Nouveau Testament

Question biblique tirée du Nouveau Testament

Q : Si Jésus est le seul chemin vers le ciel, alors pourquoi a-t-il été crucifié si longtemps après le début de l’histoire ? S’il est le seul chemin, pourquoi n’a-t-il pas été envoyé sur terre après le premier péché pour être crucifié pour les péchés du monde ?

R : Vous posez une grande question, mais permettez-moi de l’élargir un peu. Pourquoi Jésus a-t-il été envoyé à ce moment précis, et non pas plus tôt ou plus tard ? Romains 5:6 dit : « Car, au moment opportun, […] Christ est mort pour les impies. » Mais bien que la Bible ne précise pas pourquoi ce moment était le plus opportun, nous pouvons émettre des hypothèses.

Pas trop tôt : Quelqu’un m’a un jour demandé : « Pourquoi Dieu ne descend-Il pas simplement sur terre pour Se révéler à tout le monde ? » J’ai répondu que si Dieu descendait dans toute Sa gloire, nous serions anéantis. Mais Dieu est Tout-Puissant, et Il pourrait descendre en voilant suffisamment Sa gloire pour que Sa présence directe ne nous détruise pas. S’Il descendait d’une manière qui nous forçait à croire, comment pourrions-nous alors avoir la foi, ou le libre arbitre nécessaire pour prendre une décision sans contrainte ? Mais si Dieu descendait d’une manière où une partie de Sa gloire serait voilée, et qu’Il donnait des preuves de qui Il était, sans pour autant que cela soit si évident que tout le monde serait obligé de croire, qu’il le veuille ou non, combien de fois Dieu devrait-Il faire cela ? Et s’Il ne l’avait fait qu’une seule fois, il y a 2 000 ans ?

90 % de la population postérieure : On estime qu’environ 32 milliards (+/- 6 milliards) de personnes ont vécu sur Terre. Plus de 90 % d’entre elles ont vécu après l’époque du Christ.

Équité envers ceux d’avant : Dieu juge les hommes en fonction de la vérité dont ils disposent ; le péché n’est pas imputé là où il n’y a pas de loi (Romains 4:15 ; 5:13). Ainsi, les personnes qui ont vécu avant le Christ, telles qu’Abraham, David, etc., pouvaient être sauvées par le Christ, même si celui-ci n’était pas encore venu.

Une époque plus paisible : L’époque du Christ correspondait à une période de paix relative par rapport aux époques antérieures, marquées par les conquêtes romaines, et aux époques postérieures, marquées par les guerres entre les Romains et les Parthes, ainsi que par l’invasion de l’Empire romain par les barbares européens. Si cela vous intéresse, consultez le site www.BibleQuery.org/History/Calamities/Wars.html pour en savoir plus sur les guerres de ces époques.

Le moment idéal pour l’expansion : les Romains ont construit un vaste réseau routier, et si Jésus était venu avant cette époque, il aurait été bien plus difficile de diffuser l’Évangile dans différentes contrées.

Préservation des sources : Si cela s’était produit bien plus tôt, nous disposerions sans doute de beaucoup moins de manuscrits attestant de la fiabilité du Nouveau Testament. Si cela s’était produit plusieurs siècles plus tard, nous en aurions peut-être davantage, mais même ainsi, nous possédons plus de 10 000 manuscrits et fragments grecs du Nouveau Testament. Le plus ancien d’entre eux est d’ailleurs le papyrus John Rylands, daté de 110 à 138 apr. J.-C. Voici d’autres manuscrits dont nous disposons.

110/117-125/138 apr. J.-C.

p52 (= papyrus John Rylands)

Jean 18, 31-33, verso 18, 37-38 - 4 versets

100-150 apr. J.-C.

p. 104

Matthieu 21, 34-37, 43, 45(?) -5,5 versets

100-150 apr. J.-C.

p. 46 (= Chester Beatty II)

70 % de l’épître à Paul et de l’épître aux Hébreux - 1 680 versets

vers 125 apr. J.-C.

p. 87 – écriture similaire à celle du p. 46.

Philémon 13-15, 24 (en partie), 25b avec des lacunes – 4 versets

IIe siècle

Papyri de Magdalen

Mt 26, 7-8, 10, 14-15, 22-23, 31-33 – 10 versets

100/125-150/175 apr. J.-C.

p66 (= Bodmer II) p14/15, p75

92 % de l'Évangile selon Jean - 808,5 versets

125-150 apr. J.-C.

p. 64, p. 67 (même manuscrit)

(p. 67) Mt 3, 9, 15 ; 5, 20-22, 25-28 - 19 versets

(p. 64) Mt 26, 7-8, 10, 14-15, 22-23, 31-33

Début à milieu du IIe siècle

p. 4 – écriture similaire à celle des p. 64 et 67

Luc 1, 58-59 ; 1, 62-2, 1, 6-7, etc. - 95 versets

vers 170 apr. J.-C.

Unciale 0212

Fragments du Diatessaron : Mt 27 ; Mc 15 ; Lc 23 ; Jn 19

vers 175 apr. J.-C.

p. 90

Jean 18, 36-19, 7 - 12 versets

177 apr. J.-C. – 97 % (855/878) de l’Évangile selon Jean, 70 % des Épîtres de Paul et de l’Épître aux Hébreux (persécution d’Aurèle)

En nous basant uniquement sur les manuscrits dont nous disposons encore aujourd’hui et qui ont été rédigés avant la persécution de Marc Aurèle en 177 apr. J.-C., nous disposons de 97 % de l’Évangile selon Jean (855 versets sur 878) et de 70 % des Épîtres de Paul et de l’Épître aux Hébreux.

L’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe (318 apr. J.-C.), livre 1, chapitre 2, p. 84, apporte une réponse différente mais complémentaire. Il affirme simplement que l’Évangile n’avait pas été prêché auparavant car l’humanité pécheresse n’y était pas encore prête. Pères nicéens et post-nicéens, deuxième série, vol. 1, p. 84

Une question connexe se pose : même pour les personnes qui ont vécu après Jésus, si elles sont mortes avant d’avoir entendu l’Évangile, cela revient pour elles au même que si elles avaient vécu avant Jésus. Qu’en est-il d’elles ? Consultez www.BibleQuery.org/Doctrine/NeverHeardTheGospel/WhatAboutThoseWhoDiedBeforeHearingTheGospel.html pour en savoir plus à ce sujet.

Q : Comment Dieu a-t-il pu mourir ?

R : Jésus était pleinement humain et pleinement divin. Jésus s’est incarné pour accomplir sa mission : mourir pour nos péchés. C’est l’humanité de Jésus qui a été mise à mort sur la croix. De nombreux phénomènes peuvent s’expliquer par des analogies avec la nature, mais il n’existe aucune analogie naturelle avec l’incarnation, lorsque Dieu est venu sur terre pour vivre en tant qu’homme.

D’un point de vue historique, cette objection, soulevée par les païens, a trouvé une réponse dans l’ouvrage d’Arnobius *Contre les païens* (297-303 apr. J.-C.), livre 1, chapitre 60, pages 430-431.

Q : J’ai parcouru votre article intitulé « Jésus est Dieu ». Je dois reconnaître que je n’y ai rien trouvé qui contredise l’enseignement messianique et apostolique clair, répété et formel selon lequel Jésus est ontologiquement un homme –

Jean 8, 40 : « Mais maintenant, vous cherchez à me tuer, moi, un homme [ἄνθρωπος], qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. »

Actes 2, 22-23  « Hommes [Άνδρες] d’Israël, écoutez ces paroles : Jésus de Nazareth, un homme [ἄνδρα], dont Dieu vous a rendu témoignage par des œuvres puissantes, des prodiges et des signes qu’Il a accomplis par son intermédiaire au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes — 23 ce Jésus, livré selon le dessein bien défini et la prescience de Dieu, vous l’avez crucifié et mis à mort par les mains d’hommes sans loi »

1 Co 15, 21 Car, de même que la mort est venue par [δι’] un homme [ἄνθρωπος], de même la résurrection des morts est venue par [δι’] un homme [ἄνθρωπος].

1 Tim 2, 5 Car il y a un seul Dieu, et il y a un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l’homme [ἄνθρωπος] Jésus-Christ,

J’ai une question qui, je pense, peut aller au cœur du sujet :

Jésus peut-il fonctionner pleinement et de manière indépendante SANS une divinité incarnée (tout comme vous, moi et tous les hommes) ?

R : La Bible ne le dit pas explicitement, mais certains concepts théologiques généraux guident notre réflexion.

Jésus n’était pas moitié homme et moitié Dieu. Il était plutôt à 100 % Dieu et à 100 % homme. Colossiens 1:19 indique que Jésus possédait la « plénitude » de la divinité. Hébreux 4:15 enseigne que Jésus était un homme qui pouvait être tenté en tout point, et qu’Il avait tout ce que nous avions, sauf qu’Il était sans péché.

D’autre part, il n’y a pas deux Jésus : un humain et un divin. Il n’y a qu’un seul Jésus.

Quant aux détails de la manière dont cela s’est déroulé, Dieu ne nous les a pas révélés ; cela fait partie du mystère de l’Incarnation.

Q : Qui exactement a tué Jésus ?

R : Quant à savoir qui a tué Jésus, il y a deux réponses.

1. Ce sont certains soldats romains sous les ordres de Ponce Pilate qui ont tué Jésus. Or, il y a des gens bons et des gens mauvais dans tous les groupes ethniques, et le simple fait qu’un gouverneur italien ait ordonné la mort de Jésus ne justifie en rien de nourrir de la haine envers les Italiens. De plus, un grand prêtre juif malfaisant (mis en place par les Romains) a fait arrêter Jésus et le faire comparaître devant le Sanhédrin. Ce dernier l’a livré aux Romains. Soit dit en passant, Paul, Pierre, Jean, Matthieu, Jude et Jacques étaient tous juifs. Dire qu’un petit groupe particulier de Juifs était malfaisant n’est pas plus antisémite que de dire qu’Hitler et ses sbires étaient malfaisants n’est pas anti-allemand. (Je serai le premier à dire que le nazisme dans son ensemble était un instrument extrêmement malfaisant de Satan, et je suis moi-même en partie allemand. Je tiens toutefois à souligner que de nombreux Américains d’origine allemande se sont engagés dans l’armée et ont combattu Hitler.) De même, certains Juifs étaient mauvais, mais d’autres, comme Pierre et Paul, étaient bons. Même certains Juifs qui ne sont pas devenus chrétiens, tels que Flavius Josèphe, avaient tout de même du respect pour Jésus et son demi-frère Jacques.

2. L’autre réponse, tout aussi importante, est que vous, moi et tout le monde avons tous tué Jésus. Jésus savait ce qui se passait, et il aurait pu prendre la fuite du jardin de Gethsémani. Personne n’aurait tué Jésus, car il aurait facilement pu s’échapper et disparaître. Mais Jésus a délibérément choisi de rester et de mourir dans d’atroces souffrances sur cette croix, en sacrifice pour nos péchés. Ainsi, si vous voulez blâmer quelqu’un pour cette mort cruelle et injuste qui nous a offert le merveilleux don de la vie éternelle, blâmez Jésus !

« Fixons nos regards sur Jésus, l’auteur et le parfait accomplisseur de notre foi, qui, pour la joie qui lui était réservée, a enduré la croix, méprisant la honte, et s’est assis à la droite du trône de Dieu. » (Hébreux 12:2 BSB)

Q : À partir de quand a-t-on commencé à dater les événements en fonction de l’année supposée de la naissance de Jésus ?

R : Auparavant, on datait généralement les événements en fonction de l’année du règne d’un roi. D’autres dataient les événements à partir de l’année supposée de la création d’Adam, le 1er septembre 5509 av. J.-C.

L’ouvrage sceptique *Asimov’s Guide to the Bible*, p. 786, indique qu’à l’époque de Jésus, les Romains comptaient les années en termes d’« A.U.C. », c’est-à-dire en années depuis la fondation de la ville [de Rome]. Rome a été fondée en 753 av. J.-C. À la page 787, Asimov précise que c’est le moine-astronome scythe Denys l’Exigu de Rome, décédé vers 544 apr. J.-C., qui a commis l’erreur de considérer que le Christ était né en l’an 1 apr. J.-C. L’ouvrage *Manuscripts of the Greek Bible*, p. 49, indique que la datation à partir de la naissance du Christ a été introduite par Hippolyte au IIIe siècle. Cette pratique n’était pas universellement acceptée, certains scribes byzantins n’y ayant recouru qu’à partir du XIVe siècle. Par ailleurs, la Première Apologie de Justin Martyr, chapitre 46, p. 178, bien qu’il ne s’agisse pas d’un système de datation officiel, mentionne que Jésus est né il y a 150 ans.

Q : Dans le Nouveau Testament, d’où proviennent les termes « Ancien et Nouveau Testaments » ?

R : Tertullien fut apparemment le premier à forger ces termes, en latin, en 207 apr. J.-C., dans son ouvrage Contre Marcion, livre 4, chapitre 6.

Q : Comment puis-je défendre cette affirmation : « Les Évangiles contiennent une part de vérité, mais les scribes du IIe siècle y ont ajouté des insertions pour créer un Jésus que les chrétiens du Ier siècle n’ont jamais connu. En d’autres termes, la résurrection physique et la conception de Jésus en tant que « Fils de Dieu » ont été ajoutées bien plus tard, loin des événements qui se sont réellement déroulés. »

R : Permettez-moi d’abord de reformuler votre question, puis d’y répondre. Les sceptiques affirment souvent que les auteurs n’ont pas écrit ce qu’ils ont écrit, même lorsqu’il n’existe absolument aucun fondement à cette affirmation. Ainsi, comment une personne objective pourrait-elle savoir si l’expression « Fils de Dieu » était inconnue des chrétiens du Ier siècle ou non ?

a) Il faut tout d’abord comprendre que la charge de la preuve incombe à ceux qui remettent en cause la véracité du texte. S’ils ne peuvent produire aucune preuve, alors nous pouvons en rester là.

b) Deuxièmement, il faudrait qu’ils ajoutent l’expression « Fils de Dieu » à de nombreux endroits, car elle est courante dans le Nouveau Testament. Outre Mc 1, 1, on la trouve aux passages suivants, rien que dans les Évangiles, l’Apocalypse et les épîtres non pauliniennes.

Mt 3, 17 ; 17, 5 ; Mc 1, 11 ; Lc 9, 35 ; 2 Pierre 1, 17 (Le Père dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé »)

Mt 4, 3, 6 ; 8, 29 ; 14, 33 ; 16, 16 ; 26, 63 ; 27, 40, 43, 54

Mc 3, 11 ; 5, 7 ; 15, 39

Luc 1, 32, 35 ; 4, 3, 9, 41 ; 8, 28 ; 22, 70

Jn 1, 18, 34, 49 ; 3, 16, 17, 18, 35 ; 5, 23 (sous-entendu) ; 5, 25 ; 6, 69 ; 9, 35 ; 10, 36 ; 11, 4, 27 ; 17, 1 (sous-entendu) ; 19, 7 ; 20, 31 ; 1 Jn 1, 3, 7 ; 2, 22, 23 (sous-entendu) ; 3, 8, 23 ; 4, 9, 10, 14, 15 ; 5, 5, 9, 10 (2 fois), 11, 12, 13 (2 fois), 20 ; 2 Jn 3, 9 ; Ap 2, 18.

c) Cependant, nous ne devons pas nous arrêter là. De quelles preuves disposons-nous pour les chrétiens qui croient que Jésus était le Fils de Dieu, puisque nous ne disposons pas de copies de la Bible avant l’an 117 après J.-C. ? Nous disposons des écrits des Pères de l’Église primitive.

« Mais concernant Son Fils, le Seigneur a dit ceci : “Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré.” » 1 Clément, chap. 36, p. 15. Clément de Rome a écrit entre 96 et 98 apr. J.-C. ; nous sommes tout à fait certains de cette date. Le premier siècle s’est achevé à la fin de l’an 100 apr. J.-C., ce qui réfute donc cette affirmation.

Mention de « Son Fils, selon la relation/l’économie qui subsiste entre eux ». Mathetes à Diognète, chap. 8, p. 28 (vers 130-200 apr. J.-C.)

« A donné son propre Fils en rançon pour nous… » Mathetes à Diognète, chap. 8, p. 28 (vers 130-200 apr. J.-C.)

« Celui qui, étant depuis toute éternité, est aujourd’hui appelé/considéré comme le Fils » Mathetes à Diognète, chap. 11, p. 29

« par son Fils unique, Jésus-Christ » Le Martyre de Polycarpe, chap. 20, p. 43

« Jésus-Christ… étant à la fois le Fils de l’homme et le Fils de Dieu » Lettre d’Ignace aux Éphésiens, chap. 20, p. 58 (Nous ne savons pas quand Ignace, disciple de l’apôtre Jean, a écrit ces lignes, mais il est mort soit en 107, soit en 116 après J.-C.)

Jésus s’est déclaré Fils de Dieu. Épître de Barnabé, chap. 7, p. 141 (vers 70-130 apr. J.-C.). Voir également chap. 5, p. 139, 140, et chap. 12, p. 145

« Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, et Jésus-Christ lui-même, qui est le Fils de Dieu,… » Lettre de Polycarpe aux Philippiens, chapitre 12, p. 35. Nous ne savons pas quand Polycarpe a rédigé ce texte, mais il a été martyrisé en 155 apr. J.-C. Irénée, qui a écrit entre 182 et 188 apr. J.-C., mentionne la Lettre de Polycarpe aux Philippiens dans son ouvrage Contre les hérésies, livre 3, chapitre 3.4, p. 416.

« Le Christ, qui était appelé Fils de Dieu avant les siècles, […] afin de nous purifier par son sang, […] nous présentant comme des fils purs à son Père. » Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) dans le Fragment 39, p. 575

Croyaient-ils que Jésus était Dieu ?

La véritable question ici est de savoir si les premiers chrétiens considéraient ou non Jésus comme Dieu. Voici des preuves qu’ils le faisaient :

Ignace (mort en 107 ou 116 apr. J.-C.) parlait fréquemment du Christ en tant que Dieu. Par exemple, il évoquait « le sang de Dieu » au chapitre 1 de sa lettre aux Éphésiens.

Mathetès à Diognète (vers 130-200 apr. J.-C.), un disciple des apôtres, a écrit dans le chapitre 7 de son ouvrage *Mathetès à Diognète* que le Christ avait été envoyé en tant que roi, Dieu, homme et sauveur.

Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.)

« Le Verbe de Sagesse, qui est Lui-même ce Dieu engendré par le Père de toutes choses, … » Dialogue avec Tryphon, chap. 61. Voir chap. 55, 56, 59, 62 à 64, 66, 74 à 78.

Méliton de Sardes (mort en 180 apr. J.-C.) a déclaré, à propos de la crucifixion, que « Dieu a été assassiné ».

Théophile, évêque d’Antioche (168-181/188 apr. J.-C.) : « Car l’Écriture divine elle-même nous enseigne qu’Adam a dit avoir entendu la voix. Mais qu’est-ce que cette voix, sinon le Verbe de Dieu, qui est aussi Son Fils ? » Lettre à Autolycus, livre 2, chap. 22.

Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) a écrit dans son ouvrage *Contre les hérésies*, livre 3, chapitre 19.2, p. 449 : « Jésus est Lui-même, à part entière, […] Dieu et Seigneur, […] »

Même les ennemis du christianisme témoignent que les chrétiens adoraient Jésus en tant que Dieu.

Pline le Jeune (gouverneur et persécuteur des chrétiens en 112 apr. J.-C., écrivant à l’empereur Trajan) : « Ils [les chrétiens] avaient coutume de se réunir un certain jour fixe avant le lever du jour, où ils chantaient en vers alternés un hymne au Christ, comme à un dieu, et se liaient par un serment solennel à ne commettre aucun acte malfaisant… »

Lucien (satiriste du IIe siècle) : « Les chrétiens, vous le savez, vénèrent encore aujourd’hui un homme — ce personnage éminent qui a introduit leurs rites novateurs et qui a été crucifié pour cette raison… Vous voyez, ces créatures égarées… » (La Mort de Pérégrin, 11)

Ceci est significatif, car une enquête officielle romaine indique que les chrétiens vénéraient le Christ comme un dieu dès l’an 112 après J.-C.

Q : « En somme, avec le temps, la notion apocalyptique de la résurrection du corps s’est transformée en doctrine de l’immortalité de l’âme. Ce qui en ressort, c’est la croyance au paradis et à l’enfer, une croyance que l’on ne retrouve pas dans les enseignements de Jésus ou de Paul, mais qui a été inventée à une époque ultérieure par des chrétiens qui ont pris conscience que le royaume de Dieu ne viendrait jamais sur cette terre. Cette croyance est devenue un enseignement chrétien standard, pour les siècles des siècles. » *Jesus, Interrupted*, p. 266

R : J’ai relu les passages entourant cette citation pour m’assurer d’avoir bien compris qu’Ehrman estime que les premiers chrétiens ne croyaient ni au paradis ni à l’enfer. Il n’est pas tout à fait clair si Ehrman affirme également que les chrétiens ultérieurs ont inventé l’immortalité de l’âme, mais quoi qu’il en soit, il affirme que ces concepts étaient inconnus de Jésus, de Paul ou, vraisemblablement, des premiers chrétiens.

Je n’aurais peut-être pas dû l’être, mais j’ai été choqué par l’ignorance apparente dont fait preuve ce soi-disant expert du Nouveau Testament. Parlons d’abord de l’immortalité de l’âme. Bien avant l’époque de Moïse, les Égyptiens embaumaient leurs cadavres pour en faire des momies, car ils croyaient en l’immortalité de l’âme. Les anciens Sumériens, dans leur mythe d’Inanna et de Dumuzi, manifestaient une croyance communément admise en l’immortalité de l’âme. De même, le poème sumérien de Dilmun, datant de 2 400 av. J.-C., mentionne un lieu où se trouvaient les dieux, appelé Dilmun, où vivaient les dieux et Ziusudra, un humain qui avait atteint l’immortalité. De nombreux écrits juifs antérieurs à Jésus, notamment 2 Maccabées 12, 44 et 1 Hénoch, évoquent le fait que les morts sont conscients. Dans l’Ancien Testament, en Ésaïe 53, 8-9, le serviteur souffrant a été retranché du nombre des vivants et « a reçu une sépulture parmi les méchants » ; pourtant, en 53, 10, « il verra sa postérité, il prolongera ses jours ». Même 1 Corinthiens, un livre dont Ehrman reconnaît qu’il a été écrit par Paul, consacre un chapitre entier à la résurrection des morts (chapitre 15). Il aborde également notre immortalité dans 2 Corinthiens 5, 1-8. Même les gnostiques, si chers à Ehrman, croyaient en une vie après la mort transcendante et immatérielle pour les personnes spirituelles.

Quant au ciel et à l’enfer, les Grecs et les Romains avaient les Champs Élysées pour les bienheureux, et le Tartare pour les maudits. Des écrits juifs antérieurs au Christ, tels que 1 Hénoch, évoquent deux parties du Shéol (la tombe) : une prison pour les méchants et un paradis pour les justes. Dans les Évangiles, Jésus a en réalité davantage parlé de l’enfer que du paradis. Il est intéressant de noter que Jésus utilise le terme connu de « paradis » lorsqu’il s’adresse au voleur sur la croix. 1 Pierre 3, 19 mentionne les esprits en prison.

En résumé, de nombreux païens croyaient en l’immortalité de l’âme et en une forme de paradis et d’enfer. Les Juifs d’avant Jésus-Christ croyaient en une prison et en un paradis. Les premières lettres de Paul enseignaient l’immortalité, le paradis et l’enfer. Même les gnostiques croyaient en une vie après la mort immatérielle pour eux-mêmes. Pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, Ehrman affirme que l’immortalité de l’âme et l’existence d’un paradis et d’un enfer immatériels sont des « inventions ultérieures » des chrétiens.

Q : Outre les manuscrits bibliques, quelles preuves existe-t-il que les premiers chrétiens croyaient que Jésus était mort en rançon pour nos péchés ?

R : Bien que la charge de la preuve incombe à ceux qui allèguent une altération et doivent fournir des éléments à l’appui de leur allégation, voici des preuves issues d’auteurs chrétiens des premiers temps indiquant que les premiers chrétiens croyaient que Jésus était mort en rançon pour expier nos péchés.

« Combien ce sang [de Jésus] est précieux aux yeux de Dieu, lui qui, ayant été versé pour notre salut, a mis la grâce de la repentance à la portée du monde entier. » 1 Clément, chap. 7, p. 7 (96-98 apr. J.-C.)

« Il a donné son propre Fils en rançon pour nous… » Mathetes à Diognète, chap. 8, p. 28 (vers 130-200 apr. J.-C.)

« …Seigneur Jésus-Christ, qui, pour nos péchés, a souffert jusqu’à la mort, [mais] “que Dieu a ressuscité d’entre les morts, après avoir brisé les liens du tombeau.” » Lettre de Polycarpe aux Philippiens, chap. 1, p. 33 (Polycarpe fut martyrisé vers 155 apr. J.-C.)

Consultez www.BibleQuery.org/History/ChurchHistory/WhatEarlyChristiansTaughtOnDoctrine.html (ou .docx) pour les citations antérieures à 325 apr. J.-C. de Méliton de Sardes (170-180 apr. J.-C.), Clément d’Alexandrie (193-217/220 apr. J.-C.), Tertullien (198-220 apr. J.-C.), Hippolyte (225-235/6 apr. J.-C.), Cyprien de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.) et Athanase (318 apr. J.-C.). Il existe également d’autres citations sur Jésus souffrant pour nous et mourant pour nous.

Q : Outre les manuscrits bibliques, quelles preuves existe-t-il que les premiers chrétiens croyaient que Jésus était ressuscité d’entre les morts ?

R : C’est à ceux qui pensent qu’il s’agit d’ajouts à la Bible qu’il incombe de fournir des preuves démontrant qu’ils ont été ajoutés ultérieurement. Cependant, voici des témoignages d’auteurs chrétiens des premiers temps qui montrent que les premiers chrétiens croyaient que Jésus était ressuscité d’entre les morts.

« Considérons, bien-aimés, comment le Seigneur nous prouve sans cesse qu’il y aura une résurrection future, dont il a fait du Seigneur Jésus-Christ les prémices en le ressuscitant d’entre les morts. » 1 Clément, chap. 24, p. 11 (96-98 apr. J.-C.)

Jésus est ressuscité d’entre les morts. Épître de Barnabé, chap. 15, p. 147 (vers 70-130 apr. J.-C.)

« …Seigneur Jésus-Christ, qui, pour nos péchés, a souffert jusqu’à la mort, [mais] “que Dieu a ressuscité d’entre les morts, après avoir brisé les liens du tombeau.” » Lettre de Polycarpe aux Philippiens, chap. 1, p. 33 (Polycarpe fut martyrisé vers 155 apr. J.-C.)

« Jésus-Christ, […] dans sa souffrance et dans sa résurrection. » Lettre d’Ignace aux Éphésiens, chap. 20, p. 57

La naissance, la passion et la résurrection de Jésus. Lettre d’Ignace aux Magnésiens, chap. 11, p. 64

Contre les hérésies d’Irénée, 5, 7, 1. (182-188 apr. J.-C.) « De la même manière, donc, que le Christ est ressuscité dans la substance de la chair et a montré à ses disciples la marque des clous et la plaie de son côté (or, ce sont là les signes de cette chair qui est ressuscitée d’entre les morts), ainsi « il nous ressuscitera aussi », dit-on, « par sa propre puissance ».

Q : Certains critiques libéraux estiment que, si sept des épîtres de Paul ont été rédigées par le même auteur (Rm, 1 et 2 Co, Ga, Ph, 1 Th, Phm), sept autres épîtres auraient été écrites par des auteurs différents (Ep, Col, 2 Th, 1 et 2 Tm, Tt et He). Bien sûr, l’épître aux Hébreux ne prétend pas avoir été écrite par Paul.

R : Ils avancent quatre raisons pour étayer ces affirmations. Aucune de ces raisons n’est toutefois valable.

Longueur des phrases complexes (Éphésiens et Colossiens) : le texte grec original du Nouveau Testament ne comportait pas de ponctuation ; il est donc difficile d’en estimer la longueur. Mais en supposant que les spécialistes n’aient aucun doute à ce sujet, Éphésiens 1, 3-6 ; 1, 7-10 ; 1, 11-12 et 13-14 ne constituent pas une seule phrase, mais quatre, selon l’ouvrage d’Aland et al., *The Greek New Testament*, 4e édition révisée (1998). Le *Novum Testamentum Graece* de Nestle-Aland (1993) va dans le même sens. Ehrman n’a jamais indiqué la source sur laquelle il s’appuyait pour affirmer avec certitude qu’il ne s’agissait que d’une seule phrase. Cependant, 23 ans plus tôt, la 3e édition de 1975 de *The Greek New Testament* d’Aland et al. présentait ces passages comme une seule phrase ; je suppose donc qu’Ehrman utilisait une version bien plus ancienne et désormais obsolète. Mais là encore, le grec original ne comportait aucune ponctuation ; fonder un argument sur la manière dont les spécialistes de la fin du XXe siècle pensaient placer les points de pause, avant qu’ils ne changent d’avis, constitue donc, au mieux, un argument peu solide.

Longueur moyenne des phrases (Éphésiens et Colossiens) : Selon la manière dont les chercheurs modernes tentent de scinder les phrases, la longueur moyenne des phrases dans les épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens (respectivement 37,3 et 35,2 mots) est supérieure à celle des autres livres (25,8, 23,4, 26,0, 21,7, 26,7, 29, 31,7, 22,7, 23,2, 24,2 et 25,8) des autres lettres de Paul, par ordre croissant. Cependant, la longueur moyenne des phrases est respectivement de 35,8, 35,6 et 32 mots dans Romains 1-5, 1 Corinthiens 1 et 2 Corinthiens 6-10. Il y a donc peu de différence entre les livres plus courts mais profonds qu’sont Éphésiens et Colossiens, d’une part, et Romains 1-5, 1 Corinthiens 1 et 2 Corinthiens 6-10, d’autre part.

Différence de vocabulaire (2 Thessaloniciens, 1 et 2 Timothée, Tite) : on pourrait examiner mes écrits sur les manuscrits du Nouveau Testament, les cultes et la relation avec Dieu, et utiliser la même méthode pour conclure que j’étais trois personnes différentes. Les gens emploient des mots différents lorsqu’ils abordent des sujets différents. Ce n’est que lorsqu’il existe plusieurs choix de mots pour désigner la même chose, et que des choix différents sont privilégiés, que cela pourrait avoir une signification. Par exemple, dans les premières lettres adressées à des Églises entières, davantage de noms sont mentionnés. Faut-il donc exclure ces noms du décompte ? Dans les épîtres pastorales, Paul évoque la mère et la grand-mère de Timothée, ainsi que la nomination d’anciens et de diacres par Timothée et Tite ; faut-il donc exclure ces passages ? Après que la persécution eut duré un certain temps, Paul parle davantage de la prise en charge des veuves dans les épîtres pastorales que dans ses lettres antérieures. Faut-il donc exclure cet aspect ? – Et ainsi de suite.

Description de la foi : On a affirmé que la foi désignait, dans les premières lettres de Paul, l’acceptation confiante de la mort du Christ, et, dans les lettres ultérieures, un ensemble de croyances et d’idées dogmatiques. En réalité, elle désigne les deux dans les deux séries de lettres. Elle désigne un ensemble de croyances et d’idées en Gal 1, 23 ; Éph 4, 5 ; Éph 4, 13

Elle désigne l’acceptation de la mort du Christ dans 2 Tim 1, 5 ; 2 Tim 3, 15 ; Tite 3, 15

La foi désigne des croyances doctrinales dans les premières épîtres de Paul

Gal 1, 23 : « Ils n’en avaient entendu parler que par ouï-dire : “Celui qui autrefois nous persécutait prêche maintenant la foi qu’il cherchait autrefois à détruire.” »

Éphésiens 4, 5 : « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême »

Éphésiens 4:13 « jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, en atteignant la pleine maturité, la stature de Christ. »

La foi au sens d’une acceptation confiante dans les lettres tardives de Paul

2 Tim 1, 5 : « Je me souviens de votre foi sincère, qui habitait d’abord votre grand-mère Loïs et votre mère Eunice, et je suis convaincu qu’elle est également en vous. »

2 Tim 3, 15 : « qui sont aptes à vous rendre sages pour le salut par la foi en Jésus-Christ. »

Tite 3, 15 : « Saluez ceux qui nous aiment dans la foi. »

La foi peut être comprise de l’une ou l’autre manière, voire des deux

1 Co 15, 1-2, 14, 17 « Or, frères, je veux vous rappeler l’Évangile que je vous ai prêché, que vous avez reçu et dans lequel vous demeurez fermes. C’est par cet Évangile que vous êtes sauvés, si vous vous tenez fermement à la parole que je vous ai prêchée. Sinon, vous avez cru en vain. (14) Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vaine, et votre foi l’est également. Dans ce cas, nous sommes également démasqués comme de faux témoins de Dieu. Car nous avons témoigné au sujet de Dieu qu’Il a ressuscité le Christ d’entre les morts. … (17) Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine… » (Ceci met l’accent sur les doctrines de la résurrection du Christ ainsi que sur sa mort.)

Gal 3, 7 « ceux qui ont la foi »

Gal 3, 12 « la loi n’est pas fondée sur la foi »

Gal 3, 23 « avant l’avènement de la foi »

Éphésiens 1:15 « ayant entendu parler de votre foi dans le Seigneur Jésus »

Éphésiens 2:8 « C’est par la grâce que vous avez été sauvés, par la foi »

2 Tim 2, 18 « se sont détournés de la vérité… ils ébranlent la foi de certains »

Tite 1:4 « enfant dans notre foi commune »

Ainsi, l’auteur n’a pas cherché à démontrer l’existence d’un fondement justifiant la séparation des épîtres de Paul, si ce n’est pour faire appel aux spécialistes de la critique textuelle, qui n’ont pas réussi à démontrer l’existence d’un fondement justifiant une telle distinction. Mais il ne suffirait pas de montrer qu’il existe des différences ; il faudrait plutôt démontrer qu’il existe des différences qui dépasseraient ce à quoi on pourrait s’attendre compte tenu d’un public différent, de thèmes différents et d’une période plus tardive de la vie de Paul.

Q : En quoi consiste la critique biblique des Évangiles ? Que signifie la « critique textuelle » ? Quelle est la différence entre la « haute critique » et la « basse critique » ? Lesquelles de ces approches sont aujourd’hui reconnues ?

R : Il existe deux formes de critique textuelle : la critique « inférieure » et la critique « supérieure ». Nous verrons d’abord comment elles s’appliquent au christianisme et à la Bible, puis nous transposerons ces mêmes concepts à l’islam et au Coran.

La critique textuelle « inférieure » de la Bible reconnaît l’existence de variantes entre les manuscrits des Écritures et cherche à déterminer la version la plus fidèle, puisque nous ne disposons pas des originaux. Nous sommes pratiquement certains à 97 % de chaque mot du Nouveau Testament, et la plupart des différences restantes sont des variations mineures d’un ou deux mots qui n’altèrent en rien le sens. Vous pouvez consulter les incertitudes relatives aux manuscrits du Nouveau Testament à l’adresse www.biblequery.org. Recherchez la rubrique « Questions et réponses » pour chaque livre ; en bas de page, vous trouverez un lien vers les variantes des manuscrits. Par exemple, les variantes de l’Évangile selon Matthieu se trouvent à l’adresse www.biblequery.org/MatthewManuscripts.html (ou .doc).

La critique textuelle supérieure de la Bible s’adresse aux sceptiques qui s’interrogent sur les livres ou les parties qui devraient figurer dans les Écritures. Les chrétiens abordent les variantes des Écritures différemment des musulmans, car pour les chrétiens, c’est le sens qui importe, et non les mots individuels. En revanche, pour les musulmans, ce sont les mots individuels et les consonnes qui sont importants.

Le monde musulman pratique lui aussi la critique textuelle « inférieure » et « supérieure ».

La critique textuelle « inférieure » du Coran consiste à déterminer si les lectures de Warsh ou de Hafs sont les plus proches de l’arabe tel qu’il était parlé à l’origine. Voici à quoi ressemble la « critique textuelle inférieure » pour le Coran. Plus de 15 000 pages d’anciens textes coraniques ont été découvertes au Yémen. Selon un article paru dans le numéro de janvier 1999 de l’Atlantic Monthly (p. 43-56) : « Certaines des pages de parchemin de la découverte yéménite semblaient remonter aux VIIe et VIIIe siècles après J.-C., soit aux deux premiers siècles de l’islam — il s’agissait, en d’autres termes, de fragments de ce qui pourrait être les plus anciens Corans existants. De plus, certains de ces fragments révélaient de légères mais intrigantes divergences par rapport au texte coranique standard. De telles divergences, bien qu’elles ne surprennent pas les historiens du texte, sont en contradiction troublante avec la croyance musulmane orthodoxe selon laquelle le Coran tel qu’il nous est parvenu aujourd’hui est tout simplement la Parole de Dieu parfaite, intemporelle et immuable. » Vous pouvez consulter certaines de ces différences à l’adresse www.QuranText.org

Critique textuelle supérieure du Coran : voici deux exemples courants, ainsi qu’un exemple marquant.

‘Ubai bin Ka’b, l’un des secrétaires de Mahomet, possède des sourates supplémentaires et omet environ 12 sourates du Coran actuel (The Fihrist, p. 61, notes de bas de page 43 à 48). Abu Musa, de Bassorah, possédait également un texte identique à celui d’‘Ubai. (Suyuti, Itqan I, p. 65 ; Ibn Abi Dawud, Masahif, pp. 180-181, ainsi que Noeldeke, Geschichte des Quran’s, pp. 33-38.)

La sourate 114 est absente de la version d’Ibn Mas’ud (The Fihrist, p. 57). Ibn Mas’ud était le secrétaire personnel de Mahomet. Mahomet a demandé à d’autres personnes d’apprendre le Coran auprès d’Ibn Mas’ud et de trois autres personnes. (Bukhari, vol. 6, n° 521). L’omission des sourates 113 et 114 n’était pas fortuite. On rapporte qu’Ibn Mas’ud aurait déclaré : « Les deux sourates magiques [113, 114] ne font pas partie du Livre de Dieu ! » [www.answering-islam.org/Quran/Text/distortion.html]

Ce que les musulmans appellent les « versets sataniques » se trouvent dans la sourate 53. Selon les sources suivantes, Mahomet récitait à l’origine les versets 19 et 20 de la sourate 53 ainsi : « Avez-vous vu Lat, et ‘Uzza, Et une autre, la troisième (déesse), Manat ? Ce sont là les grues exaltées (intermédiaires) Dont on peut espérer l’intercession. » (original) contre « Avez-vous vu Lat, et ‘Uzza, Et une autre, la troisième (déesse), Manat ? Quoi ! Pour vous, le sexe masculin, Et pour lui, le sexe féminin ? Voyez, ce serait en effet une division des plus injustes. »

Voici quelques auteurs musulmans antérieurs qui ont rapporté ce fait.

Al-Wahidi/Wakidi (mort en 207/823 apr. J.-C.) a rédigé *Asbab al-Nozul*.

Ibn Sa’ad/Sa’d (décédé en 230/845 apr. J.-C.) connaissait l’œuvre d’al-Wahidi, mais il était lui-même un biographe qui a rédigé un ouvrage en 15 volumes intitulé *Kitab al-Tabaqat al-Kabir*.

Ibn Isaq/Ishaq (décédé en 145/767 ou 151/773 apr. J.-C.) était un sunnite chafi’ite qui fonda par la suite sa propre école, dont l’existence fut toutefois éphémère. Il rédigea *Sirat Rasullallah* (La vie du Prophète d’Allah).

Ibn Jarir al-Tabari (décédé en 923 après J.-C.) était un sunnite chafi’ite qui a rédigé une histoire islamique du monde en 38 volumes, couvrant la période jusqu’en 915 après J.-C. On lui a attribué le titre de « cheikh des commentateurs ». Il écrit au volume 6, p. 108-110 :

Abu Ma’shar, originaire du Khorasan (787-885 apr. J.-C.)

Ibn Abi Hatim

Ibn al-Mundhir

Ibn Hajar, originaire d’Asqalaan (773-852 de l’Hégire)

Ibn Mardauyah

Musa ibn ‘Uqba

Le célèbre commentaire de Zamakhshari sur la sourate 22, verset 52. (1070-1143 après J.-C.)

Les six premiers sont tirés de *The Book of the Major Classes*, traduit par S. Moinul ‘Haq.

Q : Pourquoi la critique biblique aurait-elle été [prétendument] absente de l’Église primitive ? Ou bien y avait-il des questions et des problèmes critiques, tels que ceux que l’on rencontre à l’époque moderne, mais qui revêtaient alors une importance marginale ?

R : Ce n’était pas le cas. Cela permettra à la fois de répondre à cette question et de la comparer à la situation dans l’islam. Pour répondre à la question, il y a trois volets : le souci des premiers chrétiens concernant le contenu des Écritures, leur souci concernant l’exactitude des Écritures, et quelles étaient certaines questions critiques importantes qui différaient de celles que nous avons aujourd’hui ?

1. Contenu des Écritures : les chrétiens ont pris pleinement conscience de l’importance du contenu des Écritures lorsque l’hérétique Marcion a commencé à établir sa propre Bible. Marcion est mort vers 170 apr. J.-C. Voici ce qu’en pensait Tertullien. Notez qu’une « éponge » était utilisée, à l’instar de notre gomme moderne, pour effacer l’encre.

Tertullien (205 apr. J.-C.) « Car, par l’image de la permanence d’une alliance humaine, il défendait le testament divin. “C’est à Abraham que les promesses ont été faites, et à sa descendance. Il n’a pas dit : “aux descendants”, comme s’il s’agissait de plusieurs ; mais comme s’il s’agissait d’un seul : “à ta descendance”, qui est le Christ.” Honte à l’éponge de Marcion ! Mais il est en effet superflu de s’attarder sur ce qu’il a effacé. » Cinq livres contre Marcion, livre 5, chap. 4, p. 435

2. Transmission des Écritures. Les chrétiens se souciaient également de l’exactitude des Écritures. Ils avaient raison de le faire, car les non-croyants pouvaient falsifier certaines choses (et l’ont effectivement fait). En voici quelques exemples.

Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.) affirme que les Juifs ont mal cité le Psaume 96 car ils ont omis l’expression « du bois ». En réalité, c’est Justin qui se trompe ici, et le texte massorétique hébreu ne comporte pas « du bois ». Dialogue avec Tryphon, un Juif, chap. 73, p. 235

Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.) : « Mes amis, je me réfère désormais aux Écritures telles que les Septante les ont interprétées ; car lorsque je les ai citées auparavant telles que vous les possédez, c’était pour vous mettre à l’épreuve [afin de déterminer] quelle était votre disposition. » Dialogue avec Tryphon, un Juif, chap. 87, p. 268

Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) : « Cette interprétation [par les Septante] de ces Écritures a été réalisée avant la descente de notre Seigneur [sur terre] et a vu le jour avant l’apparition des chrétiens — car notre Seigneur est né vers la quarante et unième année du règne d’Auguste ; or, Ptolémée, sous le règne duquel les Écritures ont été interprétées, a vécu bien plus tôt ; —[puisque les choses en sont ainsi, dis-je,] il est véritablement prouvé que ces hommes sont effrontés et présomptueux, eux qui manifestent aujourd’hui le désir de réaliser des traductions différentes, alors que nous les réfutons à l’aide de ces Écritures et que nous les contraignons à croire en l’avènement du Fils de Dieu. » Irénée, Contre les hérésies, livre 3, chap. 21.3, p. 452

Caius (190-217 apr. J.-C.) affirme que les hérétiques ont effrontément falsifié les Écritures. Chap. 3, p. 602 : « Mais quant à ces hommes qui abusent des arts des incroyants pour établir leur propre doctrine hérétique, et qui, par la ruse des impies, altèrent la foi simple des Écritures divines, quel besoin y a-t-il de dire qu’ils sont éloignés de la foi ? C’est pour cette raison qu’ils ont audacieusement mis la main sur les Écritures divines, prétendant les avoir corrigées. Et pour que l’on sache que je n’affirme pas cela à tort à leur encontre, quiconque le souhaite peut s’en assurer. En effet, si quelqu’un choisissait de rassembler et de comparer tous leurs manuscrits, il constaterait de nombreuses divergences entre eux. Les manuscrits d’Asclépiade, en tout cas, s’avéreront en contradiction avec ceux de Théodote. Et il existe de nombreux manuscrits de ce genre, car leurs disciples se sont montrés très zélés à insérer ce qu’ils appellent des « corrections », c’est-à-dire les altérations apportées par chacun d’entre eux. De même, les copies d’Hermophile ne concordent pas avec celles-ci ; quant à celles d’Apollonius, elles ne sont même pas cohérentes entre elles. En effet, si l’on compare celles qu’ils avaient préparées autrefois avec celles qui ont été altérées par la suite dans un but précis, on constatera de nombreuses divergences. Quant à la grande audace que suppose cette offense, il est peu probable que même eux-mêmes en ignorent l’ampleur. Car soit ils ne croient pas que les Écritures divines aient été dictées par le Saint-Esprit, et sont donc des infidèles ; soit ils se croient plus sages que le Saint-Esprit, et que sont-ils alors, sinon des possédés ? Ils ne peuvent pas non plus nier que ce crime leur incombe, puisque les copies ont été rédigées de leur propre main ; ils n’ont pas non plus reçu de telles copies des Écritures de la part de ceux qui les ont d’abord instruits dans la foi, et ils ne peuvent produire les originaux à partir desquels celles-ci ont été transcrites. Et certains d’entre eux n’ont même pas jugé utile de les corrompre ; mais, se contentant de nier la Loi et les prophètes au nom de leur doctrine anarchique et impie, sous des prétextes de grâce, ils se sont enfoncés dans les abîmes les plus profonds de la perdition. »

Tertullien (198-220 apr. J.-C.) affirme que les hérétiques ont corrompu les Écritures. Dans *Prescription contre les hérétiques*, chap. 17, p. 251.

Origène (235-245 apr. J.-C.) aborde les variantes manuscrites dans ses *Homélies sur Jérémie*, homélie 14, chap. 3.1, p. 137, et homélie 16, chap. 10.1, p. 177.

Origène (235-245 apr. J.-C.) aborde une variante de la Septante concernant Jérémie 16, 17. Homélies sur Jérémie, homélie 16, chap. 5.2, p. 172

Origène (vers 227-240 apr. J.-C.) cite Esther 4, 22 (Septante) en ces termes : « dans l’Esther de la Septante » ; Commentaire d’Origène sur Jean, livre 2, chapitre 7, p. 330.

Méthode (270-311/312 apr. J.-C.) : «Puisqu’il est donc clair, et que tous en témoignent, que ceux qui sont nés de l’adultère parviennent à la perfection, nous ne devons pas imaginer que l’Esprit enseignait au sujet des conceptions et des naissances, mais plutôt, peut-être, au sujet de ceux qui commettent l’adultère de la vérité, qui, en corrompant les Écritures par de fausses doctrines, font naître une sagesse imparfaite et immature, mêlant leur erreur à la piété. » Le Banquet des dix vierges, discours 2, chap. 3, p. 314

3. Enjeux critiques : L’Église primitive était confrontée à des enjeux différents de ceux de l’Église moderne. Pour elle, les priorités consistaient à protéger le troupeau contre de graves persécutions, à répondre aux arguments issus des différentes écoles de philosophie grecque, à réfuté les thèses d’au moins trente groupes gnostiques distincts, et à démontrer la fausseté du paganisme gréco-romain et d’autres formes de paganisme.

La situation dans l’islam

Dans le monde musulman, examinons la critique du Coran depuis les temps les plus anciens, celle des savants qui ont suivi, et celle d’aujourd’hui.

Dès les débuts, ‘Aïcha, l’une des épouses de Mahomet, s’inquiétait de l’exactitude du texte. Sourate 2, verset 238 : Abou Yunus, l’esclave affranchi d’‘Aïcha, transcrivit un exemplaire du Coran pour elle. Il présentait une légère différence au niveau de la sourate 2, verset 238. « Abou Yunus, l’esclave affranchi d’‘Aïcha, a déclaré : ‘Aïcha (qu’Allah soit satisfait d’elle) m’a ordonné de lui transcrire un exemplaire du Coran et m’a dit : « Lorsque vous arriverez à ce verset : “Accomplissez la prière et la prière du milieu” (2:238), prévenez-moi. » Ainsi, lorsque j’y suis parvenu, je l’ai informée et elle m’a dicté (ce qui suit) : « Accomplissez la prière, la prière du milieu et la prière de l’après-midi, et levez-vous en obéissant sincèrement à Allah. » ‘A’isha (qu’Allah soit satisfait d’elle) a dit : « C’est ainsi que je l’ai entendu de la bouche du Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah soient sur lui). » Sunan Nasa’i, vol. 1, n° 475, p. 340

Boukhari, vol. 6, livre 60, chap. 9, n° 8, p. 10 : « ‘Umar a dit : « Notre meilleur réciteur du Coran est Ubai et notre meilleur juge est ‘Ali ; et malgré cela, nous écartons certaines des déclarations d’Ubai, car Ubai dit : « Je ne laisse de côté rien de ce que j’ai entendu de la part de l’Apôtre d’Allah », alors qu’Allah a dit : « Quel que soit le verset (la révélation) que Nous abrogeons ou faisons oublier, Nous en apportons un meilleur ou un similaire »… (2:106) »

Le recueil de littérature islamique du Xe siècle intitulé *Al-Fihrist* (p. 62) indique : « Selon la déclaration d’Ubayy ibn Ka’b, le nombre total de versets du Coran s’élève à 6 210. Le nombre total de sourates du Coran, selon la déclaration d’‘Ata ibn Yasar, est de 114 ; il compte 6 170 versets, 77 439 mots et 323 015 lettres. Selon la déclaration d’‘Asim al-Jahdari, il y a 113 sourates. Le nombre total de versets du Coran, tel qu’indiqué par Yahya ibn al-Harith al-Dhamari, est de 6 226, tandis que le nombre de ses lettres s’élève à 321 530. » [La citation originale indiquait les chiffres en toutes lettres.]

Aujourd’hui, le Coran compte environ 78 090 mots arabes ; voir www.isos.org pour plus de détails. Par rapport aux 77 439 mots, cela représente une différence d’au moins 651 mots.

‘Ubai ibn Ka’b, l’un des secrétaires de Mahomet, possède des sourates supplémentaires et omet environ 12 sourates du Coran actuel (Al-Fihrist, p. 61, notes de bas de page 43 à 48). Abu Musa, de Bassorah, possédait également un texte identique à celui d’‘Ubai. (Suyuti, Itqan I, p. 65 ; Ibn Abi Dawud, Masahif, pp. 180-181, ainsi que Noeldeke, Geschichte des Quran’s, pp. 33-38.)

Il existe aujourd’hui deux textes arabes de référence, appelés Warsh et Hafs, et ces légères différences ne semblent plus susciter beaucoup d’inquiétude. Mais historiquement, les musulmans se sont beaucoup plus préoccupés des modifications plus importantes apportées au texte.

Voici quelques exemples de différences entre Warsh et Hafs.

Sourate 2:119 « et ne demandez pas ! » (récitation de Warsh. Approuvée par le ministère des Affaires religieuses et des Waqfs d’Algérie) contre « et on ne vous demande pas » (récitation de Hafs. Complexe du roi Fahd… Arabie saoudite) (www.QuranText.org/qiraat.html)

Sourate 3:83 « vous serez ramenés » (récitation de Warsh. Approuvée par le ministère des Affaires religieuses et des Waqfs d’Algérie) contre « ils seront ramenés » (récitation de Hafs. Complexe du roi Fahd… Arabie saoudite) (www.QuranText.org/qiraat.html)

Mais pour les chrétiens, c’est le message qui importe, et non les mots exacts. Ainsi, par exemple, si une armée s’empare d’une ville et fait de nombreuses femmes prisonnières, ils devraient se demander « comment Dieu veut-Il que je sois saint et que je Lui plaise », et non « y a-t-il une incertitude quant aux consonnes ? ».

Q : Dans le Nouveau Testament, pourquoi devrions-nous croire en la Trinité, puisque ce mot ne figure pas dans la Bible ?

R : Les termes « Ancien Testament », « Nouveau Testament », « expiation » et « Cène du Seigneur » ne figurent pas non plus dans la Bible, mais nous croyons également en ces concepts. Il vaut mieux ne pas se disputer sur des mots, mais examiner ce qui est enseigné. Si le concept de la Trinité est enseigné dans la Bible, nous devons y croire. Si le concept de la Trinité est contraire à la Bible, nous ne devons pas y croire. D’accord ?

Pour savoir ce qu’implique le concept de la Trinité, consultez l’analyse de Matthieu 28:19.

À titre d'information pour les mormons, le terme « progression éternelle » ne figure pas dans le Livre de Mormon.

À titre d’aparté à l’intention des musulmans, bien que le Coran comporte des termes désignant l’unicité (wahed, wihdanea, ahd, fard, wahdo), le mot « Tawhid » (unicité), principe théologique central de l’islam, n’y figure pas non plus. Cependant, tout comme vous ne pouvez pas utiliser ce fait pour prouver ou réfuter le Tawhid auprès des musulmans, vous ne pouvez pas utiliser l’absence d’un terme théologique spécifique dans la Bible pour prouver ou réfuter la Trinité. D’autres concepts musulmans qui ne figurent pas dans le Coran sont les suivants :

Le Coran ne dit jamais qu’Ismaël a failli être sacrifié par Abraham. Il mentionne plutôt un fils dont le nom n’est pas précisé.

L’idée musulmane moderne selon laquelle Mahomet était sans péché ne figure pas dans le Coran.

Pour les musulmans sunnites, le concept même de la Sunna, ainsi que le respect des hadiths reconnus, dont certains sont considérés par les musulmans comme contradictoires, ne figure pas dans le Coran.

L’idée selon laquelle les non-musulmans devraient être tués s’ils se rendent à La Mecque ne figure pas dans le Coran.

L’idée selon laquelle les juifs devraient être expulsés de La Mecque / d’Arabie saoudite ne figure pas dans le Coran.

Pour les musulmans chiites, le concept même d’imams, selon lequel il suffirait en substance d’obéir à l’imam pour obéir à Dieu, est absent du Coran. Bien entendu, les martyres d’Ali et de Husain ne figurent pas dans le Coran.

Ni la Bible ni le Coran ne contiennent le terme « monothéisme », mais le fait de ne pas utiliser ce mot ne prouve certainement pas que le monothéisme soit erroné.

Q : Dans le Nouveau Testament, d’où provient le terme « Trinité » ?

R : La première personne dont on sache qu’elle a utilisé le terme « Trinité » (Trias en grec) fut l’évêque Théophile d’Antioche (168-181/188 apr. J.-C.) dans sa Lettre à Autolycus, livre 2, chapitre 15, p. 101.

Clément d’Alexandrie a également évoqué « la Sainte Trinité » dans Les Stromates (193-202 apr. J.-C.), livre 5, chapitre 14, p. 468.

Tertullien (vers 213 apr. J.-C.) fut le deuxième dont on ait trace à avoir utilisé le terme « Trinité » (Trinitas en latin), dans sa Lettre contre Praxéas.

Hippolyte (225-235/6 apr. J.-C.), dans son ouvrage Contre l’hérésie de Noète, déclare : « Et par là, Il a montré que quiconque omettait l’un de ces éléments ne parvenait pas à glorifier Dieu parfaitement. Car c’est par cette Trinité que le Père est glorifié. »

Origène (225-254 apr. J.-C.) mentionne la Trinité dans son Commentaire sur Jean, livre 6, chapitre 17, p. 366.

Novatien (250/254-256/7 apr. J.-C.), originaire de Rome, a rédigé un ouvrage en 32 chapitres intitulé « Traité sur la Trinité ».

Cyrille de Carthage (256 apr. J.-C.), après avoir cité les paroles de Jésus rapportées dans Matthieu 28, 18-19, déclare : « Il [Jésus] fait allusion à la Trinité, dans le sacrement de laquelle les nations devaient être baptisées. » Lettres de Cyrille, lettre 72, chapitre 5, p. 380.

Firmilien de Césarée en Cappadoce, dans une lettre adressée à Cyprien de Carthage (256 apr. J.-C.), mentionne la Trinité. Épîtres de Cyprien, lettre 74, chap. 11, p. 393

L’évêque Munnulus de Girba mentionne la Trinité et cite Matthieu 28, 19 : « … au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Septième concile de Carthage (258 apr. J.-C.), p. 567

Euchratius, évêque de Thène, cite Matthieu 28, 19 : « … au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Septième concile de Carthage (258 apr. J.-C.), p. 568

Grégoire le Thaumaturge (240-265 apr. J.-C.), dans Une déclaration de foi, p. 7, mentionne le Père et le Fils, et il évoque la « Trinité » à trois reprises.

Une « Déclaration de foi par sections » (vers 240-265 apr. J.-C.) (probablement rédigée par Grégoire le Thaumaturge, bien que cela ne soit pas précisé) mentionne la Trinité au chap. 5, p. 41 ; au chap. 7, p. 42 ; au chap. 18, p. 45 ; et au chap. 20, p. 45

Dionysius d’Alexandrie (246-265 apr. J.-C.) mentionne la Trinité par son nom à deux reprises dans la Lettre n° 4, chapitre 8, p. 93.

Dionysius, évêque de Rome (259-269 apr. J.-C.) : « Car ces [vrais disciples] savent en effet à juste titre que la Trinité est proclamée dans les Écritures divines, mais que la doctrine selon laquelle il y aurait trois dieux n’est enseignée ni dans l’Ancien ni dans le Nouveau Testament. » Dionysius de Rome, Contre les Sabelliens (ANF vol. 7), chapitre 1, p. 365

Méthode (270-311/312 apr. J.-C.) : « Car le royaume du Père, du Fils et du Saint-Esprit est un, tout comme leur substance est une et leur domination une. C’est pourquoi, par une même adoration, nous rendons culte à la Divinité unique en trois Personnes, subsistant sans commencement, incréée, sans fin, et à laquelle il n’y a pas de successeur. Car ni le Père ne cessera jamais d’être le Père, ni le Fils d’être le Fils et le Roi, ni le Saint-Esprit d’être ce qu’Il est en substance et en personnalité. Car rien de la Trinité ne subira de diminution, que ce soit en matière d’éternité, de communion ou de souveraineté. » Discours sur les Psaumes, chap. 5, p. 397. (Voir également Le Banquet des dix vierges, discours 8, chap. 10, p. 338 et chap. 11, p. 339)

Alexandre d’Alexandrie (313-326 apr. J.-C.) affirme que, le troisième jour après sa mort, Jésus est ressuscité, nous apportant ainsi la connaissance de la Trinité. Épîtres sur l’hérésie arienne, Épître 5, p. 302

Une approche proche chez Justin le Martyr (sa Première Apologie, 147-151 apr. J.-C.) : « … et nous l’adorons [Jésus] à juste titre, ayant appris qu’Il est le Fils du vrai Dieu Lui-même, et en Lui accordant la deuxième place, et à l’Esprit prophétique la troisième, et nous le prouverons. » Première Apologie de Justin le Martyr, chap. 13, p. 166-167

Près de la vérité chez Athénagoras (177 apr. J.-C.) « Qui, donc, ne serait pas étonné d’entendre des hommes qui parlent de Dieu le Père, de Dieu le Fils et du Saint-Esprit, et qui proclament à la fois leur puissance dans l’union et leur distinction dans l’ordre, être qualifiés d’athées ? Notre enseignement concernant la nature divine ne se limite d’ailleurs pas à ces points ; nous reconnaissons également une multitude d’anges et de ministres,… » Défense des chrétiens, chap. 10, p. 133

Référence proche chez Pierre d’Alexandrie (306, 285-311 apr. J.-C.) (extrait) « le Créateur et Seigneur de toute créature visible et invisible, le Fils unique, et le Verbe coéternel avec le Père et le Saint-Esprit, et de même substance qu’eux, selon sa nature divine, notre Seigneur et Dieu, Jésus-Christ,… » fragment 5, p. 282

Conclusion : Ces références, provenant d’Antioche, de Rome, d’Alexandrie et d’autres lieux, montrent que le terme « Trinité » était largement répandu plus d’une centaine d’années avant le concile de Nicée en 325 apr. J.-C.

À titre d’aparté, on notera un « cas limite » : bien qu’Ignace (mort soit en 107, soit en 116 apr. J.-C.), disciple de l’apôtre Jean, n’utilise pas le terme « Trinité », il appelle souvent Jésus « Dieu ». Dans la deuxième lettre d’Ignace aux Éphésiens, au chapitre 9, il dit : « Et vous êtes préparés pour l’édification de Dieu le Père, et vous êtes élevés vers les hauteurs par l’instrument de Jésus-Christ, qui est la croix ; et vous êtes tirés par la corde, qui est le Saint-Esprit ; et votre poulie est votre foi, et votre amour est le chemin qui mène vers les hauteurs, vers Dieu » (Pères anténicéens, p. 101)

Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.), dans son Dialogue avec Tryphon le Juif, chapitres 57 à 65, donne également une très bonne explication de la Trinité et des raisons pour lesquelles nous devons adorer Jésus, sans pour autant utiliser le mot « Trinité ».

Q : Le sceptique Bart Ehrman déclare : « À l’époque de Jésus, il y avait de nombreux hommes saints, tels que Hanina ben Dosa et Honi le traceur de cercles. Il y avait des saints païens, tels qu’Apollonius de Tyane, un philosophe qui aurait pu guérir les malades, chasser les démons et ressusciter les morts. Il serait né de manière surnaturelle et, à la fin de sa vie, il serait monté au ciel. Cela vous semble familier ? Il existait également des demi-dieux païens, tels qu’Hercule, qui pouvaient eux aussi ramener les morts à la vie. » (Jesus, Interrupted, p. 172)

R : À ma connaissance, aucune source antique n’affirme qu’Hercule pouvait ramener les morts à la vie. Il n’y avait pas « de nombreux saints hommes », seulement Hanina, Honi et Apollonius de Tyane. Mahomet est apparu 600 ans plus tard, et il ne serait pas convenable aux yeux de la plupart des musulmans que Jésus ait accompli des miracles et que Mahomet n’en ait accompli aucun. Il ne reste donc que Hanina, Honi et Apollonius.

La seule chose qu’Honi ait faite, c’est de prier pour que la pluie tombe, de tracer un cercle et de dire à Dieu qu’il ne sortirait pas de ce cercle tant qu’il n’aurait pas plu. Finalement, il a plu.

Voici une liste des miracles de Hanina. Bien que ces miracles ne puissent être vérifiés, même s’ils étaient avérés, ils ne seraient en aucun cas comparables aux miracles de Jésus.

1) Hanina a prié pour deux personnes malades, dont l’une avait de la fièvre, et toutes deux se sont rétablies.

2) Un jour, Hanina a prié pour que la pluie cesse, et elle s’est arrêtée immédiatement. De retour chez lui, il a prié pour que la pluie revienne, et il s’est remis à pleuvoir.

3) Hanina et sa femme n’avaient plus de pain ; ils ont donc allumé le four quand même pour que leurs voisins ne s’en aperçoivent pas. Lorsqu’un voisin est venu leur rendre visite, il y avait miraculeusement du pain dans le four.

4) L’épouse de Hanina le persuada de demander dès maintenant une partie de sa récompense éternelle ; Dieu fit alors descendre un pied de table en or. Son épouse fit alors un rêve dans lequel, au paradis, les gens mangeaient sur des tables à trois pieds, mais celle de Hanina n’en avait que deux ; elle pria donc pour que Dieu reprenne ce pied, et Dieu le fit disparaître.

5) Une table s’éloigna de Hanina jusqu’à ce qu’il verse la dîme sur les épices contenues dans la nourriture.

6) L’âne de Hanina refusait même de manger de la nourriture non soumise à la dîme.

7) Hanina souhaitait apporter un gros rocher poli à Jérusalem. Cinq ouvriers apparurent mystérieusement pour le transporter avec lui en échange de cinq pièces d’argent. Ils l’emportèrent instantanément à Jérusalem, puis disparurent.

Ce qui est révélateur à propos de Hanina, c’est que ces miracles se seraient produits au Ier siècle après J.-C. Ces récits auraient pu être inventés par le peuple juif pour contrer les miracles de Jésus.

Nous ne savons pratiquement rien d’Apollonius de Tyane, si ce n’est ce qu’a écrit son biographe, Flavius Philostrate, entre environ 170 et environ 247 après J.-C. Il avait été chargé de rédiger cette biographie par l’épouse d’un empereur qui tentait d’éradiquer le christianisme. Voici un bref résumé des miracles attribués à Apollonius.

Apollonius voit les chaînes de Prométhée et chasse un lutin. Plus tard, à Éphèse, une épidémie se déclare. Apollonius identifie un vieux mendiant comme étant le démon de la peste et ordonne aux habitants de la ville de le lapider à mort. Il s’entretient avec le fantôme d’Achille, exorcise un démon, prédit des événements futurs et sauve un homme des griffes d’une vampire. Sous Néron, un rouleau énumérant les chefs d’accusation retenus contre Apollonius est mystérieusement effacé. Il vient ensuite à bout d’un satyre éthiopien. Il guérit un homme de son amour pour une statue d’Aphrodite. Plus tard, emprisonné sous Domitien, Apollonius se libère miraculeusement de ses chaînes. Après avoir été acquitté, Apollonius se rend en Asie Mineure, où il assiste miraculeusement au meurtre de Domitien. Il quitte cette terre en s’élevant depuis un temple en Crète. Par la suite, il apparaît à un homme dans un rêve, démontrant ainsi que les âmes sont immortelles.

Les chrétiens furent persécutés sous l’empereur Septime Sévère en 202 apr. J.-C. Les premiers martyrs chrétiens britanniques connus furent tués en 209 apr. J.-C. Philostrate fut membre de la cour impériale romaine de Septime Sévère après 202 apr. J.-C., et il accompagna l’empereur et son épouse en Grande-Bretagne, où l’empereur combattit les Pictes jusqu’à sa mort en 211 apr. J.-C. L’épouse de Septime Sévère, Julia Domna, fut sa protectrice jusqu’à sa mort en 217 après J.-C. Elle chargea expressément Philostrate de rédiger une biographie d’Apollonius de Tyane, qui vécut 150 ans auparavant. Il est très probable que cet ouvrage ait été écrit pour contrer l’essor du christianisme. L’histoire est entièrement racontée à travers le carnet de notes de Damis, disciple et compagnon fidèle d’Apollonius. Tous s’accordent à dire que ce « Damis » était un personnage entièrement fictif. Il s’agit donc d’une biographie inventée pour contrer le christianisme, racontée par un disciple dont on reconnaît le caractère fictif ; ces faits ont été négligés de manière irresponsable par Ehrman lorsqu’il a tenté de semer le doute sur les miracles de Jésus.

Quant aux preuves manuscrites de ce récit fictif, il n’existe que 25 manuscrits conservés. Le plus ancien date du XIe siècle, le suivant du XIIe, et les autres du XIVe au XVIe siècle, selon l’ouvrage *The Resurrection of Jesus*, p. 178.

Q : Existe-t-il des écrits que l’on pense provenir de Jésus lui-même ? Je croyais avoir entendu parler de certains que l’Église avait dénoncés.

R : Le Livre de l’Apocalypse est la « Révélation de Jésus-Christ » ; certains considèrent donc qu’il est attribué (verbalement) à Jésus, bien que ce soit bien sûr l’apôtre Jean qui l’ait rédigé. Nous devons adhérer à ce qu’affirme Éphésiens 2:20, selon lequel l’Église est « bâtie sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire ». Le christianisme « s’appuie sur l’enseignement de Jésus » transmis par les prophètes et les apôtres (y compris Paul) que Jésus a choisis.

Hormis l’Apocalypse, d’après mes recherches, je n’ai connaissance d’aucun écrit ancien prétendant avoir été rédigé par Jésus lui-même. Il existe certains écrits modernes qui prétendent être des œuvres perdues de Jésus, mais bien sûr, l’Église primitive ne les a jamais dénoncés, car ils n’avaient pas encore été écrits.

Ce à quoi vous pensez peut-être, ce sont un certain nombre d’ouvrages prétendument rédigés par divers apôtres et d’autres personnes, qui s’avéraient être des faux. Les gnostiques, en particulier, utilisaient l’Évangile de Thomas, bien qu’ils en possédaient différentes versions. De plus, voici une liste partielle d’autres livres qui s’avéraient être des faux et que l’Église a rejetés :

L’Évangile du Pseudo-Matthieu (son nom moderne)

L’Histoire de Joseph le Charpentier

L’Évangile arabe de l’enfance du Sauveur

L’Évangile de Nicodème

L’Évangile de Thomas (gnostique) (140-200 apr. J.-C.)

Le rapport de Ponce Pilate

La reddition de Ponce Pilate

Les Actes des saints apôtres Pierre et Paul

Les Actes de Paul et de Thècle

La Lettre de Ponce Pilate concernant notre Seigneur Jésus-Christ = Les Actes de Ponce Pilate (qui n’existent plus aujourd’hui, mais qui sont mentionnés par Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.) et Tertullien (198-220 apr. J.-C.))

Les Actes de Barnabé (à ne pas confondre avec le faux évangile médiéval dit « Évangile de Barnabé »)

Les Actes de Philippe

Les Actes d’André et de Matthias

Les Actes de Pierre et d’André

Le Livre de Jean concernant le repos éternel de Marie

Le départ de Marie

L’un de mes « coups de cœur » est les Actes de Pierre. Si je me souviens bien, Pierre se rendit dans une auberge et sa chambre était infestée de punaises, ce qui l’empêchait de dormir, alors qu’il devait prêcher le lendemain. Il ordonna donc aux punaises de quitter la chambre, et celles-ci s’exécutèrent. Le lendemain matin, lorsqu’il ouvrit la porte, il vit une file de punaises qui attendaient pour retourner dans la chambre. Pierre leur ordonna de retourner dans le lit, et elles obéirent.

L’une des raisons pour lesquelles nous pouvons être sûrs de l’authenticité des écrits, ainsi que des enseignements et du caractère de Jésus, en dehors de la Bible, réside dans les premiers chrétiens.

Clément de Rome a écrit une lettre aux Corinthiens entre 96 et 98 après J.-C. Son message fondamental était : « Pourquoi ne faites-vous pas ce que Paul vous a demandé de faire il y a 50 ans ? » La lettre de Clément est très perspicace, et elle est si remarquable que quelques chrétiens ont cru à tort qu’elle devait faire partie des Écritures. Je n’ai trouvé aucune fausseté dans cette lettre, à l’exception d’un seul point. Clément semble croire que la légende du phénix arabe, qui vivrait mille ans avant de s’immoler par le feu puis de renaître de ses cendres, est vraie. Ignace a également beaucoup écrit ; c’était un disciple de l’apôtre Jean. Papias était un autre disciple de l’apôtre Jean qui a rédigé de nombreux ouvrages, malheureusement tous perdus. Nous ne disposons que de quelques extraits conservés par Eusèbe de Césarée (actif vers 325 apr. J.-C.). Le martyr Polycarpe, évêque de Smyrne, était un autre disciple de l’apôtre Jean ; il avait lui-même un disciple, Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.), qui a rédigé l’ouvrage *Contre les hérésies*, répertoriant plus de 30 écoles gnostiques différentes. Il a cité et fait référence à environ 1 800 passages tirés de tous les livres du Nouveau Testament (à l’exception de Philémon et de la 3e Épître de Jean) et ses écrits montrent que les livres de son Nouveau Testament étaient les mêmes que ceux que nous connaissons aujourd’hui.

Il existe une troisième catégorie d’ouvrages, à savoir des écrits plus récents qui ont réussi à être considérés comme authentiques aux yeux de certains. L’un de ces recueils s’intitule *Les Fausses Décretales*. Ces textes ont été rédigés au IXe siècle et proviennent probablement du royaume franc. Ils affirmaient notamment que Pierre avait transmis les clés du Ciel à un « pape » qui lui succéderait. Un autre ouvrage est l’Évangile de Barnabé, rédigé par ce que l’on pense être un moine mécontent qui s’est converti à l’islam. Il ne tient pas compte du fait que la culture de l’époque de Jésus n’était pas celle de l’Italie du Moyen Âge, avec ses chevaliers, ses lacets de chaussures et autres éléments de ce genre. De plus, s’il contient des enseignements que les chrétiens considèrent comme hérétiques, il en contient également que l’islam orthodoxe qualifierait lui aussi d’hérétiques. Néanmoins, comme Jésus y prophétise la venue de Mahomet après lui, j’ai entendu dire qu’il s’agissait du livre religieux le plus vendu dans certains pays musulmans.

Si l’Église post-apostolique primitive n’a pas « rédigé » les Écritures, nous lui sommes redevables d’avoir identifié pour nous ce qui constituait les Écritures. Chaque livre du Nouveau Testament était cité par les auteurs de l’Église primitive, avant l’an 150 après J.-C., à l’exception peut-être de deux livres très courts, Philémon et 3 Jean.

Irénée, dans *Contre les hérésies*, p. 428, chapitre 11, verset 8 (écrit entre 182 et 188 apr. J.-C.), affirme que, à l’instar des quatre régions du monde et des quatre vents principaux, il n’y a ni moins ni plus de quatre évangiles. Il les mentionne ailleurs sous les noms de Matthieu, Marc, Luc et Jean.

Q : Le sceptique Bart Ehrman avance l’affirmation non étayée selon laquelle « si Matthieu, qui a écrit quelque vingt-cinq ou trente ans après Paul, a jamais lu l’une des lettres de Paul, il ne les a certainement pas trouvées inspirantes, et encore moins inspirées ». Jesus, Interrupted, p. 89 « Paul pensait que les disciples de Jésus qui tentaient d’observer la loi risquaient de perdre leur salut. Matthieu pensait que les disciples de Jésus qui n’observaient pas la loi, et ce mieux encore que les Juifs les plus religieux, n’atteindraient jamais le salut. » Jesus, Interrupted, p. 90

R : Matthieu, dans son Évangile de Jésus-Christ, n’a pas parlé de Paul car son sujet était Jésus-Christ. On pourrait également avancer un argument tout aussi peu convaincant selon lequel Luc, dans son Évangile, ne savait rien non plus de Paul — mais seulement si l’on ignorait tout du livre des Actes.

Q : Le sceptique Bart Ehrman écrit : « Certains lecteurs sont surpris d’apprendre que ce type d’antijudaïsme n’existait pas dans le monde romain, grec ou tout autre avant l’avènement du christianisme et qu’il s’agit donc d’une invention chrétienne. Certes, certains auteurs romains et grecs dénigraient les Juifs pour ce qui leur semblait être des coutumes bizarres… Mais les auteurs romains et grecs dénigraient tous ceux qui n’étaient ni Grecs ni Romains, et les Juifs n’étaient pas pris pour cible. Jusqu’à l’apparition du christianisme. » (Jesus, Interrupted, p. 244)

R : Cette affirmation, émanant d’une personnalité reconnue comme un érudit, est en effet tout à fait surprenante. Cela surprendrait certainement les Juifs tués par le séleucide Antiochus IV Épiphane, les Juifs qui ont vu le Romain Pompée profaner le Saint des Saints en 63 av. J.-C. Ce sont les seuls Juifs qui ont été expulsés de Rome sous Claude.

Ehrman se trompe ici à bien des égards ; je ne comprends vraiment pas pourquoi il commet une erreur aussi grave et continue d’être considéré comme un spécialiste de l’histoire juive antique.

a) Les chrétiens n’étaient pas plus antisémites qu’ils n’étaient « anti-italiens » ou « anti-grecs ». Affirmer qu’une religion est erronée ne revient pas à s’opposer au peuple qui la pratique. Par exemple, dix-sept auteurs chrétiens antérieurs au concile de Nicée ont écrit que le judaïsme était erroné. (Sans compter Clément d’Alexandrie, qui mettait uniquement en garde contre les pharisiens.) Mais 19 auteurs chrétiens pré-nicéens ont écrit que les dieux gréco-romains étaient erronés. Affirmer que certaines personnes croient en quelque chose d’erroné ne signifie pas que l’on vous déteste ou que l’on a des préjugés à votre égard. Ehrman affirme que les chrétiens conservateurs ont tort. Mais la critique des chrétiens conservateurs implique-t-elle automatiquement que quelqu’un doit nous détester ? S’il nie cela, alors on ne peut pas utiliser l’argument selon lequel les Juifs avaient des croyances erronées pour qualifier cela de préjugé.

b) Il n’existe aucun cas de persécution des Juifs par les chrétiens pré-nicéens. Le premier cas de persécution des Juifs par des chrétiens remonte à l’empereur Constantin, qui a fermé de manière non violente les synagogues juives ainsi que les temples païens, afin d’encourager ses sujets à se rendre plutôt dans les églises. Cela a apparemment fonctionné dans une large mesure, et certains ont affirmé que le christianisme ne s’en est pas entièrement remis depuis.

c) Paul et les autres aimaient les Juifs. Paul déclare, dans Romains 10, 1 : « Frères, le désir de mon cœur et ma prière à Dieu pour les Israélites, c’est leur salut. » Il se montre encore plus catégorique dans Romains 9, 1-4a : « Je dis la vérité en Christ, je ne mens pas, comme l’atteste ma conscience dans le Saint-Esprit. J’éprouve une profonde tristesse et une angoisse incessante dans mon cœur. Car je souhaiterais bien être moi-même maudit et séparé de Christ pour le bien de mes frères, mes propres frères de sang, le peuple d’Israël. » Par son exemple, Paul nous montre l’amour que nous devrions porter au peuple juif. Quant à un prétendu « statut de seconde classe » du peuple juif, Paul s’y oppose dans Galates 3, 28 : « Il n’y a ni Juif ni Grec, ni esclave ni libre, ni homme ni femme, car vous êtes tous un en Jésus-Christ. »

d) L’antisémitisme existait avant l’arrivée des Romains.

Je ne sais pas si Bart Ehrman connaît un empereur séleucide nommé Antiochus Épiphane. Antiochus a tenté d’éradiquer violemment le judaïsme, et la révolte des Maccabées fut la réaction des Juifs à cela. Le livre d’Esther évoque Haman, personnage antisémite, et le peuple perse qui consentit à tuer les Juifs.

e) L’antisémitisme existait avant le christianisme. Ponce Pilate a été nommé à son poste grâce à l’influence de son mentor, l’antisémite Séjan. Séjan a été exécuté par Tibère le 9 octobre de l’an 31 après J.-C. Pilate, qui a gouverné de 26 à 36 après J.-C., était le cinquième gouverneur romain de Judée depuis l’an 6 après J.-C., selon le Commentaire évangélique sur la Bible, p. 874.

f) L’antisémitisme existait également chez les non-chrétiens. Un Grec du nom d’Apion a écrit un ouvrage intitulé « Contre les Juifs », et l’« Histoire » de Flavius Josèphe constituait en partie une réponse à l’ouvrage d’Apion.

Q : Ehrman écrit : « Pour Paul, la foi consistait à accepter avec confiance la mort du Christ afin d’être réconcilié avec Dieu. Il s’agit d’un terme relationnel, qui signifie en quelque sorte « confiance ». Dans les Épîtres pastorales, ce mot a une autre signification : l’ensemble des croyances et des idées qui constituent la religion chrétienne (Tite 1, 13). Il ne s’agit pas d’un terme relationnel, mais d’un terme qui désigne un ensemble d’enseignements chrétiens, le contenu de ce qu’il faut croire – ce qui explique comment ce terme en est venu à être utilisé dans des contextes chrétiens ultérieurs. Il s’agit donc là d’un exemple illustrant en quoi les Épîtres pastorales semblent provenir d’un contexte ultérieur, non paulinien. » (Jesus, Interrupted, p. 130).

R : Galates 1:23 ; Éphésiens 4:13 et d’autres versets prouvent que M. Ehrman ne sait pas de quoi il parle d’une part, et 2 Timothée 1:5 ; 2 Timothée 3:15 et Tite 3:15 prouvent que M. Ehrman a tort d’une autre part. Paul met en évidence ces deux aspects de la foi tant dans ses premières lettres (épîtres) que dans ses lettres pastorales ultérieures.

A. La foi au sens de croyances doctrinales :

A1. Les premières épîtres de Paul (contrairement à ce qu’affirme Ehrman)

Gal 1, 23 : « Ils n’en avaient entendu parler que par ouï-dire : “Celui qui autrefois nous persécutait prêche maintenant la foi qu’il cherchait autrefois à détruire.” »

Éphésiens 4, 5 : « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême »

(Ehrman reconnaît que les ouvrages cités ci-dessous enseignent que la foi est un ensemble de croyances doctrinales)

Éphésiens 4:13 « jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’âge de la maturité, à la pleine mesure de la stature de Christ. »

A2. Les épîtres pastorales de Paul (Ehrman serait d’accord)

1 Tim 4, 6 « … les paroles de la foi »

Tite 1:13 « C’est pourquoi réprimandez-les sévèrement, afin qu’ils soient sains dans la foi et ne prêtent aucune attention aux mythes juifs ni aux commandements d’hommes qui ont rejeté la vérité. »

Tite 2, 2 « solides dans la foi »

Conclusion : Il existe des versets où le terme « foi » désigne la vérité ou la doctrine, tant dans les premières lettres de Paul que dans les épîtres pastorales.

B. La foi au sens de « confiance » en général

B1. Les premières épîtres de Paul (Ehrman serait d’accord)

Romains 1, 17 : « vivra par la foi »

Romains 3, 25 : « la foi en son [Jésus] sang »

Romains 4 : Abraham justifié par la foi

Gal 2, 16 : « justifiés par la foi en Christ »

Gal 3, 2b : « l’enseignement de la foi »

Gal 3, 8 : « justifier les nations par la foi »

Gal 3, 9 : « ceux qui ont la foi »

Gal 3, 11 « Le juste vivra par la foi »

Gal 3, 22 « la promesse par la foi en Jésus-Christ »

Gal 3, 24 « justifiés par la foi »

Gal 3, 25 « mais la foi qui vient »

Gal 3, 26 « par la foi en Jésus-Christ »

Gal 5, 5 : « l’espérance de la justice qui vient de la foi »

Éphésiens 1:1 « fidèles en Jésus-Christ »

Éphésiens 1:15 « votre foi dans le Seigneur Jésus »

Éphésiens 3:17 « afin que le Christ habite dans vos cœurs par la foi »

B2. Les épîtres pastorales de Paul (contrairement à ce qu’affirme Ehrman)

2 Tim 1, 5 : « Je me souviens de votre foi sincère, qui habitait d’abord chez votre grand-mère Loïs et chez votre mère Eunice, et je suis convaincu qu’elle est également en vous. »

2 Tim 3, 15 « qui sont aptes à vous rendre sages pour le salut par la foi en Jésus-Christ. »

Tite 3, 15 « Saluez ceux qui nous aiment dans la foi. »

C. La foi peut être comprise dans l’un ou l’autre sens, voire les deux

C1. Les premières épîtres de Paul

1 Cor 15, 1-2, 14, 17 « Or, frères, je veux vous rappeler l’Évangile que je vous ai prêché, que vous avez reçu et dans lequel vous demeurez fermes. C’est par cet Évangile que vous êtes sauvés, si vous vous tenez fermement à la parole que je vous ai prêchée. Sinon, vous avez cru en vain. (14) Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vaine, et votre foi l’est également. Dans ce cas, nous sommes également démasqués comme de faux témoins de Dieu. Car nous avons témoigné au sujet de Dieu qu’Il a ressuscité le Christ d’entre les morts. … (17) Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine… » (Ceci met l’accent sur les doctrines de la résurrection du Christ ainsi que sur sa mort.)

Gal 3, 7 « ceux qui ont la foi »

Gal 3, 12 « la loi n’est pas fondée sur la foi »

Gal 3, 23 « avant l’avènement de la foi »

Éphésiens 1:15 « ayant entendu parler de votre foi dans le Seigneur Jésus »

Éphésiens 2:8 « C’est par la grâce que vous avez été sauvés, par la foi »

C2. Les épîtres pastorales de Paul (celles-ci peuvent être interprétées dans les deux sens)

2 Tim 2, 18 : « se sont détournés de la vérité… ils ébranlent la foi de certains »

Tite 1:4 « enfant dans notre foi commune »

Q : Puisque Dieu n’a pas de corps physique, comment Jésus peut-il être le Fils de Dieu ? Les musulmans affirment qu’il s’agit là d’une erreur fondamentale du christianisme.

R : Les chrétiens ne croient PAS que Jésus était le Fils de Dieu au sens physique ou sexuel au sens strict. Ce terme exprime plutôt une signification profonde, à savoir en quoi Jésus se distingue de tout être créé. Les musulmans chiites ont un concept légèrement similaire. Lorsqu’ils disent qu’Ali est le doigt de Dieu, ils ne croient pas que Dieu ait dix doigts comme les êtres humains. Il s’agit plutôt d’une expression qui revêt pour eux une signification plus profonde.

Q : Je suis troublé par une réponse que vous avez donnée dans votre rubrique « Questions bibliques », selon laquelle Jésus est Dieu, ce qui est tout simplement faux. Jésus n’a jamais prétendu être Dieu. Il est le Fils de Dieu, le Messie. Vous avez tort d’induire les autres en erreur, car vous mettez ainsi en péril leur salut. Veuillez lire ces passages bibliques et modifier votre réponse.

Jn 14, 1-4 montre une distinction entre le Père et le Fils.

Dans Luc 18, 19, Jésus dit lui-même que personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul, lorsqu’on le qualifie de « bon ». Il s’est ainsi à nouveau distingué.

Dans Mc 13, 32 et Mt 24, 36, le Christ lui-même dit que personne ne sait quand viendra la fin, sauf Dieu seul, et pas même lui.

Dans Matthieu 23, 8-10, le Christ lui-même établit une distinction claire entre un enseignant, un chef et le Père.

Matthieu 5, 16 dit que le Père est dans les cieux.

Actes 4, 12 dit que le salut s’obtient par le Christ, mais que c’est Dieu qui nous a donné le Christ.

Hébreux 13, 21 ; 1 Pierre 2, 19-25 ; 1 Jean 2, 2-6 et 1 Jean 2, 23 établissent tous une distinction entre Dieu et le Christ. Dieu est le Père, celui qui donne, le Créateur. Le Christ est le Messie, le Sacrifice, le Fils.

Dans Exode 20:3, Deutéronome 6:4-5 et Deutéronome 32:39, Dieu dit que vous ne devez avoir aucun autre Dieu que Lui. C’est un péché de faire de Christ un Dieu ou d’appeler Christ « Dieu ». Dieu est Dieu seul et le Christ est le Messie. Il est l’Agneau de Dieu. Il est le Fils de Dieu qui a été créé afin de donner l’exemple de ce que devrait être une personne parfaite. L’humanité avait besoin d’un exemple incarné de perfection et d’amour. Jésus est cet exemple. C’était un être humain parfait doté d’une connaissance divine, et Dieu habitait en lui. Lorsqu’il a dit que « le Père et moi, nous sommes un », il a expliqué que c’était parce qu’il demeurait en Dieu et que Dieu demeurait en nous. Il était en union parfaite avec Dieu et il nous a été envoyé pour nous faire savoir que nous pouvions, nous aussi, être en union parfaite avec Dieu. Il n’a jamais prétendu être le Père céleste, et c’est un grave péché d’induire les autres en erreur en leur faisant croire le contraire. De nombreux passages bibliques établissent une distinction très nette entre Dieu et le Christ, mais je ne me souviens pas avoir lu un seul passage où le Christ ait déclaré qu’il était Dieu.

R : J’apprécie votre message franc. Je ne souhaite certainement pas induire les autres en erreur au sujet de leur salut. Espérons que nous serons « interpellés » là où nous nous trouvons dans le mensonge et que nous trouverons le repos lorsque nous serons d’accord sur la vérité. Vous avez soulevé tant de points dans votre bref message. J’aimerais aborder vos 11 points un par un, afin que nous puissions voir sur quels points nous sommes d’accord ou en désaccord.

1. Nous ne devons pas avoir d’autres dieux, comme vous l’avez mentionné, conformément à ce que commandent Exode 20:3 ; Deutéronome 6:4-5 ; 32:39. Romains 1:23, 25 indique que l’un des péchés des impies était qu’ils adoraient et servaient des choses créées plutôt que le Créateur. Nous ne devons ni adorer ni servir comme un Dieu un ange ou tout autre être créé. En supposant que Jésus ne fût pas Dieu et que quelqu’un l’appelât « Dieu », convenez-vous que ce serait un péché très grave ?

2. Thomas, le disciple, a appelé Jésus « Dieu » dans Jean 20, 28. Thomas est même allé plus loin que cela. Jean 20, 28 dit en effet que Thomas s’est adressé à Jésus en ces termes : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus a répondu à Thomas : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. » Jésus ne fait preuve d’aucune réprimande à l’égard de Thomas. En effet, la seule remarque vaguement négative de Jésus est que ceux qui n’ont pas vu Jésus en personne et qui croient (en ce qui concerne Jésus) sont plus heureux que ceux qui ont vu Jésus et qui croient cela. Or, soit

a) Thomas avait tort, et il a péché en appelant Jésus « Dieu », et peut-être que Jésus a péché en acceptant cela et en ne réprimandant pas Thomas, soit

b) Thomas avait raison, et Jésus a eu raison de confirmer ce que Thomas a dit.

Êtes-vous d’accord pour dire que Thomas devait avoir raison sur ce point ?

3. Distincts mais non séparés : Certaines choses peuvent être séparées, sans aucun point commun. D’autres peuvent être distinctes, présentant à la fois des différences et des points communs. Par exemple, les trois feuilles d’un trèfle sont distinctes, en ce sens qu’il s’agit de trois lobes. Pourtant, elles ne sont pas séparées, car elles sont reliées au milieu. (Cette illustration provient à l’origine de Patrick d’Irlande, un croyant véritablement exemplaire qui vécut vers l’an 400 après J.-C.) Quoi qu’il en soit, je conviens que bon nombre des versets que vous citez montrent effectivement une différence entre le Père et le Fils. Prouver que le Père et le Fils sont deux personnes distinctes ne signifie pas qu’ils soient totalement séparés. À tout le moins, ils partagent un nom, car nous sommes baptisés au nom (et non aux noms) du Père, du Fils et du Saint-Esprit, selon Matthieu 28, 19.

L’écrivain chrétien Ambroise de Milan (378-381 apr. J.-C.), dans son ouvrage *Du Saint-Esprit*, livre 1, chapitre 13, a développé davantage la question du partage des noms divins. Voir *Les Pères nicéens et post-nicéens*, 2e série, p. 110-111 pour plus d’informations.

a) Ils ont la même nature (Philippiens 2, 6)

b) Ils ont droit au même honneur (Jean 5, 23)

c) Le Père et Jésus « possèdent » tout en commun. Jean 16, 15 ; 17, 10.

d) Sur terre, le Père habitait en Jésus. Jean 10, 38 ; 14, 10-11.

e) Sur terre, Jésus était dans le Père. Jean 10, 38 ; 14, 11

f) Si vous connaissez vraiment Jésus, alors vous connaissez le Père et vous avez vu le Père. Jean 14:7-9

g) Personne ne vient au Père si ce n’est par Jésus. Jean 14, 6 ; 6, 45 ; ~8, 24 ; Actes 4, 12

h) Tous deux sont légitimement adorés (Hébreux 1:6)

i) Tous deux sont à juste titre appelés « Dieu » (Jean 1, 1 ; 20, 28 ; Hébreux 1, 8-9)

j) On adresse des prières aux deux (Actes 7, 59-60)

k) Tout ce qui existe dans le monde a été créé par eux deux (Jean 1, 3, 10 ; Colossiens 1, 16)

l) La plénitude de la divinité réside en Jésus (Colossiens 1, 19).

m) Ils ne font qu’un en esprit, en amour et en dessein. Obéir véritablement à l’un, c’est obéir à l’autre.

Alors, êtes-vous d’accord pour dire qu’ils sont distincts, mais qu’ils ont néanmoins certains points communs qui les unissent ?

4. Le pentecôtisme unitarien est erroné : le point précédent est important, car il existe une hérésie appelée « modalisme », dont le pentecôtisme unitarien est une forme moderne, qui enseigne que le Père, le Fils (le Christ) et l’Esprit sont identiques en tout point. Les passages relatant le baptême de Jésus, ainsi que ceux que vous avez cités (Jean 14, 1-4 ; Matthieu 5, 16 ; 1 Jean 2, 23, etc.) prouvent que le pentecôtisme unitarien est erroné. Je pense que nous pouvons nous mettre d’accord là-dessus.

5. Le Christ, notre Maître, ne réfute pas la Trinité : je ne suis pas tout à fait d’accord avec votre conclusion concernant Matthieu 23, 8-10, car si le Christ est notre Maître, cela signifie-t-il pour autant que nous devons refuser d’apprendre quoi que ce soit du Saint-Esprit ou de ce que Dieu le Père a révélé dans la nature ou dans la Parole de Dieu ? Nous pouvons bien sûr convenir que ce n’est pas le cas. Cependant, je pense que vous cherchiez à renforcer votre argument selon lequel il existe une différence entre le Père et le Fils, et je suis déjà d’accord avec cela.

6. Le salut est l’œuvre de Dieu ! D’ailleurs, d’après Actes 4, 12 et 1 Jean 2, 2-6, notre salut est-il l’œuvre de l’homme ou celle de Dieu ? Notre salut est un don de Dieu. Ce serait l’œuvre de l’homme, puisque Jésus était un homme, si Jésus n’était qu’un simple homme.

7. Jésus et Dieu : je pense avoir suffisamment démontré que, bien que le Père et Jésus soient différents, cela ne pose pas de problème. Cependant, cela ne répond pas encore à la distinction entre Jésus et Dieu que mettent en évidence Hébreux 13, 20-21 et d’autres versets. (Je ne pense pas que 1 Pierre 2, 19-25 montre cela, mais d’autres versets le font, ce n’est donc pas un point litigieux.) Rappelez-vous que le terme elohim (Dieu/dieu) a au moins quatre significations différentes dans la Bible. Jésus a reconnu qu’il y avait plus d’une signification dans Jean 10, 34-39, où il cite le Psaume 82, 6. Voici les significations dans la Bible :

Ceux que l’on appelle des dieux, voire des idoles. 1 Corinthiens 8, 5-6 ; Genèse 31, 30, 33

Le Père. Galates 1:1, Éphésiens 1:2-3, 17, Hébreux 1:9 (2e occurrence), etc.

Jésus. Hébreux 1:9 (1re occurrence) ; Jean 1:1, 18 ; Osée 1:7 ; Ésaïe 7:14 ; 1 Jean 5:11, 12 et 21 ; Colossiens 2:9 et Matthieu 1:23

Le Saint-Esprit. Romains 8:9-16 ; Luc 1:35 ; 1 Jean 4:12, 13, 15-16 ; 1 Corinthiens 3:16 par opposition à 1 Corinthiens 6:19 ; Actes 5:4

8. Versets montrant que Jésus est Dieu : Vous dites que vous ne vous souvenez d’aucun passage où Jésus aurait dit qu’Il était Dieu. Outre Thomas qui l’affirme en Jean 20:28, l’auteur de l’épître aux Hébreux l’affirme en Hébreux 1:8, 9, et l’apôtre Jean appelle Jésus « Dieu » à la fin de Jean 1:1. Jésus Lui-même a affirmé être Dieu en Jean 8:58. Jésus a répondu : « Avant qu’Abraham fût né, Je suis ! ». L’expression « Je suis » était le nom divin de Dieu. Or, soit les Juifs ont bien compris le message de Jésus lorsqu’ils ont ramassé des pierres pour le lapider, soit ils l’ont mal compris. Êtes-vous d’accord ?

9. Seul Dieu est bon : dans Luc 18, 19, comme cet homme utilisait le mot « bon » avec tant de désinvolture et ne reconnaissait pas Jésus comme Dieu, Jésus lui a demandé pourquoi il employait ce mot « bon » avec tant de légèreté. Jésus s’est lui-même qualifié de Bon Berger dans Jean 10:11. Vous avez vous-même mentionné que Jésus était un exemple de perfection et d’amour, et un être humain parfait. Puisque Jésus était bon, et que Luc 18:19 ne constituait pas un démenti du fait que Jésus était bon, Luc 18:19 ne constituait pas non plus un démenti du fait que Jésus était Dieu. Êtes-vous d’accord ?

10. Jésus, sur terre, ne savait pas quand il reviendrait. Dans Marc 13, 32 et Matthieu 24, 36, vous constatez que même Jésus ne connaissait pas le moment de son retour. Cela est vrai pour Jésus – sur terre. Philippiens 2, 7-8 indique que Jésus s’est volontairement dépouillé de sa nature divine lorsqu’il est venu sur terre. Sur terre, Jésus n’a pas utilisé sa propre puissance ni sa propre connaissance, mais s’est appuyé sur Dieu le Père. Jésus a même prié pour que sa gloire lui soit rendue, comme on le lit dans Jean 17, 5.

11. Les premiers chrétiens enseignaient que Jésus était également Dieu. Il est erroné d’induire les autres en erreur quant à la vérité (ou à la fausseté) de la divinité de Jésus. On pourrait penser qu’une question aussi importante aurait été clairement précisée par les apôtres. Le fait que Jésus soit Dieu n’est pas simplement « une idée nouvelle » imaginée par les gens d’aujourd’hui. Ignace, disciple de l’apôtre Jean, écrit dans sa lettre à Polycarpe (chap. 3) au sujet de la seconde venue du Seigneur : « Cherchez Celui qui est au-dessus des temps, Celui qui n’a pas de temps, Celui qui est invisible, Celui qui, pour nous, s’est rendu visible, Celui qui est impalpable [au-delà du toucher], Celui qui est impassible [au-delà de la passion], Celui qui, pour nous, a souffert, Celui qui a tout enduré sous toutes les formes pour nous. » Ainsi, Ignace comprenait que Dieu le Fils était l’apparence visible et temporelle du Dieu le Père invisible et intemporel. Dans Éphésiens 7, Ignace parle du Christ comme de Dieu incarné. Il poursuit en disant que Jésus était « issu de Marie tout comme de Dieu, d’abord soumis à la souffrance, puis au-delà de celle-ci ».

De même, Hippolyte (225-235/6 apr. J.-C.) a également écrit à ce sujet. Voici ce qu’il a déclaré dans *Contre l’hérésie de Noète*, chapitre 14, p. 228 : « Si donc le Verbe était avec Dieu et était aussi Dieu, qu’en résulte-t-il ? Je ne parlerai certes pas de deux Dieux, mais d’un seul ; de deux Personnes cependant, et d’une troisième économie (disposition), à savoir la grâce du Saint-Esprit. Car le Père est certes Un, mais il y a deux Personnes, puisqu’il y a aussi le Fils ; et puis il y a la troisième, le Saint-Esprit. »

Êtes-vous d’accord pour dire qu’en dehors de la Bible, l’enseignement selon lequel Jésus est Dieu remonte dès l’époque des disciples des apôtres ?

Enfin, si je ne me trompe pas, je pense avoir répondu à chacun des points que vous avez soulevés. N’hésitez pas à me faire savoir si j’ai omis quelque chose, ou si vous estimez que mon raisonnement était erroné sur certains points. Je suis d’accord avec vous sur le fait que ce serait un péché d’appeler le Christ « Dieu » s’il n’était pas réellement Dieu. Cependant, convenez-vous qu’il serait également un péché de dire que le Christ n’est pas Dieu alors qu’en réalité, il l’est ?

Q : Comment le Père, le Fils et l’Esprit peuvent-ils tous être Dieu, alors que l’Ancien Testament insiste si fortement sur le fait qu’il n’y a qu’un seul Dieu ?

R : Tout d’abord, la description complète de la relation entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit n’est pas seulement quelque chose que Dieu ne nous a pas encore révélée, mais même s’Il l’avait révélée dans son intégralité, elle dépasserait probablement notre compréhension. Imaginez un instant qu’il existe des êtres vivant dans un monde en deux dimensions et que vous puissiez communiquer avec eux. Comment vous décririez-vous ? Pour commencer, vous pourriez dire que vous êtes quelque chose qu’ils peuvent comprendre, mais pas complètement. Par exemple, vous enfonceriez quatre de vos doigts dans leur monde et leur diriez que ces quatre cercles qu’ils voient sont en réalité reliés entre eux. Les sceptiques de ce monde bidimensionnel pourraient faire le tour de chacun des quatre cercles et, comme les doigts ne se rejoignaient pas selon leur compréhension, en concluraient que vous mentiez. À l’extrême opposé, d’autres pourraient dire que, puisqu’ils étaient reliés, la distinction entre les quatre doigts n’était qu’une illusion et que vous n’aviez en réalité pas de doigts distincts. D’autres pourraient vouloir avoir une image de vous ; ils dessineraient alors d’étranges représentations de quatre cercles, ou bien de quatre cercles reliés entre eux. Vous leur diriez de ne pas se donner cette peine, car ces dessins ne seraient même pas proches d’une représentation adéquate de vous.

Nous ne sommes peut-être pas en mesure de tout comprendre au sujet de la Trinité divine, mais heureusement, nous n’avons pas à essayer. Il nous suffit d’apprendre ce que le Seigneur a révélé : il n’y a qu’un seul Dieu, et nous ne devons adorer, glorifier et prier que Dieu, et non les créatures qu’Il a créées. Pourtant, la Bible montre à la fois des anges et des hommes adorant, glorifiant et priant Jésus, et que Jésus est adoré de manière appropriée.

Voici un schéma qui pourrait vous aider. Dessinez un cercle au centre, intitulé « Dieu ». Dessinez trois cercles autour de ce cercle, intitulés « Le Père » en haut, et « Le Fils » et « L’Esprit » de chaque côté. Reliez chacun des cercles extérieurs au cercle central à l’aide de trois lignes. Intitulez chaque ligne « est ». Reliez chaque cercle extérieur aux autres cercles extérieurs, et intitulez les trois lignes « n’est pas ».

Comme je l’ai mentionné dans mon précédent e-mail, lorsque le mot « Dieu » est utilisé dans la Bible, il fait parfois référence à Dieu le Père. Comme vous le soulignez, lorsque Jésus priait Dieu, notamment au jardin de Gethsémani, il ne priait PAS pour lui-même. Je trouve quelque peu amusant de lire votre lettre à ce sujet en ce moment même, car il y a tout juste deux jours, j’écrivais un court article évoquant la fausse doctrine du pentecôtisme unitarien, dans lequel je faisais exactement la même remarque que vous. Le mot « Dieu » désigne bel et bien « Dieu le Père » à de nombreux endroits dans la Bible, notamment dans l’expression « votre Dieu » en Hébreux 1:9, ainsi que dans l’expression « quand Dieu » en Hébreux 1:6.

Cependant, le mot « Dieu » désigne également « Dieu le Fils » à de nombreux endroits. Revenons à Hébreux 1, 8-9. Hébreux 1, 8 dit : « Mais à propos du Fils, il dit : “Ton trône, ô Dieu, […]” ».

Je ne pense pas que les gens aient simplement commencé à adorer le Christ par erreur, car les anges eux-mêmes, qui sont sans péché, adoraient l’Agneau (Jésus) dans Apocalypse 5:12, en disant : « Digne est l’Agneau qui a été immolé de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la bénédiction ! » De plus, l’apôtre Jean avait un disciple, Ignace. Ignace a laissé quelques écrits, et il a apparemment mis l’accent sur ce qu’on lui avait enseigné, à savoir que Jésus était Dieu.

Or, dans votre lettre précédente, vous avez affirmé qu’Exode 20:3 ; Deutéronome 6:4-5, 32:39 prouvent que nous ne devons adorer aucun autre dieu. Dans votre dernière lettre, vous avez du mal à dépasser le point de l’Ancien Testament selon lequel il n’y avait qu’un seul Dieu. Eh bien, je vous en prie, ne dépassez pas ce point. Accrochez-vous à cette vérité ! Pourtant, même l’Ancien Testament laisse entendre que ce n’est pas la fin de l’histoire. Le Psaume 110:1 (le verset de l’Ancien Testament le plus souvent cité dans le Nouveau Testament) dit : « L’Éternel a dit à mon Seigneur : “Assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis un marchepied pour tes pieds.” » (BSB) Qui est ce « Fils », ce « second » que nous devons également appeler Seigneur ? Il s’agit bien sûr de Jésus.

Je soupçonne que le point qui vous laisse perplexe est le suivant : lorsque les mots « Dieu » et « Seigneur » sont utilisés dans la Bible pour désigner le vrai Dieu et le vrai Seigneur, la Bible les emploie-t-elle toujours de la même manière, ou ces mots sont-ils, à l’instar de « juge » et « parfait », susceptibles d’avoir plusieurs significations différentes selon le contexte ? Tant que vous penserez que « Dieu » (lorsqu’il ne fait pas référence à des idoles) a toujours la même signification, et que « Seigneur » a toujours la même signification, vous serez perplexe à la lecture de certains versets. Je suggère que « Dieu » et « Seigneur » aient des significations différentes selon le verset.

Nous arrivons alors à un paradoxe. Puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu à adorer, et que les anges et les hommes ont adoré Jésus comme il se doit, comment cela est-il possible ? La seule réponse qui rende compte de tous les « versets glorifiant Jésus » est que Jésus est le seul vrai Dieu digne d’adoration.

Une question étroitement liée à celle-ci est le fait que la Bible affirme qu’il n’y a pour nous qu’un seul Seigneur (Éphésiens 4:5). Mais notre Seigneur est-il Jésus-Christ (Romains 10:9 ; 1 Corinthiens 8:6 ; 12:3 ; Jean 20:25, 28), ou notre Seigneur est-il l’Esprit (2 Corinthiens 3:17), ou encore notre Seigneur est-il le Père (Hébreux 7:21, 1 Pierre 1:25, etc.) ?

1 Corinthiens 7:35 dit que nous devons avoir une dévotion sans partage envers le Seigneur. Cela signifie-t-il que nous devons nous consacrer à Jésus et oublier Dieu le Père ? – Bien sûr que non. La seule réponse est que Dieu le Père est notre « seul Seigneur », mais que Jésus-Christ et l’Esprit font également partie de notre « seul Seigneur ».

Voici un autre paradoxe de la Bible. Puisque Jésus est le seul vrai Dieu, mais qu’il a pourtant prié « son Dieu », quel est donc le Dieu qui mérite notre adoration ? Il existe quatre possibilités :

Seul le Père. Cela ne peut pas être correct, sinon les anges auraient eu tort de glorifier Jésus, Étienne aurait eu tort de prier Jésus, Thomas aurait eu tort d’appeler Jésus « mon Seigneur et mon Dieu » et Jésus aurait eu tort de ne pas le corriger.

Uniquement Jésus. Cela ne peut être correct, sinon Jésus aurait eu tort de prier Dieu [le Père] et de l’appeler Dieu.

Les deux sont Dieu et il y a au moins deux dieux. Cela ne peut pas être correct, car Dieu a voulu que l’Ancien Testament nous souligne qu’il n’y a qu’un seul vrai Dieu.

Tous deux sont Dieu, et il n’y a qu’un seul vrai Dieu. Cette réponse est la plus difficile à accepter, car il n’existe aucune analogie exacte sur terre. Votre analogie entre vous et vos parents est valable jusqu’à un certain point, mais je ne l’apprécie pas car elle fait de « Dieu » une sorte de nom de famille, et je crois que les Trois ne font qu’un d’une manière bien plus intime que cela. Pourtant, le fait de ne pas disposer d’une analogie parfaite avec Dieu sur terre n’invalide pas la justesse de cette réponse. En effet, aucune autre réponse que j’ai pu voir ne se contente de « donner une explication de tous les versets bibliques » ; celle-ci, au contraire, englobe tous les versets bibliques. Le concept de la Trinité met l’accent sur la distinction entre les Trois, il souligne également leur inséparabilité, tout en affirmant qu’il n’y a qu’un seul Dieu.

Il y a une chose qu’on peut dire à propos des dieux idoles. Ces « petits bonhommes », ces imposteurs aux caprices mesquins et aux faiblesses bien trop humaines, sont bien plus faciles à comprendre pour l’homme naturel que le Dieu saint et tout-puissant qui remplit les cieux et la terre. Je pense en effet qu’au fil du temps, beaucoup de gens se sont éloignés de ce que Dieu a révélé de lui-même dans la Bible. Voici un autre schéma pour vous. Dessinez un triangle et intitulez les trois sommets « Un seul Dieu », « Trois Personnes » et « Nature égale ». À présent, à l’extérieur du triangle, sur la ligne opposée à « Un seul Dieu », inscrivez l’hérésie opposée : « polythéisme ». De même, à l’extérieur du triangle, sur la ligne opposée à « Trois Personnes », inscrivez « hérésies unitariennes ». Enfin, sur la ligne opposée à « nature égale », écrivez « Ébionites ». Les Ébionites constituaient une hérésie primitive qui tentait de combiner les coutumes juives avec le christianisme. Ils reconnaissaient Jésus comme le Messie, mais ne le reconnaissaient pas comme Dieu.

Une question mérite désormais d’être soulevée : étant donné qu’ils sont indissociables à certains égards et distincts à d’autres, en quoi sont-ils indissociables, et en quoi sont-ils distincts ?

Ils ne font qu’un dans l’amour, la volonté et l’obéissance. En d’autres termes, vous ne pouvez pas obéir à l’un tout en désobéissant à l’autre.

Ils ne font qu’un en nom, comme nous l’avons vu.

Ils ne font qu’un dans leur nature. Ni le Père, ni le Fils, ni le Saint-Esprit ne sont des êtres créés. Tout comme je peux créer des objets, mais que mes enfants sont issus de moi et de ma femme, le Fils a été engendré par le Père, et non créé par Lui.

Le Père est-il supérieur au Fils ? Nous devons répondre à cette question dans trois contextes différents.

Nature et honneur : le Père et le Fils sont égaux. Philippiens 2:6 montre qu’ils ont la même nature. Jean 5:23 : « afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé. »

Sur terre, Jésus était inférieur au Père. Jésus s’est volontairement dépouillé d’une grande partie de sa gloire (Philippiens 2:7 ; Jean 17:5). Jésus a appris l’obéissance (Hébreux 5:8), s’est fatigué (Jean 4:6), ne savait pas tout, comme l’heure de son retour (Matthieu 24:36 ; Marc 13:32), etc.

Même au Ciel, le Père joue un rôle plus important que le Fils. Par exemple, dans le mariage, le mari et la femme sont égaux et ont la même valeur, mais ils ont des rôles différents, et le mari a le rôle de chef auquel la femme doit obéir. De même, dans une famille, le parent a un rôle différent de celui de l’enfant. Ainsi, même au Ciel, tout comme un père est le chef de son fils, Dieu est le chef du Christ. (Oui, le terme « Dieu » désigne ici Dieu le Père). (1 Corinthiens 11:3) Dieu le Père est également appelé « le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ » dans Éphésiens 1:17. Nous n’avons pas beaucoup parlé de l’Esprit jusqu’à présent, mais le Saint-Esprit a pour rôle d’intercéder en notre faveur auprès du Père (Romains 8:26-27), et non l’inverse : ce n’est pas le Père qui intercède auprès de l’Esprit.

Soit dit en passant, quelqu’un d’autre a un jour demandé si la Trinité de Dieu n’était qu’une réalité temporaire. Une fois que Satan aura été précipité dans l’étang de feu, la distinction entre le Père, le Fils et l’Esprit disparaîtra-t-elle ? La réponse est que les distinctions au sein de la Trinité sont permanentes, car Hébreux 13:8 dit : « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour toujours. » (BSB)

J’ai désormais le sentiment que ce que Dieu a révélé au sujet de la Trinité m’apparaît clairement, mais l’essentiel est que cela vous apparaisse clairement à vous aussi. Une chose qui pourrait vous aider est de veiller à mettre en pratique la vérité que vous connaissez. Puisque les anges ont chanté et loué Jésus dans Apocalypse 5:9, 10 ; 5:12 ; 7:10 ; 11:15, prenez le temps de chanter pour Jésus, de le louer. Puisque les anges se sont prosternés devant Jésus dans Hébreux 1, 6, que les mages se sont prosternés devant Jésus dans Matthieu 2, 11, que les disciples se sont prosternés devant lui dans Matthieu 14, 33, que les femmes se sont prosternées devant Jésus dans Matthieu 28, 9 et que l’aveugle s’est prosterné devant Jésus dans Jean 9, 38, vous devriez vous aussi vous prosterner devant lui. Adorez donc Jésus comme le font les anges et les autres, louez-Le en chantant, priez Jésus (comme l’a fait Étienne dans Actes 7:59) et demandez à Dieu de vous aider à voir et à comprendre tout ce qu’Il a révélé dans Sa merveilleuse Parole.

Q : Quelles sont certaines différences entre la culture grecque et la culture romaine ?

R : Les athlètes grecs concouraient nus, étaient très tolérants envers les comportements homosexuels et possédaient une longue histoire culturelle à Athènes et dans d’autres villes. Ils se battaient souvent entre eux et ne parvinrent jamais vraiment à s’unir jusqu’à ce que les Macédoniens (techniquement) non grecs les conquièrent tous. En revanche, les Romains avaient davantage recours à la torture, se souciaient moins de l’équité et admiraient la culture grecque, même s’ils avaient conquis les Grecs. Les deux peuples comptaient des soldats courageux, mais les Romains étaient plus enclins à assimiler ceux qui les entouraient et à créer un empire unifié.

Q : Combien y a-t-il de versets et de mots dans le Nouveau Testament ?

R : Selon Wick Allison dans *That’s In the Bible? - The Ultimate Learn-As-You-Play Bible Quiz Book* (Dell Trade, 1994), p. 18, le Nouveau Testament de la version King James compte 7 959 versets et 198 000 mots en anglais. Notez que la version King James comporte quelques versets qui ne figurent pas dans la plupart des manuscrits grecs.

Q : Quelles sont les preuves manuscrites concernant le Nouveau Testament ?

R : Pour plus de détails, consultez la page consacrée aux manuscrits du Nouveau Testament à l’adresse http://www.BibleQuery.org/NewTestamentManuscripts.html.

Q : Quels auteurs anciens ont désigné le Nouveau Testament sous ce nom ?

R : Voici la liste. Si un auteur mentionne l’Ancien Testament, mais pas le Nouveau, cela sous-entend qu’il s’agit du Nouveau Testament. Si cela est simplement sous-entendu, le nom n’apparaît pas en gras et la mention « Sous-entendu » est indiquée.

Justin le Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.) mentionne « comment le Nouveau Testament, que Dieu avait annoncé auparavant » dans son Dialogue avec Tryphon le Juif, chap. 51, p. 221.

Méliton de Sardes (170-180 apr. J.-C.) (sous-entendu) mentionne l’« Ancien Testament ». Cela implique l’existence d’un Nouveau Testament. Fragment 4 du Livre des Extraits, vol. 8, p. 759

Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) mentionne le Nouveau Testament et l’Ancien Testament dans *Contre les hérésies*, livre 5, chap. 34.1, p. 563. Il le mentionne également à la p. 564.

Le Canon muratorien (vers 170 apr. J.-C.), chapitre 3, p. 603, mentionne l’Ancien Testament, ce qui implique l’existence d’un Nouveau Testament.

Clément d’Alexandrie (193-202 apr. J.-C.) : « Car Dieu est la cause de toutes les bonnes choses ; mais de certaines en premier lieu, comme de l’Ancien et du Nouveau Testament. » *Les Stromates*, livre 1, chapitre 5, p. 305

Tertullien (vers 213 apr. J.-C.) : « Il nous est clairement présenté dans toutes les Écritures : dans l’Ancien Testament comme le Christ de Dieu, dans le Nouveau Testament comme le Fils de Dieu. » Contre Praxéas, chap. 24, p. 620

Tertullien (198-220 apr. J.-C.) mentionne le Nouveau Testament dans ses Cinq livres contre Marcion, livre 4, chapitre 1, p. 346.

Hippolyte (225-235/6 apr. J.-C.) fait référence au Nouveau Testament dans les « Fragments de commentaires » : « Commentaire sur la Genèse » 49, 11, p. 165

Asterius Urbanus (vers 232 apr. J.-C.) : « craignant de donner l’impression à quiconque que j’ajoute une parole ou un précepte nouveau à la doctrine de l’Évangile du Nouveau Testament », *L’Exordium*, vol. 7, chap. 1, p. 335

Commodianus (vers 240 apr. J.-C.) (sous-entendu) : « La première loi de Dieu est le fondement de la loi qui suit. C’est en effet à vous qu’il a été donné de croire en la seconde loi. Et ce ne sont pas les menaces de Dieu Lui-même, mais celles qui découlent de cette loi, qui ont pouvoir sur vous. À présent, stupéfaits, jurez que vous croirez en Christ ; car l’Ancien Testament proclame à son sujet : Car il suffit de croire en Celui qui était mort pour pouvoir ressusciter et vivre pour l’éternité. » Instructions de Commodien, chap. 25, p. 207

Origène (225-254 apr. J.-C.) a parlé du Nouveau Testament et a déclaré qu’il n’y avait que quatre évangiles. Commentaire d’Origène sur Jean (225-231 apr. J.-C.), livre 1, chap. 1, p. 299.

Origène (240 apr. J.-C.) fait référence au Nouveau Testament. Commentaire sur le Cantique des Cantiques, prologue, p. 56

Novatien (250-257 apr. J.-C.) mentionne l’Ancien Testament et le Nouveau Testament dans son « Traité sur la Trinité », chapitre 7, p. 617. Il évoque également la véracité tant de l’Ancien que du Nouveau Testament au chapitre 17, p. 627.

Le « Traité sur le rebaptême » (250/4-256/7 apr. J.-C.), chapitre 3, p. 668, mentionne le Nouveau Testament.

Cyrille de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.) mentionne l’Ancien Testament, en y faisant référence tel que nous le comprenons aujourd’hui, à de nombreux endroits. Il dit : « Qu’un autre prophète tel que Moïse avait été promis, à savoir celui qui devait donner un nouveau testament, et auquel il convient plutôt d’écouter. » Il cite ensuite Deutéronome 18, 18-19 sous le titre « Deutéronome ». Traités de Cyprien, Traité 12, 18, p. 512

Dionysius de Rome (259-269 apr. J.-C.) affirme que la Trinité figure dans les Écritures, mais que la doctrine des « trois dieux n’est enseignée ni dans l’Ancien ni dans le Nouveau Testament ». Contre les Sabelliens, chap. 1, vol. 7, p. 365

Anatolius d’Alexandrie (270-280 apr. J.-C.) (de manière implicite) fait référence à l’« Ancien Testament », ce qui implique l’existence d’un Nouveau. Le Canon pascal d’Anatolius d’Alexandrie, chap. 8, p. 148

Victorin de Petau (martyrisé en 304 apr. J.-C.) mentionne l’Ancien et le Nouveau Testament dans son Commentaire sur l’Apocalypse de saint Jean, p. 345. Il énumère les épîtres de Paul comme suit : Romains, Corinthiens, Galates, Éphésiens, Thessaloniciens, Philippiens, Colossiens, Timothée, et cite 1 Timothée 3, 15 au chap. 16, p. 345. Il poursuit en citant 1 Corinthiens 15, 53, p. 346.

Méthode (270-311/312 apr. J.-C.) (Implicite) « Je vais vous présenter, ô vierges, tirée de l’Ancien Testament, une prophétie écrite issue du Livre des Juges, afin de montrer que je dis la vérité », Le Banquet des dix vierges, Discours 10, chap. 2, p. 348

Alexandre d’Alexandrie (313-326 apr. J.-C.) : « Et outre la pieuse opinion concernant le Père et le Fils, nous confessons un seul Saint-Esprit, comme nous l’enseignent les Écritures divines ; celui qui a consacré tant les saints hommes de l’Ancien Testament que les divins enseignants de ce qu’on appelle le Nouveau. » Épîtres sur l’hérésie arienne, Lettre 1, chap. 12, p. 296

Lactance (vers 303-325 apr. J.-C.) « et régla toutes les choses concernant les institutions du Nouveau Testament ; et cela ayant été accompli, un nuage et un tourbillon l’enveloppèrent et l’enlevèrent de la vue des hommes vers le ciel. » La manière dont les persécuteurs sont morts, chap. 2, p. 311

Eusèbe (318-339/340 apr. J.-C.)

Après Nicée

Hégémonios (IVe siècle) mentionne qu’il n’y a ni deux Anciens Testaments ni deux Nouveaux Testaments. (C’est le chrétien Diodore qui s’exprime.) « Dispute avec Manès », chap. 45, p. 220

Athanase (367 apr. J.-C.) mentionne le « Nouveau Testament » dans sa Lettre festale 39, chap. 5, p. 552

Canon de Cheltenham (= Catalogue de Mommsen) (vers 360-370 apr. J.-C.)

Éphraïm/Éphrem (350-378 apr. J.-C.)

Basile de Cappadoce (357-379 apr. J.-C.) fait référence au Nouveau Testament dans sa Lettre 42, chap. 3, p. 144-145.

Cyrille de Jérusalem (vers 349-386 apr. J.-C.) mentionne l’Ancien et le Nouveau Testament dans la leçon 2.4, p. 8, et 3.6, p. 15.

Le synode de Laodicée (en Phrygie) (343-381 [ou 363] apr. J.-C.), canon 59, p. 158, mentionne l’Ancien et le Nouveau Testament.

Le synode de Laodicée (en Phrygie) (343-381 apr. J.-C.), au canon 60, p. 159, énumère les livres de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament. Le canon 59, p. 158, stipule que seuls les livres canoniques de l’Ancien et du Nouveau Testament peuvent être lus à l’église.

Grégoire de Nysse (382-383 apr. J.-C.) (implicite) mentionne l’Ancien Testament dans *Contre Eunomius*, livre 11, chapitre 5, p. 238.

Ambroise de Milan (370-390 apr. J.-C.) mentionne l’Ancien et le Nouveau Testament dans *De la foi chrétienne*, livre 1, chapitre 8.57, p. 210.

Grégoire de Nazianze (330-391 apr. J.-C.)

Pacien de Barcelone (342-379/392 apr. J.-C.) mentionne le Nouveau Testament dans *Sur les pénitents*, chap. 4.1, p. 74

Didyme l’Aveugle (398 apr. J.-C.) fait référence à l’Ancien et au Nouveau Testament. « Commentaire sur Zacharie », chapitre 8, p. 201

Livre syriaque des degrés (Liber Graduum) (350-400 apr. J.-C.)

Épiphane de Salamine (360-403 apr. J.-C.) mentionne l’Ancien et le Nouveau Testament. Le *Panarion*, section 3, scholions 1 et 5, p. 334

Commentaire de Rufin sur le Credo des Apôtres (374-406 apr. J.-C.)

Jean Chrysostome (martyrisé en 407 apr. J.-C.)

Concile de Carthage (393-419 apr. J.-C.)

Jérôme (417-420 apr. J.-C.) mentionne le Nouveau Testament dans la lettre 53.9 (394 apr. J.-C.), p. 101.

Augustin d’Hippone (388-430 apr. J.-C.) mentionne le Nouveau Testament dans *La Cité de Dieu*, livre 17, chapitre 4, p. 341 ; livre 17, chapitre 6, p. 344

Augustin d'Hippone (388-430 apr. J.-C.) mentionne le Nouveau Testament dans son « Commentaire sur les Psaumes », p. 405, 521, 531 et 681

Jean Cassien (419-430 apr. J.-C.) Le Nouveau Testament est mentionné nommément dans les « Institutions » de Jean Cassien, livre 1.1, p. 201, et dans la « Conférence de l’abbé Paphnutius », chapitre 15, p. 327

Vincent de Lérins (vers 434 apr. J.-C.)

Socrate (vers 400-439 apr. J.-C.) L’Histoire ecclésiastique de Socrate

Théodoret de Cyr (423-458 apr. J.-C.)

Concile de Chalcédoine (451 apr. J.-C.)

Le pape Léon Ier de Rome (440-461 apr. J.-C.)

Parmi les hérétiques et les ouvrages apocryphes

Marinus (vers 300 apr. J.-C.) (sous-entendu) un bardésanite, dans sa controverse avec Adamantius, fit appel à l’« Ancien Testament » et désigna David comme un prophète. Dialogue sur la vraie foi, chap. 862a 20, p. 173

Théodore de Mopsueste (392-423/429 apr. J.-C.) mentionne nommément le Nouveau Testament, en citant Mt 28, 2-3. Commentaire sur Zacharie, chap. 1, p. 331