cette culture, dont les disciples faisaient partie. « Peu de foi » ne fait pas référence à un « petit peu » de foi, mais plutôt à une pauvreté de foi.

Q : Dans Mt 17, 17, de quelles manières pensez-vous qu’aujourd’hui Dieu puisse être exaspéré par le manque de foi des croyants ?

R : Il peut y avoir plusieurs raisons. Parfois, nos inquiétudes et notre anxiété peuvent révéler un manque de confiance en Dieu. Parfois, les chrétiens sont plus réticents à accomplir la volonté de Dieu s’ils y voient un risque pour leur sécurité, celle de leurs proches ou leur patrimoine. Parfois, les chrétiens ne s’engagent qu’« à moitié », pour ainsi dire, afin de se couvrir, au lieu de s’investir pleinement. Parfois, les chrétiens veulent s’efforcer d’accomplir la volonté de Dieu en utilisant les méthodes du monde, car leur manque de foi leur donne l’impression qu’ils en ont besoin. Parfois, c’est une mentalité du type « je peux m’en sortir tout seul » qui les empêche de rechercher la direction du Seigneur.

Q : Dans Matthieu 17, 25-27, pourquoi Jésus a-t-il dit que les fils étaient exemptés d’impôts, alors qu’il a tout de même payé des impôts ?

R : Imaginez que vous puissiez voir Jésus et lui poser n’importe quelle question. La question qui vous brûlerait le plus les lèvres serait-elle : « Payez-vous l’impôt du temple ? » Il semble presque comique que l’on demande au Créateur et Seigneur de la terre de payer des impôts. Néanmoins, Jésus s’est acquitté de cette obligation avec bienveillance, sans se plaindre, afin de ne pas offenser personne. Bien que le verset 24 ne précise pas le type d’impôt en question, le montant, soit deux drachmes (un demi-shekel), correspondrait à un impôt annuel, prélevé sur tous les hommes juifs âgés de vingt ans et plus, tant en Israël qu’à l’étranger, destiné au temple juif et dû au mois de mars, et non à un impôt versé au gouvernement romain. Il s’agissait de l’impôt en vigueur à l’époque de Jésus, selon Josèphe dans *Antiquités judaïques*, livre 3, n° 193-196 ; livre 18, chap. 312, et la *Mishnah Shekalim*. Cependant, le verset 25, qui mentionne les rois de la terre, fait clairement référence à l’impôt romain.

Outre cet exemple, Romains 13, 6-7 ordonne également aux croyants de payer des impôts au gouvernement, même à un gouvernement aussi corrompu que l’Empire romain.

Certaines personnes pourraient interpréter à tort les paroles de Jésus comme étant vagues, car Jésus disait cela de manière hypothétique : alors que tout ce qui doit revenir à César doit lui être donné, en réalité, rien ne devrait revenir aux Romains. Cependant, si c’était là le sens des paroles de Jésus, leur demander de produire un denier aurait été soit inutile, soit, pire encore, trompeur.

Q : Dans Matthieu 17, 25-27, les autres disciples ont-ils eux aussi payé l’impôt du temple ?

R : Les Écritures ne le précisent pas. Soit ils l’ont probablement fait, soit ils en étaient exemptés s’ils avaient moins de 20 ans. Bon nombre des disciples ont vécu encore 30 ou 40 ans après la résurrection de Jésus ; il se peut donc que Jésus ait choisi des jeunes hommes.

Q : Dans Matthieu 17, 27, pourquoi sommes-nous parfois exaspérés par les autres, et comment devrions-nous réagir lorsque c’est le cas ?

R : Le fait que quelqu’un commette une mauvaise action, alors que nous nous y attendions, ne nous met généralement pas trop en colère. Ce qui peut nous exaspérer, c’est lorsque nous avons des exigences ou des attentes plus élevées envers une personne ou un groupe de personnes, et qu’elles nous déçoivent ou nous trahissent. Avant de nous emporter et de perdre notre sang-froid, nous devrions toutefois nous rappeler à quel point nous pouvons parfois exaspérer Jésus. Deuxièmement, nous devons nous rappeler qu’ils devront rendre des comptes à leur maître – et que nous ne sommes pas leur maître, c’est Dieu qui l’est. Enfin, aurions-nous dû formuler ces attentes dès le départ ? Au lieu de simplement « réagir » à nos émotions liées à notre propre déception, « réagissez » de manière appropriée en fonction de ce qui est le mieux dans cette situation. Si une réaction ne fonctionne manifestement pas, vous devriez peut-être vous arrêter et réagir différemment. Enfin, souvenez-vous de Jacques 1, 20 : « Car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. »

Q : Dans Matthieu 18, 1-6, lorsqu’une personne, en particulier un chrétien, s’attache à poser la mauvaise question, comment la réorienter ?

R : Avec patience et tact. Une réprimande pourrait ne pas être utile dans ce cas, car leur raisonnement est peut-être trop confus pour qu’ils s’en rendent compte. Dans ce cas précis, ce n’était pas que leur question était illogique ou absurde, mais que leurs priorités étaient erronées. Se contenter de dire à quelqu’un que ses priorités sont erronées n’est pas très utile en soi ; vous devriez lui dire, ou mieux encore, lui montrer, quelles devraient être ses priorités.

Q : Dans Matthieu 18, 1-6, que devez-vous faire lorsque vous constatez des rivalités entre croyants ?

R : Il y a sept mesures que nous pouvons prendre.

1) Priez pour eux, ou pour les deux parties, afin qu’ils voient leur situation telle que Dieu la voit, et qu’ils aient le cœur et le courage de changer de cap et de suivre la direction de Dieu.

2) Essayez de comprendre leur état d’esprit, pourquoi ils pensent devoir ressentir cela.

3) Notez que Jésus ne les a pas condamnés pour avoir posé la question, et vous ne devriez pas non plus les mépriser. Mais comme l’a dit Jean Chrysostome (mort en 407 apr. J.-C.) : « Nous ne sommes même pas en mesure de cerner les fautes des Douze ; nous ne demandons pas qui est le plus grand dans le Royaume des Cieux, mais plutôt qui est le plus grand dans le Royaume de la Terre : le plus riche, le plus puissant. » (Homélies sur Matthieu, homélie 58, NPNF1, p. 360)

4) Veillez à donner l’exemple et à cultiver un cœur de serviteur, en considérant les autres comme plus importants que vous-mêmes (Philippiens 2, 3).

5) Essayez de les aider à considérer leur rivalité comme un péché qu’ils doivent corriger.

6) Encouragez-les à travailler ensemble.

7) Nous devrions tous être comme des enfants (dans le bon sens du terme), car nous sommes tous enfants de Dieu.

Q : Dans Mt 18, 5 et Mc 9, 35-37, en quoi accueillir un enfant au nom de Jésus revient-il à accueillir Jésus lui-même ?

R : Jésus soulignait l’absence de distinction entre l’accueillir chaleureusement en chair et en os et accueillir les autres au nom de Jésus. Dans l’Antiquité, un émissaire du roi était traité royalement en tant que représentant du roi.

Q : Dans Matthieu 18, 8 et Marc 9, 43, 47, devons-nous nous couper la main ou nous arracher l’œil si cela nous fait pécher ?

R : Non, pour la simple raison que ce ne sont pas nos mains ni nos yeux qui nous font pécher. Jésus dit que le péché est si grave qu’il vaudrait mieux prendre des mesures aussi radicales que de se priver de ces membres plutôt que de pécher. Mieux vaut se couper un membre que de mourir de la gangrène. De temps à autre, nous avons tous besoin de faire le point sur nous-mêmes. Demandons-nous si notre relation avec le Christ s’améliore, ou si, au contraire, nous nous en éloignons.

Q : Dans Mt 18, 9 et Mc 9, 43-44, 48, les références au feu inextinguible prouvent-elles l’existence d’un châtiment éternel ?

R : Elles laissent entendre la vérité du châtiment éternel, mais elles ne la prouvent pas, car il se pourrait que le feu soit éternel, mais que les personnes qui y survivent ne le soient pas. Bien sûr, dans ce cas, le feu disposerait d’un autre combustible ou d’un autre moyen de se maintenir.

Q : Dans Matthieu 18, 10, Dieu le Père a-t-il un visage ?

R : Non. On ne s’attendrait pas à ce que Jésus donne ici un enseignement détaillé sur la proximité et la perception angélique dans les dimensions du Ciel. Jésus a plutôt simplement utilisé une métaphore pour dire que les anges veillant sur ces petits avaient un accès direct au Père. Cependant, rien n’indique que d’autres anges n’aient pas eux aussi un accès direct au Père.

Q : Dans Matthieu 18, 14, puisque Dieu ne veut pas qu’aucun de ces petits périsse, pourquoi les gens périssent-ils ?

R : Il s’agit en réalité de deux questions en une : pourquoi les bébés meurent-ils, et pourquoi les gens vont-ils en enfer ?

Les bébés meurent, tout comme nous mourrons tous un jour, parce que nous faisons partie d’une humanité déchue. Nous vivons dans un monde où règnent le mal et l’injustice, mais Dieu remettra les choses en ordre au Jour du Jugement.

Les bébés et les fœtus ont une nature pécheresse, mais le fait qu’un fœtus meure ne prouve pas qu’il soit coupable de péché, pas plus que la mort d’un chaton ne prouve qu’il était coupable de péché.

Les hommes vont en enfer, selon 2 Thessaloniciens 1:8, qui dit que ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile du Seigneur Jésus-Christ seront condamnés ; nous avons donc tous la responsabilité d’obéir à l’Évangile. La mort de Jésus sur la croix a suffi pour tous. Pourtant, Dieu permet toujours à ceux qui rejettent le seul vrai Dieu de subir les conséquences des choix dont ils sont responsables.

Q : Matthieu 18, 15-18 signifie-t-il que nous ne devrions jamais critiquer la doctrine d’un responsable chrétien ?

R : Pas du tout. Si Matthieu 18:15 concerne les croyants et non les non-croyants, Matthieu 18:15-18 traite du comportement et non de la prédication publique de faussetés ou d’hérésies. S’il est bon de contacter une personne en privé pour tenter de la convaincre avant de rendre l’affaire publique, si la fausseté a été prêchée publiquement, alors elle doit être corrigée publiquement. Si elle est corrigée par la personne qui a formulé et croyait auparavant ces fausses déclarations, tant mieux. Mais si ce n’est pas le cas, elle doit alors être corrigée par quelqu’un d’autre. Cela ne doit toutefois pas se faire dans un esprit d’animosité ou de haine envers la personne qui a proféré cette erreur, mais dans l’amour et avec le désir de faire connaître la vérité.

Q : Dans Matthieu 18, 17, que signifie « le traiter comme un païen ou un publicain » ?

R : Le mot « vous » est ici au singulier ; cela signifie donc que l’individu doit se dissocier de la personne qui commet le mal. Un païen ou un collecteur d’impôts, supposé cupide et malhonnête, se trouvait manifestement en dehors de la sphère du Royaume de Dieu et de l’Église. Ne donnez à personne l’impression que vous partagez le même salut ou la même foi que cette personne. Même si cette personne est en réalité un croyant qui s’est égaré, nous ne savons pas si elle est véritablement un saint qui pèche ou si, au contraire, elle n’a jamais été réellement sauvée.

Q : Dans Matthieu 18:18, que signifient « lier » et « délier » ?

R : « Lier » signifie arrêter, restreindre ou interdire, et « délier » signifie permettre de poursuivre. Certains affirment que « lier » et « délier » étaient des expressions idiomatiques juives signifiant que ce qui est annoncé sur terre avait déjà été prédéterminé au préalable dans les cieux. Ce pouvoir de lier et de délier a été conféré à tous les apôtres.

Q : Dans Matthieu 18, 21-22, comment la générosité de Jésus, qui demande aux gens de pardonner aux autres soixante-dix fois sept fois, se compare-t-elle à d’autres enseignements ?

R : Les sadducéens et de nombreux rabbins enseignaient qu’il suffisait de pardonner à son frère trois fois. Cependant, il n’est pas vraiment généreux de la part de quelqu’un comme Jésus de demander à autrui de pardonner. Ce qui était extrêmement généreux, c’est que Jésus nous ait pardonnés, nous qui l’avons cloué sur la croix (Luc 23, 34), et qu’il soit mort pour nos péchés.

Q : Dans Matthieu 18, 28-31, à combien s’élevaient les sommes d’argent mentionnées ici ?

R : Dix mille talents représentaient une somme considérable. David fit don de trois mille talents d’or et de sept mille talents d’argent pour la construction du temple à Jérusalem. Les princes donnèrent cinq mille talents d’or et dix mille talents d’argent, selon 1 Chroniques 29, 4 et 7. Certains ont estimé ce montant à 12 millions de dollars, mais un chiffre plus juste se situerait peut-être juste en dessous d’un milliard. Dans Matthieu 18, 28, 100 deniers représentaient environ 100 jours de salaire pour un ouvrier ordinaire ou un fantassin. Un esclave particulièrement doué pouvait valoir un talent, mais la plupart des esclaves valaient un dixième de talent. Il était également interdit par la loi de vendre un homme comme esclave pour une somme supérieure à la dette qu’il avait contractée.

Q : Dans Matthieu 18, 32-35, Dieu annule-t-il parfois le pardon des péchés ou ne pardonne-t-il pas ?

R : Non. La dette n’a pas été renouvelée ; c’est plutôt le pardon qui n’a pas été appliqué. Le maître a pardonné la dette de son serviteur, mais lorsque le serviteur méchant a saisi un autre serviteur à la gorge pour le contraindre à rembourser sa dette, le maître s’est indigné de cette injustice et a rétabli la dette. Dieu a pardonné nos péchés librement et par grâce, bien que nous n’en fussions pas dignes, mais le fait que ce pardon soit appliqué ou non dépend de notre réponse. Hébreux 4, 2 dit que l’Évangile n’a pas profité à certains parce qu’ils ne l’ont pas associé à la foi. Romains 11, 29 dit que les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables.

Q : Dans Matthieu 18, 32-35, cette parabole pourrait-elle signifier que le maître a envoyé le serviteur méchant en prison pour des dettes ultérieures, au lieu de lui réimputer l’ancienne dette ?

R : Non, ce n’est pas le sens de la parabole, car celle-ci indique que si le maître a livré le serviteur méchant aux geôliers, c’est en raison du manque de miséricorde de ce dernier.

Q : Dans Matthieu 18, 35, certaines œuvres, telles que le pardon accordé à nos frères, sont-elles nécessaires au salut ?

R : Ni le pardon accordé aux autres, ni aucune autre œuvre ne permettront à une personne d’obtenir le salut. Au contraire, si une personne a le salut, elle sera capable de pardonner aux autres quoi qu’ils aient fait. Si nous avons fait l’expérience de la grande miséricorde de Dieu, il nous est bien plus facile de pardonner aux autres.

Q : Dans Mt 19, 3-9 et Mc 10, 11-12, dans quelles circonstances le divorce est-il autorisé ?

R : À l’époque de l’Ancien Testament (Dt 24, 1-4, etc.), le divorce était autorisé pour presque n’importe quelle raison, car le cœur des gens était endurci, mais Jésus a supprimé cette disposition. Le divorce n’est pas autorisé, sauf dans les circonstances suivantes :

1. Le conjoint non croyant souhaite partir (1 Corinthiens 7, 12-15).

2. Il est autorisé lorsqu’un des conjoints a commis l’adultère (Matthieu 5, 31-32).

3. De nombreux chrétiens considèrent le divorce comme inévitable en cas d’abandon, car l’un des conjoints a en réalité déjà « divorcé ».

4. Bien sûr, nous devons également respecter le reste de la Parole de Dieu, et de nombreux chrétiens considèrent que le divorce est justifié si la vie d’un conjoint ou d’un enfant est menacée par l’autre conjoint.

Dans sa brochure intitulée « Divorce », Chuck Swindoll ne distingue que trois circonstances dans lesquelles un chrétien peut se remarier après un divorce :

4a. Mariage et divorce antérieurs au salut

4b. Un conjoint immoral et impénitent

4c. L’abandon ou le divorce par un non-croyant

Notez que le décès d’un conjoint n’équivaut pas à un divorce, et Romains 7:3 enseigne que le remariage est autorisé après le décès d’un conjoint.

Ces versets indiquent de ne pas divorcer, sauf pour ces raisons, mais que se passe-t-il si vous ne divorcez pas et que c’est votre conjoint qui demande le divorce ? Tout comme en cas de décès d’un conjoint, rien n’empêche le remariage lorsque c’est le conjoint qui a demandé le divorce.

À l’époque de Jésus, les docteurs juifs avaient plusieurs points de vue sur le divorce. L’école de Hillel affirmait qu’un homme pouvait divorcer de sa femme pour n’importe quelle raison, y compris si celle-ci brûlait le repas ! Josèphe suivait Hillel, et il était divorcé. Plus tard, le rabbin Akiba, de l’école de Hillel, déclara qu’une femme pouvait divorcer de son mari s’il « jetait des regards » sur des femmes plus jolies (M Gittin 9:10). L’école de Shammaï affirmait qu’un homme ne pouvait divorcer de sa femme pour aucune raison, sauf en cas d’« indécence ». Cependant, si un divorce avait lieu pour une mauvaise raison, selon l’école de Shammaï, le remariage était tout de même autorisé (Mishna Eduyoth 4:7-10). Ou, comme certains le disent aujourd’hui, « on ne peut pas remuer les œufs une fois qu’ils sont brouillés ». Le petit groupe de Qumrân affirmait que le divorce n’était autorisé sous aucun prétexte (11QTemple 57, 17-19). Les commentateurs juifs n’envisageaient pas le cas d’une femme divorçant de son mari. Peut-être cette question a-t-elle été posée à Jésus pour voir avec quel groupe il était d’accord, et peut-être pour éloigner de Jésus les adeptes de l’autre école. Une deuxième raison de poser cette question à Jésus est que (selon Josèphe) Hérodiade avait divorcé de son mari Hérode II pour épouser Hérode Antipas, et que la réponse de Jésus, quelle qu’elle soit, ne le mettrait pas en valeur aux yeux des autorités.

Q : Dans Mt 19, 8-9, le fait que Jésus modifie les lois sur le divorce implique-t-il que Dieu ait inspiré des Écritures avec lesquelles il n’était pas d’accord ?

R : Sous l’Ancienne Alliance, Jésus a déclaré que le divorce était autorisé parce que leurs cœurs étaient endurcis. Cela montre que Dieu permet, pendant un certain temps, des choses qu’Il ne souhaite pas. Cependant, sous la Nouvelle Alliance, un homme ne doit pas divorcer de sa femme, sauf en cas d’adultère. Mais nous ne devrions pas avoir le cœur endurci aujourd’hui. Nous devons veiller à ce que notre mariage ne soit pas simplement maintenu par de la colle bon marché, mais par un ciment divin.

Soit dit en passant, notre mot « sclérose » vient du mot grec signifiant « dur » dans ce contexte, « skleros ». Le mot complet est « sklerokardian ».

Q : Dans Matthieu 19:9, pourquoi un homme qui divorce de sa femme et en épouse une autre commet-il un adultère, alors que la polygamie était autorisée ?

R : Non, la polygamie n’est pas un adultère. L’enseignement de Jésus à ce sujet est le même, qu’il s’agisse de monogamie ou de polygamie. Cinq points doivent être pris en compte dans la réponse.

Le point de vue de Dieu sur le divorce est clairement énoncé dans Malachie 2, 16 : Dieu le déteste. À l’époque de la loi mosaïque, Dieu ne l’autorisait que parce que leurs cœurs étaient endurcis, selon Matthieu 19, 8. Dans le Nouveau Testament, il n’est pas permis de divorcer de son conjoint, sauf en cas d’adultère.

Cependant, si un conjoint non croyant insiste pour divorcer de vous, Dieu nous ordonne de l’accepter, car Il nous a appelés à la paix, comme le dit 1 Corinthiens 7:15. Obéir au commandement de Dieu consistant à accepter [à contrecœur] que votre conjoint divorce de vous est, d’un point de vue biblique, différent de désobéir à ce commandement en choisissant de divorcer de votre conjoint.

Le point de vue de Dieu sur la polygamie. Adam et Ève constituaient un modèle où deux personnes (et non plusieurs) ne font qu’une seule chair (1 Corinthiens 6, 16). La polygamie était autorisée tant dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau Testament. Cependant, dans le Nouveau Testament, elle était mal vue, car les responsables d’Église ne peuvent pas être polygames.

Plus fondamentale encore que le modèle divin du mariage monogame est la commandement de Dieu concernant le divorce. Lorsque des missionnaires chrétiens prêchent auprès de peuples primitifs, ils disent aux hommes polygames de ne pas divorcer de leurs épouses, car cela priverait ces dernières de tout soutien financier ; cependant, ils découragent les maris de prendre d’autres épouses.

C’est donc le choix de rompre le vœu de mariage qui a été la cause de l’adultère, et non la polygamie. Qu’un homme ait eu plus d’une épouse ou non, s’il choisit de divorcer de manière pécheresse, ce que Dieu déteste, alors Dieu ne veut pas qu’il se remarie.

Q : Dans Matthieu 19, 9, existe-t-il des manuscrits qui ne comportent pas l’expression « sauf en cas de fornication » ?

R : Tous les manuscrits répertoriés par Aland et al. (3e édition) indiquent soit « sauf en cas de fornication », soit « si ce n’est pour cause de fornication », à l’exception du manuscrit 1574. Le manuscrit 1574 a été rédigé au XIVe siècle, juste avant la fin du Moyen Âge.

De plus, Tertullien, qui a écrit entre 198 et 220 apr. J.-C., a indiqué que le divorce n’était pas autorisé sauf en cas de fornication, tant dans son ouvrage *À sa femme*, livre 2, chapitre 2, p. 45, que dans *Sur la modestie*, chapitre 16, p. 92. Cette clause n’a donc pas été ajoutée après l’époque de Tertullien. Aucun élément ne permet de douter que cette expression figurait à l’origine dans le texte.

Q : Dans Matthieu 19, 12, cela enseigne-t-il en bref qu’un homme pourrait se faire eunuque pour le royaume de Dieu, comme l’affirme un athée (Capello) ?

R : Non. Examinons les deux possibilités. Étant donné que la castration chirurgicale impliquerait également le célibat, la question est de savoir si ce verset fait uniquement référence au célibat, ou bien au célibat par le biais de la castration. Êtes-vous d’accord ?

Étant donné que la castration physique va à l’encontre de Deutéronome 23, 1, l’interpréter comme du célibat s’apparente fortement à 1 Corinthiens 7, 2 et 7, et que les premiers chrétiens l’ont universellement compris comme du célibat, nous devrions l’interpréter en cohérence avec l’Ancien Testament, le Nouveau Testament et la manière dont les chrétiens l’ont uniformément interprété. Reportez-vous à la question suivante pour une réponse plus détaillée.

Q : Dans Matthieu 19:12, Jésus déclare : « … et il y a des eunuques qui se sont rendus eux-mêmes eunuques pour le royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne. » Nous avons ici [soi-disant] l’approbation par le Christ de l’auto-castration. Je me demande combien d’hommes chrétiens prouveraient leur allégeance à Dieu en agissant ainsi ? Curieusement, cette approbation de la castration contredit Dt 23, 1.

R : Ce passage traite du célibat, et non de la castration. Mais examinons ces deux possibilités.

Le célibat : Jésus n’hésitait pas à recourir à l’hyperbole dans ses discours (vous voulez dire que j’ai arraché mon œil et coupé ma main pour rien !), et il ne semblait pas craindre que ces Juifs, qui connaissaient la loi, se méprennent. Les sadducéens et les pharisiens critiquaient Jésus pour bien des choses, mais il n’a pas été critiqué sur ce point, car l’hyperbole était bien comprise.

La castration physique : si ce verset faisait également référence à la castration physique, cela irait à l’encontre de l’Ancien Testament, en particulier Deutéronome 23:1, et rien dans les Écritures ni dans les écrits de l’Église primitive n’indique que Jésus ait enseigné quoi que ce soit contraire à la Loi de l’Ancien Testament, à l’exception des règles alimentaires, pour lesquelles il était moins restrictif, ainsi que du divorce et de l’amour, domaines dans lesquels Jésus avait des exigences plus élevées.

Si Jésus avait réellement voulu parler de castration, il n’y aurait alors aucune différence dans ce verset entre ceux qui sont rendus eunuques par les hommes et ceux qui ont choisi le célibat ou la castration pour le royaume de Dieu.

De plus, cet enseignement de Jésus est très similaire à celui de Paul dans 1 Corinthiens 7, 2 et 7, où Paul parle clairement du célibat (tant pour les hommes que pour les femmes) pour le royaume de Dieu.

Enfin, nous ne devrions pas nous demander comment les gens, 2 000 ans plus tard, pourraient interpréter ce verset dans la culture moderne, mais comment les premiers chrétiens l’auraient lu. Justin le Martyr, dans le chapitre 14 de sa Première Apologie, cite ce verset et évoque ceux qui se sont mariés deux fois. Bien qu’on puisse débattre de la question de savoir si Justin parle de polygamie, d’un remariage après un divorce ou d’un remariage après le décès d’un conjoint, quoi qu’il en soit, il parle de célibat, et non de castration. Tertullien, dans *De la résurrection de la chair*, chapitre 27, utilise ce verset et évoque « la beauté éclatante de la chair non mariée » (c’est-à-dire le célibat en général).

En résumé, ceux qui se tournent vers la Bible pour guider leur vie, qu’ils vivent au IIe siècle ou au XXIe, peuvent comprendre ce que cela signifie.


Q : Dans Matthieu 19, 14, en quoi le royaume des cieux appartient-il aux petits enfants ?

R : Cela peut s’expliquer de plusieurs façons.

a) Nous devons reconnaître notre dépendance enfantine envers Dieu pour être sauvés. Dieu aide ceux qui lui reconnaissent leur impuissance.

b) Dieu prend soin des enfants qui meurent avant l’âge de la responsabilité. La Bible laisse entendre qu’ils sont au Ciel, bien que sans aucune récompense.

Les insensés et les enfants ignorent beaucoup de choses, mais au moins les enfants savent qu’ils ignorent beaucoup de choses.

Soit dit en passant, il était courant, à l’époque de Jésus, d’amener les enfants pour qu’ils soient bénis par des rabbins et des anciens. Cela est également mentionné à titre d’exemple dans Genèse 48, 14 ; Nombres 27, 18 ; Actes 6, 6 ; 13, 3 ; Matthieu 9, 18, 20 ; Marc 10, 16.

Q : Dans Matthieu 19, 14, le calvinisme, pour être cohérent, enseigne-t-il que tous ceux qui meurent en bas âge vont en enfer ?

R : Non, il s’agit là d’une fausse accusation que j’ai entendue. Si Ambroise de Milan, Augustin, Prosper d’Aquitaine et quelques autres enseignaient que tous les bébés non baptisés qui meurent vont en enfer, ils n’étaient pas calvinistes, mais pour la plupart augustiniens.

Les calvinistes adhèrent à la vision biblique selon laquelle, en dernier ressort, c’est Dieu qui détient le pouvoir de sauver ; ce n’est ni le baptême, ni nos œuvres, ni notre foi. Dieu peut choisir de sauver par le Christ comme Il le souhaite. Voici ce qu’en disent les calvinistes eux-mêmes.

« Tous ceux qui meurent en bas âge font partie des élus », selon Lorraine Boettner dans *The Reformed Doctrine of Predestination*, p. 148, 149. La Deuxième Confession d’Écosse (1580 apr. J.-C.) déclare : « Nous abhorrons et détestons son [celui du pape] jugement cruel à l’encontre des nourrissons mourant sans baptême. » C.H. Spurgeon, s’appuyant (à tort) sur Ézéchiel 16, 21, croyait que les nourrissons qui meurent vont au ciel. Parmi les autres calvinistes partageant cette opinion, on peut citer Charles Hodge, W.G.T. Shedd et B.B. Warfield. Le calviniste Curt Daniel, dans sa thèse intitulée *The History and Theology of Calvinism* (p. 336-339), consacre une section intitulée « Les nourrissons qui meurent sont sauvés ».

Voici ce que Calvin lui-même a déclaré dans *L’Institution de la religion chrétienne*, livre 4, chapitre 16, p. 2:541 : « Mais comment, demandent-ils, les nourrissons sont-ils régénérés, alors qu’ils ne possèdent aucune connaissance ni du bien ni du mal ? Nous répondons que l’œuvre de Dieu, bien qu’elle dépasse notre entendement, n’en est pas pour autant nulle. De plus, les nourrissons qui doivent être sauvés (et il est certain que certains le sont à cet âge) doivent, sans aucun doute, avoir été préalablement régénérés par le Seigneur. Car s’ils apportent avec eux la corruption innée depuis le sein de leur mère, ils doivent être purifiés avant de pouvoir être admis dans le royaume de Dieu… Mais pour faire taire cette catégorie d’opposants [de détracteurs], Dieu a donné, dans le cas de Jean-Baptiste, … une preuve de ce qu’il pourrait faire chez d’autres. »

Q : Dans Matthieu 19, 16-17, Jésus niait-il qu’Il était bon, ou qu’Il était Dieu ?

R : Non, Jésus n’aborde pas cette question ici. Reportez-vous à l’analyse des Évangiles concernant Mt 19, 16-17 pour obtenir la réponse.

Q : Dans Matthieu 19, 17, qu’est-ce qui est bon ?

R : Dans Genèse 1 et 2, Dieu a déclaré que toute la création était bonne avant la chute de l’humanité. Jésus a dit dans Marc 10, 18 et Luc 18, 19 que personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul. Dieu est la source de la bonté, mais comme l’a souligné Thomas d’Aquin, définir Dieu comme bon uniquement parce qu’Il est la source du bien n’est pas plus valable que de définir Dieu comme un corps physique parce qu’Il est la source de tous les corps physiques.

Pour nous, la bonté est ce qui correspond au caractère et à la volonté de Dieu. Il nous est ordonné de faire le bien dans 1 Timothée 6, 18 ; nous pouvons donc être bons dans un sens limité. Dieu est bon d’une manière supérieure, car 1) Il est la source de toute bonté, qu’Il nous accorde ; 2) Il est la norme à l’aune de laquelle la bonté est mesurée ; 3) et rien n’est totalement bon, sauf Lui (Marc 10, 18 ; Luc 18, 19).

Q : Dans Matthieu 19, 23, est-il vrai que les riches ne peuvent pas aller au ciel ?

R : Non, sinon Abraham serait en difficulté, et Paul, Jacques et l’auteur de l’épître aux Hébreux, sans parler de Jésus, auraient tort de présenter Abraham comme un héros de la foi. Job, après que Dieu l’eut comblé de richesses, serait lui aussi en difficulté. C’est plutôt l’amour des richesses et la confiance que l’on place en elles qui empêchent une personne d’aller au ciel. Une personne pourrait posséder une grande fortune, comme Abraham, sans pour autant aimer ni placer sa confiance dans cette fortune. Le mot grec utilisé ici pour « triste », lypoumenos, signifie « affligé » ou « très triste ».

Q : Dans Mt 19, 24, Mc 10, 25 et Lc 18, 25, que voulait dire Jésus par « un chameau passant par le chas d’une aiguille » ?

R : Certains pensent que « l’œil de l’aiguille » était un surnom donné à une porte étroite de Jérusalem. Cependant, bien que Jérusalem et d’autres villes aient effectivement possédé des portes très étroites, aucune porte appelée « l’œil de l’aiguille » ne nous est connue. Le mot grec utilisé ici, rhaphidos, ne peut désigner qu’une aiguille de couture ou de chirurgie, et non une sorte de porte à l’intérieur d’une autre porte.

Il est plus probable que Jésus recoure ici à une hyperbole. Il est tout à fait impossible qu’un chameau, surtout s’il est chargé, passe par le chas d’une aiguille. C’est ce que Jésus a voulu dire en utilisant cette analogie humoristique. Les auteurs juifs du Talmud de Babylone (Berakoth de Babylone 55b) emploient une hyperbole similaire : « un éléphant passant par le chas d’une aiguille ». (Les éléphants étaient plus courants à Babylone, et le fait qu’elle soit mentionnée à Babylone montre qu’il ne s’agissait pas d’une porte de Jérusalem.)

a) il est naturellement impossible pour un homme qui se croit riche d’aller un jour au Ciel, et

b) tout est possible à Dieu, même qu’un homme riche aille au ciel (Matthieu 19, 26 ; Marc 10, 27 ; Luc 18, 27).

Q : Dans Matthieu 19, 27 et 30, quel est le point essentiel de ce verset et de ce chapitre ?

R : Commençons par ce que ce n’est pas. Il ne s’agit pas de savoir si leur esprit croit en la parole de Jésus : ils y croyaient tous, même le jeune homme riche. Il ne s’agit pas non plus de savoir s’ils ont décidé de suivre Jésus. Ils le font déjà, et Jésus a même repoussé certains qui disaient vouloir le suivre. Il s’agit plutôt de votre cœur. Êtes-vous prêt à tout abandonner pour suivre Jésus ? Peut-être s’agit-il de choisir de rester dans une situation conjugale (que vous soyez célibataire ou marié), alors qu’une option que Dieu ne vous a pas laissée ouverte vous semble plus attrayante pour le moment. Peut-être s’agit-il de choisir une situation financière moins rémunératrice, alors que vous êtes presque certain que vous pourriez aller à l’encontre de Dieu et gagner beaucoup plus (ou même juste un peu plus) d’argent. Si Dieu possède votre esprit et votre volonté, c’est formidable. Mais Dieu possède-t-il également votre cœur ?

Q : Dans Matthieu 19, 27 et 30, comment pouvez-vous déterminer si quelque chose retient davantage votre cœur que Dieu ?

R : On peut souvent découvrir à quoi va votre dévouement en examinant votre temps, votre argent et votre cœur.

Le temps : si le temps que vous consacrez à quelque chose dépasse celui que vous passez à adorer Dieu, à prier et à le servir, alors quelque chose ne va pas. J’ai rencontré un jour un homme qui avait pris tout le printemps et tout l’été pour assister à tous les matchs de baseball, à domicile comme à l’extérieur, de son équipe préférée. À première vue, on pourrait penser que son dévouement est louable. Mais à y réfléchir à deux fois, ce n’est pas louable du tout. Pensait-il qu’il n’avait rien de mieux à faire de sa vie que de regarder du baseball tout le temps ? N’y avait-il rien de mieux qu’il puisse faire ?

L’argent : Consultez votre relevé bancaire chaque mois. Il y a des dépenses indispensables à régler, comme le loyer ou le remboursement de votre prêt immobilier, les denrées alimentaires de base et d’autres frais. Mais qu’en est-il du reste de votre argent ? Dans quelle catégorie dépensez-vous plus que ce que vous donnez à Dieu ? Y a-t-il des choses, comme des vacances fréquentes, des repas raffinés ou des vêtements de luxe, qui accaparent une trop grande partie de votre budget ?

Cœur : Le titre d’un film en dit long : « Le paradis peut attendre ». Si vous ne souhaitez pas encore aller au paradis, parce que quelque chose vous attire davantage ici-bas, il est probable que votre attachement à cette chose soit plus fort que votre dévotion envers Dieu. S’il y a quelque chose de clairement énoncé dans les Écritures que vous dites ne pas pouvoir respecter, cela pourrait avoir une emprise plus forte sur votre cœur que Dieu. Même si vous vous dites que « Dieu comprend » ou que « nous sommes tous des pécheurs de toute façon, donc cela n’a pas d’importance », vous ne faites que vous leurrer.

Q : Dans Matthieu 19, 28 et Luc 22, 28-30, puisque les disciples siégeront sur douze trônes, Judas Iscariote y siégera-t-il aussi ?

R : Non. Tout d’abord, Luc 22, 28-30 ne mentionne pas douze trônes, mais seulement douze tribus. En réalité, Matthieu 19, 28 ne dit PAS que les douze disciples s’assiéront sur douze trônes. Il est plutôt écrit : « … vous qui m’avez suivi, vous vous assiérez aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. » Il est donc question de douze trônes, mais il n’est pas précisé que les douze disciples s’y assiéront. Au contraire, Jésus n’a fait cette promesse qu’à « vous qui m’avez suivi ». Judas n’a pas continué à suivre Jésus et a abandonné sa place de disciple après l’avoir trahi, comme le rapporte Actes 1, 20. Dans Matthieu 19, 28, Jésus n’a fait cette promesse qu’à « vous qui m’avez suivi ».

Q : Dans Matthieu 19, 29, comment les gens auront-ils cent fois plus de pères, de mères, etc. dans cette vie ?

R : Ce verset s’applique à la fois à cette vie et à la vie à venir. Imaginez avoir partout dans le monde des foyers ouverts pour vous accueillir, et des personnes de toutes les races du monde qui sont vos chers frères et sœurs. C’est ce que nous avons, ou devrions avoir, au sein de la communauté chrétienne que nous appelons l’Église. De plus, au Ciel, nous aurons sous une forme parfaite ce que nous avons sous une forme imparfaite sur terre.

Q : Dans Mt 19, 30, Mc 10, 31 et Lc 13, 30, en quoi ceux qui sont les premiers seront-ils les derniers, et inversement ?

R : À la fin, nous pourrions bien être surpris de voir qui sera le premier et qui sera le dernier. Les choses seront différentes à au moins quatre égards :

L’orgueil : Ceux qui étaient orgueilleux dans cette vie seront humiliés, et les humbles seront élevés (Jacques 4, 6 ; Luc 1, 51-52).

La richesse : D’une manière générale, beaucoup de personnes fortunées ne voient pas vraiment la nécessité de se tourner vers Dieu, comme le suggère Proverbes 30, 8-9, et comme l’illustre Luc 16, 19-21. Paul dit dans 1 Corinthiens 1, 26-31 que, selon les critères du monde, peu de membres de l’Église de Corinthe étaient sages ou influents. Jacques 2, 5 montre que cela était vrai dans la plupart des Églises primitives. Voir également Luc 1, 53 et Jacques 5, 1-6.

Récompenses : Dieu jugera les croyants en fonction de ce qui leur a été donné. À ceux à qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup.

Le service : aux yeux de Dieu, les plus grands croyants sont ceux qui se mettent au service des autres, comme le montrent Marc 9, 35-37, Luc 9, 46-48 et Matthieu 18, 1-4.

Méfiez-vous de toute tentative de négocier votre entrée au ciel ou de marchander des récompenses. Car Dieu connaît les motivations : ceux qui semblent être les premiers en apparence peuvent bien être les derniers.

Q : Dans Matthieu 20, 1-16, le Maître est-il juste dans cette parabole ?

R : Le maître représente Dieu, et Dieu est juste selon Ses propres critères. Je ne peux pas vous dire s’Il est injuste selon vos critères, car certaines personnes ont des conceptions très étranges de la justice. Dieu nous enseigne que Son critère de justice laisse néanmoins place à une générosité particulière.

Dieu est juste, et Il a correctement versé à chaque ouvrier ce qu’Il lui avait promis.

Le premier groupe a négocié son salaire. Les autres groupes ont simplement laissé le maître payer ce qu’il voulait. Nous préférons bénéficier de la grâce de Dieu plutôt que d’essayer de négocier avec Lui. Lorsque vous avez le choix entre l’équité et la grâce, c’est la grâce que vous choisissez.

Q : Dans Matthieu 20, 1-16, tout le monde reçoit-il la même récompense au Ciel ?

R : Non. Bien que Matthieu 20, 1-16 puisse sembler indiquer que c’est le cas, 1 Corinthiens 3, 12-15 enseigne explicitement que nous ne devons pas penser que tous reçoivent la même récompense au ciel.

Q : Dans Matthieu 20, 1-16, pourquoi s’agit-il d’une excellente parabole à étudier avec les mormons (Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours) ?

R : Cette fausse religion met l’accent sur les œuvres, et le salut repose sur ce que l’on mérite. Le mormonisme enseigne qu’il existe trois cieux : le plus élevé pour les bons mormons, celui du milieu, légèrement meilleur que la terre, pour les mauvais mormons et les bons chrétiens, et le ciel le plus bas, légèrement pire que la terre, pour la plupart des autres êtres humains. Bien que le Livre de Mormon dise : « Nous savons que c’est par la grâce que nous sommes sauvés, après avoir fait tout ce que nous pouvons. » (2 Néphi 25:23), ce n’est qu’un prétexte pour « tout ce que vous pouvez faire ». En laissant de côté la question de savoir si vous avez réellement fait tout ce que vous pouviez faire, ou ce que signifie « après », cela implique au moins que le salut repose à la fois sur les œuvres et sur la grâce. Cette parabole n’a guère de sens dans le mormonisme, ni d’ailleurs dans la plupart des religions fondées sur les œuvres.

Q : Dans Matthieu 20:17-19, comment Dieu Tout-Puissant peut-Il permettre que Son prophète Jésus soit livré aux païens pour y être raillé et mis à mort ?

R : Il faut parfois accepter de paraître vaincu dans un premier temps pour remporter la victoire ultime.

Q : Dans Matthieu 20, 20-28, puisque les grands chrétiens sont des serviteurs et non des dirigeants qui règnent sur les autres, pourquoi certains dirigeants chrétiens semblent-ils l’oublier ?

R : Le pouvoir peut corrompre, et de nombreux hommes impies se disaient croyants. Vous pouvez découvrir certains des tristes exemples dont Dieu nous a fait part dans les livres des Rois et des Chroniques.

Q : Dans Matthieu 20, 22, en quoi Jésus souligne-t-il que leur demande est ignorante ?

R : Ils n’ont posé de questions que sur la récompense. À l’instar de certaines personnes aujourd’hui, comme l’explique dans le « Believer’s Bible Commentary », p. 1280 : « Ils voulaient une couronne sans croix, un trône sans autel de sacrifice, la gloire sans les souffrances qui y mènent. » Jésus n’a pas réprimandé ce désir. Il n’y a rien de mal à aspirer à de grandes récompenses au ciel, mais cela n’a de sens que si l’on est disposé et capable d’accomplir ce qui mène à ces récompenses. Tous les apôtres sont morts en martyrs, à l’exception de Jean, qui est mort de mort naturelle. Comme l’a dit Robert Little : « Jacques est mort en martyr, Jean a vécu une vie de martyr. »

Jésus ne s’est pas contenté d’exiger le sacrifice ; il l’a également incarné. Mais certains pensent que, bien que Jésus ait choisi le service sacrificiel, ils devraient pour une raison ou une autre en être eux-mêmes exemptés.

Les dix autres disciples étaient indignés contre ces deux-là. Ce n’était pas tant par orgueil qu’ils allaient formuler eux-mêmes une demande, mais plutôt par jalousie à l’idée qu’ils puissent les devancer par une simple requête.

Q : Dans Matthieu 20, 28, que pouvons-nous apprendre de l’exemple de Jésus ici ?

R : Jésus, qui existe éternellement en tant que Fils de Dieu dans la gloire, est venu sur terre non pas pour être servi, mais pour servir. En tant que disciples de Jésus, nous devons nous demander à quel point nous prenons cela au sérieux. Avons-nous le sentiment d’être ici pour « recevoir » et être servis, ou sommes-nous principalement sur cette terre pour « donner » et servir Dieu et les autres ?

Q : Dans Matthieu 20, 30, s’agissait-il de deux aveugles, ou d’un seul aveugle nommé Bartimée, comme le dit Marc 10, 46-52 ?

R : Il pourrait s’agir de deux événements distincts, car tous les aveugles de Jéricho auraient voulu voir Jésus. Cependant, étant donné que dans les deux évangiles, les paroles « Fils de David, aie pitié de moi/de nous » ont été criées, il est plus probable qu’il s’agisse d’un seul et même événement. Bartimée serait alors le nom de l’un des deux aveugles. Marc, qui a très probablement entendu ce récit de la bouche de Pierre, n’avait connaissance que d’un seul aveugle, mais connaissait son nom. Matthieu, qui était présent, a vu les deux aveugles.

Q : Dans Mt 20, 32, pourquoi Jésus a-t-il demandé à l’aveugle, dont le handicap était évident, ce qu’il souhaitait qu’il fasse ?

R : Il pourrait y avoir deux raisons distinctes.

Premièrement, Jésus voulait que l’homme le demande verbalement avant de lui accorder le don de la vue, et Jésus lui en donnait l’occasion.

Deuxièmement, toutes les personnes handicapées ne souhaitent pas nécessairement être guéries. On a connu des cas de personnes vivant dans des léproseries qui infectaient délibérément leurs enfants afin que ceux-ci puissent être pris en charge pour le reste de leur vie.

Lorsque vous êtes dans le besoin, que vous avez besoin d’un miracle, ou que vous pleurez de tristesse face à la méchanceté que vous voyez dans votre propre cœur, ne laissez personne ni rien vous détourner de votre cri vers Jésus.

Q : Dans Mt 21, 1-3 ; Mc 11, 2-3 ; Lc 19, 30-31, pourquoi Jésus a-t-il demandé à ses disciples d’aller chercher un âne ?

R : Lorsqu’un roi entrait dans une ville, il le faisait à cheval, un animal de guerre, pour symboliser qu’il était un conquérant. Lorsqu’un roi ou un juge entrait à dos d’âne, cela symbolisait qu’il venait en paix, sans son armée. Cela accomplissait également Zacharie 9, 9-10.

Un point essentiel de ce passage est que Jésus a proclamé, de manière très évidente, qu’il était le Messie. Si les chefs juifs décidaient de le mettre à mort, ce ne serait pas parce qu’ils ignoraient que Jésus se présentait comme le Messie.

De plus, l’acceptation du propriétaire et son absence de surprise face au fait que les disciples prennent l’âne indiquent que celui-ci était déjà d’accord pour que Jésus l’utilise. Lorsque Jésus s’est brièvement arrêté à Béthanie, juste à l’extérieur de Jérusalem, cela a dû laisser le temps à la nouvelle de se répandre et à la foule de se rassembler.

Q : Dans Matthieu 21, 1-46, comment réagissent aujourd’hui différentes personnes lorsque Jésus et son enseignement entrent dans leur vie ?

R : Certains accueillent favorablement cette rencontre et marchent aux côtés de Jésus. D’autres tentent de l’ignorer. D’autres encore manifestent de l’hostilité, en demandant : « Pour qui se prend-Il, pour venir nous dire ce que nous devons faire ? » Faites attention aux personnes que vous fréquentez. Si vous passez beaucoup de temps avec ce dernier groupe ou que vous vous associez souvent à lui, veillez à ne pas leur ressembler de plus en plus.

Q : Dans Matthieu 21, 12-13, Marc 11, 12-19 et Luc 19, 43-48, pourquoi Jésus était-il en colère contre les changeurs d’argent ?

R : Ces personnes se trouvaient dans la maison de Dieu sans aucune intention d’adorer Dieu. Elles constituaient à la fois une distraction et un découragement pour ceux qui venaient adorer Dieu. Dieu prend notre adoration très au sérieux.

Les Mishnahs juives rapportent des cas de prix abusifs pratiqués sur les animaux. (Les premières Mishnahs ont été rédigées vers l’an 200 après J.-C.) Si une personne devait amener un animal pour l’offrir en sacrifice au Temple et que les prix d’achat de cet animal étaient injustement élevés, les pauvres se voyaient alors privés de la possibilité d’adorer Dieu comme il se doit.

Il est assez curieux que certains, qui semblaient si attachés à la pratique religieuse correcte, aient critiqué Jésus pour avoir permis aux enfants de dire « Hosanna », mais n’aient vu aucun problème à ce que les changeurs réalisent des profits exorbitants sur le dos des fidèles.

Il est intéressant de noter que, pour les offrandes, ils insistaient pour changer la monnaie romaine contre des pièces tyriennes. Certains pensaient que c’était parce que les pièces romaines portaient l’effigie de dieux et d’empereurs qui se prétendaient dieux. Or, les pièces tyriennes portaient elles aussi l’effigie de dieux.

Q : Dans Matthieu 21, 14-15, en quoi le fait que les aveugles et les boiteux soient venus vers Jésus pour qu’il les guérisse est-il significatif ?

R : Il était très difficile d’être aveugle, boiteux ou autrement incapable de travailler dans la société antique. On ne s’attendait pas à ce qu’un gouvernement vienne à votre secours. Si les communautés juives et la famille aidaient les pauvres, il était néanmoins aléatoire d’obtenir l’aide financière nécessaire. Bien que cela ne soit pas prescrit dans l’Ancien Testament, la plupart des autorités juives interdisaient aux aveugles ou aux boiteux d’offrir un sacrifice, même s’ils étaient toujours autorisés à entrer dans le Temple. Jésus les a aidés en les guérissant.

Contrairement à la pratique juive courante consistant à apporter une aide modeste et à laisser ces personnes mendier au Temple pour subvenir au reste de leurs besoins, la communauté de Qumrân (1QSa 2, 5-22 ; 1 QM 7, 4-5) estimait que toutes les personnes handicapées étaient exclues de la communauté juive ou du banquet messianique de la fin des temps.

Q : Dans Mt 21, 16-17, puisque nous ne sommes censés adorer que Dieu, pourquoi Jésus a-t-il accepté des louanges ?

R : Quatre points sont à prendre en compte dans la réponse.

1. Non seulement Jésus a accepté les compliments et les louanges, mais il a également accepté d’être adoré dans Jean 9, 38. (Le mot grec proskuneo utilisé ici implique bien plus qu’un simple remerciement ou un simple respect.)

2. Il est bon de rendre honneur et de louer les dirigeants pieux (mais non de leur rendre un culte), comme le montre Philippiens 2, 29. Cependant, n’adorez que Dieu (Matthieu 4, 9-10 ; Luc 4, 7-8 ; Apocalypse 19, 10 ; 22, 8-9)

3. Non seulement les hommes (Matthieu 2:2), mais aussi les anges adorent Jésus en tant que Dieu, comme le montre Hébreux 1:6.

4. Jésus est Dieu (Jean 1:1 ; Hébreux 1:8, 9), et Jésus est notre Seigneur et notre Dieu (Jean 20:28-29).

Q : Dans Matthieu 21, 18-19 et Marc 11, 14, 20-21, pourquoi Jésus a-t-il semblé si sévère au point de faire dépérir un figuier dépourvu de raison ?

R : C’est presque comme si l’on demandait combien de plants de blé ont été cruellement massacrés pour que vous puissiez manger votre tranche de pain. La réponse est « aucun », car des plantes dépourvues de raison ne peuvent être cruellement massacrées. De plus, si un arbre ne produit ni bourgeons ni fruits au moment prévu d’un point de vue botanique, cela indique qu’il est malade, ce qui correspond bien à la description de l’establishment religieux juif.

Jésus ne se souciait pas des sentiments inexistants de la plante. Au contraire, dans Marc 13, 28-29, Jésus nous invite à observer la parabole du figuier. Lorsque les branches et les feuilles apparaissent, c’est que l’été est proche. De même, lorsque le Messie viendra à Jérusalem, la rédemption de l’humanité sera proche. Or, ces dirigeants donnaient l’apparence d’être spirituellement féconds, mais étaient en réalité stériles.

Les figuiers produisent leurs feuilles juste avant de donner des figues vertes. Les feuilles de figuier sans figues s’apparentent en quelque sorte à de la « publicité mensongère ». Mais s’il n’y a pas de figues précoces maintenant, il n’y aura pas de figues mûres plus tard. Sur les rives de la mer de Galilée, les figues étaient présentes dix mois par an, bien que cette période fût plus courte aux alentours de Jérusalem.

Après avoir accompli ce geste, Jésus a utilisé l’illustration du figuier dans Matthieu 24:32.

L’ouvrage *Hard Sayings of the Bible*, p. 441-442, s’appuyant sur un article intitulé « The Barren Fig Tree » (Le figuier stérile) de W.M. Christie, fournit davantage de détails. Il indique que vers la fin du mois de mars, les feuilles commencent à apparaître sur les figuiers, et que de petits bourgeons appelés « taqsh » en arabe palestinien, de la taille d’amandes vertes, se développent. Celles-ci tombent, car ce ne sont pas de véritables figues, mais les paysans les mangent lorsqu’ils ont faim, bien qu’elles n’aient pas très bon goût. Cependant, si les feuilles de figuier apparaissent sans « taqsh », il n’y aura pas de figues.

Q : Dans Mt 21, 21-22 et Mc 11, 24, puisque l’on peut tout demander dans la prière, pourquoi les chrétiens ne demandent-ils pas que tout le monde devienne chrétien, et pourquoi n’obtiennent-ils pas que cela se réalise ? De plus, j’ai une longue liste de souhaits…

R : Dieu peut tout faire (sauf mentir, être tenté par le mal, renier qui Il est, ou jurer par quelqu’un de plus grand que Lui-même), mais une impossibilité logique n’existe pas. Dieu ne peut pas créer des êtres qui choisissent librement de L’aimer et de Lui obéir sans qu’ils soient capables de choisir librement de L’aimer et de Lui obéir.

Même Jésus Lui-même a pleuré sur le rejet dont Il a fait l’objet de la part de Jérusalem, dans Matthieu 23, 37-39. Même les pharisiens ont été autorisés à « rejeter le dessein de Dieu à leur égard », dans Luc 7, 30.

Quant aux longues listes de souhaits, reportez-vous à l’analyse de Matthieu 7, 7-11 pour comprendre comment Dieu, tel un Père sage, ne nous accorde que les bonnes choses que nous demandons de la bonne manière. Rendons grâce à Dieu de ne pas toujours nous répondre « oui » !

Q : Dans Matthieu 21, 21-22 et Marc 11, 24, lorsque vous priez et croyez, avez-vous la garantie d’obtenir toujours ce que vous demandez ?

R : Non, ce verset dit que vous devez vraiment croire en ce que vous demandez. Si vous nourrissez le péché dans votre cœur (Psaume 66, 18), si vous faites la sourde oreille aux pauvres (Proverbes 21, 13), si vous êtes méchants (Proverbes 15, 29 ; Ésaïe 59, 1-3), si vous refusez d’écouter Dieu (Zacharie 7, 11-14 et sous-entendu dans Proverbes 28, 9), ou si vous priez pour assouvir vos désirs égoïstes (Jacques 4, 3), Dieu, tel un Père sage, ne vous l’accordera pas.

Q : Dans Matthieu 21:23, quelle était la taille de la cour du temple ?

R : Avant le ministère de Jésus, Hérode le Grand avait agrandi la cour du Temple pour lui donner des dimensions d’environ 330 yards sur 500 yards (300 mètres sur 460 mètres). C’est là que se trouvait Jésus lorsqu’il a chassé les changeurs et qu’il a prêché.

Q : Dans Matthieu 21, 23-24, pourquoi Jésus n’a-t-il pas simplement répondu à leur question pour leur dire qu’il était le Messie ?

R : La réponse était évidente pour ceux qui voulaient savoir. Pourtant, même après tous ces miracles, il n’était pas possible de leur donner une réponse qu’ils accepteraient, car ils s’étaient obstinément refusés à croire. Jésus s’est donc exprimé de telle sorte que, s’ils répondaient honnêtement à sa question, ils répondraient également à la leur. Malheureusement, lorsque les interrogateurs ont eux-mêmes été interrogés, ils ont cherché la réponse la plus commode, et non la vraie.

Q : Dans Mt 21, 24-27, Mc 11, 33 et Lc 20, 7-8, pourquoi Jésus a-t-il refusé de leur dire par quelle autorité il accomplissait ces choses ?

R : Deux points sont à prendre en compte dans la réponse.

1. Jésus n’était nullement tenu de répondre à la question d’une personne, en particulier à des questions posées non pas pour découvrir la vérité, mais pour Le piéger.

2. Ils connaissaient déjà la réponse. Jésus avait déjà affirmé venir de Dieu en accomplissant ces actes. Ils voulaient simplement une déclaration claire de sa part à ce moment-là.

Puisque nous partageons la vérité, nous ne devons pas mentir, mais il est acceptable de refuser de répondre parfois, surtout si ceux qui posent les questions ne veulent pas connaître la vérité, mais cherchent seulement à vous piéger.

Q : Dans Matthieu 21, 33-41, puisque Dieu est symbolisé par le propriétaire, se peut-il qu’Il ignore parfois ce qui se passe ?

R : Le propriétaire symbolise effectivement Dieu, mais Il sait très bien ce qui se passe, comme le prouve le fait que Jésus ait raconté cette parabole. Dieu est tellement patient et longanime que cette parabole nous montre qu’Il est même prêt à tolérer une désobéissance et une injustice persistantes, voire la mort de Son Fils, pour le bien des âmes perdues. Cela afin qu’elles puissent venir à Lui. La tolérance de Dieu a toutefois une limite : le Jour du Jugement, où tout sera remis en ordre.

Dans cette parabole, le propriétaire est à la fois si doux et pourtant si sévère. Il est si doux, presque au point d’en paraître naïf. Mais à la fin, les vignerons subissent la colère sévère qu’ils méritent.

Dieu est le propriétaire, les messagers étaient les prophètes de l’Ancien Testament, et le Fils est Jésus.

Q : Dans Matthieu 21, 43, comment certains ont-ils grossièrement mal interprété ce passage concernant les Britanniques ?

R : Lorsqu’il est dit que le Royaume de Dieu vous sera enlevé (au pluriel) [c’est-à-dire aux Juifs] et donné à une autre nation (au singulier, ethnei en grec), certains ont imaginé une étrange erreur appelée « israélisme britannique ». Selon la variante principale de cette théorie, les dix tribus perdues, au lieu de s’assimiler aux autres peuples du Moyen-Orient, auraient toutes émigré ensemble vers les îles britanniques ; ainsi, les Britanniques seraient les descendants des Juifs bibliques (malgré des preuves génétiques indiquant le contraire). Apparemment, les Angles, les Saxons, les Jutes, les Danois et, plus tard, les Normands, qui se sont tous installés en Grande-Bretagne, n’auraient eu aucun descendant ! Mais saviez-vous qu’il existe des marqueurs génétiques indiquant qu’une personne a des ancêtres anglo-saxons ? Environ 25 à 40 % des gènes des Britanniques sont d’origine anglo-saxonne. Consultez https://www.nature.com/articles/ncomms10408 (10 décembre 2022) pour plus d’informations scientifiques.

Quoi qu’il en soit, cette théorie a été popularisée dans un ouvrage intitulé *A View of the Hebrews*, rédigé peu avant l’époque de Joseph Smith, Jr., le fondateur du mormonisme. Le british-israélisme est une croyance partagée par les mormons et par l’Église de Dieu universelle d’Herbert W. Armstrong.

La nation ou le peuple dont il est question ici, c’est l’Église, et les chrétiens de toutes origines ethniques et de tous pays en font partie à parts égales.

Q : Dans Matthieu 21:46, Jésus était-il réellement un prophète ou le peuple le considérait-il simplement comme tel ?

R : Le fait qu’« ils le considéraient comme un prophète » ne permet pas de déterminer s’il en était réellement un ou non. Il venait de Dieu, prononçait la Parole de Dieu et prédisait l’avenir ; il était donc un prophète, et beaucoup le considéraient comme tel.

Q : Dans Matthieu 22, 13-14, comment Dieu peut-Il être tout amour s’Il rejette quelqu’un et le jette dans les ténèbres ?

R : Qui a dit que Dieu est tout-amour ? La Bible ne le dit pas. Comme le dit Romains 11, 22, il faut considérer à la fois la bonté et la sévérité de Dieu. Dieu est l’être le plus aimant de l’univers. Mais Il n’est pas aimant au sens où certains définissent l’amour, si leur définition contredit Ses autres attributs que sont la sainteté, la justice et la colère.

Q : Dans Matthieu 22, 14, l’expression « beaucoup sont appelés, mais peu sont élus » fait-elle référence à des variations et à des degrés de foi et d’assurance, comme l’enseignent les bahá’ís dans *Some Answered Questions*, p. 129-131 ?

R : Non. Si vous lisez l’intégralité de la parabole en Matthieu 22, 1-14, celle-ci classe les personnes en deux catégories : celles qui entrent au banquet de noces royal et celles qui n’y entrent pas. « Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus » fait référence à ceux qui ont été invités à entrer mais qui ont refusé, ainsi qu’à un homme qui voulait entrer sans être vêtu convenablement. Il se peut qu’après avoir été invité, il se soit occupé de ses affaires sans se préparer pour le mariage et que, lorsque l’heure s’est approchée, il n’ait pas eu le temps de rentrer chez lui pour se changer. Cela ressemble un peu à ceux qui souhaitent suivre le Christ, mais qui ne modifient en rien leur emploi du temps pour y parvenir. Nous devons « nous changer » pour le Christ.

Soit dit en passant, il s’agit ici d’une parabole différente de celle de Luc 14, 16-24, qui évoque un banquet privé et dont le message est autre.

Il y a ici une leçon pour chacun d’entre vous. Vous ne pouvez pas vous contenter de lire un seul verset de la Bible, en ignorant ce qui est écrit avant ou après, et espérer en interpréter correctement le sens.

Q : Dans Matthieu 22, 21, que dit Jésus au sujet des impôts et du gouvernement ?

R : Tout d’abord, un peu de contexte, puis la réponse.

De nombreux Juifs en voulaient aux Romains, ces païens idolâtres et tyranniques, de leur imposer des impôts. En effet, certains zélotes affirmaient qu’un Juif déshonorait Dieu lorsqu’il payait l’impôt aux Romains. Une pièce romaine portait l’inscription « Tibère César Auguste, fils du divin Auguste ». Les pharisiens payaient l’impôt parce qu’ils y étaient contraints, mais cela ne leur plaisait guère. Ainsi, si vous vous prononciez en faveur du paiement des impôts, vous perdiez leur soutien. Bien sûr, si vous vous prononciez contre le paiement des impôts, ceux qui interrogeaient Jésus pouvaient courir directement chez les Romains pour le leur signaler. Ils ont donc tenté de mettre Jésus dos au mur.

Jésus ne s’est pas prononcé sur leur différend politique quant à la légitimité ou non du pouvoir romain. Mais Jésus a dit de rendre aux autorités civiles au pouvoir, qu’elles soient justes ou non, ce qui leur est dû, et de rendre à Dieu ce qui lui est dû. Romains 13, 1-6 dit également que nous devons payer nos impôts et nous soumettre aux autorités en place.

Jésus a également transmis un deuxième message ici. Par sa réponse, Jésus a indiqué que la liberté, l’indépendance nationale et le patriotisme n’étaient pas la fin première d’un chrétien ; c’est suivre Dieu qui l’est. Un troisième message que Jésus a laissé entendre ici est que nous pouvons être citoyens du Royaume de Dieu tout en nous soumettant aux gouvernements civils laïques. Les Romains, en particulier plus tard sous Néron, étaient des dirigeants horribles qui avaient banalisé la corruption. Et pourtant, rien n’indique que Paul ou l’un des autres apôtres ait tenté de déclencher une rébellion ou un mouvement d’indépendance.

Q : Dans Matthieu 22, 29, pourquoi Jésus a-t-il dit aux sadducéens, qui avaient manifestement étudié les Écritures, qu’ils se trompaient parce qu’ils ne connaissaient ni les Écritures ni la puissance de Dieu ?

R : Selon les premiers auteurs chrétiens, les sadducéens ne considéraient comme Écritures que les cinq premiers livres de l’Ancien Testament (de la Genèse au Deutéronome), et non le reste de la Bible. Josèphe a également indiqué qu’ils n’observaient que ce qui figurait dans la Torah. Actes 23, 8 indique que les sadducéens niaient la résurrection, les anges et les esprits. Même aujourd’hui, des personnes peuvent lire et étudier la Bible, tout en choisissant de rester dans l’ignorance de la puissance de Dieu et de ce que signifie croire aux Écritures.

Q : Matthieu 22, 30 signifie-t-il que nous n’aurons pas de corps physique au ciel, puisque nous serons comme les anges et que les anges sont des esprits (Hébreux 1, 14) ?

R : Non. La comparaison porte sur le mariage. Cela ne signifie pas que nous serons comme les anges à tous égards, mais uniquement à cet égard.

Q : Dans Matthieu 22, 30, Marc 12, 25 et Luc 20, 34-35, cela signifie-t-il qu’il n’y a pas de mariages au ciel, ou simplement qu’il n’y a pas de nouvelles cérémonies de mariage, mais que certains mariages terrestres subsistent au ciel ?

R : Nous savons qu’il n’y a pas de mariages au ciel en lisant Romains 7:2. Une femme ne peut être mariée à plus d’un homme. Cependant, si l’homme meurt, elle est libérée de ce mariage et peut se remarier. Elle n’est donc plus mariée au ciel.

À titre d’aparté, la fausse religion qu’est le mormonisme croit que certains « mariages au temple » sont éternels. Cependant, si le mari décède, la femme peut se remarier. C’est simplement qu’elle ne peut pas avoir deux mariages au temple pour le temps et pour l’éternité. Du point de vue mormon, que penserait l’homme dans le paradis mormon alors que sa femme « s’amuserait » dans un mariage ordinaire après sa mort ?

Q : Dans Matthieu 22:30, cela vient-il d’une manière ou d’une autre étayer les relations sexuelles hors mariage, comme le soutient la secte appelée « La Famille de l’Amour » (anciennement les « Enfants de Dieu ») ?

R : Pas du tout. Dire que nous n’aurons pas de relation conjugale au paradis signifie simplement ce que Jésus a dit : il n’y aura pas besoin de mariage au paradis. Cela ne signifie pas que, sur terre, nous devrions soit mener une vie sexuelle débridée, soit pratiquer un célibat total sans mariage. Ce genre d’affirmation est révélateur de la mesure dans laquelle certains sont prêts à aller pour tenter d’interpréter la Bible à la lumière de leurs propres opinions, qui n’y figurent pas.

Q : Dans Mt 22, 30, Mc 12, 25 et Lc 20, 34-35, Bonjour. Mon père vient de décéder. Ma mère vit très mal cette perte et souhaite savoir si elle sera toujours mariée à lui au ciel. Je ne sais pas comment répondre à sa question. Je sais que Matthieu 16, 19 dit que ce qui est lié sur terre sera lié au ciel et que ce qui est délié sur terre sera délié au ciel. Cependant, j’ai entendu dire qu’« il n’y a pas de mariage au ciel ». Je n’ai pas de verset pour étayer cela, mais j’ai entendu cette affirmation. Pouvez-vous m’aider à y voir plus clair ?

R : Je vous présente mes condoléances, à vous et à votre famille, pour le décès de votre père. Je ne pense pas que Matthieu 16, 19 ait été destiné à faire référence au mariage, mais plutôt à la liberté d’aller au ciel. Matthieu 22, 23-32 s’y rapporte en revanche. Les sadducéens, qui niaient la résurrection, pensaient discréditer à la fois Jésus et les pharisiens en affirmant que si les mariages au ciel sont comme sur terre, qu’en est-il alors d’une femme qui devient veuve à plusieurs reprises ?

Dans Matthieu 22, 30, Jésus répondit que, dans les cieux, les gens ne se marient pas et ne sont pas donnés en mariage, mais qu’ils sont comme les anges de Dieu, et les anges sont vraisemblablement toujours célibataires. Certains ont tenté d’en déduire qu’il n’y a pas de mariages au ciel, mais que les personnes qui étaient mariées le restent. Cependant, ce n’est pas une interprétation valable de ce verset, car si c’était là tout ce que Jésus voulait dire, l’argument des sadducéens n’aurait pas été réfuté. En termes modernes, si une veuve devait se remarier, alors :

1) Son premier mari au ciel venait-il de perdre une épouse, ou

2) Elle aurait deux maris au ciel, ou

3) Si elle n’était pas certaine du salut de son mari, elle ne saurait pas si elle était encore mariée ou célibataire jusqu’à sa mort, puisqu’on peut supposer qu’une personne au ciel ne serait pas mariée à une personne en enfer.

Non, comme le disent généralement les vœux de mariage : « jusqu’à ce que la mort nous sépare ». Si votre mère venait à choisir de se remarier par la suite, il n’y a rien de mal à cela, comme l’enseigne Paul dans Romains 7, 1-3. Cela pourrait même vous sembler étrange au début de la voir avec un autre homme, mais vous devriez vous y habituer : ce que Dieu a expressément déclaré acceptable, nous ne devrions pas dire que c’est mal.

Cela dit, cela ne signifie pas qu’elle ne puisse pas passer des milliers et des milliers d’années avec son ancien mari, en tant qu’amis chers au ciel. Je m’attends à ce qu’au ciel, lorsque nous serons parfaits, son mari l’aime encore plus qu’il ne l’aimait sur terre, et elle de même. Bien sûr, tous deux aimeront Dieu encore davantage.

Q : Dans Mt 22, 31-32 et Mc 12, 26, Jésus a-t-il raison de faire valoir cet argument en se basant sur le temps du verbe « être » ?

R : Apparemment oui, car les sadducéens n’ont pas contesté avec Jésus le temps du verbe hébreu.

De plus, cela n’aurait aucun sens de mentionner Abraham, Isaac et Jacob s’ils n’existaient pas, et si Dieu devait abandonner les autres à leur mort. Les sadducéens ne pouvaient que dire : « Dieu n’est plus leur Dieu, car ils sont morts. » Mais Jésus, tout comme les pharisiens, a déclaré que Dieu est toujours leur Dieu.

Q : Dans Mt 22, 35-36 et Mc 12, 28-29, pourquoi Jésus n’a-t-il pas réprimandé cette question comme il l’avait fait pour la question précédente sur le mariage ?

R : La question précédente concernant la femme qui avait eu sept maris ne visait pas à découvrir la vérité, mais à piéger Jésus. Cette question, en revanche, était posée parce que celui qui l’interrogeait souhaitait sincèrement écouter ce que Jésus avait à dire. Il est tout à fait acceptable de poser respectueusement n’importe quelle question à Dieu, à condition que ce soit dans le but de connaître la vérité et de la suivre.

Jésus n’était pas le seul à qui l’on posait cette question ; les rabbins en débattaient entre eux. La « règle d’or négative » de Hillel fut formulée lorsque des païens lui demandèrent d’expliquer toute la loi pendant le temps qu’il lui faudrait pour se tenir sur une jambe. Il répondit que le résumé était : « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’ils vous fassent », et que le reste de la loi n’était qu’un commentaire. En revanche, la Mekilta Exode 6 et le Sifré Deutéronome 12, 8 ; 19, 11 affirment que tous les commandements de la loi ont la même importance.

Q : Dans Matthieu 22, 37-40 et Marc 12, 30, Jésus a-t-il réellement ajouté quelque chose à Deutéronome 6, 4, ou l’a-t-il simplement paraphrasé sans y ajouter quoi que ce soit ?

R : Les Évangiles paraphrasent souvent les paroles de Jésus et ne rapportent pas nécessairement ses mots exacts. Matthieu 22, 37-40 mentionne le cœur, l’âme et l’esprit. Marc 12, 30 mentionne le cœur, l’âme, l’esprit et la force. Le texte massorétique de l’Ancien Testament mentionne le cœur, l’âme et la force, mais selon la NIV Study Bible, p. 1 475, certains manuscrits de la Septante ajoutent le mot « intelligence » ; Jésus n’a donc pas été le premier à y ajouter l’intelligence. (Les écrits de Philon le Juif qui nous sont parvenus ne font pas référence à Deutéronome 6, 4. Le rouleau de la mer Morte 4Q43 (= 4QDt(p)) contient Dt 6, 4-11, mais je n’en ai pas vu la traduction.)

De plus, dans la pensée juive, le cœur, l’âme et l’esprit ne constituent pas des catégories distinctes, mais se recoupent.

Q : Dans Mt 22, 37, concernant le plus grand commandement, s’agit-il uniquement du « cœur, de l’âme et de l’esprit », ou bien de la force également, comme le dit Mc 12, 29-30 ?

R : Il y a deux réponses possibles.

1. Jésus aurait pu s’exprimer de différentes manières ; cela pourrait donc être les deux.

2. Les récits évangéliques rapportent ce que Dieu a voulu que les évangélistes retiennent. Il n’y a aucun problème à adopter une interprétation conservatrice des Écritures et à dire que la mémoire de Matthieu était ici imprécise, car il a oublié la « force ».

Laquelle de ces deux réponses est la bonne ? Cela n’a en réalité aucune importance, comme le montre la réponse à la question suivante.

Q : Dans Matthieu 22, 37, pourquoi un Dieu souverain a-t-il permis que le « plus grand commandement » soit conservé de manière imprécise, sous deux formes différentes : « de tout votre cœur, de toute votre âme et de toute votre pensée » dans Matthieu 22, 37, et « de tout votre cœur, de toute votre âme, de toute votre pensée et de toute votre force » dans Marc 12, 29-30 ?

R : La raison pour laquelle Dieu a délibérément permis cela pourrait se trouver en 2 Timothée 2, 14. Il est en effet trop facile pour les gens de s’attarder sur les mots exacts et de négliger de croire et de mettre en pratique l’essentiel.

La Bible est entièrement exacte et vraie, mais elle n’a pas été écrite et préservée avec la plus grande précision possible. Étant donné que la Bible a été écrite et transmise avec toute la précision exigée par Dieu (et qu’elle est extrêmement précise par endroits), les imprécisions que l’on observe dans la Bible revêtent alors, aux yeux de certaines personnes, une importance plus grande qu’aux yeux de Dieu.

Dieu aurait pu préserver ce commandement et d’autres passages de la Bible avec plus de précision, mais il est probable que ces imprécisions aient été délibérées de la part de Dieu. Dieu a souligné à quel point nous devons obéir sérieusement aux Écritures, mais lorsque nous commençons à débattre de ces imprécisions, nous cessons d’obéir aux Écritures, comme le soulignent 1 Timothée 6:4 et 2 Timothée 2:14.

Q : Dans Matthieu 22, 40, en quoi toute la Loi et les Prophètes reposent-ils sur ces deux commandements ?

R : Toute la Loi concernait la manière dont nous plaisons à Dieu et entretenons une relation avec Lui, ainsi que la manière dont nous aimons les autres et entretenons des relations avec eux. Bien sûr, la Loi avait d’autres effets bénéfiques, tels que la réduction des maladies, une meilleure hygiène au sein du camp, des familles plus solides, etc., mais les Israélites n’en connaissaient pas nécessairement tous les effets positifs.

Q : Dans Matthieu 22, 41-45, Matthieu réfutait-il le fait que Jésus soit le fils de David en se référant au Psaume 110 ?

R : Pas du tout, puisque Matthieu a spécifiquement mentionné que Jésus était le Fils de Dieu dans Matthieu 4, 3.6 ; 8, 29 ; 14, 33 ; 16, 16 ; 26, 63 ; 27, 40, 43, 54. De plus, Jésus est présenté implicitement comme le Fils de Dieu dans Matthieu 2, 15 ; 3, 17 ; 17, 5 ; 22, 45. Jésus était appelé « fils de David » dans Matthieu 1, 1 ; 9, 27 ; 15, 22 ; 20, 30, 31 ; 21, 9, 15 ; 22, 42. Jésus posait une énigme aux pharisiens, à laquelle ils n’auraient pas de réponse tant qu’ils ne l’auraient pas accepté. Le fait que Jésus approuve et cite le Psaume 110 pour montrer que cette personne est le Seigneur de David ne contredit pas le fait qu’il ait également approuvé et cité ce même Psaume pour affirmer que cette personne était aussi un fils de David.

Soit dit en passant, lorsque Jésus, qui n’avait fréquenté aucune école rabbinique, posait une question à laquelle tous ceux qui avaient suivi une formation rabbinique ne pouvaient répondre, cela faisait plutôt mauvaise impression pour eux et pour leurs écoles.

Adamantius (vers 300 apr. J.-C.) répondit à cette objection de Bardesane en citant d’autres exemples où des questions étaient posées. « Le “comment” n’est pas une négation, mais une interrogation. En effet, ce mot apparaît dans les Écritures, non pas une seule fois, mais à maintes reprises, pour exprimer non pas une négation, mais une interrogation. Par exemple : “Comment peut-on en poursuivre mille ?” [Dt 32, 30 LXX]. De même : « Comment la ville fidèle, Sion, est-elle devenue une prostituée ? » [Isaïe 1, 21 LXX]. Et : « Comment Lucifer est-il tombé du ciel, lui qui se levait au matin ? » [Isaïe 14, 12]. Le Christ n’a pas dit « comment » pour nier, mais pour poser une question. » Dialogue sur la vraie foi, cinquième partie, F13, p. 164.

Q : Matthieu 22, 42 prouve-t-il la réincarnation en montrant que Jésus, fils de David, était la réincarnation de David, comme l’affirme l’« École de l’Unité du christianisme » (nom impropre) ?

R : Non. L’expression « fils de » peut signifier à la fois « fils direct de » et « descendant de ». Jésus était un descendant de David. Il n’y a aucune preuve de la réincarnation dans les Écritures, mais on y trouve des enseignements qui s’y opposent. Hébreux 9, 27 dit qu’il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. De plus, l’idée selon laquelle nous essayons encore et encore, peut-être jusqu’à ce que nous y parvenions « correctement », va totalement à l’encontre de la doctrine selon laquelle les gens meurent puis vont au Ciel ou en Enfer.

L’écrivain chrétien des premiers temps, Minucius Felix (210 apr. J.-C.), résume bien la situation. Il affirme que la croyance selon laquelle les âmes des hommes reviendraient sous la forme d’animaux relève de la « grossièreté des bouffons ». *L’Octave* de Minucius Felix, chap. 34, p. 194

Q : Dans Matthieu 23, Jésus avait-il raison d’être aussi polémique ?

R : Bien que le débat soit acceptable (comme le faisait Paul), Jésus ne débat pas dans ce chapitre. Il dit simplement les choses telles qu’elles sont et réprimande sévèrement les pharisiens. Si l’idée que Jésus réprimande sévèrement quelqu’un est étrangère à votre théologie, peut-être votre théologie doit-elle évoluer pour correspondre à ce que Jésus ferait. Comme l’indique le Believer’s Bible Commentary, p. 1288, Jésus « mettait en garde contre les paroles grandiloquentes accompagnées d’une conduite médiocre ».

Q : Dans Matthieu 23, 5-7, en quoi certains aujourd’hui ressemblent-ils aux pharisiens, exprimant leur orgueil tout en le dissimulant ?

R : Les pharisiens ne cherchaient qu’à « faire leur show » ; ils s’efforçaient ostensiblement de faire savoir aux autres à quel point ils étaient pieux. Mais leurs grands phylactères, destinés à accomplir littéralement Deutéronome 6:8, n’étaient qu’un moyen de montrer à tout le monde leur piété, un peu comme si l’on portait une croix extrêmement grande. Aujourd’hui, les gens peuvent agir de manière à montrer aux autres combien d’argent ils possèdent, quel niveau d’études ils ont atteint ou à quel point ils sont populaires. Méfiez-vous de la tentation de définir votre valeur personnelle par ces choses-là.

Imaginez que vous alliez faire du bénévolat pour aider des personnes affamées, tout en portant une grande croix en or 14 carats incrustée de diamants pendant que vous les aidez. Y a-t-il quelque chose qui cloche dans cette image ? Imaginez que vous fassiez un don important à une institution, et que celle-ci ne vous demande pas de donner votre nom à un bâtiment en votre honneur, mais que vous insistiez pour que ce bâtiment porte votre nom.

Q : Dans Matthieu 23:9, en bref, puisque nous ne devons appeler personne « père », pouvons-nous appeler ainsi notre père terrestre ?

R : Oui. Jésus n’était pas opposé à ce que l’on fasse référence à la relation physique et ancestrale directe avec un père, puisqu’il a lui-même utilisé ce mot dans ce contexte en Luc 11, 47 et Jean 6, 58. Jésus s’opposait à l’utilisation des titres religieux de « père », « maître », « enseignant » ou « rabbin », comme le faisaient les Juifs.

Ces expressions peuvent être interprétées de trois manières différentes, qui sont toutes les trois correctes. N’appelez personne « Père » comme s’il pouvait subvenir à votre vie spirituelle. N’appelez personne « maître infaillible ». Et personne ne devrait être votre « directeur spirituel » ; votre relation avec Dieu est aussi étroite que celle que vous entretenez avec n’importe quelle autre personne.

Il y avait des rabbins au moins depuis l’époque d’Hillel, une génération avant Jésus. Après la compilation de la Mishna vers 217 apr. J.-C., une personne devait obéir à son rabbin sans poser de questions, ne pouvait marcher à ses côtés ni devant lui, et ne pouvait le saluer tant que celui-ci ne l’avait pas saluée en premier.

Q : Dans Matthieu 23, 9, que veut dire Jésus lorsqu’il dit : « N’appelez personne “père” » ? Il est évident que nous pouvons appeler nos pères biologiques « père ». De même, nous pouvons appeler nos guides spirituels — les pasteurs — « père ». Paul lui-même désignait les guides spirituels par le terme « père ». 1 Corinthiens 4:15 Même si vous aviez dix mille tuteurs en Christ, vous n’avez pas pour autant de nombreux pères ; car c’est en Jésus-Christ que je suis devenu votre PÈRE par l’Évangile. Actes 7:2 Et Étienne dit : « Frères et PÈRES, écoutez-moi ! Le Dieu de gloire est apparu à notre père Abraham alors qu’il était encore en Mésopotamie, avant qu’il ne s’installe à Haran ». À la lumière de ces passages bibliques, les catholiques romains ont-ils raison d’appeler leurs prêtres « père » ?

R : Non, les catholiques vont à l’encontre de ce verset en appelant les prêtres « pères ». Cependant, si l’Église catholique se contentait de remplacer le mot « père » par « plume », cela ne résoudrait rien en soi. Je pense qu’il existe des façons plus fondamentales dont elle ne respecte pas ce verset.

C’est une bonne question qui aborde un sujet très important dans le christianisme : en quoi exactement Dieu est-il notre Père, d’une manière dont aucun être humain ne pourrait jamais l’être ? Voyons d’abord ce qui n’est pas la réponse, puis la réponse elle-même.

Matthieu 23, 9 ne signifie PAS trois choses

Il ne faut pas nier les liens biologiques ou d’adoption. La Bible dit que tel ou tel était le père de tel ou tel, utilisant le terme « père » aussi bien pour désigner un père direct qu’un ancêtre, comme dans Ésaïe 38:5. Jésus a évoqué les liens biologiques lorsqu’Il a spécifiquement parlé du père et de la mère terrestres des gens dans Matthieu 10:37.

On ne peut se soustraire aux responsabilités familiales. 1 Timothée 5:8 dit que si quelqu’un ne subvient pas aux besoins de ses proches, en particulier de sa famille immédiate, il a renié la foi et est pire qu’un non-croyant. Dans Marc 7:11, Jésus a confirmé cela en parlant du péché consistant à qualifier d’« offrande » (corban) ou de « consacré à Dieu » l’aide que l’on aurait autrement apportée à sa famille.

Quelqu’un qui vous a conduit au Christ. Paul n’a probablement pas adopté Timothée ; il est bien plus probable qu’il ait appelé Timothée son fils parce qu’il l’avait conduit au Christ (1 Timothée 1:2, 18 ; 2 Timothée 1:2 ; 2:2 ; Philippiens 2:22). C’est également le sens de 1 Corinthiens 4:15-17. Il y a ici un point que certains chrétiens ont peut-être oublié. Tout comme vous ne laisseriez pas tomber un bébé au sens propre, ne « laissez pas tomber » non plus, spirituellement, les nouveaux-nés en Christ. Dans la mesure du possible, veillez à ce qu’ils s’intègrent dans une Église qui croit en la Bible. Aidez-les sur le plan théologique, et matériellement si nécessaire, et assurez-vous qu’ils soient bien nourris du lait de la parole de Dieu.

Matthieu 23, 9 s’applique à quatre aspects :

En matière d’autorité et de rôle, n’attribuez à aucun homme sur terre le rôle de Dieu le Père. Il est en définitive notre source de salut, notre source de vérité et notre source ultime d’autorité. Alors que certains Juifs pensaient que c’était Moïse qui leur fournissait la manne, le pain venu du ciel, Jésus a dû leur rappeler que ce n’était PAS Moïse, mais Dieu qui leur donnait cette nourriture céleste (Jean 6:32). L’ouvrage *When Critics Ask*, p. 356, ajoute que nous ne devons pas considérer un simple être humain comme notre maître spirituel infaillible, mais qu’il est tout à fait acceptable d’avoir des mentors humains dont nous comprenons qu’ils sont faillibles.

Dans cette relation, c’est Dieu qui est la source du salut, et non un homme mortel. Le fait que nous devenions enfants de Dieu ne résulte pas d’une filiation naturelle ni de moyens humains, mais nous sommes nés de Dieu, comme l’indique Jean 1, 13. Un chrétien a déclaré : « Dieu n’a pas de petits-enfants. Soit vous êtes un enfant direct de Dieu, soit vous ne l’êtes pas (1 Jean 3, 1-2), mais vous ne pouvez pas vous contenter d’être un petit-enfant de Dieu. » Si vous pouviez avoir deux saints puissants qui intercèdent en votre faveur devant Dieu, cela vous sauverait-il ? Jérémie 15, 1 dit que même si les prophètes Moïse et Samuel intercédaient devant Dieu en faveur du peuple juif, cela ne le sauverait pas. Personne ne peut amener quelqu’un au Ciel, sauf Dieu, et il n’y a aucun moyen d’aller au Ciel si ce n’est en connaissant Dieu.

En revanche, considérez la très haute estime que les disciples juifs portaient à leurs rabbins, et ne placez pas vos maîtres religieux humains à un tel niveau. Les Juifs plaçaient leurs espoirs en Moïse (Jean 5, 45-46). Or, Moïse était certes un homme grand et pieux, mais malgré cela, notre espérance ne doit reposer que sur Dieu.

Le fait même de pouvoir appeler Dieu « Père » est un privilège précieux, comme le souligne Éphésiens 3:14. Parmi les nombreux versets qui désignent Dieu comme notre Père, citons notamment Malachie 1:6 ; 2:10 et Ésaïe 63:16. Les Juifs se qualifiaient eux-mêmes d’enfants d’Abraham dans Jean 8:39a. Jésus n’a pas nié les faits généalogiques dans Jean 8:39b-40, mais il a en réalité nié que les liens ancestraux garantissent des liens spirituels. Jean-Baptiste a dit aux pharisiens et aux sadducéens : « Et ne vous avisez pas de vous dire : “Nous avons Abraham pour père.” Car je vous le dis : c’est de ces pierres que Dieu peut faire naître des enfants à Abraham. La hache est déjà mise à la racine des arbres, et tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. » (Mt 3, 9-10 BSB)

L’ouvrage *When Critics Ask*, p. 356, résume bien la situation en affirmant qu’en dehors de Dieu et de Sa Parole, nous n’avons aucun maître spirituel mortel infaillible, mais que nous reconnaissons toutefois l’existence de mentors spirituels faillibles.

Mais qu’en est-il de…

Job 29, 16 dit : « J’étais un père pour les nécessiteux. » Cela ne signifie pas seulement que Job les a nécessairement aidés spirituellement, mais plutôt qu’il est intervenu pour assumer les obligations financières d’une famille, pour des personnes avec lesquelles il n’avait aucun lien de parenté. De même, le Psaume 68, 5 montre que nous devons être un père pour les orphelins.

Ésaïe 51, 2 dit : « Tournez-vous vers Abraham, votre père, et vers Sara, celle qui vous a donné naissance. » Abraham et Sara, pris ensemble, montrent qu’il s’agit ici d’une relation ancestrale. Dieu vous invite à vous tourner vers ces ancêtres que vous admirez, à imiter leur foi et à constater à quel point ils ont été bénis. Rien dans Ésaïe 51 ne suggère toutefois qu’Abraham (ou Sara) puisse faire quoi que ce soit pour vous aujourd’hui ; c’est Dieu qui nous sauve.

2 Rois 2:12 Élisée appela Élie en s’écriant : « Mon père, mon père ! ». Cela n’indique probablement pas seulement une relation étroite de disciple à maître. Bien que beaucoup (y compris le *Bible Knowledge Commentary : Old Testament*, p. 540) considèrent qu’Élisée voyait en Élie son père spirituel, Jésus, dans Matthieu 23:9, dit que nous ne devons pas considérer les gens de cette manière aujourd’hui.

1 Corinthiens 4:15-17 « Même si vous aviez dix mille guides en Christ, vous n’avez pas pour autant de nombreux pères ; car c’est moi qui, en Jésus-Christ, suis devenu votre père par l’Évangile. » (16) C’est pourquoi je vous exhorte à m’imiter. (17) C’est pour cela que je vous ai envoyé Timothée, mon enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur. » Il s’agit ici du fait que Paul les a conduits à Christ, et non d’un rôle. Paul était un apôtre au sein de l’Église ; il n’existait pas de rôle de « père » dans l’Église. Concernant les rôles au sein de l’Église, voir 1 Corinthiens 12, 28-29 ; Actes 6, 1-4 ; 1 Timothée 3, 1-13 ; Tite 1, 5-9.

Dans Actes 7, 2, lorsque Étienne s’est adressé à eux en les appelant « frères » et « pères », deux interprétations sont possibles. La première est qu’Étienne se contentait de faire preuve de respect envers ses aînés au sein de cette société, sans pour autant approuver leurs croyances. Une deuxième interprétation est qu’Étienne a eu tort de s’adresser à eux de cette manière dans ce contexte.

Dans 1 Jean 2, 12, 13 et 18, Jean s’adresse à ses lecteurs en les appelant « enfants » et « mes chers enfants » (1 Jean 2, 1). Jean était un homme âgé pour s’adresser à eux en les traitant d’enfants. Hébreux 13, 17 indique que les responsables de l’Église disposent d’une autorité et qu’ils devront rendre compte à Dieu de leur ministère. Ainsi, bien que rien dans 1 Jean n’indique que quiconque ait appelé Jean « père », Jean considérait les personnes auxquelles il apportait son ministère comme ses enfants.

1 Jean 2, 13-14 s’adresse aux « pères » en même temps qu’aux jeunes hommes et aux enfants. Bien que ce passage poétique puisse également faire référence aux relations visant à amener les gens au Christ, il ne justifie pas l’existence d’un rôle de « père » au sein de l’Église, à moins qu’il n’existe également un rôle d’« homme jeune » et d’« enfant » au sein de celle-ci.

En conclusion, les catholiques ont tort d’appeler les prêtres « père », mais ne nous attardons pas sur des subtilités de langage. Le véritable enjeu est de faire confiance à des prêtres faillibles plutôt qu’à la Parole infaillible de Dieu, et de se soumettre à l’autorité de papes et de conciles parfois très pervers plutôt qu’à Dieu Lui-même dans Sa Parole.

Mise en garde : enfin, ne croyez pas que le fait d’avoir saisi une vérité de la Bible signifie que vous pouvez cesser de rechercher d’autres vérités dans la Bible. L’ensemble du passage de Matthieu 23, 5-13 montre comment les responsables de l’Église doivent exercer un leadership au service des autres, contrairement aux pharisiens et à d’autres qui se comportaient en seigneurs.

Q : Dans Matthieu 23, 13-39, pourquoi Jésus a-t-il prononcé ces « malheurs » ?

R : Il ne s’agit pas de malédictions, mais d’expressions d’une grande tristesse. Ce sont des avertissements et des réprimandes, en quelque sorte l’opposé des béatitudes de Matthieu 5, 3-11. Essayons de comprendre les sentiments de Jésus ici, qui culminent dans Matthieu 23, 37-39. Jésus avait le cœur brisé à l’idée que des personnes désireuses de suivre Dieu puissent rencontrer ces gens-là, qui, en apparence, semblaient être exactement le genre de personnes qu’elles devaient rechercher. Or, ces personnes ne faisaient que les entraîner dans un enchevêtrement de règles et les éloigner davantage de l’amour de Dieu. Non seulement ces maîtres passaient à côté de l’essentiel, mais ils constituaient les pires personnes vers lesquelles on pouvait se tourner, faisant obstacle au salut d’autrui.

Q : Dans Matthieu 23, 13-39, quel est le schéma de ces « malheurs » et y en a-t-il sept ou huit ?

R : Les manuscrits anciens n’en comptent que sept, car ils ne contiennent pas Matthieu 23, 14. (Il s’agit du Sinaitique, du Vaticanus, du Bezae Cantabrigiensis, de certains manuscrits italiques, de la Vulgate, du syriaque sinaitique, du copte sahidique, de l’arménien et du géorgien). D’autres manuscrits placent Matthieu 23, 14 avant le verset 13 (Évangiles de Freer) ou après le verset 13 (famille f13, certains manuscrits italiques, la Vulgate clémentine, apparemment le copte bohairique). S’il n’y a que sept « malheurs », ils forment un chiasme harmonieux.

23, 13 Premier « malheur » : fermer l’accès au royaume des cieux (en ne reconnaissant pas le Messie

- 23, 15 Deuxième malheur : paraître juste, mais faire plus de mal que de bien

- - 23, 16-22 Troisième malheur – mauvaise utilisation des Écritures

- - - 23:23-24 Quatrième malheur : passer complètement à côté du sens des Écritures

- - 23:25-26 Cinquième malheur – mauvaise utilisation des Écritures

- 23:27-28 Sixième malheur : paraître juste, mais faire plus de mal que de bien

23:29-32 Septième malheur : être les héritiers de ceux qui n’ont pas reconnu les prophètes, mais qui les ont tués.

Q : Dans Mt 23, 13-33 ; 21, 45 ; 16, 4, pourquoi Jésus a-t-il lancé des invectives contre les anciens de son peuple ? (C’est le musulman Ahmad Deedat qui a soulevé cette question.)

R : Avant de répondre à cette question, compliquons-la un peu. Non seulement Jésus a-t-il réprimandé les pharisiens, les experts de la loi et les autres chefs religieux qui le rejetaient, mais il les a également avertis qu’ils iraient en enfer. Jésus ne s’est toutefois pas contenté de paroles. Il a même utilisé un fouet et a renversé à deux reprises les tables des changeurs dans le temple. Il est évident qu’il a publiquement rejeté l’autorité de ceux qui avaient autorisé la présence des tables des changeurs dans l’enceinte du temple.

La réponse comporte trois parties.

1) Jésus disposait d’une autorité supérieure à la leur. Même s’ils avaient obéi à Dieu (ce qui n’était pas le cas), Jésus, en tant que Messie et Fils de Dieu, pouvait leur ordonner de faire ce qu’Il voulait. Dieu a le droit de modifier et de bouleverser nos projets quand et comme Il le souhaite. Pourquoi Dieu réprimandait-Il parfois les chefs religieux ? — Parce qu’Il en a le droit. Jésus a affirmé qu’Il avait Lui aussi le droit de le faire, et Il l’a fait — s’Il était Dieu.

2) Jésus a expressément rejeté l’autorité de ceux qui non seulement allaient en enfer, mais y conduisaient également les autres, comme le montre Matthieu 23:15. À l’inverse, bien que Jésus fût supérieur à Abraham, à Moïse et à l’Ancien Testament, il a expressément soutenu leur autorité et leur a témoigné du respect.

3) Aujourd’hui, il nous est ordonné de ne pas prêter attention à ceux qui détiennent l’autorité et qui rejettent la vérité (Tite 1:14). Nous devons rejeter ceux qui sèment la discorde, comme l’indique Tite 3:9-10. En effet, l’un des problèmes récurrents à travers l’histoire a été que beaucoup se sont montrés trop disposés à suivre une personne impie, simplement parce qu’il s’agissait d’un chef religieux. Mais à l’opposé de cela, la Bible nous dit également d’obéir et de nous soumettre à l’autorité des dirigeants pieux (1 Thessaloniciens 5, 12-23 ; 1 Pierre 5, 2-5 ; Hébreux 13, 17).

Q : Dans Matthieu 23, 14 et Marc 12, 40, comment les scribes dévoraient-ils les maisons des veuves ?

R : Peut-être de la même manière que le font aujourd’hui les faux docteurs. Lorsqu’ils incitent les gens à faire des dons à leur ministère, dans le but égoïste d’en tirer un bénéfice dans cette vie, ils peuvent les pousser à contribuer à un ministère auquel Dieu ne souhaite peut-être pas qu’ils apportent leur soutien.

Q : Dans Matthieu 23, 16-22, quand, aujourd’hui, le cas échéant, devriez-vous dire quelque chose qui donne l’impression que vous concluez un accord contraignant, alors qu’en réalité ce n’est pas le cas ?

R : Lorsque vous laissez intentionnellement entendre qu’il s’agit d’un engagement contraignant alors que votre intention est qu’il n’en soit rien, vous recourez à la tromperie pour induire en erreur la personne qui perçoit ce que vous sous-entendez. Vous devriez renoncer aux « serments évasifs » et être « clair et franc », et que votre « oui » soit « oui » et votre « non » soit « non », comme l’a dit Jésus dans Matthieu 5, 37.

Q : Dans Matthieu 23, 17, pourquoi Jésus a-t-il traité les gens d’insensés, alors qu’il nous a dit de ne pas le faire dans Matthieu 5, 22 ?

R : Deux points sont à prendre en compte dans la réponse, bien que le second soit le plus important.

Le mot utilisé pour « imbécile » dans Matthieu 5:22, raca, est un terme d’argot péjoratif qui signifie littéralement « tête vide ». L’expression française « tête en l’air » est très similaire. Jésus n’a pas ridiculisé les gens de manière péjorative en utilisant ce mot dans Matthieu 23:17, et nous ne devons pas non plus traiter les gens ainsi. Jésus a utilisé un mot pour désigner un « insensé » qui était descriptif mais n’appartenait pas à l’argot : « meroi ». De plus, nous devons considérer les personnes comme ayant une grande valeur, car elles sont créées à l’image de Dieu, et non comme étant sans valeur.

Q : Dans Matthieu 23, 23-28, en quoi ces « malheurs » diffèrent-ils des autres ?

R : Les autres « malheurs » critiquaient ce que les pharisiens enseignaient et disaient. Ces « malheurs » critiquent ce qu’ils sont au fond d’eux-mêmes et l’exemple qu’ils donnent. Leur exemple n’est pas bon, mais il n’est pas non plus mauvais à 100 %. Il est beau en apparence, mais rempli de méchanceté à l’intérieur ; et les gens peuvent voir clair dans leur jeu. Jésus propose un ordre de progression recommandé dans Matthieu 23, 26. Il dit qu’il faut d’abord se soucier de l’intérieur, et alors l’extérieur sera pur lui aussi. Il ne sert pas à grand-chose de nettoyer l’extérieur si la souillure intérieure continue de se répandre à l’extérieur. Un rituel sans réalité est pire que l’absence de rituel et de réalité.

Q : Dans Matthieu 23, 24, comment les gens filtrent-ils le moucheron et avalent-ils le chameau aujourd’hui ?

R : Tout d’abord, les gens agissent généralement ainsi sans le vouloir. En effet, en araméen, il s’agit en quelque sorte d’un jeu de mots, car le mot désignant le moucheron, « qamla’ », est très similaire à celui désignant le chameau, « gamla’ ». L’expression la plus proche en français serait « filtrer un moucheron et avaler une chauve-souris ».

Les gens agissent ainsi soit parce qu’ils n’ont aucune idée de ce qui est important et de ce qui ne l’est pas, soit parce qu’ils choisissent délibérément de se concentrer sur des détails insignifiants, dont l’issue n’a guère d’importance, plutôt que sur des choses importantes auxquelles ils préfèrent ne pas prêter attention. Certaines personnes souhaitent simplement ignorer les problèmes dans lesquels elles ne réussissent pas et se concentrer sur ce qu’elles font bien. D’autres fois, elles veulent chipoter sur les moindres défauts des autres, tout en ignorant ce que ceux-ci font de bien.

Une question simple à vous poser est la suivante : s’il y a deux problèmes, sur quels critères vous appuieriez-vous pour dire que l’un est plus important que l’autre, en dehors de votre sentiment émotionnel du moment ?

Q : Dans Matthieu 23, 25, quel est le sens de la coupe propre ?

R : Dans la continuité du verset précédent concernant le fait de filtrer le moucheron, les pharisiens étaient en désaccord précisément sur cette question. Les adeptes de l’école de Hillel (qui a pris le dessus après l’an 70 de notre ère) estimaient qu’une coupe était propre si l’on ne nettoyait que l’intérieur. Ceux de l’école de Shammaï (qui prédominait avant l’an 70 de notre ère) considéraient quant à eux que la coupe n’était propre que si l’on nettoyait à la fois l’intérieur et l’extérieur. Jésus a déclaré qu’en pratique, ils nettoyaient l’extérieur mais pas l’intérieur.

Voir Jacob Neusner, « First Cleanse the Inside », dans NTS 22 [1976], p. 486-496, Mishna Kelim 2:1 ; 25:1, 7-9, et Berakoth 8:2.

Q : Dans Mt 23, 27-29, quel est le message de Jésus concernant les tombeaux blanchis à la chaux ?

R : Le badigeon est une peinture blanche qui fait belle allure, mais qui commencera à s’écailler dès la prochaine averse. Au cours du mois d’Adar, en mars, lorsque la saison sèche commençait, les Juifs appliquaient du badigeon sur les tombeaux pour les embellir. Ce qui convient à un tombeau rempli de mort ne convient pas à un croyant qui est censé être plein de vie.

À l’époque de Jésus, Hérode accordait une grande importance à la construction et à la rénovation des tombeaux, bien qu’il en ait également fait piller certains ; l’auditoire de Jésus pouvait donc considérer que ces paroles faisaient également référence à Hérode.

Q : Dans Mt 23, 35 et Lc 11, 51, qui était, en bref, Zacharie (ou Zacharias) ?

R : Il ne s’agissait pas du prophète Zacharie. Il s’agissait plutôt du prêtre Zacharie, que Joas fit tuer dans 2 Chroniques 24, 20-21. Le livre des 2 Chroniques était le dernier livre de l’Ancien Testament dans l’ordre des Bibles hébraïques ; ainsi, lorsque Jésus évoqua les martyrs, d’Abel à Zacharie, il mentionnait le premier martyr jusqu’au dernier de l’Ancien Testament.

Q : Dans Matthieu 23, 35, le Zacharie qui est mort était-il le fils de Bérékia, ou le fils de Jehoïada qui a été tué entre le temple et l’autel dans 2 Chroniques 24, 20-21 ?

R : Voici tout d’abord quatre points de vue défendus par les chrétiens, puis les faits qui étayent chacun d’entre eux.

1. Zacharie, fils de Jehoiada

Ce point de vue est cohérent avec l’ensemble du texte, en partant du principe que l’expression « fils de Bérékia » est un ajout des scribes

2. Zacharie, fils de Bérékia

Ce point de vue est cohérent avec l’ensemble des éléments, à condition de considérer que le Christ nous apporte de nouvelles informations sur la manière dont le prophète Zacharie est mort.

3. Jehoiada avait deux noms : Bérékia pourrait être un surnom signifiant « béni par Dieu ». Ce point de vue remonte à Jérôme (373-420 apr. J.-C.).

4. Ancêtre : il se peut que le Zacharie, fils de Jehoiada, ait été le grand-père ou l’ancêtre de Zacharie, et qu’ils aient été une seule et même personne.

Faits étayant les différentes interprétations :

Zacharie, fils de Bérékia, exerça son ministère de 520 à 480 av. J.-C. Il fut l’un des derniers auteurs de l’Ancien Testament d’un point de vue chronologique, et l’Ancien Testament ne mentionne pas comment il est mort.

Zacharie, fils du prêtre Jehoïada, fut tué vers 800 av. J.-C., avant l’exil. Son père, Jehoïada, vécut 130 ans et fut enterré avec les rois à Jérusalem, selon 2 Chroniques 24, 15-16. Compte tenu de ces dates, il est impossible que ces deux Zacharies soient une seule et même personne.

La Septante désigne le fils de Jehoiada sous le nom d’« Azarias, fils de Jodae, le prêtre », et l’auteur du livre sous celui de « Zacharie, fils de Barachias, fils d’Addo, le prophète ». Ainsi, la Septante ne fait ici aucune distinction, si ce n’est au niveau de la prononciation des noms.

Le Targum des Lamentations 2, 20 et [apparemment] Jean Chrysostome indiquent que le prophète Zacharie, fils de Bérékia, fut tué entre le temple et l’autel. (Je n’ai toutefois pas pu confirmer de manière indépendante ce qu’a dit Jean Chrysostome à ce sujet.)

La tombe de Zacharie était un lieu emblématique de Jérusalem à l’époque du Christ.

Zacharie était un prénom courant. On dénombre en effet 32 personnages différents dans la Bible portant le nom de Zacharie.

En dehors de la Bible, un Zacharie, fils de Baruch/Baris/Bariscaeus, a été tué par deux zélotes selon Josèphe dans *La Guerre des Juifs*, 4, 334-344. Il a été tué dans l’enceinte du temple, mais probablement pas entre le temple et l’autel ; il s’agit donc d’une fausse piste, d’autant plus que *La Guerre des Juifs* est postérieure à l’époque du Christ.

Le deuxième livre des Chroniques était le dernier ouvrage dans l’ordre de l’Ancien Testament juif. Bien que le fils de Jehoiada n’ait pas été le dernier martyr d’un point de vue chronologique, mentionner Abel jusqu’à Zacharie, fils de Jehoiada, revenait en quelque sorte à ce qu’un chrétien dise « de la Genèse à l’Apocalypse ».

Luc 11, 51 ne contient pas l’expression « fils de Bérékia ».

Irénée (182-188 apr. J.-C.), dans son ouvrage Contre les hérésies, livre 5, chapitre 14.1, p. 541, cite Matthieu 23, 35 en disant : « Zacharie, fils de Barachias ». Ainsi, s’il s’agissait d’un ajout d’un scribe, celui-ci figurait déjà dans le texte avant la rédaction d’Irénée. Le Diatessaron de Tatien (vers 172 apr. J.-C.) mentionne également Zacharie, fils de Bérékia (section 41). Il existe apparemment un manuscrit grec antérieur au Sinaitique et au Vatican qui contient Matthieu 23, 35. Il s’agit du p77 (milieu à fin du IIe siècle) et il mentionne lui aussi « fils de Barachias ». Ainsi, si « fils de Barachias » était un ajout, il aurait dû l’être très tôt, avant environ 170 apr. J.-C.

Origène (225-254 apr. J.-C.) fait également référence à ce verset et mentionne Zacharie, fils de Barachia, dans son ouvrage « Origène à Africanus », chapitre 9, p. 389.

Q : Dans Mt 23, 35, est-il juste que les pharisiens soient punis pour les péchés de leurs pères, puisque Ézéchiel 18 et Dt 24, 16 affirment que les gens ne seront pas tenus pour coupables des péchés de leurs pères ?

R : Les gens ne sont pas tenus pour coupables de ce qu’ont fait leurs pères. Cependant, s’ils a) ne désapprouvent pas les péchés de leurs pères, et b) commettent eux-mêmes les mêmes péchés, alors ils seront punis en raison de leur propre culpabilité pour avoir commis les mêmes péchés que leurs pères.

Q : Dans Matthieu 23, 37-40, puisque Jésus voulait rassembler Jérusalem, pourquoi cela ne s’est-il pas produit, alors que Dieu est Tout-Puissant, Omniscient et [soi-disant] Tout-Amour ?

R : Dans les dernières paroles publiques de Jésus rapportées à l’intention du peuple juif, on perçoit à la fois une profonde tristesse et un jugement. Dieu n’est pas tout-amour. Le fait que Dieu soit aimant ne signifie pas qu’Il n’est rien d’autre qu’amour, ni qu’Il est tout-amour, pas plus que le fait qu’Il soit courroucé ne signifie qu’Il n’est rien d’autre que colère, ni qu’Il est tout-colère. Il en va de même pour les attributs de douceur ou de jalousie. Dieu est l’être le plus aimant de l’univers, mais son amour n’exclut pas ses autres attributs.

Dieu a choisi de nous créer dotés d’une volonté, et lorsqu’ils ont rejeté le Christ, avec les conséquences éternelles que cela impliquait, Dieu a choisi de ne pas les contraindre à accepter le Christ, mais de respecter leur décision, même si c’était au prix des larmes de Jésus.

Q : Matthieu 24:3-44 montre-t-il que Jésus est revenu de manière invisible en 1914, comme l’enseignent les Témoins de Jéhovah ?

R : Non. Le mot grec utilisé ici, « parousia », peut signifier « venue » ou « présence », et la « Traduction du monde nouveau » des Témoins de Jéhovah l’interprète comme « présence ». Si le Christ était revenu en 1914, personne ne l’aurait vu, cela n’aurait eu aucune conséquence, et cela contredirait à la fois Apocalypse 1:7, où il est dit que « tout œil le verra », et Actes 1:11. Avant que Jésus ne revienne réellement, il y aura de nombreuses fausses annonces concernant son retour, selon Matthieu 24:5. Bien que les Témoins de Jéhovah n’aient pas réellement affirmé « être le Christ », les déclarations de personnes se présentant comme le Christ, telles que le révérend Moon, Guru Maharaj Ji, Jim Jones, etc., se sont toutes produites après cette période.

Q : Dans Matthieu 24, 19-20, pourquoi cela sera-t-il particulièrement terrible pour les femmes enceintes et les mères allaitantes ?

R : Une explication pourrait se trouver dans le film chrétien *A Distant Thunder*. Ceux qui n’auront pas reçu la marque de la bête connaîtront des moments difficiles.

À la fin des temps, il y aura des non-croyants qui, avant de recevoir la marque de la bête, auront un choix à faire.

Q : Dans Matthieu 24, 20, en quoi le fait que cette fuite ait lieu un jour de sabbat change-t-il la donne ?

R : Notez bien quand cela se produira. À la fin des temps, de nombreux Juifs se tourneront vers le Christ, comme le disent Zacharie 12, 10-12 et Romains 11. Les Juifs continueront d’obéir aux lois de l’Ancien Testament et d’observer le sabbat.

Q : Dans Matthieu 24:20, sommes-nous donc censés observer le sabbat (du coucher du soleil le vendredi au coucher du soleil le samedi) aujourd’hui ?

R : Les chrétiens ont deux réponses.

1. Un petit nombre de chrétiens authentiques, tels que les baptistes du septième jour par exemple, répondent par l’affirmative.

2. Une deuxième réponse est « non », car ce verset fait référence aux Juifs qui cherchent Dieu. L’Enlèvement pourrait déjà avoir eu lieu à ce moment-là.

Q : Dans Matthieu 24:22, comment Dieu peut-Il « abréger » les jours à venir ?

R : Cela ne signifie pas que les jours dureront moins de 24 heures, mais plutôt que cette période de persécution sévère sera plus courte, ou comportera moins de jours.

Q : Dans Matthieu 24, 23-27, pourquoi Dieu permettrait-Il que des personnes qui cherchent le Christ soient trompées par un faux Christ ?

R : Il arrive parfois que des personnes prétendent chercher une réponse, mais qu’elles n’acceptent en réalité qu’une seule des réponses prédéterminées qu’elles avaient déjà choisies.

Il serait difficile de répondre à cette question si Dieu n’avait jamais fourni aucun moyen de distinguer le vrai Christ des faux Christs. Dieu a fourni au moins sept moyens de discerner si un groupe religieux est une contrefaçon spirituelle ou non.

1. Acceptent-ils et enseignent-ils ce que Dieu dit dans la Bible, ou vont-ils à son encontre ? Or, si un groupe ne se montre pas correct sur chaque point mineur, cela ne signifie pas pour autant qu’il s’agisse d’une contrefaçon spirituelle, comme le prouvent Romains 14 et 1 Corinthiens 8, 9-11. Mais s’il se trompe sur ce que Paul a appelé « les choses principales » (1 Corinthiens 15, 1-5), s’il nie que Jésus le Messie soit venu dans la chair (1 Jean 4, 1-3), ou s’il prêche un autre Jésus (2 Corinthiens 11, 1-15), ou s’il prône un Évangile différent (Galates 1, 6-10), alors tenez-vous, vous et votre famille, à l’écart de ce groupe.

2. Dans le même ordre d’idées, ne nient-ils pas tant la Bible qu’ils refusent d’affirmer les choses importantes qu’elle enseigne ? 2 Timothée 3, 5-7 dit que nous ne devons rien avoir à faire avec ceux qui ont l’apparence de la piété, mais qui en renient la puissance.

3. Leur expérience religieuse est-elle inexistante ou étrange ? Passent-ils du temps à prier et à lire la Parole de Dieu ? Ont-ils des pratiques religieuses étranges qui ne se trouvent pas dans la Bible ?

4. Mènent-ils leur vie conformément à ce qu’enseigne la Bible ? Si quelqu’un prétend être chrétien, mais mène une vie contraire à Dieu dans certains domaines essentiels, 1 Corinthiens 5, 9-13 et 2 Thessaloniciens 3, 10, 14 indiquent que nous ne devons pas fréquenter ces personnes.

5. Le fait de s’associer à eux sur le plan religieux constituerait-il un cas manifeste d’« adoration avec les démons » ou de s’atteler à des non-croyants ? 1 Corinthiens 10, 20 et 2 Corinthiens 6, 14-17 nous mettent en garde contre cela et nous enjoignent de nous en détourner.

6. Si quelqu’un prétend être le Christ revenu, est-il réellement descendu du ciel dans les nuées, a-t-il enlevé les chrétiens et accompli les prophéties des Évangiles et de l’Apocalypse ?

7. Les croyants peuvent également prier le vrai Dieu, et Il nous aidera à discerner ce qui est juste. Un de mes amis chrétiens m’a raconté que, juste après s’être converti, des missionnaires mormons étaient venus lui parler. Il a reconnu que, compte tenu de sa connaissance limitée de la Bible à l’époque, il n’avait aucune idée de savoir si les mormons avaient raison ou tort. Il a donc prié Dieu de l’aider, puis il a ouvert la Bible pour la lire. Dès la toute première page qu’il a tournée, il a lu Matthieu 7:15 ! On y lit : « Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais qui, au fond, sont des loups voraces. »

Q : Dans Matthieu 24, 23-27, si quelqu’un suivait un faux Christ ou une autre contrefaçon spirituelle, et que, par ignorance innocente, il ne savait pas comment discerner s’il s’agissait d’un faux, pourquoi Dieu permettrait-Il cela ?

R : Il y a deux réponses complémentaires.

Dieu est à l’œuvre : il peut orchestrer les événements de manière à ce qu’un chrétien entre en contact avec cette personne pour lui montrer la vérité. Il appartient alors à cette personne de décider si elle aime davantage son organisation ou si elle aime davantage la vérité. Tout dieu qui n’est pas le Dieu de la vérité ne mérite pas d’être servi. J’ai entendu parler de missionnaires en Afrique et en Asie qui ont été abordés par des personnes affirmant que Dieu leur avait parlé et leur avait dit que le missionnaire venait de Dieu. Nous n’avons pas à craindre que Dieu s’en désintéresse ou qu’Il ne soit pas à l’œuvre. Nous devons toutefois encourager les chrétiens à faire preuve de sollicitude et à être actifs.

Dieu est juste : il juge les hommes en fonction de ce qu’ils savent (Romains 4, 15 ; 5, 13), et le péché n’est pas imputé là où il n’y a pas de loi. Quiconque, aujourd’hui, n’a véritablement eu aucune occasion d’entendre l’Évangile pourrait se trouver dans une situation similaire à celle d’un païen d’avant le Christ qui n’avait jamais entendu l’Évangile, ou à celle d’un nourrisson décédé.

Q : Matthieu 24, 23-24 enseigne-t-il que chacun de nous possède en soi un « Christ cosmique », comme l’affirment certains adeptes du New Age ?

R : Pas du tout. Ce verset enseigne qu’il y aura beaucoup de personnes qui prétendront faussement être le Christ. Jésus est le Christ, et bien que nous devions nous efforcer de vivre davantage à l’image du Christ, rien dans ce verset, ni ailleurs dans la Bible, ne dit que nous devons essayer de nous approprier la gloire et l’honneur qui appartiennent au Christ et les revendiquer pour nous-mêmes. Les chrétiens demeureront avec Dieu pour toujours dans la gloire, mais nous ne deviendrons pas Dieu, ni même de petits dieux.

Q : Dans Matthieu 24:24, comment les élus (les personnes destinées au Ciel) pourraient-ils être trompés ?

R : Très facilement. Le terme « élus » désigne à la fois ceux qui sont sauvés et ceux qui ne le sont pas encore, mais qui le seront. Un certain nombre de chrétiens sont d’anciens mormons, d’anciens Témoins de Jéhovah et d’anciens membres d’autres sectes spirituelles trompeuses.

Q : Dans Matthieu 24, 27, l’éclair qui jaillit d’est en ouest a-t-il un rapport avec le Messie bahá’í, appelé Bahá’u’lláh, et l’apparition du télégraphe la même année (1863) ?

R : Non. Bien que des bahá’ís m’aient affirmé que le télégraphe accomplissait cette prophétie de Matthieu, cela est erroné pour au moins cinq raisons.

1. Le télégraphe ne constituerait même pas un accomplissement aussi proche que le tonnerre, l’électricité, une explosion nucléaire ou tout autre phénomène visible. Notez que Matthieu 24, 27 dit : « Car, de même que l’éclair part de l’est et brille jusqu’à l’ouest… »

2. Le véritable Christ reviendra de manière visible sur les nuages (Actes 1, 11 ; Apocalypse 1, 7), et Bahá’u’lláh ne s’est pas tenu ni n’est venu sur aucun nuage, à moins que vous ne comptiez une pensée embrumée. ;-)

3. De plus, Bahá’u’lláh n’est pas le Christ revenu, car son enseignement qualifie celui du Christ de mensonge. Le véritable Christ a déclaré qu’il n’y avait pas d’autre chemin vers le Père que par Lui.

4. De plus, les prophéties concernant le retour du Christ, notamment l’Enlèvement des chrétiens, la mort d’un quart de la population mondiale par l’épée, la famine et la peste, ainsi que les autres événements décrits dans l’Apocalypse, ne se sont pas encore accomplies.

5. Matthieu 24 dit également qu’avant que le véritable Christ ne revienne, il y aura d’abord de nombreux faux Christs.

Q : Dans Matthieu 24, 28 et Luc 17, 37, que signifie l’expression « là où il y a un cadavre, les vautours s’y rassembleront » ?

R : Pour être imagé, tout comme les vautours peuvent trouver des carcasses, où qu’elles se trouvent, la vengeance de Dieu atteindra ceux qui rejettent Dieu et qui sont spirituellement morts. Il est intéressant de noter que Jésus utilise ici l’analogie des oiseaux ; les oiseaux sont également mentionnés dans Apocalypse 19, 17-21.

Q : Dans Matthieu 24, 29, comment le soleil peut-il s’assombrir et les étoiles tomber du ciel ?

R : Bien que Dieu ait le pouvoir de modifier la lumière émise par le soleil et de faire bouger ou de détruire les étoiles, cela pourrait plutôt signifier que le soleil s’assombrit et que les étoiles deviennent invisibles pour les observateurs sur Terre. De nombreux phénomènes peuvent provoquer cela, tels que la pollution, les éruptions volcaniques, les puits de pétrole en feu et les explosions nucléaires.

Q : Dans Matthieu 24, 30, les nuages sont-ils des éléments contraires aux voies et aux désirs des hommes, comme l’enseignent les bahá’ís dans *Bahá’u’lláh et la nouvelle ère*, p. 280-281 ?

R : Non. Non seulement tout le monde verra Jésus lorsqu’il reviendra sur les nuages, et les peuples de la Terre se lamenteront à cause de lui (Apocalypse 1, 7), mais ce même Jésus reviendra sur les nuages exactement de la même manière qu’il est parti, selon Actes 1, 9-11.

Q : Dans Matthieu 24:31, quel est votre point de vue personnel sur l’Enlèvement ? (Un chrétien m’a posé cette question.)

R : Je suis pour. ;-) Plus sérieusement, permettez-moi de vous présenter les positions courantes des chrétiens concernant le moment de l’Enlèvement, puis, à la fin, ma propre position.

« Pré-colère » : l’Enlèvement a lieu pendant la tribulation, mais juste avant que la colère de Dieu ne se déverse. Le principal argument en faveur de ce point de vue est une déduction : les croyants obéissants doivent souvent subir la colère des hommes, mais ils n’ont jamais à subir la colère de Dieu. Marvin Rosenthal a écrit un livre défendant ce point de vue. Il était auparavant partisan de la théorie « pré-tribulation ».

Pré-tribulation : L’Enlèvement a lieu juste avant le début de la tribulation. Outre les arguments en faveur de la thèse précédente, l’Église n’est plus mentionnée dans le livre de l’Apocalypse après les lettres aux sept Églises. Les partisans de la thèse pré-tribulationnelle estiment que l’Enlèvement a lieu en Apocalypse 4:1, lorsque Dieu dit à Jean : « Monte ici ». Le « Bible Knowledge Commentary : New Testament » (p. 79), bien que pré-tribulationniste, ne considère pas que Matthieu 24 fasse référence à l’Enlèvement. Le « Tony Evans Bible Commentary » (p. 910), également dispensationaliste, affirme que ce passage fait référence à la période de la Tribulation qui suit l’Enlèvement, et ne concerne donc pas l’Église enlevée.

Puisqu’aucun homme ne connaîtra l’heure mentionnée dans Matthieu 24, et que si les gens savaient quand la Tribulation commencerait, les croyants pourraient alors déterminer quand l’Enlèvement aurait lieu, si la doctrine post-tribulationniste était vraie.

Une phrase favorite des partisans de la théorie pré-tribulationnelle est : « Le prochain événement du calendrier prophétique est l’Enlèvement de l’Église. » Leur principal argument est que 1 Thessaloniciens 5, 2 dit que le Seigneur viendra comme un « voleur dans la nuit ». Cependant, contrairement à ce point de vue, 2 Thessaloniciens 2, 1-3 indique que le « rassemblement » n’aura pas lieu avant que la rébellion ne se produise et que l’homme de l’iniquité ne soit révélé. Ainsi, les deux événements suivants du calendrier prophétique sont la rébellion et la révélation de l’homme de l’iniquité, et NON l’Enlèvement. (Bien sûr, les partisans de la théorie pré-tribulation peuvent rétorquer que l’Enlèvement pourrait avoir lieu immédiatement après que ces événements se soient produits, et que la tribulation ne commencera qu’à ce moment-là.)

Les partisans de la théorie « au milieu de la tribulation » estiment que l’Enlèvement se produit peut-être un peu avant le « pré-courroux », en s’appuyant sur des arguments similaires.

Les partisans de la théorie « post-tribulation » estiment que l’Enlèvement se produit à la fin de la tribulation. Leur principal argument est tiré de 1 Corinthiens 15:52, où il est indiqué que nous serons transformés « à la dernière trompette ». Cependant, d’autres interprétations affirment qu’il s’agit de la dernière trompette que les croyants entendront, et non de la dernière trompette qui sera sonnée.

Aucune tribulation : de nombreux prétéristes estiment qu’il n’y aura pas de tribulation du tout. Ils doivent interpréter Matthieu 24:31 et la majeure partie de l’Apocalypse de manière très symbolique. Mais méfiez-vous fortement de tout type d’interprétation qui rendrait des passages de la Bible dénués de sens, ou qui affirmerait qu’une personne lambda lisant un passage biblique serait généralement induite en erreur par ce qu’elle lit.

Pan-trib : Dieu peut faire en sorte que l’Enlèvement se produise quand Il le souhaite, et Il ne précise pas clairement dans les Écritures quand cela aura lieu. Une personne peut se dire « pan-trib » si, au final, tout s’arrange.

Je penche pour la théorie de l’Enlèvement « avant la colère », mais je reste « pan-trib ». Pour découvrir d’autres points de vue, vous pouvez lire « L’Enlèvement : avant, au milieu ou après la Tribulation » et « L’Enlèvement de l’Église avant la colère ».

Q : Dans Matthieu 24:31, 1 Thessaloniciens 4:16 et 1 Corinthiens 15:52, quel son de trompette correspond à la dernière trompette ?

R : 1 Thessaloniciens 4, 16 parle d’une trompette retentissante, mais 1 Corinthiens 15, 52 assimile celle-ci à la « dernière trompette » de Dieu. Sept trompettes retentissent dans Apocalypse 8, 6-9, 21 ; 11, 15, mais comme l’indique l’ouvrage *1001 questions bibliques répondues*, p. 270-271, il n’est pas nécessaire que la « dernière trompette » fasse partie de ces sept trompettes ; il pourrait s’agir d’une autre.

Q : Dans Matthieu 24:32, que représente le figuier ?

R : Il pourrait s’agir d’une analogie avec le jugement, le figuier qui ne porte pas de fruits représentant Israël, qui se flétrirait.

Bien sûr, on ne peut pas examiner chaque détail d’une parabole et lui attribuer une signification distincte. Le sens de la parabole du figuier est de veiller et d’être attentif à l’avenir, et Jésus « utilise la propension du figuier à fleurir et à porter du fruit comme un signe positif pour envisager l’avenir ».

Q : Dans Mt 24,34 et Mc 13,30, puisque « cette génération » ne passera pas avant que Jésus ne revienne, comment cela est-il possible ? (C’est l’humaniste libéral Albert Schweitzer qui a soulevé cette objection.)

R : Les chrétiens apportent trois réponses différentes.

a) Le mot grec désignant la génération, « genea », peut en soi impliquer la notion de race. Selon le Lexique grec du Nouveau Testament de Thayer (p. 112), « genea » signifiait :

a1) des hommes de la même lignée, ou une famille : Josèphe, Antiquités judaïques 4.8.7 (écrit vers 93-94 apr. J.-C.), Septante, Genèse 31, 3, etc.

a2) les descendants successifs : Philon

a3) une époque : Hérodote 2,132, Héraclite chez Plutarque, Actes 14,16. Dans 1 Qp (Pesher), Habacuc 2,7 ; 7,3, l’expression « dernière génération » peut désigner plusieurs générations.

b) Il n’y a qu’une seule lettre de différence entre ce mot et un mot grec similaire qui ne peut signifier que « race », à savoir « gonea » ; il pourrait donc s’agir d’une erreur typographique. Cependant, tous les manuscrits du Nouveau Testament dont nous disposons actuellement mentionnent « genea ».

c) L’expression grecque désignant toutes ces choses, « panta tauta », signifie que cette génération était celle qui a vu les signes précédents. (Difficultés dans la Bible, p. 173-174 ; Voilà une bonne question, p. 495-496)

Q : Matthieu 24:34 et Marc 13:30 signifient-ils que toutes ces choses se produiront au cours d’une génération à compter de 1914, comme l’enseignait la revue « La Tour de Garde » des Témoins de Jéhovah, vol. 15, février 1986, p. 5 ?

R : Non. Les Témoins de Jéhovah ont enseigné que Jésus-Christ était revenu de manière invisible en 1914, et que les événements décrits dans Matthieu 24 se produiraient dans l’espace d’une génération à compter de cette date. Cependant, si l’hypothèse de base, selon laquelle Jésus est revenu en 1914, est erronée, alors leur argumentation est erronée. Il s’agit là d’un exemple de ce qu’on appelle l’« eiségèse », c’est-à-dire le fait de lire dans les Écritures le sens que l’on souhaite leur donner, par opposition à l’« exégèse », qui consiste à tirer des Écritures ce qu’elles disent réellement.

Q : Dans Matthieu 24:36 et Marc 13:32, puisque Dieu est omniscient, pourquoi Jésus n’avait-il aucune connaissance de l’au-delà, comme l’affirme Ahmad Deedat ?

R : Deedat n’est pas honnête sur ce point. Ce verset indique que, tant que Jésus était sur terre, il ne connaissait pas le jour de son retour. Il est mensonger d’affirmer que ce verset dit que Jésus n’avait aucune connaissance de l’au-delà. Deedat croyait-il vraiment que le Jésus des Évangiles n’avait aucune connaissance du ciel, de l’enfer et absolument « aucune connaissance de l’au-delà » ? Je doute que Deedat lui-même ait réellement cru à ses propres paroles sur ce point.

Q : Dans Matthieu 24, 36 et Marc 13, 32, puisque Dieu est omniscient et que Jésus est Dieu, comment se fait-il que Jésus ne connaisse pas le jour de son retour ?

R : Jésus s’est dépouillé d’une grande partie des attributs de Dieu pendant son séjour sur terre, comme le montrent Philippiens 2, 6-8 et Jean 17, 5. Ainsi, même si cette phrase ne figurait pas dans Matthieu, il serait raisonnable que Jésus ne sache pas tout pendant son séjour sur terre. Néanmoins, au ciel, en tant que membre de la Trinité, Jésus est omniscient.

Athanase (331 apr. J.-C.) affirme que Jésus, en tant que Dieu, savait toutes choses, mais que, dans son humanité, il était dans l’ignorance et ne savait pas selon la chair. Alors que Jésus grandissait en connaissance selon la chair, il ne le savait pas encore dans son humanité. Quatre discours contre les Ariens, Discours 3, chap. 28, 42-58, p. 416-425.

Athanase écrit également : « Et Il [Jésus] savait où gisait Lazare, et pourtant Il a demandé ; car le Verbe de Dieu, le Tout-Saint, qui a tout enduré pour nous, a agi ainsi afin que, portant notre ignorance, Il puisse nous accorder la connaissance de Son Père unique et véritable, et de Lui-même… » Quatre discours contre les Ariens, discours 3, chap. 27.38, p. 414.

Voici ce qu’écrivait l’évêque chrétien Hilaire de Poitiers (355-367/368 apr. J.-C.) : « Les actes de Dieu dépassent donc l’entendement de notre nature humaine et ne s’accordent pas avec notre processus rationnel de pensée, car l’action d’une éternité sans limites exige une compréhension infinie pour en saisir la mesure. Ainsi, ce n’est pas une conclusion de la raison, mais une limitation de puissance lorsque Dieu s’est fait homme, lorsque l’Immortel meurt, lorsque l’Éternel est enseveli. D’autre part, cela ne dépend pas de notre manière de penser, mais de la toute-puissance : c’est par elle qu’Il apparaît comme Dieu à partir d’un homme, comme immortel à partir de celui qui est mort, et comme éternel à partir de celui qui est enseveli. C’est ainsi que nous sommes rendus à la vie par Dieu en Christ, par sa mort. » Sur la Trinité, livre 1, chapitre 13, p. 44

Q : Dans Matthieu 24, 36, très brièvement, le Saint-Esprit savait-Il quand Jésus reviendrait ?

R : Si les chrétiens s’accordent à dire que Jésus, lorsqu’Il était sur terre à cette époque, ne disposait pas de cette information, ils ont toutefois deux points de vue concernant la connaissance qu’en avait le Saint-Esprit. Je pense que le deuxième point de vue est le bon.

1) Le Saint-Esprit ne savait pas / ne sait pas

Dieu, dans la Trinité, sait tout, et le Saint-Esprit lui-même sait tout, à l’exception de ce seul fait. La date prédestinée du retour n’est connue que du Père à l’heure actuelle.

2) Le Saint-Esprit n’est pas en cause ici.

Des mots tels que « tous » (dans Romains 3, etc.) et « personne » dans la Bible font référence aux êtres humains, sauf lorsque le contexte indique le contraire. Ainsi, si les anges n’étaient pas mentionnés, on ne saurait pas s’ils en avaient connaissance ou non. Jésus n’avait pas encore enseigné au sujet du Saint-Esprit, et c’est pourquoi le Saint-Esprit n’est pas mentionné ici. Ce verset ne mentionne donc pas le Saint-Esprit comme ne sachant pas ou sachant. Pour une situation similaire, consultez Matthieu 11:27. Il y est dit que personne ne connaît le Fils, sauf le Père, et que personne ne connaît le Père, sauf le Fils. Le Saint-Esprit connaît le Père et le Fils, mais le Saint-Esprit n’est pas en cause ici.

Q : Dans Matthieu 24:36, le Saint-Esprit connaissait-il à ce moment-là le moment du retour de Jésus ou non ? (Cette question a été posée par un chrétien.)

R : Commençons par bien comprendre la question. Il existe une variante manuscrite concernant cette phrase, mais tout porte à croire que la lecture standard, qui comporte « ni le Fils », est la bonne. Jésus, qui s’est dépouillé de lui-même (Philippiens 2, 7) et a renoncé à sa gloire (Jean 17, 5), ne le savait pas lorsqu’il était sur terre. Ce verset ne traite pas de la question de savoir si Jésus et le Saint-Esprit le savent aujourd’hui. Mais la question est précisément de savoir si le Saint-Esprit le savait au moment où Jésus a prononcé cette déclaration.

Examinons les trois possibilités.

Oui, le Saint-Esprit le savait :

Y1 : Par conséquent, « personne… ni même le Fils » fait référence à toutes les créatures et à Jésus, mais pas au Saint-Esprit, dont Jésus n’avait pas encore parlé, et qu’ils ne concevaient pas comme distinct du Père.

Y2 : Le Saint-Esprit sonde toutes choses, même les profondeurs de Dieu, comme le dit 1 Corinthiens 2, 10.

Y3 : Le fait que Dieu sache tout signifie que chaque membre de la Trinité, au Ciel, sait tout.

Non, le Saint-Esprit ne savait pas :

N1 : « Personne, sauf le Père » inclut également le Saint-Esprit.

N2 : Par conséquent, le fait que Dieu sache tout signifie seulement qu’au moins un membre de la Trinité sait tout. Ce point de vue devrait reconnaître qu’il est possible que le Père sache quelque chose et que les autres ne le sachent qu’ultérieurement.

N3 : Le Saint-Esprit sonde toutes choses, mais il sonde plutôt qu’il ne sait tout d’un seul coup. Il n’avait pas achevé de sonder ce fait à ce moment-là.

Ce que cela ne dit pas :

D1 : Jésus parlait des créatures, du Père et de lui-même ; le Saint-Esprit n’était pas en cause ici.

D2 : Il pourrait de toute façon s’agir simplement d’une variation erronée du manuscrit.

D3 : Par conséquent, la réponse pourrait être « oui » ou « non ».

Conclusion : Personne sur terre ne savait quand Jésus reviendrait. Il ne faut pas fonder une doctrine concernant le Saint-Esprit sur une simple absence dans un verset. C’est l’une de ces choses que nous pourrons découvrir lorsque nous serons au ciel.

Q : Dans Matthieu 24:42, pourquoi Jésus a-t-il dit « le jour où votre Seigneur viendra » au lieu de « le jour où je viendrai » ?

R : Nous ne connaissons pas les paroles exactes de Jésus, car les évangélistes ont paraphrasé ce qu’il a dit. Marc 13, 34-36 rapporte ces paroles dans le contexte d’une brève parabole ; il est donc tout à fait naturel qu’elles soient formulées à la troisième personne. Dans Luc 21, 36, Jésus a utilisé l’expression « fils de l’homme », qu’il employait souvent pour se désigner lui-même, là encore à la troisième personne.

Le mot utilisé ici pour « veillez » peut également être traduit par « soyez vigilants » ; il s’agit du même mot que celui employé dans 1 Thessaloniciens 5, 6.

Q : Dans Matthieu 24, 42, puisque nous ne savons pas quand Jésus reviendra, pourquoi recherchons-nous les signes de son avènement ?

R : Pour deux raisons.

1. Malheureusement, beaucoup de gens pensent à tort pouvoir déterminer avec précision quand Jésus reviendra.

2. La Bible indique que nous pouvons observer des signes pour connaître la « période » du retour de Jésus. Remarquer que les choses ne concordent pas est un moyen de reconnaître les faux christs. Beaucoup considèrent qu’à partir de ce passage, Matthieu 24 fait référence à l’Enlèvement, qu’ils estiment précéder la Tribulation. Voir également l’analyse sur Apocalypse 22:6, 7, 10, 12, 20.

Q : Dans Matthieu 24:45-47, le serviteur fidèle et avisé fait-il référence à l’Organisation des Témoins de Jéhovah « La Tour de Garde », comme l’affirme leur ouvrage *Raisonner à partir des Écritures*, p. 205 (1989) ?

R : Non. Le serviteur fidèle et avisé désigne tous les véritables chrétiens qui suivent le Christ avec obéissance et attendent son retour. Il ne s’agit certainement pas d’une organisation qui a fait de nombreuses fausses prophéties.

Q : Dans Matthieu 24:51, un Dieu d’amour « met-il vraiment les gens en pièces » ?

R : Dieu est encore plus sévère que ne le laisse entendre cette métaphore ; Il précipite les gens en enfer. Pour plus d’informations, consultez la page « La juste colère de Dieu » www.BibleQuery.org/Doctrine/WrathOfGod/TheJustWrathOfGod.html.

Q : Dans Matthieu 25:1, étant donné que les chrétiens sont censés partager, les cinq vierges sages ont-elles eu raison de ne pas partager avec les cinq vierges folles ?

R : Les chrétiens sont censés partager, mais pas dans les situations suivantes :

1. Les choses que nous ne sommes pas en mesure de partager, telles que la justice et la sainteté.

2. Les biens matériels avec ceux qui refusent de travailler (2 Thessaloniciens 3, 10).

3. Accueillir ou recevoir chez soi un faux docteur qui n’a pas Dieu.

4. Enseigner à des personnes qui piétineraient la vérité comme le font les porcs (Matthieu 7:6).

Si les vierges sages avaient partagé leur huile avec les vierges folles, peut-être qu’aucune n’aurait eu assez d’huile. Bien sûr, les vierges folles auraient pu éteindre leurs lampes et les rallumer plus tard si elles avaient anticipé. Mais on ne peut pas attribuer une signification précise à chaque détail d’une parabole ; toutefois, dans ce cas précis, les vierges folles ont demandé ce que les vierges sages ne pouvaient pas leur donner, au sens allégorique. L’hôte n’a pas laissé entrer les vierges folles, car il ne voulait pas d’intrus à la fête.

Q : Dans Matthieu 25, 1-13, les cinq vierges folles sont-elles des chrétiennes qui n’ont pas été obéissantes et qui ont donc manqué l’Enlèvement ?

R : Non. Tous les croyants participeront à l’Enlèvement. Ces cinq vierges pourraient toutefois être des personnes qui se considéraient comme chrétiennes.

Q : Dans Matthieu 25, 24-26, en quoi Dieu est-il un « homme dur » qui moissonne là où il n’a pas semé ?

R : Le maître de la parabole ne partage pas l’avis du serviteur selon lequel il serait un homme dur. Il dit plutôt : « Si vous pensiez que j’étais un homme dur, pourquoi n’avez-vous pas au moins fait quelque chose de facile et de simple ? » Dieu est comparé au maître de cette parabole. Certaines personnes pourraient penser que Dieu est une personne dure pour les raisons suivantes :

1. Dieu accorde aux gens des quantités différentes de « talents »

2. Dieu attend de nous que nous travaillions avec ce qu’Il nous a donné, et Son royaume récoltera les fruits de notre labeur. (Bien sûr, tout ce que nous pouvons faire de bien, nous le faisons parce que Dieu nous en a donné la capacité. Cependant, cet aspect serait négligé par quelqu’un qui se demanderait pourquoi Dieu tire profit de notre travail.)

3. Dieu n’a aucun scrupule à retirer aux croyants, ou à d’autres, ce qu’ils n’utilisent pas, utilisent à mauvais escient ou utilisent de manière égoïste.

Si quelqu’un souhaite qualifier un être qui agit ainsi d’« homme sévère » dans la parabole, alors Dieu est comme un homme sévère.

Q : Dans Matthieu 25, 24-30, avez-vous déjà observé aujourd’hui comment, par crainte qu’un malheur ne survienne, certaines personnes ont pris des décisions imprudentes qui ont fini par le provoquer ?

R : Un jour, alors qu’une entreprise procédait à de nombreux licenciements, un jeune employé était tellement stressé qu’il a tout simplement démissionné sans avoir d’autre emploi en vue. Il a qualifié cela de « coup de force préventif ».

Comme le dit le Commentaire évangélique de la Bible, p. 754 : « L’ironie tragique est qu’il [le serviteur infidèle] subit précisément ce qu’il redoutait : la colère de son maître. Même une obéissance partielle aurait été préférable à la désobéissance totale (v. 27). Ayant négligé cette opportunité, il en est désormais privé. »

Q : Dans Mt 25, 26-27 et Lc 19, 23, pourquoi a-t-on demandé à l’homme qui avait reçu un talent de le déposer à la banque et d’en percevoir des intérêts, alors qu’il était ordonné aux Israélites de ne pas percevoir d’intérêts entre eux (Ex 22, 25 ; Lv 25, 35-37 ; Dt 23, 19 ; Ps 15, 5) ?

R : La réponse comporte trois points.

a) Il s’agissait simplement d’une parabole, et Jésus ne nous ordonnait pas d’être comme le serviteur paresseux ni comme le maître.

b) La parabole ne précise nulle part que le maître ou le serviteur étaient juifs. En Palestine, il y avait de nombreux païens à l’époque de Jésus.

c) Les Israélites ne devaient pas percevoir d’intérêts auprès de leur peuple, mais ils pouvaient prêter avec intérêts à d’autres, comme le dit Deutéronome 23, 20.

Q : Dans Matthieu 25, 26-27, si l’on laisse passer trop d’occasions, les opportunités, les talents et les dons peuvent disparaître. Comment pensez-vous que l’« atrophie spirituelle » puisse se manifester aujourd’hui ?

R : L’un des traits de caractère du serviteur paresseux était « une prudence excessive ». Mais en réalité, il ne voulait tout simplement pas utiliser ce qui lui avait été confié. Un athlète de haut niveau qui cesse de s’entraîner et de faire de l’exercice n’est plus un athlète de haut niveau. De même, une personne douée d’un talent ou d’un don spirituel, si elle cesse de l’exercer, risque de ne plus être aussi douée dans ce domaine, voire de le perdre complètement.

Il existe une deuxième façon d’envisager cela : le don des opportunités qui nous sont offertes. Si nous avons l’occasion de partager l’Évangile avec quelqu’un, ou de contribuer à l’épanouissement de quelqu’un, cette opportunité peut disparaître plus tôt que nous ne le pensons.

Q : Dans Matthieu 25, 28-29, Dieu est-il juste de retirer le talent au serviteur qui n’en possédait qu’un seul pour le donner à celui qui en avait le plus ?

R : C’est une question piège ! Les serviteurs n’ont jamais été propriétaires d’aucun de ces talents ; ils n’étaient que les intendants de leur maître.

Bien sûr, Dieu est juste ici, à moins que nous n’ayons oublié que ces talents ne nous ont jamais vraiment appartenu ! Un intendant est quelqu’un qui protège et fait fructifier fidèlement les biens d’autrui en leur nom, même lorsque personne ne le surveille. C’est Dieu qui leur a prêté tous ces talents au départ. Même aujourd’hui, un gestionnaire de placements retirerait l’argent d’investissements peu rentables pour le placer dans des placements plus performants. Nous oublions parfois que Dieu nous a « prêté des talents ». Ils ne sont pas notre propriété définitive, et nous n’avons pas le droit de les utiliser comme bon nous semble.

Lorsque Dieu nous a donné des talents naturels, des dons spirituels et des opportunités, il est bien trop facile pour nous de les considérer comme nous appartenant. Ce n’est pas le cas. Ils appartiennent à Dieu et Dieu ne fait que nous les avoir « prêtés ».

Q : Dans Matthieu 25, 31-46, il semble que la seule distinction entre les brebis et les chèvres réside dans ce qu’elles ont fait ou n’ont pas fait. Est-ce vrai ?

R : Non. N’oubliez pas que les brebis étaient des brebis et que les chèvres étaient des chèvres. Jésus a souligné les actions « propres aux brebis » que les brebis ont accomplies et que les chèvres n’ont pas accomplies, démontrant ainsi que les brebis étaient bien des brebis. Lors du jugement, elles n’ont pas été transformées en brebis et en chèvres, mais reconnues comme telles.

Soit dit en passant, les brebis ont généralement plus de laine que les chèvres et ont donc moins besoin d’abri. Il était donc courant, à certaines périodes de l’année, de les séparer pour la nuit et de laisser les chèvres dans une grotte, une étable ou un endroit abrité.

Q : Dans Matthieu 25, 31-46, puisque l’essentiel [soi-disant] était d’aider les autres, est-ce que tous ceux qui aident les autres iront au Ciel ?

R : Non. Il s’agissait d’actes de compassion accomplis pour Jésus en aidant les autres. Si cela n’était pas fait pour Jésus, alors ce n’est pas pour Jésus. Par exemple, « même les pécheurs aiment ceux qui les aiment » (Luc 6:32-34). 1 Corinthiens 13:3 dit que même si nous donnions tout ce que nous possédons aux pauvres, mais que nous n’avions pas l’amour, cela ne nous servirait à rien.

Q : Matthieu 25:46 montre-t-il qu’il n’y a pas de châtiment conscient pour les méchants, comme l’ont enseigné les Témoins de Jéhovah ?

R : Pas du tout. Les Témoins de Jéhovah enseignaient cela dans *L’homme le plus grand qui ait jamais vécu*, section 111 (1991). Ils estiment que l’expression « châtiment éternel » se traduit mieux par « exclusion ». La réponse comporte deux points.

Le mot grec signifie « châtiment ». Nos corps mortels ne sont qu’une enveloppe, et le fait qu’il arrive quelque chose à notre corps après notre mort ne constitue pas un châtiment. Les Témoins de Jéhovah croient que les méchants sont anéantis, et qu’il n’y a plus de châtiment pour quelque chose qui n’existe plus.

L’interprétation des Témoins de Jéhovah va totalement à l’encontre de l’enseignement de Jésus concernant l’existence consciente tant des justes que des injustes, tel qu’il est présenté en Luc 16:22-28. Les gens pleureraient et grinceraient des dents selon Matthieu 8:12 ; 22:13 ; 24:51 et 25:30 ; alors pourquoi s’inquiéteraient-ils du moment où ils n’existeraient plus ?

Puisque la Bête et le Faux Prophète sont jetés « vivants » dans l’étang de feu au début des mille ans, selon Apocalypse 19:20, et puisqu’ils existaient toujours et se trouvaient encore là après la fin des mille ans (Apocalypse 20:10), cela signifie qu’au moins certains êtres continuent d’exister tant qu’ils se trouvent dans l’étang de feu. Êtes-vous d’accord ? Et s’il est prouvé que certains êtres existent dans l’étang de feu, et qu’aucun passage biblique n’indique que les êtres qui s’y trouvent cessent d’exister, alors il n’est pas nécessaire que les personnes se trouvant dans l’étang de feu cessent d’exister.

Cela soulève également la question suivante : quel serait l’intérêt d’un feu éternel inextinguible, mentionné dans Marc 9, 43-48 et à d’autres endroits, si les corps des méchants ne mouraient pas (Luc 12, 4-5) et s’il n’y avait pas d’âmes à cet endroit ?

Q : Dans Matthieu 25, verset 46, qu’ont en commun les trois parties de Matthieu 25 ?

R : Il ne s’agit pas simplement d’avertissements ; ces trois passages mettent en évidence une situation critique de séparation due à un serviteur insensé, soit parce que le maître est venu à l’improviste, soit parce qu’il a ignoré ce que le Maître souhaitait. À la fin de son ministère terrestre, Jésus met ici l’accent non pas sur une nouvelle doctrine, mais sur l’urgence de se préparer et de prendre les bonnes décisions avant qu’il ne soit trop tard pour vous. Lorsque nous partageons l’Évangile avec les autres, nous ne nous contentons pas de transmettre la vérité (c’est-à-dire des faits avérés), mais nous devons également leur faire comprendre l’urgence de décider de suivre cette vérité.

Q : Dans Matthieu 26, 3-4, quels sont les autres exemples de dirigeants agissant à l’opposé de ce pour quoi ils avaient été désignés, et pourquoi ?

R : Un deuxième exemple se trouve juste après, avec les disciples eux-mêmes, en Matthieu 26, 6-7. Notre objectif premier dans la vie est d’aimer, d’adorer, d’obéir et de glorifier Dieu, puis d’aimer les autres. Oindre Jésus est conforme à notre objectif. Notre objectif premier n’est pas d’acquérir et d’amasser de l’argent (à moins, bien sûr, que vous ne soyez Judas).

Il semblerait naturel que les chefs religieux juifs, occupant une fonction initialement établie par Dieu lui-même, soient les premiers à reconnaître Jésus. Au lieu de cela, ils ont été les premiers à vouloir le tuer. Mais pourquoi les gens agiraient-ils ainsi ?

Ils avaient oublié leur raison d’être, la raison pour laquelle ils étaient là. Ils n’étaient pas là pour accroître leur pouvoir, ni pour conserver leur position, ni pour préserver leurs biens. Ils étaient là pour guider le peuple afin qu’il suive et adore Dieu. Ils pensaient que leur raison d’être les concernait eux-mêmes, et non le peuple ou Dieu.

Aujourd’hui, il est bien trop facile pour les dirigeants d’oublier eux aussi pourquoi ils sont là. Certains ne prennent pas leur fonction suffisamment au sérieux. D’autres peuvent penser que leur fonction les concerne eux-mêmes, et non le peuple, et qu’elle ne correspond pas à ce que Dieu attendrait d’eux dans cette fonction.

Comme l’a dit le Shah d’Iran : « Je suis né pour régner. » Mais le peuple iranien pensait-il pour autant qu’il était né pour être gouverné par lui ? Une personne a déclaré qu’Hillary Clinton devrait être notre présidente, car « elle le mérite ». Indépendamment de ses mérites, la fonction présidentielle est-elle réduite, aux yeux de certaines personnes, à un simple poste prestigieux, à une simple récompense, et non à ce qui est le mieux pour le peuple américain ?

À titre de contre-exemple, si quelqu’un pouvait naître « avec une cuillère en argent dans la bouche », ce serait bien le millionnaire William Borden (1887-1913), issu de la famille extrêmement riche à l’origine de la marque de lait Borden. Mais ses parents lui ont donné une solide éducation chrétienne, et il a accepté le Christ à l’âge de sept ans. Il a suivi ses études de premier cycle à Yale, où l’influence spirituelle était alors peu marquée. Mais dès sa dernière année là-bas, les groupes de prière et d’étude biblique qu’il organisait comptaient déjà 1 000 participants. Il tendait également la main aux ivrognes des quartiers défavorisés et à d’autres personnes ; lorsqu’un nouveau centre missionnaire s’avéra nécessaire, il lui suffit de payer comptant pour l’acquérir. Il rejoignit la China Inland Mission, dans le but précis d’être missionnaire auprès des millions de musulmans de Chine. Il s’est rendu en Égypte pour étudier l’arabe, et pendant son séjour là-bas, il a rapidement contracté une méningite cérébrale et est décédé à l’âge de 25 ans. Il avait écrit dans sa Bible : « Pas de réserves, pas de replis, pas de regrets. » Et pourtant, en 1969, les dirigeants de l’Église presbytérienne des États-Unis (PCUSA) ont publié une déclaration officielle au sein de leur dénomination niant l’inerrance de la Bible. Cette dénomination, en tant que membre du Conseil œcuménique des Églises, a versé de l’argent à Robert Mugabe, dictateur du Zimbabwe, qui a tué des missionnaires chrétiens.

Q : Dans Mt 26,7 ; Mc 14,3 et Lc 7,37, que sait-on de l’albâtre ?

R : Dans l’Antiquité, deux minéraux différents étaient appelés « albâtre ».

L’albâtre lui-même est tendre (dureté = 2) et peut être rayé avec l’ongle du pouce. Il se prête bien à la sculpture et est une forme de gypse. Il est de couleur claire mais peut présenter des marbrures de différentes couleurs. Il se forme généralement dans des grottes. L’albâtre était un matériau couramment utilisé pour conserver les onguents, d’après le livre 13, chapitre 3, de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien.

Le marbre était également appelé « albâtre ». Il est un peu plus difficile à sculpter (dureté = 3) ; il s’agit en réalité de calcite ou d’aragonite. C’est du calcaire recristallisé.

Q : Dans Matthieu 26, 7-11, lorsque la femme a versé le parfum précieux sur la tête de Jésus, Jésus s’est-il montré trop soucieux de lui-même ? (C’est le musulman Ahmad Deedat qui a soulevé cette question.)

R : Avant de répondre à la question de Deedat, compliquons un peu davantage la question. Non seulement Jésus a-t-il loué son geste ici, mais il a également accepté d’être adoré en tant que Dieu par les anges et les habitants du ciel (Hébreux 1, 6 ; Apocalypse 5, 12). Jésus a également accepté d’être adoré en tant que Dieu par les hommes (Matthieu 21, 15-16 ; 28, 9 ; Jean 9, 38).

Vous serez peut-être surpris d’apprendre que nous sommes en partie d’accord avec Deedat sur ce point. Nous pouvons constater que la vision qu’a Deedat de l’importance de Jésus et celle que Jésus a de sa propre importance sont très différentes. Accepter qu’on verse sur sa tête ce flacon de parfum coûteux, un acte d’adoration, ainsi qu’accepter d’être adoré, alors que tous les Juifs savaient que seul Dieu devait être adoré, serait aller trop loin – À MOINS QUE JÉSUS NE SOIT DIEU.

Q : Dans Matthieu 26, 11, Jésus n’allait-il pas rester toujours avec eux, ou bien Jésus sera-t-il toujours avec eux, jusqu’à la fin des temps, comme le dit Matthieu 28, 20 ?

R : Les deux. Ils n’auraient plus la présence physique de Jésus parmi eux ; c’est pourquoi il était opportun que la femme oigne Jésus tant qu’Il était encore physiquement avec eux. Mais Jésus serait avec eux spirituellement, même après Son ascension au Ciel. Voir *When Critics Ask*, p. 359, pour plus d’informations.

Q : Dans Matthieu 26, 21-22, que pensez-vous que Judas ait ressenti lorsque Jésus a dit qu’Il savait que l’un d’entre eux Le trahirait ?

R : Judas a probablement eu l’impression que son cœur s’était arrêté. Peut-être s’est-il reproché en silence de ne pas avoir suffisamment effacé ses traces. Ou peut-être a-t-il eu une lueur d’espoir, se disant que, puisque Jésus n’avait pas cité de nom publiquement, il ne savait peut-être pas avec certitude que ce serait lui. Mais même si Judas a eu cette dernière pensée, il ne l’a pas gardée longtemps, car Jésus, en trempant le pain dans le plat, a désigné de qui il s’agissait. Judas a donc appris, avec certitude, que les intentions de son cœur secrètement sombre étaient claires comme le jour pour Jésus.

Et pourtant, après avoir pris conscience de cela, dans Jean 13:30, Judas se rendit chez les grands prêtres et trahit Jésus malgré tout. Parfois, les gens sont tellement pris dans une voie pécheresse qu’ils se disent : « Il n’y a plus de retour en arrière possible désormais. » Mais si vous vous dirigez vers un volcan en éruption, vous pouvez toujours faire demi-tour, tant que vous êtes encore capable de marcher. Si vous vous engagez sur une voie pécheresse, « tout de suite » est toujours le meilleur moment pour faire demi-tour. Laissez Dieu s’occuper des conséquences ; vous devez simplement veiller à Lui obéir.

Avez-vous déjà rencontré quelqu’un qui était si sûr de lui et si convaincu de ce qu’il voulait faire que rien au monde ne pouvait le faire changer d’avis ? C’est presque comme s’il disait : « Ne m’embrouillez pas avec les faits. »

Q : Dans Mt 26, 27 ; Mc 14, 23 ; Lc 22, 17, 20 ; et 1 Co 11, 25, faut-il que tous utilisent la même coupe de communion ?

R : Ils étaient tous allongés (et non assis) autour d’une même table, en groupe de douze plus Jésus, avec un traître parmi eux. Tout comme nous n’avons pas besoin de faire ces choses aujourd’hui, nous n’avons pas besoin d’utiliser la même coupe.

Je connais un pasteur, que je considère comme un véritable chrétien, qui pense que tous doivent utiliser la même coupe lors de la Cène. Cependant, il faut faire la distinction entre la cérémonie que nous devons suivre et les aspects secondaires pratiqués à cette époque, tels que le fait que tous étaient allongés à une même table.

Q : Dans Mt 26, 28 et Mc 14, 24, le mot « alliance » ou « testament » devrait-il être précédé du mot « nouvelle » ?

R : Probablement pas.

Dans Matthieu 26, 28

, le mot « nouveau » figure dans l’Alexandrinus (vers 450 apr. J.-C.), dans l’Ephraemi Rescriptus (Ve siècle), le Bezae Cantabrigiensis, les Évangiles de Freer, le copte sahidique (IIIe/IVe siècle), le copte bohairique (IIIe/IVe siècle), le Lectionnaire byzantin, la famille f1, la famille f13, l’arménien, l’éthiopien, etc.

Le mot « nouveau » est absent du p37 (milieu du IIIe siècle), du Sinaiticus (340-350 apr. J.-C.), du Vaticanus (325-350 apr. J.-C.), etc.

Dans Marc 14, 24

Le terme « nouveau » est présent dans l’Alexandrinus, le copte sahidique, le Diatessaron, le Lectionnaire byzantin, la famille f1, la famille f13, l’arménien, l’éthiopien, etc.

Le mot « nouveau » est absent du Sinaitique, du Vaticanus, de l’Ephraemi Rescriptus, du Bezae Cantabrigiensis, des Évangiles de Freer, du copte bohairique, etc.

D’une manière générale, ces deux variantes sont intéressantes pour illustrer deux tendances concernant la corrélation entre les variantes.

1. Les manuscrits alexandrins, notamment le Sinaïticus, le Vaticanus, les manuscrits coptes, etc., sont en général plus courts que les variantes byzantines.

2. Il n’y a pas beaucoup de corrélation indiquant des tendances théologiques. Par exemple, le Bezae Cantabrigiensis, les Évangiles de Freer, l’Ephraemi Rescriptus et le copte bohairique ne présentent pas de corrélation avec ces variantes, contrairement aux autres.

Q : Dans Mt 26, 30, quel hymne auraient-ils pu chanter ?

R : Les Écritures ne le précisent pas ; il aurait donc pu s’agir de n’importe quel hymne, y compris un hymne nouvellement composé. Cependant, il était d’usage, après le repas de la Pâque, de chanter les paroles des Psaumes 113-118, 114-118 ou 115-118.

Q : Dans Matthieu 26, 31-35, 69-72, quel conseil donneriez-vous à un chrétien qui s’est fortement engagé à servir Dieu, puis qui a échoué lamentablement ?

R : Pierre n’a pas tenu ces propos parce qu’il n’était pas sincère ou qu’il ne connaissait pas Jésus ; Pierre a tenu ces propos parce qu’il ne connaissait pas son propre cœur.

Jésus avait prévenu Pierre à l’avance, bien que rien n’indique que Pierre ait accepté les paroles de Jésus à ce moment-là. Mais plus tard, lorsque Pierre a chuté, il a pu se rappeler ce que Jésus avait dit auparavant. Plus tard, après la résurrection de Jésus, celui-ci s’est adressé tout particulièrement à Pierre, en présence des autres, afin de le rétablir personnellement (Jean 21, 15-18). Jésus a prononcé des paroles douces de restauration et de vocation, et non des paroles de condamnation disant : « C’est fini pour vous ». Pierre ne pouvait en aucun cas effacer ses trois reniements, mais il pouvait se relever et continuer à partir de là.

Q : Dans Matthieu 26, 39 et 42, puisque Jésus est Dieu et qu’Il a l’esprit de Dieu, comment a-t-Il pu prier : « Mon Père, si cela est possible, que cette coupe s’éloigne de moi » ?

R : Philippiens 2, 6-7 montre que Jésus s’est volontairement dépouillé d’une grande partie de ses pouvoirs et attributs divins lorsqu’il est venu sur terre. Par exemple, Jésus s’est fatigué (Jean 4, 6), et Jésus a appris l’obéissance (Hébreux 5, 8), ce qu’Il n’avait sans doute aucune raison de connaître au Ciel. De même, sur terre, Jésus ne savait pas tout, puisqu’Il ignorait le jour et l’heure de Son retour, comme le montrent Matthieu 24, 36 et Marc 13, 32.

Dans ce cas, Jésus ne dit pas qu’Il connaît une autre voie. Au contraire, Jésus se rend compte que le chemin qui l’attend sera extrêmement douloureux, et Il demande à Dieu le Père si celui-ci voit une autre solution.

Cette question a trouvé une réponse dès les années 246 à 265 après J.-C., lorsque Denys, évêque d’Alexandrie, a donné essentiellement la même réponse dans le « Fragment exégétique n° 3 » de l’ouvrage *Les Pères anténicéens*, vol. 6, p. 108

Q : Dans Matthieu 26, 52, Jésus est-il opposé à toute guerre et à la peine capitale (exécution) ?

R : Commençons par ce qui n’est pas la réponse, puis passons à la réponse.

Ce qui n’est pas la réponse : Jésus a enseigné que, lors de son retour, il mettrait à mort ceux qui s’étaient opposés à lui (Matthieu 24, 5-7, 31 ; Marc 13, 7-8 ; et Apocalypse 19, 15, 17-21). Cependant, cela ne répond pas à la question, car ce que Dieu fait et ce qu’il nous est ordonné d’observer ne sont pas nécessairement identiques.

La réponse : non, pour quatre raisons.

1) Jésus ne pouvait pas sous-entendre que les croyants ne devaient jamais porter d’épée ; sinon, pourquoi, quelques heures auparavant, Jésus avait-il dit à ceux qui n’avaient pas d’épée d’aller en acheter une (Luc 22, 36-38) ? De plus, après que les apôtres eurent déclaré qu’ils avaient deux épées, Jésus ne leur a pas dit de s’en débarrasser, mais a répondu : « Cela suffit. »

2) Dans cette situation, Jésus s’adressait à Pierre, juste après que celui-ci eut frappé l’esclave du grand prêtre, pour lui dire de ne frapper personne d’autre avec son épée.

3) Jésus parlait de ceux qui « vivent par l’épée », et non de tous ceux qui possèdent des épées. Cela peut désigner à la fois ceux qui gagnent leur vie en tuant des gens, et ceux qui considèrent le fait de tuer comme la solution à leurs problèmes.

4) La deuxième partie du verset est une observation, et non un ordre.

D’autres versets montrant que les épées sont acceptables sont Romains 13, 1-4 ; Luc 14, 31 ; 19, 27 ; 20, 14-16 ; Actes 25, 11 ; 1 Corinthiens 9, 7. Lorsque des soldats ont demandé à Jean-Baptiste ce qu’ils devaient faire (Luc 3, 14), Jean avait l’occasion idéale de leur dire de quitter l’armée, mais il ne l’a pas fait. De même, dans les Actes 10, le centurion Corneille était un homme pieux. L’exécution des meurtriers était non seulement autorisée, mais également ordonnée à l’époque de l’Ancien Testament, dans Nombres 35:31, 33, et avant même la Loi mosaïque, dans Genèse 9:6.

D’autres versets qui affirment ou laissent entendre que nous ne devons pas vivre par l’épée sont les suivants : 2 Corinthiens 10, 4-5 ; Matthieu 5, 25 ; Jean 18, 36 ; et Romains 12, 17.

Si Jésus, dans Luc 22, 36, et le Nouveau Testament en général enseignent l’usage défensif de l’épée, ainsi que son usage par l’État dans Romains 13, 1-4, ils ne préconisent jamais son usage offensif, ni son usage par l’État contre les hérétiques. Aucun des premiers chrétiens n’a préconisé l’usage de l’épée par l’État contre les non-croyants. Historiquement, cette doctrine non biblique a d’abord été enseignée par Firmicus Maternus en 346/348 apr. J.-C., puis, vers 386 apr. J.-C., par Augustin d’Hippone.

Q : Dans Matthieu 26, 52, quand (si tant est que cela soit possible) devrions-nous recourir à des moyens physiques au service du royaume du Christ ?

R : L’histoire nous montre que cela a été tenté à plusieurs reprises, et que les résultats ont été désastreux. Ce n’est pas que ces tentatives aient toutes été des échecs militaires ; rappelez-vous que les croisades ont été un succès au Moyen-Orient pendant quelques siècles, et qu’elles ont réussi à piller Constantinople. Il s’agissait plutôt de catastrophes spirituelles, dans la mesure où elles ont grandement servi les desseins de Satan. On pourrait toutefois faire valoir que les combats défensifs, tels que la bataille de Poitiers et la repousse de l’attaque turque contre Vienne, ont été des succès.

Ainsi, sur le plan défensif, il pourrait être acceptable de faire appel à un agent de sécurité dans une église ou de recourir à la protection de la police. Mais toute action violente de nature offensive étouffe le message de l’Évangile. Si vous n’avez plus aucun message à transmettre, alors pourquoi passer à l’offensive en premier lieu ?

Q : Dans Matthieu 26, 53, à combien correspondent douze légions d’anges ?

R : Une légion romaine, à plein effectif, comptait 6 000 hommes ; cela ferait donc 72 000 anges. Étant donné que 185 000 soldats assyriens ont été tués en une seule nuit par un seul ange dans 2 Rois 19, 35, 72 000 anges suffiraient… pour les systèmes solaires voisins !

Q : Dans Matthieu 26:64, comment Jésus a-t-il pu prendre la parole devant le Sanhédrin, alors qu’Ésaïe 53:7 dit que le Messie n’ouvrirait pas la bouche ?

R : Cela ne signifie pas que Jésus serait né incapable de parler toute sa vie. Au contraire, Ésaïe 53 nuance cette affirmation en disant « comme une brebis muette devant ceux qui la tondent ». Jésus a bel et bien parlé ce jour-là, mais lorsque ses accusateurs ont témoigné contre lui devant Ponce Pilate, ce dernier a été étonné et stupéfait que Jésus ne parle pas à ce moment-là et ne réponde à aucune des accusations portées contre lui, comme le rapportent Matthieu 27, 14 et Marc 15, 4-5.

Q : Dans Matthieu 26, 64, comment Caïphe pourrait-il voir le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance et venant sur les nuées du ciel ?

R : Apocalypse 1, 7 dit que tout œil verra le Christ revenir sur les nuées, y compris ceux qui l’ont transpercé. Ainsi, même ceux qui seront déjà morts pourront assister à cet événement. De plus, Jésus s’est adressé officiellement à Caïphe en sa qualité de grand prêtre représentant la nation d’Israël, et non pas seulement à titre individuel. Par conséquent, tout Israël verra cela également.

Q : Dans Matthieu 26, 65, pourquoi le grand prêtre a-t-il déchiré ses vêtements à ce moment-là ?

R : Déchirer ses vêtements était un geste grave ; ceux-ci ne pouvaient plus être portés, et les vêtements étaient assez coûteux à l’époque. On ne le faisait que lorsqu’on entendait un blasphème contre Dieu (Mishnah Sanhédrin 7, 5), ou bien en cas de grande indignation ou de grand chagrin (2 Rois 18, 37 ; Judith 14, 19 ; 1 Maccabées 11, 71 ; Actes 14, 14). C’était un témoignage indiquant qu’ils ne prenaient aucune part au blasphème contre Dieu et qu’ils le désapprouvaient. Le grand prêtre voulait donc montrer qu’en tant que bon juif, il ne pouvait tolérer ce qu’il qualifiait de blasphème. Cependant, un instant. Lévitique 21, 10 et suivants stipule qu’il était interdit au grand prêtre de déchirer ses vêtements. Ainsi, dans son zèle à vouloir montrer à quel point il avait raison et à quel point Jésus avait tort, le grand prêtre a lui-même enfreint ici la loi de l’Ancien Testament.

Q : Dans Matthieu 26, 69-75, comment Pierre, l’apôtre de Jésus, a-t-il pu mentir par peur ?

R : Pierre a péché ici, comme il l’a lui-même amèrement reconnu dans Matthieu 26, 75 ; Marc 14, 72 ; et Luc 22, 62. Pierre plaçait son espoir en Jésus, et bien que Jésus les eût prévenus, les apôtres se sont enfuis, pris de peur, lorsque Jésus a été arrêté. Jésus a expressément pardonné à Pierre de l’avoir renié trois fois dans Jean 21, 15-19.

Q : Dans Matthieu 26, 73 et Marc 14, 70, quelles étaient les caractéristiques de l’accent galiléen ?

R : Bien que nous n’en soyons pas certains, de nombreux Grecs et Juifs parlant le grec vivaient en Galilée et dans la Décapole voisine ; il s’agissait peut-être de caractéristiques empruntées à la langue grecque. Outre la prononciation des mots, cela pouvait également inclure des expressions idiomatiques et le choix des mots.

Q : Dans Matthieu 26, 74 et Marc 14, 71, pourquoi Pierre a-t-il maudit à ces occasions ?

R : Bien que les Écritures ne le précisent pas, cela pourrait s’expliquer par deux raisons.

La peur : C’était peut-être parce que Pierre avait peur.

Pour faire de l’effet : c’était peut-être pour tenter de « prouver » aux Juifs qu’il n’était pas un disciple de Jésus.

Quoi qu’il en soit, les jurons de Pierre, tout comme son reniement, ne constituent pas un exemple à suivre aujourd’hui. Nous ne devons pas employer de langage grossier, conformément à Éphésiens 5, 4, et nous serons jugés pour chaque parole vaine, selon Matthieu 12, 36.

Q : Dans Matthieu 27:1, pourquoi se sont-ils réunis à nouveau pendant la journée ?

R : Il ne s’agissait peut-être pas tant d’une réunion distincte, mais ils devaient donner l’impression qu’il s’agissait d’une réunion distincte. Les réunions du Sanhédrin étaient de toute façon censées se tenir pendant la journée. Aucun verdict de culpabilité ne pouvait être rendu après une seule réunion. Selon la loi juive, ils ne pouvaient prononcer une peine capitale que pendant la journée, et ils devaient se réunir deux fois pour s’en assurer. De plus, la réunion nocturne n’était peut-être qu’une sous-commission du Sanhédrin, tandis que la réunion diurne réunissait peut-être l’ensemble du conseil.

Cependant, le Sanhédrin juif ne pouvait exécuter personne sous l’autorité des Romains (sauf en cas de profanation de l’enceinte du Temple) ; il est donc intéressant de noter qu’ils se sont tournés vers les Romains, qu’ils haïssaient, pour faire exécuter quelqu’un qu’ils haïssaient encore davantage. Bien sûr, cela aurait également donné une meilleure image du Sanhédrin si c’étaient les Romains qui condamnaient Jésus, et non pas uniquement les Juifs.

Q : Dans Matthieu 27, 2, que savons-nous de Ponce Pilate ?

R : Ponce Pilate était un gouverneur romain ; plus précisément, il était « préfet ». Les préfets gouvernaient de petites régions difficiles à gérer. Ils n’avaient pas beaucoup de pouvoir, moins que les légats impériaux et les proconsuls ; mais ils disposaient des mêmes pouvoirs que ces derniers en matière de décisions judiciaires dans leur circonscription. Ils détenaient le pouvoir de prononcer la peine capitale, contre laquelle on ne pouvait faire appel qu’en s’adressant à César, si le prisonnier était citoyen romain.

Avant octobre de l’an 31 après J.-C., Pilate était dépourvu de sens de la justice et de crainte de Dieu, injuste, n’aimait pas les Juifs et ne les comprenait pas vraiment, selon Josèphe (Antiquités judaïques, livre 18, chapitres 3-4, p. 379-381, et La Guerre des Juifs, livre 2, p. 169-177, illustrations 2-4). C’est également ce qu’affirme Philon d’Alexandrie dans *Sur l’ambassade auprès de Caius*, chapitres 38 à 40, p. 784 à 786. Pilate fit délibérément entrer à Jérusalem les étendards romains, ornés des effigies de l’empereur. Il pilla le trésor du Temple pour construire un aqueduc. Luc 13, 1 rapporte que Pilate fit tuer des Galiléens et mêla leur sang à celui de leurs sacrifices. Le peuple de Jérusalem s’est alors révolté, et il a ordonné à ses soldats d’en tuer un grand nombre. Pilate a placé des boucliers de bronze, à l’effigie de l’empereur, dans le Temple de Jérusalem, dans le seul but d’irriter les Juifs. Le peuple a provoqué un tel tollé que l’empereur romain lui-même a annulé la décision de Pilate, ordonnant que les boucliers soient retirés. Pilate avait obtenu ce poste grâce à son mentor à Rome, Séjan, un ami proche et confident de l’empereur Tibère. Selon Philon, l’objectif de Séjan était d’exterminer les Juifs. Cependant, en octobre de l’an 31 après J.-C., Séjan fut exécuté pour trahison présumée envers Tibère, et par la suite, Tibère promulgua des lois contre l’antisémitisme.

Après octobre de l’an 31 après J.-C., Pilate a probablement eu le sentiment de se trouver en « terrain glissant » vis-à-vis de l’empereur Tibère. Ses relations avec lui et avec les Juifs se détériorèrent encore davantage à partir de l’an 33 apr. J.-C. environ, et Pilate fut rappelé en l’an 36 apr. J.-C. après avoir tué un groupe de Samaritains qui s’étaient rassemblés pour contempler des vases sacrés. Les Samaritains firent appel à Vitellius, le légat de Syrie, qui ordonna à Pilate de rendre compte de ses actes à l’empereur.

Au cours du procès de Jésus, Pilate semble se montrer un peu plus bienveillant envers Jésus que les chefs juifs. Pilate ne se souciait probablement guère de Jésus lui-même ; il s’opposait simplement au Sanhédrin. Mais lorsque les prêtres juifs ont joué leur « atout », à savoir qu’ils iraient dire à l’empereur qu’il tolérait quelqu’un qui se proclamait roi des Juifs, Pilate, homme pragmatique, a cédé aux exigences du Sanhédrin. D’une certaine manière, c’est à cause de la lâcheté de Pilate que le dos de Jésus a été lacéré par le fouet.

Q : Dans Matthieu 27, 3-5, que peut-on apprendre sur les gens à partir de l’exemple de Judas ?

R : Tout comme Judas a par la suite profondément regretté ce qu’il avait fait, certaines personnes malveillantes éprouvent un profond remords, parfois au point de sombrer dans le découragement, pour ce qu’elles ont commis. Judas aurait pu réfléchir à ce qu’il ressentirait face à ses actes avant de les commettre, mais il ne l’a pas fait. De même, certaines personnes malveillantes, qui regrettent aujourd’hui profondément leurs actes, auraient pu y réfléchir avant de les commettre, mais elles ne l’ont pas fait.

Judas était esclave de l’argent, et Judas lui-même était horrifié par ce que cet esclavage l’avait poussé à faire.

Q : Dans Matthieu 27, 5, Judas s’est-il pendu, ou son corps s’est-il déchiré comme le mentionne Actes 1, 18-19 ?

R : Actes 1, 18-19 indique que Judas est tombé la tête la première dans un champ, ce qui impliquerait une chute d’une certaine hauteur au moins. En combinant ces versets, deux possibilités se présentent. Dans les deux cas, Judas s’est pendu, très probablement à un arbre, peut-être au bord d’une falaise.

La pendaison a échoué : alors que Judas était encore en vie, la corde s’est rompue, et il est tombé la tête la première dans le champ, où son corps s’est déchiré.

La pendaison a abouti, et Judas est mort par pendaison. Cependant, si personne ne montait pour le décrocher, tôt ou tard, le corps serait tombé, d’une manière ou d’une autre.

Dans les deux cas, il y a eu une pendaison, une corde rompue et un corps éventré.

Q : Dans Mt 27, 7 et Ac 1, 18, est-ce les prêtres ou Judas Iscariote qui ont acheté le champ ?

R : Les prêtres étaient « trop pieux » pour déplaire à Dieu en utilisant de l’argent souillé par le sang. De plus, comme Judas avait jeté l’argent dans une partie du temple où seuls les prêtres avaient accès, cet argent, aussi étrange que cela puisse paraître, pouvait être considéré par eux comme « sacré » puisqu’il avait touché un lieu saint. Judas était déjà mort ; les prêtres ont donc effectué cette transaction en tant que mandataires de Judas, en utilisant « ses » trente pièces. D’une manière macabre, Judas a personnellement pris possession du champ. Dans Matthieu 27, 6, les prêtres ne voulaient pas que les 30 pièces d’argent souillé de sang retournent dans le trésor du temple.

Q : Dans Matthieu 27, 9-10, en quoi cela constitue-t-il un accomplissement de Jérémie, puisque Jérémie n’en a mentionné qu’une partie, et Zacharie une autre partie ?

R : Les chrétiens ont six réponses.

Erreur de copiste, aucun prophète n’est précisé – Augustin d’Hippone a déclaré que de nombreux manuscrits ne mentionnent pas le nom d’un prophète, bien qu’il ait estimé que les meilleurs manuscrits indiquaient « Jérémie ». (Harmonie des Évangiles d’Augustin, livre 3, chap. 7.30-31, p. 191-192

Erreur de copiste concernant Zacharie – Quelques manuscrits grecs mentionnent effectivement Zacharie au lieu de Jérémie.

Erreur de traduction : Papias, un disciple de l’apôtre Jean, rapporte que Matthieu a initialement rédigé son évangile en hébreu. Si cela est vrai et qu’il a été traduit en grec, ce détail a peut-être été modifié à ce moment-là.

Une prophétie non consignée de Jérémie. Zacharie 1, 4 cite lui-même Jérémie 18, 11. Zacharie 7, 7 mentionne qu’il rapporte les paroles d’anciens prophètes.

Une chaîne de témoignages (également appelée « catena ») : l’une des pratiques midrashiques consistait à citer différentes prophéties et à les relier entre elles dans ce que l’on appelle une « chaîne de témoignages ». Marc 1, 2-3 est probablement aussi une chaîne de témoignages. Certains diront donc que si un ouvrage a deux auteurs et qu’il n’y a qu’une brève allusion au second, il est courant de ne mentionner que le premier. Les chaînes de témoignages (également appelées catènes) étaient courantes, non seulement dans la Bible, mais aussi dans les premiers écrits chrétiens. Il est courant de ne mentionner que l’auteur le plus célèbre, et il convient d’examiner la littérature antique à l’aune de ses propres pratiques, et non des nôtres.

Il s’agit simplement du prophète le plus éminent dans une chaîne de témoignages, comme c’est également le cas dans Marc 1, 2-3. Jérémie a été placé en tête de cette section de l’Ancien Testament, selon le Talmud babylonien (Baba Bathra 14b).

Q : Dans Matthieu 27, 15 et Marc 15, 6, pourquoi Pilate a-t-il relâché un prisonnier à l’occasion de la fête ?

R : Apparemment, c’était sa coutume. Il pensait sans doute que les Juifs le jugeraient plus juste ou plus humain s’il agissait ainsi. Un ouvrage juif postérieur, la Mishna Pesahim 8:6, suggère également l’amnistie d’un prisonnier pendant la Pâque. De toute évidence, sa conception de la justice et de la miséricorde diffère de la nôtre aujourd’hui, et la Bible n’approuve pas ses idées.

Q : Dans Mt 27, 19, que savons-nous d’autre sur l’épouse de Ponce Pilate ?

R : La Bible ne dit rien d’autre. Selon la tradition de l’Église, elle s’appelait Claudia Procula ; elle se serait ensuite convertie secrètement au christianisme, et l’Église orthodoxe grecque la considère comme une sainte.

Q : Dans Mt 27, 22 ; Mc 15, 14 ; Lc 23, 23 ; et Jn 19, 14, Jésus devait-il subir une mort lente et douloureuse sur la croix, ou aurait-il pu mourir de manière moins douloureuse par l’épée ou d’une maladie ? (Ma femme s’est posé cette question)

R : Les Écritures ne rapportent que ce qui s’est produit, et non l’ensemble des possibilités de ce qui aurait pu se passer. Lorsque Satan a poussé le peuple à tuer Jésus, il semble qu’il lui ait infligé la mort la plus douloureuse que les hommes savaient infliger à cette époque. Jésus a enduré le pire des châtiments afin de nous offrir le plus beau des cadeaux.

Q : Dans Matthieu 27, 24, comment les gens d’aujourd’hui essaient-ils parfois de « se laver les mains » pour convaincre les autres qu’ils n’ont joué aucun rôle dans quelque chose, alors qu’en réalité, c’est le cas ?

R : Les hommes politiques peuvent sembler empressés, et habiles, à se distancier des échecs ou des politiques néfastes ou désormais impopulaires pour lesquelles ils avaient voté. Lorsque vous entendez un homme politique affirmer qu’il a « hérité » d’un problème, cela peut être vrai, mais vous pouvez tout de même lui demander ce qu’il a fait pour résoudre ce problème pendant son mandat.

Pilate était presque ridicule dans sa tentative d’adopter une « voie du milieu » en se montrant neutre à l’égard de Jésus. Aujourd’hui, beaucoup tentent également d’adopter une voie du milieu, mais ne peuvent pas vraiment y parvenir. Soit Jésus était un imposteur menteur, soit un fou égaré, soit le Seigneur. Il n’y a pas de juste milieu ici.

Trois croix avaient déjà été préparées ; Pilate avait donc déjà décidé auparavant d’exécuter trois prisonniers. Mais Jésus a pris la place de Barabbas sur la croix du milieu.

Q : Dans Matthieu 27, 25, pourquoi voulaient-ils que le sang de Jésus retombe sur eux et sur leurs enfants ?

R : La réponse comporte quatre points à prendre en considération.

1. Pilate semblait, à tout le moins, très réticent à assumer cette responsabilité, et la foule a peut-être pensé qu’il ne prononcerait pas la peine de mort contre Jésus si elle ne se montrait pas disposée à en assumer la responsabilité.

2. De plus, bien que la femme de Pilate l’ait mis en garde contre toute implication dans la mort de cet homme, Pilate s’était montré enclin à verser le sang à d’autres occasions, en dehors des récits bibliques. Quoi qu’il en soit, Pilate souhaitait que la foule déclare qu’elle en assumerait la responsabilité, ce qui l’aurait en quelque sorte déchargé de la responsabilité exclusive de la mise à mort de Jésus. Pilate cherchait peut-être simplement à piéger la foule pour se couvrir, afin que les paroles de celle-ci justifient sa décision si les Juifs ou les Romains la remettaient en cause par la suite.

3. Les parents ne peuvent pas choisir de faire peser ou non leur propre culpabilité sur leurs enfants ou leurs descendants. Malheureusement, Hitler et d’autres nazis qualifiaient les Juifs de leur époque de « tueurs du Christ » et utilisaient cette expression pour tenter de justifier leurs crimes horribles. Hitler lui-même ordonna la disparition de nombreux prêtres catholiques et d’autres chrétiens. Bien sûr, les Romains étaient italiens, et Hitler s’était allié à l’Italie. Oui, les péchés des Romains et des Juifs ont conduit Jésus sur la croix, mais ce sont les péchés de chacun d’entre nous qui ont véritablement conduit Jésus sur la croix.

4. En fin de compte, ceux qui sont couverts par le sang de Jésus voient leurs péchés lavés, mais bien sûr, ce n’est pas ce que la foule voulait dire ici.

Q : Dans Mt 27, 28-29, la tunique de Jésus était-elle écarlate, ou était-elle pourpre comme dans Jn 19, 2-3 ?

R : Il existe deux réponses différentes, et les deux pourraient être vraies.

Pourpre rougeâtre : en anglais, le « reddish-purple » peut être considéré comme une nuance de pourpre ou d’écarlate. En grec ancien, l’incertitude est plus grande quant à la gamme exacte du spectre lumineux de chaque couleur. Lorsque l’hébreu ou l’araméen est traduit en grec, comme l’indique Papias à propos de Matthieu, l’incertitude est encore plus grande.

Multicolore : Il serait en effet étrange qu’une robe royale coûteuse ne soit d’une seule couleur. Des dessins anciens en couleurs représentant des personnages en Égypte montrent des couleurs multiples. Des robes de nombreuses couleurs étaient accessibles aux gens du peuple au moins dès l’époque de Joseph, soit 1 900 ans avant Jésus.

Q : Dans Matthieu 27, 29, pourquoi a-t-on mis une couronne d’épines sur la tête de Jésus et lui a-t-on donné un roseau ?

R : Ils l’ont fait pour se moquer de Lui en lui mettant une fausse couronne, et le roseau servait de faux sceptre. Les épines auraient pu être tournées vers l’intérieur pour blesser Jésus, ou vers l’extérieur pour ressembler à une couronne, avec quelques épines dans chaque sens. Certaines personnes prennent un malin plaisir à se moquer des autres. Mais Jésus a porté une couronne d’épines afin que nous puissions porter une couronne de gloire. On trouve des exemples de soldats romains s’amusant à se moquer des prisonniers dans l’Histoire de Cassius Dio 15.20-21 et dans l’ouvrage de Philon In Flaccum 6.36-39.

Il se peut également que le but n’ait pas été uniquement de se moquer de Jésus, mais aussi, à travers Jésus, de se moquer de la nation juive

Q : Dans Mt 27, 32 et Mc 15, 21, pourquoi Simon de Cyrène a-t-il dû porter la croix de Jésus ?

R : Jésus était trop faible pour porter la traverse, et bien sûr, les Romains n’avaient aucune envie de la porter eux-mêmes. Les Romains ne faisaient pas semblant d’être justes dans ce cas précis. Soit dit en passant, les rabbins ultérieurs ont interdit la crucifixion, la jugeant trop horrible, et les Romains ne l’autorisaient que sur ordre direct de l’empereur.

Des archéologues ont découvert un ossuaire, c’est-à-dire un dépôt d’ossements, appartenant à des Juifs de Cyrène. L’un de ces ossuaires est dédié à « Alexandre, fils de Simon », mais Alexandre et Simon étant des prénoms courants, il ne s’agissait probablement pas du même Simon. Cette information figure dans l’article de N. Avigad intitulé « A Depository of Inscribed Ossuaries in the Kidron Valley » (Un dépôt d’ossuaires gravés dans la vallée du Cédron), publié dans IEJ 12 [1962], p. 1-12.

Q : Dans Mt 27, 32, Simon de Cyrène, qui a porté la croix, est-il le même Simon le lépreux que celui de Mt 26, 6 ?

R : C’est possible, mais hautement improbable. Simon était un prénom très courant.

Q : Dans Mt 27, 34 et 48 et Mc 15, 36, pourquoi quelqu’un a-t-il imbibé une éponge de vinaigre mélangé à du fiel et de la myrrhe pour la donner à Jésus ?

R : Jésus a dit qu’il avait soif, et les soldats romains avaient coutume de boire une boisson appelée « posca », à base de vinaigre dilué. Selon une tradition, les femmes de Jérusalem ajoutaient du fiel, un narcotique analgésique, au vinaigre dilué. Mais Jésus a refusé le fiel, car il savait qu’il devait endurer pleinement la douleur pour nous. Deux brigands furent placés aux côtés de Jésus, accomplissant ainsi, sans le savoir, la prophétie d’Ésaïe 53, 12, selon laquelle Jésus serait compté parmi les malfaiteurs.

Q : Dans Matthieu 27, 40-42, pourquoi encourageaient-ils Jésus à descendre de la croix ?

R : Jésus ne pouvait naturellement pas descendre, puisqu’il était cloué là-haut. Ils ne croyaient pas en Jésus et se moquaient de lui une fois de plus. Ils affirmaient qu’ils croiraient en Jésus s’il descendait de la croix.

Tout d’abord, ils n’étaient pas sincères, puisqu’ils n’avaient pas cru même lorsque Jésus avait ressuscité Lazare d’entre les morts, et qu’ils n’avaient pas cru non plus lorsque Jésus lui-même était ressuscité d’entre les morts par la suite. N’est-ce pas là un miracle plus grand que de descendre de la croix ?

Deuxièmement, selon Deutéronome 21:23, une personne morte sur un arbre était maudite, et il aurait été scandaleux de croire quelqu’un que Dieu avait laissé être maudit en mourant sur la croix. Les chefs juifs ne voulaient pas disqualifier Jésus en tant que Messie, puisqu’ils pensaient déjà qu’il ne l’était pas. Au contraire, ils voulaient faire comprendre très clairement au monde entier que Jésus était disqualifié en tant que Messie.

Satan se servait de cela comme d’une tentation. Jésus aurait pu y mettre fin à tout moment, en faisant appel à Ses douze légions d’anges. Mais alors, Son expiation en notre faveur n’aurait pas eu lieu s’Il y avait mis fin.

De nombreux musulmans estiment que Jésus n’aurait pas pu mourir sur la croix, car Allah n’aurait pas permis qu’une telle chose arrive à un prophète. Mais ils ne considèrent que ce monde-ci, et ils ignorent que Jésus est bien plus qu’un simple prophète.

Comme l’a dit William Booth : « Ils prétendaient qu’ils auraient cru s’Il était descendu ; nous croyons parce qu’Il est resté là-haut. »

Q : Dans Matthieu 27, 46-47 et Marc 15, 36, pourquoi quelqu’un a-t-il dit que Jésus appelait Élie ?

R : Les personnes dans la foule parlaient le latin, le grec, l’araméen/l’hébreu et probablement quelques autres langues. Lorsque Jésus disait « Eli, Eli », certains ont pensé qu’il disait peut-être « Élie ». Rappelez-vous que ni l’hébreu ni le latin romain ne comportaient le son « j ». De plus, comme du liquide s’écoulait de son corps pour remplir la poche péricardique entourant son cœur, Jésus devait avoir très soif, ce qui pouvait rendre plus difficile de s’exprimer clairement.

D’un autre côté, certains ont peut-être bien entendu ce que Jésus disait, mais ont délibérément déformé ses paroles pour se moquer de lui.

Q : Dans Matthieu 27, 46 et Marc 15, 34, que voulait dire Jésus en s’écriant : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » ?

R : La douleur physique n’était qu’une partie de l’expiation de Jésus. La plus grande partie de cette souffrance tenait au fait que Dieu le Père lui-même avait abandonné Jésus, lorsque les péchés du monde avaient été placés sur lui. Il ne s’agissait pas d’une question théologique sereine, mais plutôt d’un cri d’agonie. C’était un cri de douleur émotionnelle, et pas seulement physique. D’une manière que nous ne pouvons peut-être pas pleinement comprendre, le Père a tourné le dos à Jésus, qui portait sur ses épaules le poids de tous nos péchés.

Q : Dans Matthieu 27, 46 et Marc 15, 34, cela montre-t-il que Jésus n’est pas Dieu, comme l’enseigne le faux chef religieux, le révérend Moon ?

R : Non. Voici tout d’abord ce qu’a déclaré le faux Messie, le révérend Moon, puis la réfutation.

Principe divin (cinquième édition, 1977), p. 210-212 : « … Jésus, en tant qu’homme ayant accompli le but de la création, ne fait qu’un avec Dieu. … Néanmoins, il ne peut en aucun cas être Dieu Lui-même. … Jésus, ne faisant qu’un avec Dieu, peut être appelé un second Dieu (image de Dieu), mais il ne peut en aucun cas être Dieu Lui-même. … Jésus était un homme qui avait mené à bien le dessein de la création, ce qui ne signifie pas qu’il fût le Créateur lui-même. … De plus, lorsque l’on constate que Jésus a dit sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », il apparaît clairement que Jésus n’est pas Dieu lui-même. »

Cependant, Jésus est Dieu selon Hébreux 1:8, 10 et Tite 2:13 ; il possède la plénitude de la divinité selon Colossiens 1:19. D’autres versets qui montrent que Jésus est Dieu sont Romains 9:5, Jean 5:23 et 1 Jean 5:20. Le disciple Thomas s’est adressé à Jésus en l’appelant « mon Dieu » dans Jean 20:28. Jean 1, 3, 10, 11 et 14, ainsi que Colossiens 1, 16, montrent que Jésus n’était pas simplement un homme parfait, car toutes choses dans les cieux et sur la terre ont été créées par Jésus et pour Jésus.

La confusion peut provenir du fait que le terme « Dieu » est utilisé dans plusieurs sens différents dans la Bible. Il est certain qu’au moins sur terre, le Père a joué le rôle de Dieu de Jésus, puisque Jésus, sur terre, a appris l’obéissance (Hébreux 5:8).

Q : Dans Matthieu 27:51 et Marc 15:38, quelle était la signification du déchirement en deux du voile du Temple ?

R : Le voile séparait le lieu très saint de Dieu du reste du Temple. Cette déchirure symbolisait la fin des rituels du Temple et de la loi qui les régissait. Cette déchirure montrait que, grâce au sacrifice expiatoire de Jésus, la barrière avait été brisée et que nous pouvions désormais entretenir une relation étroite avec Dieu. Si le voile du Temple avait été rongé par des insectes et s’était progressivement affaibli jusqu’à ne plus pouvoir supporter son propre poids, il se serait déchiré d’un côté à l’autre. Or, au lieu de cela, le voile s’est déchiré de haut en bas, ce qui ne peut s’expliquer par des causes naturelles.

Le voile du Temple symbolisait le corps de Jésus, et le fait qu’il se soit déchiré signifie que nous pouvons désormais entrer nous-mêmes dans le Saint des Saints, selon Hébreux 10, 19-20

De plus, puisque les autorités juives et les chefs religieux ont rejeté Jésus, ce temple ne serait plus visité par Dieu.

Q : Dans Matthieu 27, 51, existe-t-il des preuves extra-bibliques indiquant que le voile du Temple s’est déchiré ?

R : On trouve un récit similaire dans b Yoma 39b (p. 580). Il y est dit que les portes du Temple s’ouvrirent d’elles-mêmes, quarante ans avant la destruction du Temple en l’an 70 après J.-C.

Q : Dans Matthieu 27, 51, est-il vrai qu’il n’existe aucune preuve de ce tremblement de terre en dehors de l’Évangile selon Matthieu ?

R : Non, c’est faux. Soit les sceptiques ont raison et Matthieu a inventé une histoire à visée édifiante, que l’Église primitive a été amenée à croire comme étant factuelle, soit il y a réellement eu un tremblement de terre, des tombeaux se sont ouverts, certains morts sont ressuscités et sont vraisemblablement montés au Ciel après la résurrection de Jésus. De plus, le mont du Temple se trouve sur une faille géologique, ce qui rend certains tremblements de terre plausibles.

L’affirmation selon laquelle personne n’a jamais mentionné cet événement en dehors de l’Évangile selon Matthieu est erronée. Nous disposons d’études géologiques modernes, de deux sources non chrétiennes extra-bibliques et de cinq sources chrétiennes extra-bibliques qui mentionnent ces événements.

Géologie moderne : des carottes sédimentaires de vingt pieds de profondeur, prélevées à trois endroits autour de la mer Morte, ont été étudiées. Des couches sismiques ont été mises en évidence et mises en correspondance avec des séismes historiques. Un séisme inconnu datant du Ier siècle a été répertorié. Les chercheurs ont compté les couches annuelles à partir du séisme documenté de 31 av. J.-C. et ont déterminé une date pour le séisme du Ier siècle : 31 apr. J.-C. ± 5 %. Ce séisme est répertorié sous la date de « 33 apr. J.-C. » dans plusieurs articles de recherche technique. Pour plus d’informations, voir : « High resolution geological record of historic earthquakes in the Dead Sea basin » (Institut des sciences de la Terre, Université hébraïque de Jérusalem ; Département de géophysique, Université de Tel-Aviv) : Journal of Geophysical Research, vol. 106, n° B2, p. 2221-2234, 2001. « Tableau 3… 33 apr. J.-C. Les rapports provenaient de la région de Judée. Le Temple de Jérusalem a été endommagé. »

« Un séisme survenu au début du Ier siècle dans la mer Morte », International Geology Review, DOI : 10.1080/00206814.2011.639996.

Visible non seulement dans les carottes, mais aussi dans les ravines près de la mer Morte. Pour une image de la couche laissée par le séisme de 33 apr. J.-C., consultez http://logosresearchassociates.org/Documents/Austin_33%20AD%20Seismite%20Ze'elim.pdf, figure 13. (14 juin 2013)

Phlégon était un écrivain grec originaire de Carie (en Asie Mineure), qui écrivit peu après l’an 137 apr. J.-C. qu’au cours de la quatrième année de la 202e Olympiade [an 33 apr. J.-C.], il y eut « la plus grande éclipse de soleil » et qu’« il fit nuit à la sixième heure du jour [midi] au point qu’aucune étoile n’apparaissait dans les cieux ». Un grand tremblement de terre s’est produit en Bithynie, et de nombreux objets ont été renversés à Nicée. » (The Case for Christ, p. 111.) Origène, Contre Celse, livre 2, chap. 14, p. 437 ; livre 2, chap. 33, p. 445 ; livre 2, chap. 59, p. 455.

Thalès (ou Thallus) était un historien palestinien cité par Jules Africain (qui écrivit entre 232 et 245 apr. J.-C.). Jules dit : « Cette obscurité, Thallus, dans le troisième livre de son Histoire, l’appelle, comme il me semble sans raison, une éclipse de soleil. » (Les Pères anténicéens, volume 6, p. 136.) Le contexte est le suivant : Jules explique en quoi la période s’étendant du décret d’Artaxerxès à la crucifixion du Christ accomplissait Daniel 9. (Nous ne disposons toutefois d’aucune preuve indiquant que Thalès ait mentionné un tremblement de terre.)

Irénée (182-188 apr. J.-C.), dans « Fragments des Écrits perdus », chap. 28, p. 573 (dans les Pères anténicéens), mentionne que « lorsque Jésus est descendu, de nombreuses âmes sont montées et ont été vues dans leurs corps ». Il écrit également, dans Contre les hérésies, livre 4, chap. 34, p. 512 : «Et les événements liés à la Passion du Seigneur, qui avaient été prédits, ne se sont réalisés en aucun autre cas. Car, à la mort d’aucun homme parmi les anciens, le soleil ne s’est couché à midi, le voile du temple ne s’est déchiré, la terre n’a pas tremblé, les rochers ne se sont pas fendus, les morts ne sont pas ressuscités, et aucun de ces hommes [d’autrefois] n’a été ressuscité le troisième jour, ni accueilli au ciel… C’est pourquoi les prophètes n’ont parlé de personne d’autre que du Seigneur, en qui tous ces signes susmentionnés se sont conjugués. »

Ignace (avant 116 apr. J.-C.), disciple de l’apôtre Jean, mentionne dans sa Lettre aux Magnésiens, chapitre 9, ceux que Jésus a ressuscités.

Clément d’Alexandrie, dans Les Stromates (193-202 apr. J.-C.), livre 6, chapitre 6, p. 491, dit : « “Mais ceux qui s’étaient endormis sont descendus morts, mais sont remontés vivants.” L’Évangile dit : “que de nombreux corps de ceux qui s’étaient endormis sont ressuscités” – clairement comme ayant été transférés vers un état meilleur. Il y eut donc un mouvement et une transposition universels par l’économie du Sauveur. »

Selon certains sceptiques, ces auteurs des premiers temps auraient été « trompés et induits en erreur » au point de croire que cela s’était produit. Il en va de même pour d’autres miracles, y compris la résurrection : soit les premiers chrétiens ont été trompés et induits en erreur au point de croire que cela s’était réellement produit, soit ils ne l’ont pas été. Nous ne disposons pas d’autres témoins oculaires ; nous n’avons donc d’autre choix que de croire ce qu’ont dit les auteurs des Évangiles, ou de ne pas y croire. Cela vaut également pour Paul, qui a déclaré dans 1 Corinthiens 15, 13-19 que si la résurrection n’avait pas eu lieu, alors sa prédication serait vaine, il serait un faux témoin, notre foi serait vaine, et les chrétiens mériteraient davantage de pitié que tous les hommes. À l’instar de l’apôtre Paul, je ne vois aucun juste milieu.

Origène (225-254 apr. J.-C.) mentionne les ténèbres qui recouvraient le pays et les tombeaux qui s’ouvrirent dans *Contre Celse*, livre 2, chapitre 33, p. 445.

Denys d’Alexandrie (246-265 apr. J.-C.) mentionne le tremblement de terre rapporté dans l’Évangile selon Matthieu. Lettre à l’évêque Basilide, canon 1, p. 94.

En résumé, nous avons des raisons de croire au récit de la résurrection de certaines personnes pour les raisons suivantes :

1. Notre confiance envers les auteurs des Évangiles et leurs récits concernant d’autres événements.

2. Les auteurs de l’Église primitive en ont effectivement fait mention

3. Il serait de toute façon impossible pour quelqu’un qui ne connaissait pas la personne décédée de vérifier cela ; les auteurs juifs et romains n’en auraient donc pas eu connaissance.

4. Les auteurs juifs n’auraient eu aucune raison de mentionner ce fait,

5. L’événement de la résurrection de certaines personnes serait éclipsé par la résurrection de Jésus.

Je suis en partie d’accord avec ce que vous avez dit au sujet des tremblements de terre. Mais plutôt que de dire que les auteurs des Évangiles utilisent ces événements cataclysmiques pour symboliser l’importance et les conséquences considérables de l’intervention de Dieu, je crois que c’est Dieu qui s’est servi de ces événements cataclysmiques. Outre les Évangiles, n’oubliez pas les tremblements de terre mentionnés dans l’Apocalypse, ni celui qui a eu lieu à la mort d’Ozias dans Ésaïe 6. De même, dans l’histoire de l’Église, lorsque Jean Chrysostome fut exilé de Constantinople en 403 après J.-C., un tremblement de terre eut lieu à cette époque. On ne s’attendrait pas à ce que les auteurs des premiers temps aient consigné des tremblements de terre mineurs. Quant aux tremblements de terre mineurs survenus dans cette région, je ne dispose que de données concernant la Grèce et la Turquie. L’Encyclopédie Britannica indique, pour la Grèce et la Turquie, que :

Entre 1902 et 1946, il y a eu 58 séismes

Entre 1947 et 1966, il y a eu 82 séismes

Entre 1967 et 1976, il y a eu 45 séismes

Entre 1977 et 1981, il y a eu 9 séismes

Il convient également de noter que les fouilles archéologiques menées à Qumrân montrent qu’un tremblement de terre dévastateur s’est produit en 31 av. J.-C. (avant Jésus-Christ), et pourtant aucun auteur antique, à l’exception de Josèphe, ne fait mention de cet événement.

Conclusion : il semble y avoir deux possibilités (et aucun compromis)

1. Pas de tremblement de terre : les auteurs des Évangiles ont peut-être raison dans leur noble enseignement moral, mais ils ont rapporté des tremblements de terre qui ne se sont pas produits. On ne peut pas se fier à ce qu’ils disent, du moins en ce qui concerne les événements du monde réel.

2. Tremblement de terre : on peut se fier à ce que disent les auteurs des Évangiles, et ils ont rapporté des tremblements de terre qui se sont bel et bien produits.

Q : Dans Matthieu 27, 52-53, comment les morts ont-ils pu sortir de leurs tombeaux ?

R : Dieu Tout-Puissant a le pouvoir de faire tout ce qu’Il veut, y compris ressusciter les morts. Certains sceptiques affirment que cela enfreindrait les lois de la nature ; or, c’est Dieu qui a établi ces lois.

Les anges du Ciel doivent considérer les propos des sceptiques un peu comme nous considérons ceux de nombreux sceptiques à l’époque des frères Wright, qui affirmaient que « l’homme ne pourra jamais voler ». La portance aérodynamique peut l’emporter sur la loi de la gravité ; à combien plus forte raison le Créateur est-Il capable de l’emporter sur les lois de Sa création !

Q : Dans Mt 27, 52-53, lorsque les morts sont sortis de leurs tombes lors de la résurrection de Jésus, cela démontre-t-il la probabilité que Marie ait été élevée corps et âme au Ciel, comme l’enseigne un auteur catholique ?

R : Non. Ludwig Ott a présenté cela, non pas comme une preuve, mais comme un argument à l’appui dans *Fundamentals of Catholic Dogma* (1960), p. 209. Cela ne vient même pas étayer l’idée que Marie ait été élevée au ciel avec son corps, et ce pour deux raisons :

a) On ne sait pas clairement si les personnes qui sont sorties de leurs tombeaux ont été ressuscitées dans leur corps mortel (comme Lazare) ou si elles ont été ressuscitées.

b) Marie était encore en vie (Jean 19, 27 ; Actes 1, 14) lorsque Jésus est mort et est ressuscité d’entre les morts ; elle ne ferait donc pas partie de ce groupe.

Q : Dans Matthieu 27, 54, le centurion romain a-t-il dit « un Fils de Dieu » ou « le Fils de Dieu » ?

R : Des soldats étaient présents au cas où quelqu’un tenterait de pénétrer dans le lieu pour secourir les condamnés. Le grec comporte l’article défini (« le » en français), et celui-ci n’est pas utilisé ici. Cependant, l’ordre des mots indique qu’il s’agit bien de l’article défini, c’est-à-dire « le Fils de Dieu », selon le Believer’s Bible Commentary, p. 1310. En revanche, l’Evangelical Commentary on the Bible, p. 758, indique que les deux interprétations sont possibles.

Q : Dans Matthieu 27, 57-59, Joseph d’Arimathée a-t-il fait preuve de courage en réclamant le corps de Jésus ?

R : Techniquement, le corps d’un criminel exécuté appartenait à Rome. Souvent, les Romains laissaient les corps pourrir sur la croix, où ils servaient de nourriture aux oiseaux. Cependant, selon la loi juive, il n’était pas permis de laisser le corps sur la croix pendant la nuit de la Pâque. Ainsi, si un fonctionnaire romain y consentait, il était raisonnable de demander l’autorisation des Romains pour emporter le corps afin de l’enterrer. Il arrivait parfois que le fonctionnaire romain l’accorde contre de l’argent, bien que rien n’indique que Pilate l’ait fait en l’occurrence. Normalement, il n’était pas considéré comme inhabituel que quelqu’un, peut-être un proche, demande que le corps soit enterré. Cependant, lorsque Joseph, qui n’était pas un proche, a expressément demandé le corps, après s’être opposé à la condamnation à mort de Jésus, il s’est ainsi distingué en ne se contentant plus d’être un simple disciple secret de Jésus. Comme l’indique le Believer’s Bible Commentary, p. 1310 : « Au sens propre, Joseph s’est enterré lui-même sur les plans économique, social et religieux lorsqu’il a enterré le corps de Jésus. Cet acte l’a séparé à jamais de l’establishment qui a tué le Seigneur Jésus. » Normalement, le corps d’un criminel condamné aurait été jeté dans la vallée de Hinnom, sorte de décharge de la ville, où le feu ou les animaux sauvages l’auraient dévoré. Mais Joseph souhaitait lui offrir une sépulture digne. Joseph ne savait probablement pas qu’il accomplissait ainsi Ésaïe 53, 9, selon lequel Jésus serait avec les riches dans sa mort.

Q : Dans Matthieu 27, 65, comment sait-on que « mettre une garde » désigne 4 à 16 soldats romains, plutôt que des soldats du Temple ?

R : Le grec pourrait signifier l’une ou l’autre chose.

Indicatif : vous disposez déjà d’une garde

Impératif : prenez cette garde romaine que je vous accorde. Voici les trois interprétations possibles, ainsi que les arguments pour et contre chacune d’elles.

Vous disposez déjà de votre propre garde du Temple : en faveur de cette hypothèse, on peut noter que ce sont les gardes du Temple qui ont arrêté Jésus. Le corps du criminel crucifié étant désormais la propriété des Romains, ils devaient demander à Pilate l’autorisation de le garder. Contre cette interprétation, on peut opposer le fait que le sceau des prêtres juifs n’aurait guère de valeur, alors que le sceau de l’Empire romain, fait de cordon et de cire, aurait été difficile à altérer. Briser ce sceau aurait signifié la mort pour quiconque l’aurait fait.

Une garde romaine vous est déjà affectée : il se peut qu’une garde romaine ait déjà été affectée aux prêtres.

Prendre un garde romain : à l’encontre de cette interprétation, il n’existe aucun exemple clair de l’emploi du verbe echein au sens de « prendre » ni en grec classique ni en grec hellénistique.

D’un autre côté, il pourrait s’agir de gardes juifs, comme le montre le fait qu’ils se soient présentés par la suite devant les grands prêtres, et non devant Pilate. Mais même des gardes romains auraient hésité à retourner voir Pilate sans alliés juifs, car cela aurait pu signifier leur propre condamnation à mort.

Q : Dans Mt 28, 9, Jésus est-il apparu d’abord à Marie-Madeleine, ou d’abord à Pierre (Céphas), comme le laisse entendre Paul dans 1 Co 15, 5 ?

R : Marie-Madeleine a été la première personne à voir Jésus, mais Pierre a été le premier apôtre à le voir. En réalité, Paul n’a pas dit que Pierre était la première personne à qui Jésus était apparu. Parmi les personnes énumérées par Paul, Pierre était le premier de sa liste à avoir vu Jésus ressuscité, suivi des autres disciples, puis de plus de 500 personnes. D’une part, il se peut que Paul ait délibérément omis de mentionner les femmes car, à l’époque, devant un tribunal, le témoignage d’une femme n’était pas pris en compte, comme l’indique l’ouvrage *When Critics Ask*, p. 365-367. D’autre part, il se peut que Paul ait simplement oublié que les femmes avaient été les premières à voir Jésus, avant Pierre. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de contradiction, car Paul n’a jamais dit que personne n’avait vu Jésus avant Pierre.

Q : Dans Matthieu 28, 11-15, les grands prêtres ont-ils dû soudoyer les gardes et d’où provenait l’argent ?

R : Les grands prêtres n’avaient probablement pas besoin de soudoyer les gardes, car ceux-ci craignaient que l’affaire ne soit révélée. Mais les grands prêtres étaient sans doute pris de panique et ont estimé que soudoyer les gardes et proposer d’« apaiser » Pilate, comme le mentionne Matthieu 28, 14, constituerait la ligne de conduite la plus sûre. Apparemment, ils se considéraient comme très expérimentés en matière de corruption. L’argent destiné à ces pots-de-vin provenait des offrandes que les Juifs versaient au Temple au titre de l’impôt du Temple.

Q : Dans Matthieu 28, 12-15, quels sont les autres exemples de personnes ayant reçu beaucoup d’argent pour répandre un mensonge, et pourquoi les gens agissent-ils ainsi ?

R : Les personnes qui propagent un mensonge pour de l’argent le font pour plusieurs raisons. Dans ce cas précis, les soldats l’ont fait par crainte pour leur vie. D’autres le font parce qu’ils accordaient plus d’importance à l’argent qu’à leur intégrité. Une troisième raison est le désir de remplacer un événement surnaturel par une explication naturaliste. Mais « accrochez-vous bien », car voici des exemples de mensonges très influents racontés tout au long de l’histoire.

Les Fausses Décretales sont un ensemble d’une centaine de lettres qui « prouvaient » que Pierre avait déclaré avoir reçu l’autorité de diriger l’Église du Christ, et qu’il pouvait transmettre cette autorité au prochain pape, etc. Elles prouvaient également que les évêques ne relevaient ni des autorités locales ni d’autres dirigeants ecclésiastiques, mais uniquement du pape. Elles prétendaient avoir été rédigées par des auteurs entre 78 et 731 après J.-C., mais ont en réalité été écrites vers 847-859 après J.-C., pour la plupart par Isidore Mercator en France. Bien qu’elles n’aient jamais été acceptées par l’Église orthodoxe orientale, elles ont été utilisées au sein de l’Église catholique romaine pour établir le droit canonique lors des synodes de Worms (868), de Cologne (887), de Metz (893) et de Tribur (895). Presque tout le monde s’accordait à dire qu’il s’agissait de faux entre 900 et 1100 après J.-C. Par exemple, pourquoi les papes auraient-ils cité des personnes nées après leur mort ? Mais au moment où leur caractère frauduleux fut établi, ils avaient déjà rempli leur rôle en consolidant le pouvoir et la richesse de l’Église catholique romaine.

Les Protocoles des Sages de Sion : il s’agit d’un faux texte prétendument rédigé par des sages juifs sur la manière de ruiner des hommes d’affaires non juifs et, à terme, de s’emparer du pouvoir. Il a en réalité été rédigé par un Russe antisémite non juif, probablement Sergueï Nilus, entre 1901 et 1903. Même après qu’un journal britannique eut révélé qu’il s’agissait d’un faux, ce texte a continué à être utilisé pour tenter de prouver l’existence d’un complot juif mondial, et sa publication a déclenché des pogroms en Russie visant à tuer les Juifs et à s’emparer de leurs biens. Il figurait parmi les lectures obligatoires des écoliers allemands après l’arrivée au pouvoir des nazis en 1933.

Tabagisme : Au début des années 1950, des études médicales ont mis en évidence un lien de causalité entre le tabagisme et le cancer du poumon. Mais les fabricants de tabac ont vigoureusement remis en cause ces affirmations. Même en 2005 encore, dans l’affaire McTear c. Imperial Tobacco en Écosse, il a été avancé qu’il était impossible de prouver que le tabagisme d’une personne avait causé son cancer du poumon. Soit dit en passant, les États-Unis perçoivent environ 32 milliards de dollars par an grâce aux taxes sur le tabac.

Vaccins ROR : En 1998, Andrew Wakefield a publié un article dans la revue médicale britannique *The Lancet* établissant un lien entre la vaccination et l’autisme. Les taux de vaccination ROR ont alors chuté de manière spectaculaire en Grande-Bretagne. D’autres études ont tenté de reproduire les résultats de Wakefield, mais n’ont pas réussi à établir de corrélation. Wakefield a omis de révéler qu’il avait reçu des financements de la part d’avocats poursuivant des fabricants de vaccins, qui pouvaient utiliser son étude pour étayer leur dossier. Wakefield affirme qu’il n’y avait aucune motivation financière, mais il allait pourtant gagner 43 millions de dollars en vendant des kits de test. Lorsque ces faits ont été révélés, l’article de Wakefield a été officiellement retiré par *The Lancet* et il s’est vu interdire d’exercer à nouveau la médecine en Grande-Bretagne. Il s’est donc installé aux États-Unis pour exercer la médecine et a réalisé en 2016 le film *Vaxxed : From Cover-Up to Catastrophe*.

Persécutions contre les catholiques dans l’Odisha : Lakshmanananda Saraswati, un leader hindou très populaire, a été assassiné par des maoïstes, ce que ces derniers ont par la suite reconnu. Cinq catholiques, un employé de World Vision et deux maoïstes ont finalement été arrêtés. Des émeutes contre les catholiques ont éclaté, et cinq hindous ont été arrêtés pour avoir incendié une maison catholique. Ils ont toutefois tous été acquittés par le tribunal. Consultez le site https://en.wikipedia.org/wiki/Murder_of_Lakshmanananda_Saraswati pour plus d’informations.

À l’encontre des chrétiens en Inde : au fait, vers le 10 février 2022, à Frisco, au Texas, saviez-vous que la Global Hindu Heritage Foundation (GHHF) a organisé une collecte de fonds destinée, entre autres, à financer la démolition d’églises en Inde qu’elle qualifie de « construites illégalement » ?

La diffusion de mensonges à des fins lucratives ne s’est pas arrêtée.

Pour plus d’informations, consultez les liens suivants. (18 mars 2023)

https://en.wikipedia.org/wiki/The_Protocols_of_the_Elders_of_Zion, https://en.wikipedia.org/wiki/Vaccine_hesitancy

https://en.wikipedia.org/wiki/Andrew_Wakefield

https://en.wikipedia.org/wiki/Tobacco_politics

https://www.thequint.com/us-nri-news/hindutva-fundraiser-frisco-texas-global-hindu-heritage-foundation-demolition-of-illegal-churches-tirupati-ghar-wapsi.

Q : Dans Matthieu 28:19, comment faire de toutes les nations des « disciples », plutôt que de simples auditeurs ou convertis ?

R : Commencez par prier et prêcher l’Évangile, mais ce n’est là que la première étape. Lorsqu’une personne place sa foi en Christ, votre travail ne s’arrête pas pour autant ; c’est au contraire le début du processus de formation de disciple. Il faut consacrer du temps, peut-être chaque semaine, à cette personne, que ce soit en tête-à-tête ou en groupe, pour lui enseigner les fondements de la foi et la manière dont elle doit vivre pour le Christ dans son environnement. Se contenter de prêcher, ou de prêcher et de voir des gens se convertir, est plus facile que ce que Jésus nous demande de faire ici. Dans un métier tel que celui de plombier, d’électricien, etc., il existe généralement trois niveaux : l’apprenti, le compagnon et le maître. Un maître, ou plus probablement un compagnon, formerait un apprenti, et un maître pourrait former un compagnon. Au sein de l’Église, nous avons besoin d’une formation de base pour les nouveaux chrétiens, et d’une formation plus approfondie pour les chrétiens « compagnons ». Mais dans les deux cas, à quand remonte la dernière fois où vous avez formé quelqu’un en tant que disciple ?

Q : Dans Matthieu 28:19, puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu, comment Jésus peut-il être Dieu, et comment la Trinité peut-elle être vraie ?

R : Il peut y avoir une « pluralité » au sein du Dieu unique sans qu’il y ait pour autant de dieux distincts. Même dans le Coran, lorsque Allah s’exprime, les mots « nous » (Nahnu) et « je » sont utilisés.

Dieu n’est pas soumis aux limites de l’homme, et Il peut Se révéler à nous comme Il le souhaite.

On trouve une tripartition dans les Écritures : Matthieu 28, 19 ; 1 Pierre 1, 2 ; Éphésiens 2, 18 ; Apocalypse 4, 8 ; 2 Corinthiens 13, 14 ; Jean 15, 26.

Il n’y a qu’un seul Dieu inséparable. Deutéronome 4:35-39 ; 6:4 ; Ésaïe 43:10-12 ; 44:6,8 ; 45:5-6,14,21 ; 46:9 ; 1 Timothée 1:17 ; 6:15-16.

Trois personnes distinctes : Matthieu 3:16-17 ; Luc 3:21-22 ; Jean 1:1 ; 6:38 ; 14:31 ; 15:26 ; 16:28 ; 17:5 ; Actes 5:31-32 ; Marc 10:38-40

Jésus est Dieu. Jean 1, 3 ; Colossiens 1, 16-17 ; Hébreux 1, 6-9 ; Jean 9, 38 ; 2 Corinthiens 11, 3 ; Jean 20, 28-29 ; Apocalypse 5, 8-9 ; 22, 20

L’Esprit est Dieu. Romains 8, 9-16 ; Luc 1, 35 ; 1 Jean 4, 12-16 ; 1 Corinthiens 3, 16 par opposition à 1 Corinthiens 6, 19 ; Actes 5, 4

Ils sont égaux en nature, en gloire et en honneur. Jean 5:18 ; 5:23 ; Colossiens 2:9-10 ; (Ésaïe 44:6 ; Apocalypse 1:8 par opposition à Apocalypse 1:17-18 ; 22:13)

Ils diffèrent par leur rôle et leur rang. 1 Corinthiens 11, 3 ; 1 Corinthiens 15, 25-28 ; Matthieu 12, 18 ; Éphésiens 1, 3, 17 ; Jean 1, 33 ; 14, 16, 26, 28 ; Romains 8, 26-27.

Soit dit en passant, le fait que Jésus fasse partie de la Trinité ne signifie pas qu’il soit un tiers de Dieu, pas plus que la hauteur d’une table ne représente un tiers de la table. On ne peut pas expliquer Dieu par les mathématiques, mais si l’on essayait, la Trinité ne serait pas 1 + 1 + 1 = 1, mais 1 fois 1 fois 1 = 1.

Q : Dans Matthieu 28, 19 ; Matthieu 24, 36 et Matthieu 3, 16-17, qu’est-ce que le modalisme, et pourquoi est-ce une erreur ?

R : La Trinité enseigne qu’il existe un seul Dieu inséparable en trois personnes distinctes. Le modalisme enseigne qu’il n’y a qu’un seul Dieu, à la fois inséparable et constitué d’une seule personne. Il existe en réalité deux types de modalisme. Le patripassianisme affirme que le Père est le Fils, qui est l’Esprit. Le modalisme dynamique affirme que le Père est devenu le Fils, qui est devenu l’Esprit. Ces deux types de modalisme sont erronés pour les raisons suivantes.

1. Jésus a dit : « Le Père est plus grand que moi » (Jean 14, 28). Même si Jésus s’était dépouillé de sa gloire sur terre lorsqu’il a prononcé ces paroles, il n’en reste pas moins que si le Père était plus grand que lui, il existe alors une distinction entre le Père et le Fils.

2. Si le modalisme était vrai, Jésus aurait dû être un ventriloque, un magicien et, en fin de compte, un menteur lors de son baptême (Matthieu 3, 16-17 ; Marc 1, 10-12 ; Luc 3, 21-22). Pendant son séjour sur terre, Jésus était soumis au Père (Hébreux 5, 7-8). Cela n’aurait aucun sens s’il n’y avait personne d’autre à qui Jésus fût soumis.

3. De même, Jésus a fait ce que le Père lui a ordonné (Jean 14, 31). Jésus a appris l’obéissance au Père, comme l’indique Hébreux 5, 8.

4. Matthieu 24, 36 dit que personne ne connaît le jour ni l’heure du retour du Christ, pas même le Fils, mais seulement le Père. Ainsi, du moins tant que Jésus était sur terre, il y avait une différence entre ce que savait le Père et ce que savait Jésus. Bien que certains manuscrits grecs ne comportent pas l’expression « ni le Fils », les meilleurs manuscrits grecs, ainsi que la majorité d’entre eux, comportent cette expression.

5. Jésus a été envoyé par quelqu’un d’autre, si l’on en croit Jean 5, 36-37 ; 6, 29, 38. Le ciel n’était pas vide lorsque Jésus est venu.

6. Puisque le Père a accordé quelque chose au Fils et lui a donné de l’autorité dans Jean 5, 22, 26 et 27, cela montre que le Père et le Fils sont distincts.

7. Pourquoi Jésus prierait-il le Père, ou lui demanderait-il quelque chose, dans Jean 17, 5 ; Jean 14, 16, 26, 28 et à d’autres endroits, s’il ne faisait que se parler à lui-même ? De plus, puisque les prières de Jésus sont présentées comme des conversations avec quelqu’un d’autre, la Bible serait trompeuse s’il n’y avait personne d’autre à qui Jésus s’adressait.

8. Qui est Celui pour qui l’Esprit intercède en notre faveur dans Romains 8, 26-27 ?

9. Si Jésus était un serviteur, de qui était-il le serviteur dans Matthieu 12, 18 ?

10. Qui a abandonné Jésus au Calvaire, selon Marc 15, 34 et Matthieu 27, 46 ?

11. D’autres versets qui montrent cette distinction sont Jean 1:33 ; 1 Corinthiens 11:3 ; 15:25-28 ; Éphésiens 1:3, 17 ; Hébreux 1:9

Voici quelques citations de Witness Lee, fondateur de l’Église locale. L’Église locale compte des groupes d’étudiants appelés « Chrétiens sur le campus ». En général, leurs églises portent le nom de « L’Église de [nom de la ville] ».

« Ainsi, les trois Personnes de la Trinité deviennent les trois étapes successives du processus de l’économie de Dieu. » W. Lee. L’économie de Dieu, Living Stream, 1968, p. 10.

« De même, le Père, le Fils et l’Esprit ne sont pas trois Dieux, mais trois étapes d’un seul Dieu que nous pouvons posséder et dont nous pouvons jouir. » W. Lee. Concernant le Dieu trinitaire, Living Stream, sans date, p. 31

« Dans les cieux, là où l’homme ne peut voir, Dieu est le Père ; lorsqu’Il s’exprime parmi les hommes, Il est le Fils ; et lorsqu’Il vient dans les hommes, Il est l’Esprit. Le Père s’est exprimé parmi les hommes dans le Fils, et le Fils est devenu l’Esprit pour venir dans les hommes. Le Père est dans le Fils, et le Fils est devenu l’Esprit — les trois ne forment qu’un seul Dieu. » W. Lee. Concernant le Dieu trinitaire, « Living Stream », sans date, p. 8-9

Après sa mort et sa résurrection, Il [le Fils] est devenu l’Esprit insufflé aux disciples. W. Lee. À propos du Dieu trinitaire, Living Stream, sans date, p. 8

« … le Fils est devenu l’Esprit afin que nous puissions le boire comme l’eau de la vie… » W. Lee. Concernant le Dieu trinitaire, Living Stream, sans date, p. 8

« … Nous savons que le Seigneur est le Fils et qu’Il est également appelé le Père… Or, nous lisons qu’Il est l’Esprit. Nous devons donc bien comprendre que le Christ, le Seigneur, est également l’Esprit. » W. Lee. L’Esprit universel du Christ, Living Stream, 1969, p. 4, 6, 8

Notez que cela est réfuté par les versets cités au début de cette réponse.

Q : Dans Matthieu 28:19, que signifie exactement « au nom de » ?

R : Le Nouveau Testament a été rédigé en grec, à l’exception de l’Évangile selon Matthieu qui, selon Papias, aurait été écrit dans la langue des Hébreux. Il convient donc de se demander ce que ce terme signifiait dans ces langues.

Dans la littérature grecque, « au nom de » désigne une entité financière ou comptable, comme dans l’expression « cet argent est déposé au nom du titulaire du compte ».

En hébreu, cette expression a une portée beaucoup plus large qu’en grec, bien qu’elle inclue également la signification grecque. En hébreu, elle établit une relation avec quelque chose ou quelqu’un. Par exemple, lorsqu’un Juif achetait un esclave, celui-ci était parfois baptisé « au nom de l’esclavage ». Si un Juif affranchissait un esclave, celui-ci était baptisé « au nom de la liberté ». Pour les Juifs, quelle serait la différence entre simplement abattre un animal et sacrifier un animal à Dieu ? Ils tuaient l’animal « au nom de l’holocauste » (ou de l’offrande pour le péché, ou de tout autre type d’offrande), « au nom des feux de l’autel », « au nom de l’odeur agréable », « au nom de Dieu » ou « au nom de la bonne volonté de Dieu ».

Ainsi, lorsqu’un croyant était baptisé, ces formules étaient équivalentes :

« au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28:19)

« au nom de Jésus-Christ » (Actes 2, 38 ; 10, 48),

« au nom du Seigneur Jésus » (Actes 19, 5)

« en Christ » (Galates 3, 27)

« en Jésus-Christ » (Romains 6, 3-4)

Q : Dans Matthieu 28, 19, étant donné que le modalisme est erroné, mais que le Père et le Fils sont très proches, à quel point le sont-ils exactement ?

R : Bien que les Écritures ne donnent pas beaucoup de détails, voici six points que nous pouvons souligner.

1. De même que Jésus est dans le Père, nous sommes en Jésus, et Jésus est en nous

Il existe un lien entre ces relations : Père-Jésus, Jésus-nous, nous-Jésus. Jean 14, 20 ; 17, 23 ; 6, 57

Néanmoins, la Trinité ne se résume pas à cette simple relation d’analogie. Matthieu 28, 19 ; Jean 1, 1, 18 ; Philippiens 2, 6-7 ; Colossiens 1, 15

Le Père, Jésus et nous tous partageons certaines choses, comme la vie éternelle. Jean 16, 13-15

Le Père et Jésus « possèdent » tout en commun. Jean 16, 15 ; 17, 10. C’est le Saint-Esprit qui nous révèle cela. Jean 16, 14-15

Néanmoins, le Père ne possède pas certaines choses que nous partageons avec Jésus après sa naissance humaine. Hébreux 1, 6-10 ; 2, 14 ; 7, 3

2. De même que le Père et Jésus ne font qu’un, nous devons être un

Nous devons être un les uns avec les autres, d’une certaine manière, à l’image du Père et de Jésus. Jean 17, 11 ; 21-22

Néanmoins, ils ne font qu’un d’une manière dont nous ne pouvons pas l’être. Jean 5, 23

3. Le Père vit en Jésus

Sur terre, le Père habitait en Jésus. Jean 10, 38 ; 14, 10-11. Jésus était rempli de l’Esprit. Luc 4, 1, 18

Si vous connaissez vraiment Jésus, alors vous connaissez le Père et vous avez vu le Père. Jean 14, 7-9

Néanmoins, le Père n’est pas devenu, n’a pas évolué ni ne s’est transformé en Jésus. Hébreux 13:8 ; 1:9 ; Jean 14:10, 24, 26 ; 15:1 ; 16:27-28, 32 ; 17:5

4. Jésus vit dans le Père

Sur terre, Jésus était dans le Père. Jean 10, 38 ; 14, 11

Néanmoins, ils sont distincts ; Jésus n’était pas un ventriloque. Matthieu 3:16 ; Jean 8:18. Jésus a été abandonné au Calvaire. Marc 15:34 ; Matthieu 27:46

Personne ne vient au Père si ce n’est par Jésus. Jean 14, 6 ; 6, 45 ; Actes 4, 12

Néanmoins, aussi proches qu’ils aient été sur terre, Jésus allait tout de même vers le Père. Jean 14, 12 ; Marc 16, 19 ; Jean 20, 17

Jésus est appelé « Père éternel », ce qui peut faire référence au fait qu’il est la source de la vie éternelle. Ésaïe 9:6

Néanmoins, Jésus n’est pas devenu, n’a pas évolué ni ne s’est transformé en Père. Hébreux 13:8 ; Jean 20:17 ; 14:10, 24, 26 ; 15:1

5. Dieu / le Père / le Christ / l’Esprit est en nous

Les gens voient Dieu à travers nous et en nous.

Néanmoins, Dieu ne vit pas uniquement en nous, pas plus que les étoiles n’existent uniquement dans les télescopes. 1 Timothée 6:16 ; Jérémie 23:24 ; Apocalypse 19:11

Le Père, Jésus et l’Esprit habitent également réellement en chaque croyant. Jean 14:17, 23 ; 17:26 ; Romains 8:9-11 ; Galates 4:6 ; 1 Corinthiens 6:19 ; 1 Jean 4:15-16 ; 2 Timothée 1:14

Néanmoins, Dieu/le Père/le Christ/l’Esprit ne sont pas devenus ce que nous sommes, ni ne se sont transformés en hommes pécheurs. Jacques 1, 13 ; Hébreux 4, 15 ; 1 Pierre 2, 22 ; 1 Jean 3, 5

Dieu œuvre et agit en nous et par notre intermédiaire. Philippiens 2, 13 ; exemples : 1 Corinthiens 15, 10 ; Romains 15, 18-19

Le peuple de Dieu, l’Église, forme ensemble le corps du Christ. 1 Corinthiens 6, 15 ; 10, 17 ; 12, 27 ; Éphésiens 4, 12 ; Colossiens 1, 24.

Néanmoins, nous ne sommes pas le corps physique du Christ. Colossiens 1, 22. Dieu n’est pas limité à agir par notre intermédiaire. Genèse 1 ; Actes 9, 1-6 ; Apocalypse.

Nous aider ou ne pas nous aider revient au même pour Jésus-Christ. Matthieu 25, 35-45 ; Jean 13, 20 ; Actes 9, 4-5 ; 22, 7-8 ; 26, 14-15.

Néanmoins, les hommes peuvent louer ou maudire Dieu directement sans s'en prendre aux croyants. Romains 1, 18-32 ; Apocalypse 9, 20-21

6. Nous vivons en Dieu, le Père, le Christ et l’Esprit

Nous sommes en Jésus et dans le Père. Jean 17, 21 ; Colossiens 2, 6, 12 ; 3, 3-4 ; 1 Jean 4, 12, 15-16 ; 5, 20.

Nous devons demeurer en Jésus-Christ et dans son amour. Jean 15, 1-9 ; 1 Jean 2, 27

Néanmoins, nous ne sommes pas encore pleinement avec Dieu ; nous devons encore partir pour être avec Lui. 2 Corinthiens 5, 8 ; 1 Corinthiens 13, 12 ; Philippiens 1, 23

Parce que Jésus vit, nous vivrons. Jean 14, 19 ; Colossiens 3, 4 ; 1 Corinthiens 15, 12-22

Néanmoins, nous ne devenons pas, ne progressons pas, n’évoluons pas et ne nous transformons pas en Dieu ou en Christ ; nous devenons plutôt pieux et à l’image du Christ. Ésaïe 42, 8 ; 43, 10 ; Romains 8, 29 ; 1 Jean 3, 2 ; Philippiens 3, 21

Nous sommes de nouvelles créatures en Christ. 2 Corinthiens 5:17. Nous avons la pensée de Christ. 1 Corinthiens 2:16.

Néanmoins, nous ne devenons pas des zombies ; nous devons toujours conserver notre propre esprit (renouvelé) et notre propre personnalité. 1 Corinthiens 6:2-6 ; 11:13 ; 13:11 et 14:20 ; Romains 14:5-6

Q : Dans Matthieu 28:19, ce verset a-t-il été altéré à l’époque du concile de Nicée, puisque Eusèbe le cite 18 fois avant Nicée sans mentionner la Trinité, et qu’Eusèbe ne le cite avec la formule trinitaire qu’après Nicée ? Victor Paul Wierwille, fondateur de « The Way », l’a affirmé dans son ouvrage *Jésus-Christ n’est pas Dieu* (1981), p. 19-20.

R : Cet argument fondé sur le silence est fallacieux pour plusieurs raisons. Bien qu’Eusèbe de Césarée fût avant tout un historien, et non pas tant un théologien, même Wierwille admet qu’Eusèbe cite ce verset après Nicée.

Deuxièmement, et c’est le plus important, de nombreux auteurs chrétiens, plusieurs siècles avant Eusèbe, ont cité ce verset dans son intégralité.

La Didachè (vers 60-120 apr. J.-C.), chapitre 7, p. 379, le cite ainsi : « Après avoir d’abord dit toutes ces choses, baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, dans de l’eau vive [c’est-à-dire de l’eau courante]. Mais si vous n’avez pas d’eau vive, baptisez dans une autre eau ; et si vous ne pouvez pas le faire dans de l’eau froide, faites-le dans de l’eau tiède. Mais si vous n’en avez ni l’une ni l’autre, versez de l’eau trois fois sur la tête au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

Irénée (182-188 apr. J.-C.) l’a cité ainsi : « Allez et enseignez toutes les nations, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » (Irénée, Contre les hérésies, livre 3, chap. 17.1, p. 444)

Tertullien (198-220 apr. J.-C.) paraphrase légèrement ce verset comme suit : « Il [Jésus] a ordonné aux onze autres, lors de son départ vers le Père, d’« aller enseigner toutes les nations, qui devaient être baptisées au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Dans *Prescription contre les hérétiques*, chap. 20, p. 252.

Tertullien s’exprime de manière légèrement différente dans *Du baptême*, chap. 13, p. 676 : « Dieu, dit-Il [Jésus], “enseignez aux nations, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit” ».

Hippolyte (222-235/6 apr. J.-C.) le cite ainsi : « Allez et enseignez toutes les nations, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Contre l’hérésie de Noète, chap. 14, p. 228

Traité contre Novatien (254-256 apr. J.-C.), chap. 3, p. 658 : « Allez et prêchez l’Évangile aux nations, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. C’est-à-dire que cette même Trinité qui agissait de manière symbolique au temps de Noé par l’intermédiaire de la colombe agit désormais spirituellement dans l’Église par l’intermédiaire des disciples. »

Traité sur le rebaptême (vers 250-258 apr. J.-C.), chap. 7, p. 671 : « Allez, enseignez les nations ; baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

Septième concile de Carthage (258 apr. J.-C.), p. 567. Munnulus de Girba a déclaré : « … notamment dans la Trinité du baptême, comme le dit notre Seigneur : “Allez et baptisez les nations au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.” »

Septième concile de Carthage (258 apr. J.-C.), p. 569. Vincent de Thibaris a déclaré : « Allez et enseignez les nations, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

Victorin de Petau (-307 apr. J.-C.) le cite ainsi : « Il [Jésus] envoya les apôtres en disant : “Allez, enseignez toutes les nations, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.” » Commentaire sur l’Apocalypse, chapitre 1, n° 15, p. 345

Pourquoi donc Wierwille tente-t-il de brouiller les pistes en ergotant sur les dates auxquelles Eusèbe a cité telles ou telles parties, alors que nous disposons de tous ces autres auteurs antérieurs qui se sont exprimés très clairement ?

Enfin, veuillez vous reporter à la question suivante pour découvrir d’autres déclarations des premiers chrétiens concernant la Trinité.

Q : Dans Mt 28, 19, quels étaient certains des enseignements de l’Église primitive sur la Trinité ?

R : En voici quelques-uns.

Mathetes à Diognète (vers 130-200 apr. J.-C.)

« De même qu’un roi envoie son fils, qui est lui-même roi, de même Il l’a envoyé ; en tant que Dieu(1), Il l’a envoyé ; en tant qu’homme, Il l’a envoyé ; en tant que Sauveur, Il l’a envoyé, … » chap. 7. La note de bas de page (1) précise que le terme « Dieu » désigne ici la personne envoyée.

Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.)

« Car lorsque nous prononçons une parole, nous engendrons cette parole ; mais non par séparation, de sorte que la parole [qui demeure] en nous ne soit diminuée lorsque nous la prononçons ; et tout comme nous le voyons également se produire dans le cas d’un feu, qui n’est pas diminué lorsqu’il en a allumé [un autre], mais reste le même ;… La Parole de Sagesse, qui est Lui-même ce Dieu engendré par le Père de toutes choses, et la Parole, et la Sagesse, et la Puissance, et la Gloire de Celui qui l’a engendré, rendra témoignage en ma faveur… » Dialogue avec Tryphon, chap. 61. En réalité, l’ensemble des chapitres 57 à 63 traite de la divinité de Jésus.

Théophile d’Antioche (168-181/188 apr. J.-C.)

« De la même manière, les trois jours qui ont précédé les astres [le soleil, la lune et les étoiles] sont des types de la Trinité (triade grecque), de Dieu, de sa Parole et de sa Sagesse. » À Autolycos, livre 2, chap. 15, p. 101.

Théophile, évêque d’Antioche (168-181/188 apr. J.-C.)

« Car l’Écriture divine elle-même nous enseigne qu’Adam a dit avoir entendu la voix. Mais qu’est-ce que cette voix, sinon la Parole de Dieu, qui est aussi Son Fils ? » Théophile à Autolycus, livre 2, chapitre 22, p. 103

Irénée (182-188 apr. J.-C.)

« Mais le fait qu’Il [Jésus] soit Lui-même, à part entière, au-delà de tous les hommes qui aient jamais vécu, Dieu, Seigneur et Roi éternel, ainsi que le Verbe incarné, proclamé par tous les prophètes, les apôtres et par l’Esprit Lui-même, peut être perçu par tous ceux qui ont accédé ne serait-ce qu’à une petite partie de la vérité. » (Irénée, Contre les hérésies, livre 3, chapitre 19.2, p. 449).

« Sachez que tout homme est soit vide, soit comblé. Car s’il n’a pas le Saint-Esprit, il n’a aucune connaissance du Créateur ; il n’a pas reçu Jésus-Christ, qui est la vie ; il ne connaît pas le Père qui est aux cieux ;… » (Irénée, Contre les hérésies, 3, 16)

« Elle [l’Église] croit également à ces points [de doctrine] comme si elle n’avait qu’une seule âme… Car les Églises qui ont été fondées en Allemagne ne croient ni ne transmettent rien de différent, pas plus que celles d’Espagne, ni celles de Gaule, ni celles d’Orient, ni celles d’Égypte, ni celles de Libye, ni… »

Clément d’Alexandrie a parlé de « la Sainte Trinité » dans Les Stromates (193-202 apr. J.-C.), livre 5, chapitre 14, p. 468.

Tertullien (vers 213 apr. J.-C.)

« Le Verbe, donc, est à la fois toujours dans le Père, comme Il le dit : “Je suis dans le Père” ; et Il est toujours avec Dieu, selon ce qui est écrit : “Et le Verbe était avec Dieu” ; et Il n’est jamais séparé du Père, ni autre que le Père, puisque “Moi et le Père, nous sommes un”. » Contre Praxéas, chapitre 8.

Hippolyte (170-235/236 apr. J.-C.), après avoir cité un extrait de Jean 1, 1

« Si donc le Verbe était avec Dieu et était aussi Dieu, qu’en résulte-t-il ? Dirait-on qu’il parle de deux Dieux ? Je ne parlerai certes pas de deux Dieux, mais d’un seul ; de deux Personnes cependant, et d’une troisième économie (disposition), à savoir la grâce du Saint-Esprit. Car le Père est certes Un, mais il y a deux Personnes, puisqu’il y a aussi le Fils ; et puis il y a la troisième, le Saint-Esprit. Le Père décrète, le Verbe exécute et le Fils se manifeste, par qui l’on croit au Père. L’économie de l’harmonie se ramène à un seul Dieu ; car Dieu est Un. C’est le Père qui commande, le Fils qui obéit et le Saint-Esprit qui donne la compréhension ; le Père est au-dessus de tout, le Fils est en tout et le Saint-Esprit est en chacun. Et nous ne pouvons concevoir un seul Dieu autrement qu’en croyant véritablement au Père, au Fils et au Saint-Esprit. » Contre l’hérésie de Noète, chapitre 14.

Athanase (296-373 apr. J.-C.)

« Unis sans confusion, distingués sans séparation. Indivisibles et sans degrés. » Sermon sur Luc 10, 22 « Car ce n’est que sur la croix qu’un homme meurt les mains étendues. C’est pourquoi il convenait que le Seigneur porte cela aussi et qu’Il étende Ses mains afin d’attirer, par l’une, le peuple de l’Ancien Testament, et par l’autre, ceux des nations, et de les unir tous deux en Lui-même. » L’Incarnation 25, 3

Basile de Cappadoce (329-379 apr. J.-C.)

« alors qu’ils devraient confesser que le Père est Dieu, le Fils est Dieu et le Saint-Esprit est Dieu, comme les paroles divines le leur ont enseigné, … » Lettre 8 aux Césaréens (p. 116)

Hilaire (355-367/368 apr. J.-C.)

« Les œuvres de Dieu dépassent donc l’entendement de notre nature humaine et ne s’accordent pas avec notre processus de pensée rationnel, car l’action d’une éternité sans limites exige une compréhension infinie pour en saisir la mesure. Ce n’est donc pas une conclusion de la raison, mais une limitation de puissance lorsque Dieu s’est fait homme, lorsque l’Immortel meurt, lorsque l’Éternel est enseveli. D’autre part, cela ne dépend pas de notre manière de penser, mais de la toute-puissance : c’est par elle qu’Il apparaît comme Dieu à partir d’un homme, comme immortel à partir de celui qui est mort, et comme éternel à partir de celui qui est enseveli. C’est ainsi que nous sommes rendus à la vie par Dieu en Christ, par sa mort. » Sur la Trinité, livre 1, chap. 13, p. 44

« Car, à moins que les choses ne soient de même nature, on ne leur accorde jamais un honneur égal, et l’égalité d’honneur n’entraîne pas de séparation entre ceux qui sont honorés. Or, le mystère de la naissance exige l’égalité d’honneur. » (sur Jean 5, 23)

Grégoire de Nysse (335-394 apr. J.-C.)

« Lorsque nous disons que la Divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit est une, pourquoi interdisons-nous aux hommes de dire : “Il y a trois Dieux” ? » Sur « Il n’y a pas trois Dieux »

Ambroise de Milan (340-397 apr. J.-C.)

« Ces paroles sont donc écrites au sujet de Dieu, dont le Nom, la dignité et la vérité sont communs [à la fois au Père et] au Fils. » De la foi chrétienne 3, 3, 17.

Résumé

L’Église ne comptait pas de non-trinitaires. Les gnostiques, les ariens et autres hérétiques étaient exclus de l’Église. Les doctrines des Témoins de Jéhovah, des mormons et d’autres sont des inventions modernes.

Q : Dans Matthieu 28:19, que croyait l’Église primitive au sujet de la Trinité ?

R : Les chefs de file suivants de l’Église primitive et post-nicéenne ont enseigné les doctrines de la Trinité. Il est intéressant de noter que la publication de la Watchtower des Témoins de Jéhovah intitulée « Devriez-vous croire en la Trinité ? » cite la plupart de ces auteurs de l’Église primitive pour tenter de démontrer qu’ils ne croyaient pas en la Trinité.

Dirigeant

Références

Déclarations et croyances

Ignace : disciple de l’apôtre Jean, mort en 107 ou 116 apr. J.-C.

17 passages : Lettre à Polycarpe, chapitre 3 ; Éphésiens 7

« Jésus est Dieu »

« Dieu incarné »

Anonyme, vers 130 apr. J.-C.

À Diognète, chapitre 7

Le Christ envoyé en tant que roi, Dieu, homme et sauveur.

Justin le Martyr, vers 138-165 apr. J.-C.

Dialogue avec Tryphon, chapitres 55-56, 59, 61-64, 66, 74-78

« Méritant d’être adoré en tant que Dieu et Christ. » Il s’est trompé en pensant qu’il existait une époque antérieure au Christ.

Théophile d’Antioche, 168-181/188 apr. J.-C.

À Autolycos, livre 2, chapitre 22

Qu’est-ce donc que cette voix [dans le jardin d’Éden], sinon la Parole de Dieu, qui est aussi Son Fils ? (Il fut le premier, à notre connaissance, à employer le terme « Trinité »)

Irénée : disciple de l’apôtre Jean. 182-188 apr. J.-C.

Contre les hérésies, livre 3, chapitre 19.2, p. 449

« Jésus est Lui-même, à part entière, […] Dieu et Seigneur, […] »

Clément d’Alexandrie a écrit entre 193 et 217/220 apr. J.-C.

Stromates (193-202 apr. J.-C.), livre 5, chapitre 14, « L’Instructeur »

« la Sainte Trinité »

Hymne à la gloire de Jésus : « Seigneur de tous les temps et de tout l’espace ; Jésus, Sauveur de notre race ; »

Tertullien, vers 213 apr. J.-C.

L’ouvrage complet Contre Praxéas

Deuxième auteur connu pour avoir utilisé le terme « Trinité ».

Hippolyte, disciple d’Irénée, 225-235/6 apr. J.-C.

Contre l’hérésie de Noète

« Fils de Dieu qui, étant Dieu, s’est fait homme. » Après avoir cité Jean 1, 1-3, il ajoute : « Nous voyons donc le Verbe incarné, et nous connaissons le Père par Lui, et nous croyons au Fils, (et) nous adorons le Saint-Esprit. »

Origène d’Alexandrie, qui écrivit entre 225 et 254 apr. J.-C.

De Principiis, livre 1, chap. 3.8

Origène était très controversé à son époque, mais ses opinions sur la Trinité n’étaient pas remises en cause.

« La puissance de la Trinité est une et la même. » Origène s’est trompé sur la préexistence des âmes et sur l’universalisme humain final

Novatien (210-280 apr. J.-C.)

Traité sur la Trinité

Ouvrage en 32 chapitres sur la Trinité

Athanase (296-373)

Sermon sur Luc 10, 22

Unis sans confusion, distingués sans séparation, indivisibles sans degrés

Basile de Cappadoce (357-379 apr. J.-C.)

Lettre n° 8 aux Césaréens, « Sur l’Esprit »

Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, l’Esprit est Dieu. Traite de la controverse arienne

Grégoire de Nysse, 335-394 apr. J.-C.

« Il n’y a pas trois Dieux », Contre Eunomius

La nature du Père et du Fils est la même

Hilaire, 355-367/368 apr. J.-C.

A écrit un ouvrage sur la Trinité

Cela suffit.

Ambroise de Milan, 340-397 apr. J.-C.

Sur la foi chrétienne

« Saint, saint, saint » dans Apocalypse 4, 8 fait référence à la Trinité.

Jean Chrysostome (392-407 apr. J.-C.)

Homélie n° 3 sur Jean 1, 1

L’éternité du Verbe en tant que personne ; non créé

Augustin d’Hippone, 354-430 apr. J.-C.

Ouvrage : Sur la Trinité

N’acceptait aucune différence de rang

Nestorius : Concile d’Éphèse, 431 apr. J.-C.

Fondateur du christianisme nestorien

Sa conviction que Jésus était Dieu n’a jamais été remise en cause

Cyrille d’Alexandrie (431-444 apr. J.-C.)

Principal adversaire de Nestorius lors du concile d’Éphèse

A commencé à mettre l’accent sur Marie, la mère de Dieu. (malheureusement)

Patrick d’Irlande, vers 389-461 apr. J.-C.

n’a pas beaucoup écrit. Il est l’auteur de la « Lettre à Coroticus ».

Célèbre analogie du trèfle à quatre feuilles pour illustrer la Trinité

Q : Dans Matthieu 28, 19, puisque le mot « Trinité » ne figure pas dans la Bible, comment la Trinité peut-elle être biblique et donc vraie ?

R : Les mots « Ancien » et « Nouveau » Testament, « enlèvement », « missions », « vie de disciple » ou « évangélisation » ne figurent pas non plus dans la Bible. Le terme « unicité », tawhid en arabe, n’apparaît pas non plus dans le Coran. Le simple fait de donner des noms à des concepts bibliques ne les rend ni plus ni moins vrais. Comment appelez-vous les Trois qui partagent le Nom commun au nom duquel nous devons être baptisés ?

Pour les musulmans, si le mot « Trinité » ne figure pas dans la Bible, le mot désignant l’unité, « tawhid », n’apparaît pas non plus dans le Coran. Pour les mormons, membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, les mots « progression éternelle » ne figurent pas non plus dans le Livre de Mormon.

Q : Dans Matthieu 28:19, pourquoi ne puis-je pas me représenter la Trinité dans mon esprit ?

R : Vous n’êtes pas censé vous l’imaginer. Vous ne pouvez pas non plus vous représenter Dieu comme étant Tout-Puissant, omniprésent ou éternel, mais les limites de l’humanité ne restreignent pas Dieu. Vous attendriez-vous à tout comprendre parfaitement au sujet du Dieu infini ? Et comment votre esprit pourrait-il, de toute façon, définir et limiter ce qu’est Dieu ? Nous pouvons toutefois comprendre ce que Dieu a révélé de lui-même.

Il faut reconnaître que la Trinité peut prêter à confusion pour trois raisons.

1. La vérité de Dieu est souvent source de confusion pour les non-croyants.

2. Les faux docteurs ont ajouté à la confusion. Par exemple, les Témoins de Jéhovah n’acceptent pas la Trinité, mais ils-mêmes déforment souvent la Trinité qu’ils rejettent, ou ne savent même pas en quoi consiste la Trinité qu’ils rejettent. Alors que certains mormons affirment rejeter la Trinité, j’ai rencontré de nombreux mormons qui disent l’accepter. Cependant, ceux à qui j’ai parlé ne savaient pas en quoi elle consistait. La Trinité est bien plus que le simple fait que les trois soient un en amour, en esprit et en intention.

3. On ne peut pas simplement rejeter la faute sur les sectes. De nombreux chrétiens authentiques sont eux-mêmes mal armés pour expliquer clairement la Trinité.

Q : Dans Matthieu 28:19, la Trinité ne correspond tout simplement pas à l’image que je me fais de Dieu.

R : Vous devez choisir de suivre Dieu, quelles que soient vos idées préconçues, ou de ne suivre rien d’autre que votre propre image, votre idole ou votre dieu.

Q : Dans Matthieu 28:19, si la Trinité est vraie, Jésus est-il 1/3 de Dieu ?

R : Non, cette interprétation erronée de la Trinité relève du raisonnement humain, et qui plus est d’un raisonnement humain peu pertinent. La hauteur d’un bureau ne représente pas un tiers du bureau.

Jésus possède la plénitude de Dieu selon Colossiens 2, 9. Tout comme il est ridicule de dire que, puisque le soleil donne de la lumière, il ne peut pas donner de chaleur, le fait que Jésus possède la plénitude de Dieu ne signifie pas que le Père et l’Esprit ne puissent pas eux aussi posséder la plénitude de Dieu.

Q : Dans Matthieu 28:19, le concept de la Trinité provient-il des religions babyloniennes et assyriennes, qui comportaient des triades de dieux ?

R : Non. Lorsque Jésus a dit de baptiser au ____ du Père, du Fils et du Saint-Esprit, il a utilisé le mot « nom », et non « noms ». Une triade relève du polythéisme, avec trois êtres distincts et trois dieux distincts. La Trinité, quant à elle, est un Dieu unique et inséparable, composé de trois personnes distinctes.

D’autre part, s’il ne s’agissait que de trois parties d’un seul être, le grec aurait pu dire « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », mais ce n’est en réalité pas le cas. Le texte utilise le mot « nom » au singulier pour souligner leur unité, mais il comporte également l’article « le » devant « Père », « Fils » et « Esprit », ce qui souligne leur distinction.

Q : Dans Matthieu 28:19, pourquoi ne devrions-nous pas refuser d’adorer un père qui aurait envoyé son propre fils être torturé et mourir à sa place, comme l’a déclaré un prédicateur pentecôtiste unitarien ?

R : Il serait regrettable que vous refusiez d’adorer Dieu, sauf selon vos propres conditions. Non seulement le Père a envoyé Jésus mourir volontairement pour nous, mais il a également demandé à Abraham s’il serait prêt à sacrifier Isaac.

Q : Dans Matthieu 28, 19, le Credo de Nicée a-t-il été formulé pour la première fois à Nicée en 325 après J.-C. ?

R : En réalité, cela remonte à une époque antérieure. Beaucoup de gens l’ignorent, mais selon les Pères anténicéens, volume 7, p. 524, le Credo de Nicée adopté à Nicée n’était qu’une légère modification de l’ancien Credo de Jérusalem. Il est également très similaire au Credo de Néocésarée de 315 après J.-C.

Q : Dans Mt 28, 19, y a-t-il eu des ajouts au Credo de Nicée ?

R : Oui. Voici le Credo de Nicée original datant de l'an 325 après J.-C. (Traduction tirée de l'ouvrage « Ante-Nicene Fathers », tome 7, p. 524.

Texte original signé à Nicée par 318 évêques en 325 après J.-C.

Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur de toutes choses, visibles et invisibles :

et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, né du Père, Fils unique, c’est-à-dire de la même substance que le Père,

par qui toutes choses ont été faites, tant celles qui sont dans les cieux que celles qui sont sur la terre :

qui, pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu, s’est incarné et s’est fait homme :

Il a souffert et est ressuscité le troisième jour :

et est monté au ciel :

et reviendra pour juger les vivants et les morts.

Et au Saint-Esprit.

[l’anathème]

Et ceux qui disent qu’il fut un temps où il n’existait pas, ou qu’avant d’être engendré il n’existait pas, ou qu’il a été créé à partir du néant ; ou qui disent que le Fils de Dieu est d’une substance différente, ou qu’il est changeant ou instable, — ceux-là, l’Église catholique et apostolique les anathématise.

Addenda autorisés lors du concile de Constantinople en 381 après J.-C. et ratifiés lors du concile d’Éphèse (431 après J.-C.)

Du ciel et de la terre.

Engendré par le Père avant tous les mondes.

Par le Saint-Esprit, de la Vierge Marie.

Il a été crucifié pour nous aussi, sous Ponce Pilate,

et a été enseveli.

Il siège à la droite du Père,

dont le règne n’aura pas de fin.

Le Seigneur, source de vie,

qui procède du Père ;

Qui, avec le Père et le Fils, est adoré et glorifié ;

Qui a parlé par les prophètes :

dans une seule Église, sainte, catholique et apostolique.

Nous reconnaissons un seul baptême pour la rémission des péchés.

Nous attendons la résurrection des morts,

et la vie du monde à venir. Amen.

[L’anathème était absent]

Selon l’ouvrage *Creeds of Christendom*, tome 1, p. 24-29, certaines de ces phrases figuraient déjà dans les deux credos d’Épiphane et dans le credo de Cyrille de Jérusalem en 350 après J.-C.

Une deuxième modification apportée au Credo fut l’insertion de « et le Fils », précisant que le Saint-Esprit était envoyé par le Père et le Fils. Cette formulation apparut pour la première fois lors du troisième concile de Tolède en 589 après J.-C. Elle fut officiellement ajoutée au Credo par l’Église catholique et fut à l’origine d’une scission officielle avec l’Église orthodoxe sous le patriarche orthodoxe Photius vers 879 après J.-C.

Q : Dans Matthieu 28, 19, étant donné que « les » dans « faites de toutes les nations des disciples, enseignez-leur, en les baptisant » fait référence aux nations, et que les nations ne peuvent pas être immergées dans l’eau, cela signifie-t-il que ce passage ne peut pas être compris comme une référence au baptême d’eau ?

R : Non. Une « nation » ne peut pas non plus être formée en tant que disciple ni recevoir un enseignement, mais le terme « nations » désigne les peuples de ces nations. Cela allait de soi pour les premiers chrétiens, car ils comprenaient que Matthieu 28, 19 faisait référence au baptême d’eau. En voici la preuve.

Didachè (vers 125 apr. J.-C.), chap. 7, p. 379 : « Baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, dans de l’eau vive. Mais si vous n’avez pas d’eau vive, baptisez dans une autre eau ; et si vous ne pouvez pas le faire dans de l’eau froide, faites-le dans de l’eau tiède. Mais si vous n’en avez ni l’une ni l’autre, versez de l’eau trois fois sur la tête au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

Tertullien (198-220 apr. J.-C.) a consacré tout un ouvrage intitulé « Du baptême ». À un certain passage, Tertullien dit : « Mais maintenant que la foi s’est élargie et qu’elle est devenue une foi qui croit en Sa naissance, Sa passion et Sa résurrection, une dimension supplémentaire a été ajoutée au sacrement, à savoir l’acte de consécration du baptême ; en quelque sorte, le revêtement de la foi qui était auparavant nue et qui ne peut désormais exister sans sa loi propre. Car la loi du baptême a été imposée, et la formule prescrite : « Allez », dit-Il, « enseignez les nations, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » *Sur le baptême*, chap. 13, p. 676

Hippolyte, évêque de Portus (222-235/6 apr. J.-C.), préconise de baptiser au nom du « Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Il mentionne brièvement Corneille. Contre l’hérésie de Noète, chap. 14, p. 228

Traité contre Novatien (254-257 apr. J.-C.), chap. 3, p. 658, indique qu’il faut baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Traité sur le rebaptême (254-257 apr. J.-C.), chap. 7, p. 671 : « baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

Cyrille de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.) : « Car le Seigneur, après sa résurrection, en envoyant ses disciples, leur a donné des instructions et leur a enseigné de quelle manière ils devaient baptiser, en disant : “Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, en les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.” Il évoque la Trinité, au nom de laquelle les nations devaient être baptisées. Marcion défend-il donc la Trinité ? Affirme-t-il donc le même Père, le Créateur, que nous ? Connaît-il le même Fils, le Christ né de la Vierge Marie, qui, en tant que Verbe, s’est fait chair, qui a porté nos péchés, qui a vaincu la mort en mourant, qui, par Lui-même, a été le premier à opérer la résurrection de la chair, et qui a montré à Ses disciples qu’Il était ressuscité dans cette même chair ? La foi de Marcion est très différente, et, de surcroît, celle des autres hérétiques ; non, chez eux, il n’y a rien d’autre que la perfidie, le blasphème et la discorde, qui sont hostiles à la sainteté et à la vérité. Comment donc celui qui est baptisé parmi eux pourrait-il sembler avoir obtenu la rémission des péchés et la grâce de la miséricorde divine par sa foi, alors qu’il ne possède pas la vérité de la foi elle-même ? » Lettres de Cyprien, Lettre 72, chap. 3, p. 380-381

Q : Dans Mt 28, 19, disait-on à l’origine : « baptisez au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » ?

R : Un site web affirme que ce n’était pas le cas. Il s’appuie pour cela sur un manuscrit copte non identifié et sur l’Évangile de Matthieu en hébreu (ébionite) datant du début du VIIe siècle. La version ébionite est un ouvrage distinct qui constitue une version abrégée de l’Évangile de Matthieu.

À l’inverse, voici les preuves indiquant que cette formulation figurait bien dans le texte original.

La Didachè (vers 60-120 apr. J.-C.), vol. 7, chap. 7, p. 379, la cite ainsi : « Après avoir d’abord dit toutes ces choses, baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, dans l’eau vive [c’est-à-dire l’eau courante]. Mais si vous n’avez pas d’eau vive, baptisez dans une autre eau ; et si vous ne pouvez pas le faire dans de l’eau froide, faites-le dans de l’eau tiède. Mais si vous n’avez ni l’une ni l’autre, versez de l’eau trois fois sur la tête au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Il n’y avait pas de « formule » précise, car dans la Didachè, on trouve à la fois le baptême « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (chap. 7, p. 379) et « au nom du Seigneur » (chap. 9, p. 380).

Irénée (182-188 apr. J.-C.) : « Et encore, en conférant aux disciples le pouvoir de la régénération vers Dieu, Il [Jésus] leur dit : “Allez et enseignez toutes les nations, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.” » Irénée, Contre les hérésies, livre 3, chap. 17.1, p. 444.

Tertullien (198-220 apr. J.-C.) paraphrase légèrement ce verset comme suit : « Il [Jésus] a ordonné aux onze autres, au moment de son départ vers le Père, d’« aller enseigner toutes les nations, qui devaient être baptisées au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Dans *Prescription contre les hérétiques*, chap. 20, p. 252.

Tertullien s’exprime de manière légèrement différente dans *Du baptême*, chap. 13, p. 676 : « Dieu, dit-Il [Jésus], “enseignez aux nations, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit” ».

Hippolyte (222-235/6 apr. J.-C.) le cite ainsi : « Allez et enseignez toutes les nations, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Contre l’hérésie de Noète, chap. 14, p. 228

*Traité contre Novatien* (254-256 apr. J.-C.), chap. 3, p. 658 : « Allez et prêchez l’Évangile aux nations, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. C’est-à-dire que cette même Trinité qui agissait de manière symbolique au temps de Noé par l’intermédiaire de la colombe agit désormais spirituellement dans l’Église par l’intermédiaire des disciples. »

Traité sur le rebaptême (vers 250-258 apr. J.-C.), chap. 7, p. 671 : « Allez, enseignez les nations ; baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

Septième concile de Carthage (258 apr. J.-C.), p. 567. Munnulus de Girba a déclaré : « … notamment dans la Trinité du baptême, comme le dit notre Seigneur : “Allez et baptisez les nations au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.” »

Septième concile de Carthage (258 apr. J.-C.), p. 569. Vincent de Thibaris a déclaré : « Allez et enseignez les nations, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

Victorin de Petau (-307 apr. J.-C.) le cite ainsi : « Il [Jésus] envoya les apôtres en disant : “Allez, enseignez toutes les nations, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.” » Commentaire sur l’Apocalypse, chapitre 1, n° 15, p. 345

Q : Quelles preuves existe-t-il que Matthieu soit l’auteur de l’Évangile selon Matthieu ?

R : L’Église primitive a universellement admis que l’apôtre Matthieu avait rédigé l’Évangile selon Matthieu. En réalité, les preuves sont nombreuses.

Papias (95-110 apr. J.-C.) mentionne nommément les livres de Matthieu et de Marc. Fragment 6 de l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe, livre 3, chapitre 39.

Claudius Apollinaris (160-180 apr. J.-C.) mentionne Matthieu, les Évangiles et la Loi. Pères anténicéens, vol. 8, chap. 772

Irénée (182-188 apr. J.-C.) cite Mt 1, 1 en attribuant ce passage à Matthieu. Irénée, Contre les hérésies, livre 3, chapitre 16.2, p. 440

Clément d’Alexandrie (193-202 apr. J.-C.) : « Et dans l’Évangile selon Matthieu, la généalogie qui commence par Abraham se poursuit jusqu’à Marie, la mère du Seigneur. » Stromates, livre 1, chapitre 21, p. 334

Tertullien (198-220 apr. J.-C.) déclare : « Je veux parler des Évangiles de Jean et de Matthieu – tandis que celui que Marc a publié peut être considéré comme celui de Pierre, dont Marc était l’interprète. Car même la version de l’Évangile de Luc, les hommes l’attribuent généralement à Paul. Et il peut bien paraître que les œuvres que les disciples publient appartiennent à leurs maîtres. » Tertullien, Cinq livres contre Marcion, livre 4, chapitre 5, p. 350

Tertullien a écrit : « … que le Testament évangélique a pour auteurs des apôtres, … ainsi que des hommes apostoliques … Parmi les apôtres donc, Jean et Matthieu nous insufflent d’abord la foi ; tandis que, parmi les hommes apostoliques, Luc et Marc la renouvellent par la suite. » Cinq livres contre Marcion, livre 4, chapitre 2, p. 347

Jules Africain (232-245 apr. J.-C.) mentionne « l’évangéliste Matthieu » et « Luc » en comparant les deux généalogies de Jésus dans sa Lettre à Aristide, chapitre 3, p. 126

Origène (225-254 apr. J.-C.) mentionne Matthieu, Marc, Luc et Jean. Origène, Contre Celse, livre 5, chapitre 56, p. 568.

Cypiane de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.) mentionne « l’Évangile selon Matthieu » en citant Matthieu 5, 23-24 dans les Traités de Cypiane – Témoignages, chap. 3, p. 533. Voir également les Traités de Cypiane, Traité 12, troisième livre, 1.40.

Dionysius d’Alexandrie (246-265 apr. J.-C.) : « C’était “à la fin du sabbat”, comme l’a dit Matthieu ; c’était “tôt, alors qu’il faisait encore nuit”, comme l’écrit Jean ; c’était “très tôt le matin”, comme le dit Luc ; et c’était “très tôt le matin, au lever du soleil”, comme nous le raconte Marc. Ainsi, personne ne nous a clairement indiqué l’heure exacte à laquelle Il est ressuscité. » Lettre n° 5 à l’évêque Basilide, p. 94

Adamantius (vers 300 apr. J.-C.) « Serez-vous d’accord si je démontre, à partir des Évangiles, qu’ils ne sont pas des inventions ? » … « Ce sont les disciples du Christ qui les ont rédigés : Jean et Matthieu ; Marc et Luc. » Dialogue sur la vraie foi, première partie, « b 5 », p. 41

Victorin de Petau (martyrisé en 304 apr. J.-C.) mentionne le Psaume, Matthieu, Isaïe et Daniel. Commentaire sur la création du monde, p. 342

Après 325 apr. J.-C.

Hégémonios (IVe siècle) : « L’Esprit, dans l’évangéliste Matthieu, prend également soin de rapporter ces paroles de notre Seigneur Jésus-Christ : “Prenez garde que personne ne vous séduise ; car plusieurs viendront en mon nom, disant : C’est moi qui suis le Christ ; et ils séduiront beaucoup de monde. Mais si quelqu’un vous dit : Voici, le Christ est ici, ou : Il est là, ne le croyez pas. Car il s’élèvera de faux Christs, de faux apôtres et de faux prophètes, qui feront de grands signes et des prodiges, au point que, si cela était possible, ils séduiraient même les élus. Voici, je vous l’ai dit d’avance. S’ils vous disent : « Voici, il est dans le désert », n’y allez pas ; s’ils disent : « Voici, il est dans les chambres secrètes », ne le croyez pas. » Dispute avec Manès, chap. 35, p. 209

Q : Quand l’Évangile selon Matthieu a-t-il été rédigé ?

R : Tout ce que nous pouvons affirmer, c’est que l’Évangile selon Matthieu a été rédigé après l’an 33 de notre ère et, selon toute vraisemblance, avant l’an 70 de notre ère. Certains chercheurs libéraux estiment que, puisque Jésus ne pouvait pas prédire les événements futurs, ce texte a nécessairement été rédigé entre les années 70 et 100 de notre ère.

Q : Dans l’Évangile selon Matthieu, comment savoir si le texte dont nous disposons aujourd’hui est une version fidèle de ce qui a été écrit à l’origine ?

R : Il y a au moins trois bonnes raisons.

1. Dieu a promis de préserver sa Parole dans Ésaïe 55, 10-11 ; Ésaïe 59, 21 ; Ésaïe 40, 6-8 ; 1 Pierre 1, 24-25 ; et Matthieu 24, 35.

2. Les témoignages de l’Église primitive. De nombreux auteurs ont cité ou fait référence à l’Évangile selon Matthieu. Voici quelques-uns des plus anciens.

Clément de Rome (96-98 apr. J.-C.) cite Matthieu 6, 12-15 ; 7, 2 ; 15, 8. Bien que Matthieu 15, 8 (chap. 5, p. 9) soit identique à Marc 7, 6 et Ésaïe 29, 13.

Ignace, dans sa Lettre aux Smyrniotes 1, 1 (90-116 apr. J.-C.) et dans sa Lettre à Polycarpe, chap. 2, p. 94, cite Matthieu 10, 16b.

La Didachè (= L’Enseignement des douze apôtres) (120-150 apr. J.-C.), chap. 8, p. 379, cite le « Notre Père » tiré de Matthieu 6, 5, 9-13. Il provient sans aucun doute de Matthieu et non de Luc, selon la note de bas de page n° 24.

2 Clément (120-140 apr. J.-C.), chapitre 3, p. 252, cite Matthieu 10, 32 comme provenant de Jésus et fait également allusion à Matthieu 22, 37.

2 Clément (120-140 apr. J.-C.), chap. 4, p. 252, paraphrase Matthieu 7, 21.

2 Clément (120-140 apr. J.-C.), chap. 5, p. 252, cite Matthieu 5, 28 comme provenant de Jésus.

2 Clément (120-140 apr. J.-C.), chapitre 9, p. 253, paraphrase Matthieu 12, 50 comme si ces paroles émanaient de Jésus

L’Épître de Barnabé (vers 70-130 apr. J.-C.), chapitre 5, cite Matthieu 20, 16 (ainsi que 22, 14). La note de bas de page des Pères anténicéens, p. 139, précise qu’il s’agit de la première citation précédée de la formule faisant autorité « il est écrit ».

La Lettre de Polycarpe aux Philippiens, chapitre 2, p. 33 (110-155 apr. J.-C.), cite intégralement Matthieu 7, 1 : « Mais souvenez-vous de ce que le Seigneur a dit dans son enseignement : “Ne jugez pas, afin de ne pas être jugés” ».

Polycarpe cite Matthieu 6, 13a dans sa Lettre aux Philippiens, chapitre 7, p. 34-35

Polycarpe cite Matthieu 26, 41b dans sa Lettre aux Philippiens, chapitre 7, pages 34-35

Le Mathetes à Diognète, chapitre 9, p. 28 (vers 130 apr. J.-C.), fait allusion à Matthieu 6, 25, en affirmant que le Sauveur nous a enseigné à faire confiance à… afin que nous ne nous inquiétions pas pour le vêtement et la nourriture.

Le « Mathetes à Diognète », chapitre 8, p. 28 (vers 130 apr. J.-C.), fait allusion à Matthieu 19, 17

Papias (95-110 apr. J.-C.) fut l’un des premiers auteurs à s’être entretenu personnellement avec Pierre, Jacques, Jean, Matthieu et d’autres (selon le fragment 1). Dans le fragment 6, il indique que Matthieu a rassemblé les paroles [de Jésus] en langue hébraïque.

Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.) s’appuie sur des références à Matthieu (près de 38 fois), ce qui est plus que pour les autres évangiles. Voir les Pères anténicéens, volume 1, p. 591, pour comparer cela aux références de Justin aux autres évangiles. Gardez à l’esprit qu’un certain nombre de références dans Luc sont communes à Luc et à Matthieu. Il cite ou paraphrase Matthieu 1, 21 ; 3, 11-12, 17 ; 4, 9, 10 ; 5, 20, 28, 29, 32 ; 5, 34, 37, 44, 45, 46 ; 6, 1, 16, 19, 20, 21, 22, 25, 26, 33, 41 ; 7, 15, 16, 19, 21, 22 ; 8, 11 ; 9, 13 ; 10, 28 ; 11, 12-15, 27 ; 12, 38 et suivants ; 13, 3, 42 ; 15, 22-28 ; 16, 21, 26 ; 17, 12 ; 19, 6, 12, 17, 26, 28 ; 21, 13 ; 22, 17, 19-21, 37 ; 23, 15, 23, 24, 27 ; 24, 11 ; 25, 41 ; 26, 39

Le Canon muratorien mentionne l’Évangile selon Matthieu (vers 170 apr. J.-C.) aux côtés des trois autres évangiles.

Le « Pasteur d’Hermas » (vers 160 apr. J.-C.), livre 1, quatrième vision, chapitre 2, p. 18, cite un quart de Matthieu 26, 24 : « Il aurait mieux valu pour eux de ne pas être nés. »

Le « Pasteur d’Hermas » (vers 160 apr. J.-C.), livre 2, chapitre 6, p. 30, fait allusion à une partie de Matthieu 10, 28 : « Craignez Celui qui a tout pouvoir, tant pour sauver que pour détruire. »

L’hérétique Tatien (vers 172 apr. J.-C.) a rédigé une harmonie des quatre Évangiles intitulée le Diatessaron. Il y fait référence à 839,12 versets de Matthieu, en comptant par fractions de versets. Cela représente 78,4 % de l’Évangile dans son intégralité.

Claudius Apollinaris (160-180 apr. J.-C.) mentionne Matthieu, les Évangiles et la Loi. Pères de l’Église d’avant Nicée, vol. 8, chap. 772

Apollonius d’Éphèse (vers 210 apr. J.-C.) cite Matthieu 10, 9 comme provenant du Seigneur dans *Sur le montanisme*, chap. 4, p. 776. Il cite également Matthieu 12, 33 dans *Sur le montanisme*, chap. 4, p. 776

Théophile d’Antioche (168-181/188 apr. J.-C.) cite Matthieu 5, 28 comme « la voix de l’Évangile » dans *Théophile à Autolycos*, livre 3, chap. 3, p. 115

Irénée (182-188 apr. J.-C.) fait de nombreuses références aux quatre Évangiles, mais c’est lui aussi Matthieu qu’il cite le plus souvent. Il cite, en entier ou en partie, 223 versets de Matthieu. Irénée affirme que cet Évangile a été rédigé par Matthieu dans *Contre les hérésies*, livre 3, chapitre 16, p. 441. Voici une liste des versets qu’il cite ou paraphrase dans les neuf premiers chapitres de Matthieu : 1, 1 ; 12-16 ; 18 ; 20 ; 23 ; 2, 15 ; 16 ; 3, 3 ; 7 ; 9-12 ; 16 ; 4, 3 ; 7 ; 9 ; 10 ; 5, 5 ; 8 ; 13a ; 14a ; 16 ; 18 ; 20-28 ; 33-35 ; 41 ; 44 ; 45 ; le dernier tiers de 5, 12 et le tiers central de 7, 7 ; 6, 12a, 19, 24, 27 ; 7, 1-2, 5 ; 8, 9, 11-13 ; 9, 2a, 6, 8, 29

Irénée fait également allusion à Matthieu 2, 16 ; 5, 39 ; 7, 15, 19, 25 ; 9, 17 ; 11, 9 ; 12, 18, 31 ; 13, 25, 38, 44 ; 17, 3, 7, 27

Je n’ai pas encore vérifié toutes les références d’Irénée aux chapitres 10 et suivants de Matthieu.

Clément d’Alexandrie, dans les *Stromates*, livre 1, chapitre 21, p. 334 (193-202 apr. J.-C.) : « Et dans l’Évangile selon Matthieu, la généalogie qui commence par Abraham se poursuit jusqu’à Marie, la mère du Seigneur. » Il cite également de nombreux autres passages de Matthieu.

Tertullien (198-220 apr. J.-C.) insiste sur la paternité de Matthieu, Marc, Luc, Jean, l’Apocalypse et de nombreuses épîtres de Paul dans *Cinq livres contre Marcion*, livre 4, chapitre 5, p. 350. Il cite de nombreux versets de Matthieu.

Hippolyte (225-235/6 apr. J.-C.) cite Matthieu 7, 21 et Matthieu 21, 31 comme provenant du Sauveur. Dans son ouvrage *Réfutation de toutes les hérésies*, livre 5, chapitre 3, p. 54, il cite également de nombreux autres versets de Matthieu.

Théodote, probablement montaniste (vers 240 apr. J.-C.), cite Matthieu 12, 50 comme provenant du Seigneur. Extraits de Théodote, chapitre 20, p. 25

Jules l’Africain (232-245 apr. J.-C.) mentionne « l’évangéliste Matthieu » et « Luc » en comparant les deux généalogies de Jésus dans sa Lettre à Aristide, chap. 3, p. 126

Origène (225-254 apr. J.-C.) cite abondamment Matthieu, puisqu’il a rédigé un commentaire complet sur l’Évangile selon Matthieu. Parmi les citations d’Origène figure Matthieu 24, 23-27.

Novatien (257 apr. J.-C.), dans *Sur la Trinité*, chapitre 8, p. 617, cite Matthieu 10, 29-30 en précisant qu’il s’agit d’une parole de Jésus. Au chapitre 12, il cite également Matthieu 27, 20 en précisant qu’il s’agit d’une parole de Jésus. Novatien cite Matthieu 1, 23 (p. 635) ; 5, 8 (p. 639-640) ; 10, 28a (p. 636) ; 10, 29-30 (p. 617) ; 12, 32b (p. 641) ; 16, 16 (p. 637) ; 16, 16 (p. 637) ; 28, 20b (p. 621)

Un Traité contre Novatien cite quatre versets de Matthieu : 7, 2a (p. 661) ; 7, 22, 23 (p. 659), 10, 33 (p. 659), 23, 12a (p. 661) ; peut-être d’autres

Le « Traité sur le rebaptême » (vers 250-259 apr. J.-C.) cite Matthieu 3, 11b (chap. 2, p. 668) et 9, 2b (chap. 18, p. 677) ; 10, 32 (chap. 11, p. 673), 12, 37 sous la mention « dans l’Évangile » (chap. 13, p. 675), 16, 22-23 (chap. 9, p. 672) ; 24, 4, 23 et 24 (chap. 12, p. 674), 26, 70 (p. 672), 28, 19 (chap. 7, p. 671)

Cyrille, évêque de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.) : « Dans l’Évangile selon Matthieu : “Quiconque prononcera une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais quiconque parlera contre le Saint-Esprit, cela ne lui sera pas pardonné, ni dans ce monde ni dans le monde à venir.” » Traités de Cyprien, Traité 3, chap. 28, p. 542

Cyprien, évêque de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.), cite Matthieu 5, 43-45, mentionnant ce que Jésus dit « dans son Évangile » dans les Traités de Cyprien, traité 10, chap. 15, p. 495.

Cyrille de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.) cite Matthieu 15, 13 comme provenant du « Seigneur dans son Évangile » ; Lettre 48, 4, p. 326

Moyses et al., dans leur lettre à Cyprien (lettre 25), chapitre 4, p. 303 (250-251 apr. J.-C.), citent Matthieu 10, 37-38 en attribuant ces paroles à « notre Seigneur, comme par la trompette de son Évangile »

Cornelius à Cyprien (vers 246-256 apr. J.-C.) cite Matthieu 5, 8 en tant que « la parole évangélique » Lettre 45, chap. 2, p. 323

Firmilien de Césarée, dans une lettre adressée à Cyprien (256 apr. J.-C.), cite Matthieu 16, 9 comme provenant de Jésus (Lettre 74, chap. 16, p. 394).

Lors du septième concile de Carthage (258 apr. J.-C.), Lucius de Castra Galbae déclara : « Puisque le Seigneur a dit dans son Évangile : “Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel perd sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ?” » p. 566

Grégoire le Thaumaturge (240-265 apr. J.-C.) cite une partie de Matthieu 15, 11 comme provenant du Sauveur. Épître canonique, canon 1, p. 18

Dionysius d’Alexandrie (246-265 apr. J.-C.) : « C’était “à la fin du sabbat”, comme l’a dit Matthieu ; c’était “tôt, alors qu’il faisait encore sombre”, comme l’écrit Jean ; c’était “très tôt le matin”, comme le dit Luc ; et c’était “très tôt le matin, au lever du soleil”, comme nous le rapporte Marc. Ainsi, personne ne nous a clairement indiqué l’heure exacte à laquelle Il est ressuscité. » Lettre n° 5 à l’évêque Basilide, p. 94

Anatolius d’Alexandrie (270-280 apr. J.-C.) fait référence à Matthieu 26, 17 dans son Canon pascal, chap. 8, p. 148, et à Matthieu 26, 38 en le qualifiant de « par le Seigneur lui-même » au chap. 10, p. 149

Adamantius (vers 300 apr. J.-C.) : « Serez-vous d’accord si je démontre, à partir des Évangiles, qu’ils ne sont pas des inventions ? » … « Ce sont les disciples du Christ qui les ont écrits : Jean et Matthieu ; Marc et Luc. » Dialogue sur la vraie foi, première partie, « b 5 », p. 41

Victorin de Petau (martyrisé en 304 apr. J.-C.) mentionne le Psaume, Matthieu, Ésaïe et Daniel dans son Commentaire sur la création du monde, p. 342

Pierre d’Alexandrie (306, 285-311 apr. J.-C.) cite Matthieu 21, 6 et 6, 24 comme provenant du Seigneur dans son « Épître canonique », canon 12, p. 276-277. Il fait également allusion à Matthieu 2, 13-16 dans le canon 13, p. 277, et cite Matthieu 2, 22-23 dans le canon 13, p. 277

Méthode (270-311/312 apr. J.-C.) : « Or, toute la médiation spirituelle des Écritures nous est donnée comme du sel qui pique pour notre bien et qui désinfecte, sans lequel il est impossible à une âme, par le biais de la raison, d’être conduite vers le Tout-Puissant ; car “vous êtes le sel de la terre”, a dit le Seigneur aux apôtres. » [Matthieu 5, 13] *Le Banquet des dix vierges*, livre 1, discours 1, chap. 1, p. 311

Dans *Le Martyre d’Habib le diacre* de Théophile, Matthieu 10, 39 et Matthieu 7, 6 sont tous deux cités comme « Écriture » à la page 694.

Athanase d’Alexandrie (vers 318 apr. J.-C.) ne fait pas référence à Matthieu dans *Contre les païens*. Cependant, dans *L’Incarnation du Verbe*, il cite Matthieu 19, 4 (chap. 2.6, p. 37), Matthieu 1, 23 (ainsi qu’Ésaïe 7, 14) (chap. 33.3, p. 54), Matthieu 11, 13 (chap. 40.4, p. 57-58) et Matthieu 26, 64 (chap. 56.4, p. 66). Si Athanase n’a fait référence à aucun autre verset de Matthieu avant 325 apr. J.-C., il a en revanche cité de nombreux autres versets de Matthieu après cette date.

Alexandre d’Alexandrie (321 apr. J.-C.) cite Matthieu 11, 27b comme provenant du Sauveur. Épîtres sur l’hérésie arienne, chap. 5, p. 293

Alexandre d’Alexandrie (321 apr. J.-C.) cite Matthieu 3, 17 comme figurant « dans l’Évangile ». Épîtres sur l’hérésie arienne, chap. 8, p. 294.

Alexandre d’Alexandrie (321 apr. J.-C.) cite Matthieu 11, 12 comme « prononcé par le Christ ». Épîtres sur l’hérésie arienne, chap. 12, p. 295

Lactance (vers 303-vers 325 apr. J.-C.) fait allusion à Matthieu 14, 22-26 lorsqu’il évoque Jésus marchant sur l’eau. Les Institutions divines, livre 4, chapitre 15, p. 116. Lactance fait également allusion à Matthieu 5, 44 ; 7, 15 ; 18, 7 ; ainsi qu’aux chapitres 14, 19 et 21. Il cite Ésaïe 7, 14 en l’attribuant à Ésaïe, ce qui correspond également à Matthieu 1, 23.

Eusèbe de Césarée (318-325 apr. J.-C.) cite l’intégralité de Matthieu 5, 38-40 dans *Démonstration de l’Évangile*, livre 1, chapitre 6, p. 11

L’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe (318 apr. J.-C.), livre 3, chapitre 24, p. 152, traite des quatre Évangiles : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Pères nicéens et post-nicéens, deuxième série, vol. 1, p. 152

Veuillez vous reporter à la question suivante pour savoir quels versets et quelles parties de versets ont été cités et lesquels ne l’ont pas été.

Preuves concernant les hérétiques et les livres apocryphes

L’hérétique encratite Tatien (vers 172 apr. J.-C.) a rédigé une harmonisation des quatre Évangiles intitulée le Diatessaron, ce qui signifie « à travers [les] quatre ». Il y fait référence à 839,12 versets de Matthieu, soit 78,4 % de l’Évangile de Matthieu dans son intégralité.

L’hérétique manichéen Faustus-Milevis (383-400 apr. J.-C.) cite Matthieu 1, 1 comme étant de Matthieu. Réponse d’Augustin à Faustus le manichéen, livre 23, chapitre 1, Pères nicéens et post-nicéens, première série, vol. 4, p. 313

3. Les plus anciens manuscrits de Matthieu dont nous disposons présentent de légères variations, mais aucune erreur d’importance théologique. Les manuscrits du Nouveau Testament encore existants, copiés avant 325 apr. J.-C., contiennent 91,7 % de l’Évangile selon Matthieu, soit 982,07 versets sur 1 071. Pour plus de détails à ce sujet, consultez https://biblequery.org/Bible/BibleReliability/EarlyChristianNTQuotes.xlsx.

p1 (= Papyrus d’Oxyrhynchus 2) Mt 1,1-9,12,14-20 ; (pas 2,14) (vers 200 apr. J.-C.) Texte alexandrin

Voici les dates publiées concernant ce manuscrit.

IIIe siècle – 1968 – The Text of the New Testament

IIIe siècle – 1975 – Aland, 3e édition

IIIe siècle – 1990 – Comfort, « Early Manuscripts & Modern Translations of the New Testament »

IIIe siècle – 1998 – Aland, 4e édition révisée

Milieu du IIIe siècle, similaire au p. 69 – 1999 – Comfort, Le texte complet des plus anciens manuscrits du Nouveau Testament

La couverture comporte une inscription. Alors qu’O’Callaghan pense qu’il pourrait s’agir de Matthieu 2, 14, Philip Comfort, dans *Le texte complet des plus anciens manuscrits du Nouveau Testament*, p. 29, affirme que ce n’est pas le cas, car l’écriture est différente et la marge au-dessus des trois lignes brisées est plus large que dans le reste de Matthieu. Ce texte aurait pu être un sous-titre descriptif ou un titre.

p. 19 (= Papyrus d’Oxyrhynchus 9) Mt 10, 32-11, 5

Texte principalement occidental

IVe ou Ve siècle – 1968, *The Text of the New Testament*

p. 21 (= Papyrus d’Oxyrhynchus 10) Mt 12, 24-26 ; 31-33 (Conforme au Bezae Cantabrigiensis et au Sinaiticus corrigé)

p. 25 (= Papyrus 16388, aujourd’hui perdu. Il se trouvait à Berlin avant la Seconde Guerre mondiale) Mt 18, 32-34 ; 19, 1-3, 5-7, 9-10

Fin du IVe siècle – 1968 – Le texte du Nouveau Testament. Texte occidental

p. 35 Mt 25, 12-15, 20-23 (IIIe siècle)

Probablement IVe siècle – 1968 – Le texte du Nouveau Testament. Entre le texte alexandrin et le texte occidental

p. 37 (= Ann Arbor 1570) Mt 26, 19-52 (milieu du IIIe siècle) L’écriture est similaire à celle des lettres d’Héroninos (256 et 260 apr. J.-C.)

IIIe/IVe siècle – 1969 –

p. 45 Chester Beatty I (les quatre Évangiles et les Actes) (100-150 apr. J.-C.) (que l’on pensait auparavant dater de la fin du IIe ou du début du IIIe siècle apr. J.-C.) (Mt 20, 24-32 ; 21, 13-19 ; 25, 41-26, 39, des passages de Marc, Luc et Jean) Le rouleau original comptait environ 220 feuillets, dont 30 nous sont parvenus. Deux de ces 30 feuillets proviennent de Matthieu.

p53 (= Papyrus Michigan Inv. 6652) Mt 26, 29-40 et Ac 9, 33-38 ; 3 lettres parmi les 124 lettres de 9, 39 ; 9, 40-10, 1. (vers 260 apr. J.-C.) La datation repose sur des similitudes avec des lettres d’Héroninos datant d’environ 260 apr. J.-C. Il s’agit d’un texte composite.

p64 (Papyrus de Magdalen), p67, vers 200 apr. J.-C. Le papyrus p64 a conservé Matthieu 26, 7, moins de la moitié des lettres du verset 8 ; 26, 10, 14-15, 22-23, 31-33 (sur trois fragments). Le P64 a été acquis en Égypte en 1901, mais n’a été mis à la disposition des chercheurs qu’en 1953. Le P67 a conservé Matthieu 3, 9, 15 ; 5, 20-22, 25-28.

Le p70 (= Papyrus d’Oxyrhynque 24) contient Matthieu 2, 13-16 ; 2, 22-3, 1 ; 11, 26-27 ; 12, 4-5 ; 24, 3-6, 12-15. (IIIe siècle) Le p70 présente un epsilon nettement différent, et l’écriture ressemble à celle du P. Medici 13 (de l’Ecclésiaste) datant du IIIe siècle.

IIIe siècle – 1968, *Le texte du Nouveau Testament*.

Le p. 71 (= Papyrus d’Oxyrhynque 2385) contient Mt 19, 10-11, 17-18 (IVe siècle)

IVe siècle – 1968 – Le texte du Nouveau Testament. Concordance avec le Vaticanus

p. 77/p. 103 contient Mt 23, 30-39 (p. 77) ; 13, 55-57 ; 14, 3-5 (du milieu à la fin du IIe siècle)

p. 83 contient Mt 20, 23-25, 30-31 ; 23, 39 ; 24, 1, 6 (VIe siècle)

p. 86 : Mt 5, 13-16, 22-25 (vers 300 apr. J.-C.)

p. 101 (= Papyrus d'Oxyrhynque 4401), IIIe siècle, contient Mt 3, 10-12 ; 3, 16-4, 3

p. 102 (= Papyrus d'Oxyrhynque 4402), vers 300 apr. J.-C. : Mt 4, 11-12 ; 22-23

p. 103 (= Papyrus d’Oxyrhynque 4403) contient Mt 13, 55-57 ; 14, 3-5 (du IIe au IIIe siècle)

p. 104 (= Papyrus d’Oxyrhynque 4404) (début à milieu du IIe siècle) contient Mt 21, 34-37, 43, 45 ?

p. 110 (= Papyrus d’Oxyrhynchus 4494) contient Mt 10, 13-14, 25-27 (IVe siècle)

pAntinoopolis 2.54, IIIe siècle, contient le Notre Père. Mt 6, 10-12. Il semble que ce manuscrit ne comportait à l’origine que le Notre Père.

Le 0171 (vers 300 apr. J.-C.) contient Mt 10, 17-23, 25-32

Le Vaticanus [B] (325-350 apr. J.-C.) et le Sinaiticus [Si] (340-350 apr. J.-C.) contiennent l’intégralité de l’Évangile selon Matthieu.

L’Alexandrinus [A] (vers 450 apr. J.-C.) n’a conservé que Matthieu 25, 7 jusqu’à la fin.

Copte bohairique [Boh] IIIe/IVe siècle

Copte sahidique [Sah] IIIe/IVe siècle

Syriaque de la Peshitta [Syr P] 400-450 apr. J.-C.

Éphraémi Rescriptus [C] Ve siècle

Arménien [Arm] à partir du Ve siècle

Géorgien [Geo] à partir du Ve siècle

Éthiopien [Eth] à partir de vers 500 apr. J.-C.

Gothique, 493-555 apr. J.-C.

Consultez la page www.BibleQuery.org/MatthewManuscripts.html pour en savoir plus sur les premiers manuscrits de Matthieu.

Q : Dans l'Évangile selon Matthieu, quels versets et quelles parties de versets ont été cités par les auteurs pré-nicéens (avant 325 apr. J.-C.) ?

R : Avant 325 apr. J.-C., les auteurs ecclésiastiques ont cité environ 87,5 % des versets de l’Évangile selon Matthieu. Cela représente 937,31 versets. En d’autres termes, tous les 1 071 versets de l’Évangile selon Matthieu ont été cités, à l’exception de 133,69 versets. Consultez https://biblequery.org/Bible/BibleReliability/EarlyChristianNTQuotes.xlsx pour plus de détails. Le Diatessaron de Tatien fait référence à 839,12 des 1 071 versets de Matthieu.

Q : Existe-t-il des manuscrits de Matthieu plus anciens qui subsistent encore aujourd’hui ?

R : La datation du manuscrit de Magdala (p. 64 + p. 67) est contestée.

La plupart s’accordent à dire qu’il a été rédigé avant le IIIe siècle après J.-C., en raison de son style d’écriture sur papyrus, qui n’était plus utilisé après le début du IIIe siècle.

Date antérieure (vers 50-64/65 apr. J.-C.) C'est l'avis de Carsten Thiede, un papyrologue allemand. Trois éléments viennent étayer ce point de vue.

1) L'onciale : le papyrus de la Madeleine était un papyrus « oncial » (entièrement en majuscules), un style utilisé jusqu'au milieu du Ier siècle après J.-C.

2) Comparaison de l’écriture avec des textes datant du milieu du Ier siècle après J.-C. découverts à Pompéi et à Herculanum

3) À titre de hypothèse, il se pourrait que les chrétiens, soucieux de préserver leurs Écritures, aient commencé à utiliser des codex plus tôt.

Cette information figurait dans le magazine *Time* (23 janvier 1995). Voir *The Real Jesus*, p. 78, pour une analyse de cette hypothèse, sans pour autant qu’elle y soit nécessairement approuvée.

Manuscrit du Nouveau Testament datant d’une époque plus tardive (IIe siècle après J.-C.). Le *Expositor’s Bible Commentary*, volume 8, p. 20, indique que l’opinion selon laquelle l’Évangile selon Matthieu a été rédigé entre 80 et 100 après J.-C. est désormais dominante.

Codex : Il semble provenir d’un codex (livre) ; les scribes sont passés de l’utilisation de rouleaux à celle de livres au cours du IIe siècle.

À titre de spéculation, il se peut que certains onciales comme celui-ci aient été réalisés plus tard. L’ouvrage sceptique de Burton Mack, *Who Wrote the New Testament?* p. 9-10, bien qu’il soit très critique à l’égard de la datation de Thiede, indique que des écrits en onciales auraient pu être rédigés jusqu’en 85 de notre ère. Cette affirmation est difficile à comprendre, car l’ouvrage d’Aland et al., *The Greek New Testament*, 4e édition révisée, montre que des manuscrits en onciales ont été utilisés jusqu’au IXe siècle, bien plus tard. Peut-être Mack faisait-il référence au style particulier des onciales sur papyrus.

Conclusion : Bien que nous ne sachions pas quand les premiers codex ont été réalisés, même les chercheurs les plus conservateurs s’accordent sur une date situant leur apparition au milieu du Ier siècle.

Footnotes

  1. Voir Milligan, *Selections from the Greek Papyri*, 1910, p. 35. 238.

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